Manuel Valls : "Les saillies antisémites de Mélenchon rappellent celles de Jean-Marie Le Pen"
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Sud Radio, l'invité [musique] politique Maxime Liedo. Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 8h18 et mon invité politique ce matin, Emmanuel Vals. Bonjour.
Bonjour Maxime Lido. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin avec les frappes israéliennes qui se poursuivent notamment sur Ber Sud au Liban. 6e jour de gu 6e jour de guerre.
L'appel du président libanais à la France. Réponse favorable du président français sur le la volonté de stopper Israël notamment dans son incursion terrestre. Entrée du Esbola dans l'engrenage, accueil d'avion américains sur notre sol.
Manuel Vals, avec l'ampleur des événements, est-ce que le soutien à cette opération est toujours d'actualité pour vous ? Oui, plus que jamais. Bon, nous sommes au 6e jour de guerre.
Ça n'est pas un jeu vidéo et on voudrait déjà que cela soit terminé. La guerre, c'est difficile, c'est terrible. Il y a des victimes évidemment civiles, il y a des conséquences économiques, sociales, géopolitiques, nous le savons.
Et la question qu'il faut poser, est-ce que nous pouvons continuer à accepter de vivre dans un monde où le régime des Mola, où le régime de Teran menace Israël de destruction, menace la stabilité de la région et nous menace aussi, n'oublions jamais que ce régime est au cœur de la l'expansion de l'islamisme politique depuis 1979. Mais beaucoup regrettent en tout cas la position de la France d'un sens ou dans l'autre. Est-ce que vous vous comprenez, est-ce que vous saisissez la position de la France dans ce conflit précisément ?
Moi, j'aurais souhaité, je l'ai dit, je l'ai écrit, que la France, qu'Emmanuel Macron nous engage bien davantage au côté. Ça veut dire quoi Manuel B nous engage ? Mais déjà dans les mots parce que d'un côté il y a des analyses sur le respect ou non du droit international.
Nous soutenons évidemment le président aoun l'exécutif libanais face au esbola. Mais il y a souvent des expressions, des phrases où on semble qu'il y ait une forme, ce n'est pas nouveau d'ailleurs, d'équivalence entre le esbola organisation terroriste qui nous a frappé, qui déstabilise depuis des années le Liban, qui menace encore Israël. Il faut pas oublier qu'au cours de ces derniers mois, le Esbola s'est en partie reconstitué bien sûr avec le soutien et l'aide financière de l'Iran.
Donc il y a souvent dans les propos de la diplomatie française une équidistance, une équivalence entre le Esbola et Israël qui me gêne. Et de l'autre côté, nous jouons notre rôle en faisant valoir les accords que nous avons avec un certain nombre de pays arabes. Je pense notamment à la Jordanie et bien sûr aux Émirats.
Est-ce que il il n'y a pas un risque comme aujourd'hui on interroge énormément le ministre des affaires étrangères Jean-Noel Barreot qui était hier chez chez nos confrères de TF1h. Pareil pour la ministre des armées à un moment que la France entre en guerre. Bah à travers nos accords, nous sommes d'une manière ou d'une autre en guerre, même si elle est défensive.
Ça a été dit. Nous essayons de garder une forme de ligne de crète très française et que d'une certaine manière je peux je peux comprendre. Mais nous sommes dans un moment, vous savez, le monde a énormément changé.
Euh les cartes ont été euh rebattes. Je reproche souvent la diplomatie française de ne pas avoir été assez en soutien par exemple aux accords d'Abraham entre Israël et un certain nombre de pays sunnites, le Maroc, les Émirats Oman et cetera. Et puis on n'a pas suffisamment analysé les conséquences du 7 octobre euh de l'attaque terrible, terroriste, effrayante.
Ce pogrome à vocation génocidaire euh contre euh Israël. Et à partir de ce moment-là, l'État hébreu a décidé que ce n'était plus possible, qu'on pouvait pas continuer ainsi. D'où cette guerre sur plusieurs fronts, d'où la volonté d'en finir avec le Hamas et de frapper le Esbola qui menaçait la sécurité du nord d'Israël, mais aussi les outils, bref, tous les proxis, comme on dit de l'IR. la la tête, le le euh l'axe chit euh euh l'axe anti-israélien euh est atérent était à terre que ça veut dire que même la diplomatie française aujourd'hui le le qu d'oret aurait-il dû au moins soutenir par les mots comme vous venez de l'annoncer par exemple la volonté d'un changement de régime ce qu'on a jamais voulu assumer mais que d'autres pays ont largement assumé les états souhaiter un soutien politique diplomatique à l'action menée par Israël et par l'Asie américains.
