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interviewSénat (sur YouTube)· 26 mars 2026 71 min

Médias en ligne : Audition de Brut, Loopsider et Konbini

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pardon, on attend 3è rapporteur Sylvie Robert mais je ne la vois pas encore. Elle va nous rejoindre. Bien madame la directrice générale, messieurs les directeurs et mes chers collègues, nous poursuivons donc notre série d'audition publique sur les zones grises de l'information en vous recevant cet après-midi.

Vous qui êtes les représentants de trois médias exclusivement numériques. Madame Elsa Darquier, vous êtes directrice générale de Brut, monsieur Joan Ufnagel, vous êtes directeur de la rédaction du Loopsider. Et puis monsieur Amir Benja Pala, vous êtes directeur des opérations de combines messieurs, je souhaite d'abord la bienvenue dans cette commission d'enquête.

Vous représentez une génération de médias numériques né avec les réseaux sociaux privilégiant des formats vidéos courts s'adressant notamment à un public jeune. Vous avez ainsi fortement contribué au cours des dernières années à renouveler les modes de production et de diffusion de l'information. Ceci suscite un certain nombre de questions de la part de notre mission d'information qui porte, vous l'avez compris, sur ce qu'on a qualifié de zone grise de l'information et pour lequel nous sommes trois corpporteurs.

Agn qui est à mes côtés, Sylvie Robert qui va nous rejoindre moi-même et bien sûr des sénateurs et sénatrices de la commission participent aussi à ces auditions. D'une part, nous nous interrogeons sur les conditions de fabrication de l'information dans un contexte de dépendance aux grandes plateformes et à leurs algorithmes. La publication de contenus sponsorisés à distinguer des contenus d'information peut-être également une source d'ambiguïté.

Évidemment, on vous interrogera sur cet aspect-là. D'autre part, le cadre législatif et réglementaire applicable à ce nouveau paysage de l'information n n'est pas unifié. L'image y tient une place croissante, mais le régime de l'audiovisuel qui protège l'indépendance et le pluralisme de la formation en application de la loi de 1986 n'y est pas applicable.

C'est d'ailleurs pour ça qu'on avait qualifié de zones grise, c'est-à-dire de de zones ne rentrant pas dans dans le cadre de de la régulation. Dans dans ce contexte, nous cherchons à évaluer les les risques existantes en terme de manipulation de l'information, que ce soit l'amplification d'une information existante ou la diffusion de de fausses informations. Quel dispositif mettez-vous en place pour renforcer la la qualité, la fiabilité et la pluralité de l'information dans l'espace numérique ?

Comment rendre cet espace plus sûr et éviter que la liberté d'expression ne soit instrumentalisée à l'encontre du bon fonctionnement de nos institutions démocratiques ? Avant de vous donner la parole, comme nous sommes en en commission d'enquête, je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre mission d'information dotée des pouvoirs de commission d'enquête est passibl des peines prévues aux articles 434- 13 14 et 15 du code pénal. Je vais vous inviter à à prêter serment en disant toute la vérité, rien que la vérité, et en levant la main droite et en disant je le jure, je vais commencer par vous madame Darkier.

Merci monsieur Fnagel. Merci monsieur Benjabella. Merci.

Euh je vous remercie par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt en relation avec l'objet de la mission d'information s'il y en a aucun. Et je rappelle enfin que à tous que cette audition est captée et diffusée en direct sur le site internet du Sénat. Salut Sylvie Robert qui vient d'arriver.

Euh je vais vous donc nous allons donc vous laisser la parole pour un proposiminaire de de 5 à 7 minutes. On vous a envoyé un questionnaire assez complet. J'imagine que vous n'allez pas reprendre chacun des points, chacune des questions dans votre propos luminaire.

On reviendra nous à travers nos questions sur c les points que vous n'aurez pas abordé. Peut-être on va commencer par vous madame sur ce sujet crucial pour que nous puissions participer à vos réflexions dans le cadre de cette commission d'enquête. Donc je suis Elsa d'Arquier, je suis directrice générale de Brut.

Comme vous le savez, l'information circule aujourd'hui plus vite que jamais. Dans ce nouvel écosystème, les médias en ligne ne sont pas seulement des relais. Il structure le débat public, il façonne la compréhension du monde.

Il touche des publics qui échappaient jusqu'ici au médias traditionnel, en particulier les plus jeunes. C'est précisément l'enjeu qui est au cœur de vos travaux. C'est d'ailleurs pour les jeunes que Brut a été lancé en 2016.

Nous nous sommes un média d'information basé dès l'origine, vous l'avez dit, sur le digital et les plateformes sociales. 10 ans plus tard, Brut s'est imposé comme une référence pour les 18-35 ans en France. Nous touchons aujourd'hui l'immense majorité de cette génération avec une responsabilité particulière, celle d'informer un public jeune, exigeant et massivement exposé au contenu en ligne.

Cette responsabilité, nous la prenons très au sérieux. Permettez-moi d'en dire un tout petit peu plus sur Brut. Nous proposons une information qui est factuelle, accessible et compréhensible sans renoncer à la rigueur éditoriale qui nous qui nous incombe en tant que médiia d'information.

Nous avons une une organisation qui est structurée autour de deux pôles clairement distincts, une rédaction de journalistes des journalistes en détenteur tous de car de presse qui est garant de l'indépendance et de l'exigence éditoriale. De notre côté, nous avons une équipe de brand contente clairement identifiée qui permet de financer notre modèle tout en préservant l'intégrité de l'information. Nous reviendrons sur le modèle économique des médias en ligne un peu plus tard.

Notre ambition est de rendre l'information accessible à tous, sans barrière sociale ni culturelle, tout en contribuant à une forme de régulation par la responsabilité. Et cette responsabilité, elle est indispensable. Nous avons développé une écriture spécifique fondée sur des formats très différents, une actualité en temps réel, donc à travers du live ou des formats très courts, des contenus explicatifs qui donnent des clés de compréhension et des formats plus longs documentaires, enquête ou interview pour prendre du recul.

Nous traitons aussi des sujets trop peu visibles dans le dans le débat public. La place des femmes dans la société, la santé mentale des jeunes ou encore les enjeux environnementaux ou sociaux. Enfin, notre développement à l'international, donc nous sans prison en Inde, en Afrique et aux États-Unis témoigne de la pertinence de ce modèle.

Depuis l'automne 2025, Brut a rejoint CMA Media. Ce reprochement nous permet de renforcer des capacités technologiques et publicitaires [toux][raclement de gorge] tout à conservant notre identité, c'est-à-dire notreilité, notre exigence et notre indépendance éditoriale. En ce qui concerne le cas juridique et la responsabilité des médias en ligne, vous le savez sûrement, nous sommes soumis à la loi du 29 juillet 1900 1881.

On a donc la nomination d'un directeur de publication, une responsabilité éditoriale et le respect du droit de la presse. Depuis 2005, Brut est aussi reconnu comme service de presse en ligne par la commission paritaire des publications et agences de presse. Brut bénéficie également d'une reconnaissance professionnelle dans le cadre de de cette de cette certification qui nous donne l'accès à des avantages directs ou indirects.

Enfin aussi, cette responsabilité, ce cadre s'appuie sur une exigence déontologique forte. Donc, nous avons des journalistes titulaires d'une carte de presse qui répondent donc qui sont soumis au standard de la profession et nous avons également signé une charte déontologique signée au niveau du groupe CMA Média. La production de l'information repose sur un travail de terrain, une conférence de rédaction qui est quotidienne, une hiérarchie de validation, une garantie de la fiabilité des contenus dans un contexte marqué particulièrement par la désinformation.

Nous avons, je vous l'ai dit, une indépendance éditoriale. Ce ne sont pas les mêmes équipes qui produisent du contenu d'information que celles qui produisent du contenu pour nos partenaires commerciaux. Et nous avons aussi une indépendance vis-à-vis des autres activités de CMA Média.

Nous sommes bruts et très attachés au pluralisme en tant que tel. Nous l'avons démontré à chaque élection. Nous recevons l'ensemble des des candidats.

Euh en 2022, nous avons reçu les 12 candidats à l'élection présidentielle sous le même format questions-réponse. Enfin, la gestion des interactions, ce qu'on appelle les conversations sociales est un enjeu majeur en tant que médiat d'information en ligne. On génère plus de 250000 commentaires par semaine.

Brut met en œuvre une politique de modération hybride. On s'appuie sur des outils automatisés, sur les outils de modération qui sont mis à disposition par les plateformes et par une modération humaine afin de garantir un espace d'échange respectueux et sécurisé. L'objectif pour Brut, c'est de maintenir la confiance avec son public.

Au-delà des audiences, on évalue régulièrement le taux de confiance qui a accordé à notre média. La dernière étude date de 2025 par Contar et on a un taux de confiance en notre médias qui est de 86 % en France quand la moyenne des médias traditionnel est autour de 30 de 30 %. Alors, quels seraient les enjeux de la régulation brut et comme d'autres médias en ligne, on évolue dans un environnement qui est complexe, qui qui est marqué par une dépendance aux plateformes.

Dans ce contexte, l'information, elle est mise en concurrence avec d'autres formats. Sa visibilité, la visibilité de de nos formats dépend aussi des règles algorithmiques. dans cette spécificité cela enfin cette spécificité elle a des conséquences directes sur notre business model sur la façon dont on on est rémunéré.

