Face aux États-Unis, l’Europe peut-elle imposer sa puissance ? - ICI L'EUROPE
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France 24 LCP public Sénap [Musique] présente. Bonjour à tous. Merci de nous rejoindre pour ici l'Europe.
Cette émission vous est proposée par France 24 et Radio France International. En cette semaine où les Européens continuent de s'interroger sur leur place et leur puissance dans un monde très mouvant où la France s'efforce d'être au cœur du réacteur européen. Nous avons le plaisir de recevoir Benjamin Hadad.
Bonjour. Bonjour. Vous êtes le ministre délégué à l'Europe de la France donc et ce depuis 6 mois.
Monsieur Hadad, merci de nous rendre visite. Je rappelle que vous avez été auparavant secrétaire national de l'UMP de 2011 à 2014. Vous avez rejoint Emmanuel Macron et la République en marche donc que vous représentez notamment en 2017 à Washington tout en exerçant au sein de Singank américain, ce qui n'est pas courant, élu député du Tréchic 16e arrondissement de Paris.
Vous êtes, on le disait donc aujourd'hui en charge de l'Europe et on en est à 100 jours de la fameuse présidence Trump à la Maison Blanche avec des conséquences qui semblent assez négatives pour nous. Les États-Unis sont rapprochés de la Russie, laissant l'Ukraine en position de faiblesse, peut-être même de recul. C'est votre analyse.
Je crois qu'on a un moment de bascule historique pour notre continent. Euh et il faut tirer euh les conclusions, les conséquences de ce qu'on est en train de voir. Déjà, on a depuis 3 ans la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine à nos portes qui euh a un impact évidemment sur la liberté, la démocratie et la souveraineté des Ukrainiens, mais plus profondément sur notre sécurité à nous européens puisque les Ukrainiens se battent aussi pour la sécurité de l'Europe et c'est pour ça qu'on les soutient.
Et puis bien sûr, vous l'avez dit, il y a les questions qui se posent sur les relations transatlantiques, l'avenir de la garantie de sécurité américaine. Mais je dirais au-delà de la simple présidence et personnalité de Donald Trump, la vérité c'est que l'on voit une tendance depuis plus d'une dizaine d'années des États-Unis qui se tournent vers l'Asie. Rappelez-vous déjà les tendances protectionnistes qu' on l'a vu aussi bien avec Barack Obama bien sûr avec Joe Biden qui a continué à voir amplifier celle de l'administration Trump avec l'inflation reduction act ce plan massif de subvention de soutien à l'industrie américaine sans coordination avec les alliés européens le retrait unilatéral d'Afghanistan là aussi sans dialogue avec les Européens qui étaient encore sur le terrain comme les britanniques ou les Allemands et puis les débats depuis longtemps déjà sur le partage de fardeaux sur les dépenses de défense de l'Europe fondamentalement.
Tout cela nous dit quoi ? Nous dit que c'est le moment pour les Européens de prendre leur destin en main, d'investir massivement dans leur défense, dans leur autonomie stratégique et leur coopération industrielle sur les questions de défense, dans leur compétitivité et leur innovation aussi. En 30 ans, les États-Unis ont généré deux fois plus de PIB par habitant.
Alors, parlons Ukraine, des incertitudes sur le plan de paix de Trump, des sur les intentions réelles de Vladimir Poutine qui parle de geler le front pour assurer la paix. Donald Trump suppose que les Ukrainiens devront faire des concessions territoriales importantes, renoncer à adhérer à l'OTAN. Si les Américains ne donnent pas de garantie de sécurité sous forme de troupe au sol, Benjamin Hadad, est-ce que les Européens sont prêts à y aller seuls ?
La vérité, c'est que le président Zelenski il y a plus d'un mois déjà a dit qu'il souhaitait une trêve inconditionnelle, qu'il y était prêt. La Russie n'a pas répondu. Puis nous avons eu euh un dialogue diplomatique pour proposer une trêve sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et les frappes en mer noir.
Là aussi, la Russie s'est dérobée, a fait des demandes qui étaient inacceptables comme la levée des sanctions et a continué de frapper les civils, de frapper les infrastructures, de frapper les militaires ukrainiens sur le sol ukrainien. Et puis la Russie continue d'avoir des visées maximalistes et inacceptables. La neutralisation de l'Ukraine, la démilitarisation de l'Ukraine, le renversement du président Zelenski qui a été démocratiquement élu par son peuple.
