Au-delà des fantasmes, quelle est la réalité des migrations aujourd’hui ? | #Amfis2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Je suis donc Michael Hidrac. Je suis coordinateur du livret migration pour la France insoumise. Je suis enseignant chercheur également.
J'enseigne en Belgique et en France, accessoirement un petit peu au Québec aussi. Je vais introduire la conférence de cet après-midi où je suis accompagné de plusieurs de plusieurs personnes. pour vous donner un petit peu les modalités, on va chacun faire notre présentation avec une ligne directrice qui est celle ben de débunker un peu ce qui peut se dire comme horreur sur l'migration de population, de déconstruire certaines représentations qui sont propagées notamment par les médias et d'avancer un petit peu sur différentes pistes qui nous amèneront à avoir une vingtaine ou une trentaine de minutes d'échange en fin de conférence puisqu'on se donne environ Nous chacun à peu près 20 minutes de d'intervention.
Donc après moi, ça sera Tania qui prendra la parole. Tania Rachot que certains connaissent peut-être de l'époque de desinfox migration. Tana qui est chercheuse, maître de conférence associé qui fait aussi beaucoup de choses dont elle nous parlera.
Ensuite, ça sera Jean-François Coulom qui est député qui est donc le le parlementaire qui a travaillé avec nous sur sur cette conférence. Et on conclura par Brune Béal qui est juriste, qui est de l'association tous migrants et qui nous fera un témoignage de lutte sur ce qu'elle vit dans son quotidien notamment du militantisme à la frontière franco-italienne qui nous en dira plus également. Pour la première partie de cette conférence que je vais introduire, moi je vais commencer ce que je voulais faire c'était de déconstruire en premier lieu quelques représentations et replacer les migrations contemporaines dans le casre théorique du matérialisme historique puisque l'instrumentalisation des migrations de population par la droite et par l'extrême droite, elle s'inscrit dans un rapport de lutte des classes.
Je vous ferai part ensuite de notre travail programmatique qui est réalisé au sein de la France insoumise à travers le livret immigration que je coordonne à propos d'un thème qui me tient à cœur et sur lequel on bosse pas mal en ce moment qui est la féminisation des migrations contemporaines mais surtout la visibilisation des femmes dans les études migratoires puisqu'elles se déplacent comme les hommes depuis la préhistoire mais qu'elles sont souvent les grandes absentes en fait des études à partir desquelles on tire des généralités et je conclurai par une rapide analyse du rapport de l'extrême droite aux migration de population en prenant l'exemple de la ville de Perpignan où j'habite qui est tenue par Louis Aliot et euh et il s'avère que j'ai été désigné comme co-chef de fil aux élections municipales pour la ville de Perpignan et je replacerai l'exemple de cette ville dans le propos que je vais que je vais vous proposer. Vous verrez comment il est plus qu'important de garder en tête le cadre de la lutte des classes quand on s'oppose au Front National et quand on s'oppose au Front National sur le racisme et sur les questions de migration de population. Alors bon, on vous parle beaucoup de migration à la télé tout le temps en vous disant que c'est compliqué, en vous disant que c'est trop compliqué pour vous aussi et on a une fâcheuse tendance à inviter des experts qui n'en sont pas sur les plateaux.
BFM m'a jamais appelé. Euh Tania vous en parlera mieux que moi parce qu'elle connaît mieux le milieu des médias que moi, mais on peut déjà commencer par déconstruire cette complexité supposée puisque une migration c'est aller d'un point A à un point B en fait et ça je pense que tout le monde est capable de le comprendre. Les migrations de population elles sont étudiées du point de vue des sciences sociales surtout à partir de l'industrialisation des USA.
On les explique à travers des facteurs attractifs d'une part, les salaires dans les usines américaines et répulsif d'autre part l'instabilité dans les pays les plus au sud. On a donc des profils qui vont d'un point A à un point B pour travailler dans les usines américaines. Bon évidemment ce schéma, il est devenu un peu simpliste et on est désormais toujours sur un point A et un point B, mais on a une multitude de points A prime entre les deux.
Alors pourquoi vous allez me demander ? Et bien, on explique ça à travers des travaux autour de deux concepts pour aller à l'essentiel. Le premier c'est celui de projet migratoire.
Tant on s'est rendu compte que ce projet migratoire était pas forcément ficelé avant le départ. Le projet migratoire, il évolue pendant le parcours migratoire et il s'auto-entretient en quelque sorte durant le voyage. Tout est circulaire et tout s'autoent d'ailleurs quand on parle de migration de population.
Là, ensuite, vous allez me demander comment le projet est enrichi durant le parcours. En premier lieu, c'est au gré des rencontres. C'est ce qu'on appelle les réseaux migratoire.
Concrètement, les rencontres que vous allez faire sur votre parcours vont influer sur votre trajet. Mais ce qui est intéressant avec ces travaux sur les réseaux, c'est qu'on se rend compte que les gens restés au pays vont aussi avoir une influence grâce aux informations qui peuvent être échangées, notamment grâce au smartphone et aux réseaux sociaux. Quand on vous dit à lui c'est pas un réfugié parce que de toute façon il a un smartphone, ayez en tête que le smartphone c'est un outil de survie.
Typiquement quand on part, la seule chose dont on est sûr c'est qu'on part puis on s'arrête, on travaille, on poursuit avec d'autres personnes, on change d'avis, on se retrouve face à des frontières fermées, on fait des détours et cetera. Pourquoi je dis ça ? Parce que bien évidemment le discours voulant que l'Afrique vise l'Europe pour des prestations sociales est totalement faux.
D'après les statistiques des agences onusiennes, il y aurait 281 millions millions de migrants dans le monde. Ça fait 3,6 % de la population totale. Certains diront "C'est trop, on les connaît." Mais moi, je réponds surtout que c'est structurel et qu'il y a 50 ans, il y a 70 ans, on avait déjà 3 % de la population mondiale en situation de migration.
Il ne peut pas ne pas y avoir sur notre planète 3 % de la population en situation de migration. Pour déconstruire encore un peu plus le discours médiatique sur le nombre prétendument trop grand, faut définir ce que c'est un migrant du point de vue juridique. Puisque migrant économique, ça n'existe pas.
C'est un terme au mieux politique et au pire journalistique. Selon le bureau de la population des Nations- Unies, en fait, un migrant, c'est quelqu'un qui est dans un pays dont il a pas la nationalité pendant une durée supérieure à 1 an. Typiquement, vous allez bosser 1 an et un jour en Espagne.
Au bout de ce jour, pour l'ONU, vous êtes des migrants. Si on regarde l' migration forcée, les gens sur qui se braquent les projecteurs parce que c'est ceux qui sont susceptibles d'arriver de manière irrégulière, c'est 122 millions de personnes. Donc vous pouvez voir que parmi les migrants, les personnes en situation de migration forcée, c'est même pas la moitié.
Et si on regarde les réfugiés qui correspondent aux critères de la convention de Genève, puisque réfugié c'est un statut, c'est pas comme on nous dit d'un côté les gentil réfugiés ukrainiens et de l'autre les méchants migrants afghans. Non, c'est une protection internationale qui est accordée par le commissariat au réfugiés. Il faut que si on regarde les réfugiés, il y en a 43 millions dont 6 millions de Palestiniens sous le mandat de Lunoi qui est l'agence de l'ONU qui est dédiée à la question palestinienne. 2024, il y a 239000 entrées irrégulières au sein de l'Union européenne.
L'Union européenne, c'est 449 millions d'habitants. Donc, vous voyez où je veux en venir. La submersion migratoire, c'est du flanc. et les 122 millions de personnes en situation de migration forcée, c'est pas à nos portes qu'elles viennent se présenter.
Nous ne sommes pas en crise migratoire comme on nous dit depuis 2015 où il y a eu à peu près 1 million d'entrées irrégulières au sein de l'Union européenne. Parce que même si on avait un million d'entrées par an pendant 50 ans, d'un point de vue d'un point de vue démographique, ça resterait insuffisant dans la mesure où nous ne faisons pas assez d'enfants. Nous, chercheurs sérieux, on considère surtout qu'on vit une crise politique de la protection internationale parce qu'on accorde plus l'asile pour des raisons électoralistes mais qu'on ne vit en rien une quelconque crise migratoire ou une quelconque crise du nombre.
Dans mon boulot, ce que je fais, je travaille avec ces gens qui sont potentiellement parmi les 239000 qui vont rentrer de façon irrégulière. Je travaille sur ce qu'on appelle les camps de réfugiés. Pour conclure ma première partie, je voudrais vous parler un petit peu de ça parce que cette multiplication des camps aux portes de l'Union européenne, la mise en œuvre insensée, injustifiée, injustifiable d'une Europe forteresse, c'est en raison de politique migratoire restrictivies.
C'est une situation qui est entretenue volontairement. Je vous laisse vous renseigner sur des textes comme le règlement du blin dont on a beaucoup entendu parler sur les horreurs commises par l'agence Frontex depuis la modification de son statut sur le pacte Asie l'immigration qui aggrave le tout. Et si je voulais vous parler des camps euh parce qu'il y a 122 millions de personnes, on a dit déplacer de force en raison de persécution, l'immigration forcée, persécution, conflit, violence, violation des droits humains.
Et parmi ces personnes-là, il y en a 36,4 millions qui sont des réfugiés. Et parmi ces 36 ces 36,4 millions, il y en a 6 qui sont dans des camps. 6 millions de personnes vivent aujourd'hui dans des camps.
Et il y a un des chercheurs qui s'inscrivent dans un cadre théorique bien particulier qui parlent d'encampement du monde. Nouvelle modalité de gestion de certaines populations. Le camp de Dadab au Kenya a longtemps été le plus gros. 500000 personnes.
Il a été dépassé en 2018 par Cutopalong au Bangladesh. 700000 personnes. Donc vous voyez à quel point c'est indispensable de continuer à développer des connaissances scientifiques sur cet objet.
Pourquoi je voulais conclure cette première partie par ça ? Ben vous avez noté que les plus gros ne sont pas dans les pays qui ont les économies les plus développées. Ben figurez-vous qu'en cas de migration forcé des flux migratoires sont des flux entre pays dit du sud.
