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Podcast / conversationyoutube.com· 18 avril 2026 40 minComplaisantPortrait personnelSolidarités & familleJusticeInstitutions & élections

ÊTRE LA FILLE DE FRANÇOIS BAYROU L’A DÉTRUITE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que ça fait de vivre avec le sentiment de ne pas vraiment exister en tant que personne mais en tant que fille de François Bayrou ?

  • 2:44OuverteRéponse directe

    Pourquoi vouloir l'anonymat ?

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Comment on survit quand toute une vie repose sur ce que personne n'a voulu voir ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Tu as été harcelée par des professeurs, peux-tu nous raconter ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    À quel moment as-tu réalisé que ce nom t'exposait aux yeux de tout le monde ?

  • 7:26OuverteRéponse directe

    Comment l'exposition médiatique amplifie-t-elle la souffrance ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:01Chiffre
    « Il y a 16 prêtres impliqués pour agression sexuelle. C'est énorme. »
  • 0:40Fait
    « La nuit, les enfants étaient enfermés et battus. Ils étaient par les prêtres. »
  • 7:26Hélène PerlantFait
    « Quand il y a en plus la presse, on est exposé puissance 10000. »
  • 19:29Hélène PerlantFait
    « Je connais à 14 ans une agression publique très violente d'un prêtre qui sans aucune raison me passe à tabac. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Il y a 16 prêtres impliqués pour agression sexuelle. C'est énorme. La nuit, les enfants étaient enfermés et battus. Ils étaient par les prêtres. Viens, je vais te préparer aux obsèques de ton père. Il l'emmène et il le Je connais à 14 ans une agression publique très violente d'un prêtre qui sans aucune raison me passe à tabac. Il dit comme ça, elle va peut-être arrêter de sourire. Il n'y a pas de raison dans ces violences. Partout où il y a des enfants, il y a des gens qui ont envie de détruire l'enfance. Je suis enlevée de façon anonyme la nuit je vu une expérience de mort subite. Eux ils rigolent et s mar'enfonce un billon un baillon un bout de tessu dans la gorge. Je respire plus et je me laisse partir. Je reçois des pressions pour retirer ma plainte. Il y avait écrit la fille 2. Ça

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y est, on va m'exposer dans la presse. En plus, j'ai mis 50 ans à en sortir de fill. Hello tout le monde et bienvenue dans Carla pour toi. Aujourd'hui, je reçois Hélène Perlant. Hélène Perlan, c'est la fille de François Baot. Souvent quand on entend fil ben on imagine une vie protégée, une vie à l'abri. Sauf que elle, ce qu'elle raconte c'est tout l'envers. Elle raconte le poids d'un nom, les agression et bétarabe. C'est pas juste une école, c'est un lieu de peur, de cou, d'humiliation et de violence. Et tout ça va dans un silence total. Alors elle, elle a grandi au milieu de tout ça. Elle en a vu des signes. Elle a senti un malaise sans vraiment comprendre toute l'horreur qui cisait. Et au centre de tout ça, bah il y a un mot qui est le déni. Alors, comment on survit quand toute une vie

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repose sur ce que personne n'a voulu y voir ? Si vous aimez ce type d'épisode, n'hésitez pas à vous abonner à ma chaîne. C'est ça qui me permet vraiment de continuer les interviews comme celle-ci. Et on y va. Bonjour Hélène ! Bonjour Carla. Merci beaucoup d'être venu témoigner dans mon podcast aujourd'hui. Je sais que ça doit pas être facile de venir livrer un témoignage comme celui-ci. Alors déjà, je voudrais te remercier pour ta confiance. Écoute, moi je te remercie de m'inviter. Ce que je voudrais dire, c'est que non, c'est un plaisir de témoigner. J'ai vraiment eu envie de donner des outils pour comprendre et de transmettre aussi ce plaisir de comprendre qui est pas la même chose que la souffrance du témoignage. Euh voilà donc apporter ça à ta génération et à quelqu'un comme toi,

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je suis très très contente. Ben merci beaucoup en tout cas. Alors Hélène, on va parler de ton livre Le déni. Euh c'est un récit puissant sur la violence faite aux enfants et le déni qui l'accompagne. Tu es la fille de François Baou qui a été député, ministre de l'éducation nationale et puis récemment premier ministre. Alors déjà la première question que j'aimerais te poser, qu'est-ce que ça fait de vivre avec le sentiment de ne pas vraiment exister en tant que personne mais en tant que fux ? F de ouais tu as vu dans le livre c'est un chapitre fille de c'est une expression c'est une expression que les gens lancent tout le temps. Ah ouais fille de à tout le monde. Je l'ai pris comme ça parce que c'était aussi l'histoire du moment où alors que moi je passé ma vie à chercher l'anonymat

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l'anonymat mais tu sais même pas une névrose d'anonymat à me planquer. Tu as même pas idée. Mais pourquoi vouloir euh parce que c'était invivable. D'un seul coup euh il y a une affaire Betaram, des accusations publiques et finalement des accusations qui me nomment. Hm hm. et je ben si on vient me chercher, ben je réponds et et dans cette situation là, ben je suis obligé de répondre en tant que fille d'eux puisque les accusation c'est qu'est-ce qu'il a vu dans cette école qu'on vu ses enfants. Alors je peux pas dire je vais dire ce qu'il a vu et ce que j'ai vu moi mais je suis il fallait sortir en tant que fille d'eux. Fille de fils de fils de n'importe quoi d'ailleurs. Fils de C'est fini. Il y a plus de vie possible. Il y a plus de vie à ce point. Il y a plus de vie à ce point-là. C'est

