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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 28 juillet 2022 25 minComplaisantFond programmatiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentationÉconomie & entreprises

Vazken Andreassian - Coralie Dénoues : "C'est une sécheresse importante et qui est généralisée"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:20OuverteRéponse directe

    Où en êtes-vous dans votre département face à la sécheresse ?

  • 1:58FerméeRéponse directe

    Situation de crise, c'est le niveau maximal d'alerte fixé par le ministère ?

  • 2:19FerméeRéponse directe

    L'irrigation est donc interdite dans votre département ?

  • 3:04OuverteRéponse directe

    Cette situation est-elle déjà connue dans les Deux-Sèvres ?

  • 4:13OuverteRéponse directe

    Cette sécheresse est-elle généralisée en France ?

  • 5:23OuverteRéponse partielle

    Les pluies sont-elles devenues plus irrégulières ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:05PrésentateurFait
    « La quasi-totalité des départements de métropole subissent des restrictions, 91 sur 96. »
  • 0:14PrésentateurChiffre
    « 0 mm ce mois-ci à Nice et à Nîmes, 1 à Agen, Bordeaux et Rennes. »
  • 0:24PrésentateurFait
    « il restera comme le mois le plus sec depuis 1959. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « quasi l'intégralité du département est en alerte renforcée, et également en situation de crise »
  • 1:45Invité politiqueFait
    « nous avons dans le département la chance d'être propriétaire de deux barrages »
  • 2:27Invité politiqueFait
    « l'irrigation a été interdite déjà depuis des semaines »
  • 3:08Invité politiqueFait
    « depuis les années 2000, c'est la troisième, mais là, elle est beaucoup plus longue »
  • 4:01Invité politiqueFait
    « Dès 2017, on a interconnecté les deux barrages. 2019, on a signé le protocole pour les retenues de substitution. »
  • 4:33PrésentateurFait
    « c'est une sécheresse qui est importante, qui est généralisée. »
  • 8:17Invité politiqueChiffre
    « le Cébron est à 41% et le deuxième, la touche Poupard, est à 69%. »
  • 10:08PrésentateurChiffre
    « le secteur agricole, c'est 45% la consommation d'eau en France. »
  • 13:23Invité politiqueFait
    « en 2019, nous avons signé un protocole d'accord entre les associations environnementales, le monde agricole et les syndicats d'eau »
  • 22:30InvitéFait
    « on ne pompe pas dans les nappes phréatiques l'hiver mais on pompe les eaux superficielles hivernales »

Temps de parole

  • Coralie DENOUES28 %
  • Présentateur27 %
  • Présentateur 222 %
  • Invité7 %
  • Invité 27 %
  • Auditeur4 %
  • Auditeur 23 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Un grand entretien consacré ce matin à la situation de sécheresse exceptionnelle que connaît notre pays. La quasi-totalité des départements de métropole subissent des restrictions, 91 sur 96. Dans beaucoup d'entre eux, il n'est pas tombé une goutte depuis des semaines. 0 mm ce mois-ci à Nice et à Nîmes, 1 à Agen, Bordeaux et Rennes. Le mois de juillet n'est pas encore terminé, mais Météo France nous explique déjà que sauf improbable déluge, il restera comme le mois le plus sec depuis 1959. Tout cela alors que l'été est loin d'être achevé et après un hiver et un printemps, moins plus vieux que la moyenne.

Alors quelles conséquences à court terme pour notre consommation d'eau quotidienne, pour l'agriculture, pour la nourriture ? Quels produits ? Et à long terme, comment mieux répartir cette ressource de plus en plus rare, moins la gaspiller ? Nos invités, pour vous répondre ce matin, ils sont deux. Vasquen André Assian, bonjour à vous. Bonjour. Vous êtes hydrologue à l'INRAE, c'est l'Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement. Avec nous également Coralie Desnoux, bonjour. Bonjour.

