Raphaël Glucksmann a "besoin de la logistique du Parti socialiste, de militants qui peuvent faire campagne"
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Est-ce que Raphaël Glucksmann a besoin du PS pour faire campagne ?
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Et il a besoin aussi de toute la logistique du PS et de l'argent qui va avec aussi ?
- 2:04OuverteRéponse directe
Mais ça veut dire qu'il faut un parti solidement ancré pour gagner la présidentielle encore aujourd'hui ?
- 3:03OuverteRéponse directe
Et vous diriez que le militantisme change aussi ?
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Est-ce que le PS a besoin, lui, de Raphaël Glucksmann ?
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Mais c'est quand même curieux de se dire que le Parti Socialiste pourrait être représenté à la présidentielle par quelqu'un qui n'est pas socialiste. Qu'est-ce que ça dit de ce parti ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Oui, je crois que ça aurait été difficile pour Raphaël Glucksmann, au fond, de se passer de la primaire des socialistes pour deux raisons. »
- 0:58Invité politiqueFait
« La première, ça devenait un peu compliqué de demander au fond aux électeurs, aux sympathisants, aux militants socialistes de voter pour lui sans être venu devant eux présenter son programme et le défendre. »
- 1:10Invité politiqueFait
« Deuxième raison, des raisons purement matérielles. »
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« Place Publique, c'est un mouvement politique que Raphaël Glucksmann a créé en 2018. »
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« Et ça, pour faire campagne présidentielle, c'est une ressource très, très, très précieuse. »
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« Donc évidemment, il avait besoin de cette logistique du Parti Socialiste et sans compter bien évidemment les considérations budgétaires de financement d'une campagne. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Oui, on voit que le mouvement était tout jeune en 2017. Il n'avait qu'un an lorsqu'Emmanuel Macron a gagné la présidentielle. »
- 2:24Invité politiqueFait
« Les formations politiques traditionnelles conservent un rôle important. Un rôle, au fond, pour faire campagne, pour choisir des candidats. »
- 2:33Invité politiqueFait
« Les partis politiques aujourd'hui, c'est plus que c'était il y a 20 ou 30 ans. Ils n'ont plus autant de militants. »
- 4:49Invité politiqueFait
« Bien évidemment, que les Français connaissent bien, notamment depuis ce dernier retour de budgétaire, son premier secrétaire. »
- 4:59Invité politiqueChiffre
« Il a été testé quelque part autour de 4-5% d'intention de vote. »
- 5:17Invité politiqueFait
« Mais là, c'est vrai que c'est l'élection présidentielle, qui est l'élection un peu matricielle du système politique français, celle à travers laquelle les partis politiques, au fond, impriment leurs marques dans l'opinion. »
- 7:51Invité politiqueFait
« On voit que notre système politique est dans une période de grande transformation. »
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Raphaël Glucksmann et le Parti Socialiste, mariages forcés, mariages de raison, peuvent-ils se passer l'un de l'autre ? C'est la question de 6h20 avec un politologue pour y répondre. Bonjour Bruno Cotteres. Bonjour. Vous êtes enseignant à Sciences Po, chercheur au Cevipof, le centre de recherche politique de Sciences Po. Raphaël Glucksmann, le fondateur de Place Publique, va donc participer à la primaire socialiste pour la présidentielle. Un scrutin dont les modalités doivent être fixées ce soir par le Conseil National du PS. Alors je vais vous poser la question dans les deux sens Bruno Cotteres. D'abord, est-ce que Raphaël Glucksmann a besoin du PS pour faire campagne ?
Oui, je crois que ça aurait été difficile pour Raphaël Glucksmann, au fond, de se passer de la primaire des socialistes pour deux raisons.
Initialement, il n'en voulait pas de cette primaire.
