#Elysee2022 - Alexis Corbière : "Le problème ce sont les inégalités, c'est contre ça que Mélenchon se dresse"
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France Inter, Karine Bécard, Élie Delvaux, le 6-9 du week-end. Bonjour Alexis Corbière. Bonjour. Porte-parole du candidat Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle au nom de l'Union Populaire. Il reste 15 jours de campagne et Jean-Luc Mélenchon confirme ce matin encore sa place de troisième homme. Quelle catégorie de Français allez-vous tenter de capter, de séduire d'ici 15 jours pour passer éventuellement devant Marine Le Pen et parvenir au second tour ?
Alors cher Éric Delvaux, déjà on ne va pas essayer de les séduire mais de les convaincre. Je dis ça parce que je vous taquine de bon matin mais c'est important. Il s'agit de continuer à faire circuler des idées dans le débat. Notamment nous essayons de dire sur une question fondamentale, M. Macron s'il est réélu c'est la retraite à 65 ans, Jean-Luc Mélenchon agira pour la retraite à 60 ans. Ce qui concerne beaucoup de gens, ce qui permettrait de dégager immédiatement sur le marché du travail 700 000 emplois. Ce qui amènerait à ce que les conditions de vie de beaucoup de gens qui d'ores et déjà après 60 ans actuellement, une personne sur deux est soit en invalidité soit au chômage.
Si on repousse l'âge de la retraite, ça veut dire encore plus de gens âgés qui n'auront pas la totalité de leur trimestre, qui ne pourront pas bénéficier d'une retraite décente. Bref, donc je parle à tout le monde mais pour répondre à votre question, il y a une chose notamment que j'observe, c'est que le taux de participation il y a 5 ans était peu ou prou de 78% et aujourd'hui ce que me disent les instituts de sondage, c'est qu'ils seraient peut-être de 69-70%.
Oui, mais ce qui est intéressant c'est que 95% des français sont inscrits sur les listes. Ça fait 1 million et demi de français supplémentaires par rapport à 2017.
Mais je l'ai observé. Comment est-ce que vous comprenez ? Alors attendez, je n'ai pas terminé le raisonnement, c'était de dire que je m'adresse aussi aux abstentionnistes. Et ils sont souvent sociologiquement, pour faire simple, plutôt des milieux populaires, plutôt jeunes. Donc les amis qui m'écoutez, vous avez à gagner avec Jean-Luc Lelanchon, que vous êtes jeune, étudiant, avec l'allocation d'études que nous donnerons aux étudiants et notamment aux jeunes de lycée professionnel pour étudier.
Avec, comme je le répète, dans les milieux populaires, l'augmentation du SMIC, la défense des services publics, la création de postes d'enseignants, dont notamment les quartiers populaires ont tant besoin. Et là c'est l'élu de Sainte-Saint-Denis, de Montreuil et Bagnolet qui vous parle. J'en ai assez que dans mon département il y ait des profs absents depuis la rentrée et qu'ils ne soient toujours pas remplacés.
Les abstentionnistes issus des partis populaires, c'est aussi une partie de l'électorat de Marine Le Pen. Une grande partie. Une grande partie. Comment allez-vous à la fois capter ce même public et vous démarquer de Marine Le Pen ?
D'abord en cherchant à convaincre. Écoutez, même quand on est électeur de Madame Le Pen, je ne pense pas qu'on ait envie de travailler jusqu'à 65 ans. Et je dis aux électeurs de Madame Le Pen, écoutez ce qu'elle dit, elle n'est plus, elle n'est pas pour la retraite à 60 ans. Donc ne votez pas contre vos intérêts, c'est ce que je dis. Moi, ce que je vous dis, c'est que ce n'est pas l'immigré le responsable de vos problèmes. Ce n'est pas vrai. Le problème, c'est les inégalités. Donc, vous qui m'écoutez, électeur ou électrice du Front National, pourquoi, comment dirais-je, tomber dans cette espèce de piège, cette diversion permanente, si on partage les richesses ?