Vous êtes présidente du Conseil départemental des Deux-Sèvres, c'est l'un des départements français concernés par ces restrictions d'eau, l'un de ceux dans lesquels la situation est la plus sévère. Pour interroger nos invités, vous connaissez la marche à suivre, 01 45 24 7000, l'application France Inter ou franceinter.fr. Commençons par vous, Coralie Desnoux, où en êtes-vous dans votre département, façade ouest du pays, donc habituellement plutôt épargnée ?

1:28
Coralie DENOUES

Eh bien, cet été, nous ne sommes pas du tout épargnés, puisque quasi l'intégralité du département est en alerte renforcée, et également en situation de crise, donc la situation est en effet complexe, notamment pour le monde agricole, puisque nous avons dans le département la chance d'être propriétaire de deux barrages, qui nous permettent de ne pas, pour le moment, être trop inquiets pour l'eau potable, puisque les restrictions ont été prises il y a quelques mois déjà.

1:58
Présentateur

Situation de crise, dites-vous, ça c'est le niveau maximal d'alerte fixé par le ministère ?

2:03
Coralie DENOUES

Tout à fait, c'est la partie noire de la carte, en effet, qu'on voit, et celle-ci représente deux tiers de notre territoire, tout le nord du département, en effet, est en situation de crise.

2:16
Présentateur

Et le reste du département, le sud, je crois, est en orange ? En rouge, oui, voilà, c'est ça. Donc, situation très difficile, vous parliez de l'agriculture, l'irrigation est donc interdite dans votre département ?

2:27
Coralie DENOUES

En effet, pour la quasi-intégralité du territoire, donc l'irrigation a été interdite déjà depuis des semaines, et sur le territoire qui est plus en alerte renforcée, c'est sur des périodes notamment nocturnes, et bien évidemment, on appelle tous les agriculteurs et tout le monde agricole à être vigilants, et c'est ce qu'ils font, parce que les cours d'eau sont interconnectés tous ensemble, et nos barrages aussi, donc il faut en effet une utilisation raisonnable et raisonnée sur l'intégralité de notre département.

3:04
Présentateur

C'est une situation que vous avez déjà connue dans votre département des Deux-Sers ?

3:08
Coralie DENOUES

Alors, oui, on va dire que depuis les années 2000, c'est la troisième, mais là, elle est beaucoup plus longue, et surtout, on constate une accélération dans le renouvellement. Là, on voit cette accélération, en fait, des périodes de sécheresse. Avant, donc c'était début 2000, il y a eu 10 ans où on a été un petit peu tranquille, et puis là, on voit en effet que chaque été, ça devient de plus en plus complexe, que nos barrages sont remplis partiellement beaucoup plus tôt. Il y a une précocité dans la sécheresse qui est vraiment importante. Donc, c'est cette accélération, mais ça fait déjà des années qu'on réfléchit.

Enfin, là, on se pose cet été les questions, mais ça fait des années dans le département des Deux-Sèvres qu'on réfléchit à des solutions. Dès 2017, on a interconnecté les deux barrages. 2019, on a signé le protocole pour les retenues de substitution. Voilà, et puis aujourd'hui, on engage des réflexions bien plus larges.

4:11
Présentateur

On va en parler. Vasquen Andréation, avec vous, je voudrais qu'on regarde la carte globale de la métropole. La particularité de cet épisode, c'est que quasiment tous les départements français sont concernés. Oui, on a l'impression qu'il y a une tâche blanche au milieu avec le Cantal, et puis tout le reste est coloré. Voilà, et donc ça veut dire que c'est une sécheresse qui est importante, qui est généralisée. D'ailleurs, elle ne concerne pas que la France. Il y a une sécheresse très importante en Italie, également. Et il n'y a pas de secret, c'est le manque d'eau. Le manque d'eau depuis la fin de l'hiver, et puis un hiver qui n'a pas été très arrosé, également.

