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InterviewRadio Classique — L'invité de la matinale (sur Podcast)· 20 juin 2023 13 minComplaisantDivertissementCulture, médias & sportInstitutions & élections

Catherine Pégard, Présidente du Château de Versailles

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Défensif 5 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Le 400ème anniversaire correspond à quoi finalement ?

  • 1:46OuverteRéponse directe

    La confrontation entre patrimoine et modernité dans les musées

  • 2:11OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette politique de confrontation patrimoine/création ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    Quels sont les projets pour le 400e anniversaire ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Quelles parties de Versailles ne sont pas encore restaurées ?

  • 5:57OuverteRéponse directe

    Et avec autant de capitaux étrangers ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Le 400ème anniversaire c'est la décision de Louis XIII de construire un petit relais de chasse, dans un lieu où il n'y avait rien »
  • 1:14Invité politiqueFait
    « nous avons un document, le seul, à ma connaissance, en septembre 1623, il passe commande de ce petit relais de chasse »
  • 2:46Invité politiqueFait
    « les artistes qui se sont succédés à Versailles ont introduit un dialogue avec le passé »
  • 3:35Invité politiqueFait
    « Là, hier, nous avons inauguré les petits appartements de Marie-Antoinette »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « C'est Rockefeller qui a sauvé Versailles après la Première Guerre mondiale »
  • 8:02Invité politiqueFait
    « nous avons reçu récemment la sixième édition de Choose France que le président de la République a instituée »

Temps de parole

  • Catherine Pégard66 %
  • Présentateur34 %

1,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Radio Classique, les stars de l'info, avec Guillaume Durand. Catherine Pégar ce matin, rebonjour Catherine, je rappelle que vous avez été une brillante journaliste, conseiller culturel de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, donc vous présidez le château de Versailles, alors évidemment c'est le 400ème anniversaire, avec des manifestations dont on va parler ensemble ce matin, et surtout une volonté de confrontation entre le monde moderne et celui qui a voulu Louis XIV, des travaux ont été très longs, 1661, et donc installation du roi en 1682, auparavant Tuileries, Louvre, et beaucoup de voyages Saint-Germain-en-Laye et Vincennes.

Simplement, petite question justement qu'on évoquait tout à l'heure avec Renaud Blanc, le 400ème anniversaire correspond à quoi finalement ?

0:42
Catherine Pégard

Le 400ème anniversaire c'est la décision de Louis XIII de construire un petit relais de chasse, dans un lieu où il n'y avait rien, mais Louis XIII adorait la chasse, et Louis XIII d'ailleurs, comme ses successeurs, aimait bien prendre un peu de champ par rapport à la cour, en l'espèce d'ailleurs par rapport à sa mère, et donc il avait envie de s'installer un peu tranquille, et il a choisi de construire ce petit relais de chasse, dont malheureusement il ne reste pas grand chose, on a un petit pan de mur par ici, un petit escalier par là, mais en tous les cas c'est la borne, et même nous avons un document, le seul, à ma connaissance, en septembre 1623, il passe commande de ce petit relais de chasse, et donc je me suis basée sur cette idée, qu'il passait cette commande en septembre 1623, pour me dire qu'on devait fêter ces 400 ans, non pas par nostalgie ou pour regarder derrière nous, mais pour regarder devant, avec tout ce que ces 4 siècles nous avaient apporté.

1:38
Présentateur

Dans tous les grands instituts culturels du monde, les musées, etc., je ne dis pas la grande mode, parce que ce serait dépréciatif, mais la grande vague culturelle, ce qui a changé, c'est la confrontation entre justement le patrimoine et la modernité. C'est vrai chez les Anglais, c'est vrai chez les Allemands, c'est vrai partout dans le monde, chez les Américains, etc. En France, il y a eu une sorte de résistance, on se souvient de Kuntz, de Kapoor, et donc de grandes expositions, parce qu'il n'y a pas que deux, il y a eu Veillant français, il y a eu Pénonne de l'Arte Povera, il y a eu Lioufane, etc.

Et c'est une politique que vous défendez depuis maintenant trois mandats, il faut expliquer pourquoi, probablement évidemment pour trouver un nouveau public aussi.