Et beaucoup de richesses ont été produites dernièrement. Notamment, vous avez vu ce chiffre incroyable que je répète à chaque micro, le bilan de M. Macron, c'est que 5 personnes aujourd'hui possèdent autant que 40% de la population, soit 27 millions de personnes. Les inégalités se sont creusées comme jamais. En 19 mois, durant la période du Covid, les principales fortunes ont accumulé 236 milliards d'euros. Donc, on peut partager, on peut aller voir la retraite à 60 ans et cessons de perdre du temps de faire croire que c'est la faute à telle ou telle personne au nom de sa confession ou de je ne sais trop quoi. Ce n'est pas ça le problème du pays.
Le problème, c'est les inégalités qui se sont creusées, les injustices et contre ça que Mélenchon se dresse.
Alors, je reviens quand même à ma petite question, tout à l'heure, parce que du coup, vous n'y avez pas répondu. Pourquoi les gens sont plus nombreux à s'inscrire, mais qui seront probablement moins nombreux à aller voter ? Comment est-ce que vous l'expliquez ?
Parce que, écoutez, déjà, nous, on a fait campagne pour que les gens s'inscrivent sur la liste électorale. Ce que je souhaite, surtout à l'arrivée, c'est les gens qui vont dans le bureau de vote.
Mais est-ce qu'il n'y a pas un problème de l'offre et de la demande entre l'offre de candidats et la demande des citoyens ?
Je ne sais pas. Moi, ce que j'observe, c'est que nous, nous sommes en train de progresser et donc, sans aucun doute, que nous répondons pour reprendre notre vocabulaire un peu mercantile. Nous proposons une offre intéressante. Non, mais, attendez, que les choses soient claires. Moi, ce que je pense, c'est pour ça que je suis pour la 6ème République. Il y a beaucoup de gens dégoûtés. 70% d'abstention en causant des dernières élections. Les gens ne croient plus au système. À tel point que, des fois, ça fait monter des solutions dans la tête des gens autoritaires. Du genre, tout ça, c'est de la connerie, pardon de l'expression trivale de bon matin. La démocratie ne sert plus à rien.
Il faut une femme ou un homme énergique à la tête de... Bon, moi, je suis contre ça. Je crois plus que jamais à la démocratie, à la République. Mais la République, celle qui m'est chère, ce n'est pas la 5ème République. Ce n'est pas la monarchie présidentielle. Donc, au cœur aussi de notre projet, au-delà des questions sociales et écologiques, c'est aussi l'idée qu'on va refonder des institutions ensemble. C'est notre idée d'une assemblée constituante avec des droits nouveaux pour les citoyens, notamment le droit de révoquer les élus.
Et je le dis à ceux qui ont, et ils ont raison, entre les représentants et les représentants, en démocratie, il y a quelque chose qui s'est creusé, qui est abîmé. Ceux qui veulent contrôler les élus. Et ils ont raison, il faut contrôler les élus. Ceux qui veulent avoir des droits nouveaux et ne pas être électeurs uniquement le jour d'un vote et après, pendant 5 ans, bye bye, plus aucun droit. Ce droit de révoquer les élus, ce droit d'intervention politique avec ce référendum initiativiste venu, tout ça est au cœur de la candidature Mélenchon. Donc, ça vaut le coup, à la fois sur notre programme.
Donc, la 6ème République, elle est déjà écrite ?
Ben là, non. Ça, c'est des propositions que nous faisons. Oui, l'idée d'une assemblée constituante, pour ceux qui aiment l'histoire, il y en a déjà eu trois dans notre histoire commune, c'est qu'on élit des députés constituants pour qu'il y ait un moment de discussion pour de nouvelles institutions. Il y a un pays qui met cher le Chili actuellement. Ben, actuellement, il y a une assemblée constituante qui est en train de rédiger une nouvelle constitution qui rompera avec celle de Augusto Pinochet.
Donc, les pays font comme ça et c'est intéressant parce que ça permettrait d'avoir des droits nouveaux, le citoyen au cœur de la vie démocratique et pas cette verticalité, cette concentration de pouvoir telle qu'on le connaît aujourd'hui.
