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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 13 juin 2025 10 min

Écologie : des avancées... et des reculs ? - C dans l’air - 13.06.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

un pari toujours gagnant. ... - A.de Tarlé: A.Pannier-Runacher, bonsoir.

Vous êtes ministre de la Transition écologique. Vous avez passé toute la semaine à Nice, où se tenait le sommet international pour l'océan, qui se termine ce soir. Est-ce qu'il y a eu une avancée concrète qu'on pourrait avoir la joie d'annoncer sur France 5 ce soir? - A.Pannier-Runacher: Bonsoir.

Une avancée concrète après 20 ans de tergiversations, c'est le fait qu'on va obtenir la ratification du traité de protection de la haute mer. 65 % des eaux internationales sur lesquelles il n'y avait aucune règle vont enfin se voir appliquer des règles par l'ensemble des pays, un peu comme ça se fait dans les COP. Ca fait 20 ans qu'on l'attendait.

C'est un succès massif de la diplomatie française. - A.de Tarlé: On a beaucoup parlé de cet océan pollué au plastique.

Les scientifiques disent que le recyclage est une fausse solution. Il faudrait changer nos modes de vie. Un Américain consomme 240 kg de plastique par an.

Un Européen, c'est 120. La moyenne mondiale est à 60. On est tous coupables.

Moi, avec ce style, par exemple...

Il faudrait arrêter? - A.Pannier-Runacher: Le sujet du plastique, c'est le sujet de la production.

Elle a doublé ces 20 dernières années et va tripler dans les 30 ans à venir. C'est bien de recycler, trier, collecter, mais il faut réduire la production plastique. Pour cela, il faut moins consommer, enlever les plastiques à usage unique, dont on s'est passé pendant des années et dont on pourrait simplement se passer.

En France, on a été à l'avant-garde sur ça. Les pailles, les cotons-tiges, les gobelets...

Tout ça, on peut l'enlever. C'est ce que je porte pour un traité international sur le plastique. J'ai réussi à réunir autour de moi 96 pays qui portent cette ambition sur le plastique.

Il y a plein d'autres choses qu'on peut faire. Réduire les produits chimiques problématiques qu'on utilise pour fabriquer du plastique... - A.de Tarlé: Et qui se retrouvent dans les océans ensuite. - A.Pannier-Runacher: Ce sont des déchets qui vont probablement, dans les 10 ans qui viennent, représenter plus que la masse de tous les poissons réunis. - A.de Tarlé: La France est à l'avant-garde de ces combats.

C'est tout à notre honneur, mais on a l'impression que le reste du monde ne suit pas, au point qu'on peut se demander si on n'est pas les dindons de la farce. Les agriculteurs ont parlé de l'acétamipride, ce néonicotinoïde qu'on a interdit, mais pas en Belgique ou en Italie. - A.Pannier-Runacher: Il faut arrêter ce discours qui est un prétexte.

Il ne faut pas croire que les autres pays restent les bras ballants en matière d'écologie. 120 pays se mettent d'accord pour ratifier un traité qui va mettre des règles sur l'utilisation des océans et des mers. 80 pays vont étendre leurs aires marines protégées.

Une quarantaine de pays demandent un moratoire sur l'exploitation minière, sur les fonds marins. Beaucoup de pays sont à la manoeuvre pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et pour baisser leur impact environnemental. On n'utilise pas tous les mêmes chemins.

Prenez l'exemple de l'acétamipride. C'est la seule molécule sur laquelle nous avons une différence avec les autres pays européens. Ca fait plusieurs années qu'on a mis en oeuvre cette législation.

Ca fait plusieurs années qu'on cherche et qu'on est en train de trouver aujourd'hui des alternatives. On sait tous qu'il va falloir diminuer ces produits. Ils se retrouvent dans notre eau potable.

Je suis une ministre qui retrouve dans l'eau potable des produits interdits il y a 30 ans, persistants, qui mettent en danger notre santé... - A.de Tarlé: Ca explique l'explosion des cancers chez les moins de 50 ans? - A.Pannier-Runacher: Attention à ce type de raccourci.

On sait qu'il y a des problèmes de santé environnementaux qui ont des conséquences sur la santé...

On voit des pathologies rajeunir, des cancers ou d'autres pathologies, mais c'est multifactoriel. Ca peut être une mauvaise alimentation, une mauvaise qualité de l'air ou de l'eau. Il faut prendre très au sérieux le sujet de la santé environnementale.

J'ai été extrêmement remontée il y a 2 semaines quand j'ai pu constater que certains députés préféraient sacrifier les enjeux de santé environnementale... - A.de Tarlé: Les ZFE.

Ca vous a donné honte. - A.Pannier-Runacher: Exactement.

C'est un sujet de qualité de l'air, mais on pourrait l'étendre à d'autres sujets. Je ne dis pas que les mécanismes qu'on utilise, comme les ZFE...

