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Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 2 octobre 2018 17 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Macron : "Superstar en danger" ! - C à Vous - 02/10/2018

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 10 %Défensif 90 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteRéponse partielle

    Un mode de communication qui avait fait ses preuves pendant la campagne, mais qui semble se retourner contre le président.

  • 1:28FerméeRéponse directe

    C'est ce qui s'est passé aux Antilles ?

  • 1:57OuverteRéponse directe

    Vous, vous répondriez quoi ? Excès de communication ?

  • 2:23OuverteRéponse partielle

    Lors de son voyage aux Antilles, il s'est longuement exprimé sur son échange avec le jeune horticulteur

  • 3:02OuverteRéponse directe

    C'est une concession qui est assez rare dans la bouche du chef de l'État ?

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Pourquoi un président ne devrait pas parler comme ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:23InvitéFait
    « Les braquages, c'est fini. »
  • 2:34InvitéFait
    « Moi, hôtel, café, restaurant, je traverse la rue, je vous en trouve, il y a simplement des gens qui sont prêts à travailler. »
  • 2:40InvitéFait
    « Je suis fait comme ça. »
  • 5:37InvitéFait
    « Les Françaises et les Français détestent les réformes. »
  • 5:41InvitéFait
    « C'est un peuple qui déteste cela. »
  • 5:43InvitéChiffre
    « On met un pognon de dingue dans des médias sociaux, les gens ils sont quand même pauvres. »
  • 5:47InvitéFait
    « Je ne suis pas le Père Noël, parce que les Guyanais ne sont pas des enfants. »
  • 5:51InvitéFait
    « Le Gaulois, réfractaire au changement. »
  • 5:53InvitéFait
    « Une gare, c'est un lieu où on croise. »
  • 5:57InvitéFait
    « Les gens qui réussissent, c'est les gens qui ne sont rien. »
  • 7:41InvitéFait
    « Dire homme dit président. Je préfère plutôt qu'on dise ça que le roi fainéant. On en a connu. »
  • 7:49InvitéFait
    « Je ne céderai rien. Ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes. »
  • 9:48InvitéFait
    « Pour ma part, je pense qu'aujourd'hui, peut-être les uns et les autres, nous avons manqué d'humilité. »
  • 12:05InvitéFait
    « Je suis fier de l'avoir embauché à l'Élysée. »
  • 12:15InvitéFait
    « Il a fait une faute réelle, grave, que j'ai vécue comme une trahison, je lui ai dit. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 224 %
  • Présentateur17 %
  • Invité 313 %
  • Invité 46 %
  • Invité 54 %
  • Invité 64 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est son style. Le président Macron cultive le parlait cash, le contact direct en s'affichant au plus près des Français, au risque, comme c'était le cas à l'occasion de son tout récent déplacement aux Antilles, de se retrouver en photo avec un jeune homme pointant son majeur vers l'objectif.

0:14
Invité

Emmanuel Macron de retour en métropole après 4 jours aux Antilles. Des bains de foule, parfois organisés, parfois aussi improvisés. Les braquages, c'est fini. Voilà, c'est la vie. Je ne l'ai pas. Je ne l'ai pas oublié. Mais ce qu'on va retenir de ce voyage, ce sera surtout une photo. Cette photo qui ne passe pas. A gauche, un jeune homme qui fait un doigt d'honneur. A droite, un ancien braqueur. Au milieu, le chef de l'État tout sourit. C'est une photo souvenir qui pourrait en effet laisser un goût amer au chef de l'État.

0:45
Présentateur

Un mode de communication qui avait fait ses preuves pendant la campagne, mais qui semble se retourner contre le président. Gérard Collomb avait évoqué publiquement son manque d'humilité, son isolement. Le ministre de l'Intérieur confirme aujourd'hui sa volonté de quitter le gouvernement. Et si le meilleur ennemi de Macron, c'était lui-même ? S'interroge ce matin le Parisien. Pour en parler ce soir, Olivier Beaumont, grand reporter du service politique aux Parisiens, et l'expert en communication de crise, Florian Silnicki.

1:09
Invité

Bonsoir.

1:15
Présentateur

Bonsoir Florian Silnicki. Le parler vrai du président, ça a été l'un des atouts de sa campagne, de sa conquête du pouvoir. Ces fameux échanges directs avec les Français, il en a fait un moyen de communication, une marque de fabrique, au risque de surjouer. C'est ce qui s'est passé aux Antilles ?