La production aujourd'hui d'information même si c'est au cœur de notre de notre de notre média suffit pas à garantir la rentabilité de brut. Pour cela, on doit s'appuyer sur des activités complémentaires pour financer notre activité journalistique et préserver cette indépendance éditoriale. Donc vous le plus largement, on sait que c'est un les médias en ligne ont un business model qui est fragile, dépendant aux plateformes qui partent une qui capte une part importante de la valeur et aussi on est soumis à des règles algorithmiques qui changent régulièrement.

Dans ce contexte, l'enjeu pour votre commission d'enquête consiste à déterminer un équilibre de régulation adapté aux spécificités de des médias au format hybride, aux prises avec des participations qu'on appelle gateekeper, donc qui capte qui capte les revenus avec des modèles économiques encore instables. C'est pour moi c'est une situation qui appelle davantage à de l'accompagnement plutôt qu'à nous mettre des contraintes nouvelles qui nous pour nous permettre de réussir à produire une information de qualité. C'est pourquoi une régulation une régulation qui serait inadaptée risquerait de freiner l'innovation et aussi la compétitivité internationale des acteur français comme Brut.

Le rattachement de brut au service de presse en ligne apparaît cohérent dès lors qu'il s'agit d'un média produisant des contenus originaux créés par des journalistes. Enfin, des dispositifs ciblés tels que les chars déontologiques peuvent utilement renforcer la confiance avec le public. tandis que un alignement complet, vous en parliez tout à l'heure, au régime audiovisuel nous paraît peu pertinent au regard des spécificités lié notamment à la diffusion sur un réseau souverain.

Nous, nous sommes sur des plateformes qui nous sont non souveraines. [raclement de gorge] Le format vidéo dans un contexte d'usage hybride ne justifie pas à lui seul notre rattachement à ce système audiovisuel. En définitive, l'enjeu prioritaire est de permettre aux acteurs vertueux de se développer durablement en garantissant leur visibilité sur les plateformes, en leur donnant des moyens permettant d'accéder à une rémunération équitable de leur contenu.

Voilà, je vous remercie pour votre attention et je me tiens évidemment à vos dispositions pour vos questions. Merci madame. Monsieur Faguel, monsieur le président Lafond, mesdames les rapporteurs, mesdames les sénatrices, monsieur les sénateurs, pardon micro.

Merci beaucoup. [grognement] Je suis donc cfondateur et directeur de la rédaction de Loopsider. J'ai passé une première partie de ma carrière dans la presse traditionnelle euh à une époque où le web n'existait pas.

Je suis sans doute un peu un des dinosaures de cette de cette salle. Et un jour, j'ai regardé les chiffres, les chiffres de diffusion, les chiffres de vente et je me suis dit que les gens voulaient les gens qu'on voulait toucher n'étaient plus n'achetaient plus les journaux et qu'il fallait aller les chercher ailleurs. Donc j'ai fait un choix justement, aller les chercher là où ils étaient sans jamais sacrifier ce qui fait la valeur du journalisme, la rigueur, l'honnêteté, l'intérêt général, le terrain, le temps long et la nuance.

J'ai notamment cofondé le magazine en ligne Slate en 2009, l'Upsider en 2018 et au cours de ma carrière dans ces médias mais aussi à Libération il y a 20 minutes, j'ai toujours suivi cette ligne directrice aller chercher les publics là où ils sont et aujourd'hui les personnes en parler qui veulent s'informer sur les vont sont sur les plateformes sociales. Avec l'upsider, nous avons créé un média qui leur parle et qui compose avec les algorithmes. Mais on ne veut pas et on refuse d'en être captif.

Et surtout ce qu'on maintient absolument, c'est de respecter les standards de notre métier. L'sider aujourd'hui, c'est 20 salariés, la moitié sont titulaires d'une carte de presse. Il sne la France plusieurs fois par semaine pour filmer le réel à hauteur d'humain.

Je donne des exemples. Nous ne parlons pas du secteur industriel. Nous filmons Matis 19 ans, ouvrier sur un chantier.

On ne parle pas de l'inflation. Nous suivons Aicha qui est boulanger à Paris. La règle que nous nous sommes fixés est simple.

Si on ne peut pas mettre un prénom dans le titre d'un sujet, on ne traite pas ce sujet. L'sider est un média rentable. Notre modèle repose sur deux piliers.

En a parlé aussi tout à l'heure. Le brand content, c'est-à-dire le publi reportage, le contenu de marque en bon français et une partie studio, la production de programmes pour des marques, des titres de presse ou des médias comme T18 ou le magazine L. Nous ne dépendons pas des revenus des réseaux sociaux.

C'est une décision fondatrice qui nous permet aujourd'hui d'être totalement indépendant dans nos choix éditoriaux. Un petit mot sur justement sur la structure de l'OPsider. Les fondateurs sont également actionnaires à 45 % et le groupe CMI entré au capital en 2023 détient également 45 %.

Les 10 % restants sont des actionnaires qui nous ont accompagné dès le début de l'aventure de Lider et qui sont aujourd'hui dormants. Précision d'importance, notre pacte d'actionnaire justement garantit au fondateurs de garder la main sur les décisions éditoriales sans droit d'intervention des autres actionnaires et notre déontologie nous impose une transparence totale sur ce qui est journalistique et ce qui est publi reportage. Avant même de scroller, l'utilisateur est informé de toute intervention commerciale.

C'est une règle non négociable et c'est notre contrat de confiance avec notre audience. Nous avons également rédigé une charte déontologique au lancement de l'utsider parce que la confiance pour nous, elle est évidemment essentielle. Elle est avec la question des algorithmes et j'y reviendrai plus tard au cœur de nos préoccupations et au cœur de cette audition si j'ai bien compris et lu en creux vos questions.

La confiance passe par notre capacité à créer de la valeur, à construire une communauté, une communauté qui se reconnaît dans notre travail et à trouver des revenus qui ne nous rendent dépendants de personne ni d'un actionnaire. ni d'un algorithme ni de l'État. La question algorithmique est complexe.

Grâce à des suites de calcul, un seul individu peut aujourd'hui toucher plus d'audience que tous les journalistes d'une chaîne d'information continue. C'est grâce à eux que Louider, Brud Combini, Hugo Hugo Desc Micot des dizaines de millions de français et de français chaque jour. Ces français, ces françaises ne lisent pas le monde ou le Figaro.

Elles n'écoutent pas France Inter ou RTL. Elles ne regardent plus [raclement de gorge] les gités ou alors occasionnellement, pas parce qu'ils se fichent de l'information, ça c'est important, mais parce que les médias traditionnels ne leur parlent plus. ou parce qu'il s'informe autrement.

La double révolution de 2006-2007 qui est le lancement de l'iPhone en 2007 et les principaux réseaux sociaux euh notamment Facebook puis ensuite Instagram, Twitter X et YouTube a permis un abaissement incroyable du coût d'entrée dans la production de l'information et une multiplication phénoménale de nouvelles voies. Le pluralisme le pluralisme, c'est un mot important, ne s'est sans doute jamais aussi bien porté en France qu'aujourd'hui, au moins sur les réseaux sociaux. Il existe des centaines que dis-je des milliers de créateurs de contenu.

Certains revendiquent de faire du journalisme, vous en avez parlé hier. D'autres refusent l'étiquette. Certains produisent des programmes innovants et qualitatifs, d'autres moins.

Oui, comme dans les médias télé ou écrit, il existe sur les réseaux sociaux des producteurs de programmes moins fiables que d'autres davantage porté sur l'anecdote, sur les petites phrases. Il y a des entités dont l'agenda est la déstabilisation de la démocratie par intérêt financier ou par intérêt politique. Ils sont russes, chinois ou français.

Et nous sommes de plus en plus nombreux à essayer de nous infiltrer avec eux sous l'épous des Français à jouer avec les algorithmes des plateformes pour tenter de capter leur attention. C'est pas tous les jours faciles comme le rappelé Elsa. Aucune position n'est vraiment acquise surtout dans ce monde de données et de plateformes qu'on a du mal à maîtriser.

Parce que qu'elles soi chinoise ou américaine, elles sont à la fois sans aucun état d'âme et en même temps hyper éditorialisé. Non seulement ce sont elles qui créent leur propre loi, mais en plus elles bénéficient du statut d'hébergeur qui leur permet d'échapper à toute responsabilité éditoriale. Ce qui est essentiel de comprendre ici, c'est que pour nous, pour Loulider, pour Brud, sans doute pour Combin ou Hugo, l'information n'est pas une zone grise.

Nos médias sociaux répondent de lois en vigueur, celle de nos tribudaux évidemment, mais aussi celle des plateformes. Alors, chez l'upsider dès le premier jour, faute de pouvoir obtenir un accès au code des plateformes, c'est pas faute de leur avoir demandé quand on s'est lancé. Nous avons recruté des datas scientistes pour comprendre et devancer les tendances algorithmiques.

C'est d'ailleurs la clé de notre survie aujourd'hui. Nous avons même conçu un outil qui s'appelle Sharepille qui est reproduit pour en comprendre le fonctionnement et nous proposons même à nos confrères de l'utiliser. En revanche, ce que nous refusons de faire avec les algorithmes, c'est pas d'images réell générées par des IA, pas de voix clonée, pas de personnage synthétique.