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absolument atroce. Euh il y a plus de d'intimité possible, il y a plus de copains possibles. Tu n'auras jamais que des copains qui sont copains avec le fils d'eux ou la fille d'U. Toutes les relations sont perturbées. Mais surtout moi, j'ai insisté en politique, je c'était pas que pour moi, c'était pour pour alerter aussi ou pour ouvrir un peu le regard des gens sur qu'est-ce qu'est-ce qui deviennent ces enfants d'hommes politiques, pourquoi c'est si difficile ? Parce que la politique, elle crée de la haine. Ouais. Parce qu'en fait les gens que qu'on est qu'on porte au pouvoir, on croit qu'ils ont du pouvoir, on croit qu'ils ont tous les pouvoirs et en fait personne n'a tous les pouvoirs et c'est une des choses du pouvoir. Le pouvoir, il fait ce qu'il peut dans des

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conditions qui sont compliquées et en plus un nom politique, il est pas tout seul dans un ministère, il est pas tout seul. Ailleurs, il est pas tout seul. En fait, on est tous en interaction. En fait, le fait de croire que que ces gens-là sont euh ont une autre vie, c'est-à-dire en gros eux ils ont pas de souci, eux leurs enfants sont protégés, ils n'ont pas cherché un métier, ils l'ont d'avance la naissance, tout ça, c'est des fantasmes totalement faux. Je sais pas ce que vivent les fils de star de cinéma par exemple. Je sais pas si ça je sais qu'ils doivent porter un fils de terrible, je sais pas si ça induit autant de d'agression physique. Autant d'agression était présentatrice de télévision quand j'étais petite. Évidemment, je pense qu'il y a moins de

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haine que dans la politique évidemment parce que c'est du divertissement. Mais moi, je me suis fait harceler pas mal par des professeurs. Je pense à un prof de math euh en plein milieu d'un cours en 5e qui s'appelait Monsieur Sonny qui m'avait dit "Mais tu bailles sans mettre la main devant la bouche, mais est-ce que tu crois que ta mère pendant ces émissions, elle baille sans mettre la main devant sa bouche ? Et puis est-ce que tu penses que ses invités, ils baillent sans mettre leurs mains devant leur bouche ?" Et en fait, ça a l'air pas fou comme ça, mais c'est d'une violence terrible quand on est face à tous les autres élèves qui sont à côté et que bah les gens savent pas forcément euh parce qu'on est petit quoi à stage, les autres enfants ils savent pas que

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enfin ma maman elle passe à la télé ou quoi et en fait on se rend pas compte mais c'est d'une violence inouie parce qu'on attaque nos parents. Alors alors voilà donc moi ce que je racontais sur les enfants d'hommes politique c'est que j'appelle ça le poisson qui se mort la queue parce qu'en fait on aime nos parents mais tous les enfants aiment leurs parents. C'est qu'à nouveau. Donc quelqu'un qui les attaque ça nous fait mal on a envie de répondre. Quelqu'un qui nous attaque à cause eux ça nous fait mal. Mais en même temps, on retrouve nos parents et c'est à cause d'eux qu'on est attaqué et tout ça. On peut pas s'en tirer. C'estàdire qu'en fait tout le monde souffre. Tout le monde souffre parce que c'est pas leur faute si on est attaqué. Mais en même temps, ils ont

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qu'à arrêter et sauf qu'on peut pas demander à quelqu'un d'arrêter la un métier qu'il aime. Ce que je trouvais intéressant chez mon père, c'est que sa politique, il adorait ça. Déjà, je trouvais que il y avait quelque chose que j'avais pas le droit de faire. C'est veut dire l'obliger à à lui demander d'arrêter quelque chose parce que tu étais fier de lui. Non, pas non. Non. Alors, pas en fait, on est exactement comme les enfants des autres parents, c'est-à-dire on aime bien ce que font nos parents ou pas. On est évidemment pas d'accord avec eux politiquement, on n pas les mêmes repères. On est exactement comme tous les autres enfants. Et c'est à quel moment que tu réalises que ce nom ben il t'expose aux yeux de tout le monde ? Tout le temps. J'ai pas de souvenir j'ai pas de

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souvenir de d'un âge où je n'ai pas été exposée. Je raconte ma maternelle. C'était déjà Donc toute ta vie, tu as été exposé à vivre des agressions qui étaient liées à ton nom. C'est ce livre, il est sorti le jour de la mort de Loana. Qu'est-ce qu'elle a elle a dit toute sa vie ? C'est en fait j'ai été bousillée parce que j'ai été trop exposée. Mais être trop exposé c'est quelque chose qui qui que toi en tout cas tu ne supportais pas et que tu n'as jamais supporté. Ben personne ne peut supporter. Ce que je veux vous montrer dans ce livre, c'est que dans les quel que soit l'origine sociale, on est exposé à des choses qui sont pas pour nous à cause de nos parents, à cause de notre milieu d'origine. Et je pense que les les enfants d'immigrés sont exposés à des choses qui sont pas

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faites pour eux. Tout le monde est exposé. Quand il y a en plus la presse, on est exposé puissance 10000 parce que ce que tu racontes de ta de ton choc d'être dans ta classe avec d'un seul coup des mots sur toi et sur tes parents, bah tu as ta classe, vous êtes 30. H imaginonsous, on le vit la même chose le lendemain, sauf que c'est dans les journaux et c'est toute la France. Ça on va y revenir plus tard. Et tu vois, je pense beaucoup, j'ai beaucoup pensé au aux enfants harcelés des collèges et des lycées, j'arrête pas de le dire, parce que le harcèlement c'est quoi ? C'est le poids de l'exposition dans l'image en fait. C'est les réseaux. Oui, c'est un élément intime. Par exemple, tu es sorti avec un tel ou tu as fait qui en soit est est pas une bombe et ben tu le mets sur les réseaux dans

