Harlem Désir
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- 0:01OuverteRéponse directe
Bonjour Arlène Désir, premier secrétaire du PS par intérim et futur titulaire du poste, on peut le dire comme ça ?
- 0:59RelanceRéponse directe
Vingt députés socialistes ont voté contre le traité budgétaire européen hier à l'Assemblée, c'est à peu près deux fois plus que vos estimations.
- 1:15OuverteRéponse directe
Ce sont des rebelles, des francs-tireurs ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Vous continuez de penser que les 3% de déficit visé pour l'an prochain peuvent être rediscutés au niveau européen, reportés à l'année d'après ?
- 3:50RelanceRéponse directe
Oui, ça c'est la pente, mais le résultat, 3% l'an prochain, dont le FMI vient de dire que ce n'était pas possible pour la France.
- 4:40RelanceRéponse directe
Donc si on n'a pas fini votre phrase, si les 0,8% ne sont pas atteints...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19Invité politiqueFait
« Jeudi, demain. »
- 0:26Invité politiqueFait
« Et puis ensuite, les militants vont devoir choisir le premier secrétaire, je suis candidat à être le premier de leurs serviteurs. »
- 0:38Invité politiqueFait
« Je pense qu'il y aura plusieurs candidats, et comme je l'ai dit, j'ai eu l'occasion de le dire, pour moi le critère du choix c'est la démocratie militante, »
- 1:25Invité politiqueFait
« Et moi je me réjouis qu'il y ait eu une majorité de gauche hier à l'Assemblée pour faire adopter ce traité qui est un élément de la politique européenne du président de la République. »
- 1:51Invité politiqueFait
« pour qu'il y ait non seulement les mesures de la stabilité budgétaire, c'était celles du traité, qui vont permettre à un fonds de secours européen d'entrer en vigueur, »
- 1:59Invité politiqueFait
« mais qu'il y ait aussi le pacte sur la croissance, la taxe sur les transactions financières dont vient de parler Bernard Guetta. »
- 3:42Invité politiqueFait
« D'abord, je viens de le dire, la lutte contre le désendettement, elle est absolument nécessaire, impérative. »
- 4:02Invité politiqueChiffre
« Dans le budget présenté par le gouvernement, les 3% correspondent au fait qu'il y a une prévision de croissance, qui est aussi un objectif volontariste, de 0,8%. »
- 5:19Invité politiqueChiffre
« telle que celle qui a été menée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avec François Fillon, qui a fait que notre endettement s'est accru de 600 milliards d'euros. »
- 7:08Invité politiqueChiffre
« 120 milliards d'euros »
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Bonjour Arlène Désir, premier secrétaire du PS par intérim et futur titulaire du poste, on peut le dire comme ça ?
Si les militants en décident, parce qu'il y a un vote, d'abord il va y avoir un vote sur des textes, sur des motions. Jeudi, demain. Voilà, je suis premier signataire d'une de ces motions, soumise au vote demain, parmi cinq autres, en fait quatre autres, parmi cinq motions. Et puis ensuite, les militants vont devoir choisir le premier secrétaire, je suis candidat à être le premier de leurs serviteurs.
Voilà, mais vous n'êtes pas sûr d'avoir un adversaire encore, on ne sait pas si, vous serez peut-être le candidat unique.
Je pense qu'il y aura plusieurs candidats, et comme je l'ai dit, j'ai eu l'occasion de le dire, pour moi le critère du choix c'est la démocratie militante, et je serais heureux qu'il y ait le choix jusqu'au bout.
Bon, on va revenir sur ce qui se passera dans les prochaines semaines au Parti Socialiste jusqu'au congrès de Toulouse à la fin du mois. Vingt députés socialistes ont voté contre le traité budgétaire européen hier à l'Assemblée, c'est à peu près deux fois plus que vos estimations. Vingt parlementaires qui ont donc résisté à tout, aux pressions de Jean-Marc Ayrault, du ministre Bernard Cazeneuve, du patron du groupe Bruno Leroux, des vôtres, Arlem Désir. Ce sont des rebelles, des francs-tireurs ? D'abord ce sont dix-sept députés socialistes, vingt du groupe. Et trois chevènementistes.