Nous venons enfin au niveau européen, beaucoup le demandaient, j'en faisais partie, de mettre sur la liste des organisations terroristes les gardiens de la révolution. Bon, donc est-ce que le régime iranien menace notre sécurité ? Oui.
Est-ce que ils étaient d'une manière ou d'une autre en train d'essayer d'obtenir l'arme nucléaire ? Oui. Bon, donc à partir de ce moment-là, considérer que soit le droit international ou la diplomatie vont régler la situation en Iran et la relation de l'Iran avec ses voisins, ça me paraî donc j'aurais, je pense, je l'ai dit, je l'ai écrit, je regrette que ce n'a pas été fait, que nous aurions dû assumer une position politique et diplomatique de soutien à Israël et aux États-Unis pour le changement de régime bien évidemment.
Et que répondez-vous à tous ceux en réalité sur euh dans les médias mais parmi les politiques qui vous expliquent que en réalité ce n'était surtout pas notre affaire parce que en réalité le soulèvement devait venir de l'intérieur et que comme par exemple l'écrit Dominique de Villepin ancien ministre de l'intérieur avec le tampon j'ai dit non à la guerre en IRg en 2003 que cette intervention est illégale, illégitime, inefficace et dangereuse. Elle me paraît légitime euh vu les menaces que représente le régime iranien. Elle me paraît légitime, d'autant plus euh ce régime massacre euh son peuple.
Et donc euh je pense que les comparaisons avec le passé, avec l'Irak de Dominique de Villepin ressassent son discours ne me paraissent pas être euh à la hauteur de de euh de l'enjeu. Elles sont souvent mues d'ailleurs toujours par un anti-américanisme, par un rejet aussi d'Israël et encore une fois par une incompréhension de ce qui s'est passé le 7 octobre 2023. Enfin écoutez, nouses qui menace depuis des années l'intégrité du Liban, sinon le esbola qui exporte le terrorisme et l'islamisme, l'islam politique partout dans le monde, l'Iran, le Esbola qui nous a frappé depuis 40 ans à la fois au Liban et en France, l'Iran et le Esbola.
Donc, il y a un moment, il faut savoirz dans où sont les menaces et où sont pardon Maximo, où sont nos intérêts stratégiques ? Nous avons deux lignes de front. Une ligne de front qui est en Ukraine.
Les Ukrainiens défendent l'Europe, notre conception de la démocratie et meurent pour nous. Et nous avons une autre ligne de front qui est celle de l'islamisme en Europe bien évidemment à travers l'action de l'islam politique des frères musulmans et les actions terroristes que malheureusement nous connaissons mais aussi au proches et au Moyen-Orient. Notre intérêt stratégique c'est le soutien à Israël qui est par ailleurs un pays démocratique de la seule démocratie de cette région.
Mais est-ce qu'il n'y a pas euh dans ce cas-là ? Pourquoi vous sentez-vous, on va dire, en minorité, apporter cette voix-là ? Comment expliquez-vous que euh beaucoup d'autres, y compris OK d'Orsé ne l''est pas compris ?
On était à 7h40 avec Emmanuel Razavi qui était capable de parler de complaisance de certaines élites, qu'elles soient politiques ou intellectuell vis-à-vis de ce régime-là. Est-ce que on va dire cette difficulté à voir la réalité avec tout ce que vous venez de décrire, est-ce que c'est dû à une certaine complaisance française vis-à-vis de l'Iran depuis des années ? C'est c'est pas seulement une complaisance française.
C'est vrai, il y a une complaisance d'un certain nombre d'intellectuels de gauche. Euh j'écouté l'entretien euh Fouo, Sartre euh et cetera. Laatola Roménie a été accueilli en France, c'était Valéri Giscardestin d'ailleurs qui était président et puis l'administration carter à l'époque le président a lâché le chat pour toute une série de raisons.
Il y a eu encore une fois ce ce souvent l'anti-américanisme fait qu'une partie de la gauche mais aussi une partie de la droite avec des formes de tradition gauliste dis-yle comme Dominique de Villepin les amène à considérer que l'islam politique, l'islamisme à partir du moment où il professe une forme d'anti-impérialisme, d'anti américanisme à quelque chose de bon. C'est la fascination, on appelait ça le tiersmonde il y a quelques décennies maintenant, on appelle ça le sud global passant sur le fait que par exemple l'Inde a une formidable relation avec Israël et que les pays du golfe sont attaqués par l'Iran. Bon, mais c'est cette confusion politique et intellectuelle qui fait qu'on a du mal à déterminer les intérêts stratégiques qui sont les nôtres et évidemment avec des opinions.