Quand vous fuyez une guerre dans un pays pauvre, vous allez dans le pays pauvre. d'à côté. Vous vous demandez pas si les prestations sociales sont meilleures en France ou en Belgique.
Maintenant que ce décor là il est planté, il faut comprendre que l'immigration, c'est pas un phénomène qui est purement humanitaire ou culturel, mais que c'est enraciné dans des dynamiques économiques, impérialistes et capitalistes. Premièrement, ayant en tête que les migrations sont un produit des rapports de production capitalistes mondiaux. Capitalisme se développe de manière inégale, vous le savez.
Certains pays deviennent des centres de production, d'autres des périphéries. Ça crée des zones de richesse et de pauvreté structurelles qui vont être génératrices de migration. Par exemple, les migrations d'Afrique vers l'Europe, c'est une conséquence de la destruction des économies vivrières par l'agriculture d'exportation, les accords de libre échange et cetera.
C'est pourquoi le livret immigration de la France insoumise que je coordonne ben demande de mettre un terme avant tout aux accords économiques inéquitables qui place les pays du sud dans une position de soumission et qui génère de la migration. Nous ce qu'on veut c'est que les gens aient la possibilité de vivre dans leur pays et ça passe par la dénonciation des accords économiques inéquitables. Mais pourquoi on m'écoute pas en dehors de la France insoumise ?
Bah c'est parce que le capitalisme s'accommode de cette situation dans la mesure où les travailleurs migrants, c'est une armée industrielle de réserve. Marx parlait de surpopulation relative pour décrire la situation de ses travailleurs qui avaient à peu près aucune chance d'être officiellement entre guillemets enrôlé par le capital parce que les migrants sont bien intégrés pourtant dans les économies capitalistes selon les besoins du marché du travail mais sans droit avec des bass salaires et avec une flexibilité toujours entre guillemets dangereuse voir inhumaine. Prenons les travailleurs saisonniers agricoles, prenons les personnels de soins, prenons les livreurs par exemple.
Deuxièmement, faut pas occulter le rôle des impérialismes, des guerres et des politiques néocoloniales. L'immigration, c'est un produit du pillage impérialiste. L'extraction des ressources, la dette, les interventions militaires, c'est des facteurs de déstabilisation structurelle.
L'impérialisme économique, il entraîne souvent la destruction de l'appareil productif local également et la migration devient la seule issue. Guerre casopolitique, c'est qu'une conséquence du capitalisme mondialisé et des impérialismes. On prend la Syrie, on prend la Libye, on prend l'Afghanistan.
C'est des conflits qui sont nourris par des intérêts géostratégiques liés contrôle les ressources au commerce d'armes et cetera. Garosahel, elle est pas séparable des intérêts miniers par exemple et énergétiques dans la région. Et enfin troisème élément, creusons un peu sur la fonction des migrants dans les économies capitalistes développées.
Ces migrants sont une force de travail hyper précaire. Vous savez qu'ils occupent souvent les métiers les plus durs, les moins payés, les métiers les moins stables. Et parmi eux, parmi les migrants qui occupent ces posteslà, les sans papiers sont souvent tolérés parce qu'ils sont utiles économiquement mais exclus politiquement.
Pour résumer trivialement, le capitalisme d'aujourd'hui ne peut pas exister sans les sans papiers. D'où notre volonté à la France insoumise de régulariser tous les travailleurs sans papier. Et si le capitalisme se réjouit de leur apport, c'est parce que leur condition, elle va fragmenter la classe ouvrière.
C'est ni plus ni moins que du divisé pour mieux régner. Et les migrants sont utilisés pour casser les solidarités ouvrières. Les discours racistes viennent au chevé du capitalisme pour détourner la colère populaire vers les étrangers plutôt que vers les structures du capital, ce qui serait beaucoup plus naturel et beaucoup plus logique.
Alors bah que faire demander Lénine. Faut repenser la migration en terme de lutte de classe et en terme d'alliance. Les travailleurs migrants, c'est pas une menace, mais c'est des alliés objectifs dans la lutte contre le capital.
Quand on lutte pour leur droits, on lutte pour les droits de tout le monde. Il y a une perspective anticapitaliste et anticoloniale qui passe par la remise en cause des caus structurelles des migration. Néolibéralisme, extractivisme, militarisation.
Il faut exiger à la fois la liberté de circulation, mais aussi et ça c'est le mantra de la France insoumise, le droit de ne pas migrer à travers des conditions de vie digne dans les pays d'origine. Maintenant, je vous ai dit qu'au milieu tout ça, j'avais envie de parler des femmes. Pourquoi ?
Tout d'abord, parce que les femmes sont les grandes absentes des études migratoires alors que les femmes bougent comme les hommes depuis la préhistoire. Il a fallu attendre 1984 pour que les sciences sociales se mettent à travailler sur cette question à travers un article de Myiada Morokazic qui s'appelle "Les oiseaux migrateurs sont aussi des femmes." Ça mieux par la suite avec le développement des études de genre avec l'intersectionnalité plus récemment.
Ce qui est passionnant dans les premiers travaux sur l'immigration féminine, c'est que bon déjà on documente pourquoi et comment les femmes migrent, dans quel cadre, les risques qu'elles encourent. Mais la petite pépite selon moi, fait peut-être pas tous le même constat, mais je vous partage le mien, c'est que les femmes participent aux migration, même dans le cas des migrations d'hommes seul. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ben ça veut dire que s'il y a migration, il y a femme. C'est un invariant ça. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que ça peut être une petite amie, une mère, des gens qui sont restés au pays et que l'homme ne progresse dans son parcours migratoire qu'à travers les échanges qu'il entretient avec un certain nombre de fins. Et ça, ça apporte quelque chose de supplémentaire à des travaux qui ont été plus développés sur le concept que je présentais au début de réseau migratoire. Je vais pas vous faire un cours mais je vais vous proposer deux trois petites choses en terme de stat pour que vous compreniez maintenant pourquoi il faut avoir une réponse politique à la hauteur sur la migration des femmes.
En situation de conflit, il y a 70 % des femmes d'après l'ONU qui ont subi des violences fondées dans fondé sur le genre dans des endroits exigus comme les camps où je travaille. Je vous laisse imaginer l'étendue des dégâts. Un exemple, vous souvenez peut-être du camp de calé qui a eu en France qui a compté jusqu'à 10000 personnes.
Bah le gouvernement Hollande de l'époque et son audieux ministre de l'intérieur avait interdit l'ONG gynécologue sans frontière d'y intervenir. Il a fallu que ce soit l'école qui les cache dans les locaux de l'école de façon totalement masquée sur le chemin de l'exil. D'après un autre rapport des Nations- Unies, neuf femmes sur 10 ont déjà subi des violences sexuelles et je cite "Ont dû payer des pots de vin en réalisant des faveurs sexuel auprès de passeurs ou de groupes entiers de migrants." Édifiant.
Alors, pourquoi les femmes migrent ? Ce qui change parmi les migrations masculines, répression politique, accès au droit, répression LGBT, catastrophe naturelle. Et bien on a des facteurs cumulatifs qui ne vont toucher que les femmes puisqu'on peut ajouter Pelmel les violences sexuelles, les mutilations génitales, les mariages forcés, les crimes d'honneur et les violences conjugales.
Ça fait beaucoup. On pense beaucoup à l'Afghanistan quand on parle de droits des femmes, mais seulement il y avait qu'un Afghanistan et seulement des Afghans qui sont sur les routes. On prend le Soudan. 1,63 million de femmes àâge de procré n'ont pas accès au aux services de santé intimes nécessaires.
Prenons le Congo, 27000 cas de violence sexuelle l'année dernière sur 2024. Prenons l'Ukraine, 72 % des personnes inscrites au chômage sont des femmes. Tout ça pour dire que si les violences sexuelles sont les plus documentées à juste titre parce que le viol c'est une arme de guerre, faut pas détourner le regard des autres facteurs qui poussent les femmes sur la route de l'exil.
Et la réponse politique, elle est souvent pas à la hauteur. Les politiques migratoires respectent plus le droit d'asile et font que la situation des femmes en migration devient de plus en plus complexe. Dans la grande majorité des cas, les programmes des partis politiques qui soient de nos partenaires de gauche ou de droite ne sont pas à la hauteur.
Il y a des chiffres qui sont pas bons, il y a des concepts qui sont mal construits et si ce travail est pas fait, on aura tous du sens sur les mains. Il y a urgence à ce que le politique se mette à la hauteur et il y a une façon de le faire et c'est ce qu'on doit commencer à travailler à la France insoumise et c'est ce que je tiens à continuer à développer, c'est qu'il y a une nécessité à graver dans le marbre la reconnaissance des violences subies durant le durant le parcours migratoire des femmes. Il faut garantir ça.
Quand une femme dit qu'elle a subi des violences sexuelles dans un entretien pour déterminer si elle peut obtenir le statut de réfugié ou pas, bah il faut qu'il y ait obligation de la croire parce que sinon c'est trop facile de dire c'est pas vrai et c'est trop facile de ne pas accorder le statut de réfugié. Donc on avance sur ça d'un point de vue programmatique et euh on pourra en parler dans les questions pourra voir pourquoi c'est pas fait, pourquoi euh ce que ce que je vous dis là, ça peut sembler très peu mais c'est déjà énorme. J'espère qu'on aura des discussions là-dessus et je vais conclure sur mes combats locaux avec quelque chose qui est en fait un cas pratique hein de la remise en en perspective des migration de population dans le discours du rassemblement national avec une lecture du point de vue de la lutte des classes.
Je suis originaire de Perpignan. Je vais faire face à quelqu'un qui s'appelle Louis Alliot qui est l'ancien compagnon de Marine Le Pen. Et pour lui, parler de migration de population, c'est un fond de commerce.
Il parle que de ça en fait. Il a une arme de xénophobie massive payée avec nos impôts qui s'appelle la police municipale. Au-delà des punchlines sur les mineurs non accompagnés, d'autres propos douteux, il y a des médias comme Blast ou Street Pest qui m'appelle de temps en temps parce qu'il travaillent là-dessus.