Et le pouvoir d'achat dans cette campagne électorale, dans les colonnes du Parisien ce matin, je reviens à celle qui est devant vous, Marine Le Pen, elle promet ce matin que son programme permettra de restituer 150 à 200 euros par mois aux ménages. Qui dit mieux ? Non mais, je vous aime bien,
mais pourquoi il faut tout le temps que je réagisse à Marine Le Pen ?
Parce qu'elle est juste devant vous et que vous avez essayé de la clignoter. Oui, et M. Macron,
c'est M. Macron aussi qui est devant moi.
Vous voulez être d'abord au second tour ? D'accord, d'accord.
Très bien, alors on va battre Marine Le Pen. D'abord, moi je propose le blocage des prix, ce contre quoi est Mme Le Pen. Le blocage des prix, ça permettrait que sur des produits de première nécessité, il n'y ait pas cette envolée des prix telle qu'on l'a connue, notamment aussi sur l'énergie. On a même...
Attendez, le blocage des prix, qui payent ?
Est-ce que vous savez que quand vous achetez un fruit pour le supermarché, vous faites vos courses comme moi, vous dépensez un euro pour un fruit, il y a 8 centimes qui va dans la poche de celui qui l'a fabriqué, si je puis dire, du paysan. Donc il y a des marges extrêmement importantes. Le problème de la période, c'est que quand on me pose la question de bonne foi, c'est que je dis, mais vous avez vu les marges qui ont été faites, les dividendes qui ont été reversés aux actionnaires, toutes ces marges, je le dis clairement à ce micro, elles doivent être réduites. M. Macron avait dit que nous sommes en guerre. Il n'y a pas de raison qu'il y ait des profiteurs de guerre.
Et il y a eu dernièrement des profiteurs de guerre. Il n'y a rien qui justifie le fait que des prix augmentent, si ce n'est des phénomènes de spéculation, je pense notamment à ce qui est des prix de l'énergie et de l'essence en particulier. Donc nous disons clairement, il n'y a pas de raison que ce soit en plus de l'argent public qui vienne combler le fait qu'il y ait des états privés qui s'en mettent dans les poches. Ce n'est pas ma conception de la République et de la manière de vivre en société.
A propos du pouvoir d'achat, et ça fera la transition avec l'Ukraine, l'Europe a décidé hier de grouper les achats de gaz pour l'ensemble des états membres. Une politique d'achat groupé pour réduire les coûts et réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis du pétrole et du gaz russe. Est-ce que vous validez ça ?
Oui, c'est sans doute la bonne direction à prendre. Jean-Luc Blanchard l'avait dit. C'est-à-dire qu'il faut effectivement avoir une stratégie beaucoup plus concentrée, commune, pour éviter ces phénomènes tels qu'on l'a vu, d'augmentation des prix face auxquels nous sommes désarmés.
Donc ça veut dire qu'il faut plus d'Europe, Alexis Corbière ?
Écoutez, il peut y avoir aussi des offres communes et des propositions communes sans pour autant qu'il y ait plus d'Europe. Mais pourquoi pas plus d'Europe, plus d'internationalisme ?
Non mais le candidat Mélenchon n'est pas très européen. Ce n'est pas le candidat le plus européen.
Oui, j'entends bien.
Donc du coup, où est-ce que vous vous situez dans votre Europe ? Parce que là, si vous dites, si vous applaudissez...
Je vais vous dire... Non mais ce n'est pas que j'applaudis. On a déjà dit que c'était ce type de direction qu'il fallait prendre. Mais vous savez, sortons de ces débats pour ou contre l'Europe. Moi, je suis contre l'Europe libérale. Je suis contre les traités européens à l'heure actuelle. Et donc si la condition de cette Europe, c'est que c'est la libre concurrence entre chacun, c'est effectivement des destructions de politiques publiques, je ne suis pas pour cette Europe. Donc le débat n'est pas binaire. Ce n'est pas d'un seul coup une espèce de nationalisme étriqué ou l'Union européenne libérale. Moi, je suis entre les deux.