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une logique. Tu as rien demandé toi tu es enfant ta photo dans Paris match. En plus, tu veux pas qu'elle soit dans Paris match ta photo. Une autre ah tu t'en crois, tu te mets dans Paris match. Donc tu vas prendre deux fois plus de coup. Qu'est-ce que l'enfant peut faire face à ça ? Du coup, on a va contre un harcèlement, hurler en disant non. Ça sert à quoi ça ? Ça sort pas ça. En plus, ça sort pas, ça ne sert à rien. Et si on arrivait à hurler, tu sais, moi j'ai passé des cauchemars entiers, des années entières, je me souviens même encore à 20 30 ans à essayer de hurler non la nuit jusqu'au jour. Parce que tu n'arrivais jamais à dire non. Parce qu'on narrive pas à dire non. Alors dans mes rêves, il fallait que je sache pourquoi j'arrive pas à hurler non. Si tu dis pas non quand tu es

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enfant, qu'est-ce que tu peux faire ? Disparaître. Alors va, je pense qu'en fait la négation du monomon. Oui. Travaille dans l'intériorité et va devenir du déni. Déni, c'est le même mot. Il y a non dans déni. Il y a la négation. Et en fait, il va dire euh j'ai pas eu mal. Hm hm. Sa mère il rentre. Ça s'est bien passé ta journée ? Oui, ça va. C'est c'est pas grave. Il va dire c'est pas grave. Ça commence par des petites phrases. Bon, c'est pas grave. Les profs quand tu es petite, pour eux tout est justifié par le fait d'être juste la fille d'ux. C'est-à-dire que quand tu échoues, c'est parce que tu es la fille d'ux. Si tu réussis, c'est parce que tu es la fille d'ux. Est-ce que c'est ça que tu as vécu toute ton enfance ? On se perçoit comme quelqu'un qui est à la fois euh personne voit ce

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qu'on est. Hm hm. Voilà. Et qui de obligé de se rester un peu caché sinon lui prend des coups. On se met à sans se rendre compte. Est-ce que on essaie d'être discrète parce qu'on nous voit. C'est ça. Tous ceux qui ont cette problématique deviennent soit anoraxique, soit ou toutes des maladies autoimmunes. C'est ça reste pas juste du psychisme gentil. C'està-dire en fait prendre le moins en moins de place dans l'espace, se mettre et chercher un endroit à l'abri où on peut disparaître, euh s'attaquer soi-même, s'attaquer soi-même, se détruire soi-même parce que c'est compliqué. Et donc en fait toutes ces comportements d'autodestruction qui à ma génération sont très légers à à ta génération sont énormes. On en voit plein de gens qui sont dans autodestruction. Je dis mais

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en fait je suis sûre que votre ton destruction regardez un peu ce que je raconte prenezla entre le nom que vous avez pas pu dire et ce que vous êtes en train de d'instyler en vous parce que à force de dire j'ai c'est pas vrai, j'ai pas eu mal, finalement vous le voyez pas mais vous allez arriver à j'ai pas le droit de vivre, j'ai pas le droit de vivre, j'ai pas le droit de prendre ma place, j'ai pas le droit de dire non, j'ai pas le droit de Et ça s'appelle du dénis. Et en fait au début, on a juste le délit de sa souffrance. Et à la fin, en fait, c'est déni. Toi, tu as développé des maladies autoimmunes à cause de toute cette souffrance. Bah, bien sûr, c'est ce que je je mais je le raconte un tout petit peu dans le livre parce que c'est pas moi qui m'intéresse dans ce livre. D'accord.

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Moi, je m'en fiche et puis je m'en suis sortie. Mais oui, en fait c'est ce moment où on peut plus se défendre et ben autonom se contenter plus défendre on s'attaque parce que comme si on on prévoyait le coup, comme si on s'en voulait de pas savoir réagir, comme si on s'en voulait pas savoir s'en sortir. Euh on s'attaque. Donc oui, autoimmune ça veut dire on retourne les défenses contre soi. Alors on les a toutes. Autominu tout ce qui existe toute. Alors Hélène, derrière ce nom, derrière cette exposition dont on a parlé, il a aussi un lieu, c'est Betaram. Alors déjà, j'aimerais Hélène si tu es d'accord que tu expliques aux gens qui nous regardent qu'est-ce que c'est cet

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endroit. C'est quoi Betaram ? Alors, Betaram, c'est le nom d'un lycée privé euh dans on est au pied des Pérenées, hein, on est à je sais pas à 20 km de lourde. C'est quand même un endroit où le catholicisme a une tradition. C'est le lycée privé à côté du lycée public. Quand on est dedans, quand moi j'y suis, je suis persuadé que c'est un lycée normal. On est dans les années 90. On est on est exactement habillé comme toi là. Tout le monde est déjà Ouais. Voilà. C'est ben vous êtes en train très dans le revival années 80 90. Donc voilà, on a les mêmes jeans déchiré, les mêmes tops. Voilà, c'est on a ça a pas l'air triste. On a l'impression d'être des lycéens

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exactement normaux dans un lycée h normal. Et puis d'un se coup euh ah il y a un blog qui est créé, il y a une action qui est faite par un lanceur d'alerte qui s'appelle Anascar. H et là un témoignage puis 2 puis 3 puis 4 tu te rends compte que dans ton lycée où tu étais sans avoir rien vu en fait croyez dans les années 90 en fait nous on était au 19e siècle en Irlande la nuit les enfants étaient enfermés et battus ils étaientés par les prêtres et enfin Betaram faut tout dire c'est un un lycée privé il y a 16 prêtres impliqués pour agression sexuelle c'est énorme. 16 tu as déjà vu pareil. Il y a quelque chose qui illustre vraiment bien ce que tu dis, c'est le père Caricard que dont tu parles dans