Et un des deux, je sais plus lequel c'est, a fait un article où il a qualifié la police municipiale de Louis Alliotice au service du projet d'extrême droite du maire. Louis Alot a porté plainte, il a perdu. Donc, on peut dire que la police municipale de la mairie de Perpin est une milice.
Mais il faut analyser son action de façon euh sérieuse avec un véritable cadre théorique. Sa police municipale surarmée et ses caméras de surveillance, elles entrent dans une logique de transformation depuis son élection en 2020 euh de Perpignan en laboratoire de la stratégie du RN. Derrière une façade de respectabilité, ils mettent en œuvre des politiques qui renforcent les divisions ethniques et sociales de façon volontaire.
Quelques exemples. Mars 2023, Alot organise une exposition intitulée 60 ans après, l'histoire se répète, FLN et Amas, même méthode, même stratégie. Dans un parallèle qui est tout aussi ignoble qu'historiquement faux, la municipalité a attribué le nom de Pierre Sergent, ancien chef de l'OS à une esplanade de la ville.
Cette décision, elle a été annulée par le tribunal administratif de Montpellier qui a jugé qu'elle était nature la sensibilité du public. Mais il persiste récemment. C'est un équipement sportif qui a hérité du nom de Jean-Corola.
C'est un champion olympique, pas de problème. Mais c'est surtout un milicien qui a été frappé d'indignité nationale à la libération. En matière de culture, entre gros guillemets, de culture selon l'extrême droite, la municipalité soutient des assauts qui sont nostalgiques de l'Algérie française et elle marginalise les initiatives progressistes en renforçant et même en inventant une vision identitaire et conservatrice de la culture locale.
Mais pourquoi il fait ça ? C'est un cas pratique tout simplement de ce que je vous ai dit tout à l'heure sur le rapport migration lutte des classes. C'est parce qu'il est issu d'un parti néolibéral qui s'accommode parfaitement de l'opposition des travailleurs pauvres entre eux et que c'est une démarche purement électoraliste.
Mais ça on le savait déjà. Il y a chez moi beaucoup d'agriculteurs, d'ouvriers, de personnes au chômage. Son objectif, il est de détourner leur regard pour les amener à détester les travailleurs étrangers.
Derrière un discours soit-disant antisystème, le RN ne s'attaque jamais aux véritables causes des souffrances sociales. Il occulte les responsabilité du capitalisme, du patronat, des politiques d'austérité et il désigne un bouquet émissaire qui lui va bien, qui finalement assez commode, l'étranger, le migrant et surtout le musulman. C'est une vieille recette détourner la colère des dominés vers d'autres dominés.
La xénophobie du RN, elle est fonctionnelle pour le capitalisme. C'est euh une xénophobie qui protège l'ordre économique en place en divisant les travailleurs selon leur origine, leur couleur de peau, leur religion. Il parlent pas d'exploitation, il parle d'identité et au lieu de remettre en cause les inégalités structurelles, il les naturalise et il les ethnicise.
Vous savez que dans définition de l'extrême droite, il y a une véritable conception organiciste de la société. C'est un discours qui menace jamais la bourgeoisie mais qui la renforce parce qu'il l'empêche l'unité de classe. Il va fragmenter le camp des exploités.
Il sabote toute possibilité de conscience collective. C'est pour ça il faut pas nous insoumis qu'on oppose la lutte contre le racisme à la lutte des classes. Les deux sont liés.
Le racisme, c'est un outil de gestion capitaliste, c'est un instrument de domination et c'est un diviseur politique. Il y a qu'une seule réponse, hein, face à ça qui est réellement subversive, c'est l'internationalisme. Je dis pas ça pour dire un joli mot parce que c'est l'université d'été.
C'est pas un mot abstrait, c'est l'idée concrète que les travailleurs, qui soient français, malien, syriens, roumains, ont des intérêts communs face aux mêmes logiques d'exploitation, de précarisation et de répression. On doit continuer à marteler cette chose simple mais radicale ou radical mais simple comme vous voulez. Nos ennemis c'est pas les migrants.
Nos ennemis c'est ceux qui ferment les usines, qui cassent les services publics et qui détruisent nos conditions de vie. On est les seuls, les insoumis à pouvoir apporter un peu de raison politique là-dedans et à recréer un espace de solidarité populaire entre les travailleurs. C'est en étant solidaire qu'on pourra reprendre au Rassemblement national ce qu'il vole au travailleurs et je vous donne rendez-vous dans 7 mois pour fêter la victoire aux élections municipales à Perpignan.
Je vous remercie et je passe la parole à Tania. Merci alors merci pour l'invitation déjà ravie d'être ici et surtout franchement c'est un beau cadre pour parler d'un très beau sujet et pour fâcher Michaell tout de suite je sais pas si je suis d'accord sur le fait que c'est pas compliqué comme sujet justement je vais plutôt démarrer par le fait de dire que quand on dit migration en réalité il y a tout un tas de de de vocabulaires de variétés de personnes surtout qui se cachent parce qu'on peut être migrant on peut être immigré on peut être réfugié Et euh moi, j'ai plutôt axé effectivement mon intervention sur les questions de traitement médiatique de cette réalité complexe ou d'absence du coup de traitement médiatique de cette réalité complexe. puisque finalement dans les médias, on a plutôt une vision très simpliste de ce qu'est la migration, très unique avec d'une part un seul mot qui est utilisé en permanence, c'est migrant et d'autre part une seule image que vous avez déjà en tête du coup j'imagine de personnes qui arrivent sur un bateau, un bateau précaire et qui sont très nombreux sur ce bateau et qui sont par ailleurs plutôt des hommes euh aussi probablement plutôt de pays africains sub-sahariens.
Euh alors, on a quand même le sujet initial qui est quelle est la réalité des migrations ? Donc à partir du moment où on a un traitement médiatique unique avec une image unique et un mot unique, quelle est quand même cette réalité ? Est-ce que on peut vraiment dire que quand on parle de migrants, on utilise ou de migration en façon générale, on utilise que cette image.
Alors euh donc finalement la question c'est combien de personnes arrivent en bateau chaque année ? Euh et ça alors déjà c'est Frontex qui nous le dit. Donc Michael a mentionné l'agence rapidement si vous la connaissez.
C'est donc une agence européenne de garde-de côte et de garde frontière qui notamment donne les chiffres mensuels, bimensuels et annuels des personnes qui arrivent en situation irrégulière à toutes les frontières de de l'Union européenne. Déjà on n pas de chiffre pour la France strictement donc c'est déjà toute l'Union européenne. Ensuite, il faut savoir que il détecte des passages, pas des gens.
Donc une personne qui peut-être a tenté cinq fois le passage est détecté et compté cinq fois. Donc le chiffre est à prendre avec des pincettes. Alors concrètement en 2024, c'était 239000 sur toute une année de personnes qui sont arrivées à toutes les frontières extérieures, ce qui revient à 0,5 % 0,05 oui pour de la population européenne sur une année.
Et par ailleurs, quand on se projette sur la route de Méditerranée centrale, puisque là c'est toutes les routes, on descend à 66000 arrivé en 2024. Euh alors en 2023, c'est 380000 détections. Donc il y a quand même 100000 détections d'écart d'une année à l'autre euh qui s'explique par différentes raisons.
Donc pour on pourrait y revenir après. Euh mais quoi qu'il en soit, ça reste des chiffres qui sont quand même assez relatifs. Et par ailleurs, des personnes qui arrivent par bateau en situation irrégulière en France, bah on n a pas.
Donc c'est intéressant quand même de voir que c'est quand même l'image de tous les articles de presse, de toutes les interventions télévisuelles. Voilà, dès qu'on évoque la migration, c'est cette image seulement qui apparaît. Et cette image en plus, elle vient donner une idée littéralement de submersion.
On en a parlé pas mal du sentiment de submersion euh évoqué par François Beou et l'image y participe clairement puisque on voit des personnes qui débordent sur un bateau et qui arrivent par la mer. Euh là où c'est très problématique, c'est que ce traitement médiatique parcellaire aboutit à des solutions politiques qui sont très graves pour les personnes concernées. D'une part, il y a la mise en place d'une politique d'externalisation.
Vous avez peut-être déjà entendu aussi parler de cette idée qui est de faire en sorte que les personnes ne partent pas en fait, ne puissent pas partir. Et donc comment on fait ça ? Et bien, on donne de l'argent à des pays autour de l'Union européenne pour que ils bloquent leur frontières.
Et donc c'est le cas récemment de la Tunisie mais c'est le cas de façon plus ancienne avec la Turquie. Et on a pu documenter le fait que par exemple la Tunie finalement donc déplace les personnes qui veulent prendre le départ vers le dessert le désert et les laisse mourir tout simplement dans le désert. Euh et ça finalement par le biais d'accord avec l'Union européenne parce que on serait submergé.
Euh par ailleurs et ça c'est aussi assez intrigant, cette externalisation poussée euh met l'Union européenne au enfin comment dire soumet l'Union européenne aux mains de ces pays tiers, la Turquie, la Tunisie et cetera. Si d'un coup ils sont pas contents avec la politique de l'Union européenne, bah qu'est-ce qu'ils font ? Ils disent "On ouvre les frontières".
Donc la personne qui circule euh qui migre euh devient en fait un pion dans un jeu politique. Euh et d'autre part plus récemment, il y a cette idée d'instrumentalisation justement des personnes qui se déplacent et ça c'est l'exemple polonais. Euh c'est-à-dire que depuis quelques années euh à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie, bien des personnes qui sont envoyées par euh les Biélorusses ou les Russes euh à la frontière pour faire pression justement sur l'Union européenne.
Euh sauf que les Polonais ne les accueillent pas alors que ce sont des personnes notamment syriennes en demande d'asile et que les règles impliquent que les frontières doivent s'ouvrir pour toute personne qui demande l'asile pour les accueillir le temps de l'étude de la demande d'asile. Or, l'Union européne qu'est-ce qu'elle a fait ? Bien, elle a qualifié cette action d'instrumentalisation de la demande d'asile.