Alors, ça, c'est la règle générale, sachant que, vous savez, les ressources en eau, c'est toujours quelque chose de très local. Il n'y a pas de marché international de l'eau. Et donc, il peut y avoir eu quelques endroits, quelques petits bassins versants, où il y a eu des pluies au bon moment, un peu plus importantes, et pas trop de problèmes. Et à côté, à proximité, eh bien, pas de pluie du tout. Et donc, en fait, c'est ce qui fait qu'on a l'impression que la sécheresse couvre l'ensemble du pays, mais localement, on a une mosaïque de petites situations différentes.

Il pleut de moins en moins, chaque année, dans notre pays, Vascal Andréation, ou bien est-ce que ces pluies sont devenues plus irrégulières, plusieurs semaines, voire plusieurs mois sans pluie, et puis ensuite, beaucoup de précipitations d'un coup ? Alors, c'est pas que je ne veux pas répondre à votre question, mais la bonne réponse qu'il faudrait donner, au début, c'est qu'on n'a pas assez de données, on n'a pas assez de recul pour dire qu'il pleut de moins en moins. D'accord. Donc, ça, c'est une bonne réponse. Ça n'empêche que, en fait, localement, on a des expériences. Dans les Deux-Sèvres, Madame disait qu'on a l'impression que les épisodes de sécheresse sont plus fréquents.

Alors, peut-être qu'avec trois épisodes, sur 20 ans, on ne peut pas faire de statistiques, mais ça n'empêche que si c'est le ressenti, c'est tout à fait acceptable comme argument. Par contre, ce qu'on peut dire, ce qu'on peut dire, c'est qu'on sait qu'il y a une espèce d'intensification du cycle météorologique, avec, quand même, des pluies d'hiver qui sont un peu plus fortes et des pluies d'été qui sont un peu moins importantes en année moyenne. Une année moyenne, ça ne veut pas dire grand-chose. Donc, aujourd'hui, on n'est pas dans une année moyenne, on est dans une année extrême. Et donc, ça fait beaucoup, beaucoup moins de pluie en été et au printemps. Voilà.

Mais, vous voyez, même si la quantité de pluie sur l'année restait la même, eh bien, en fait, le fait que ça s'intensifie avec plus pendant la période humide et moins pendant la période sèche, ça peut poser de graves problèmes de sécheresse. Et nous ne sommes que fin juillet. Donc, les perspectives ne sont pas très optimistes, Vascan Andréassi. Oui, mais vous savez que la météorologie, c'est une science difficile. En fait, en France, à nos latitudes, on ne peut pas faire de prévisions très fiables à long terme. Les prévisions météorologiques, à 15 jours, elles sont déjà longues.

Alors, il y avait eu des prévisions pour cette année à moyenne échéance, disons à 3 mois, qui disaient année potentiellement plus sèche. Donc, ça semble se vérifier. Mais aujourd'hui, si quelqu'un vous dit que vous prévois la pluie du mois d'août ou du mois de septembre, c'est un prestigiateur. Donc, on ne peut pas exclure que la situation se redresse ou soit plus positive à la fin du mois d'août. C'est ce que vous nous dites. Oui. Je voudrais que vous nous parliez aussi de l'alimentation en eau. Coralie Desnoux, est-ce qu'il y a, pour vous, dans votre département des Deux-Sèvres, un risque d'alimentation en eau potable, là, dans les prochaines semaines ?

Est-ce que c'est un risque éventuel ? Je crois que l'un de vos barrages est à 50% de sa capacité. C'est lui qui assure l'alimentation en eau potable.

8:11
Coralie DENOUES

Alors, pas d'inquiétude, pas de catastrophisme pour le moment. Même s'il n'est même pas à 50%, le Cébron est à 41% et le deuxième, la touche Poupard, est à 69%. Donc, on est sur des pourcentages, des taux de remplissage qui sont ceux du mois de septembre, normalement. Mais puisqu'on a pris les arrêtés de restriction sur toute l'irrigation du monde agricole, eh bien, nous concentrons et consacrons l'eau de ces barrages à l'eau potable. Donc, c'est pour ça que sur l'eau potable, je n'ai pas d'inquiétude. Par contre, sur le monde agricole, et il ne faut pas croire que le monde agricole, on n'est pas interdépendant d'eux parce que l'eau ne sert pas qu'à boire, mais elle sert à manger.

