David Lisnard : « On ne rafistole pas le Titanic, c’est le système qu’il faut revoir »
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Euh direction Cann avec le maire de la ville. Bonjour David Lissard, candidat nouvelle énergie aussi à l'élection présidentielle. Je voulais vous avoir ce matin David Lissard pour parler justement du du gazoil. On a vu ce qui s'est passé avec les les pêcheurs, les marins pêcheurs notamment tout autour de la Méditerranée. On était en direct à 7, on était à Frontignan. Ce sont aussi d'autres grandes villes portuaires qui sont mobilisées. Et vous avez publié une tribune que j'ai là sous les yeux et justement sur ce prix du gasoile, vous dites c'est la goutte d'essence qui fait déborder le réservoir avec une jolie formule si je puis dire. Les aides quand elles sont versées sur insuffisantes, les pêcheurs n'en peuvent plus. aujourd'hui des pêcheurs qui sont
allez, j'allais dire menacés de disparition si s'il y a rien qui se fait. Si je je lis euh votre tribune. Oui. Alors c'est cette tribune, elle a été prise à l'initiative du maire de 7 hev Marquez. Euh j'étais à 7 le 5 et 6 août dernier auprès des pêcheurs avant qu'éclate cette crise et la crise, elle ne tient pas qu'au qu'au prix du carburant. C'estd que c'est un catalyseur. C'est c'est une charge énorme pour eux. Ça c'est une évidence. Mais le on est dans une spirale infernale depuis des années. J'avais déjà publié plusieurs tribunes l'année dernière. Juste pour vous indiquer Cann c'est la plus grande prudomie de pêche professionnelle des Alpes Maritimes et du Var. Alors c'est pas des des pêches de chaluier comme A7, mais on est extrêmement concerné et puis c'est un
élément pour nous très identitaire. Euh ce qui ce qu'il faut bien comprendre que là, il y a un élément de circonstance avec le prix du gazoile qui peut représenter jusqu'à 40 % des charges des des des pêcheurs professionnels. Mais c'est une somme de décision qui depuis 20 ans fait que nos pêcheurs ne sont considérés comme une sorte d'anomalie sur la la mer. C'est ça qui est incroyable. Et on a eu un/ers des bateaux qui a disparu en 20 ans. C'est c'est fou. Et et parallèlement, moi on est voisin de l'Italie et bien l'Italie a une pêche méditerranéenne dans le cadre européen qui elle est plus dynamique que nous. L'Espagne est bien plus dynamique que nous. Donc le problème il est il est structurel. Le problème il renvoie à des familles entières qui depuis des décennies
parfois des siècles, travaillent la mer, font respectent la mer parce que la protection de la Méditerranée notamment, elle elle est évidemment primordiale mais qui aujourd'hui sont en train de disparaître. Euh je je juste là aussi un chiffre incroyable. On a la on a la 2è zone maritime mondiale, la France après les États-Unis. Et bien désormais on importe 80 % des produits alimentaires de la mer. Donc on nous sommes en train de détruire des savoir-fairs, des métiers, une économie, des revenus pour des familles humbles qui bossent, modestes et en plus on est en train de de détruire un élément magnifique de notre savoir-faire et de notre identité. David Lissard, vous avez suivi hier la rencontre de la ministre chargée de la mer Catherine Chabau avec des
représentants des des pêcheurs. Une rencontre qui a duré plus de 6h avec à l'issue et bien les pêcheurs suivront les aides suivront la variation des cours du carburant. Ils se sont engagés aussi à débloquer les barrages face aux problématiques de trésorerie, possibilité d'ouvrir un prêt à taux zéro. Là, ça va plutôt dans le bon sens. Oui, oui, tout à fait. Ça va dans le gros sens hein. Je je évidemment et euh mais mais vous comprenez que on est dans de l'urgence comme dans tout en France d'ailleurs et on demande à l'État des mesures d'urgence. L'État est surendetté. Donc lui-même au regard de la grogne sociale, il voit ce qu'il peut un peu lâcher tout en parallèlement parallèlement disant qu'il faut faire des économies, ce qui est une réalité. Mais moi ce que je vous dis c'est qu'il