Elle a dit que c'était une menace hybride. Donc des personnes qui sont envoyées aux frontières sont des menaces hybrides. Pareil en pratique, il s'agit d'une centaine de personnes par jour.
Et là, il y a eu récemment aussi des nouveaux vols depuis la Libye vers Minsk. Et donc voilà. Et ça aboutit à quoi ?
Et bien l'Union européne en décembre dernier dit à la Pologne et bien pas de problème pour suspendre la demande d'asile. Voilà, vous êtes en danger donc suspendez la demande d'asile. Il y a une menace hybride à vos frontières et donc finalement le jeu politique entre des pays bah clairement a des conséquences très graves sur des personnes, des familles, des femmes et des enfants qui se retrouvent sans solution, coincés entre deux frontières puisque ils sont repoussés des deux côtés.
Et cette instrumentalisation, elle a été réglementée dans le cadre du pacte que tu as mentionné, c'est-à-dire le pacte asile migration de l'Union européenne. C'est donc un nouveau paquet de règles sur les questions d'asile qui a été adopté l'année dernière mais qui sera en place en juillet 2026. Donc, autant vous dire qu'on va avoir une nouvelle loi et de nouveaux débats d'ici juillet 2026 en France parce qu'il va falloir faire des adaptations.
Euh et donc cette instrumentalisation, elle est inscrite dans le pacte et donc elle va être normalisée euh pour lutter contre des menaces hybrides selon le vocabulaire de l'Union européenne. Bon, alors est-ce que il y a quand même des choses à faire parce que je dép une actualité qui est pas très réjouissante et donc on peut essayer de se poser la question de qu'est-ce qui se fait quand même pour réfléchir à d'une part influencer le traitement médiatique ou ou en tout cas faire en sorte qu'il y ait une progression et aussi par ailleurs sur les questions plutôt de discours politique. Alors déjà, on peut essayer de s'inspirer d'autres exemples.
Alors, il y en a pas beaucoup, je sais, mais le seul pays européen qui essaie un petit peu de faire différemment, c'est l'Espagne. Actuellement, l'Espagne a un discours qui est le enfin qui est, je sais pas, positif vis-à-vis des migration et c'est le seul, c'està-dire le premier ministre qui dit alors en octobre 2024, il a dit "L'Espagne doit choisir être un pays ouvert et prospère ou un pays fermé et pauvre." Nous avons choisi la première option où tout récemment en juin 2025 en parlant à un député d'extrême droite, il lui demande "Mais pourquoi vous déshumanisez les migrants ?
Pourquoi est-ce que vous les détestez autant ? ce sont des personnes qui ont traversé l'horreur pour venir travailler. Donc ça c'est le premier ministre qui le dit, ce qui est quelque chose qu'on entendrait pas de la part de nos gouvernants et d'ailleurs nulle part ailleurs en Europe. ou encore le ministre de la politique territoriale à propos des mineurs non accompagnés qui sont souvent la cible aussi de désinformation qui disait récemment oui cette année que l'Espagne avait été en capacité d'intégrer pleinement les mineurs ukrainiens et que ce sont les mêmes enfants actuellement qui ont le même âge mais que la seule différence c'est la couleur de peau et qu'il faut donc quand même leur de leur permettre d'être accueilli dignement.
Et donc ça c'est le ministre de la politique territoriale en Espagne. Alors évidemment, il y a des critiques quand même à faire vis-à-vis de la politique espagnole, hein, euh puisqu'ils sont assez euh euh investi dans l'externalisation quand même et que ça reste très utilitariste, c'est-à-dire que l'objectif absolu, c'est l'économie espagnole. Mais en attendant, ce discours influe beaucoup sur la façon dont les médias vont se saisir ensuite du sujet et dont l'opinion publique se forge.
Euh alors, il y a aussi la question directement de en France du travail journalistique et donc en avril dernier, il y a une charte de Marseille qui a été adoptée. Je sais pas si vous avez entendu parler de cette charte. Donc là, l'idée c'est que ce sont des journalistes qui s'intéressent aux questions de migration qui ont voulu finalement s'emparer du sujet un peu comme la charte sur l'urgence écologique climatique, je sais plus exactement le nom d'ailleurs.
Et donc la charte de Marseille, c'est une charte déontologique qui a pour objectif de guider les journalistes vers une couverture précise, complète et respectueuse des questions et donc qui veut promouvoir un journalisme responsable euh qui contextualise davantage les migrations. Vous pouvez regarder sur internet, il y a le texte, il y a 11 principes dans cette charte de Marseille. euh le respect de la dignité des personnes concernées, la lutte contre les stéréotypes, la formation continue parce que jusqu'à l'année dernière en fait dans les écoles de journalisme en France, il y avait pas de cours sur l'immigration.
C'est un un sujet qui est tous les jours dans les médias et ça n'est pas enseigné dans les écoles de journalisme. Donc c'est en train de changer mais c'est tout récent. Euh et dans la charte, il y a un exemple qui crispe beaucoup beaucoup les médias français et de façon générale aussi les politiques, je pense, qui est la question de la précision de la nationalité d'une personne qui commet un acte de délinquence.
Faut-il ou non donner sa nationalité ? Alors évidemment, la charte ne dit pas s'il faut le faire ou pas. Elle dit juste il faut en tout cas s'interroger de l'utilité de la précision. quand on a un acte de délinquence, est-ce que la problématique c'est ce sont les violences faites aux femmes ou est-ce que la problématique c'est une question d'éloignement ?
Voilà. Et quand on précise systématiquement la nationalité, évidemment le débat euh et bien se déplace vers une question d'éloignement comme on assiste actuellement en France systématiquement en cas d'acte de délincence commis par des étrangers. Alors ça crispe parce que ça donne l'impression qu'on cacherait une part de vérité en ne donnant pas la nationalité mais c'est pas forcément le sujet.
Alors pour donner un contreexemple assez intéressant en Allemagne alors ça date de 2016 mais il y a un média régional qui s'appelle Zitong qui avait fait un test de donner la nationalité de toutes les personnes qui commettent des actes de délinquence. Donc ça veut dire y compris les Allemands ou allemandes. Et donc voilà, le média précise cette nationalité, sonde ses lecteurs avant après et qu'est-ce qu'il en ressort ?
Sans surprise, j'ai envie de dire. Un recul de l'adhésion aux idées de l'extrême droite allemande, un recul de la peur des étrangers. Euh mais en revanche, une petite avancée de la peur, de la délinquence en général puisqueévidemment on se dit bah on peut pas la déplacer quoi pour la faire pour faire cesser la délinquence. on se rend compte que bah elle est surtout nationale.
En tout cas, ça démontre l'impact euh que qu'a cette précision qui peut sembler à Nodine ou en tout cas qui aujourd'hui est totalement automatique de la part des médias françaises. Et ça c'est vraiment quelque chose sur lequel on il faut travailler pour que au moins il y ait la question qui se pose. Et enfin pour aussi un point positif, il y a une étude de destin commun qui est un organisme qui essaie de réfléchir à la position des Français des Françaises de façon différente.
On doit en tout cas par le biais de leur valeur. Je sais pas si vous connaissez les travaux de dessins commun mais regardez, c'est intéressant. Et euh ce qu'il en ressort sur les questions d'immigration, c'est que 50 à 60 % de la population française n'a pas d'opinion sur les questions de migration.
On a l'impression un peu que tout le monde est très fermé. En fait, c'est une dans le destin commun, le chiffre à peu près à 20 % d'opposition ferme. Euh c'est juste des gens qui parlent très très fort, qui sont très présents sur les réseaux sociaux notamment, mais qu'en réalité 50 à 60 % euh s'y intéresse ponctuellement quand il se passe quelque chose et dont la vie peut assez facilement changer.
Et surtout dans ces 50 à 60 % et bien les personnes vont voir l'étranger éventuellement comme un concurrent parce que même vivent des difficultés économiques ou sociales. Et c'est à ce moment-là qu'on entend parler de la disparition de l'AME ou des choses comme ça puisque d'un coup on va se dire voilà moi je suis précaire, comment est-ce que ça se passe ? Comment je peux accueillir quelqu'un d'autre de précaire ?
Donc et donc finalement c'est une population si on les rassure euh qui va penser différemment euh ou d'autres qui sont très favorable à la l'intégration à l'espagnol disons par le travail euh et qui suffit d'équiper. Donc ça veut dire qu'il faut continuer à informer et à discuter des questions de migration. Euh et pour conclure, je pense qu'il faut aussi bah donc revoir l'approche médiatique aujourd'hui.
J'espère que la charte de Marseille va être un déclencheur. Euh en tout cas euh le collectif continue de travailler avec plein de médias. de faire des formations à partir de la rentrée prochaine pour que vraiment il y ait une influence médiatique.
Euh il faut essayer de créer un discours politique innovant sur la question euh et surtout bah voilà avoir en tête que la question de la migration, elle est très variée, elle concerne plein de personnes et qu'il faut continuer d'en discuter. Merci. Merci bien pour ce qui me concerne, c'est en tant que commissaire aux lois et également parce qu'il y a un lien, vous allez le voir comme président du groupe d'étude des prisons et conditions carcérales que je vais apporter ma parole sur ce débat dont le thème est au-delà des fantasmes, quelle est la réalité des migrations d'aujourd'hui ?
Alors, je vais résumer en quelque sorte les fantasmes qui sont abondamment exploités par la partie la plus droitière de la classe politique et des médias concernant l'immigration. Mais bien évidemment, la première notion, c'est celle de submersion migratoire que l'on peut également ensuite décliner en grand remplacement. Vous savez bien la théorie de l'auteur raciste Renault Camu.
Nous avons donc cette ce ce biais là. Nous avons également le fait que la les migrations soient considérées par et toute son équipe comme une menace existentielle pour l'identité, la civilisation et les valeurs républicaines, rien moins. Nous avons également des fantasmes qui se nouent autour du de l'idée du coûte de l'immigration.