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ton livre, c'est le directeur. Le directeur, on le directeur quand tu es lycéen, tu tu t'enfices complètement de ton proviseur, ton directeur. Parfois, tu le vois un peu passer et moi je dis bon, il est totalement insignifiant parce qu'il faut pas s'imaginer que le série puisque bon, j'avais pas envie de citer son nom, j'avais pas envie de lui faire la pub mais bon, il fallait bien qu'on parle de quelqu'un avec une affaire. Lui, il a un nombre d'affaires mais incroyable. Ça va jusqu'au vieux collectif avec sa domazochisme et cetera. Bon, il a il a tout ce qu'il faut la totale et et des dizaines et des dizaines de victimes. Des dizaines et des dizaines de tous les âges. Donc c'est un dossier lourd. C'est choquant quand tu apprends que tu

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as vu comme ton proviseur un peu insignifiant qui ressemble à rien. Gentil gentil très gentil adorable. Euh parce que faut pas s'imaginer que le tribunel, il va venir avec une allure de méchant. Non, très étonnamment insignifiant. Vous rien voilà et donc bah essayer de connecter des petites impressions de ce genre de silhouette. Déjà s'habituer à l'idée qu'il peut y avoir un écart incroyable entre ce qu'on perçoit et la réalité des gens. Mais on ressent quoi après coup quand on se dit "Mais comment j'ai pu ne rien voir ?" Enfin quand on se rend compte qu'on a rien vu tout simplement.

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Et ben si ça m'était arrivé de de me rendre compte avant mon épisode personnel ou parce que ma vie s'est effondrée, j'ai dû ce que j'appelle sortir du déni, c'est-à-dire en fait effonder effondrer, enfin laisser s'effondrer toutes les mécanismes psychiques par lesquels je m'étais euh dit qu'en fait j'avais pas eu mal, euh tout allait bien euh alors que j'allais pas très bien et cetera. Si j'avais pas déjà fait tout ce travail avant, je pense que j'aurais fait comme beaucoup de mes copains de classes qui étaient de culpabiliser se dire "Ah, comment j'ai pu être là-dedans et ne rien voir ? Comment c'est possible ?" Mais comme on éétait plus là, au contraire, moi ça m'a vraiment intéressé de me dire "Mais je

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sais je sais comment je sais comment ils font. J'ai envie de donner ces outils euh de dire puisque j'ai rien vu, c'est donc puisque j'ai rien compris alors qu'après coup Oui, c'est c'est énorme. C'est énorme. Bien sûr. Ce père Caricard d'ailleurs, il a emmené certaines de ses victimes à Rome. Qu'est-ce qu'il leur faisait là-bas ? Alors, ça c'est quelque chose dont je parlerai pas. J'ai juste jeté la phrase, c'est dans le dossier euh on le sait bien sûr, mais c'est des des victimes qui n'ont pas encore fait le choix d'être capable d'assumer publiquement leur propre témoignage. Donc j'ai juste mentionné ce genre de détail très rapidement parce que sinon je pense que le lecteur se rend pas compte de la folie du de la

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folie du personnage que c'est une affaire de proportion incroyable et que c'est pas on n'est pas en train de parler du petit attouchement sexuel en passant de l'énormité des dossiers de ces religieuxl. Il y a aussi un témoignage qui est terrible. Peut-être que ça pourra nous aider à mettre tout ça en contexte si tu es d'accord de nous le raconter ce témoignage là. C'est un enfant qui vient de perdre son père. La première raison pour laquelle le père Caricar est emprisonné avant d'être relâché, de se suicider. Tu peux nous la Alors voilà, en fait un petit garçon avec des fragilés vient de perdre son père. Euh la famille qui a confiance dans l'institution demande au père Caricard d'aller le

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chercher. Il faut le lui dire et puis le le préparer aux obsèques. Il le fait venir, il lui dit "Viens, je vais te préparer aux obsèques de ton père." Il lui dit ça, "Je vais te préparer aux obsèques de ton père" et il va le il l'emmène et il le jour. Voilà, dans ce discours, c'est-à-dire dans cette circonstance, c'est ça un peu leur technique. Ils viennent chercher euh les enfants au moment où ils sont le plus en détresse en leur faisant croire queils vont s'occuper d'eux. C'est ça le système. Ben, il faut s'introduire dans dans la psy la psyché d'un garçon son esprit pour le détruire. D'un autre que je comprends pas, c'est comment c'est possible que autant de pédophiles soient concentrés au même endroit ? Est-ce que entre eux entre eux pédophiles, ils sont au courant que

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d'autres les autres sont pédophiles ? Est-ce que c'est est-ce que c'est parce que enfin est-ce que il y avait des sortes de de d'association de malfaiteurs entre eux ? Ben là en tout cas, tu as une concentration hein. 16 16 euh voilà, c'est lunaire. Bon, simplement c'est c'est simplement le n je plaisante dans ce livre, je dis que les je dis les crustacés se reconnaissent entre eux, c'est ma phrase de fin. Entre victimes, il faut que tu comprennes victimes au sens large de ce système-là. On a même pas besoin de se raconter ce qu'on a vécu avec les gens que je rencontre 2 secondes en a une fraction de seconde. On sait qu'on a la même histoire. Les faits, on s'en fiche, on a même pas besoin de se raconter. On a la même histoire et bien il se trouve que les

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perverses pareil, ils se reconnaissent entre eux. Pourquoi ils se retrouvent tous là ? Bah c'est pas à moi de répondre, c'est aux congrégation de s'interroger. Ça fait écho justement un peu à un autre podcast que j'ai fait avec une des victimes de la Bép Piierre qui avait été abusée par son beau-père et qui était en association avec la Bép Piierre et c'est pareil en fait, c'était des prêtres qui étaient un peu tous en association. Je trouve que ça fait un peu époux. Voilà. Alors en fait s'interroger en se disant "Mais pourquoi une telle concentration d'agresseur dans l'église ?" H c'est une sacrée question. Alors si évidemment ils la font. Tu as une hypothèse là-dessus ? Oui, j'en ai plein. Tu racontes comment euh une victime lorsqu'elle a rencontré un épisode