Et je suis pour ça pour laquelle je dis qu'il faudra, sans qu'en doute, désobéir à certains traités européens qui n'ont rien d'européens en vérité, qui sont des purs traités libéraux qui, une fois de plus, justifient qu'on ait mis, là encore, nos services publics en difficulté. Voilà ce que nous sommes en train de dire.
Donc c'est une Europe à la carte parce que vous serez un peu seul dans cette position.
Ah bon ? Vous en savez des choses. Moi, je ne sais pas si on est seul. Moi, je pense qu'il y a beaucoup de pays européens où les gens n'ont pas envie qu'on se fasse concurrence. Et d'ailleurs, même tous s'interroger, tous les peuples d'Europe, vous savez, je pense qu'ils ont envie de services publics, ils n'ont pas envie de cette concurrence libre et non faussée. Ça, ça se discute. Mais s'il y a un signal fort qui est envoyé par un des pays de l'Union européenne, notamment le deuxième PIB de l'Union européenne, ça permettra à ce que nous ayons d'autres types de relations internationales. Il faut voir le monde.
Vous savez, ce qui est intéressant dans le moment tragique que nous vivons, c'est que, et c'est d'ailleurs une affiche de Jean-Luc Langeon, un autre monde est possible. Ce qui est sûr, c'est que l'ordre du monde au sens large, la même de l'Europe, est en train d'être modifié. Il est même dangereux, ce monde. La tension Etats-Unis-Chine est là. Ce qui se passe avec M. Poutine, non seulement tous on est en solidarité avec le peuple ukrainien, mais on comprend bien qu'il y a une potentialité de guerre mondiale derrière qui nous inquiète. Ce n'est pas n'importe quoi. Je ne sous-estime pas les conflits du monde, mais là on est... Donc ça doit nous amener à réfléchir à un autre monde.
Et si on le laisse en l'état, comment dire, si on pense que ce qui était fait avant était bien et que ce n'est pas un élément qui participe à toutes les tensions, notamment toutes ces tensions internationales, ces désordres du monde, le fait des continentaux qui sont en difficulté, on va au-devant de grands problèmes. Donc il faut penser à un autre monde et l'Union Libre, l'Union Européenne participera selon moi à cet autre monde à construire. Et sinon, guerre à la guerre.
Et sur le front militaire justement de cette guerre, l'armée russe a indiqué hier vouloir désormais se concentrer sur le Donbass, c'est peut-être un tournant de ce conflit. Est-ce qu'il faut abandonner le Donbass pour tenter de sauver
le reste de l'Ukraine ? M. Poutine est l'agresseur, que les choses soient claires et il est hors de question comment dirais-je, d'acter la violence qu'a mis en place M. Poutine. Après la question, c'est il faut que nous soyons, là je parle de la France, si Jean-Luc Mélenchon était président de ce pays, ce que je souhaite, c'est que nous soyons aussi un facteur de nouvelles initiatives diplomatiques. Voilà. Pour que les armes cessent de... Non mais ça n'est pas une... Je vous vois, pardon, nos auditeurs ne vous voient pas.
La question c'est est-ce qu'il faut que la France arrête de donner des armes en ce moment, la France, ou en tout cas les occidentaux, des alliés à l'Ukraine, ces armes qui lui permettent pourtant de résister en ce moment ? Non mais on s'est exprimé là-dessus... Vous dites qu'on est aux côtés de l'Ukraine, mais par contre vous ne lui donnez pas d'armes, ça peut paraître ambigu.
Expliquez-nous. Parce que je suis en train de le faire, c'est que être aux côtés de l'Ukraine, c'est prendre des initiatives diplomatiques pour que la guerre s'arrête et que les armes cessent de parler. Donc ça c'est être aux côtés du peuple ukrainien. Le président Sarkozy avait dit par exemple, c'est aujourd'hui soit la diplomatie soit la guerre totale. Je suis du côté de la diplomatie et je pense Mme Bécard que vous êtes d'accord avec moi. Parce que pas de discours de surenchère. C'est facile à ce micro de dire des choses. Je répète, il y a 16 réacteurs nucléaires là-bas, il y a un homme extrêmement dangereux avec une armée qui n'est pas n'importe que l'armée russe.