Fondamentalement, ce que la Russie cherche depuis le début, c'est d'effacer l'Ukraine en tant qu'étion, en tant que nation souveraine et indépendante. Et ça, c'est inacceptable. C'est pour ça que les Ukrainiens se battent et c'est aussi quelque chose que les Européens ne peuvent pas accepter.
Le président Trump dit qu'il souhaite la paix. C'est notre cas à nous aussi. C'est pour ça que nous dialonguons en permanence avec nos alliés américains sur ce sujet.
Vous le savez, les représentants américains, le secrétaire d'État, le négociateur Witkov était à Paris. C'était la première fois qu'on avait autour de la table les Ukrainiens, les Européens et les Américains pour dire que nous souhaitions incesser le feu. C'est pas juste les armes qui se taisent un instant.
Si c'est une trêve qui serait utilisée par la Russie pour réarmer et pour réattaquer, ça nous mettrait tous en danger. Et donc la question qui se posera, c'est évidemment de pouvoir dissuader aussi la Russie de réattaquer. Pourquoi ?
Parce qu'on connaît notre histoire. Dissuader avec des troupes au sol européennes et vous pensez que les opinions publiques sont prêtes. Alors dissuader, ça passera par des garanties de sécurité.
Les garanties de sécurité, la première, c'est quand même d'avoir une armée ukrainienne forte, robuste, indépendante. C'est pour ça que le soutien européen à l'armée ukrainienne continuera. bien sûr dans le temps long et puis ça peut passer.
C'est ce qu'a indiqué le président de la République lorsque nous avons eu ces échanges avec nos partenaire commencer par les Britanniques et et d'autres la coalition des volontaires. Ça peut passer par des contingents européens dans des points stratégiques qui ne seraient pas combattants, qui ne seraient pas sur la ligne de front naturellement, mais dans des points stratégiques comme des troubles de réassurance. Vous savez, c'est le cas aujourd'hui dans un certain nombre de pays européens, que ce soit les les pays Baltes, la Pologne ou encore la Roumanie ou la Nation cadre, il y a ces troupes de de réassurance.
L'enjeu encore une fois, c'est de permettre la sécurité du continent sur le long terme parce que on a eu après l'annexion de la Crimée et les premières attaques contre le Donbas, les l'accord de cesser le feu de Minsk dont la France et l'Allemagne était garant. Il a été violé et bafoué par la Russie des dizaines de fois. La Russie s'est préparée à réarmer et à attaquer après l'invasion de grand échette fois-ci que vous avez mentionné cet effort des Européens d'augmenter leurs dépenses militaires à 3,5 % du PIB.
C'est un peu la la visée, la Cour des comptes estime que la France est au pied du mur avec une dette qui pourrait atteindre 120 % en 2026. Alors, sauf à relever les impôts et tailler dans les budgets sociaux euh et sauf à recourir à un grand emprunt communautaire, mais il y a évidemment pas beaucoup de financement euh novateur ni véritablement d'appétences de nos partenaires. Comment est-ce qu'on va augmenter ces ces dépenses de défense ?
La France n'a pas attendu cette guerre pour augmenter ses dépenses de défense et vous le savez sur les deux mandats d'Emmanuel Macron, nous aurons doublé le budget français de la défense. Vous avez vu lors du Conseil extraordinaire du 6 mars, la Commission européenne largement sous impulsion des États-membres comme la France a annoncé des mesures pour pouvoir faciliter l'investissement des Étatsmembres dans la défense, que ce soit exclure certaines dépenses de défense des calculs de déficit de la Commission européenne, un prêt de 150 milliards pour pouvoir aider les Étatsmembres qui souhaitent coopérer entre eux pour investir dans des capacités dans lesquelles aujourd'hui on est dépendant. Ben, on va on va faire appel à ce prêt nous.
Ah, bien sûr. Et euh on va travailler avec nos nos partenaires euh dans les domaines dans lesquels on est dépendant aujourd'hui des États-Unis. cyber, drone, frappe en profondeur, munition, satellite quand on pense au rôle évidemment que joue Starlink en Ukraine, voilà autant de domaines dans lesquels nous devons avancer ensemble en européen et avoir des coopérations industrielles pour soutenir notre industrie de défense naturellement parce qu'on va pas aller utiliser des fonds européens pour aller soutenir l'industrie américaine ou ou coréenne.