Il y a et chez nous un outil au service des journalistes, jamais un substitut. D'ailleurs, nous avons rédigé un guide de bonne pratique, un document vivant plutôt qu'une charte figée pour continuer à réfléchir en pratiquant. Et nous produisons une veille permanente via le média sur ce que l'IA fait déjà au marché.

On peut en parler notamment sur la question des emplois, le marché du travail, le marché des développeurs et des créateurs. Enfin, dans dans les questions que vous nous avez posé, vous nous interrogez sur les aides à la presse et c'est là que les choses deviennent vraiment inconfortables. Se confronter à ce nouveau réel, c'est tout ce que le système des aides aujourd'hui n'encourage pas.

Au contraire, il perpétue les anciens modèles. Les aides à la presse, c'est environ, si je me trompe pas, un milliard d'euros qui pèsent sur le budget de l'État. Elle finance des médias traditionnels sans contrepartie réelles, ni sur leur impact, ni sur la modernisation de ces organisations.

Elles sont lentes à évoluer dans un monde qui bouge à la vitesse de la lumière. D'ailleurs, elle s'appelle toujours aide à la presse et surtout, elle ne répondent pas aux vrais enjeux du moment, la manipulation d'information, la domination algorithmique et le tsunami de Lina de l'IA à venir. Mais la question mérite d'être posée franchement.

Ce milliard d'euros ne serait-il pas plus utile à former les cerveaux à la culture scientifique, au data et aux IA ? À financer une plateforme informationnelle souveraine française européenne alignée sur les usages avec un algorithme au service de l'intérêt général. On peut imaginer des réformes, j'ai plein d'idées, mais sommes-nous certains que c'est là que se jouent les batailles de demain ?

Et pour terminer euh ce ce cette petite introduction, après pour répondre à vos questions, je voudrais euh parler de deux journalistes parce que c'est aussi ça la réalité de notre métier en 2026. La journaliste Nassira Elmoadem vient de publier Main basse sur la ville, une enquête sur la commune du Blanc Ménil. Mardi dans les colonnes du monde, le sénateur Thierry Mignant, ancien maire de la ville la menacé de mort.

Un sénateur de la République française a dit d'une journaliste : "Je vais la fouetter, j'irai jusqu'au bout, elle va mourir, je la tue." Qu'un parlementaire menace de mort une journaliste pour avoir fait son travail. C'est une rupture fondamentale dans notre fonctionnement démocratique et je n'entends pas assez de voix s'élever contre les propos de monsieur Ménien, votre collègue.

L'autre journaliste s'appelle Christophe Glaise, il a été condamné à 7 ans de prison en Algérie pour avoir réalisé un reportage sur un club de football. Il est toujours là-bas. Merci de penser à lui.

Merci à vous. Je suis à votre disposition pour les questions. Monsieur Ben Jabala pour combin Monsieur le président, messieurs et mesdames les rapporteurs, sénateurs, mes chers homologues.

Donc je vais vous parler de Combini évidemment. Combini est un média né sur internet en 2007. Donc on est un petit peu âgé pour un médiune à un moment où une partie des jeunes générations ne se reconnaissait plus pleinement dans les formats traditionnels de l'information notamment audiovisuel.

Notre ambition a été dès l'origine de recréer un lien avec ces publics en proposant des contenus qui leur parlent dans leur code sans renoncer aux exigences journalistiques. Notre modèle repose sur deux piliers clairement distincts. Piliers qui ont d'ailleurs été évoqués par mes chers homologues.

Le premier notre activité éditoriale. Combin s'appuie sur une rédaction structurée composée notamment d'une vingtaine de journalistes titulaire d'une d'une carte de presse qui produisent des contenus originaux, reportages, interview, formats de société et de culture. Nous ne sommes pas un médiat d'agrégation.

Nous produisons nos propres contenus avec une écriture adaptée aux usages contemporains mais avec des exigences journalistiques constantes. Vérification de l'information, regroupement des sources, respect du contradictoire, indépendance éditoriale. Ces principes sont formalisés dans une charte déontologique signée par l'ensemble de la direction et appliquée au quotidien.

Le second pilier est notre activité de création de contenu pour les marques qu'on appelle donc le brain content. Nous avons développé une réelle expertise dans ce domaine en concevant et en produisant des contenus pour les annonceurs adaptés aux mêmes environnements de diffusion. Mais là aussi les règles la règle est claire et non négociable.

Une séparation stricte entre les équipes éditorielles et les équipes commerciales. Les contenus de marques sont produits par les équipes dédiées distinctues de la rédaction et sont systématiquement identifiés comme tel. Un journaliste n'intervient jamais sur un contenu commercial et inversement.

Cette organisation est essentielle pour garantir la clarté de notre offre et la confiance de notre audience. La zone grise, souvent évoquée à propos des médias en ligne, tient selon nous moins un manque de règles qu'à une évolution des formats et des modèles. Nous produisons des contenus qui peuvent être plus courts, plus incarnés, plus accessibles dans leur tombe, mais la forme ne doit pas être confondue avec le niveau d'exigence.

Un contenu diffusé sur les réseaux sociaux peut parfaitement respecter les standards du journalisme dès lors que les méthodes de travail sont rigoureuses. Et enfin, nous revendiquons un positionnement éditoriel centré sur la culture et les sujets de société. La culture n'est pas un sujet périphérique, c'est un point d'entrée vers la compréhension du monde, un levier pour intéresser des publics qui se tiennent parfois à distance de l'information.

Notre rôle est donc de recréer des passerelles, rendre l'information accessible sans la simplifier et contribuer à une meilleure compréhension des enjeux contemporains. C'est dans cet équilibre entre création originale, exigence déontologique et adaptation aux usages que nous inscrivons notre action. Je vous remercie tous les trois.

Première question de Sylvie Robert. Merci monsieur le président. Euh première question d'abord merci pour la présentation euh vos présentations respectives.

J'ai une première question qui finalement vous concerne tous les trois parce que vous avez mis l'accent sur d'abord l'indépendance par rapport aux réseaux sociaux. la séparation très claire entre euh ce que vous faites en matière en matière de de production d'information, on va le dire comme ça, et puis euh ce que vous venez de dire, monsieur sur finalement ce brain content qui permet aussi d'avoir un certain nombre de revenus parce que derrière tout ce que vous avez dit, au-delà de ça, c'est la question par l'indépendance de votre modèle économique. Et d'ailleurs, vous avez cité, on a on a eu euh des auditions hier où euh ça a été beaucoup évoqué la question des aides à la presse.

à ce jour par rapport à modèle écon à vos modèles économiques respectifs dans le contexte actuel qui n'est pas quand même très simple que ce soit pour les médias traditionnels qui sont dans une très grande fragilité mais également on voit bien aussi sur dans le numérique pour des raisons de captation de la publicité et d'assymétrie aussi de de on va dire réglementaire quel serait pour vous pour solidifier vos modèles économiques. Euh finalement, quelles seraient pour vous les réponses ? Alors, nous sommes législateurs que nous pourrions apporter pour à la fois assurer un modèle économique viable, garantir votre indépendance, tout ça et notamment, vous avez parlé madame pluralisme, c'està-dire finalement ce qu'on attend aussi d'un producteur d'information et non pas de manipulation ou de désinformation.

Et vous avez bien mis l'accent là-dessus. Et puis derrière finalement d'équilibre entre ce qu'on appelle peut-être communication euh et puis information parce que vous êtes au croisement de tous ces de toutes ces problématiques là. Donc quel serait pour vous ?

Alors, j'ai bien entendu monsieur qui dit "On va revoir les critères d'aide à la presse." Ça après tout le monde a des idées, hein. Donc, mais est-ce qu'il y a d'autres euh et je pense à la question algorithmique derrière hein et des plateformes qui est-ce que vous avez d'autres propositions en tout cas à nous soumettre ?

Effectivement, comme le le disait Johann, il y a un vrai sujet concernant la manière dont les médias en ligne sont accompagné dans le cadre de subvention. Il y a il y a effectivement un niveau d'exigence qui est le même pour tous dans le cadre de tout ce qu' peut être lié à la fiabilité de l'information, la vérité de cette information. Mais néanmoins, on on il y a un sujet qui est que on ne dispose pas forcément des mêmes moyens et on est sur un modèle concernant les médias en ligne qui est quand même très dépendant de la publicité, ce qui peut évidemment créer un certain nombre d'effets collatéraux.

Euh évidemment le le paradigme, c'est à la fois de continuer à se financer mais également de continuer à proposer une promesse qui soit viable, fiable, de sorte à ce que l'audience qui est la nôtre ne puisse continuer à être engagé auprès de nous. Donc c'est vraiment deux équilibres qu'il faut respecter et donc l'un ne va pas sans l'autre. Sans financement, les médias n'existent pas mais en même temps, si on esté par un souci qui est uniquement un souci économique, ben forcément il y a un souci de légitimité, de crédibilité qu'on perd derrière.

Donc le fait de pouvoir être entre guillemets logé à la même enseigne que d'autres médias plus traditionnels nous permettrait déjà, je pense, d'avoir une certaine assise et d'être peut-être moins de publicité dépendant. L'autre point, c'est la manière dont on est jugé et dont on est régi par les plateformes. Aujourd'hui, il y a quand même un sujet assez global quand on parle des plateformes de course à l'audience.