Alors, dit comme ça, ça paraît un peu étonnant, mais cette eau-là, elle nous sert à, en effet, cultiver les céréales, les productions maraîchères, mais également les productions animales. Donc, au jour où on parle des circuits courts de la souveraineté alimentaire, eh bien, l'eau a toute son importance également, pas seulement pour l'eau potable, mais pour les productions qui nous permettent de nous nourrir. Donc, c'est en ça que c'est vraiment important d'avoir ce système de stockage d'eau. Et M. André Assiane le disait très bien, la fréquence, l'intensité, la périodicité évoluent.

Eh bien, gardons cette eau d'hiver pour récolter et pour les récoltes de l'été, parce qu'on ne fera jamais pousser de légumes ou de céréales en plein hiver. On va y venir avec vous.

9:58
Présentateur

Vous faites référence notamment à ces bassines, ces systèmes de stockage de l'eau qui font débat dans votre département des Deux-Sèvres. Je précise par rapport à vos propos que le secteur agricole, c'est 45% la consommation d'eau en France. On accueille Philippe au Standard de France Inter qui nous appelle du département de la Haute-Savoie. Bonjour Philippe.

10:17
Auditeur

Oui, bonjour. Moi, je voulais savoir s'il n'était pas possible de changer de mode de culture, c'est-à-dire qu'on cultive des céréales qui demandent de l'eau. Est-ce que ce ne serait pas possible de changer ces céréales en céréales saéliennes ? Par exemple, du Sorgot.

10:38
Présentateur

Céréales saéliennes nous dit Philippe. Merci à vous pour cette question, Philippe, depuis le département de la Haute-Savoie. Vasquen Andréation vous répond. Changer les cultures en France, est-ce que c'est déjà le cas ? En fait, ça me... ça semble être une bonne idée, la proposition de votre auditeur. Le problème avec les céréales saéliennes, c'est essentiellement un problème de rendement. Parce qu'en fait, une céréale qui résiste bien à la sécheresse, c'est une céréale qui ne meurt pas pendant la sécheresse. Ça ne veut pas dire qu'elle produit du grain.

En fait, nous aujourd'hui, si on veut avoir un pays avec une souveraineté alimentaire, il faut qu'on produise du tonnage, il faut qu'on assure des rendements. Et en fait, la question qui se pose pour moi, c'est quel est le rendement des céréales dont on dispose et est-ce que ce rendement, éventuellement, le rendement à la tonne d'eau d'irrigation est le meilleur ou pas ? Est-ce qu'il ne faudrait pas plutôt réfléchir à des plantes qui rentabilisent le mieux la goutte d'eau ? À quel type de plantes est-ce que vous pensez ? Quelles sont les plantes qu'on pourrait davantage cultiver dans les prochaines années ?

Alors, il y a un grand problème, vous allez croire que j'essaie de vous manipuler, mais en fait, parmi les plantes qui sont les plus efficaces en termes de rendement en grains par tonne d'eau transpirée, il y a le maïs. Le maïs que personne n'aime. dont on dit communément qu'il consomme énormément d'eau. Vous nous dites que ce n'est pas vrai ? Alors, il consomme énormément d'eau, mais comme il produit énormément de matière sèche, son rendement est très bon. Pour des raisons de la biologie, le maïs c'est une plante en C4 qui a une photosynthèse particulière. Donc, le problème du maïs c'est qu'il demande énormément d'eau au printemps et en été.

Le blé, par exemple, qui produit moins de matière sèche à la tonne d'eau, par contre, il commence déjà à pousser à la fin de l'automne, il pousse en hiver, il pousse tôt au printemps à des périodes où il y a beaucoup d'eau. Donc, ce qui fait que le blé, par exemple, c'est potentiellement quelque chose de plus adapté à des sécheresses. Ça n'empêche que le blé, pour bien produire, il a besoin de suffisamment d'eau à certaines périodes de sa croissance et s'il y a des sécheresses à certaines périodes clés, on aura des rendements faibles.