2:20
Catherine Pégard

Bien sûr, ça permet de rencontrer un nouveau public, mais c'est aussi toujours la même idée de confronter le passé au présent, de confronter le patrimoine à la création, parce que finalement ce patrimoine, il a été la création d'une époque, et tout part de ce patrimoine pour inspirer ce qui se passe aujourd'hui. Et c'est vrai dans tous les domaines, alors c'est vrai évidemment dans l'art contemporain, où les artistes qui se sont succédés à Versailles ont introduit un dialogue avec le passé, quelquefois une confrontation, rappelez-vous d'Anish Kapoor, c'était pas du tout pour magnifier le château de Versailles, lui il voulait s'y confronter.

Mais en même temps, on peut dire que c'est vrai pour la mode, bien sûr, c'est vrai pour la gastronomie, c'est vrai pour le design.

3:02
Présentateur

On voit sur le théâtre, par exemple, et à l'opéra, plus personne ne joue donjouant forcément dans les costumes de donjouant. Tout ça a été complètement bouleversé.

3:10
Catherine Pégard

Nous accueillerons la semaine prochaine le donjouant de la comédie française, c'est un donjouant dans une mise en scène totalement différente, mais qui va quand même être joué dans l'opéra royal du château de Versailles. Et il n'y a pas de contradiction à le faire.

3:21
Présentateur

Et justement, dans ce domaine, pour le 400e anniversaire, quels sont les projets alors ?

3:26
Catherine Pégard

Alors, les projets sont nombreux parce qu'au fond, on fête un anniversaire tout le temps, puisque à chaque fois que l'on recrée quelque chose à Versailles, on fait revivre une partie de ce passé. Là, hier, nous avons inauguré les petits appartements de Marie-Antoinette, la restauration de ces petits appartements. C'est un travail d'une dizaine d'années qui a mobilisé évidemment les recherches des conservateurs, mais aussi tous les métiers d'art, par exemple les tissus. On a travaillé beaucoup avec le musée de la Toile de Jouy et la maison Pierre-Fray pour retrouver des tissus qui pouvaient évoquer ce passé de Marie-Antoinette.

Et aujourd'hui, si vous venez au château de Versailles, vous pouvez passer une journée totale avec Marie-Antoinette, depuis son grand appartement, c'est-à-dire sa vie publique, jusqu'à tout ce qu'elle a voulu pour échapper à cette vie publique, c'est-à-dire ses petits appartements, ses petits cabinets exigus, où elle ne voyait que ses amis, avant de s'évader même plus loin encore, quand elle a voulu aller du côté des Trianon jusqu'à créer ce hameau de la reine pour s'y replier. Et ça, c'est beaucoup plus tard. Bien sûr, ce n'est pas Louis XIV, mais Marie-Antoinette procède de cette longue histoire du château de Versailles jusqu'à aujourd'hui.

Récemment, on a réouvert des pièces qui étaient celles des appartements de Louis-Philippe, qu'on avait complètement oubliées. On peut aller voir la chambre du général de Gaulle. À Versailles, il y a tout ça. Et l'idée, c'est de se dire que ça ne s'est pas arrêté à la Révolution française et ça ne s'arrête pas aujourd'hui. Ça continue et on recrée chaque jour une histoire de Versailles avec ceux qui font la vie d'aujourd'hui.

4:51
Présentateur

Je rappelle que si Louis XIV a voulu créer un château à l'extérieur de Paris, c'était effectivement parce qu'il a vécu très douloureusement l'épisode de la fronde et que, d'une certaine manière, distraire. Et la culture fut au centre de cette distraction. L'aristocratie qui lui était hostile, ça a donné naissance à cette merveille qu'on vient visiter du Mont-Lantais. Les gens qui vont à Versailles, et quelles sont les parties de Versailles ? J'englobe, c'est-à-dire jardin, château, dépendance. Quelles sont les parties, Catherine Pégar, qui ne sont pas encore totalement restaurées ? Parce que ça change tellement vite.

5:25
Catherine Pégard

Alors, il y en a encore beaucoup. Là, on a un gros travail à faire, par exemple, sur le Grand Trianon. Le Grand Trianon est en mauvais état, donc il va falloir engager une restauration assez lourde sur le Grand Trianon. Mais, par exemple, on a ce qu'on appelle les Attiques, c'est-à-dire les Greniers, les Attiques du Nord, où on a encore beaucoup de travail à faire pour montrer toutes ces collections du XIXe, qu'on ne connaît pas à Versailles, et qui marquent l'empreinte de Louis-Philippe quand il a voulu transformer cette résidence royale en un musée. Et, d'une certaine manière, c'est lui qui a sauvé le château de Versailles.