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trop dur à supporter dont on peut pas revenir, la seule possibilité de s'en tirer, c'est de dire que ça a pas eu de réalité. Et la le seul moyen de montrer que ça n'a pas eu de réalité, c'est d'y retourner. Hm hm. Je raconte comment dans le camp de vacances où je suis agressée la première fois revenir juste après euh ben en rentrant, je demande à mes parents de me réinscrire pour l'année suivante parce que je sais pas comment ça se passe. Il faut pas qu'il gagne, il faut que j'y retourne. Il faut que j'y retourne pour qu'il y ait pas eu de conséquence parce que j'ai presque j'ai été tellement mal que j'ai presque l'impression que si j'y retourne pas, c'est comme si j'avouais publiquement que ils avaient gagné. Ils ont gagné. Et donc en fait je suppose que on retourne toujours à son

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agresseur. OK. Euh une victime euh les victimes sont souvent accusées. Oui, mais alors pourquoi vous êtes retourné dans la chambre ? Ah parce que par dit quand on est détruit, le seul moyen de survivre c'est d'y retourner pour dire que ça pas existé. Vous m'avez pas détruit. Et ben, l'une des hypothèses, c'est peut-être que il retourne euh là où ils ont été eux-mêmes agressés. En tout cas, on le sait que ces agresseurs dans l'église ont été pour l'extrême majorité des gens qui eux-mêmes avaient été agressés. Hélène, dans le livre, "Tu évoques ta propre agression dans un camp d'été". Donc, tu viens justement de nous en parler. Est-ce que tu peux nous raconter cette agression ? Je suis je connais à 14 ans une agression publique très violente d'un prêtre qui sans

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aucune raison un prêtre imagine un bûcheron là-bas les gens me disent un taureau. Voilà un pas très fin et de de genre 120 kg qui se jette sur moi, me passe à tabac coup. Alors il se jette sur toi pour quelle raison ? Mais il n'y a pas de raison dans ces violences. Tout d'un coup il n'y a pas de raison. S'il raconte qu'il y a une raison, il monte. En fait, ta tête lui revient pas, hein. Euh donc ça sera le moindre prétexte. Mais je raconte que moi, il m'a donné deux phrases. Il m'a donné 3 ans avant une phrase sur la fil 2. Hm hm. 3 ans avant l'agression. 3 ans avant l'agression, il m'a donné une phrase. Donc il t'avait dans le viseur quoi. Il m'avait dans le viseur une phrase sur j'étais la fille 2. Elle est comme son père, insolente comme son père, il

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m'avait dit. Hm hm. Pourquoi ? parce que j'avais ces agresseurslent très bien quand dans le regard on les admire pas, on croit pas leur hypocrisie, donner des cours de catéchisme, on sent bien que le type il est malsin, il est violent, il est méchant. Alors quand il dit quand il te donne des des des injonctions à la gentillesse l'enfant il peut pas son visage, mon insolence c'était juste mon visage ou ma rigolade. Voilà. sent bien qu'on Et c'est quoi l'autre chose qui te dit ? Et l'autre chose qui me dit au moment où il finit de me mon passage à tabac, il me laisse une vidéo entière hein quand même. Euh alors euh mon passage à tabac, il dit comme ça elle va peut-être arrêter de sourire.

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Et comment on peut vouloir qu'un enfant arrête de sourire ? Bah c'est exactement ça. C'est en fait on est en train toi comme moi d'été mais c'est le camp d'été a pas d'importance. C'est comment partout où il y a des enfants dans les écoles, dans les camps de vacances, dans les centres, il y a comment ça se passe que partout il y a des enfants, il y a des gens qui ont envie de détruire l'enfance et s'ils veulent détruire ce qu'ils vivent en traduction, comment tu traduis ? que bah une personne très mal tout simplement une personne qui n'est pas vivante. En fait la haine du vivant c'est toujours le faire mot de l'histoire les agressions de l'agression d'une d'une jeune fille dans le métro parce qu'elle est une femme Ah parce qu'elle une femme vivante. H en fait c'est les morts qui attaquent

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les vivants. Enfin c'est les gens qui n'ont pas en eux ce qui pulsent la la force de vivre l'envie de vie. D'ailleurs, dans leurs yeux, il y a rien. Il sourit pas. et ou pas comme nous. Enfin euh qu'est-ce que c'est ? Pourquoi les gens qui ont pas ça en eux sont si jaloux des gens vivants ? Et c'est aussi dire à toutes les victimes, ne vous posez pas la question pourquoi vous êtes victime ? Ne vous dites pas comme j'ai moi j'ai mis j'ai mis 50 ans en sortir de fille 2 alors qu'en fait fille 2 c'était ce qu'il me fallait pour que je passe en mode paranoiaque que j'ai peur de tout le monde que j'ose plus m' m'en sortir parce qu'en fait vous êtes toujours agressé pour une seule raison que ce soit les enfants harcelés au collège ou les jeunes filles dans le métro il y a

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qu'une seule raison ah vous êtes vivante et eux ils sont ils le sont pas ils le sont pas ils ont pas ça ils ont pas ça vous. Donc et bien si on le sait, je trouve qu'on se sent beaucoup mieux et si surtout on se reconnaît entre nous aussi euh quand quand on a un copain qui est agressé, une copine agressée ou un étudiant agressé euh au lieu de lui dire "Oh mon pauvre", on lui dit d'offrir la compassion. "Ah, ça doit être très dur." On lui dit "C'est normal, tu étais vivante. Tu es vivante. OK, voilà. Normal, tu es beau." C'était quoi ce passage à tabac ? Qu'est-ce qu'il a fait exactement ? ben une une gamine de 14 ans, des coups de po, des coups de pieds dans le ventre euh partout au sol euh jusqu'à ce que le corps lâche. et