C'est le cas beaucoup en ce moment. C'est oui parce que c'est non seulement pour donner de la visibilité à nos industriels qu'on ont besoin pour monter en capacité, mais je le dis, c'est aussi un enjeu pour garder la souveraineté sur l'usage, sur la technologie, sur l'exportation aussi de ces armements. Donc cette question de la préférence européenne, elle est absolument clé si on veut justement la souveraineté de l'Europe sur le plan militaire.
Et puis après vous vous parlez de la situation budgétaire de la France. Nous aurons à la rentrée de septembre nos budgets. Mais on a fait le choix là de travailler dès maintenant avec les forces politiques pour construire ce budget.
Nous devons trouver dans ce budget 40 milliards d'économies et le premier ministre a vraiment tenu un discours de vérité. Aujourd'hui, nous sommes plus endettés que nos voisins. Nous sommes plus imposés que nos voisins.
Donc, ce n'est pas en augmentant les impôts qu'on va pouvoir trouver des des économies et donc des recettes. Et donc fondamentalement, et nous travaillons moins. Fondamentalement, nous devrons nous devrons Non, mais vous savez, souvent, on a l'impression que le débat c'est juste augmenter les impôts ou baisser les dépenses.
On peut aussi réformer et créer la croissance, générer des recettes par la croissance. C'est ce que nous avons fait ces dernières années en France en réformant le pays. C'est pour ça qu'on a aujourd'hui en France le chômage le plus faible en 40 ans.
C'est pour ça qu'on a fait de la France le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe et nous devrons continuer à réformer. Taxera taxera pas. Donald Trump joue au chat et à la souris avec les Européens sur la hausse des droits de douane.
Vous qui avez vécu donc aux États-Unis, quelle attitude vous conseillez aux Européens sur ce chapitre qui pourrait les pénaliser énormément hein. La Commission européenne est à la manœuvre. Aujourd'hui, le président des États-Unis, il a annoncé des droits douanes de 10 % sur tous les biens et de 25 % sur l'acier et l'aluminium.
Ces droits dou, ils sont complètement injustifiés et ne correspondent pas du tout à la réalité des relations économiques entre l'Union européenne et les États-Unis. Les États-Unis nous disent que l'Union européenne impose des droits de douane de 39 % aux États-Unis parce qu'il y a 39 % à peu près de déficit commercial. Ça n'a pas de sens.
Déjà, ça n'inclut pas les relations sur les services et vous savez que les Européens sont importateurs de services, en particulier de services numériques euh américains. On y compte des euh des taxes qui sont imposées à toutes les entreprises y compris européennes comme la TVA, la taxe sur la valeur ajoutée. Donc tout ça n'a pas de sens.
Ce que l'on constate aussi, c'est que cette guerre commerciale, elle n l'intérêt de personne et a commencé pas dans l'intérêt des entreprises américaines ou des consommateurs américains. Elle va avoir un impact inflationniste sur les États-Unis. On voit aujourd'hui les entreprises américaines qui tirent la langue, les marchés boursiers qui sont en train de dévisser.
On a déjà eu ces débats lors des années 30 quand on a eu des spirales protectionnistes. Ça c'est vous êtes pour le libre échange. Mais jusqu'où vous êtes pour le libre échange ?
J'ai envie de vous dire les tensions commerciales avec Washington relance aussi l'intérêt de de beaucoup d'Européens, peut-être de la grande majorité des Européens pour des grands accords commerciaux avec le reste du monde comme l'accord UCSour. La France maintient son opposition au nom de la protection de ses agriculteurs jusqu'à quand ? Alors, on est pour le libre échange, mais à un moment, il faut pas non plus être naïf ou les dindons de la farce.
Fondamentalement avec les États-Unis, aujourd'hui, la Commission européenne mène une négociation pour mener à la désescalade avec les États-Unis. Nous la soutenons. Ce que nous avons dit aussi, c'est que nous devons être prêts à utiliser des instruments de réponse que nous avons développé ces dernières années.
Euh je pense par exemple à l'instrument anticoer qui permettrait d'élargir la palette d'instruments dont dispose l'Union européenne pour répondre. La taxation sur les services numériques, euh l'interdiction les big tech américaines. Conseille de de s'attaquer aux big tech américaines qui se soutiennent de Trump.