Deuxièmement concernant les armes. Nous on a dit, il y a deux aspects qu'on m'écoute bien, j'aimerais terminer le raisonnement. A la fois, on ne veut pas rajouter des armes aux armes qui pourra envenimer la situation. Mais il y a aussi des gens sur le terrain qui disent que le fait que la résistance ukrainienne ait des moyens permet peut-être que le temps de gagner du temps et de pouvoir ouvrir des possibilités diplomatiques. Donc ce que je dis, cette appréciation là, je ne sais pas si on me suit, nous on ne l'a pas complètement, c'est sans doute le président de la République Emmanuel Macron qu'il a, pour pouvoir apprécier qu'est-ce qui doit être fait.
C'est-à-dire que tout ce qui permet éventuellement que du temps soit donné parce que la résistance du peuple ukrainien est plus solide que prévu si je puis dire par rapport à ce que Poutine avait prévu et permet de prendre l'initiative diplomatique est bon à prendre. Mais toujours avec l'idée derrière que ce sont des initiatives diplomatiques qu'il faut prendre.
Moi je ne crois pas qu'on puisse imaginer les choses en termes de victoire militaire sur le terrain parce que si on veut vraiment, si on pense que c'est l'issue de la victoire militaire sur le terrain, alors il faut que l'armée française s'engage là-dedans et alors là on rentre dans une guerre mondiale ce que personnellement je ne crois pas et quand je dis je, je suis tous les experts internationaux et je crois même, disons-le clairement, que le président Emmanuel Macron non plus n'y croit pas et ne fait pas cela ce que d'un certain point de vue est sage. Donc voilà. Mais après, on n'a pas le temps d'en parler. Frappez aussi les oligarques russes. Moi j'ai vu que M.
Bruno Le Maire se félicite qu'on n'aurait gelé, pas saisi 850 millions. Une cellule d'investigation de journalistes aussi, que vous avez suivi, estime que les biens des oligarques russes, des voleurs, des kleptocrates qui sont enrichis sur le dos du peuple russe, c'est 17 milliards en France. Si après un mois d'initiative on a seulement gelé 850 millions alors qu'il y aurait 17 milliards. Oui mais il faut écouter ce que dit Transparency, l'organisation qui nous dit là il faut des moyens. Et Macron ne pourrait pas en initiative parce qu'au niveau européen on ait des moyens d'aller frapper parce qu'il y a des maquis aujourd'hui juridiques qui empêchent de voir.
C'est intéressant parce qu'en voulant frapper Poutine en vérité, on pourrait faire la lumière sur tout ce capitalisme mondial et cette opacité, ça nous serait utile.
Alors il y a une autre facette de cette guerre, on parle quand même régulièrement en tout cas cette semaine d'un recours à des armes chimiques par l'armée russe. Est-ce que c'est une menace que vous prenez au sérieux, qui vous semble possible, qui vous semble crédible ?
Mais il faut tout prendre au sérieux. C'est une horreur. Il faut tout prendre au sérieux. De toute façon, on a bien compris que depuis le début l'affaire est sérieuse.
Bon et donc qu'est-ce qui se passe si jamais cette étape-là elle est franchie ?
On verra, vous savez, par définition, analysons concrètement une situation concrète. C'est clair.
Oui mais il faut les anticiper. Oui mais qu'est-ce que vous voulez
que je... Non mais d'accord. Mais comme on a dit tout à l'heure, vous savez, je ne tape pas en touche. Il y a une telle concentration de pouvoir que le chef des armées il s'appelle Emmanuel Macron. Moi je ne suis pas expert militaire sur le terrain. Mais c'est clair qu'il faut dire clairement à M. Poutine qu'il est hors de question d'utiliser ce type de matériel et que cela aurait des conséquences. Mais vous avez fait la transition avec ce que j'ai dit précédemment. Mais si on n'en était pas après un mois de situation à seulement geler 850 millions mais qu'on avait frappé véritablement tout l'entourage de M.