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j'essaie de j'avais je n'ai pas raconté cet épisode dans ce livre parce que je l'ai déposé dans l'autre livre le silence de Betarab et je veux pas que mes agresseurs m'obligent à me me repasser dans mon agression le récit de mon agression que je sois obligé chaque fois de mettre ces mots qui s'alissent parce qu'en fait un corps qui lâche un corps et et c'est pour c'est pour dire que c'est c'est c'est mot qui te prennent dans la honte. Hm hm. le corps qui cède, c'est ça qui est horrible. Voilà, on va t'amener à un état où euh voilà, tu auras bien, tu as pas de problème. Et donc en fait, je veux pas le redonner autres enfants. Et c'était évidemment devant un public d'adultes et euh d'adolescents qui n'ont eux rien vu. Ce qui est dur dans une

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agression publique, c'est le public qu'il y ait eu des gens présents qui ne fassent pas le moindre signe qu'ils ont vu quelque chose alors qu'ils sont là. Et qu'est-ce que ça détruit ça en toi quand tu vois que les gens ne réagissent pas ? Ça détruit la possibilité de de vivre de faire une réalité de ce qu'on a vécu. Ça détruit la presque on se pincerait pour savoir si on vient de vivre ce qu'on a vécu. Hm hm. Personne réagit. Ça détruit la confiance dans les autres. Ça détruit la confiance dans le témoignage qu'on pourra faire. On va pas aller témoigner puisque les gens qui l'ont vu, ils n'ont rien dit. Ils réagissent pas. Ils sont là mais attends, j'ai été agressé là. Les autres à un maître. Il y a personne qui 30 personnes à 1 m adult sidéré ne

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bougeant plus dans le silence absolu détournant le regard et il y a pas une personne qui essaie de te réconforter ou ben justement non parce qu'en fait le fait d'être sidéré de pas comprendre ce qui se passe arrête les réactions de tout le monde et en fait ils ont eux-mêmes honte d'avoir été sidérés donc il y a honte de tous les côtés il y a incapacité de bouger de tous les côtés te laisse à terre et personne ne vient t'aider non personne ne vient m'aider je fais passer la nuit dehors dans cet état physique là et après quand je me relève le lendemain surtout moi je cache je ne veux pas qu'on accède à ma détresse. À ce moment-là tu dis rien à tes parents ni à mes parents. Et je dis surtout pas à mes parents. Quoi parce que quand tu as vraiment honte de l'état dans lequel

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tu as été euh quand tu as vraiment honte de ce qu'on t'a de ce qu'on a produit sur ton corps, de ton humiliation publique, tu veux pas en rajouter que quelqu'un d'autre sache ? Et c'est surtout la figure de la mère. Il faut surtout pas que elle sache parce que je veux pas qu'elle me voit comme ça et puis j'ai pas envie que mes parents comprennent qu'en fait je vais pas bien, je suis une adolescente, mes parents je leur je leur je leur fais vivre des choses difficiles. Je m'oppose à eux. Je veux pas qu'il sachent qu'en fait je je suis pas forte comme je fais croire que je suis. Hm hm. Moi, j'ai besoin qu'on me prenne pour quelqu'un de fort et c'est tout ce

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mécanisme. Je veux je suis forte, je ne veux pas que cet homme m'est atteinte. Je ne veux pas que mes parents sachent que je suis atteinte. Et puis j'ai pas de mot pour décrire ce que j'ai. Et il me semble que si un tout petit peu j'ouvre sur mon chagrin, je vais m'effondrer. Je veux pas m'effondrer. Donc blindage. Pourquoi quelqu'un qui est agressé ne dit rien s'enferme dans sa chambre ? Parce qu'il veut rien dire. Là tu l'expliques, c'est très clair et on peut tous penser à quelque chose qu'on a vécu en t'entendant raconter et c'est pour ça que je trouve que c'est important d'entendre ton témoignage aussi là-dessus pour comprendre le déni quand tu expliques ça, on voit tous quelque chose qu'on a déjà vécu où tout le monde a été dans le déni ou on a été

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dans le déni on on comprend bien, on arrive bien à s'identifier à travers ton histoire. Ouais, mais c'est pour ça c'est vraiment j'avais l'impression moi d'avoir ce choc avant Betaram de de me retrouver avec ma vie en miette et de me dire en fait je comprends tout part de mes agressions depuis toute petite le mécanisme j'avais tellement envie de le passer aux autres et puis en écrivant de me rendre compte que toutes mes phrases c'étaient celles que j'entendais dans le bus avec mes étudiants, avec mes copains, on a tous les mêmes phrases. faisait tous les mêmes problématiques et voilà, j'avais j'avais besoin de dire "Vous voulez réfléchir aux violences, laissez tomber les fait, laisser tomber

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les violences pour réfléchir aux témoins à ce qu'on ressent, pourquoi on parle pas et au pourquoi on voit pas alors qu'on a sous les yeux." Ces violences, elle continue dans tes études supérieures. Il y a une deuxième agression. Est-ce que tu veux bien nous la raconter ? J'en ai raconté deux que j'ai mise en rapport mais pour être clair, j'en ai vécu 100000. D'accord ? J'en raconte deux qui se répondent pour qu'on comprenne comment d'un seul coup c'est fini et d'un coup d'un seul coup on va silencier une partie de soi-même et d'un seul coup on va s'interretir de vie. Et donc j'ai raconté la première pour la faire Betaram. Je raconte celle qui lui répond. Je montre qu'en fait elle se répondent et elle se ferme comme une porte qui s'ouvre et l'autre qui la referme.