Et euh ces plateformes de manière générale favorisent plutôt des contenus qui sont des contenus émotionnellement intéressants, pertinents. On va parler de buzz à ce moment-là et donc c'est compliqué pour des médias notamment qui ont une vocation à traduire dans l'information qui soit fiable vérifié et donc qui ont des journalistes là où dans certains cas on a plutôt affaire à des créateurs de contenu qui ne sont pas des journalistes ben d'être dans une configuration de de recherche au buzz ou recherche à à à l'effet un petit peu et à ce moment-là c'est vrai que c'est essentiel pour nous d'être valorisé en tant que tel ou ça ne sait plateforme et dans la manière dont on va traiter l'information ou dans la manière dont on va porter notre contenu, ben d'avoir des éléments de différenciation, de valorisation qui tendent à valoriser notre modèle et notre travail puisqueaujourd'hui un média euh dans la manière dont il est constitué est beaucoup plus coûteux euh structurellement que des créateurs ou des personnes qui n'intègrent pas des fonctions comme celle de journaliste. Donc là-dessus effectivement il y a un sujet où en tout cas il y a une nécessité de d'être identifié quel tel quel ou en tout cas de pouvoir permettre au public de distinguer une l'approche d'un média avec tout ce que ça implique avec l'approche de de créateurs de contenu qui sont pas forcément des médias. un label, une certification.

Oui, un label, une certification, un je sais pas, c'est vous pensez à ça peut être dans après à voir quels sont les critères, voir quels sont les médias en ligne qui souscrivent parce que je pense que les règles c'est plutôt à nous de les définir mais il y a effectivement un sujet qui est qu'on ne doit pas en tout cas il faut qu'on arrive à ne pas se faire rapper par la nécessité de produire du contenu en passant à côté de quelques biais qualitatifs ou déontologique. Euh nous aujourd'hui euh effectivement le Joan le disait, on notre on n' pas de dépendance financière aux plateformes, c'est moins de 5 % de notre chiffre d'affaires, moins de 4 %. Donc c'est tout petit ce que ça représente sur l'ensemble de notre chiffre d'affaires.

Ça, je pense que c'est important et c'est euh c'est aussi un critère, c'est aussi finalement notre indépendance financière d'être de s'affranchir effectivement des des codes des plateformes. Enfin, d'un point de vue rémunération. Moi, je suis assez ouverte et je sais pas si un jour il y aura un comité qui nous réunuira tous ensemble, les plateformes, les médias en ligne et les créateurs, ce qui serait intéressant aussi de discuter un peu parce que on a [raclement de gorge] évidemment demandé le code des plateformes, nous l'avons pas eu non plus.

Euh donc voilà, donc c'est on apprend et donc effectivement c'est de je pense on apprend en marchant et on essaie je pense tous les trois d'anticiper au mieux les mutations à la fois algorithmiques et à la fois sociétal pour voir où va l'audience, où est l'usage, qu'est-ce qu'ils veulent consommer. Sur le votre question madame, c'était sur le plan financier. Vous parlez d'un d'un modèle qui est fragile et vous avez raison.

Je pense que finalement cette fragilité euh elle nous pousse tous aujourd'hui on est rentable. Je disais ça nous a tous aussi poussé à nous diversifier, à être très pertinent pour notre audience et à proposer aussi des solutions qui sont pas uniquement du brand content parce que on ne peut pas vivre que du brand content, on ne peut pas vivre que du revenu généré par les plateformes. Donc il faut produire d'autres types de contenu à d'autres acteurs.

Brut a fait notamment le paris d'aller à l'international. Aujourd'hui, c'est 50 % de notre rentabilité. L'internationale.

L'internationale. Donc je rentabilité pas chiff. Non, 20 % du chiffre d'affaires, 50 % de la rentabilité.

Donc c'est je pense que c'est aussi ce qui fait qui qui nous lit c'est c'est cette obsession de l'audience des formats. On est né sur on est natif dans un environnement qui est très incertain qui est très complexe et donc on a dû sans cesse s'adapter et on doit sans cesse adapter. Donc tous les 6 mois, on vit une révolution, nos rédactions parce que les algorithmes ont changé, parce que les modes de convention changent, parce que les sujets que les gens ont envie de parler change, parce qu'il y a des élections, il y a des éches nationales.

Donc en fait, on est sans cesse en train de de s'adapter. Euh en tant que directrice générale, je vais vous dire que cette bah ce cet environnement finalement, il nous pousse à être meilleur et aller chercher enfin sans cesse à se remettre en question. On peut pas être comme les médias traditionnels, on n'est pas assis sur un modèle qui qui est régulé depuis 1986 qui est toujours le même modèle.

Donc moi, c'est plutôt ça la question de la régulation, c'est attention à pas avoir une régular, une régulation qui est désuett dans 6 mois ou dans 12 mois parce que nous ça va très très vite. Donc il faudrait pas que nous les médias en ligne on soit empêché d'innover vers à la différence des créateurs qui ont pas le même statut de rémunération auprès des plateformes. Donc j'ai pas de réponse concrète à vous faire.

Je pense qu'il faut si on veut avoir une approche culturelle un peu différente en France et en Europe, il faut bah peut-être créer un voilà un orgasme aussi de de réflexion commun. Ça peut être quelque chose qui est amené à évoluer. Ça peut être un peut-être un label, je ne sais pas.

Euh pareil le label, moi ma seule crainte, c'est que je veux pas qu'il nous éloigne de l'audience euh parce que un label qui va le donner. Euh voilà, donc c'est je c'est toutes ces questions, c'est j'ai pas voilà, on cherche avec vous mais euh mais voilà, donc peut-être qu'il faut avoir une discussion plus large euh peut-être que ça passe déjà par la publication de notre charte déontologique. Personnellement, moi je l'ai pas publié sur notre site.

Peut-être qu'on peut la publier. Euh Joan le disait, c'est un document qui doit être vivant parce que régulièrement les choses évoluent, l'IA arrive, les algos changent, il y a des nouvelles plateformes qui se lancent. Donc voilà, il faut voir, je pense que le cas de confiance, l'exigence, on on se l'impose tous.

Euh, il faut la faire savoir. Après, je pense que l'audience est pas dup et elle suit aussi des médias de référence pour pour ajouter. Je je suis d'accord avec ce que avec ce que dit Elsa.

Moi non plus, je suis pas très fan des labels euh d'abord parce que effectivement elles ont un effet très repoussoir. Euh et puis c'est un enfermement aussi pour les nouveaux entrants. Euh aujourd'hui, on voit le le monde des créateurs aujourd'hui qui qui est un monde qui nous bouscule un peu alors qu'on a l'impression qu'il est arrivé très récemment.

Ça fait quand même longtemps qu'il est là et il nous bouscule parce qu'ils font des formats qu'on aurait jamais sans doute imaginer. des formats extrêmement longs, des vidéos qui durent 4 heures, on aurait jamais pensé à un moment que ça pouvait marcher. Donc il ils avancent presque parfois devant devant nous euh pour un certain nombre de de thématiques et on a et et ils sont une qualité assez exceptionnelle.

Euh donc mettre un imposer un label à des médias qui existeraient depuis 4 ou 5 ans parce qu'il y aurait des journalistes à l'intérieur me semble être assez contre-productif. sur la question des aides. Quand je je parlais des Z, c'était pas pour en avoir, c'était juste pour éviter les distorsions de concurrence éventuelles.

Il y a quelque chose qui qui est que je trouve assez fondamental et magnifique dans ce qu'on fait depuis combin depuis 20 ans, brut depuis 10, nous depuis 8. C'est c'est cette formidable remise en question permanente. Quand nous on s'est lancé en 2018, il y avait une plateforme dominante, c'était MTA, c'était globalement Facebook.

Il avait une deuxième qui était YouTube mais un peu compliqué. Il faisait son truc dans son coin et voilà. 3 ans plus tard arrive Instagram, 4 ans plus tard arrive TikTok, puis aujourd'hui une nouvelle révolution, une nouvelle révolution, nouvelle évolution de YouTube.

Tout le monde cherche aller sur YouTube. Nous, ça nous oblige en permanence à nous poser les questions sur à la fois effectivement les formats, comment est-ce qu'on touche ce nouveau public ? Est-ce que ces publics ont évolué dans leurs envies, dans leurs besoins et dans leurs âges ?

Moi, ce qui m'a beaucoup frappé, je je l'ider né en 2018. On avait comme fantasme de comme le disait et et comme tu dis tout à l'heure de de nous adresser aux jeunes. Puis on s'est rendu compte parce que 2018 c'est les gilets jaunes.

On s'est rendu compte qu'en vrai sur Facebook il y avait tout le monde. Aujourd'hui on se rend compte la même chose avec TikTok. TikTok est une plateforme extrêmement âgée et donc tout ça c'est des remises en question qui sont permanentes qui fait qu'on noisement on doit adapter notre écriture à ces nouveaux publics qui sont en train d'arriver mais aussi on doit les adapter aux différentes plateformes.

On va pas informer mettre les mêmes sujets sur TikTok ou les écrire de la même façon sur TikTok ou sur YouTube. Et donc forcément la question du modèle d'affaires, elle est elle évolue. On le savait depuis très longtemps.