Comme quoi l'immigration représenterait un coût tellement phénoménal qu'elle vient en déduction du droit des Français de souche ou des Français du moins. Euh là aussi, on verra comment ceci est taillé en pièce par la réalité. Et puis nous avons également ce biais extraordinaire qui est celui qui fait l'office de fond de commerce du Rassemblement national qui est celui de l'essentialisation des immigrés comme étant potentiellement des criminels et des délinquants.
Sur ce dernier point, il faut quand même préciser que toutes les études, y compris celles du ministère de l'intérieur, dévoilent que il n'y a pas davantage de délinquence et de criminalité au sein des populations migrantes qu'au sein des populations franco-françaises. D'autres fantasmes également sont ceux que tu as évoqué également, c'est-à-dire qu'il y aurait une submersion masculine par rapport à l'immigration féminine. C'est totalement faux là aussi puisque les statistiques montrent que il y a 51,5 % de migrants qui sont des migrantes et 48,5 qui sont des hommes.
Mais bien évidemment, ils ont une visibilité moindre parce que et c'est encore heureux, on a des structures d'accueil pour les femmes qui sont un petit peu plus performantes aujourd'hui que celles des hommes. On dit également que les migrants viennent faire pour une partie du tourisme médical et viennent se faire soigner à bon prix avec le bel argent de la sécurité sociale à la place également des Français. Alors moi je suis commissaire aux lois et donc je me dois de faire un rappel quand même de ce qu'est philosophiquement la France et je vais vous lire un article court qui est l'article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui avait pour sous-titre de l'état des citoyens.
Tout homme né et domicilié en France, âgé de 21 ans accompli, tout étranger âgé de 21 ans accompli qui domicilié en France depuis une année, il vit de son travail ou acquier une propriété ou épouse une française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard. Tout étranger enfin qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l'humanité est admis à l'exercice des droits de citoyen français. Ah oui, vous pouvez applaudir parce que le législateur de l'époque pouvait se prévaloir de dire "Je suis un citoyen d'un pays qui est celui des droits de l'homme." Alors qu'avec la dérive diminution des droits fondamentaux que l'on observe, on n'est plus le pays des droits de l'homme, mais le pays qui peut se targuer d'avoir été celui de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Alors comme législateur et bien je peux vous dire que ce n'est pas surtout à la commission des lois qui est compétente pour l'examen de toutes les lois lié justement à la nationalité, au droits de au titre de séjour, au droits d'asile, à la police, à la gendarmerie, à la Constitution. Et bien je peux vous dire que nous passons de très mauvais moments actuellement avec ce gouvernement qu'on peut plutôt qualifier de gouvernement Retaillot que de gouvernement Bairou. Bairou, c'est un petit peu le caissier en quelque sorte du système, mais Retaillot est bien le maître des basses œuvres.
Et aujourd'hui, on peut témoigner du fait que vu depuis la commission des lois, vu depuis l'hémicycle, on a un ministre de l'intérieur qui est plongé dans une idéologie même pire que celle du Rassemblement national et ils font une équipe avec Dharmanins redoutable pour la diminution des droits des des droits des uns et des autres. Je prends pour exemple la loi Mayotte qui est passée il y a quelques semaines à peine. Et bien cette loi désormais votée par la droite extrême et l'extrême droite ou la droite macroniste, hein, et bien désormais remet en cause la le principe fondamental du droit du seul.
Donc vous voyez cette ils sont en train de constituer des lois qui elles-mêmes vont faire de certains de nos compatriotes ou de d'enfants par exemple nés sur le sol français qui est le cas de Mayotte, je vous le rappelle, et bien des étrangers eux-mêmes et donc ont créé en en quelque sorte une forme de délinquence par la loi. Alors en quelques mois, quelques années de mandat et bien nous avons vu passer depuis 2022 et même avant mais enfin ça s'est accéléré depuis 2022 des lois toutes plus racistes les unes que les autres puisque bien évidemment vous aurez compris qu'il y a une corrélation forte entre en quelque sorte entre ces lois qui diminuent le le le droits des étrangers. Elles ne font que cela.
D'ailleurs, nous n'avons vu passer depuis aucune loi qui étendait le moindre droit des étrangers. Et pourtant, Dieu sait si aujourd'hui il y a besoin en la matière et ça j'en témoignerai alors pour le coup également en tant que député mais avec les personnes qui se présentent à ma permanence pour me décrire en quelque sorte les situations ubuesques, cafennes dans laquelle elles sont par rapport à la régularisation de leurs droits de séjour sur notre territoire. Mais en quelques années, nous avons vu passer euh bon en principal la fameuse loi asile et immigration qui comportait 86 articles qui a représenté des semaines et des semaines de délibération et d'examen d'abord en commission des lois puis ensuite en assemblée.
C'est pour vous dire quand même que pour faire briller en quelque sorte les étoiles de général de lutteur contre l'immigration de Rotaillot, et bien on a mobiliser l'argent public pour lui faire en quelque sorte sa communication parce que c'est à cela que ça a mené, ça a servi. Il y avait 86 articles dans cette loi et bien que cette loi a été votée grâce à la coalition entre la droite extrême et l'extrême droite, et bien 32 de ces articles ont été déclarés soit inconstitutionnel, soit cavalier. Autant dire que nous avons travaillé pratiquement la moitié de ce temps pour rien et l'autre moitié pour satisfaire les ambitions présidentielles du fameux retaillot.
Alors euh ils avaient lors de l'examen de cette loi les les le camp de la droite imaginez des amendement qui sont aussi dégueulasses que par exemple supprimer l'aide médicale d'État des personnes en situation de migration. Nous avons des gens qui arrivent parfois après avoir risqué leur vie et qui arrivent dans des conditions sanitaires absolument épouvantable. Et bien euh cette classe politique là trouve tout à fait normal de leur retirer tout droit à être soigné.
Or, vous comprenez bien que la santé de notre pays repose sur la santé de tous et laisser des gens dans la maladie correspond, comment dire conduit à mettre en péril également la santé de toute la population française. Mais cela, ils n'ont que faire puisque encore une fois ils sont sur l'exploitation des fantasmes. Entre-temps, après cette épouvantable loi asile et immigration, et bien nous avons eu des circulaires parce que finalement comme il est compliqué de faire tout passer par les lois et puis il y a urgence, vous comprenez bien puisque c'est un péril national la migration et bien on a eu des circulaires dont la circulaire Retaillo qui essaie également de comment dire renforcer la lutte contre l'immigration en prenant pour base le fait que il y a un potentiel criminène dans la l'immigration qui oblige à avoir un traitement particulièrement sévère.
Alors, cette circulaire demande la plus grande sévérité de la part des préfectures puisque vous voyez bien que lorsqu'on est plus dans la loi, qu'on est dans le décret ou la circulaire, et bien on contourne le judiciaire en le en lui substituant de l'administratif. et c'est beaucoup plus facile à maîtriser euh l'administratif puisque vous comprenez les préfets dépendants de l'autorité du ministre et bien les préfets appliquent euh les directives. Je vous rappelle quand même que il ne faut pas avoir trop d'illusion sur le fait que des préfets lutteraient contre les les impératifs que qui leur sont imposés par leur ministère puisque je vous rappelle que à l'époque de la deuxième guerre mondiale sur la centaine de préfets, il n'y en a qu'un qui a désobéi Jean Boulin ça fait quand même une proportion très faible.
Donc là, on a des éléments de relais d'une politique sécuritaire absolue qui ne souffre pas de contestation de la part de ceux qui sont chargés de les mettre en implication. On a également une circulaire toute fraîche qui est arrivée, je crois le au mois de mai qui veut lutter contre les mariages forcés. Alors là, vous voyez, on s'en prend à l'amour.
Ça suffisait pas de s'en prendre aux droits fondamentaux. Il faut également remettre en cause la possibilité qu'ont des personnes en situation de migration et ben d'être amoureuses ou d'être aimé par des Françaises et des Français, ce qui devrait normalement leur attribuer des droits. Et bien ces droits-là également sont remis en question puisque dans le texte de cette misérable circulaire, on demande à ce que les préfets sursoient à jugement, à autorisation de mariage dès que le moindre indice leur paraît suspect concernant la réalité des couples qui sont constitués entre une ou un français et un ou une migrante.
Tout à l'heure, on parlait également euh euh de de le de l'abus des prestations sociales. Euh en réalité, vous voyez bien que déjà même pour la population endogène de notre pays, euh les prestations sociales euh sont tellement faibles qu'elles ne permettent pas de vivre dignement et que de toute façon, quand bien même vous seriez au minim sociau, vous êtes de toute façon déjà en dessous du minimum vital, hein, qui fait que vous faites partie de la population. dit pauvre puisque ce niveau-là est autour de 1200 1183 € je crois.
Il a lui il n'a pas beaucoup évolué. D'ailleurs, ce sera une bonne question à poser à Bairou à la rentrée puisque année blanche également constitue une année blanche. Enfin, le principe est de faire une année blanche sur tout ce qui constitue les minimas sociaux et les prestations sociales.
Dans le cadre de ces fantasmes, on a également on n pas que l'aspect des lois des circulaires et des et et autres textes administratifs, mais on a également les Républicains qui n'ont de républicains que le nom qui par la voix de Éric Sioti ont demandé à ce qu'il y ait une commission d'enquête sur les coûts de l'immigration. L'idée est bien évidemment de servir également de relais pour durcir la politique migratoire au motif qu'elle coûterait cher. On l'a pas encore évoqué mais en réalité le CZA le le le code de l'entrée du séjour des étrangers du droit d'asile prévoit qu'il y ait chaque année un rapport ministériel fait à l'intérieur pour justement évoquer tous les chiffres liés à la migration.
Euh on a une loi tous les 2 ans depuis 1945 pour la pour tout ce qui concerne les sujets migratoire et ça n'empêche pas les politiques de droite de dire que l'immigration est toujours sous contrôle alors que c'est bien c'est exactement le contraire puisqu'on montre que il y a une stabilité en quelque sorte sur les flux migratoires entre les entrées et les sorties des titres de séjour pour exemple En 2023, on avait un/ers des motifs de titre de séjour qui était celui d'étudiant. Alors déjà, il pourrissent la vie de nous nos propres étudiants d'origine française. Donc vous imaginez comment c'est dur aujourd'hui d'être une personne d'un pays étranger qui vient faire ses études en France. 1/3 des séjour est lié au motifs familial rapprochement en général, mais là aussi les différentes lois qui ont été euh soumises à l'examen de l'Assemblée nationale et dont les articles dont je vous parlais tout à l'heure ont été déclarés inconstitutionnels portent sur la limitation du rapprochement familial.