Oui, bien sûr, il n'en voulait pas initialement. Il a notamment construit pour le moment tout sa trajectoire vers l'élection présidentielle sur l'idée de dire qu'il refusait de passer par la primaire. Mais je crois qu'il en avait besoin pour deux raisons. La première, ça devenait un peu compliqué de demander au fond aux électeurs, aux sympathisants, aux militants socialistes de voter pour lui sans être venu devant eux présenter son programme et le défendre. Deuxième raison, des raisons purement matérielles. Place Publique, c'est un mouvement politique que Raphaël Glucksmann a créé en 2018. Mais il n'a pas le réseau, par exemple, d'élus locaux dont dispose toujours le Parti Socialiste.
Même si le Parti Socialiste d'aujourd'hui, ce n'est plus le PS d'il y a 15 ou 20 ans, mais il dispose quand même de militants, d'élus locaux. Et ça, pour faire campagne présidentielle, c'est une ressource très, très, très précieuse.
Et il a besoin aussi de toute la logistique du PS et de l'argent qui va avec aussi ?
La logistique du PS, évidemment, la logistique du PS, avoir des militants qui peuvent faire campagne, qui peuvent faire les marchés, tracter, coller des affiches. Bien évidemment, ça existe toujours. Toute la campagne n'est pas exclusivement digitale encore aujourd'hui. Donc évidemment, il avait besoin de cette logistique du Parti Socialiste et sans compter bien évidemment les considérations budgétaires de financement d'une campagne.
Mais ça veut dire qu'il faut un parti solidement ancré pour gagner la présidentielle encore aujourd'hui ? Parce qu'Emmanuel Macron, finalement, il a réussi à prouver l'inverse. Son mouvement était tout jeune quand il s'est présenté.
Oui, on voit que le mouvement était tout jeune en 2017. Il n'avait qu'un an lorsqu'Emmanuel Macron a gagné la présidentielle. On voit qu'on est quelque part dans un entre-deux. Les formations politiques traditionnelles conservent un rôle important. Un rôle, au fond, pour faire campagne, pour choisir des candidats. En même temps, on voit que les partis politiques aujourd'hui, c'est plus que c'était il y a 20 ou 30 ans. Ils n'ont plus autant de militants. Les militants restent moins longtemps dans les organisations politiques. Donc on est dans une situation un petit peu intermédiaire entre les deux où les anciennes formes d'organisations politiques conservent leur importance.
Mais on voit qu'aujourd'hui, on peut créer un mouvement politique comme Emmanuel Macron l'a fait. La France Insoumise aussi est une organisation politique récente. Elle n'a que dix ans également. Et pourtant, aujourd'hui, elle a le vent en poupe.
Et vous diriez que le militantisme change aussi ?
Oui, bien sûr. Il y a une transformation du militantisme. Les militants qui, au fond, prenaient leur carte dans un mouvement politique très jeune et restaient toute leur vie de citoyens, de militants, dans la même organisation politique, c'est un modèle qui est clairement aujourd'hui un modèle très résiduel. Les gens zigzaguent aujourd'hui entre des formes d'engagement pluriel. Ils vont aller d'une organisation à l'autre. Ils vont s'engager dans la politique, mais différemment que dans les partis politiques, à travers des actions plus concrètes, locales, des engagements de plus court terme, plus motivés par une cause que par une idéologie.
Et donc, effectivement, c'est ceci qui explique, au fond, cette situation un petit peu entre les deux, des mouvements politiques classiques, les partis politiques, qui sont toujours importants, mais qui n'ont plus l'importance d'il y a 20, 30 ou 40 ans.
Et on passe à la réciproque Bruno Cotteres. Est-ce que le PS a besoin, lui, de Raphaël Gloucman ?
Et oui, ça s'est joué à deux. Le Parti Socialiste aussi a besoin de Raphaël Gloucman. Pour une raison toute simple, le Parti Socialiste ne dispose pas vraiment de candidats qui, dans l'opinion, ont acquis le poids de Raphaël Gloucman aujourd'hui. Il a François Hollande qui est dans l'ombre, mais François Hollande n'a pas explicité ses intentions. Il ne veut pas participer à la primaire. Il ne veut pas passer par la primaire. On voit que ce serait aussi peut-être compliqué pour lancer un président de la République à diriger le Parti Socialiste de ne pas venir dans la primaire des socialistes. Ce sera un peu compliqué.