1:29
Invité

Oui, il a été pris à son propre piège, Emmanuel Macron. C'est dommage parce que ça venait clore une séquence quand même aux Antilles, qui s'était plutôt bien passé pour le chef de l'État. Il a été au plus près des victimes de la tempête Irma il y a un an pendant toute cette séquence. Et puis patatras, le dernier jour, une visite un peu improvisée, et puis il se retrouve en effet en face de ses deux jeunes garçons. Il prend la photo et ça se retrouve très vite sur les réseaux sociaux. Et puis voilà, la polémique qui s'enchaîne derrière.

1:52
Présentateur

Il a dû s'expliquer sur cette photo, on lui a demandé des comptes sur le thème excès de proximité ou populisme. Vous, vous répondriez quoi ? Excès de communication ?

1:59
Invité

Je réponds théâtralisation excessive d'une communication politique que les Français détectent. Et donc l'aspect naturel de cette communication et son impact qui sont intrinsèquement liés, ça n'a plus d'impact sur les Français. Les électeurs, ils savent détecter les coups de communication. Et Emmanuel Macron, à force de vouloir trop se mettre en scène pour rattraper ces sondages qui dévisent, il finit par surprendre en boomerang cet excès de communication.

2:23
Présentateur

Lors de son voyage aux Antilles, il s'est longuement exprimé sur son échange avec le jeune horticulteur lors des journées du patrimoine échange qui lui aussi avait déclenché une polémique.

2:34
Invité

Moi, hôtel, café, restaurant, je traverse la rue, je vous en trouve, il y a simplement des gens qui sont prêts à travailler. Je suis fait comme ça. Donc je ne vais pas changer. Je ne vais pas dire, je ne vais pas vous faire des mea culpa parce que ça vous ferait plaisir, vous voulez l'écrire ou autre. Je suis fait comme ça. J'aime les gens et je veux au contact des gens. Et je m'emporte parfois avec les gens parce que je suis naturel.

3:00
Présentateur

Je suis désolée, je suis fait comme ça, je ne vais pas changer. C'est une concession qui est assez rare dans la bouche du chef de l'État ?

3:05
Invité

C'est un aveu surtout et ça exprime aussi le hiatus qu'il y a aujourd'hui entre Emmanuel Macron et les Français puisque finalement, il ne comprend pas pourquoi on ne comprend pas la façon dont il s'exprime auprès des Français. Il dit « je suis fait comme ça » parce qu'il ne comprend pas, quand on en parle avec les proches de Emmanuel Macron, ils le disent que lui ne comprend pas pourquoi il ne pourrait pas parler comme ça. Et un de ses plus proches collaborateurs m'expliquait encore la semaine dernière que le problème, ce n'est pas tant ce qu'il dit, mais c'est d'où il le dit. Et la séquence de l'horticulteur, elle est frappante parce qu'il le dit depuis l'Élysée.

Et en fait, Emmanuel Macron, il a oublié, enfin il le sait, mais il est aujourd'hui président de la République. Tout a été très vite aujourd'hui, il l'a rappelé au début de l'année, il est rentré par effraction à l'Élysée. Et donc, il n'est pas encore tout fait dans les codes de la fonction, bien qu'il ait essayé au tout début, le président jubitérien, on en a longuement parlé, mais il est un petit peu comme ça, en effet.

3:48
Présentateur

Il ne comprend pas pourquoi un président ne devrait pas parler comme ça. Pourquoi un président ne devrait pas parler comme ça ?

3:54
Invité

C'est au fond, c'est le péché originel d'Emmanuel Macron. Ce qui a fait son succès, c'est sa capacité à ressacraliser cette fonction présidentielle, à miser sur les symboles, la resolénisation de la parole et de sa fonction. Et aujourd'hui, il veut entamer un lien direct avec les Français. Il veut mettre en avant l'homme qu'il est et non plus la fonction. Alors que ça, ça a été rejeté par les Français sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy et de François Hollande. Et d'ailleurs, c'est là-dessus qu'il a réussi à se construire une force absolue, Emmanuel Macron. Mais il a quitté ce schéma de communication pour adopter ce nouveau, plus personnel.