Coralie, idée-nous, est-ce que dans votre département, il y a déjà eu des changements du côté des productions agricoles face à ces problèmes d'alimentation en eau ?

13:20
Coralie DENOUES

Eh bien, vous le disiez justement sur les retenues de substitution. Donc, en 2019, nous avons signé un protocole d'accord entre les associations environnementales, le monde agricole et les syndicats d'eau et bien évidemment les acteurs publics. Et en effet, le monde agricole s'engage à avoir cette transition sur les productions agricoles et notamment le choix des céréales qui est fait, même si, en effet, on a encore besoin de maïs pour alimenter le bétail puisque nous sommes une terre d'élevage. donc pas de... Toutes les cultures sont possibles si en effet elles servent notamment l'agriculture en circuit court.

14:09
Présentateur

D'accord, donc pas de changement majeur dans le type de céréales qui sont cultivées dans les surfaces qui sont dévolues à chaque céréale chez vous ?

14:16
Coralie DENOUES

Ah si, il y a un engagement dans le protocole sur justement les changements. Juste, c'est la diminution. Ce que je veux dire, c'est qu'il ne faut pas en effet mettre à mal une production comme le maïs et d'ailleurs l'explication permet de bien comprendre qu'il ne faut pas supprimer toutes les productions mais en diminuer celles qui sont les plus demandeuses en eau et dont on n'a pas besoin sur le territoire pour les eaux de production.

14:44
Présentateur

Question de Jean-Pierre qui nous appelle précisément de votre département des Deux-Sèvres. Bonjour Jean-Pierre.

14:49
Auditeur

Oui, bonjour. Nous vous écoutons. Ma question s'adresse à Madame Dénoux que je vais contredire parce que ce qu'elle vient de vous dire est complètement faux. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que moi je suis un habitant du nord de Sèvres. Je vois que l'agriculture intensive est de plus en plus présente. Les haies sont détruites et même saccagées. La rivière, le toué qu'elle doit bien connaître, eh bien les agriculteurs prélèvent à tout va de l'eau alors qu'un arrêté préfectoral l'interdit. Alors j'aimerais savoir comment elle compte sanctionner ces personnes qui prélèvent alors que l'interdiction est présente.

15:52
Présentateur

Merci à vous Jean-Pierre pour cette question. Coralie Dénoux vous répond.

15:56
Coralie DENOUES

Oui, sur les engagements pris par le monde agricole, je parlais justement des protocoles de retenue de substitution. Ça, c'est les obligations du monde agricole sur ces ouvrages-là. Après, bien évidemment, les agriculteurs font ce qu'ils veulent sur leurs terres et dans le département, même si malgré tout, il y a une vraie responsabilisation sociétale du monde agricole. Je crois qu'il ne faut pas non plus toujours leur taper dessus. Après, le toué en effet, c'est la région nord du département et fait partie justement de ce territoire en crise. C'est vrai que déclarer crise en effet, le toué est très bas et il y a interdiction d'irrigation.

Et là, c'est au service de l'État d'aller sanctionner, contrôler, sanctionner les agriculteurs qui ne respecteraient pas ça parce que je partage totalement l'avis de Jean-Pierre. C'est très clair. Si on ne doit pas irriguer, en effet, on ne doit pas le faire. Après, la question, c'est surtout de se dire comment on fait pour les années suivantes pour qu'on ne se retrouve pas dans la situation actuelle. C'est surtout ça qu'il faut réfléchir aujourd'hui.