Le Parti Socialiste a Olivier Faure, bien évidemment, que les Français connaissent bien, notamment depuis ce dernier retour de budgétaire. son premier secrétaire. Mais force est de constater que le premier secrétaire du Parti Socialiste, dans les enquêtes d'intention de vote, dispose aujourd'hui d'un score assez modeste. Il a été testé quelque part autour de 4-5% d'intention de vote.
Mais c'est quand même curieux de se dire que le Parti Socialiste pourrait être représenté à la présidentielle par quelqu'un qui n'est pas socialiste. Qu'est-ce que ça dit de ce parti ?
Alors, ça a déjà été le cas pour les élections européennes où Raphaël Guxman était tête de liste PS place publique aux élections européennes de 2024. Mais là, c'est vrai que c'est l'élection présidentielle, qui est l'élection un peu matricielle du système politique français, celle à travers laquelle les partis politiques, au fond, impriment leurs marques dans l'opinion. Et c'est vrai que jusqu'à présent, le Parti Socialiste, même avec de grandes difficultés, score d'Alain Hidalgo en 2022, score de Benoît Hamon en 2017, il avait toujours été représenté par un membre du Parti Socialiste. Alors, Raphaël Guxman est bien conscient de la difficulté.
Dans ses récentes déclarations, il ne cesse de dire au fond tous les remerciements qu'il a vis-à-vis des militants socialistes, avec lesquels il a travaillé en synergie pour les élections européennes, les deux dernières élections européennes d'ailleurs. Mais effectivement, ça dit quelque chose sur le Parti Socialiste aujourd'hui.
Est-ce qu'il y a un parallèle à faire avec les Républicains ? Alors, LR a un candidat, Bruno Retailleau, mais l'enjeu est le même, en tout cas pour LR, c'est prouver que le Parti n'est pas moribond et qu'il existe encore dans cette élection phare qu'il a présidentielle.
Oui, c'est sans doute cette dimension qui réunit et qui permet la comparaison, parce que sinon, les Républicains auront choisi le président du Parti, Bruno Retailleau, à l'issue d'une primaire que Bruno Retailleau a voulu organiser très très tôt d'un vote interne aux militants des Républicains. Donc, ce n'est pas le même cas de figure qu'au Parti Socialiste. Mais c'est vrai que si Bruno Retailleau devait se retirer dans le cours de l'automne, au début de l'année 2027, imaginons par exemple en faveur d'Édouard Philippe.
C'est vrai que ça ferait la première élection présidentielle où les Républicains, l'ancienne UMP, l'ancien RPR, n'aurait pas de candidat à l'élection présidentielle, puisque même en 2022, Valérie Pécresse était revenue chez les Républicains. Xavier Bertrand également était revenu chez les Républicains pour participer à la primaire. Et si en 2017, ce n'est pas le patron du Parti, à l'époque, Nicolas Sarkozy qui avait gagné la primaire, c'était François Fillon, membre éminent des Républicains.
Alors on n'en est pas là encore, mais en tout cas, ce serait le signe d'une recomposition, d'une transformation du système des partis, de l'échiquier politique. Ça, depuis Emmanuel Macron, peut-être que ça date d'avant aussi, en tout cas, ça a explosé.
Oui, ça date d'avant. On voit que notre système politique est dans une période de grande transformation. Au fond, cette grande transformation s'est exprimée à bas bruit dans un premier temps, il y a une vingtaine, une trentaine d'années, quand on a vu que la question de l'intégration européenne de la France, de l'intégration de la France dans le grand bouleversement mondial, commençait à faire apparaître au sein des organisations politiques des courants, des écuries, des micro-partis. On appelait ça, on voyait que les partis politiques traditionnels avaient peut-être eu du mal à contenir une forme de diversité qui était en train de s'exprimer en eux.
Et puis ça a effectivement éclaté au grand jour en 2017 avec l'élection d'Emmanuel Macron.
Merci pour votre analyse, Bruno Cotteres, enseignant à Sciences Po et chercheur au Cevipov. Vous étiez en direct dans le 5-7.
Raphaël Glucksmann