La nôtre qui sans doute majoritairement évidemment défavorable à toute intervention de notre part au côté d'Israël et des États-Unis. Mais enfin, c'est eux qui font le boulot. C'est il y a il y a une part d'hypocrisie.
Les Ukrainiens font le boulot euh face euh aux Russes et les Israéliens, les Américains euh font le job face euh à l'Iran. Et euh je pense que là, nous perdons une forme d'influence, de capacité à intervenir et à comprendre encore une fois les enjeux du monde. Je je rajoute d'ailleurs l'intention de de tous ceux qui s'expriment ainsi que ce qui est en train de se passer est historique.
On verra comment cette guerre s'achève. Mais ça peut s'achever aussi non seulement par le fait que l'Iran retrouve une forme de démocratie et cetera, mais par un accord historique approfondi entre Israël et les pays arabes sunnites. Et la reconnaissance la reconnaissance de ces pays arabes d'Israël est de mon point de vue la condition pour permettre ensuite une solution de la question palestinienne.
Donc on on prend les choses à l'invers. À l'envers, on reconnaît sans condition l'État palestinien. On ne soutient pas politiquement et diplomatiquement Israël euh et euh les États-Unis et on ne comprend pas le monde dans lequel nous sommes.
H Et donc autre terrain sur lequel euh certains estiment qu'il y a de la complaisance, c'est la scène euh politique française avec notamment à gauche la direction du Parti socialiste qui après les nombreux dérapages de Jean-Luc Mélenchon concernant euh les patronymes juifs de Epstein et Gluxman plusieurs fois l'a-t-il plusieurs fois affirmé en meeting avec bien sûr des airs antisémites. Certains enfin la direction du Parti socialiste a affirmé qu'il n'y aurait pas pour les municipales qui arrivent dans 10 jours pas d'accord national au deuxème tour entre le parti socialiste et le parti de Jean-Luc Mélenchon la France insoumise. Est-ce que pour vous c'est une bonne voie ou ça manque encore clairement on va dire de de cadre de clé ?
Mais certains semblent découvrir qui est Jean-Luc Mélenchon maintenant à partir de ces saillis antisémites qui rappellent celle comme l'a dit d'ailleurs justement Raphaël Gusman, qui rappelle celle de Jean-Marie Le Pen. Pour vous la comparaison qu'on fait régulièrement entre les deux hommes aujourd'hui est légitime. Oui, elle est tout à fait légitime.
Mais Mélenchon émute déjà depuis plusieurs années. C'est pour ça que j'avais théorisé les gauches irréconciliables en février 2016 par une passion populiste, antidémocratique, par une passion antisémite comme Raphaël Gluxman comme comme Raphaël et Richard Malka son avocat l'ont très bien dit et par une complaisance, une passion de la violence à travers l'accord avec la jeune garde. Il peut pas y avoir d'accord ni au premier tour malheureusement il y en a eu ni au second tour bien évidment volontairement que la formulation est est légèrement ambigue parce que localement il va en avoir des accords entre le parti socialiste et la France insommis le problème il est là le problème parce qu'on parle même éventuellement de désistement mais écoutez on dit c'est ce que dit c'est ce que dit Benoît Paillon à Marseille il dit ici notamment ce matin dans Libération il dit si Sébastien de Logueu est devant moi, je me retirai je laisse aller la place et bien on ne combat pas le Rassemblement national on ne combat pas l'extrême droite avec un parti avec un parti avec des candidats qui acceptent d'être dirigé par des expressions par un homme et par il n'est pas le seul.
Beaucoup d'exemples, j'évoque même pas évidemment le cas de Rima Hassan par quelqu'un qui a cette passion antisémite. Ça n'est ça n'est pas possible. Dimanche dernier vous le compariez même à Soral et Dieu donné pour vous c'est c'est la même trajectoire.
Oui enfin selon la la formule il se volait mitéran ou Lénine et il termine comme Soral ou dieu donné et donc c'est ça qui est insupportable donc et c'est vrai pour le municipal et c'est vrai pour les législatifs. La question qu'il faut poser à la direction du Parti socialiste, si demain il y a des élections législatives, est-ce que vous refaites le nouveau Front populaire ? Est-ce qu'il y aura de nouveau des désistements en faveur de LFI ?
Bon donc ça ça n'est pas possible. C'est moralement, politiquement euh insupportable de penser qu'il puisse avoir la moindre complaisance au fond pour un plat de lentille pour des accords électoraux. Mais pour les prochains mois, pour les prochaines années, notamment si on se tourne vers 2027, on a bien vu hier pour le sondage if fiducial Sud Radio et Figaro à quel point la l'extrême droite, en tout cas le parti du rassemblement national Marine Le Pen, Jordan Bardella caracolé en tête à plus 36 %.