17:28
Présentateur

Vous avez fait référence Coralie Desnoux à ce système de bassines dont je rappelle le principe stocké dans un plan d'eau de plusieurs hectares. L'eau qui a été pompée dans les nappes phréatiques pendant l'hiver quand il pleut beaucoup pour que les agriculteurs puissent s'en servir de cette eau l'été. Les associations de défense de l'environnement s'y opposent. Elles parlent d'une confiscation de l'eau au profit de quelques-uns à l'aide de subventions publiques. Vascale Andréassian, est-ce que c'est un bon système de conserver cette eau pour pouvoir l'utiliser l'été ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Je pense que conserver de l'eau l'hiver pour l'utiliser l'été c'est vieux comme le monde.

C'est ce qu'on fait. Par exemple, si aujourd'hui on est en face de la Seine, si aujourd'hui il y a de l'eau dans la Seine, suffisamment d'eau pour embellir Paris, c'est bien parce qu'on a stocké depuis l'hiver dans les retenues des grands lacs de Seine, on a stocké, on a réussi à remplir à peu près ces retenues n'étaient pas remplies complètement d'ailleurs parce que c'est une année difficile et on la réutilise, on la relâche dans la Seine et ça bénéficie à tout le monde et comme ça les producteurs d'eau peuvent pomper. Donc en fait c'est ce que tout le monde fait. Donc c'est bien de faire ça ? Le système des méga-bassines c'est un bon système ?

Alors, non, la méga-méga-bassine c'est une retenue d'eau, c'est un barrage réservoir. Et en fait le barrage réservoir c'est vieux comme le monde. Tout le monde fait ça dans le monde entier. Donc les bassines en fait ce qu'on leur reproche c'est d'être la propriété d'une personne, d'un agriculteur ou d'un groupement d'agriculteurs et on leur reproche également de perdre de l'eau par évaporation mais en fait tous les barrages perdent de l'eau par évaporation. Le barrage d'Aswan en plein milieu du Sahara il perd des milliards de mètres cubes par évaporation. Il n'y a pas moyen d'éviter ça.

Et donc la bassine mis à part le fait que c'est quelque chose de très local et pas suffisamment collectif à mon avis des barrages réservoirs de plus grande ampleur ce serait plus rentable mais moi je ne vois pas quoi leur reprocher. Donc oui mais à condition que ce soit géré peut-être de manière plus large au-delà de quelques agriculteurs c'est ce que vous nous dites. si je peux résumer votre propos. Et puis bon le problème aussi c'est de savoir comment on l'a rempli quand on l'a rempli est-ce que ça a un impact ou pas ? Est-ce que c'est un impact qui est réel ou est-ce que c'est un impact fantasmé ? Gilles nous appelle de Nice bonjour Gilles

19:59
Auditeur

Oui bonjour justement tant qu'on parle de retenir l'eau moi je voulais mettre la loi sur la rétention naturelle de l'eau on parle du réchauffement climatique et à très juste titre évidemment et des pertes en pluie notamment en France en ce moment etc c'est un aspect extrêmement c'est le premier aspect mais après le deuxième aspect sur lequel j'aimerais avoir un avis non pas méditant comme le lien mais technique de l'hydrologue c'est la captation de l'eau par les sols naturels et l'impact de l'artificialisation des sols et aussi du fait de couverts végétales permanents qui fait que même quand il y a du sol il va être moins capable de ce qui sera plus sec en extérieur de retenir l'eau et d'alimenter les nappes phréatiques les autres ruissellements lesquels sont perdus en bonne partie et en plus repolluent en entraînant des saletés dans nos fleurs

20:48
Présentateur

merci Gilles pour cette question pour ce témoignage l'artificialisation des sols la bétonisation est-ce que c'est un problème chez vous est-ce que vous le prenez en considération Coralie Desnoux dans votre département des Deux-Sèvres est-ce que vous m'entendez

21:03
Invité

ou pas ? oui alors moi je vous entends allez-y

21:06
Présentateur

nous vous entendons

21:08
Invité

c'est bon il y a eu une petite coupure alors il va y avoir la loi sur la non-artificialisation des sols qui va être une contrainte notamment dans le développement économique il ne faut pas se le cacher mais à un moment il faut savoir