Et bien ce rapprochement familial représente 1/3 des euh motifs. Un/6 des demandes de titre de séjour sont pour motif économique et 1/6e pour motif humanitaire. Mais statistiquement donc il n'y a rien qui justifie que l'on durcisse les lois contre les personnes en situation de migration puisque il n'y a pas de variation significative de ces migrations alors que la France comme beaucoup de pays occidentaux sont très largement responsables des raisons pour lesquelles des gens veulent quitter leur pays d'origine que ce soit en raison des conflits qui sont en cours dans leur pays, que ce soit en raison de la prédation de notre système à nous capitaliste sur leurs ressources économiques et que ce soit enfin en raison des du réchauffement climatique dont nous avons bien évidemment une très large responsabilité.
Donc voilà ce que nous avons vécu à l'Assemblée nationale concernant l'examen des lois. Mais tous les députés pour le coup, je peux témoigner que même ceux qui ne sont pas de notre camp reçoivent dans leur permanence des gens qui viennent les voir en leur disant "Nous sommes dans une situation ubesque, qu'est-ce qu'on peut faire ?" Je peux vous prendre une série d'exemples, mais euh nous avons par exemple des gens qui sont mariés avec un français ou une française qui ont des enfants nés en France et français et pour des raisons administratives parce que là aussi on a rendu bien plus compliqué les demandes de titre de séjour et de droits d'asile qui maintenant prennent des mois et des mois pour être examiné seulement par les préfectures.
Et bien, il y a un tel délai que pendant ce temps-là, les personnes vivent dans une situation illégale, irrégulière en tout cas, mais que l'on rend illégal par l'empilement de ces fameuses lois. Donc une minute. Donc des des cas de personnes qui sont dans des situations administrativement cauchemardesque et bien on en a beaucoup.
On ne sait plus comment les traiter. Alors on essaie à notre niveau de faire des recours auprès des préfectures pour demander leur régularisation ou un examen, on va dire favorable. Euh mais elles sont également submergées les les préfectures par ce genre de demande.
Et donc aujourd'hui, on a un empilement qui font qui fait que euh de plus en plus de personnes se voient frapper d'obligation de quitter le territoire français alors qu'elles n'ont même pas eu le loisir de pouvoir commencer à être examiné dans leur demande de recours. Et le principe des lois qui nous sont soumises actuellement fait que l'on mais ces personnes-là préalablement, c'est un prérequis, elles sont dans une situation d'illégalité qui les rend éligible au centre de rétention administratif. C'est-à-dire que maintenant le fait de ne pas être en situation régulière est un motif en quelque sorte de comment dire d'infraction qui mène rapidement au centre d'étation administrative dont notre livret d'ailleurs immigration prévoit la pure et simple abolition puisque c'est des centres absolument inhumains. [Applaudissements] Bonjour à tous.
Merci pour l'invitation. Merci pour vos interventions. Ça a permis de mettre le contexte national.
Euh pour ma part, je vais vous parler d'une situation assez spécifique qui est celle de la frontière franco-italienne haute dans les Hautes Alpes à Brillançon. plus spécifiquement euh là où l'association pour laquelle je travaille, tous migrants, agit depuis maintenant une petite dizaine d'années. Euh donc nous sommes une association de plédoyer, de sensibilisation en faveur des droits des personnes exilées.
On fait pas d'accompagnement individuel mais donc vraiment dans une dans une lutte contre ce système politique notamment à la frontière pour un jour on l'espère le respect des droits fondamentaux de toutes et tous et la liberté de circulation pour celles et ceux qui veulent se mouvoir à l'échelle internationale. Euh donc à Bri en son, je vais peut-être d'abord simplement vous expliquer. Je vais je vais je vais essayer d'être le plus concrète possible après des explications nationales que vous avez eu et euh et j'espère aussi que cet incise de terrain comme on peut dire permettra d'enfoncer un peu le clou qui a déjà été bien enfoncé par les trois interventions précédentes sur les fantasmes donc qui entourent l'immigration.
Euh peut-être pour m'assurer quand même que les exemples qui suivent sont bien compris par toutes et tous. Euh je vais potentiellement au début faire une un tout petit contexte euh sur euh dans l'espace et dans le droit parce que la frontière ça reste quand même un espace particulier où le droit qui s'applique est un petit peu spécifique et comme ça vous pourrez aussi mieux comprendre les exemples qui suivent qui sont en fait des exemples autant de solidarité que de résistance. Enfin, ça c'est un système politique qu'on qu'on voit tous les jours être responsable de beaucoup trop de drame.
Euh voilà. Et puis bon, vous êtes pas sans savoir que la frontière étant un lieu hautement symbolique dans le contrôle des migrations, euh militants et militantes sont très très exposé à un risque de répression et pas qu'à un risque d'ailleurs à une réalité de répression, d'entrave et euh et voilà donc dans nos activités mais aussi dans dans nos discours. Euh pourquoi je parle aussi de l'approche territoriale ? parce que c'est quelque chose qui nous tient à cœur dans l'association tous migrants.
En fait, on on croit assez fort quand même en la capacité d'un territoire de faire territoire accueillant. En fait, c'est c'est ça paraît difficile à l'échelle mondiale, européenne, nationale, mais en fait à l'échelle du territoire, il y a beaucoup de choses qui sont qui sont faisables et on croit assez fort en fait à à ce point de départ là territorial pour ensuite pourquoi pas exporter ce modèle là à une plus grande échelle. Et voilà.
Et à plusieurs reprises, vous entendrez aussi euh peut-être le terme de militarisation qu'on emploie assez fréquemment. La militarisation de la frontière étant en fait pas simplement la présence de militaire, mais en fait l'investissement croissant euh bah financier, mais aussi en terme de de d'ordre répressif, d'atteinte au droit et cetera. Et donc les conséquences de cette militarisation, bon pas besoin de faire du suspense hein, elles sont tout à fait négatives ces conséquences euh pour les personnes exilées.
Voilà. Donc bah peut-être très très rapidement. En fait, la frontière franco-italienne, vous la situez, elle est à l'intérieur de l'espace Schengen.
Donc c'est censé être quand même à l'intérieur d'un espace dit de libre circulation. On en est loin. C'est une libre circulation qui est censée être pour toutes et tous, pas uniquement pour les citoyens italiens et français.
Aujourd'hui, depuis 10 ans, en octobre, ça fera 10 ans, la France a renouvelé le contrôle à ses frontières intérieures. Bien d'ailleurs, c'était antérieur au aux attentats de novembre 2015, hein, donc c'était pas spécifiquement pour ça. Et en fait, depuis 10 ans, tous les 6 mois, les gouvernements successifs euh renouvellent ses contrôles aux frontières intérieures et donc donne encore plus de possibilités aux forces de l'ordre présente euh d'opérer des contrôles.
Euh ces contrôles aujourd'hui, on les observe, ils sont tout à fait discriminatoires, ils sont ciblés. est totalement contradictoire avec euh le principe du droit européen. Euh mais bon, c'est un sujet particulièrement sensible et frontière avec la souveraineté étatique aussi.
Donc on a du mal, on galère comme on pourrait dire les associations à faire valoir ça devant les cours de justice qui effectivement constate aussi l'illégalité du gouvernement français quant au renouvellement constant depuis 10 ans du contrôle aux frontières intérieures. Mais pour autant, aucune décision contraignante aujourd'hui n'a été prise à l'encontre des gouvernements français à ce sujet. Euh voilà.
Bon bah comme plein de frontières, elles ont été franchies main et main de fois depuis que la Terre est terre. Mais c'est vrai qu'Abranson depuis 2016-27, on observe une relative augmentation du nombre de passages qui n'est jamais que la conséquence en fait de la militarisation et de la répression de la frontière franco-italienne basse, donc plutôt au niveau de Menton et de la vallée de la Roya. Et en fait, plus les personnes ont été réprimées, violentées et cetera, plus elles ont essayé de passer cette frontière-là un petit peu plus haut et donc avec une prise de risque toujours croissante parce qu'en fait passer par Bréançon, euh c'est un super territoire qui est magnifique mais ça s'appelle la haute montagne et c'est pas pour rien parce que c'est en haute altitude.
C'est très dangereux étant bien sûr entendu que les montagnes ne tuent pas. La militarisation si donc ce n'est pas les montagnes et l'altitude qui sera responsable des 16 disparitions qu'on compte depuis 2018 à Briançon. euh dont 11 décès avérés.
Euh mais bel et bien la militarisation de cet espace montagne qui est normalement censé être un espace au contraire de solidarité et d'entraide transalpine. Euh cette solidarité, elle euh elle résiste. Voilà donc d'où le terme de résistance au début dans mon introduction, elle résiste grâce aux associations, aux collectifs.
Euh tous migrants, on n'est pas les seuls, hein, on est on agit main dans la main avec plein de personnes, de collectifs, d'associations. et on essaie de répondre à ce qu'on observe aujourd'hui comme étant un continuum des violences en fait et des violations des droits depuis le la tentative de franissement de frontière jusqu'à en fait le territoire. Donc ça peut être la violation du droit d'asile quand on se présente normalement à une frontière.
Tout un chacun, quelle que soit sa nationalité pourrait se présenté aux police à la police frontière du col de Montgenèvre et dire "Bonjour, je souhaite accéder au territoire français pour y déposer une demande de protection." Et c'est pas du tout la compétence de la police aux frontières d'estimer si la tête lui revient et si effectivement il a l'air de plutôt correspondre aux critères de l'offre. C'est pas son rôle aujourd'hui.
