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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 1 mars 2023 5 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesEurope & international

Un plan européen qui condamne un tiers de la pêche française

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:27Invité politiqueFait
    « Quel sens d'interdire le chalut de fond dans des aires marines qui ont été protégées au motif de la protection d'espèces d'oiseaux ? »
  • 2:09Invité politiqueFait
    « On voit que la commission, déjà, fait la publicité du tourisme dans les aires marines protégées. »
  • 2:09Invité politiqueFait
    « Le travail des pêcheurs européens, c'est de nourrir les Européens. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « Nous avons découvert avec la crise du Koweït, ce que voulait dire le fait de ne plus pouvoir produire des masques et des tests. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « Avec la guerre en Ukraine, nous voyons que nous sommes dépendants sur le plan de notre défense, de notre industrie de défense. »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « La prochaine crise ne sera pas nécessairement sécuritaire ou sanitaire. Elle sera probablement alimentaire »
  • 2:46Invité politiqueChiffre
    « Nous sommes importateurs à plus de 70 % de tous les produits de la mer »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « Si demain nous accélérons encore cette dépendance, que faisons nous ? Nous ne savons pas l'environnement. Nous ne savons pas la mer »
  • 3:29Invité politiqueFait
    « La politique européenne de la pêche a permis de mettre au point des méthodes soutenables et durables de pêche. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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François-Xavier Bellamy

Je voudrais rejoindre bien des interventions qui m'ont précédé, pour dire à mon tour ma très grande inquiétude devant ce plan d'action. Et je dois dire, aussi, presque un sentiment de révolte devant, devant la situation devant laquelle nous sommes placés aujourd'hui. De fait, ce plan d'action, pour commencer, manque d'une base légale pour s'exprimer. Il s'agit d'un texte qui imposerait de nouvelles réglementations, mais ce n'est pas un texte réglementaire.

Et nous, comme Commission de la pêche aujourd'hui, nous sommes privés de notre activité puisque nous observons une proposition de la Commission qui ne passe pas par des textes législatifs avec un problème majeur du point de vue de la base juridique, mais aussi, du coup, un problème majeur du point de vue démocratique lui-même. Le deuxième élément, c'est que cette proposition manque absolument de bases scientifiques. Vous nous proposez, la Commission propose de fermer au chalut de fond toutes les aires marines protégées. La vérité, c'est que cette proposition est une confusion absolue.

Confusion sur les fonds marins parce que le chalut de fond touche des fonds marins, mais dont la nature est extrêmement différente. Et l'impact, ce n'est pas du tout le même selon les différents fonds. La Commission utilise le terme sea bed, mais le sea bed, nous le savons très bien, le fond marin, peut être extrêmement distinct selon les aires géographiques et les aires marines protégées. Elles mêmes sont toutes traitées de manière indifférenciée, alors que la motivation de la protection peut être complètement différente. Quel sens d'interdire le chalut de fond dans des aires marines qui ont été protégées au motif de la protection d'espèces d'oiseaux ?

Il y a évidemment ici, encore une fois, une absence totale de discernement et cette absence de discernement aurait, si elle était mise en œuvre, un coût humain, un coût social absolument désastreux. Rien que dans notre pays, en France, nous parlons de 5000 pêcheurs potentiellement privés de leur activité sur 200 navires différents. Et si vous multipliez ce nombre de pêcheurs par le nombre d'emplois à terre, ce sont des milliers de personnes qui, demain, pourraient perdre leur activité. Qu'est ce que la Commission leur propose ? De se reconvertir en navire de tourisme ? On voit que la commission, déjà, fait la publicité du tourisme dans les aires marines protégées.

Comme si finalement, l'avenir des pêcheurs européens, c'était de faire découvrir les beautés de la mer. Mais le travail des pêcheurs européens, c'est de nourrir les Européens. Et s'il y a un élément qui n'est absolument pas pris en compte dans ce plan d'action, c'est la nécessité de la résilience de nos sociétés, de la sécurité alimentaire de nos pays. Nous sommes en plein milieu d'une situation géopolitique absolument révélatrice de ce point de vue-là. Nous avons découvert avec la crise du Koweït, ce que voulait dire le fait de ne plus pouvoir produire des masques et des tests.

Avec la guerre en Ukraine, nous voyons que nous sommes dépendants sur le plan de notre défense, de notre industrie de défense. Mais demain, la prochaine crise ne sera pas nécessairement sécuritaire ou sanitaire. Elle sera probablement alimentaire et nous sommes aujourd'hui en train de détruire l'activité qui nous permet de nous nourrir et de nourrir les citoyens de nos pays. Déjà, nous sommes importateurs à plus de 70 % de tous les produits de la mer, et on voudrait fragiliser encore la filière pêche qui peut nous permettre de vaincre cette insécurité alimentaire, en tous les cas, de la résorber autant que possible.

Il me semble qu'il y a là une inconséquence dramatique qui, par ailleurs, dessert même la cause environnementale qu'elle prétend, qu'elle prétend poursuivre. Et je terminerai par là : au fond, on le voit très bien nous sommes importateur net aujourd'hui des produits de la mer. Si demain nous accélérons encore cette dépendance, que faisons nous ? Nous ne savons pas l'environnement. Nous ne savons pas la mer parce que, chers collègues, la mer, c’est une responsabilité globale, c'est une responsabilité mondiale.

Si nous détruisons la pêche européenne qui respecte les standards environnementaux les plus élevés au monde, nous allons simplement donner des parts de marché à des modèles de pêche qui sont destructeurs pour l'environnement. Et au fond, nous sommes en train de détruire ce qui est pourtant l'une des plus belles réalisations de la politique européenne. La politique européenne de la pêche a permis de mettre au point des méthodes soutenables et durables de pêche. Et aujourd'hui, nous allons asphyxier cette pêche européenne. À quoi bon avoir fait tout cela ?

À quoi bon avoir autant travaillé, si c'est pour aujourd'hui faire en sorte que les pêcheurs européens ne puissent tout simplement plus pêcher ? Il y a ici une contradiction absolue du point de vue du droit, du point de vue scientifique, mais aussi, je crois, profondément, du point de vue de l'objet-même de notre activité, et nous risquons d'être privés, Commission de la pêche, non seulement de notre responsabilité, mais aussi de notre objet. Même si demain il n'y a plus de pêcheurs en Europe, je crois que nous aurons tiré une balle dans le genou de tout ce à quoi les Européens doivent pouvoir tenir pour l'avenir. Merci beaucoup.