Je dis que nous avons des instruments qui ont été développés précisément pour faire face à ce type de situation. Donc mettons-les sur la table. Encore une fois, il y a aujourd'hui une négociation.
La présidente de la commission elle-même a dit que la taxation des services numériques était une possibilité. Euh l'interdiction d'accès à certains marchés publics, la possibilité de saisir euh la propriété intellectuelle. Je dis juste que nous avons des instruments et l'Europe n'est pas faible.
L'Europe c'est 450 millions d'individus. C'est un grand marché intégré. C'est le premier partenaire commercial des États-Unis.
Donc nous avons les moyens d'imposer un rapport de force et de défendre nos intérêts et nous devons nous ouvrir aux autres pays en parti. sur le mercour. Je vais vous dire la même chose.
C'est la la question, c'est encore une fois la réciprocité et la défense de nos intérêts. C'est pas parce qu'on est sous pression douanière des États-Unis qu'on doit aller se précipiter aller accepter des mauvais accords. Si vous avez là des accords dans lequels on va importer des produits qu'on dont on interdit la production en Europe parce qu'on a imposé des normes, des standards particuliers à nos agriculteurs mais que nous n'avons pas de réciprocité, nous n'avons pas de clause miroir, ça n'a pas de sens.
Donc faisons faisons toujours contre mais de façon constructive. C'est ce que vous nous dites. Mais on a toujours dit qu'on était opposé à cet accord en l'état qu'on soutenait les accords avec le Chili avec la Nouvelle-Zand ce qu'on appelle les accords de nouvelle génération précisément il y a des clauses miroir des clauses de sauvegarde de la réciprocité commerciale.
Il y a cet accord avec le Canada le CTA qui fonctionne très bien. Donc faisons en sorte là encore une fois de ne pas nous mettre dans des situations de concurrence déloyal nous tirer des balles dans le pied. Le pape François est décédé lundi 21 avril. d'un papa argentin qui laisse une marque plutôt progressiste, essayant de rapprocher les Européens de de leurs voisins africains par exemple.
Puis avec cette idée que dans un climat très antimigrant, y compris à Rome depuis l'élection d'un gouvernement de droite radicales, il défendait ses migrants. C'est une voix peu entendue finalement en Europe. Déjà, je voudrais rendre hommage au pape François à présenter mes condoléances aux catholiques du monde entier, aux catholiques de France et à tous ceux qui ont vu dans ce pape une source d'inspiration dans la voie vers le dialogue, vers la paix, vers la tolérance.
Je crois qu'il a vraiment incarné une figure universelle à cet égard sur la question de de l'immigration. Il y a euh dans tous nos pays une exigence normale, naturelle de maîtriser nos frontières, d'avoir des politiques migratoires euh démocratique, de pouvoir faire respecter euh la loi. Mais ce qui nous a rappelé, c'est que derrière euh ces principes, il y a des individus, il y a des euh des parcours de vie, il y a des femmes, des hommes, des enfants.
On a vu les drames humains en Méditerranée avec des centaines de morts dans la Méditerranée dans des conditions absolument atroces. Et donc on a encore une fois l'exigence en tant que dirigeant politique de faire respecter le droit, de faire respecter la loi et de le faire avec humanité et de travailler au-delà de cette question migratoire bien sûr à un partenariat beaucoup plus ambitieux, un partenariat économique, un partenariat profond avec les pays de la rive sud, de la Méditerranée. Voilà des des sujets qui ne doivent pas être des sujets de division.
Euh le 6 décembre 2024, l'élection présidentielle roumaine a été annulée suite à des manipulations sur des sur des réseaux comme TikTok en faveur du candidat d'ultradroite Cine Georgiescou. À l'approche d'un nouveau scrutin euh les 4 et 18 mai, il a été disqualifié mais Geor Simian, euh leader de l'Alliance de l'Union des Roumains donc d'extrême droite, a pris la tête des sondages avant un un vote qui menace d'ébranlé l'Union européenne et l'OTAN. J'étais en Roumanie il y a quelques semaines.
De quoi parlons-nous ? Vous avez là la Russie qui s'est ingérée de façon massive dans une élection via TikTok pour soutenir la candidature de monsieur Georcou, un populiste complotiste d'extrême droite. TikTok est un réseau social qui est utilisé quotidiennement par des millions de Roumains.