Poutine, peut-être qu'il serait moins flambard pendant l'expression triviale ce matin. Et sur le plan économique, il faudrait agir, avoir des sanctions plus importantes. Pour l'instant, on est un peu dans un entre-deux qui permet sans doute à M. Poutine de continuer à avancer. Et puis dernièrement, il y a toute une série de choses qu'on a laissé faire. On a laissé la Russie se tourner vers la Chine, mettre en place, vous savez, tout le système switch dont on a parlé. En vérité, la Russie a mis en place un système que l'on n'a pas bien anticipé du point de vue des tensions.
Mais vous vous êtes en touche quand même sur les armes chimiques.
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Je ne sais pas si Jean-Luc Mélenchon est président dans un mois. Il faut quand même qu'il anticipe et si jamais, effectivement, il y a une attaque biologique...
Ce serait intolérable, ça amènerait une... Il y a déjà des crimes de guerre qui ont eu lieu. L'ignore-franchi ou pas ? Donc,
Troisième Guerre mondiale ?
Madame, je ne le souhaite pas. On parle sérieusement. Personne ne le souhaite. D'accord. Voilà ce que je suis en train de vous dire. En 2016. Tout le monde aura compris. Je ne vais pas dire à ce micro comme ça qu'il faut déclencher une Troisième Guerre mondiale. Donc, on analyse la situation au plus près. Moi, écoutez, je ne suis pas expert militaire sur le terrain. Je n'ai pas tous les éléments et beaucoup de gens qui parlent à l'occasion de la campagne souvent ne les ont pas.
Donc, moi, je suis pour faire confiance à ce que prennent au service militaire et y compris, pourquoi pas, qu'à l'occasion aussi s'il y avait un système plus démocratique qui ait peut-être plus d'échanges d'informations. Mais si ça avait lieu, c'est extrêmement dangereux et c'est inacceptable.
Dernière question sur le dossier de l'Ukraine en ramenant à ce qui s'est passé en 2016 à Alep en Syrie. Les troupes russes visaient déjà des convois humanitaires, des écoles, des immeubles civils. Vladimir Poutine a-t-il fait ses classes préparatoires en Syrie avec à l'époque l'assentiment
de Jean-Luc Mélenchon ? Pardon, si c'est en 2016, vous dites depuis la maire de Paris, Madame Hidalgo, l'a reçu en 2017. Et M. Macron l'a reçu en 2017. Mais il faut toujours faire de la diplomatie. Ah bon ? Je ne sais pas. Il faut faire de la diplomatie ? Pourquoi quand il est venu inouï d'ouï dure à l'instant ? La diplomatie plutôt que la guerre totale. Oui, d'accord. Non, mais qu'est-ce que vous voulez me dire ? Pourquoi vous dites avec l'assentiment ? C'est ce qui est reproché au candidat Macron ou au candidat Mélenchon ? Non, non, non. Ça n'est pas reproché. C'est pour ça que, pardon, je vous réponds avec fermeté. C'est un procès inacceptable, intolérable. C'est des attaques de campagne.
Et les mêmes qui déportent. C'est pourquoi je me suis permis de citer notamment la candidate socialiste. Elle l'a reçu, M. Poutine. Non pas en cas... Uniquement parce qu'il venait visiter la cathédrale orthodoxe qui a été financée par la Fédération de Russie. Elle n'était pas obligée de le faire et elle l'a fait sans aucun doute parce qu'elle voulait les voix de M. Poutine pour les Jeux Olympiques. Donc, j'en ai assez. Nous n'avons jamais été complaisants avec M. Poutine. Jean-Luc Mélenchon a traité plusieurs fois que ce soit graine de dictateur. Au même moment d'ailleurs où il venait en 2017 quand M.
