Aller au contenu
Tous les transcripts
ChroniqueLe Média (sur YouTube)· 17 février 2021 10 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleInstitutions & électionsJustice

ON PEUT BATTRE MACRON ET LE PEN

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Chiffre
    « l'institut Montaigne lui-même a montré que lorsqu’on s’appelle Mohammed, on est obligé d’envoyer 20 CV pour obtenir un entretien d’embauche alors que lorsqu’on s’appelle Nathalie ou Michel on en envoie que quatre ou cinq. »
  • Fait
    « Depuis 1983 en France, il y a une politique libérale qui vise à détruire les services publics et à privatiser et donc à trahir la classe ouvrière. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

J’ai regardé le débat organisé entre Marine Le Pen et Gérald Darmanin sur France 2. On a eu affaire à un représentant du pouvoir en place et une représentante d’un parti politique qui pourrait prendre le pouvoir. Donc c’est l’extrême droite et pour moi, c’était important de savoir où on en était par rapport à ce débat.

Alors pour moi, ce n’était absolument pas un faux débat. Je comprends l'argument qui consiste à dire que finalement c’est blanc bonnet et bonnet blanc puisqu’il s’agit de deux propositions, en l'occurrence il s’agissait de séparatisme, d’immigration, de deux propositions racistes. Je suis d’accord pour dire que ces deux propositions telles qu’elles ont été présentées, sont racistes et pourtant pour moi, il ne s’agit pas des mêmes propositions.

Il s’agit pas des mêmes partis politiques et c’est important de ne pas tout mélanger, de ne pas mettre tout le monde dans le même sac. Je trouve que c’est important quand on milite, quand on lutte, il faut être lucide, il faut être objectif sur les ennemis que l’on a en face de nous pour d’autant mieux les combattre. Tout au long de cette émission, j’ai retenu deux extraits.

Voici le premier : Gérald Darmanin vous êtes, en tant que ministre de l’Intérieur, le ministre en charge des violences faites aux femmes. Est ce que ça ne vous interroge pas d’être vous-même accusé de viol, est ce que ça ne vous pose pas un problème ? Vous imaginez, comme disait le président Sarkozy, l'indignité de votre question ?

Je n’ai aucune leçon à recevoir. Je trouve que cet extrait est intéressant car évidemment il s’agit d’une mise en scène. On voit bien que Gérald Darmanin, n’y croit pas lui-même.

En fait, il s’agit d’une manœuvre, d’un tour de passe-passe pour inverser la honte. C’est-à-dire, ce qui est honteux ce n’est pas ce dont est accusé Gérald Darmanin, ce qui est honteux c’est d’oser lui poser la question. La question que posent les journalistes, ce n’est pas uniquement la question que posent quelques féministes sur les réseaux sociaux.

En fait, c'est Gérald Darmanin qui est sous le coup d’une enquête, menée par la justice française. Lui-même reconnaît précisément qu’il a échangé ce qu’on appelle des faveurs sexuelles, entre guillemets, contre une aide pour un logement. Et pour le moins là, il s’agit d’une chose qui est indigne, qui est choquante et dont il devrait rendre compte.

Alors ce qui, comme beaucoup de Françaises et de Français, m’a choqué dans l’organisation de ce débat, c’est évidemment le contexte dans lequel on vit aujourd’hui, qui est un contexte de crise sanitaire et sociale. Et ce qui m’a choqué de manière très précise, c’est ce qui concerne les musulmans et les musulmanes de ce pays. C’est-à-dire qu’on à affaire à une population qu’on présente comme une population qui se lève le matin et qui s’interroge sur le fait de prendre une quatrième femme ou pas, de demander un certificat de virginité ou pas.

Quelque chose d’ultra résiduel alors qu’en réalité ce qu'on ne dit pas, c’est que les musulmans et les musulmanes qui vivent en France, se lèvent le matin comme tout le monde pour aller travailler, en particulier dans un sous-marché du travail, sur des secteurs d’activités où ils sont sous-payés, avec des salaires de misère, avec des horaires hachés, des contrats en intérim, de l’emploi précaire, un travail pénible. D’autant plus pénible qu’il casse le dos et la santé mentale. Et ça, on ne le dit pas.

On ne dit pas que les musulmans et les musulmanes de ce pays lorsqu’ils se lèvent le matin, ce n’est pas vrai, ils ne parlent pas des certificats de virginité. Ils vont conduire leurs enfants à l’école publique et ils s'inquiètent de voir l’école qui n’est pas aussi égalitaire que ce qu’on leur a promis. Ils s'inquiètent de voir que les professeurs, les enseignants de leurs enfants ne sont pas systématiquement remplacés.

Ce débat tel qu’il est proposé par France 2, service public, tend à déshumaniser encore plus les musulmans et les musulmanes, à les racialiser, à les extraire de la classe ouvrière où ils subissent comme les autres des violences sociales. L'institut Montaigne, qui n’est pas réputé pour être à la gauche de la gauche, qui est plutôt proche idéologiquement du pouvoir en place, l’institut Montaigne lui-même a montré que lorsqu’on s’appelle Mohammed, on est obligé d’envoyer 20 CV pour obtenir un entretien d’embauche alors que lorsqu’on s’appelle Nathalie ou Michel on en envoie que quatre ou cinq. Et donc, on a bien affaire-là, à une islamophobie qui est structurelle, à une violence sociale, l’accès à l’emploi, que subissent spécifiquement les musulmans en France.