Voilà, exactement, trois députés du mouvement républicain et citoyen, Jean-Pierre Chevènement. Et moi je me réjouis qu'il y ait eu une majorité de gauche hier à l'Assemblée pour faire adopter ce traité qui est un élément de la politique européenne du président de la République.
Évidemment, je me suis battu, vous l'avez vu, avec mes amis au Parti Socialiste pour convaincre qu'il fallait que nous apportions tous notre soutien et que nous ne soyons pas dépendants de l'apport de la droite, même s'il était important qu'il y ait une majorité très large à l'Assemblée Nationale, pour donner de la force à la bataille que François Hollande a menée dès le lendemain de son élection, pour qu'il y ait non seulement les mesures de la stabilité budgétaire, c'était celles du traité, qui vont permettre à un fonds de secours européen d'entrer en vigueur, mais qu'il y ait aussi le pacte sur la croissance, la taxe sur les transactions financières dont vient de parler Bernard Guetta.
Et vous n'avez pas réussi à les convaincre ? Eh bien on en a quand même convaincu l'immense majorité, puisque l'immense majorité des députés socialistes ont fait preuve dans ce vote de cohérence, de cohérence avec la décision prise par l'ensemble du Parti Socialiste et l'ensemble des députés, qui s'était exprimé par un vote à l'intérieur du groupe socialiste, de cohérence avec le Président de la République. Et je n'aurais de cesse de continuer à convaincre ceux qui n'ont pas voté que c'était une étape...
Ceux qui sont incohérents et diviseurs donc, si j'en juge par vos appels.
Ceux qui, en tout cas par exemple, vont voter la loi organique sur les finances publiques, et qui vont voter le budget, et qui donc considèrent que la politique qui est menée en France par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et sous la conduite du Président de la République n'est pas contraire à nos engagements de campagne. Et n'est pas par conséquent, et que par conséquent, ce traité européen ne nous empêche pas de mener une politique de soutien à l'emploi, à l'éducation, au logement, une politique volontariste, même s'il faut aussi en même temps mener une guerre contre l'endettement. Et cela c'est ce que François Hollande a dit pendant sa campagne.
Il a dit qu'il faut à la fois le sérieux budgétaire et le soutien à la croissance, à l'emploi, à l'école. Mais s'il n'y avait que des mesures de sérieux budgétaire, y compris en Europe, que se traiter pour encadrer les disciplines budgétaires, alors il n'y a pas de sortie de crise. Il ne peut pas y avoir de sortie de crise s'il n'y a pas aussi des mesures très volontaristes de soutien à l'activité économique, à la croissance, à la demande, à l'investissement.
Justement sur le fond, Arlène Désir, vous continuez de penser que les 3% de déficit visé pour l'an prochain peuvent être rediscutés au niveau européen, reportés à l'année d'après ?
D'abord, je viens de le dire, la lutte contre le désendettement, elle est absolument nécessaire, impérative. Parce que ce qu'il y a derrière, c'est le financement de notre modèle social.
Oui, ça c'est la pente, mais le résultat, 3% l'an prochain, dont le FMI vient de dire que ce n'était pas possible pour la France. La France ne réussira pas à redresser, à réduire son déficit à 3%.
Dans le budget présenté par le gouvernement, les 3% correspondent au fait qu'il y a une prévision de croissance, qui est aussi un objectif volontariste, de 0,8%. Le FMI dit que la croissance pourrait être inférieure. Pour moi, les 3%, c'est un des moyens, ce qui est important. L'objectif, c'est le désendettement, et c'est surtout de continuer à soutenir l'emploi, l'activité économique, la compétitivité, la relance de l'économie réelle. Par conséquent, s'il y a des circonstances économiques qui font que l'année prochaine, on ne peut pas atteindre cet objectif de 0,8%. Moi, je comprends que le gouvernement dise qu'on peut l'atteindre.
Parce que les mesures qui sont prises dans le budget, je pense par exemple aux emplois d'avenir...
Donc si on n'a pas fini votre phrase, si les 0,8% ne sont pas atteints...