Macron le recevait dans le château de Versailles ou Mme Hidalgo, notre ami Ouzlatsov était en prison en Russie.
Donc, nous n'avons jamais été... Mais à l'époque, on essayait de faire de Vladimir Poutine quelqu'un de refréquentable. Et c'est pour ça qu'il a été reçu par...
Moi, je ne l'ai jamais fréquenté ni aucun de mes amis ni rien. Il n'y a rien du tout. D'accord ? Donc, non mais je veux dire... Là-dessus, j'aimerais... Vous savez, Rudyard Kipling disait la première victime de la guerre c'est la vérité. Donc, je sais bien qu'il y a des gens qui cherchent de passer de 2 à 3% et que ça doit les amener à insulter Mélenchon mais redevenons sérieux. Jean-Luc Mélenchon, c'est un non-aligné, position classique. Ni la Russie, ni les Etats-Unis, la France, il y a de la Chine et de la Russie.
On est pour que la France et notamment pour la raison de la défense de la paix et des intérêts du peuple français soit dans une position qui essaie d'avoir une certaine hauteur par rapport au problème et ça fait 10 ans que Jean-Luc Mélenchon annonce que c'est le facteur de tension qu'il faut trouver des solutions et il avait raison. Allez, on revient à l'actualité en France avec les EHPAD, Karine.
Exactement, le scandale hors PA. Deux mois après cette affaire révélée par le livre Les Fossoyeurs qui décrivait le système mis en place dans les EHPAD du groupe privé, le gouvernement a décidé ce matin, Brigitte Bourguignon était chez nous ce matin à 7h50, de saisir la justice, de porter plainte et de réclamer le remboursement des dotations publiques qui ont été versées par l'Etat. C'est suffisant ou pas pour vous ?
Que de temps perdu ! Il y avait un rapport de ma collègue Caroline Fiat qui déjà disait le scandale dans les EHPAD. Il y avait même une enquête qui avait été faite, elle l'a fait en 2018 ou 2019, il y avait même une enquête qui a été faite je crois par un journaliste de Mediapart avant que le livre sorte de votre collègue. Nous savions depuis longtemps, d'accord ? Donc oui, il faut agir mais ce qu'il y a de scandaleux par ailleurs, c'est qu'on découvre à cette occasion, et je dois vous dire que moi-même je l'ai découvert, qu'il y a des groupes qui sont cotés en bourse et qui font de l'accueil de personnes âgées. Côtés en bourse !
C'est-à-dire qu'il y a des gens qui ont l'idée, vous voyez que vous me disiez tout à l'heure...
Donc ça c'est pas possible ? Il faut l'interdire ça ou pas ?
Au minimum, oui. Moi je suis pour une offre publique voire une offre d'association d'intérêt général, etc. Mais je pense qu'il faut interdire effectivement, et quand je dis je pense, je propose d'interdire toute forme de cotation en bourse avec nos vieux. Il y a quelqu'un qui avait trouvé...
Les établissements privés à but lucratif, ça ne doit plus exister ?
Non mais, côté en bourse, vous imaginez ce que ça veut dire ? Oui, mais par ailleurs... Écoutez, je reprends cet exemple, je l'ai lu, je ne sais plus, un de vos collègues, vous imaginez si nos maternelles étaient cotées en bourse ? On mettrait nos enfants dans des écoles où l'idée c'est de dégager du profit, on le ferait ça ? Pourquoi on le fait pour nos anciens ? C'est scandaleux. Enfin moi, je veux bien qu'il y ait des activités commerciales, mais il y a un minimum de morale dans la vie publique qui dit qu'il y a des choses auxquelles on ne touche pas. Et nos anciens, on ne les accueille pas dans des endroits où on va faire du profit. C'est scandaleux.
Mais ça fait le lien avec l'histoire de la retraite de tout à l'heure, aussi parce que c'est un pognon de dingue comme il y a l'autre. Il faut avoir... Et des gens des petites retraites, par ailleurs, se retrouvent en situation difficile. On n'a pas parlé de McKinsey ? On y va. Ah, parce que ça, je veux en parler. Eh bien, on va en parler.