Moi je vous le dis voilà ça fait 30 ans que je travaille sur internet. Euh à un moment, on cherchait tous le modèle unique. On l'a jamais trouvé.

Il y a des bouts de modèles. Médiapart a un modèle, le monde a un modèle, les échos ont un modèle, l'équipe ont un modèle. D'autres n'en ont pas.

Nous, on sait que ce modèle n'existe pas, qu'on va devoir aller le chercher partout. Et donc, c'est en permanence une exigence de qui n'existe pas. Je sans doute qu'il n'existe pas.

C'est ça que je voulais avoir comme Merci beaucoup. Alors, je vous ai écouté avec beaucoup d'intérêt. Madame, vous avez parlé euh de garantie de la fiabilité de vos contenu.

Bon, ça c'est important parce que la semaine dernière, on a entendu beaucoup de personnalités qu'on a auditionné et ce chiffre m'a vraiment euh impressionné. 70 % des Français disent se méfier des réseaux sociaux mais ils s'informent par les réseaux sociaux. Et donc ma question était la suivante : comment est-ce que vous gérez en fait la correction de contenu inexact ou d'erreur ?

Est-ce que vous avez des dispositifs interne de fact checking et quel rôle vous pensez jouer dans la construction en fait de l'opinion des jeunes et notamment les enjeux de désinformation ? Ça c'est la première question. La deuxième question porte sur les les algorithmes et vous avez vous-même dit que vos contenus sont soumis donc à des règles algorithmiques.

Donc dans quel mesure est-ce que vos choix éditoriaux sont-ils influencés par les algorithmes ? Est-ce qu'il n'y a pas une tentation d'adapter vos contenus pour maximiser en fait la viralité au détriment de la complexité de l'analyse ? Et enfin, comment est-ce que vous pouvez garantir une hiérarchisation de l'information dans un flux algorithmique ?

Comme on le sait, monsieur, vous avez parlé d'une économie du clash et ça c'est intéressant. C'est-à-dire que ce qui marche bien sur les réseaux sociaux, c'est cette économie du clash, tout ce qui est trancier. Donc comment est-ce que vous gérez tout ça ?

Voilà, merci. Trois questions. Euh donc je vais répondre à la première question qui est relative à la correction.

Avant même de faire de la correction, nous c'est on est dans un environnement qui est extrêmement viral. Donc dès qu'on poste un contenu, en temps réel, on a du fact checking de l'audience. Tout le monde répond.

Euh si vous regardez, c'est quel est le contexte ? Est-ce que vous pouvez m'en dire plus sur ça ? Ce chiffre estil exact ou inexact.

Donc on est soumis quand même en temps réel. Donc non mais donc si avant même de publier, on doit être sûr de l'information qu'on va sortir. Donc on n'est pas une chaîne d'information en ligne, enfin en linéaire.

Donc nous, il vaut mieux prendre le temps sur des conflits notamment le 7 octobre. On prend le temps. Il vaut mieux prendre le temps et pas pas publier tout de suite que sortir une information qu'on devrait rectifier quelques minutes ou quelques heures après.

Déjà, on prend le temps. Quand c'est on veut on s'assure au minimum deux enfin c'est un travail journalistique et classique hein. Il faut deux ou trois minimum deux trois sources différentes.

Aujourd'hui le sujet de l'image est important notamment dans les conflits internationaux. Donc on a aussi des outils qui nous permettent de de fact checker l'image que l'on reçoit. Donc on travaille avec des agences de presse qui sont certifiées.

On a aussi des outils qui nous permettent de voir si l'image elle date bien de 2016 et pas de 2014 comme ça a été le cas dans certains médias récemment. Et on a aussi des des outils qui nous permettent de vérifier l'autre champ de l'image. D'accord ?

Tout ça également, il y a une hiérarchie évidemment dans la validation sur des sur des sujets dit complexes comme les comme les conflits internationaux. On peut aller jusqu'à trois validations hiérarchiques avant que le sujet sorte. En moyenne c'est deux mais on peut renforcer jusqu'à trois avec des points de vue aussi c'est de l'humain donc il faut avoir des points de vue aussi différents une rédaction pour pouvoir valider un seul sujet.

Aujourd'hui, la correction des sujets, nous c'est vraiment quelque chose qu'on qu'on regarde et avec laquelle on a beaucoup d'importance. En 2025, Brut a dû dépublier en France un seul sujet. Il y avait une il y avait une erreur dans un sujet, on avait repris une dépêche AFP qui était sortie très vite et on avait sûrement pas eu d'autres sources qui allaient à l'encontre du sujet qu'on avait publié.

En fait, nous c'est la pire chose qui peut nous arriver, c'est de dépublier un sujet parce que là c'est vraiment vous mettez en jeu votre crédit. Ouais. un seul en 2025 et si il manque du contexte, c'est la c'est aussi le pouvoir quand même des réseaux sociaux.

On répond aux commentaires. Nous on a enfin comme tous comme tous mes comme mes homologues, on interagit avec l'audience. C'est pas le JT vous vous donnez une info.

Là les gens en temps réel commentent. Voilà, c'est pour ça que je vous parlais de fact checking en temps réel de l'audience, c'est que l'audience vous répond et vous dit je suis d'accord, je suis pas d'accord, c'est c'est faux, c'est quel est le contexte ? Voilà, donc nous on répond en temps réel.

Mais en tout cas, la fiabilité c'est ce qui fait finalement que notre longévité si on se trompe trop de fois déjà qu'on a un business model qui est pas simple, on en parlait juste avant. Voilà. Donc ça c'était plutôt sur la partie et si on s'est trompé, on le dit et on met un eratum en commentaire ou on dépublie.

Euh deuxème la deuxième question c'était sur les règles algorithmiques. [grognement] Euh alors déjà on ne les reçoit pas ces règles algorithmiques. Donc on nous dit pas je suis méthang l'algorithme dans 2 semaines.

Je vais valoriser plutôt les formats statiques plutôt que les contenus vidéos. disiez vous étiez soumis à ce Ouais mais en fait prêtement ça veut dire quoi comme mogoologue j'ai créé une équipe une plateforme de dat donc des data scientistes des data engieur des data analystes qui analysent toute la journée qu'est-ce qui se passe. Donc on est connecté, désolé, je vais être un peu technique, mais euh on est connecté ce qu'on appelle aux API.

Donc c'est si vous voulez c'est des c'est des tuyaux, on récupère la data de nos propres comptes des réseaux sociaux sur toutes les plateformes. D'accord ? Donc Facebook, Instagram, Snapchat, YouTube.

Et on regarde donc on a accès à notre data combien brut génère de de vues, combien de brut génère de conversation et cetera. Et en fait, vous êtes propriétaire de la data. Bah, on les copropri c'est leur enfin c'est eux qui nous la mettent à disposition, c'est nos contenus.

Ouais. Ouais, bien sûr. Mais euh ce que je voulais vous dire, c'est que c'est là qu'on voit comment l'algorithme peut changer.

Récemment, je sais pas si enfin en tout cas monte mon équipe sur Facebook, le statique fonctionne plutôt très bien. Ça c'estend qu'on observe en temps réel. On se dit "Attends, depuis de jours le statique ça marche, qu'est-ce qui se passe ?" Et donc on a juste comme ça nos formats.

D'accord ? Donc aujourd'hui, c'est pas tellement le je réponds plutôt aussi à la troisème question. On n'est pas on atteint une telle taille je pense et une telle crédibilité que honnêtement la course à l'audience quand je vous je vais vous dire on fait 3 milliards de vidéos vu par mois ça veut dire et rien du tout.

Ça vous montre juste une la puissance du média. Ouais par mois sur l'ensemble des marchés. Mais donc aujourd'hui la France c'est 55 % de notre audience et 45 % la fin à l'internationale.

Il y a des il y a des contenus qui vont buzer parce qu'il y a des sujets qui vont buzer. Le contenu sur les fémines sur les réseaux sociaux marchent toujours très fort. Je vais pas vous expliquer pourquoi vous enz. [rires] Euh en revanche, nous on pense que la course à l'audience en fait c'est pas c'est quelle qui c'est pas celle-là qui va nous faire gagner l'étape d'après.

C'est la course en l'engagement plutôt. Enfin c'est plutôt la qualité de l'engagement, la qualité des conversations sociales qu'on va engager, le partage, le like. C'est ça qui va faire qu'on va être sur une audience, on va dire, plus qualifiée.

Donc aujourd'hui, par exemple, on a fait le choix d'avoir des contenus qui ne marche pas en terme d'audience enfin qui marche beaucoup moins. On a deux formats notamment qui sont très qualitatifs, très appréciés d'une certaine audience niche. Brut philo, brut book.

On parle de philosophie et de littérature pendant 10 15 minutes en audience. Et ça marche pas. Ben non, [rires] mais c'est pas l'objectif, c'est la qualité.

Voilà, c'est notre mission aussi. Euh dans notre offre éditoriale des jeunes. Voilà, dans notre offre éditorial, on a souhaité adresser aussi ce sujet.

C'est bien. Donc donc vous dire que Voilà. Et enfin, on a un outil qui s'appelle Brut radar.