À un moment, Georgesku s'est retrouvé le nom le plus partagé, le numéro 8 en tendance dans le monde sur TikTok. on voit la dimension complètement artificielle de l'amplification. Le réseau TikTok a lui-même révélé qu'il y a eu plus de 100000 bots, donc des faux comptes euh qui ont été désactivés par le réseau social.
Donc oui, nous devons collectivement nous défendre face à ces manipulations et face à ces ingérences via les plateformes de réseaux sociaux. C'est pour ça que l'Union européenne s'est dotée d'instruments comme le Digital Service Act pour pouvoir lutter contre la désinformation, la haine en ligne, les ingérence, la manipulation des algorithmes. Maintenant, nous devons utiliser ces outils et je le dis non seulement utiliser parce qu'il y a des enquêtes en cours contre des acteurs comme X et TikTok, donc faire respecter notre droit, notre état de droit.
Mus est aussi au gouvernement améin mais fondamentalement il s'agit de faire respecter notre état de droit européen. Parlez tout à l'heure de nos dépendances sur le plan militaire mais on voit aussi nos dépendances sur le plan technologique. Fondamentalement l'enjeu c'est de faire en sorte que demain les grands acteurs technologiques dans l'intelligence artificielle dans le quantique ils soient européens il soi souverain et qu'on soit plus dépendant des Américains ou des Chinois.
Et pour cela, ça passe pas que par des barrières de régulation, ça passe aussi par l'investissement. Merci Benjamin Hadad, min délégué en charge de l'Europe pour la France. Merci à vous d'avoir été notre invité.
D'ailleurs, on continue sur le thème de la désinformation et de la crainte des fake news euh et d'ingérence russe dans nos campagnes électorales prochaines en Roumanie et en Pologne. C'est en effet le débat de notre semaine à Bruxelles avec nos invités. [Musique] Bienvenue au Parlement européen pour parler des informations et ingérences étrangères dans nos démocraties européennes.
Alors, plusieurs scrutins vont être une fois encore observés de très près à l'élection présidentielle roumaine des 4 et 18 mai et puis celle qui va se tenir en Pologne les 18 mai et 1er juin. Alors, en Roumanie, fait extrêmement rare. Le premier tour avait été annulé en décembre dernier après qu'un candidat surprise nationaliste prusse a été propulsé en tête par le réseau chinois TikTok.
Le réseau qui a depuis reconnu que ce candidat avait bénéficié du soutien de 27000 comptes inauthentiques ayant pour but de manipuler le discours électoral. La Commission européenne a ouvert une enquête dont les conclusions ne seront malheureusement pas rendues à temps pour ce nouveau tour de scrutin, mais des mesures préventives ont cette fois avec un contrôle renforcé sur les publications politiques en ligne. certains crit à la censure, l'extrême droite européenne en particulier appuyée par un discours trumpis venu des États-Unis défavorable à toute réglementation européenne des réseaux et à la lutte contre la désinformation.
Pour en débattre aujourd'hui, deux invités, deux eurodéputés, Sigfrig Mouressan, bonjour. eurodéputé roumain pour le Parti populaire européen, c'est la droite donc les conservateurs au Parlement et puis euh Fabrice LGI, eurodéputé français du groupe des patriotes et donc porte-parole du Rassemblement national. Euh c'est aussi la droite mais alors plus à droite encore que vous.
Nous revenons d'abord sur ce qui s'est passé en Roumanie en décembre dernier sur 9 19 millions de citoyens. Notons que la moitié utilise TikTok très régulièrement. Ça c'est vraiment le record en Europe d'ailleurs.
Et un fameux Georgescou qui était crédité de 5 % des suffrages s'est retrouvé avec 23 % au premier tour obtenu par une campagne de vidéo virale sur TikTok. Que s'est-il passé ? Le résultat du candidat Georgescu, le 23 % c'était une surprise.
Il n'est pas apparu dans le sondage, il n'a pas vraiment participé à la campagne électorale. Ça ce qu'il a fait c'était que il a déclaré un budget de 0 € pour toute sa campagne électorale aussi pour sa campagne électorale online mais il avait beaucoup de 1000 de comptes qui ont multiplié euh ses messages particulièrement sur TikTok. TikTok est une réseau laquelle quand une vidéo devient virale, il multiplie beaucoup beaucoup. il n'a pas respecté les règles, il n'a pas respecté la loi aussi sur le financement de la de la campagne.