faut renverser tout ça. C'est-à-dire que tant qu'on aura pas compris que les pêcheurs, les agriculteurs sont des chefs d'entreprise et qu'ils ne sont pas là pour dépendre des aides de l'État d'un État parallèlement lui-même en faillite, donc comment on rétablit les conditions de la rentabilité de la pêche française et notamment de la pêche méditerranéenne ? Parce que pendant que l'État donne des aides circonstantielles bienvenu dans le moment sont sur le carburant, on l'a dit tout à l'heure, mais parallèlement l'État et la puissance publique imposent des nouvelles normes absurdes. Le le changement de du maillage sur les filets va faire plonger la le peu de rentabilité qui est restée des pêcheurs de 30 à 40 %. La restriction des zones
de pêche qui pourrait se justifier pour protéger les espèces. mais qui ne s'applique pas à tous les pays, donc qui n'a aucun sens écologique en réalité, va encore une fois euh faire plonger notre pêche et on sera face à ce dilemme. Est-ce qu'on regarde mourir les pêcheurs et et tout ce p de notre belle identité ? Euh où est-ce qu'on donne des aides de l'État en sachant que l'État n'a pas un rond et surendetté et qu'on fait payer nos enfants ? Donc donc il faut lutter contre les distorsions de concurrence. On ne doit pas avoir des différences de règle de règles et d'application entre l'Espagne, l'Italie et la France. Euh on on doit gérer la Méditerranée euh avec le Maghreb et ne pas laisser la pêche des pays du Maghreb prendre le dessus sur la nôtre. Bref, véritablement mener
une vraie politique de la mer, une vraie politique de la pêche et une vraie politique de la compétitivité pour la compétitivité. On a bien entendu ce message et c'est intéressant que vous rentriez David Lisnard dans dans les détails pour bien comprendre aujourd'hui le quotidien de des marins pêcheurs. J'accueille Richard Verli correspondant France Europe du média suisse Blic avec nous. Bonjour Richard. Vous vous restez monsieur monsieur le maire juste Christophe Barbier là on a vu une solution trouvée à l'issue de cette réunion ministérielle pour les pêcheurs. Est-ce que là ce matin on peut dire ouf pour les pêcheurs et le gouvernement peut aussi dire ouf. Oui, le gouvernement peut dire ouf parce que ça commençait à s'envenimer. Sachant que derrière la revendication carburant, il
y avait aussi des revendications sur la taille des mailles du filet, les quotas de pêche, enfin tout ce qui a été expliqué sur la la concurrence intraeuropéenne. Néanmoins, quand certains disent ouf, d'autres peuvent dire pourquoi pas nous. Les agriculteurs, les transporteurs routiers qui pour l'instant sont très calmes peuvent se dire tiens, à un moment donné, si on sent que la situation est mû, on sait qu'en bloquant, le gouvernement bouge très vite parce qu'il n'a pas d'assise politique, donc il est obligé de céder très rapidement. Donc c'est peut être porteur aussi de revendication nouvelles bientôt. Richard Verli, d'accord. Euh peut-être euh demain, après-demain, euh d'autres, j'allais dire euh profession, d'autres catégories sociop-professionnelles qui
vont dire "Ah bah ça a marché avec les pêcheurs hein." Et moi aussi j'y vais. Bien évidemment parce que la colère ça se propage surtout si le gouvernement à la fin accède à une partie des demandes. Après moi ce qui me paraît le grand changement qui est en train d'intervenir, c'est qu'il n'y a pas de lumière dans le tunnel de cette crise qu'on voit, cette crise pétrolière liée à la situation au Moyen-Orient. On est à l'approche de l'hiver, on sait que les importations d'hydrocarbure vont augmenter pour l'Europe qui n'a pas de pétrole. Bien évidemment, les courts risque de demeurer très haut pendant toute la période d'hiver. Donc c'est ça qui va alimenter la colère. Je crois que les Français, y compris les pêcheurs, avaient compris et c'est ce que Emmanuel