Et ça, il le paye dans les sondages de manière très cash.

4:29
Présentateur

Par les cash sidérés, ces interlocuteurs, c'est ce que vous appelez la technique Bernard Tapie. Ça a été payant, mais ça ne l'est plus, le charme est rompu ?

4:36
Invité

Clairement. Et puis, ces formules provocatrices, ça a fini par lasser les Français, parce que ça a à côté, à la fois, c'est la technique de Bernard Tapie, totalement usée par Nicolas Sarkozy. Les Français, ils rejettent très clairement et ils n'attendaient pas, on le voit dans les sondages avec Emmanuel Macron, ce genre de tactique de communication. Oui. Et puis là, c'est vrai qu'il y a une carpet bombing de petites phrases depuis quand même plusieurs semaines. Il y a eu l'été mortel, la rentrée très compliquée, maintenant ça va être l'automne.

Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron, à force de ces petites phrases, il finit aussi par fatiguer, par fatiguer les Français, comme Nicolas Sarkozy avait fatigué aussi à un moment donné les Français par sa forme d'expression. Il va finir par fatiguer les journalistes ? Non, les journalistes ne sont pas fatigués. Alors les journalistes ne sont pas fatigués, parce que toutes ces petites phrases, pardon, elles ont été exploitées, tirées, jusqu'à la corde, surcommentées par les médias. Ah non, les journalistes se jettent dessus, non, ils ne sont pas fatigués.

5:27
Présentateur

Mais ça partait du principe que Macron aime bousculer les codes, la bien-pensance, quitte à ce que les répliques fusent et les polémiques avec.

5:36
Invité

Bien sûr, c'est bien que ça, c'est de travailler. Les Françaises et les Français détestent les réformes. C'est un peuple qui déteste cela. On met un pognon de dingue dans des médias sociaux, les gens ils sont quand même pauvres. Je ne suis pas le Père Noël, parce que les Guyanais ne sont pas des enfants. Le Gaulois, réfractaire au changement. Une gare, c'est un lieu où on croise. Les gens qui réussissent, c'est les gens qui ne sont rien.

6:00
Présentateur

Il y a une forme de certitude chez Emmanuel Macron, c'est ça qui peut lui nuire ? C'est ce que vous confiez certains marcheurs, certains franches, Emmanuel Macron ?

6:08
Invité

Il faut aussi qu'un président de la République, il accepte d'entendre ce qu'on dit et de ne pas être enfermé, justement, dans sa tour d'ivoire élyséenne. Et donc, c'est ça aujourd'hui qui est compliqué. C'est ce qui explique aussi ce hiatus dont on parlait il y a quelques instants. Ce qui est compliqué aussi pour Emmanuel Macron aujourd'hui, c'est qu'on voit qu'il ne trouve pas la bonne solution. Quand on parle à son entourage, il cherche comment faire pour essayer de reprendre la main. Et l'image, quand on l'a perdue, c'est très difficile. Ses prédécesseurs, à chaque fois, quand les courbes se croisent, elles ne se recroisent plus jamais après.

Donc, il risque de perdre aussi sur son image plus que sur les réformes qu'il aura enclenchées dans ce cas.

6:41
Présentateur

Attention au syndrome Sarkozy, l'échange avec l'horticulteur. Certains des proches d'Emmanuel Macron pensent que ça peut être le casse-toi pauvre con de Nicolas Sarkozy. C'est le cas ? Vraiment, ça peut lui coller longtemps et pendant tout le quinquennat ?

6:55
Invité

Oui, parce qu'on voit aujourd'hui un peu quelque chose d'irrationnel, quelque part, comme on avait pu le voir avec Nicolas Sarkozy en 100 ans. On avait parlé de l'anti-sarkozisme, en fait. Et finalement, tout le monde avait reconnu que François Hollande avait plus gagné sur le rejet de son prédécesseur que sur sa propre adhésion à son programme. Et il y a aussi aujourd'hui l'anti-macronisme primaire que redoute en effet son entourage et qui pourrait lui jouer des torts en 2022. Après, on verra quelle sera la cartographie électorale. Il va se passer encore beaucoup de temps.