5:57
Présentateur

Et avec toujours autant de capitaux étrangers ? C'est-à-dire que vous êtes à la recherche ?

6:00
Catherine Pégard

Alors, on est à la recherche des plus modestes dons jusqu'à la plus grande générosité de nos amis étrangers. La vérité, c'est qu'aujourd'hui, ce sont plutôt les Français qui... Plus que les Américains. Plus que les Américains.

6:14
Présentateur

Parce que pendant des années, ça a été les Américains.

6:15
Catherine Pégard

Alors, les Américains, pendant très longtemps, sont venus beaucoup à Versailles. Vous vous souvenez de la grande tempête qui a ravagé les jardins de Versailles et les contributions des Américains ont été déterminantes. Tempête de 99. Je veux dire aussi que, là aussi, c'est un anniversaire. C'est Rockefeller qui a sauvé Versailles après la Première Guerre mondiale. Et c'était en 1923 qu'il a demandé l'autorisation avec modestie, disait-il, au président du Conseil de l'époque, Poincaré, de sauver Versailles, puisque les Français n'en avaient plus les moyens.

Alors, cette époque, elle est un petit peu derrière nous parce que la concurrence est lourde et que les nouvelles générations, comme on le disait tout à l'heure, ne rentrent pas forcément dans un musée comme ils y rentraient avant. La génération des jeunes Américains d'aujourd'hui est sans doute moins passionnée par le mobilier du 18e que par les jardins. Ils ont plus envie d'entendre Alain Baraton ou Joël Cotin, les deux chefs jardiniers de Versailles, parler de leur jardin, peut-être, que d'y pénétrer en découvrant le détail d'une marqueterie. Donc ça, c'est notre travail aussi, c'est de nous adapter à la demande de ceux qui viennent à Versailles.

7:21
Présentateur

Présence de Jacques Mus, le couturier dont on parle beaucoup. D'ailleurs, ce soir, il y aura une énorme manifestation du côté du Pont-Neuf à Paris. Et là, ce sera Vuitton avec évidemment un moment très attendu puisque le DJ Sargezi et la collection elle-même sera une collection qui sera présentée dans ce quartier du Pont-Neuf, juste en face de la Samaritaine. Vous avez Jacques Mus, mais il y a aussi beaucoup de choses qui se passent à Versailles et qui se sont passées sur des visites très importantes. On a vu, par exemple, Poutine avant le déclenchement de la guerre, mais on a vu aussi le monde de la tech qui va à Versailles. Pour eux, ça a un sens profond.

8:01
Catherine Pégard

Oui, par exemple, nous avons reçu récemment la sixième édition de Choose France que le président de la République a instituée pour recevoir les patrons du monde entier. Et ce qui est très amusant, c'est qu'au fond, le château de Versailles accompagne l'activité de la France. On fait partie de cette économie. On fait partie de la diplomatie de la France. On raconte l'histoire de la France. Et donc, tous ces patrons qui, parfois, n'ont jamais mis les pieds à Versailles, dès qu'ils ont un moment entre deux rendez-vous avec un ministre, nous, nous servons de concierge pour leur montrer la galerie des glaces. Et ça, c'est passionnant.

8:38
Présentateur

La question du mandat, vous en avez fait trois. Certains disent qu'il est impossible d'en faire quatre. Finalement, il y a un décret patriaque qui propose que vous puissiez poursuivre votre travail à la tête de Versailles jusqu'aux Jeux Olympiques parce qu'il ne faut pas changer les patrons des établissements publics en cours de route alors que les Jeux Olympiques, c'est une opération extrêmement compliquée. Qu'est-ce qui va se passer, justement, à Versailles du côté des Jeux Olympiques ?

9:00
Catherine Pégard

Alors, ça va être un moment tout à fait extraordinaire puisqu'on est d'ailleurs en train de construire tous les équipements pour les Jeux Olympiques tout au fond du parc. Et ce qui me semble intéressant, c'est de voir la place du château de Versailles dans les Jeux Olympiques et pas l'inverse. C'est-à-dire que, bien sûr, on va recevoir la compétition équestre pour les Jeux Olympiques et on me disait hier que les demandes pour venir à Versailles pour voir les épreuves d'équitation sont absolument exponentielles. Ils ne savent plus très bien comment faire parce que les gens veulent effectivement voir les chevaux mais les voir dans ce cadre qui va être magnifique quand même.