Macron va répéter ce matin, que la crise n'incombe pas au gouvernement français. Ce qui par contre est flagrant, c'est que le gouvernement n'a pas beaucoup de réponses. Je voulais qu'on rebondisse sur votre phrase, David Lissenard, sur ce que vous avez dit qui est assez fort, hein. L'État n'a plus un rond. Voilà, la situation est faite ce matin. Euh vous avez peut-être lu ce sondage dans le euh Figaro, sondage au dox à Bagbon euh qui explique 60 % des Français jugent que l'État doit consacrer davantage d'argent à la baisse des prix des carburants et aux Z a et 88 % euh estiment que la hausse des prix des carburants pourrait provoquer un mouvement similaire à celui des gilets jaunes. Est-ce que vous et et je sais que vous allez pas mal sur sur le terrain, est-ce que c'est une petite
musique que vous entendez ? C'est quelque chose que vous avez commencé à capter ? Euh oui, parce que je je répète sur la question de la pêche, je l'ai le le je publié une vidéo et et un texte le le 6 août dernier pour alerter là-dessus et sur les carburants, on l'entend tous les jours. Enfin, enfin, moi j'ai j'ai je roule pas beaucoup euh avec ma voiture, mais j'ai fait le plein dimanche et je gagne bien ma vie. Moi je suis maire de Cann, je suis établi quoi et j'ai j'ai senti la douloureuse. Donc oui, on l'entend partout évidemment. Mais ce ce qui, pardonnez-moi de de ramener un discours politique, hein, euh c'est que on est dans la seringue que et et vous m'avez déjà entendu le dire, que j'énonce depuis des années, c'est-à-dire c'està dire qu'on a le record du monde
de la dépense publique, on dépense plus d'argent qu'ailleurs, on a le record du monde des prélèvements obligatoires, on a plus d'impôts et de charge. Et donc, on est très fragile face à à chaque crise et chaque crise pour des raisons humaines, immédiates, politique, de pression, médiatique, l'État rafistole. Mais on mais on ne rafistole pas le Titanic. C'est pour ça que ce que l'on dit avec d'autres hein, je suis pas le seul à le dire he Jean-Louis Borlot le dit avec ses mots, euh d'autres le disent plus à droite et cetera. C'est le système qu'il faut revoir parce que on a un système fiscal social qui repose qui a été construite dans l'après-guerre qui reposait sur la natalité sur de la démographie et qu'aujourd'hui ce système ne peut plus fonctionner. Voilà. Donc on
ne fait que rafistoler. Ça s'est amplifié avec la dissolution, avec l'instabilité politique où chacun est dans la posture. Les majorit enfin les majorités, les gens au pouvoir minoritaires, les oppositions elles aussi minoritaires et et on vient de perdre deux années précieuses qui font que notre pays s'apauvrit et que les premières victimes, c'est les gens les plus modestes parce que c'est eux qui subissent l'inflation. Just vous savez l'inflation, je je termine juste là-dessus, c'est vraiment sur ce qui est le plus essentiel dans la vie, notamment pour les personnes les plus modestes et les plus pauvres, c'est le logement. On a flinguer l'offre de logement, on a à vouloir réguler le logement, il y a plus de logement neuf et on a mis les DPE sur le stock. Donc
aujourd'hui, les gens dorment dehors dans leur voiture, ne peuvent plus trouver à SAOG. Deuxièmement, c'est l'alimentation, la nourriture. Je je vous annonce et on pourra se retrouver dans quelques semaines, une grave crise pour l'agriculture euh non pas maritime mais terrestre avec notamment le prix des engrais qui va exploser et on et et donc on va notre nourriture va encore augmenter et c'est le prix de l'énergie puisque les les génies qui nous gouvernent depuis 15 ans ont flingué la filière nucléaire. Alors ils sont en train d'essayer de la redresser. C'est vrai mais il n'empêche que aujourd'hui on paye l'énergie trop cher alors qu'on l'a payé. On a vu une énergie abondante, décarbonée, la moins chère du monde. Juste une dernière petite question, David Lissenard, question soufflée par