7:21
Présentateur

On se souvient des phrases caches de Nicolas Sarkozy et notamment en 2009, lorsqu'il justifiait son omniprésence en citant en contre-exemple les rois fainéants. Huit ans plus tard, Emmanuel Macron lui emboîte le pas.

7:32
Invité

Dire homme dit président. Je préfère plutôt qu'on dise ça que le roi fainéant. On en a connu. Je ne céderai rien. Ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes.

7:49
Présentateur

Les Français ont le sentiment de voir Emmanuel Macron partout, de l'entendre partout ?

7:54
Invité

C'est d'ailleurs l'enjeu d'Emmanuel Macron. On a vu la difficulté pour son équipe d'arrêter une stratégie de communication. On a vu là à la rentrée des fuites disant le président va parler au français, puis finalement le président ne parle plus au français. On avait déjà vu au 14 juillet cette hésitation dans les prises de parole organisées d'Emmanuel Macron. Et on voit là une nouvelle difficulté. C'est au fond l'adoption de techniques qui sont vieilles, qui sont des techniques de clivage artificiel. On balance quelque chose et puis on se crée un faux ennemi pour mieux justifier ce qu'on vient de balancer. Ça ne peut pas marcher parce que les Français, ils sont parfaitement habitués.

Ils ont eu deux quinquennats où on leur a fait le coup de la formule choc. Ça ne marche pas. Ils attendent autre chose. Les Français, ils n'attendent que de la... comme Paul, parce qu'on ne parle que de ça, de la communication politique. Vous pensez vraiment que la chute dans les sondages, ça ne tient pas à des questions plus prosaïques de pouvoir d'achat, de mesures, de questions économiques ? Je le pense tout à fait. D'ailleurs la difficulté d'Emmanuel Macron, c'est au fond de tenter de se refaire une image et donc de ne se concentrer que sur la communication de la communication politique.

Or la communication politique, c'est d'abord de la politique et la communication vient au service de cette politique. Et leur erreur, c'est de ne se concentrer que sur cet aspect de communication. Oui, puis il y a quand même une question qu'il devrait poser, c'est sur ses communicants à lui, parce que la séquence du pognon de dingue, c'est quand même une séquence qui est filmée par ses équipes et qui est mise en ligne par ses équipes. Et là, le fameux cliché quand même, alors moi je n'y étais pas aux Antilles, mais la photo, j'imagine quand même, enfin qu'il y a son équipe qui est autour et il voit bien quand les...

Vous avez vu la séquence, il est sous un orage, il va s'abriter en fait pour s'abriter de la pluie dans une maison, c'est un hasard. Il est plus protégé aujourd'hui par ce cercle plus resserré de communicants et ça fait qu'il s'expose, ben voilà, à tout ce genre de critiques.

9:36
Présentateur

Il est moins protégé aussi par ses proches, ses très proches, parce qu'ils sont nombreux à vous faire part de façon anonyme de leur inquiétude, justement, sur cette dérive de la communication. Il y en a un qui l'a fait à voix haute, c'est Gérard Collomb face à Jean-Jacques Bourdin.

9:48
Invité

Pour ma part, je pense qu'aujourd'hui, peut-être les uns et les autres, nous avons manqué d'humilité. Un peu d'humilité, de la part du président de la République et de tous les ministres. Un peu d'humilité et plus d'écoute des Français. C'est ce qui manque, je crois.

10:08
Présentateur

Ce que Gérard Collomb dit tout haut, beaucoup le pensent tout bas.

10:11
Invité

Oui, il faut aussi savoir qu'il y a une vraie rivalité entre les macronistes, les jeunes macronistes et puis Gérard Collomb, entre Beauvau et l'Elysée. Il y a quelques maîtres qui séparent ces deux maisons, mais ça se tirait la bourre quand même depuis quelques temps. Et c'est vrai que là, la sortie de Gérard Collomb, elle a mis le feu aux poudres à cette rentrée.

10:29
Présentateur

Et puis là, Gérard Collomb maintient vouloir démissionner contre l'avis du président. Il l'a déclaré au Figaro cet après-midi. Il veut quitter le gouvernement le plus tôt possible.