Pourtant, c'est ce qui est fait aujourd'hui. Quotidiennement au Colle de Mont-Genèvre, des personnes sont refoulées, parfois violentées, avec un total euh déni pourtant un des droits les plus fondamentaux, à savoir le droit d'asile. Euh et ça, on peut le constater parce que tous migrants, on est très très actif dans ce qu'on va appeler les activités de documentation.
Donc pour documenter, en fait, c'est comme n'importe quelle personne qui appréhende un terrain où on a envie de prouver ce qui s'y passe. On va passer par des activités de documentation. ça peut être des observations.
Alors, passer toute sa nuit à observer ce que font des policiers. Bon bah, une première fois c'est drôle, une deuxième fois ça allait un peu moins, mais on continue quand même de le faire. Ça peut être aussi des activités de collègues de témoignages, donc le recueillir des témoignages auprès des personnes qui ont tenté ou qui ont franchi la frontière et qui vont faire part de leur témoignages souvent anonymement de ce qu'elles sont subies la première fois, la deuxième fois, la troisième fois et cetera.
Et là, ce qui va nous intéresser fr honte, c'est de documenter les violations, les atteintes au droit et tout ça, c'est quelque chose qu'on va pouvoir ensuite collecter, analyser, systématiser pour faire remonter à notamment aux aux autorités administratives indépendantes, par exemple la défenseur des droits, par exemple la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté parce que à Montgenèvre, beaucoup de personnes l'ignorent mais il y a quand même de la privation de liberté. Alors, c'est pas un CR, c'est euh un truc encore plus flou que ça puisque nous-mêmes, association qui sommes mandatés, n'avons pas le droit d'accès à ces lieux de privation, liberté puisque euh euh l'administration française estime que c'est un lieu de mise à l'abri. Alors, un lieu de mise à l'abri, pourtant ça se définit par la capacité d'une personne de sortir et de rentrer.
Euh là, elles sont bel et bien enfermées, hein. Il y a des barreaux, euh il y a des serrures, il y a des policiers, il y a des grillages. Euh femmes, hommes, enfants, euh mineurs.
Euh, alors pour les mineurs qui sont reconnus mineurs, certains sont pris en charge par des associations mandatées par l'État. Encore faut-il être connu comme mineurs. Et là, la présomption de minorité ne fonctionne pas du tout. les mineurs euh qui auront eu le malheur à un moment donné dans leur parcours migratoire en Europe de dire qu'elles sont majeures pour euh accélérer un petit peu le processus et ben euh sont fichés comme majeurs et ne pourront du coup que difficilement revenir sur euh sur cette sur euh sur cette décision.
Euh pour documenter, en fait, ça passe aussi effectivement par la présence en montagne. Mais donc vous l'aurez compris, les premières acteurs et actrices de la documentation, c'est les personnes exilé elles-mêmes en fait hein, parce que c'est grâce à leur témoignage qu'on a pu prouver mainte et mainte choses et notamment les atteintes les plus graves commises par les policiers. Euh bon, petit exemple, ouais rapides exemples peut-être actuels dans les violences qu'on observe pour vous montrer à quel point c'est encore actuel parce que beaucoup de personnes ont en tête qu'il y avait eu génération identitaire il y a quelques années à Briançon. qui avait effectivement des groupes organisés d'extrême droite qui agissaient qui se faisaient passer pour des forces de l'ordre.
Alors, on en est plus là effectivement, mais il y a quand même encore aujourd'hui des violences à dé pleurer qui sont gravissimes. Je parle par exemple des courses poursuite qui sont contraires au code de déontologie de la police et qu'on continue de documenter. Une course poursuite de nuit, je sais pas si vous imaginez mais 1800 m d'altitude, une course poursuite de nuit dans une pente extrêmement bah comme son nom l'indique, pentu.
C'est des chemins escarpés. C'est des personnes qui sont fatiguées par des semaines, des mois, des années de migration pour certaines qui sont déjà largement affaiblies dans un état de stress immense. Et donc et donc on imagine assez facilement les drames qui peuvent se produire à la suite de course poursuite dans la plus totale obscurité par des forces de l'ordre qui ont conscience du danger que c'est que de courir après quelqu'un en montagne dans la nuit.
H l'un des celles les plus récents était justement une personne qui est tombée d'une falaise euh tout près de Briançon. Euh mais il y a de la solidarité comme je vous disais donc on essaie quand même de la faire vivre et pour ça on il y a un collectif abriançon. Avant il s'appelait le collectif Marude, aujourd'hui on l'appelle le collectif de réduction des risques en montagne.
C'est pas parce qu'on aime les longues phrases mais parce que c'est quand même plus proche de la réalité. La réduction des risques, ça apporte quand même un truc un petit peu plus humble, un peu plus modeste. Les personnes si elles franchissent les frontières, c'est grâce à ell et uniquement grâce à ell.
Si elles ont pu en franchir 10 15 avant ça, c'est c'est c'est grâce à ce qu'elles ont enfin c'est c'est grâce à ell. Nous là, on sera plus dans un proche de réduction des risques, donc de présence en montagne toutes les nuits pendant toute la période enneigée. Donc après en son, ça va quand même de fin octobre jusqu'à mai.
Et et donc l'idée en fait c'est d'être présent en montagne côté français hein, évidemment, je précise, côté français pour s'assurer en fait de quels sont les besoins. Est-ce qu'il y a un besoin d'orientation médicale ? Est-ce que les personnes souhaitent nous accompagner pour être mise à l'abri au refuge solidaire de Briançon ?
Est-ce que ces personnes ont besoin de je sais pas d'une couverture de survie, de manger une barre céréale, d'avoir du thé chaud, d'avoir une discussion. Voilà. Et donc pour contrebalancer un petit peu le contexte morose national qui nous laisserait à penser que tout le monde devient fachaud, il y a quand même des centaines et des centaines de personnes qui viennent chaque année à Briançon bénévolement.
Certaines pour passer leur nuit en montagne pendant leur quelques vacances, certaines pour passer des mois à Briançon pour faire vivre cette solidarité, pour assurer l'hébergement d'urgence qui n'est pas pris en charge par l'État à Bryançon malgré ses responsabilités normalement. Donc voilà, il y a pas du tout de place disponible à Bronçon, il y a six places euh aujourd'hui au refuge solidaire, il y a une centaine de personnes à accueillir. Six places pas uniquement pour les personnes exilées, six places pour le territoire de Bronçon.
Voilà, c'est une déconnexion totale des réalités et tout ça c'est assumé par les associations, par les acteurs de la société civile euh dont euh vous faites euh potentiellement partie. Et donc euh ça donne aussi un peu de la force hein, de penser que voilà, c'est une forme de résistance aussi que d'apporter son soutien que ce soit par du temps, de l'argent ou un soutien oral ou par, je sais pas, une prise de position aussi en faveur des associations qui pour certaines assument pleinement le rôle de l'État et qui pour d'autres essayent au contraire de rappeler la loi. Et pourquoi est-ce que je parle de rappeler la loi ? parce qu'on tombe aujourd'hui dans un paradoxe complet quand même où euh nous sommes criminalisés.
Donc par exemple l'association pour laquelle je travaille, on est énormément exposé à des risques de poursuite. Depuis 2018, il a 37 personnes, rien Gabriançon qui ont été poursuivies en justice. Tout ont fini par être innocant mais c'est des coûts financiers énormes.
C'est de la démobilisation. C'est une stratégie aussi des autorités que de nous faire peur avec ça. Ah, vous allez être accusé d'aide au passage.
Ah et cetera. Mais en vérité, ce qu'on observe nous aujourd'hui, c'est que il y a en face de nous des forces de l'ordre qui répondent à des ordres illégaux qui qui portent atteindre gravement aux droits fondamentaux. Donc on peut questionner la légitimité de ces ordres-là qui répondent à des ordres comme ça.
Et nous on s'efforce de rester dans un cadre de l'égalité totale et stricte pour ne pas nous mettre en danger nous ni les personnes, ni les associations pour pouvoir perdurer aussi dans le temps. Même si on aimerait dans un monde idéal ne pas exister, il fait qu'on existe et on aimerait continuer d'exister. et aussi euh pour pas leur faire ce plaisir-là de commettre la faute qu'ils attendent qu'on commette.
Donc nous, on est contraint de rester dans un cadre de légalité stricte pour pouvoir perdurer dans notre action et dans notre crédibilité, tout en observant des nuits rang par des ressentis de - 20°gr parfois au col de Mont-Genèvre, des forces de l'ordre qui elles répondent à des ordres complètement attentatoires aux droits fondamentaux à à empêcher des familles d'accéder à la mise à l'abri. Enfin voilà, on parle de ça aujourd'hui. Euh dans les dernières semaines, il y a eu des situations gravissimes euh de de personnes à mobilité réduite qui ont dû laisser leur fauteuil roulant en montagne pour traverser en se faisant porter parler les ponges de famille.
On parle de personnes qui ont été enfermées des heures durant en nourriture ni haut. Euh des personnes qui ont été menacées avec une arme au sein du poste de police de Montgenèvre pour ne pas vouloir signer des documents parce que euh évidemment sinon ça serait trop simple, les procédures ne le sont pas traduites. Donc aujourd'hui enfin il y a beaucoup de personnes actuellement qui parlent Amari, qui parlent au Romo, qui parlent Tigrinhana.
Enfin c'est des langues qui sont parlées en Afrique de l'Est. La police ne maîtrise pas trop ces languesl et ne met pas à disposition les interprètes qui sont pourtant légalement requis pour pouvoir leur traduire les procédures. Et pour celles qui connaissent leur droit, pour les personnes qui connaissent leurs droits et qui ont osé exprimer leur refus de signer des procès verbaux qu'elles ne comprenaient pas, elles se sont vu répondre avec une menace avec arme ou alors une nuit de détention sans nourriture.
Enfin voilà, c'est des situations comme ça. Alors là, je vous parle effectivement de situations gravissime, mais elles sont malheureusement réelles. Voilà.
Et euh et donc euh et donc euh on continue, on a eu des petites victoires. Voilà, rassurez-vous, on fait pas que de se prendre des claques, c'est pas facile. On a aucun argent euh public, on vit que de financement privé euh de particulier essentiellement et et c'est aussi une forme de résistance, hein, que de enfin voilà que de soutenir les associations pour pour ça.