21:22
Présentateur

ce qu'on veut

21:23
Invité

tout à fait mais on expérimente surtout des sols qui seraient perméables voilà c'est tout l'équilibre entre les enjeux environnementaux qui sont indéniables mais bon Les Deux-Sèvres je vous avouerai n'est pas non plus une terre où il y a des grands immeubles et où c'est bétonné donc je pense que par rapport à votre auditeur non mais il peut y avoir des projets

21:45
Présentateur

de surface commerciale à la périphérie de petites villes ou de villes moyennes ce sont des projets qui arrivent très régulièrement

21:52
Invité

alors plus enfin peu sur nos territoires et encore moins demain parce que justement on a plutôt le souhait de revoir sur les friches industrielles redynamiser les centres-bourgs etc donc on est plutôt sur ces politiques-là de ne pas artificialiser de nouvelles surfaces mais bien de réutiliser de réutiliser celles existantes qui nous restent à redynamiser par contre si vous me le permettez je reviendrai bien très rapidement

22:22
Présentateur

s'il vous plaît

22:23
Invité

pardon

22:24
Présentateur

très rapidement s'il vous plaît

22:26
Invité

alors très rapidement je voudrais revenir quand même parce que sur les bassines qu'on appelle des retenues de substitution on ne pompe pas dans les nappes phréatiques l'hiver mais on pompe les eaux superficielles hivernales donc c'est important et ce n'est pas seulement utilisé à quelques-uns puisque c'est bien contrôlé par l'Etat donc il y a beaucoup de mauvaises informations sur les retenues de substitution il y a beaucoup de travail à faire avec le monde agricole mais je remercie monsieur André Assiane de défendre ça et j'invite à chacun à lire l'étude de BRGM qui justement montre tout l'intérêt

22:58
Présentateur

une dernière question de Julie qui nous appelle du département de l'Isère bonjour Julie

23:02
Invité

oui bonjour je vous appelle moi je suis agricultrice en Isère et je souhaitais témoigner du fait qu'on a pas mal de collègues on est limitrophes avec la Drôme et la situation en Drôme est vraiment catastrophique au niveau de la sécheresse on a des collègues maraîchers qui sont en train de regarder leur récolte mourir parce que l'irrigation est coupée on a des collègues chevriers dans la Drôme qui dépendent du réseau et qui sont en coupure d'eau sur leur commune donc leurs chèvres n'ont plus d'eau pour s'abreuver et leur situation est vraiment dramatique et en parallèle de ça il y a encore des parcelles de maïs qui sont irriguées dans la Drôme et moi je ne suis pas du tout d'accord avec vos intervenants précédents je trouve que mettre la culture du maïs pour le bétail sur le même plan que les autres cultures c'est vraiment scandaleux parce qu'on devrait prioriser les cultures qui sont à destination de l'alimentation humaine et faire des bassines aujourd'hui en France pour cultiver du maïs en silage ce n'est pas du tout normal parce que le bétail n'a pas besoin de maïs pour vivre le bétail les ruminants ils sont faits pour manger de l'herbe l'herbe ça nécessite beaucoup beaucoup moins d'eau à cultiver et on devrait prioriser si on fait des bassines ça devrait être pour les cultures des humains et continuer aujourd'hui en 2022 à parler du maïs du bétail irrigué alors qu'on va sur des sécheresses qui s'empirent moi je trouve que c'est criminel franchement on devrait vraiment au niveau législation prioriser l'agriculture à destination des humains

24:35
Présentateur

Merci à vous Julie pour ce témoignage je n'ai pas le temps de donner la parole à nos invités pour conclure mais on aura l'occasion évidemment de revenir sur cet épisode de sécheresse je voudrais remercier Coralie Desnoux présidente du conseil départemental des Deux-Sèvres d'avoir été avec nous et également Vasquen André Assian hydrologue à l'INRA et l'Institut national de recherche pour l'agriculture l'alimentation et l'environnement excellente journée à tous les deux

24:57
Coralie DENOUES

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