Euh et le résultat était que nous avons eu deux élections en automant 2024, le parlementaire et le présidentiel. Le parlementaires sont bien passés. Euh pas d'ingérence, pas l'utilisation abusive de compte sur le réseau social, pas des illégalités sur le financement.
Les partis ont bien déclaré leurs finances. Le résultat était une majorité euh c'était une parlement, une majorité parlementaire était formée, une coalition, un gouvernement lequel maintenant euh est en charge. Mais pour le présidentiel, la Courte constitutionnelle est arrivée à la conclusion que à cause des illégalités et toute la campagne étaitorée, les élections doivent être répétées.
Effectivement, Fabrice Lgri, la Cour constitutionnelle roumaine a annulé cette élection de décembre dernier. au Rassemblement national. Je crois que vous croyez que cette décision a été prise, je cite, sans raison valable pour éliminer la voix du peuple.
Vous ne reconnaissez pas l'ingérence russe dans ce scrutin ? Nous ce que nous voyons surtout c'est euh au niveau euh bruxellois, au niveau des institutions, notamment de la Commission européenne, une volonté de contrôler la pensée et de contrôler les élections en Europe et de contrôler euh pour museler les peuples. Alors le là, ils sont pas intervenus dans inérence.
Non, mais il y a si vous voulez une ambiance générale que l'on voit bien dans les institutions européennes où vous avez par exemple Thierry Breton qui n'est plus commissaire européen mais qui avait quand même lancé des avertissements du style "Nous l'avons fait en en Roumanie, donc annuler des élections, nous le ferons en Allemagne." Il s'agissait d'encadrer les publications sur les réseaux sociaux. Thierry Breton avait dit quelque chose qui était que la liberté d'expression n'est pas illimitée en Europe et je trouve que ça c'est extrêmement grave.
Nous considérons que c'est extrêmement grave de voir une élection présidentielle euh interrompue à l'issue du premier tour alors qu'un deuxème tour était était prévu et nous voyons bien qu'il y a au niveau de Bruxelles, au niveau de la Commission européenne là constitutionnelle la Cour constitution qui qui pèse qui pèse aussi sur je dirais des décisions qui peuvent être prises au niveau national. Vous n'avez pas répondu à ma question sur les ingérences russes. Pas d'ingérence russe.
C'est ce que dit le conseil de sécurité Roua qui a eu des ingérences de la Russie dans ce scrutin. Mais est-ce que alors la notion d'ingérence c'est c'est une question que nous étudions dans le la commission parlementaire dite du bouclier démocratique européen. Il y a une focalisation sur un type d'ingérence.
Je parle de du fonctionnement des institutions de l'Union européenne. Il y a une focalisation sur des ingérences russes ou sur des des menaces hybrides russes, mais il n'y a curieusement pas de volonté des institutions de l'Union européenne de vérifier s'il n'y a pas d'autres formes d'ingérence, soit par des acteurs étatiques l'Azerbaïdjan. Euh j'ai cité alors en l'occurrence c'était 27000 faux comptes 27000 faux comptes et qui ont été attribus à la Russie que TikTok reconnaît de plus que plus que 20000 de comptes contrôlé une grande partie de la Russie il c'est c'est seulement des États qui peuvent avoir la force l'infrastructure pour organiser une opération comme l'opération organisée en Roumanie.
Je suis sûr que l'interférence en Roumanie n'était pas le seul cas. Je suis sûr que la Russie a préparé ces réseaux de compte faux pour les utiliser dans les autres élections au niveau de l'Union européenne aussi. On doit être très attentif et ce n'est pas la liberté d'expression laquelle on doit limiter bien sûr, mais c'est le caractère abusif et les illégalités lesquelles on doit on doit vérifier.
Et la Commission européenne, elle a rien faire pendant les élections. C'est en tout cas les autorités au niveau national qui organise les élections. La Commission européenne a rien fait et la Commission a rien dit euh sur le processus électoral de la Roumanie.