Si par exemple, il y a une récession dans la zone euro, il est prévu d'ailleurs par les traités, qu'il y ait une discussion au niveau de la zone euro, entre les partenaires européens, pour considérer que si ça doit aller, le fait de réduire les déficits aussi rapidement, contre le soutien à la croissance, à l'activité économique, eh bien alors, on peut passer d'une année à une autre. Ce n'est pas un chiffre sacralisé. 3%, une année donnée. Ce qui est important, c'est la trajectoire de désendettement.
C'est de dire qu'on ne peut pas continuer à avoir une politique totalement irresponsable sur le plan de l'accumulation de la dette, telle que celle qui a été menée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avec François Fillon, qui a fait que notre endettement s'est accru de 600 milliards d'euros. Nous avons besoin de préserver notre indépendance et notre souveraineté économique, de ne pas être pris à la gorge par les marchés. Ce qui est en jeu, c'est notre financement, ce sont nos taux d'intérêt. Et c'est le financement de quoi ? C'est le financement de nos dépenses pour l'éducation, pour les retraites, pour la protection sociale.
Donc, nous voulons conserver notre indépendance économique et nous allons, pour cela, faire les efforts. Et c'est vrai que tous les Français sont appelés à faire ces efforts, mais avec justice, ce sont les revenus les plus élevés qui y contribuent le plus, ce sont les grands patrimoines qui y contribuent le plus, ce sont les grandes entreprises qui y contribuent le plus. Mais nous voulons que l'objectif de cette politique et de la coordination des politiques économiques en Europe, ce soit bien l'emploi et la croissance.
Je poursuis votre raisonnement, Arlène Désir. Si les 0,8% de croissance qui sont dans les prévisions gouvernementales aujourd'hui pour l'an prochain ne sont pas atteintes, le choix qu'aura le gouvernement, ce sera soit de donner un nouveau tour de vis fiscal ou de réduction des dépenses en cours d'année, soit de dire, les 3%, on ne peut pas les atteindre et on verra l'an prochain.
D'abord, je comprends que le gouvernement, et c'est bien son rôle, disent, à partir du moment où on a déjà révisé les prévisions de croissance par rapport à celles qui avaient été annoncées par Fillon, c'était 1,7, puis après il a fallu dire 1,2, et finalement on est à 0,8. Certains économistes disent que ça ne peut pas être le cas l'an prochain parce qu'ils craignent l'instabilité dans la zone euro. Si les mesures qui ont été prises au sommet européen de Bruxelles, des 28 et 29 juin, sont mises en œuvre, c'est-à-dire la supervision bancaire, pour éviter que la spéculation continue à jouer contre les États en difficulté, comme l'Espagne.
Si on met en œuvre la taxe sur les transactions financières qui va générer plusieurs milliards d'euros de soutien à des projets européens, si on met en œuvre le pacte pour la croissance qu'a obtenu François Hollande, 120 milliards d'euros, eh bien nous, nous pensons qu'en plus des mesures qui sont décidées en France, j'évoquais les emplois d'avenir, le soutien aux petites et moyennes entreprises, la banque publique d'investissement, on peut avoir cette croissance de 0,8%. À ce moment-là, et c'est pourquoi je soutiens ce budget, nous pourrons faire les 3% et ne pas dépasser les 3% de déficit l'an prochain.
Si la situation dans la zone euro s'avérait ne pas être celle-là, il faut qu'il y ait un débat. C'est la position des socialistes français. Il faut qu'il y ait un débat dans le cadre européen, nous ne disons pas qu'il faut rompre le cadre européen, pour adapter la politique économique de la zone euro à ce qui pourrait être un risque de récession, parce que l'impératif, c'est d'empêcher la récession, c'est de défendre la croissance et l'emploi. On ne sortira pas de la crise, y compris de la crise de surendettement en Espagne, en Italie, et de la crise d'endettement qui existe aussi en France, s'il n'y a pas de la croissance.
Arlem Désir, futur premier secrétaire du PS, et déjà en poste par intérim, invité de France Inter jusqu'à 9h moins 5, on attend vos questions au standard Inter, 01, 45, 24, 7000, ce sera après la revue de presse, il est 8h30.
Harlem Désir