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Ouais. Qu'est-ce qui se passe alors ? Alors la seconde agression, bah elle arrive, elle vient alors que ça fait 3 4 ans que peut-être tous les jours je repense à la première en me disant voilà ce que j'aurais dû faire et en fait moi je suis capable d'aller porter plainte, j'aurais dû aller porter plainte. La prochaine fois que j'ai une agression grave, j'irai porter plainte et en fait je peux m'en tirer, je peux appeler au secours. Euh je suis pas obligée d'être soumise à mes agresseurs. La prochaine fois je ferai ça. Et puis aussi une petite phrase que j'ai dans la tête qui est pas explicite à ce moment-là puisque tout ça c'est ben c'est entre 14 et 18 ans. C'est un âge clé pour toutes ces questionsl. Je me dis oui, je suis beaucoup agressée dans la région où j'habite parce que

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voilà, c'est la région où je suis la fille de où tout le monde me connaît mais mais voilà, je suis prisonnière dans la problématique de la famille, de l'enfance mais il y aura un ailleur, on se rêve toujours un ailleur. Un jour ce sera différent et chouette. J'en avais envie d'avoir cette vie postback mais j'en ai rêvé depuis la 6e, je crois. Ah, le postback, la vie libre d'étudiant. Et en fait, c'est ce rêve là qui est cassé parce que bah la seconde agression, elle vient me dire "Je suis agressé par d'autres étudiants de façon, je suis enlevé de façon anonyme la nuit. Je v une expérience de mort subite enfin dans la tête puisque euh eux ils rigolent, ils s'arrent mais moi on m'enfonce un baillon un baillon un bout de tissu dans la gorge, je respire plus

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et je me laisse partir. Je sais que c'est fini puis on me transporte. Je suis ligotée, on m'expose à des regards. Il a des voilà, je sais pas qui c'est, j'ai une lampe dans la figure. Euh je sais juste que le commissaire va me dire euh ils y sont tous, c'est-à-dire qu'il y a votre classe, il y a les campus, les différents campus, des gens de droit, de médecine, des gens que je connais, que des gens que je connais pas. Et pour moi, c'est pour moi en fait on rencontre son impossible quand on rencontre euh son la structure de sa peur. C'est-à-dire moi être exposé à tous. Bah on me dit ils y sont tous et c'est des gens que je connais pas. l'anonyma, il y a du monde, les rires, les railleries,

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la fidule, le être ligoté, la démationer quelqu'un, c'est c'est que c'est une la plainte en justice, elle est elle est reçue. Oui, elle est grave. Je porte plainte à cause d'un article, je reçois des pressions pour retirer ma plainte et que les pressions j'y résiste. Je ne céderai pas aux pression et que à un moment donné si, je vais retirer ma plainte, je cède, je me laisse s'engoutir. Pourquoi ? parce que je reçois un coup de je sais plus si l'article sort ou si sort pas. Il y avait écrit quoi sur il y avait écrit bah il y avait écrit la fille de il y avait un article qui sort et qui dit la fille d'un député agressé au lycée montagne c'est montagne de Bandaux. La fille de bah c'est mon spectre c'est

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le mot la fille d'eux. C'est l'article c'est le fait que pour moi dans une fraction de seconde ah oui tous les rires que j'ai entendu la moquerie l'exposition l'auté bah ça y est ça va être exposé. Non pas quand on est exposé un juge, on n'est pas exposé. Le juge, les enquêteurs policiers, il il protège la victime, ils enquêtent, on se sent pas exposé. Mais moi, j'ai été exposé à quelque chose de très dur dans cette agression là. Ça y est, on va m'exposer dans la presse en plus. Donc on vous êtes la fil et on vous expose dans la presse avec mon agression. C'est-à-dire qu'en fait, je peux plus appeler au secours pour l'agression. ma plainte, je peux plus la faire durer parce que si je poursuis ma plainte en justice, il y a l'article qui va exposer ce que j'ai vécu au public et et c'est

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pas moi, c'est la fille d'eux. À ce moment-là, vos parents il fini mes parents m'ont toujours laissé euh m'ont toujours soutenu. Hm hm. En disant "Bah tu veux porter plainte, on te soutient. Bah tu veux retirer ta plainte, on te soutient." Ben en sachant que bah il faut pouvoir assumer une plainte publique dans la presse et j'ai pas pu je me suis effondré à ce moment-là parce que je pouvais pas revivre la presse et la fille de et voulu en vous à votre père à ce moment-là. Mais c'est toujours ambivalent. C'est-à-dire qu'en fait bien sûr qu'on en veut à ses parents. Hm hm. Bien sûr qu'on leur en veut qu'on peut pas leur dire parce que c'est sa faute tout en étant pas sa faute. Hm hm. Et donc bah celui dont on pense qu'il a tous les

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pouvoirs, bah il peut pas arrêter la violence faite à ses enfants. Non, c'est ce que vivent tous les enfants d'eux. Il peut pas arrêter ça. Donc c'était juste un mécanisme comment en fait on s'autorise plus à vivre à partir du moment où dans sa tête on a compris qu'il y aurait plus d'espoir, que ça serait toujours comme ça, qu'il y aurait pas d'ailleurs. Et là ça commence les mécanismes très compliqués. par lesquels on va se on va un peu renoncer à avoir sa vie. On verra plus les autres. On verra plus les agressions des autres. Hm hm. On va on va voir certaines choses mais de soi, on verra plus on verra plus non

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plus la génération suivante. On verra plus euh ce qui est trop dur à avoir pour soi. Voilà. Et donc petit à petit dans ce livre, je montre comment je me préparais sans le savoir avec ma mes solutions de survie. Hm hm. Donc c'est en gros faire semblant d'être forte et de d'aller très bien. À avoir un jour mes enfants qui me diraient "Tu ne m'as pas vu, tu as pas vu mes propres agressions ?" Qu'est-ce qui s'est passé pour tes enfants ? Est-ce que eux aussi à leur tour ils ont été agressés ? Oui. Alors, je le je raconterai pas ce qui s'est passé pour eux parce que je trouve que c'est à chacun d'avoir son histoire et que moi j'ai tellement souffert que on parle de moi à ma place, si un jour ils veulent en faire quelque chose, ça sera eux. Mais bien sûr que je suis en