D'ailleurs, dans ce nouveau scrutin des 4 et 18 mai, est-ce que la Roumanie a pris des mesures préventives, lesquelles On parle aussi de des utilisateurs eux-mêmes qui finalement dénoncent les faux comptes. Oui, la vérité est que en automne 2024, la Moldavie a aussi organisé un référendum sur l'intégration européenne et aussi des élections présidentielles. dans la Moldavie, on a aussi vu l'interférence et ça ce n'était pas une l'interférence de la Russie, ça n'était pas une surprise mais l'interférence sur cette magnitude dans une État membre de l'Union européenne était une surprise.
Nous ne sommes pas bien préparés en Roumanie avant les élections de l'année dernière, mais maintenant oui, nous sommes meille la préparation est meilleur, les gens sont mieux informés, ils sont maintenant bien informés sur le risque de désinformation et de manipulation. Les autorités ont commencé de travailler. Fabrice Legrie, par exemple, les autorités roumaines pour cette nouvelle campagne demandent à ce que les contenus politiques soient clairement étiqueté, que s'il y a un financement par une entité étrangère, cela soit aussi euh signalé.
Ça c'est une bonne chose ou vous criez à une forme de censure parce que les contenus qui répondront pas à ces conditions pourront être retirés ? Je pense que ce qui est important, c'est que les règles soient annoncées à l'avance euh en terme de de conformité par rapport à une loi électorale nationale. Moi ce que je ce que je soulignais c'est que il y a au niveau encore une fois des institutions de l'Union européenne une ambiance qui est créée pour peser sur les Étatsmembres, peut-être même pour s'ingérer et c'est cela que nous avons dénoncé parce que il y a eu des réactions avant même que l'on ait le résultat nécessairement d'une enquête d'une enquête roumaine.
Euh maintenant, s'il y a pour la prochaine élection présidentielle en Roumanie des mesures précises qui sont annoncé à l'avance et que tous les candidats euh connaissent, bon après il appartiendra au juge de l'élection, au juge roumain de l'élection puisque c'est l'élection présidentielle roumaine. Nous sommes pour la souveraineté nationale et donc nous considérons que la Roumanie évidemment est la seule à la souveraineté nationale c'est pas c'est pas les ingérences russes précisément c'est ni la liberté d'être influencé par Soros. Voilà, parce que parlons quand même aussi des ONG à l'intérieur des institutions de l'Union européenne qui utilisent des financements, on l'a vu par des des manipulations de de d'ONG pour peser sur les processus des institutions de l'Union européenne.
Je pense à ces milliards, plus de 7 milliards, 8 milliards dépensés par la Commission européenne pour financer des ONG en matière environnementale pour aller faire du lobby auprès des Étatsmembres et pour faire du lobby auprès des députés européens. Donc tous les autres candidats ont respecté les règles. La pluralité des opinions est bienvenue.
Bien sûr, les autorités ont rien contre un candidat ou l'autre, mais c'était seulement un candidat qui n'était pas transparent sur l'origine de ses finances, qui a déclaré un budget pour toute sa campagne de 0 €. Toutes les autres candidats pro-uropéens ou antie-Européens ont respecté. D'ailleurs, le nouveau favori est d'extrême droite, précisément, monsieur Simon, qui s'est montré volontiers sceptique à l'égard de l'Union européenne et de l'OTAN, qui veut stopper l'aide en Ukraine.
Vous risquez de du point de vue de du président de basculer dans le camp pro Moscou ? Euh mais mes opinions politiques sont contre contraires aux opinions politiques de monsieur Simon qui est le nouveau candidat prusse antie-Europen. Mais sil respect les règles de la campagne, il doit être candidat. il est candidat et on va débattre pendant les semaines suivant euh suivantes et bien sûr que j'espère que un candidat qui n'est pas extrémiste, qui n'est pas populiste, qui va défendre une roue forte dans une Europe forte va gagner les élections.
Rien qu' une de candidats ou une autre, mais beaucoup contre des illégalités pendant la campagne électorale. Alors Fabrice Leger, parlons de l'autre scrutin qui se profile. La Pologne. aussi le gouvernement s'inquiète de l'intensification des cyberattaques russes.
On parle de 2000 par jour à un mois de la présidentielle. Le premier ministre polonais Donald Tusk qui a dénoncé une cyberattaque contre le système informatique de son parti qui l'intribue à des ingérences étrangères. Là aussi vous mettez en doute ce type de discours ?