10:38
Invité

Oui, il l'a quitté. Là, c'est une crise ouverte, clairement. Il essaie de tordre le bras au chef de l'État et au Premier ministre en essayant de partir par la force. Et en plus, la façon dont il le fait quand même, c'est-à-dire qu'il y a cette interview et ces propos qui sont rapportés en tout cas au Figaro hier soir, avant même que l'Elysée ne communique dessus. Et puis deuxième salve cet après-midi, en pleine séance de questions au gouvernement. Donc là, c'est quand même une vraie rupture qui est exprimée par Gérard Collomb. Une anecdote que m'a rapportée un proche du ministre de l'Intérieur cet après-midi. Gérard Collomb, c'est quelqu'un qui aime en général au bout de deux ans.

Alors là, avec Macron, ça faisait déjà trois ans. C'était inévitable. C'était un amour qui était trop long.

11:13
Présentateur

Ça en dit long sur le mode de gouvernance d'Emmanuel Macron ?

11:16
Invité

Ce qui dit long surtout, c'est que toutes les questions se posent aujourd'hui sur la question du remaniement. Qui pourrait remplacer Gérard Collomb ? Est-ce que le chef de l'État va élargir ce remaniement dont on parlait depuis plusieurs semaines ? Il y avait eu la séquence de tir avec Hulot, finalement. C'était quasiment poste pour poste. Et derrière, c'est quel casting ? Et quand on se pose ces questions-là, on voit très bien à chaque fois qu'on n'a pas beaucoup de réponses. On a quand même une certaine légèreté de fragilité, en tout cas dans l'équipe gouvernementale. Une capacité à mettre des poids lourds dans cette équipe. Des gens qui font de la politique aussi.

Gérard Collomb, il faisait de la politique. Donc ça va être potentiellement une grosse perte pour le chef de l'État. Oui, peut-être qu'il manque d'humilité. Mais peut-être qu'il manque aussi de bouteilles par rapport à Gérard Collomb dans la communication. Alors, il y a eu aussi l'affaire Benalla, feuilleton qui a nourri l'été, contaminé la rentrée. Un tournant, selon vous. Au lieu de coupée courte dès le départ, le papier dans le monde parait le 18 juillet. Le président attend et prend la parole le 25. Je suis fier de l'avoir embauché à l'Élysée. Parce que je considère que c'était quelqu'un qui était dévoué, qui avait un parcours différent.

Et il a fait beaucoup de bonnes choses quand il était à l'Élysée. Il a fait une faute réelle, grave, que j'ai vécue comme une trahison, je lui ai dit. Il a été sanctionné pour cette faute. Il a ensuite repris son travail conformément à cette sanction. Quand il a fait une deuxième faute, il a ensuite été sanctionné plus durement, conformément à ce qui était prévu, par un licenciement. Alors, je le disais, si on repasse ces images, c'est parce que pour vous, l'affaire Benalla marque un vrai tournant dans la communication. En prenant la défense de Benalla, en le prenant sous Sandel, en quelque sorte, il fait naître un soupçon à son égard. Que cache le soutien du président ?

Est-ce qu'il a peur de révélations compromettantes ? Et ça, pour vous, c'est un vrai problème de communication. Parce que pour moi, à partir de ce moment-là, Emmanuel Macron, il ne comprend plus les symboles auxquels les Français sont attachés. Ici, il ne comprend pas que l'affaire Benalla va devenir le symbole de privilège, d'un clan au pouvoir. D'un ancien régime et non pas un nouveau monde et irréprochable. Là encore, il choisit de communiquer sur lui, sur sa relation avec Alexandre Benalla, et non plus de protéger la fonction présidentielle qu'il a sacralisée. Là, encore une fois, il y a une hollandisation à partir de ce moment-là.

Il est déstabilisé et il va être le président qui va être concerné par les couacs, dont il n'avait cessé de vouloir s'éloigner jusque-là. Il n'avait cessé d'expliquer aux Français que, sous sa présidence, il n'y aurait pas ce genre de couacs. Il aurait dû donc se montrer totalement intransigeant et mettre en scène cette intransigeance. Il est formidable, Macron. Il arrive à la fois à faire une giscardisation, une sarkoïdisation et une hollandisation. C'est vrai ? C'est l'heure en même temps. C'est l'heure en même temps. Ariane Chemin ne parle plus d'ailleurs, qui est journaliste et qui a révélé cette affaire dans le monde, ne parle plus d'affaire Benalla, mais d'affaire Macron.