On n'a jamais vu de tels scores historiques. Comment on fait pour lutter quand on voit les scores de la gauche qui objectivement ne dépassent rarement les les 10 % ? Comment on fait dans ce cas-là ?
Que fait votre camp ? Est-ce que vous par exemple Manuel Vals, en 2027 vous allez penser à soutenir un candidat ? Et où se trouve ce candidat ?
Mais ça va être celui de la clarté. D'abord, l'élection présidentielle est dans un an. Il m'échappe pas que la gauche est à moins de 30 % et que le Rassemblement national dans les enquêtes d'opinion euh caracole largement en tête du premier tour avec des scores prévisibles qu'on avait jamais vu.
Mais attendons parce que dans le monde qui est le nôtre seront des questions de savoir quel type de président pour le monde qui est aujourd'hui. Mais et vous parlez clarté pour vous par exemple que ce soit la France insoumise et le rassemblement le Rassemblement national c'est le même danger s'ils arrivent à la tête du pays. C'est sous des formes différentes.
Moi, je combat le Rassemblement national euh parce que ces ambiguïés européennes, ces ambiguïés à l'égard de euh Poutine, ses ambiguïés à l'égard de l'État de droit, son programme économique et social qui ressemble d'ailleurs à celui de Jean-Luc euh Mélenchon, euh tout ça m'amène à à le combattre. Mais il suffit pas de combattre, il suffit pas de dire non, il suffit pas de dire ni comme je le fais, ni Eren ni LFI. Il faut proposer un projet, un espoir.
Je pense que la clarté, le courage à l'écart des alliances, le courage aussi du discours qu'il faut tenir au français. Nous sommes en guerre, il faut augmenter massivement le budget de la défense. Donc il faut faire des choix et il faut en même temps réduire le déficit.
Courage aujourd'hui Manuel Val, parce que je suis sûr que la voix vous portez là à ce micro et et j'imagine en tout cas raisonne convenablement à l'oreille de beaucoup de nos auditeurs. Où est-ce que ça se trouve ? Est-ce que pour vous l'homme qui a gouverné notamment avec François Hollande, ça se trouve toujours dans cette famille là ?
Pour vous désormais le discours de la clarté, le discours du courage, ça se trouve ailleurs. Je sais pas chez Édouard Philippe, chez Gérald Arrmanin, en tout cas plus à gauche. Je je suis convaincu que il faudra une alliance entre le centre gauche et le centre droit, entre des hommes et des femmes qui ont une certaine idée de ce qu'il faut faire pour notre pays.
Mais cela passe par un discours de courage. On peut pas augmenter les impôts, augmenter les déficits et la dette comme le budget de la nation le propose. Ne pas réformer notre système de retraite, ne pas dire aux français qu'il faut travailler davantage et plus longtemps, ne pas dire aux français qu'il faut réformer en profondeur notre système scolaire.
C'est ça moi qui m'intéresse et je crois que c'est ça qui intéresse les Français en plus évidemment de répondre à leurs angoisses en manè de sécurité d'immigration. Est-ce que Raphaël Gusman est suffisamment courageux et clair ? Je crois qu'il peut est courageux mais je que ce soit Raphaël Lusman, Xavier Bertrand, Édouard Philippe et il y en a plein d'autres pardon je vais pas tous les citer mais il y a trop de candidats à gauche, il y a trop de candidats au centre droit donc il faudra que tout cela converge mais pour un projet pour le pays.
Je pense qu'on aura des surprises, il y aura des évolutions mais ce qu'il faut c'est parler vrai. H c'est un slogan qu'on connait bien ici. C'est et c'est un vieux slogan de Michel Rocard.
Donc il faut parler vrai, il faut dire la vérité aux français sur la situation économique et sociale et sur les enjeux politiques. Nous sommes rentrés dans un autre monde. L'histoire est là, elle s'invite.
Donc il faut être à la hauteur de ce moment-là, loin de tout pacifisme et euh de toute volonté de ne pas dire la vérité aux français et de ne pas de d'éviter de ne de de ne pas se contenter à ne faire que regarder passer les trains. Merci beaucoup Manuel Val d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio, ancien premier ministre et merci d'avoir fait preuve donc de parler vrai ce matin au micro de Sud Radio. Dans un instant, on va se poser cette question avec le prix à la pompe qui augmente.
Est-ce que l'État en profite pour se gaver comme certains le disent sur les taxes sur le prix du carburant ? En tout cas, le ministre Rolin l'Escur le dit, on va pas commencer à mettre des gendarmes derrière chaque automobiliste qui fait le plein débat. Ami auditeur 0826 300 Harlette Chabot Franck d'aieux jusqu'à 9h à tout de suite.