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train de dire les agressions qu'on n pas vu pour moi, bah bien sûr, ça s'est reproduit à leur génération. Hm hm. Donc en fait ce que je raconte c'est que ben bah le plus dur quand je me suis effondrée euh que je suis sorti de cette structure qui était une structure de dire mais tout va bien plus ça a été de découvrir que c'était pas la peine de passer 5 minutes à pleurer sur moi hein parce qu'en fait c'était la génération d'après qui qui avait été exposé qui avait vécu des choses vraiment vraiment à côté des miennes, c'est rien hein. Je pense à ça grave de génération en génération et qu'en fait c'est un échange de regard et

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donc voilà c'était et c'était aussi la génération suivante qui m'avait permis de sortir de ma de mon impasse parce que j'ai tout construit la fin du livre sur un échange de regard et c'est une demie et cet échange de regard il a existé il a existé elle a compris en une fraction de seconde elle m'offre la porte de sortie mais c'est parce que toi aussi tu l'as été agressé que tu vois pas les miennes, je sais pas, ça se passe dans le regard et tu as le droit d'en sortir. Je je t'aimerai plus après qu'avant. Elle m'offre cette idée que elle m'attend ailleurs et de l'autre côté de ce fichu d'énis est capable de savoir ce qui lui arrivait à elle et je sais pas un regard euh un sourire sans

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parole, un regard qui fait que d'un seul coup alors qu'en gros le déni tout le monde est d'accord pour rien voir. Hm hm. Un une possibilité de voir en beau hm hm de se voir. Mais je j'en peux le racontant. J'ai pas besoin de lui dire tout ce que j'ai vécu. Elle d'un seul coup, elle le comprend. Elle comprend que c'est pour ça que je peux pas voir et que et en me regardant, je vois qu'elle aussi elle a quelque chose à me dire. C'est et que oui, il faut laisser il faut laisser s'effondrer toute la structure rigide. Il faut laisser euh il faut laisser toutes les fictions tomber. Il faut être capable de dire "Bon, j'ai jamais été forte, tout ce que j'ai fait, c'est n'importe quoi." Vous avez pas idée à quel point le fait que des jeunes de Vatan nous regardent

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fier de nous, mais on peut remuer des montagnes. On est prêt à à à tout regarder en face. Si vous êtes là pour nous dire, au lieu de nous dire euh minable, on vous juge, vous avez euh été des parents euh des parents pourris et scandaleux. Euh vous êtes là fier qu'on soit capable de dire qu'on a été des parents scandaleux et et qu'on a tout raté. C'est beau. C'est hyper beau. Et en fait on dépend de votre de votre sourire. Le paradoxe c'est que la fierté de ta fille, elle est pas là quand tu fais semblant d'aller bien mais elle est là quand tu montres que tu vas mal. Euh avec elle av une relation horrible. Oui. Ah parce qu'en fait je me rendais pas compte que je passais à côté de tout ce qu'elle était. Et pourquoi je passais à

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côté de tout ce qu'elle était ? parce que je passais à côté de tout ce que j'étais moi aussi hein. Et au moment où je m'effondre et qu'elle est là, elle a une fierté et et mais la relation et même pas besoin de la recréer. Elle est là, elle est elle est géniale parce que d'un seul coup je suis je passe plus à côté de ce que je suis et je passe plus à côté de ce qu'elle est non plus. Et ça euh d'un seul coup ne plus passer à côté de ce que sont ces enfants et qui sont des gens géniaux se rendent compte qu'ils sont extraordinaires, qu'ils ont en fait tout vu, tout compris depuis toujours. C'est ça les enfants, ils voient tout, ils comprennent tout depuis toujours, qu'ils ont des possibles incroyables, que ils ont pas besoin de voilà, il ils en savent plus

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que nous dans la vie. C'est plus besoin plus besoin de leur faire la leçon ou de leur expliquer l'existence. Et c'est un moment de restauration d'une confiance réciproque. Quelle a lu ton livre ? [raclement de gorge] Je sais pas. Je je trouve qu'on doit pas lire ses parents, mais je sais qu'elle le suit du regard. Euh elle est heureuse qu'il existe ce livre. Elle est elle est heureuse que je m'autorise à faire je m'autorise à faire ce livre sans avoir peur qu'on dise le livre de la fille de sans me remettre en position paranoïque en ayant quelque chose à dire de ces de ces sorties de survie euh que j'ose montrer un tout petit peu ce que je suis. Elle est hyper fire qu'il existe le livre et

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c'est des relations en fait ce ce que vous nous offrez vous, c'est-à-dire et surtout les mères et les filles, mais c'est vous qui avez les clés les filles, les filles mais mais nos fils aussi bien sûr que j'ai des que les j'ai des fils extraordinaires. que votre génération nous offre comme possibilité d'enfin nous autoriser à être nous-mêmes alors que nous mais qu'est-ce qu'on l'a enseigné à tout le monde ? Il faut s'autoriser à être soi-même. La phrase on l'a baladé tous les côtés vous l'appliquez mais en fait on peut pas l'appliquer sans être délivré de ses agressions. On peut pas on peut que la répéter. On peut la seriner. On peut en faire un un catéchisme. Autorisez-vous à être

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vous-même. Si toi-même tu as pas le droit d'exister, qu'est-ce que à quoi ça sert ? Rien. En reconnaissant en gros qu'on a tout planté nous à notre âge, ben on vous allège aussi le fardeau parce que grâce à cet échange entre génération, vous allez pas obligé de faire comme nous. Et ben bravo en tout cas pour ce beau message. Je c'était c'est très émouvant. Ton livre c'est le déni Hélène. Merci beaucoup. J'ai appris beaucoup de choses, je me suis reconnue dans plein de trucs et vraiment merci infiniment. Ouais. Puis que vous compreniez vraiment qu'en fait euh on vous le doit tout ça. Hm hm. C'est parce que vous avez eu l'intelligence de pas vous laisser berner par des gens qui font semb