Par ailleurs, Emmanuel Macron a attaqué les médias, je cite, qui lui font de la peine, qui ne recherchent pas la vérité. Vous y voyez du mépris pour les journalistes qui font plutôt leur boulot et seulement leur boulot. Moi, je trouve qu'il fait une erreur évidente. C'est de ne pas chercher à expliquer ses positions aux journalistes qui sont les premiers commentateurs de son action et les premiers médiateurs de l'information. Il n'a cessé de vouloir les contourner. Et ça, ça a fonctionné au début de son arrivée à l'Élysée. Il a tenté des coups sur Facebook, de diffuser des images. La séquence pléodinque, c'est ça.

C'est tenté d'alerter les journalistes sur une séquence qu'on a volontairement travaillé ensemble, en misant sur les coulisses, notamment, qui étaient dévoilées. Ensuite, à partir du moment où vous traversez une crise, les Français attendent des explications, que vous rendiez des comptes. Et là, il est apparu, moi, je trouve, comme Giscard d'Estan, c'est-à-dire à ne plus vouloir rendre des comptes. Et ça, ça se résume dans sa posture assez systématique de « j'assume et j'assume tout ». Oui, et puis il est aussi un petit peu victime de son propre jeu, parce que finalement, cette omniprésidence qu'il a voulu installer au début, elle lui revient en boomerang total.

C'est-à-dire que c'est lui qui se prend tout frontalement. Et on voit que quand ses chevaux légers, y compris aussi Edouard Philippe, il monte au front pour essayer de le défendre, ça n'imprime pas aux yeux des Français. La critique, elle se focalise sur Emmanuel Macron. Et c'est lui qui est obligé de s'expliquer. Tout le reste ne compte pas. Et c'est un président qui n'avait jusqu'ici jamais fait de politique. Exactement. Ce n'est pas un sujet mince. Vous évoquez Valéry Giscard d'Estaing, qui disait par exemple, quand il refusait de s'expliquer sur les diamants de Bocassa, il faut laisser les choses basses, je ne sais pas limiter, mourir de leur propre poison.

Le site brut avait fait en janvier dernier un comparatif entre les premiers voeux des deux présidents, Giscard en 1975 et Macron en 2018. Je veux aussi miser sur la fraternité. Je souhaite que 1975 soit l'année de la fraternité. Dites-vous toujours que vous appartenez à un collectif plus fort, plus grand que vous, la nation française. L'ensemble le plus important auquel vous apparteniez, c'est la communauté nationale des Français. Pour nos agriculteurs, je pense aux agriculteurs. Pour nos Outre-mer, nos autres compatriotes des départements et des territoires d'Outre-mer. Et les entrepreneurs. Je pense à certaines petites entreprises. Telles et ceux qui vivent en situation de handicap.

Les handicapés. L'année 2017 s'achève. Adieu donc. 1974. C'est rigolo. Moi, je la trouve très marrante, cette équence. Elle est, à mon avis, plus révélatrice de la langue de bois qui s'est installée dans nos politiques et qu'on a retrouvée d'année en année que d'autres choses. Mais vous comparez, Valérie. La giscardisation, moi, je trouve que c'est dans la posture. C'est-à-dire que ça a été perçu comme moderne et qu'aujourd'hui, il est perçu comme arrogant. Et ça a été l'un des problèmes insurmontables de Valérie Giscard d'Estaing avec, à chaque fois, des postures face aux crises qui étaient perçues comme méprisantes ou arrogantes. Et c'est ce que doit éviter aujourd'hui Emmanuel Macron.

16:46
Présentateur

Attention à la giscardisation, attention au syndrome Sarkozy, attention à ne pas commettre les erreurs de trop en langue.

16:53
Invité

Ce qui est drôle, c'est que la comparaison giscardiste, maintenant, chez les macronistes, ils détestent ça. Ils disent « Mais non, mais c'est l'anti-giscardisme Macron » et tout ça. Parce qu'en effet, ça renvoie à quelque chose de fabriqué, à du narcissisme que renvoyait à l'époque Valérie Giscard d'Estaing. Et puis, on connaît le résultat des urnes en 1981. Et donc ça, ça les effraie. Ils ne supportent pas aujourd'hui qu'on fait ce parallèle-là.

17:10
Présentateur

Merci beaucoup à tous les deux. Vous restez avec nous.