Euh là, on utilise on si vous voulez, on on analyse les 2500 commentaires générés chaque semaine. Donc tous les lundis matin, la conférence de rédaction commence ainsi dans tous les pays et donc moi je reçois les brut radars de de chaque pays les 10 grandes questions que se pose l'audience et je pense c'est ce qui fait Johan en parler la différence avec aussi les médias traditionnels nous c'est vraiment répondre à des questions qui intéressent vraiment l'audience et se mettre à hauteur d'homme. Et alors par exemple, donc je vous donne un exemple.

Il y a 10 jours, on se rend compte que dans les commentaires, il y avait une phrase qui revenait tout le temps "Nous sommes assis sur une mine d'or." En France, ça tournait partout. Donc on a cherché à comprendre qu'est-ce que c'est cette mine d'or.

Oui. En fait, c'était parce que la Caisse des dépôts avait euh rénové son site qui nous permettait de vérifier si on avait des comptes cachés. Je m'explique, c'est pas vous êtes pas milliardaire, c'est juste que à une époque quand vous aviez votre bac, les municipalités ou les banques pouvaient vous offrir vous ouvrir un compte en banque avec 20 €.

Vos grands-parents avaient pu ouvrir un compte ou vos parents, tantes et oncle avaient pu ouvrir un compte en banque. Vous avez plus 18 ans, vous en avez 40 aujourd'hui et ce compte a pu aussi fructifier avec des intérêts et cetera. Et donc plein de gens ne savaient pas qu'ils avaient ces fameux comptes et donc ce site permettait de vérifier si vous aviez accès ou pas à ces comptes-là.

Donc ça c'est des questions qui sont généralement pas traitées dans les médias traditionnels. Euh voilà, un autre un autre exemple, il y avait un projet de loi sur des nouveaux radars intéressant. Ouais.

Euh des nouveaux radars routiers et qui flasherait sur la distance de sécurité. Euh donc les gens c'est pas tellement il va y avoir des nouveaux radars, c'était plutôt mais en fait c'est quoi une bonne distance de sécurité ? Moi j'habite en milieu rural, je suis pas sur des autoroutes.

L'autoroute, on sait que c'est deux bandes mais nous c'est comment sur les routes départementales où il y a pas de bande en fait. Euh donc en fait, on est parti avec un moniteur autoécol en Normandie. Bon et là vous faites des dizaines de millions de vues parce que vous répondez, vous êtes pertinent.

Voilà, c'est le quotidien. Donc c'est plutôt l'angle du sujet plus que et donc évidemment c'est grâce aussi à la remontée de ces conversations sociales qu'on est pertinent. Et je pense c'est ce qui ce qu'on vous disait, c'est qu'on est tellement dans un environnement mouvant aussi que euh c'est ces conversations sociales aussi elles nous nourrissent, elles nous permettent je pense d'être pertinent en terme d'information, de pas être à côté en fait. de ce qui intéresse vraiment les préoccupations des Français et en plus avec qui les collectes ces datas c'était la question c'est euh alors là c'est nos équipes là c'est notre équipe j'ai aussi une équipe data donc c'est mon équipe data euh qui a créé cet outil d'analyse des commentaires.

Donc onanalyse pas tous les commentaires. Faut que ça soit qualifié une méthod permet d'être performant en fait et précis. Ouais, exactement.

Qui nous permet d'être au plus près des des conversations sociales. Tu voulais ajouter un truc ? Euh non, je sur sur la sur la question, elle est intéressante la question de de la correction.

C'est vrai que un contenu qu'on va retirer, ça nous est arrivé à plusieurs reprises pour des parfois des erreurs d'incompréhension d'une forme d'une formule maldite, d'une faute d'orthographe. Ça c'est le pire, c'est quand on doit retirer un sujet parce qu'une fois que le sujet est retiré, il est il disparaît. On peut plus le le reposer.

C'est un peu rageant. On a on n jamais eu de on n jamais commis de grosses erreurs qui nécessitaient un hératome monstrueux et une une mise, comment dire, [raclement de gorge] une une mise au point du directeur de la rédaction pour dire on s'est complètement trompé. D'abord, on publie assez peu.

Nous, on publie à peu près entre deux et trois sujets par jour. qu'on choisit vraiment euh de façon le plus artisanale possible et qui sont des sujets. Alors, c'est intéressant ce que ce que dit Elsa sur comment est-ce qu' l' choisi.

Nous, on a une approche qui est très thématique et qui infinié rejoint un peu un peu sur ces questions du quotidien. Nous, ce que ce dont on se rend compte dans les sujets qui fonctionnent, c'est les sujets du quotidien. C'est les sujets qui sont les questions d'emploi euh évidemment aujourd'hui avec les questions d'IA, les sujets de de revenus de de je parlais d'inflation, de coût de la vie, de logement, de santé, de santé mentale chez les jeunes, mais pas mais pas que.

On se rend compte parce que ces sujets surperformment par rapport à d'autres. Alors, on pourrait avoir une tendance à se dire bah tiens, on va on ne va plus faire que des sujets qui marchent. Mais c'est pas non plus notre approche.

C'est qu'il y a des sujets qu'on doit les faire parce que on est aussi journaliste et qu'on considère que certains sujets, on doit les faire et on les fait pas pour pas parce que ça nous fait plaisir de les faire mais parce qu'on pense que c'est important en tant que journaliste et qu'une rédaction de passer du temps et prendre du temps et que ça répond aussi beaucoup à des questions. Moi, ça m'a beaucoup frappé. Il y a il y a quelques années, on avait lancé un show sur Snapchat qui s qui qui qui recensit un peu les actualités un peu oubliées du monde et on s'est rendu compte que l'actu internationale intéressait énormément les plus jeunes.

Et ça, ça fait aussi beaucoup parler dans dans les commentaires. Pourquoi est-ce que vous parlez pas de la situation à Gaza ? Pourquoi est-ce que vous parlez pas et cetera ?

Donc, on il faut qu'on aussi qu'on anticipe ces sujets-là. Et puis euh et ça, je crois que c'est euh et combini et brut qui nous ont précédé. On on on sait que quand on a euh quand on veut parler à ces personnes-là qui ne vont plus s'informer de façon traditionnelle, c'est parce qu'il leur manque quelque chose.

Soit parce que c'est des sujets qu'il ne voi plus à la télévision, dans les journaux, des gens qu'on ne voit pas. Donc nous, on essaie de faire parler des gens qu'on ne voit pas ou qu'on voit rarement la télévision. Et puis aussi un cadre culturel très particulier.

On parlait de la vidéo. Pourquoi est-ce que nous on s'est lancé sur la vidéo ? C'est parce qu'on est dans un monde d'imag mais un monde d'image XXL.

Donc on peut se poser la question. nos collègues d'bec Erica qui appartiennent eux à CMI donc nos cousins s'était posé la question il y a quelques mois sur la fin de l'écriture et on on doit aussi aujourd' donc comment est-ce qu'on continue à maintenir une information de qualité en utilisant l'image en utilisant des codes culturels qui sont ceux là encore pas uniquement des jeunes mais aussi des jeunes c'est difficile. Et puis aussi effectivement la question algorithmique que pour accrocher notre lectorat ou notre audience, on sait qu'on a droit à un quart de seconde le temps que voilà, vous avez tous fait l'expérience d'utiliser votre téléphone pour scroller, tout se joue sur la première image, le premier mot, la première seconde et que donc il faut que notre dans notre écriture et c'est là où parler tout à la question de la viralité, c'est comment est-ce qu'on utilise ces codes ?

Comment est-ce qu'on essaie d'avoir le maximum d'impact sur les premières millisecondes pour amener les gens à aller chercher de l'information et la plus poussée ? Et puis ensuite bien voilà, nous on est assez spécialiste des formats courts. Aujourd'hui, on se développe sur des formats plus longs que permettent YouTube et puis aussi peut-être demain de de travailler dans un dans un écosystème qui est aussi un écosystème.

On parlait tout à l'heure de de la hiérarchie de l'information. Je sais que d'abord un mes contenus ils peuvent apparaître dans les feeds une semaine 10 jours, un mois plus tard. la hiérarchie de l'information, on va apparaître un sujet sur l'Iran peut apparaître entre un sujet sur euh l'autoroute, sur un sujet sur euh Justin Bieber et cetera et cetera.

Donc la hiérarchie en tant que telle, elle est plutôt la hiérarchie dans ce qui intéresse d'cord le les audiences. Et donc il faut qu'on fasse attention à ça. Je voudrais prolonger un peu les questions sur les algorithmes parce que vous les on n pas les codes mais vous connaissez quand même beaucoup mieux les algorithmes que nous.

Donc ça nous intéresse votre connaissance des des algorithmes et et en partant peut-être de de vos datas scientistes, vous avez dit que vous en aviez madame monsieur aussi. J'imagine que combien en a combien c'est d'ailleurs de de data scientiste dans vos structures ? C'est c'est deux personnes de 6 6 type de 2 plus Claud et vous monsieur tr personnes.

Trois personnes. Alors l'intérêt des data scientistes euh on a compris que c'était aller récupérer la data. Est-ce que en en faisant ce travail, vous arrivez aussi à accroître la visibilité de de votre médiia sur telle ou telle telle ou telle plateforme ?

Y a-t-il donc une possibilité en intervenant sur l'algorithme de manière indirecte ou directe d'ailleurs de d'accroître la visibilité sans l'accord de la plateforme ? Et deuxème question, est-ce que alors vous nous avez dit tout à l'heure que évidemment la plateforme est intéressée par tout ce qui fait le buzz qui qui joue sur l'émotionnel. Est-ce qu'à contrario, vous avez identifié des sujets pour lequels il y a non pas un refus de la plateforme mais qui vous rétrograde dans la visibilité ?