Catherine André. Euh baisse des taxes sur les carburants ou pas pour vous ? Mais c'est le le il faudra il faut baisser la fisque aujourd'hui. Si on veut retrouver des comptes publics sains, des services publics et du pouvoir d'achat, il faut produire plus. Donc il faut augmenter le moteur économique de la France. Donc évidemment, payer 60 % de taxe sur 1 L de carburant, c'est scandaleux. Euh payer de la TVA et de la taxe sur la fiscalité, c'est scandaleux. Mais cela baisser la fiscalité, c'est nécessaire. Mais tous ceux qui vous disent peuvent tout de suite baisser la TVA sur le carburant, vous mentent parce qu'ils font payer dans ce cas-là le c'est de la dette dans l'immédiat. Donc ils font payer leurs plaintes par leurs enfants ou leurs petits-enfants. Donc il est
impensable de de ne pas lier la relance de la production, la réforme de la fiscalité, la réforme du système social. Et c'est pourquoi je m'engage sur le plan national. Ouais. Et c'est pour ça vous dites aujourd'hui si vous étiez vous au aux manettes David Listard sur ces prix du carburant, vous vous sortiriez le le chéquier ou pas ? Non. Du coup, je ben c'est dire sortir le chéquier de ces petits enfants, c'est facile hein. Ouais. Euh vous faites applaudir, vous distribuez, c'est ce qui a flingué la France depuis 30 ans. Euh voilà. Mo moi dans ma commune, j'ai pas fait comme ça. Euh alors que les gens, je les vois tous les jours, je vis avec eux, je suis un un des gens parmi les gens. Mais on a baissé la dette de 85 millions d'euros en 12 ans, on vient de baisser la
fiscalité et on traite la pauvreté puisqu'on a une ville qui historiquement accueille beaucoup de de pauvreté, notamment d'immigration pauvres. Donc s'agit pas de sortir le le chèque sans provision, il s'agit de de réabonder le le compte sur lequel on peut faire des chèqus. peut-être dans des moments difficiles et et c'est pourquoi on est aujourd'hui face à notre destin et cela ne peut passer que par une remise en cause totale de la dépense publique et notamment sur le plan social. Les 950 on a jamais autant dépensé d'argent sur le plan social 950 milliards. On a jama peut-être se poser la question il y a peut-être un lien de cause à effet. trop de dépenses, trop de bureaucratie détruisent l'action publique. Alors et et tout cela et bien c'est ce qui
devrait euh alimenter le débat politique dans le cadre de la présidentielle. Or aujourd'hui, on est toujours face à cet effet de ciseau insupportable. Soit on demande de la dépense publique qu'on ne peut pas financer, soit on nous dit "Mais regardez, les infirmiers sont pas assez payés, il y a pas assez de policiers." Mais ce qu'il faut comprendre, c'est parce que on a eu un système d'hyperdépense, d'hyper buureaucratie, d'hyperclientélisme d'État qui fait que aujourd'hui on est face à un mur. On parlait des pêcheurs tout à l'heure, pardonnez-moi d'y revenir, mais les on a diminué le nombre de bateaux de pêche en Méditerranée, le chaluti a baissé de 35 % en 20 ans, mais en plus on est passé de 10 ans d'âge de de moyenne d'âge des bateaux à à 30 ans. Donc les pêcheurs aujourd'hui, ils ne
sont plus rentables mais ils vont devoir investir. Et qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont demander de l'argent à l'État. Donc vous voyez tout ça c'est fini. Il faut en sortir et c'est pas le le Titanic, on peut pas le rafistoler. Il faut construire comme on l'a fait en 58 avec le plan RUf, comme ça a été fait à d'autres époques de notre Il y a pas de fatalisme, on peut retrouver les ressorts de la prospérité mais cela passe par la compétitivité, par un plus de travail, plus d'investissement et et pas des systèmes de rafistolage qui font que ça se fait au détriment du travail et de l'investissement. Merci beaucoup euh David Lisnard.
David Lisnard