Et ça, personne ne le dit. On préfère instrumentaliser le sort des musulmans pour mieux cacher, masquer la politique libérale, autoritaire et liberticide que mène l’Etat Macron. Il y a un deuxième extrait que je trouve particulièrement intéressant dans l’émission, je vous laisse le regarder.

Objectivement, à part quelques incohérences dont on aura peut être l’occasion de parler plus tard, j’aurais pu le signer ce livre. Non, ça va aller. Si si, j’aurais pu le signer.

C’est étonnant. C’est un baiser empoisonné, Gérald Darmanin. Pourquoi empoisonné ?

Vous êtes d’accord en fait les deux ? Ce que veut dire Marine le Pen finalement, elle-même, c’est que tout ça c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Donc plutôt que de voter demain, après-demain, pour la copie, votez pour l’original.

C’est ça le message que veut adresser clairement Marine Le Pen. Pour moi en réalité, c’est pas bonnet blanc-blanc bonnet En Marche et le Rassemblement National, il faut le dire. Je pense que c’est important de le redire.

On a d’un côté un parti politique : En marche, qui est né plutôt à gauche, donc Macron il vient de la gauche, il a été ministre notamment sous Hollande. Et de l’autre, on a un parti politique qui est né dans l’extrême droite, qui est né avec l’Algérie Française, qui est né avec l’OAS, qui est né avec la torture en Algérie, qui a pour fondement programmatique, la xénophobie, la haine de l’étranger, la haine de l’arabe, la haine du musulman. L’antisémitisme également, historiquement depuis des décennies.

Donc moi déjà, sur ce que sont ces partis politiques En Marche et le Rassemblement National, ce n’est pas la même chose. Le Macron d’aujourd’hui, l’État Macron d’aujourd’hui est dans un total prolongement de ce qu’il y a eu des années auparavant et pendant des décennies. On a eu cette "gauche” représentée par le PS, qui a chauffé l’extrême droite et qui a fait monter l’extrême droite.

Et c’est important de le dire, ça fait 40 ans que les hommes au pouvoir en France, pensent instrumentaliser l'extrême droite pour se poser comme barrage, pour faire oublier leurs politiques libérales. Depuis 1983 en France, il y a une politique libérale qui vise à détruire les services publics et à privatiser et donc à trahir la classe ouvrière. Et donc pour faire oublier, pour masquer cette trahison vis-à-vis de la classe ouvrière, on instrumentalise l’extrême droite, on la fait monter, on la chauffe et on organise comme à l’occasion de ce débat, une mise en scène.

Reste que ces deux propositions telles que formulées par Marine Le Pen et Gérald Darmanin sont des propositions que je considère comme étant racistes. Simplement là où Marine Le Pen et le RN demandent finalement d’ancrer dans le marbre, l’état d’exception et donc le ciblage, en particulier, de la population musulmane en France, donc elle elle veut que ce soit précis, assumé, dans la loi. Et en Marche, avec la parole de Darmanin, est plutôt dans cette tradition française qui consiste à dire : “Oui effectivement c’est plutôt les musulmans qu’on va viser, mais faut pas le dire.

Il ne faut pas l’inscrire dans le marbre. On doit quand même garder cette image universelle, les droits de l’homme, la constitution, la République. Alors qu’on est d’accord pour dire que le résultat est le même, c’est à dire que ce sont les musulmans qui sont visés, mais quand même il y a cette tradition française particulièrement hypocrite, de quand même conserver le texte, conserver la loi, et pour moi c’est ce qui fait la différence.

En Marche finalement, profite par une stratégie du choc qu’on connaît bien qui est documentée, profite d’évènements spectaculaires, dramatiques : Les attentats terroristes, l’état d’urgence sanitaire. Et profite de ces évènements pour grappiller toujours un peu plus sur les libertés fondamentales et des droits sociaux, et c’est pour ça que c’est un danger. C’est-à-dire que ce n’est pas que la population musulmane qui est visée, En réalité c’est l’ensemble la population et c’est ce qui fait que le parti politique En Marche est un parti qu’on peut qualifier d’autoritaire et libéral.

Pour conclure sur cette émission, autour du débat Darmanin / Le Pen, la première chose c’est de voir à quel point la classe politique française et le débat politique et médiatique en France ne reflète pas du tout ce qui se passe dans la société civile. Deuxième chose : La prise de conscience qu’on doit avoir qu’il s’agit d’une véritable rupture nécessaire avec cette classe politique. Que ce soit une rupture évidemment avec l’État Macron et le RN, mais une rupture aussi avec une certaine gauche celle qui a trahi la classe ouvrière, celle qui a contribué à instrumentaliser les questions liées aux musulmans et aux musulmanes, puisqu’encore une fois c’est là que c’est né, c’est de là que ça vient.

Et donc il faut une rupture, une rupture radicale. Il faut braquer le pouvoir politique, il faut s’organiser, et vraiment, je pense qu’avec une bonne stratégie politique, avec un projet politique commun qui défend des valeurs d’égalité, de justice sociale, de justice environnementale sur nos réalités, nos urgences, nos priorités pour l’avenir de nos enfants en fait, je pense qu’avec une bonne stratégie politique, on peut gagner.