Est-ce qu'il y a des sujets qui n'intéressent pas les plateformes ? Et est-ce qu'on peut en déduire si c'est le cas qui a une ligne éditoriale des plateformes ? Et enfin, pardon, j'en pose beaucoup mais sur la question de la data, vous allez donc chercher la data.

À qui appartient-elle ? Est-ce que vous avez un document, un lien contractuel avec les plateformes justement sur l'utilisation de ces datas ? Alors euh nous sur les data scientistes qui travaillent sur euh sur notre outil, ils font ce qu'on appelle du rétroengineering, hein, qui récupère les données et en faisant tourner les modèles, ils essaient de euh trouver le fonctionnement des différentes plateformes et elles n'ont pas les mêmes algorithmes qui ne fonctionnent pas de la même façon.

L'algorithme de TikTok, c'est pas le même que celui de MTA sur Facebook. C'est pas le même que celui de MTA sur sur Insta. Euh donc ça le leur premier boulot est vraiment de le comprendre et puis ensuite d'où de nous de nous fournir un outil qui nous permet de mieux comprendre l'utilisation que nous faisons des plateformes.

À quel moment il vaut mieux poster, quels sont les sujets qui performment le mieux à un moment donné. Est-ce qu'il faut euh j'ai caricature aujourd'hui, on va dire que on est sur une séquence, on pas dire une séquence politique parce que nous on fait pas de sujet de politique. On va dire qu'est-ce qui marche en ce moment sur euh Céline ?

Prenons Céline Dion par exemple. Euh à quel moment on va faire trop de Céline Dion ? à quel moment notre plateforme à qui on a présenté des sujets qui sont des sujets bah tiens, on a fait pas du Séndion, on a fait du Véronique Sanson pendant pendant 3 mois, on va faire du jour au lendemain Singon.

Est-ce que ça va marcher ou pas marcher ? Ça c'est les algos vont essayer de nous permettre de nous positionner vis-à-vis de ces sujetsl mais c'est pas une une l'assurance qu'on va pouvoir twister l'algorithme des des plateformes. Au contraire, on est il y a aucune garantie.

Aucune garantie. Il y a il y a il y a des il y a des il y a des systèmes qu'on peut appeler le gros hacking, c'est-à-dire qu'on va essayer de d'utiliser soit de faire de travailler en commun avec des créateurs euh de de d'acheter du d'acheter de la visibilité euh sur certaines plateformes. Là aussi, c'est très compliqué parce que MTA par exemple, ils ont décidé d'arrêter de sponsoriser les contenus qui considèrent comme étant des contenus politiques.

Donc pour eux considér les contenus politiques, c'est tout ce qui est lié à l'égalité des droits, à aux questions environnementales par exemple. Euh donc euh on essaie de comprendre ça mais il y a aucune assurance que demain on est capable de de hacker leur propre système. Ça c'est une certitude.

Je compléter. Oui. Posz une question sur la question.

Il y a la question je voulais compléter et puis la lignée éditoriale après le euh sur la partie data science. La réalité c'est que la data science c'est de l'analyse. C'est-à-dire que les profils qu'on va avoir, c'est plutôt des profils, si je devais donner des parallèles, c'est plutôt des profils ingénieurs, on va dire, qui sont des gens qui vont comprendre les audiences, qui vont comprendre les plateformes et qui vont ensuite nous faire des recommandations sur des contenus qu'on va pouvoir adapter à ces plateformes.

Pour prendre l'exemple concret, sur un format qu'on va euh publier sur une plateforme comme Instagram, par exemple, on va pouvoir via la plateforme voir quelles sont les populations qui ont été touchées par ce contenu, la tranche d'âge, l'âge, le le les CSP. Et donc en fonction de ces éléments, on va pouvoir savoir si des tranches d'âge ont été n'ont pas forcément été touchées comme il fallait sur le contenu. On va pouvoir également scroller ou en tout cas comparer avec tout ce qui peut être lié à des requêtes sur des moteurs de recherche ou sur des outils, I de sorte à voir si le sujet qu'on va pousser est un sujet qui est resté ou plébiscité par plus largement les consommateurs.

Et c'est entre guillemets toute cette agrégation de données qui va nous permettre demain de travailler des contenus qui soient des contenus les plus en phase avec l'audience. Mais encore une fois, c'est du théorique et ça n'exclut absolument pas qu'un contenu pour qui soit raison ne marche pas. ça n'exclut absolument pas que ben le sujet en question ne soit plus du tout un sujet trusté au moment où nous on va le publier.

Et donc il y a il y a c'est il y a à la fois un sujet qui est et je reviens du coup à la à la caution éditoriale qui est ultra important pour nous qui est d'avoir un IDN particulier spécifique et compréhensible de des audiences de manière générale et je pense que si on parle de Brut Lupsider ou combini les gens qu'on va toucher savent qu'elle va être les disparités ou ou au contraire les points sur lesquels on va se rapprocher et donc les points de complémentarité. Donc ça c'est hyper important, c'est ultra central en fonction des plateformes. Si on prend une plateforme comme Instagram, la notoriété du média, la caution du média va être beaucoup plus importante que sur TikTok.

Par exemple, si on prend une plateforme comme TikTok, la visibilité du contenu en lui-même est beaucoup plus importante que la visibilité du média. C'est-à-dire que on peut s'appeler combini brut ou l'upsider sur TikTok. On peut parce que le contenu va être pertinent pour TikTok, faire des millions de vues comme faire des centaines de vues le lendemain.

Alors que sur Instagram, il y a quand même un prérequis qui est d'installer la marque, d'installer sa n éditoriale, habituer les audiences et donc même si on peut constater des disparités et des différences en terme de performance de contenu, il y a moins d'accidents industriels que ce qu'on peut retrouver sur TikTok par exemple. Donc ça ça demande de comprendre ces plateformes pour nous permettre demain de rester les médias que nous sommes parce que le sujet de la ligito est vraiment central tout en proposant des contenus qui soient adaptés à ces plateformes. Sur la propriété de la data.

Ouais. Alors sur la propriété de la data, bah elle appartient aux plateformes. Aujourd'hui euh on récupère cette data euh enfin c'est nous qui la générons à travers nos contenus mais c'est enfin on la prend des plateformes.

Et vous la prenez les plateformes laissent faire Ouais. Ouais les plateformes laissent faire. documents contractuels avec elle de Non mais c'est c'est évidemment en lien aujourd'hui on est en France donc il faut respecter la RGPD.

Je sais pas comment vous vous appelez, je sais juste qui vous êtes. Enfin est-ce que vous êtes un homme ou une femme votre âge et plus ou moins dans quel environnement géographique vous vivez ? Est-ce que c'est urbain, pas urbain, Île-de-France, pas île-de-Fance ?

Donc ça c'est le sujet. Après c'est une data ce qui est sur nos contenus. Je vais pas je peux pas analyser la data de mes homologues.

Moi je pense qu'il y a un sujet puisque vous parlez de ligne éditoriale des plateformes. Euh on a la chance d'avoir un terrain d'expérimentation qui est large puisque j'ai on je vous l'ai dit on a une rédaction brute aux US en Inde et en Afrique et nous on fait du contenu politique. Aujourd'hui je ne pense pas qu'il y ait de ligne éditoriale des plateformes.

Je pense qu'il y a un sujet qui a pas été posé dans d'ailleurs dans cette commission, c'est le sujet de l'ingérence. OK. [grognement] Euh et nous, c'est plutôt brut en tout cas ça qui nous préoccupe aujourd'hui.

Euh c'est-à-dire que notamment sur les sujets politiques et notamment les sujets politiques internationaux, en quelques secondes, on on peut avoir un bot qui nous publie 500 commentaires. Donc là, c'est un bot pro iranien. Vous avez vous êtes du coup en surmodération du contenu.

Donc, je vous l'ai dit en début, en intro, on a une modération qui est faite par les plateformes, qui est faite par un outil qu'on a automatisé et par nos community managers. Sauf que quand vous avez autant de surmodération, la plateforme peut bloquer, ça nous est arrivé votre notre contenu sur un le conflit euh Iran. Ça nous est arrivé il y a 2 semaines.

Donc la plateforme bloque le contenu parce qu'il y a trop de de modération. Et en fait là, c'est le sujet des bottes et des robots. C'est donc nous, on est clairement exposé à ça.

En octobre, on a été la cible avec un grand média français de presse d'une attaque russe. Donc ils ont créé un faux site brut qui s'appelait info brut qui relayait des fausses informations. Donc voilà.

Donc moi, c'est plutôt ça ma préoccupation. Et un autre sujet sur l'ingérence euh je pense qu'elle vient plutôt des États plutôt que des plateformes en elle-même, c'est que aujourd'hui on a aussi nos équipes américaines quand on leur demande depuis les États-Unis de regarder le contenu de brut officiel, donc brut France depuis les États-Unis, ne voit pas le même contenu que si vous êtes en France. Donc on a remonté ça aux plateformes qui personne ne sait vraiment l'expliquer euh mais nous là c'est un sujet donc heureusement qu'on est aussi maintenant dans le groupe Saméia en fait désolé c'est beaucoup d'anglicisme vous avez un feed donc vous allez là c'était sur TikTok vous allez sur le site de enfin sur le feed de brut on a 20 millions d'abonnés en France bientôt là et en fait on ne voyait pas toujours la vidéo enfin qu'on publie en France donc vous êtes en France vous la voyez vous êtes aux États-Unis C'est une vidéo que vous allez pas forcément voir.