McKinsey, vous en parlez comme d'un scandale. Donc, on va résumer à propos des études commandées par les gouvernements, notamment ce cabinet McKinsey, accusé de ne pas payer ses impôts en France. Qu'est-ce qui est scandaleux précisément ? Est-ce que c'est l'utilisation même de ce type de cabinet dans l'administration ? Ou est-ce que ce qui est scandaleux, c'est ce qui ressemble à une optimisation fiscale ?
Les deux, mon général. Premièrement, pourquoi faut-il un rapport du Sénat pour s'apercevoir alors que la question a été posée d'ailleurs devant le Sénat ? Il y a eu parjure, sans aucun doute, par un représentant de ce cabinet McKinsey. Payez-vous des impôts ? Il a dit oui, alors qu'on s'aperçoit que manifestement, ce n'est pas le cas. Ça y est, le parjure est-il légal, mais l'optimisation fiscale en France, c'est légal ?
Deuxièmement, après la question que je pose, alors que nous avons une administration compétente des hauts fonctionnaires, pourquoi avons-nous besoin de passer par un cabinet privé pour nous dire, par exemple, ça coûte 4 millions pour que des gens vous disent qu'il faut baisser les appels de 5 euros ? Et alors, ce qu'on découvre à cette occasion, que moi je découvre, c'est que vous avez une collusion et une consanguinité entre En Marche, le parti du Président de la République et ce cabinet. Savez-vous que M. Paul Bini, secrétaire général d'En Marche, si je déforme son nom, je m'excuse auprès de lui, est un ancien de McKinsey. Actuellement, il est dirigeant d'En Marche.
Bon, donc qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on change ? Déjà, je dénonce le fait qu'il y a une forme de privatisation de l'État et de marchés qui ont été donnés à ce cabinet privé pour ne rien nous apporter de ce que nous ne pourrions pas avoir nous-mêmes par notre administration. Un demi-million d'euros, on a payé un rapport sur l'école de 200 pages. La page, elle coûte 2197 euros la page pour un truc sur l'école qui n'a même pas été publié, même pas utilisé. On gaspille de l'argent public.
On a gaspillé.
M. Macron, je le dis nommément, le macronisme a gaspillé de l'argent public en donnant à des cabinets privés qui, par ailleurs, ne payent pas d'impôts en France et dans une espèce de lien en court-circuitant notre administration. Donc, cette privatisation de l'État est scandaleuse. Écoutez, le Times a fait ça une là-dessus. La presse n'en parle pas assez en France. C'est un scandale d'État. Un scandale d'État. Et il est inacceptable. Non seulement, McKinsey doit rembourser, mais ce qu'on découvre de cette manière dont ce cabinet privé par sa proximité avec M.
Macron a infiltré l'État pour lui donner des conseils absurdes, absurdes, baisser de 5 euros les APL pour faire augmenter la pauvreté et financer un cabinet privé, ça me révolte.
Gabriel Attal porte-parole du gouvernement lui répond qu'il n'y a pas de scandale, que finalement, ces cabinets, ça marche dans les départements, dans les mairies et au gouvernement de la même façon avec un budget.
Mais j'invite les auditeurs à dire ce qu'ils en pensent. Est-ce que vous pensez que vos impôts doivent payer un demi-million d'euros pour un rapport sur l'école où la page est payée de 2 000 euros la page et qui n'est même pas publiée ? Est-ce que vous pensez qu'il faut donner 4 millions d'euros à un cabinet privé pour dire... Non, mais je sais bien, M. Attal peut dire ce qu'il veut. Je ne sais même plus si aujourd'hui il est porte-parole du gouvernement ou porte-parole d'un candidat. Il faudrait d'ailleurs qu'il clarifie sa situation.
Alexis Corbière en forme ce matin sur France Inter, porte-parole du candidat Jean-Luc Mélenchon. Merci d'être venu ce matin sur France Inter.
Merci de votre invitation.
Il est 9h moins 20.
Alexis Corbière