L'épreuve de crosse va se dérouler en traversant le grand canal du château de Versailles. Mais pendant ce temps-là, tous ceux qui viendront, je pense, en France, quand ils auront été voir les épreuves de leur sport favori ailleurs, ils auront envie de venir visiter le château. Et donc, tout notre travail à nous depuis maintenant le début de l'année, je dirais, c'est d'organiser petit à petit la venue de tous ceux qui vont être en France attester du rayonnement de la France en passant à Versailles l'année prochaine.

10:04
Présentateur

Vous avez fait une carrière particulière. Vous étiez une journaliste politique un peu comme moi pendant des années. et vous avez donné au point évidemment ses meilleures pages en termes d'information. Vous êtes passé conseiller culturel du côté de Nicolas Sarkozy. Vous êtes à la tête de l'institution de Versailles. En fait, pourquoi vous avez décidé de changer de vie ? Enfin, changer de vie. On ne change pas de vie. C'est toujours le même destin.

10:26
Catherine Pégard

C'est ce que j'allais vous dire. C'est la même vie. Vous savez, Claude Imbert que j'aimais beaucoup, que vous avez bien connu, m'avait dit quand j'ai quitté le point, la vie invente. Je pense que j'ai eu beaucoup de chance que la vie invente pour moi.

10:40
Présentateur

Mais c'était quand même une volonté personnelle. Non, parce que je crois qu'à 40 ans ou à 30 ans... Ne dites pas mon âge. Non, je ne dis pas votre âge. Je reste parfaitement élégante. Mais à 30 ans, vous n'imaginiez pas quand même à la tête de Versailles ?

10:53
Catherine Pégard

Ah, pas du tout, non. Pas du tout. Et à 50 non plus.

10:56
Présentateur

Oui. Donc, ça a été une sorte de...

10:58
Catherine Pégard

Donc, j'ai eu beaucoup de... Je crois que Nicolas Sarkozy, c'est lui qui a eu cette idée de me nommer à Versailles. J'ai eu la chance d'être renommée ensuite par François Hollande et qu'Emmanuel Macron me fasse confiance à son tour. Et c'est vrai que dit comme ça, pour moi aussi, ça paraît un peu incroyable.

11:17
Présentateur

À Versailles, qu'est-ce que vous préférez, vous ?

11:19
Catherine Pégard

Je change d'idée tous les jours.

11:20
Présentateur

Ce n'est pas vrai.

11:21
Catherine Pégard

Parce que je fais du journalisme. Et donc, chaque jour, il y a une curiosité nouvelle. Par exemple, hier, évidemment, je me suis passionnée pour ces petits appartements de Marie-Antoinette. Mais quand je vais rentrer tout à l'heure et que je vais aller dans les jardins, voir par exemple le jardin du parfumeur que nous venons de créer, c'est quand même assez baroque de créer un jardin à Versailles aujourd'hui. On a créé ce jardin et aujourd'hui, on peut aller faire une visite en découvrant toutes les senteurs qui font les parfums d'aujourd'hui. C'est Francis Curgian qui a été notre complice pour cela. Et je crois que ça va être le moment où je vais découvrir ces fleurs.

Je vais être ravie d'être là et quand je passerai dans une autre pièce, peut-être du Petit Trianon, bien sûr, à l'Opéra Royal, parce qu'on n'en a pas parlé, mais à Radio Classique, il faut quand même dire un mot de cet opéra magnifique où on crée des spectacles maintenant de plus en plus. Plus de 100 levées de rideaux par an. On a créé notre orchestre. Eh bien, c'est une vie qui se renouvelle sans cesse.

12:22
Présentateur

Merci Catherine d'être venue ce matin pour justement donner du contenu à ce 400e anniversaire d'un château qui est évidemment le château emblématique de la culture française. Il est pile 8h30 avant rappel des titres dans l'instant d'Aguida Bittier pour la revue de presse. Et après de très nombreux sujets avec Cannes et Gatégnon, nous allons parler du Titanic, nous allons parler de Mélanie à Paris, nous allons parler de ses impossibles économies à la française après la réunion d'hier. Merci. Merci.

12:49
Locuteur

Merci. Merci.