Mais quel pay ? Bah c'est tout le sujet. C'est cétait sur quel sujet ?

C'était le conflit Iran Iran US. Donc nous il y a un sujet là de cybersécurité et d'ingérence qui qui est vraiment important pour nous parce que nous on fait du contenu politique pour le coup. On a un médiat d'information qui est quand même qui a une taille une barre d'audience importante.

On n'est pas qu'en France. Donc voilà. Donc c'est aussi ce sujet là sur lequel heureusement maintenant qu'on est dans le groupe aussi média où il y a énormément de cybersécurité qui peuvent aussi travailler avec nous sur ces sujets et le sujet de l'ingérance c'est quand même un sujet.

Non vous venez de répondre. Alors du coup sur les ingérences de je crois monsieur vous avez parlé des ingérences un certain nombre de pays vous avez dit aussi des ingérence français est-ce que vous avez constaté des des ingérences qui ne viennent pas de l'étranger sur des acteurs français et si oui quelle est la nature de ces ingérences c'est évidemment difficile de savoir d'où viennent notamment les les commentaires qui nous ciblent parfois de façon assez violente menace de mort euh bot divers et variés, insultant dans les commentaires et cetera et cetera. Ce [raclement de gorge] qu'on ce qu'on note, c'est que la polarisation du débat qu'on voit aujourd'hui sur les plateformes, ça passe beaucoup beaucoup dans les commentaires.

Ça peut être beaucoup de signalement et effectivement des sujets qui vont moins bien marcher parce qu'ils vont être extrêmement signalés par des commentaires qui sont toujours les mêmes, des emojis qui sont toujours les mêmes. Ça c'est un c'est un vrai sujet pour nous de aussi de presque de santé mentale parce que il faut il faut quand même pouvoir gérer notamment quand on quand on modère les menaces et les insultes. Et puis il y a surtout moi ce que je vois beaucoup c'est c'est quand quand on s'est lancé il y a il y a une dizaine d'années, je dirais pas qu'on était un peu les les seuls à faire ce qu'on faisait mais on on était les seuls à avoir une capacité à produire du contenu et du volume du contenu et du du contenu de qualité.

Aujourd'hui, comme je le disais, que ce soit via TikTok et un téléphone, n'importe qui peut produire du contenu et avec les IA, n'importe qui peut produire du contenu et beaucoup de contenu là qu'on voit arriver aujourd'hui et notamment dans les dans les dans les feeds de TikTok des contenus qui sont générés à la volée. Il suffit de deux promptes sur sur des I génératives pour générer énormément énormément de contenu. Notre rich baisse à la fois parce qu'il y a de plus en plus de monde, mais aussi parce qu'il y a de plus en plus de gens qui sont en train de produire du contenu de faible qualité qui dupliquent des contenus. euh divers et variés qui les volent et cetera et cetera.

Et ça c'est quelque chose qu'on voit aujourd'hui parce que notre on sent bien que notre ryth se baisse. Les agrégateurs de contenu ont un rôle important justement dans ce qu'est-ce qu'est-ce que vous entendez par agrégateur de contenu ? Les comment Oui.

Alerte info Serfia des choses comme ça. Alors c'est c'est c'est des médias qui existent plutôt pas mal sur sur X qui sont nés de X et qui et qui ont une audience non négligeable. sont essentiellement sur qui sont essentiellement sur qui ont ils font des tentatives sur Insta qui aujourd'hui à la fois parce que l'algorithme de de d'Insta est pas forcément un algorithme du news.

Euh voilà. Bon, peut-être qu'ils vont grossir dans les dans les semaines et les mois à venir, mais aujourd'hui on les voit pas. En tout cas, ce sont les plateformes qui sont les plateformes à très très très haut haute audience.

Moi ce qui me frappe beaucoup, c'est c'est de voir des des contenus qui sont des contenus qui vont être utilisés sur X qui font inf assez peu d'audience mais que tous les rédacteurs en chef vont reprendre parce qu'ils vont considérer que avoir été vu 10000 fois 20000 fois c'est beaucoup dans notre monde à nous c'est rien. Les chiffres de brut sont évidemment énormes. L'sider c'est 1,5 milliards de vidéoves par an.

On est un média plus petit, mais c'est par rapport à ce que moi j'ai connu quand j'étais en Libération Westlight, c'est absolument énorme. C'est c'est aussi ce la difficulté de notre contrat, c'est qu'on a passé un contrat avec des machines qui nous permettent d'avoir des audiences absolument phénoménales et c'est le cas pour tout le monde, y compris ceux qui nous désinforment. Vous avez dit vous avez un contrat avec les patrons ?

Alors non non non, c'est un contrat c'est un contrat donnant, on va dire donnant donnant. Voilà contrat winwin comme on disait il y a quelques années. Moi je moi je dois vous quitter pardonnez-moi parce que j'ai un rendez-vous mais je voulais vous demander votre audience et plutôt on a beaucoup parlé des jeunes.

Vous avez un peu parlé des vieux aussi euh notamment en disant que Insta maintenant il y avait tout le monde. TikTok surtout euh TikTok pardon pas Insta TikTok. Euh ce qui est assez étonnant parce que moi TikTok est toujours plutôt lié à au je Mais quelqu euh c'est important parce que derrière c'est aussi euh qui regarde et euh comment ils regardent et et ce qu'ils en retiennent.

C'est tout la C'est quoi votre vous avez des études de brut combiné ? C'est plutôt jeune ou c'est plutôt tout catégorie ? On est plus jeune on est sans doute plus jeune que les médias traditionnel.

Ouais. Euh on on est assez large et c'est variable en fonction des plateformes. Si je prends le cas de combini, donc on a été créé en 2008. quand on a été créé euh je en parler tout à l'heure le seul réseau social qui était viable et qui existe encore aujourd'hui, c'est Facebook.

Donc les gens qui avaient 20 ans en 2007 ont une bonne quarantaine d'années aujourd'hui. Donc on a évolué avec ces plateformes. Aujourd'hui TikTok, c'est plutôt des gens qui ont une vingtaine d'années, 20 entre 20 et 30 ans, on va dire, si on doit être un peu large.

Donc on on a la capacité justement de par les informations qui nous sont transmises par les plateformes de découper les tranches d'âge en fonction de ces plateformes. sur Facebook, on va être plus vieux, TikTok, on va être plus jeune. Je dirais que le le la plateforme médiane, c'est Instagram.

Je crois qu'on est d'accord là-dessus. Là, on est sur une population plutôt 25 35 ans. Donc on on on est généralement, je pense, entre 20 et 40 45 ans avec une concentration peut-être un peu plus forte autour des 25 35 ans, mais on peut toucher tout le monde.

Ouais. On a une audience extrêmement variée. Euh nous, on a 45 millions de followers en France si vous faites le cumul des plateformes.

Euh effectivement quand je vous disais le cœur de cible 18 35 ans, c'est qu'aujourd'hui on estime qu'il y a 10 millions de enfin selon 10 [raclement de gorge] millions de 18 35 ans. Aujourd'hui, on touche 10 millions mais on a une audience qui s'est énormément élargie puisque les réseaux sociaux dans leur mode de consommation ne sont plus consommés uniquement par des jeunes. Et on l'a vu dans les derniers mouvements sociaux aussi.

Euh les partis politiques l'ont compris. Euh donc voilà, donc nous effectivement même sur TikTok aujourd'hui en vrai c'est un peu euh c'est un média de masse pour nous. On a toutes les tranche d'âge aujourd'hui sur TikTok.

On va attendre 20 millions d'abonnés. C'est c'est vraiment une audience très très large. Donc la première plateforme chez Brut, c'est c'est Insta qui est TikTok et devient très enfin la deuxième plateforme et grandite.

Facebook on pensait que c'était un réseau qui était moins visible et pas du tout et ça reprend et très ancré dans les territoires dans les régions. YouTube la première chaîne de télé. Euh donc voilà, donc on s'adapte.

En tout cas, on a une audience extrêmement variée. Dire qu'on est des médias pour les jeunes, ça serait vraiment daté. Ça serait un discours de il y a 10 ans.

Euh donc voilà. Donc aujourd'hui, on on touche tout le monde. Et dans les sujets, j'ai je vous en verrai dans le dans le détail euh mais euh 28 % des sujets les plus regardés, c'est sur la société.

La culture et les arts, c'est 15 %. La santé c'est 5 %, le sport c'est 5 %. Après, par rapport à tout notre offre éditoriale à nous, euh ça dépend des lignes enfin des offres éditoriales, mais on vous enverra le détail.

Euh voilà, voilà, je vous enverrai le détail. Passionn. Merci beaucoup pour vos explications.

Merci monsieur. Merci monsieur président. Merci.

Et on attend aussi la réponse questionnaire c'est des choses on va préciser préciser donnera. Merci beaucoup. Merci à vous.

Merci. Venez voir OK. Oui.

Non mais