Ce n'est pas moi qui les ai mis en oeuvre. Il faut poser ces sujets, se battre contre la pollution de l'air, contre la pollution de l'eau, trouver les bonnes mesures et en discuter de manière sereine à l'Assemblée nationale. C'est le minimum de ce qu'on attend des députés, et pas ces alliances de circonstances entre le RN, LR et LFI... - A.de Tarlé: E.Macron a eu raison de pousser ce coup de gueule la semaine dernière en disant qu'on était en train de détricoter toutes les avancées technologiques de ces 20 dernières années?

On dit que la voiture électrique, en 2035, on n'est peut-être pas obligés. - A.Pannier-Runacher: Bien sûr qu'il a raison, le président de la République.

Il voit à long terme. On va perdre sur le volet de la santé environnementale, sur le volet de l'impact du dérèglement climatique. Les inondations, la submersion marine, les épisodes d'incendies, ce ne sont pas des vues de l'esprit.

Ce sont des choses qui nous coûtent très cher. En même temps, on va perdre sur le volet de l'industrie, de la souveraineté. Regardez la Chine.

Elle a compris une chose: derrière ces politiques, il y a aussi des industries qu'on peut créer. C'est elle qui est en train de les créer. - A.de Tarlé: Vous citez la Chine en modèle environnemental? - A.Pannier-Runacher: La Chine a baissé de 50 % le contenu carbone de sa production.

Plutôt que de se pincer le nez en se disant que nous sommes exemplaires et que les autres ne font rien, on devrait s'activer pour prendre les parts de marché sur l'hydrogène, la batterie électrique, le véhicule électrique, les énergies renouvelables plutôt que de rester les bras ballants et penser qu'on va gagner la guerre économique par rapport à des pays qui investissent massivement dans ces industries d'avenir. - A.de Tarlé: Et l'acceptation de ces mesures écologiques...

Que répondez-vous au procès en déconnexion de ces technocrates parisiens qui expliquent aux agriculteurs comment ils doivent travailler, qui interdisent les gens d'aller dans le centre-ville parce qu'ils n'ont pas la bonne voiture...

Vous-même, on vous a reproché cette phrase: "Les plus pauvres n'ont pas de voiture." - A.Pannier-Runacher: Ce n'est pas ce que j'ai dit.

J'ai dit que les moins riches avaient moins de voitures. C'est une réalité. Ce procès en déconnexion, je ne l'accepte pas.

D'abord, je n'habite pas Paris, mais dans le Pas-de-Calais, un des départements les plus pauvres de France. Les leçons de gens qui parlent de Paris en parlant de déconnexion, c'est gentil mais je n'en ai pas besoin. Qui, pensez-vous, souffre le plus de ces asthmes, de ces AVC, de ces infarctus ou de ces décès précoces?

Les plus vulnérables. Ce n'est pas les plus riches qui habitent avec vue sur un périphérique de grande ville. C'est faux.

C'est inacceptable au nom d'un pseudo-bon sens ou d'une pseudo-protection des plus vulnérables. Ce sont les sacrifiés sur l'autel d'un électoralisme crasse. Ce n'est pas moi qui ai mis ces mesures en oeuvre.

On peut discuter des aides, de la manière dont on aménage des restrictions de circulation, qui ne sont pas des interdictions. On a entendu tout et n'importe quoi circuler sur ce type de mesure. J'ai entendu que les voitures Crit'Air 3 seraient interdites dans les grandes villes. - A.de Tarlé: Il y a des créneaux où elles peuvent accéder, le week-end, le soir après 20h.

Il faut une autorisation... - A.Pannier-Runacher: Vous avez des moments de circulation parfaitement ouverts et sans aucune limite.

Deuxièmement, vous n'avez aujourd'hui aucune restriction. Il n'y a aucune sanction. On parle de 2 villes... - A.de Tarlé: Lyon et Paris.

Ce sont des laboratoires. - A.Pannier-Runacher: Non.

Ce sont les villes où la pollution est la plus élevée. C'est une mesure qui a permis de baisser considérablement... - A.de Tarlé: Pourquoi est-elle critiquée à ce point, alors, cette mesure? - A.Pannier-Runacher: Parce que ça arrange de flatter, de faire peur.

Quand vous entendez déjà vous expliquer que ça va être appliqué dans toute la France alors qu'il n'en est absolument pas question, c'est que vous nourrissez des peurs. C'est un classique du populisme. Regardez ce que fait D.Trump.

C'est le même système, la même approche. Aucune surprise. C'est électoraliste, cynique.

Ce n'est pas à l'avantage des Françaises et des Français. - A.de Tarlé: Merci.

Vous êtes de retour de Nice. Vous êtes venue nous commenter ce sommet sur les océans... - A.Pannier-Runacher: Qui se termine ce soir sur des avancées concrètes qui montrent que l'écologie,