Non, ne il s'agit pas de mettre en doute s'il y a des attaques, des cyberattaques et qu'il y a des enquêtes qui sont menées techniquement pour savoir d'où viennent les cyberattaques. Euh c'est c'est tout à fait euh normal que les autorités euh veillent à à la transparence et à la sincérité du scrutin. Tout ce que nous dénonçons au Rassemblement national, c'est la manière dont la Commission européenne, encore une fois, c'était avec Thierry Breton que ça a commencé, la manière dont ils se sont emparés de ce sujet pour clairement depuis Bruxelles confisquer la possibilité à des groupes politiques d'exprimer un un euroscepticisme avec dans le raisonnement de la Commission européenne et c'était très clair dans le raisonnement de Thierry Breton à l'époque avec l'idée que si on n'est pas favorable à l'agenda européiste tel que voulu par madame Vonder Llen ou par Emmanuel Macron en France et bien so il y a eu des censures sur les réseaux sociaux soit on est on est psychologiquement dérangé soit on est influencé par le digital service act a jamais été appliqué il y a pas eu d'amende.
Vous trouvez qu'il y a eu des censures sur les réseaux sociaux ? C'est la question qui se pose en Europe. Maintenant, on voit bien que Washington a annoncé la fermeture de son de son service chargé de de contrer contre la désinformation étrangère.
On voit bien que Donald Trump et finalement les manias de la tech qui lui sont affiliés ont décidé de ne plus faire de fact checking, surtout pas de vérification. Est-ce que nous on est en train de de suivre de suivre ce chemin ? Est-ce que nous on est en train de remettre un cadre ? contraire.
Moi, je crois que manipuler les électeurs, manipuler les citoyens euh n'est pas une bonne idée. On doit avoir une pluralité des opinions. Mais s'il y a une ingérence avec des objectifs clairs de manipuler les élection et si l'ingérence ne respecte pas les règles de la campagne électorale, s'il favorise avec l'utilisation de moyen illégaux une candidat ou une autre, l'utilisation de ces moyens lequels ne sont pas légales, euh bien sûr que on ne doit pas les préparer.
Le point important n'est pas si un candidat a une opinion ou une autre. La modération pour pour contrer les les Inox, c'est quelque chose que l'Union européenne doit mettre en place, y compris pour les big tech américaine en Europe. ça ce que le big tech font c'est il ne vérifie pas le contenu comme se prévoit par le par la loi européenne et il ils vont promover et accélérer la distribution de vidéos lequels vont propager de messages lequels sont faux lequels sont désinformatifes et ça c'est illégal en Europe et c'est pour ça que ils doivent respecter les règles européennes Fabrice Légerie ce digital service act donc que vous avez évoqué, on sent que vous n'y êtes pas pleinement favorable.
Qu'est-ce qu'on fait ? On l'applique ou on va sur un modèle américain où on enlève finalement toutes tous les gardes de fou et on on laisse l'information et les réseaux faire sans aucune règle. En fait, dans cette réglementation européenne, il y a un mélange entre d'une part pour chasser ou chercher à à condamner des illégalités, donc par exemple des des actions criminelles qui sont qui utilisent les réseaux sociaux, qui utilisent internet pour des activités criminelles.
Évidemment, il faut que les acteurs de la tech coopent avec les autorités de police et de justice de la même façon que on peut avoir des écoutes téléphoniques légales dans le cadre d'une enquête. Il y a une autre notion qui se retrouve dans la réglementation européenne et qui est beaucoup plus sujette à caution, c'est de savoir ce qui est illicite et ce qui est finalement déjà une appréciation sur un contenu. Et c'est là qu'il y a probablement une divergence en ce qui concerne la définition de la liberté d'opinion en Europe, en tout cas à la Commission européenne et selon cette réglementation et d'autre part les Américains.
Pour ce qui est de ces sanctions du DSA en cas d'infraction avéré répété la commission plus infligée jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires annuel en cas de violation grave. Donc elles peuvent même être coupées ces plateformes. Je crois que oui, s'il ne respecte pas les règles, la commission doit euh intervenir d'une manière très très forte.
Ça ce n'est pas contre la liberté d'expression, mais c'est pour préserver l'état de loi l'état de droit ici en Europe. Merci à vous d'avoir bien illustré ce débat. Merci à vous de l'avoir suivi sur France 24 et la chaîne parlementaire.
Merci Caroline. Merci à tous et bonne suite de programme sur nos chaînes. [Musique]
Benjamin Haddad