Et euh et voilà. Euh écoutez, si vous avez d'autres questions, je serais contente d'y répondre, mais la conférence a déjà été un peu longue, donc je vais vous libérer ici. Merci beaucoup pour ces témoignages et effectivement, engagez-vous dans ces associations qui défendent les plus élémentaires des droits humains.
Il nous reste un petit quart d'heure, je crois, pour des questions avec vous toutes et tous. Et on a un camarade qui se dévoue pour faire passer les C'est formidable, Florent qui est qui est là. Et si vous voulez bien, on prend deux trois questions, on fait une salve de réponse et comme ça, on peut peut-être faire deux passages dans le quart d'heure qui nous reste.
Merci. Merci pour vos interventions. Une question pour Brune BR.
Est-ce qu'il y a une coopération possible avec les citoyens italiens ? Oui, merci. On a parlé du coût aussi.
Le coût de l'immigration, c'est un truc qui revient souvent dans le débat. Est-ce qu'on peut avoir des chiffres sur la question des coûts, je pourrais juste dire que le seul coût de l'immigration, c'est le coût des efforts qui font pour l'empêcher. les les murs, les polices, la les procès judiciaires administratif, tout ça et coûte coûte des milliards et au contraire les immigrés contribuent à leur richesse des pays où où ils vont.
Je je me déclare, je suis militante àf depuis peu de temps. J'espère que ça n'en batte pas. au aux autres que que je dise qu'il est bien temps que elle fille adopte une politique de suppression de tous les contrôles sur l'immigration, tout l'édifice de contrôle qui ne marche pas pour empêcher les gens de migrer et qui coûtent des milliards et qui créent surtout le énormément de souffrance et qui nourrit le racisme et en en disant bien clairement qu'on veut les abolir toutes ces contrôles, on on contribue, je à mon avis très fort à la lutte contre la montée de de l'extrême droite, du fascisme et et je crois que ceux qui disent que la manière de gagner la le soutien du peuple peuple, c'est de renforcer les contrôles sur l'immigration.
Ils ont tort. Et et je voudrais aussi dire que je suis pour l'abolition du statut de réfugié. Donc l'abolution de l'imposition, de l'exigence que les gens qui veulent vivre ici doivent expliquer pourquoi ils le veulent sont c'est c'est à eux de décider et ils savent très bien pourquoi. [Applaudissements] Oui.
Bonjour, merci beaucoup pour ces ces éléments très importants que vous nous avez donné. Je tiens à dire que j'ai été particulièrement euh en accord avec euh comment vous avez placé Michaell cette question euh en rapport au régime social qui est celui du capitalisme et le sort qui est fait à cette partie de la classe voyère. On dit migrants, on disait jadis travailleurs émigrés parce que les riches, on les voit pas tellement dans le radar de ce qui s'appelle la migration.
Eux voyagent beaucoup et très très confortablement. Euh une phrase m'a marqué aussi quand vous disiez quand on lutte pour leur droit, on lutte pour tout le monde. La question qui me semble se poser et pour faire écho d'ailleurs dans dans son dans sa dernière intervention à ce que disait Mathilde Panu à l'issue des amphilis l'année dernière que ce devait être pour nous une question centrale y compris face à ce qu'en fait l'extrême droite comme fond de commerce et les menaces de cette extrême droite aux portes du pouvoir est déjà en œuvre dans sa coalition avec Macron.
C'est euh nous militants et au niveau de nos groupes d'action euh ce que nous pouvons faire parce que les arguments sont importants mais l'action elle est fondamentale. Et par exemple, il y a ce que vous disiez Jean-François, vous comme élu, les dossiers, comment vous tentez d'aider mais face à une administration parce que il y a la loi et puis il y a le pratique. délais qui sont moi je suis personnellement dans mon entourage privé confronté à cette situation de plus en plus long où les titres de longue durée disparaissent où les préfectures pratiquent le titre temporaire dont les bénéficiaires si j'ose dire ne peuvent plus rien faire se retrouvent dans des situations et le ministère de l'intérieur va jusqu'au cynisme à publier sur son site un forum de témoignage de ses propres faits et gestes et des situations dans lesquelles il place lui-même ses personnes.
Il y a quelques mois, Clichi Sous bras, il y a une manifestation que nous avons soutenue par nos élus justement qui exigeaient de la préfecture que les délaisses raccourcissent, que les demandes soient traitées, que les demandeurs soient reçus à Paris. Moi je suis d'un groupe d'action de Paris. On peut plus aller à la préfecture.
Je finis on peut plus aller à la préfecture. Donc ça c'est un vrai sujet. Tout tout est sur internet, c'est un vrai sujet.
On fait une première série il y a déjà plusieurs années. Tu veux commencer sur le on aura tous des trucs à dire je Oui, on a tous effectivement des choses à dire sur le coût de l'immigration. En vérité ce n'est pas le coût de l'immigration.
Il n'existe pas. C'est comme le coût du travail. En réalité, c'est une richesse.
L'immigration en France est une réelle richesse. La plupart des personnes en situation de migration travaillent contrairement à ce qu'on veut nous faire croire ou produisent ou on va dire une interaction sociale positive dans notre pays. Soit parce qu'elles aident des proches.
Souvent on a par exemple dans la population féminisée, on a des métiers que personne d'autre ne veut satisfaire comme par exemple l'aide aux personnes. l'aide aux personnes ici à Grenoble, on a je peux en témoigner puisque ma fille y a travaillé pendant quelques heures. Voyez, tellement c'est dur pour quelqu'un qui est pas habitué.
Et bien l'obligation d'aller s'occuper de 11 personnes dans une journée avec un timing de fou et bien euh c'est ces personnes en situation de migration qui sont en mesure de faire ce travail que parce que personne ne veut le faire. Elles cotisent ces personnes quand bien même figurez-vous elles sont parfois en situation non régularisées. Elles payent des cotisations sociales, elles enrichissent notre sécurité sociale.
Donc non, l'immigration n'est pas un coût, c'est une richesse. Mais ça, vous pensez bien qu'ils ne vont pas en faire la veu puisque ça va à l'encontre totale de toute leur idéologie. Voilà.
Quant au coûte, vous l'avez dit madame, c'est vrai, il y a le coûte de la lutte contre l'immigration par contre qui est phénoménale pour le coup parce qu'effectivement construire les centres de rétention administratif, l'immobilier, les dispositifs comme Frontex et cetera et cetera, ça coûte des centaines de millions d'euros au contribuable. Et puis il y a le coût administratif parce que pendant qu'on fait ça, pendant qu'on on on comment dire, on mobilise les administrations à aller traiter des dossiers avec des délais des souvent bien trop longs, et bien cette administration là ne vient pas servir l'intérêt général et le service public. Donc qu'on pourrait attendre d'elle.
On parlait beaucoup de l'immigration. Oui, merci. Tu veux y aller ?
Non. Oui, je disais, il y a un rapport de la Cour des comptes de janvier 2024 sur le la politique de lutte contre l'immigration irrégulière qui a chiffré à 1,8 milliards euh le coût que ça a pour la France. Le rapport est hyper intéressant aussi parce qu'il dit quand même globalement que rien ne fonctionne très bien.
C'est intéressant à dire que les préfectures sont défaillantes euh totalement par manque de personnel, que rien ne fonctionne bien. Voilà. Euh je rebondis aussi du coup sur les actions euh pour les préfectures, c'est une catastrophe partout hein.
Nulle part il y a accès aux préfectures maintenant pour les accompagnateurs accompagnatrices, c'est euh il y a un abus. Alors, il y a une défaillance parce qu'il y a pas de personnel en fait, il y a un problème de budget, mais bon, par ailleurs, il y a toujours les délégués des défenseurs des droits qui peuvent au moins remonter parce qu'il y a des rapports qui se font régulièrement quand même par le défenseur des droits sur tout ça. Euh donc à solliciter pour dire "Bah, j'ai pas de rendez-vous, ça va pas, ils sont supposés quand même y aller eux-mêmes, les délégués." Euh et sinon, après moi je suis juriste, hein, contentieux contentieux quoi, référé devant le jug administratif.
Les juges administratifs maintenant, ils passent une partie de leur activité à appeler les préfectures pour leur dire donc là en fait faudrait juste donner un rendez-vous s'il vous plaît. Enfin, j'exagère totalement le trait mais on en est là quand même hein. Donc mais il faut continuer parce que c'est du droit, c'est solide et ça documente quoi.
Et sur le terrain plus général, la charte de Marseille que j'ai mentionné tout à l'heure, c'est aussi un objet, je pense, citoyen dans le sens où ça rappelle des aspects déontologiques journalistiques et donc chacun chacune peut aussi écrire à un journaliste pour dire bah là est-ce que vraiment cet angle il est pas un peu stéréotypé ? parce que vraiment cette image elle était alors les iconographes c'est pas les mêmes qui écrivent et cetera, on s'en fout mais en tout cas à force aussi de le redire ça peut peut-être un petit peu faire bouger. Merci.
Merci. Et sur la question du coup du coup de l'immigration, on a tous les trois eu à peu près le même réflexe, je pense. Et ce qui coûte cher, c'est l'appareil répressif.
Donc je vais pas répéter ce qu'on dit mes camarades, mais je cherchais pendant qu'il parlait un chiffre édifiant que j'avais eu passer dans un rapport et que j'avais plus en tête. Vous savez qu'il y a les accords du Touquet dans le France qui fait qu'en gros la frontière de la Grande-Bretagne se trouve à calée quoi. Ben la militarisation de la frontière c'est 178 millions par an.
Voilà tout simplement euh au frais de la France. Les Anglais payent aussi des trucs hein. Mais le le l'appareil répressif dans le nord bien pour la France et 178 millions par an.
Et bien euh c'est ça qui coûte cher. Et c'est ça qu'il faut répéter pour rebondir sur ce que disait notre camarade ici sur comment on fait sur le terrain. Ben répétons des choses comme ça et à force de répéter des choses comme ça on verra que c'est l'appareil ir répressive qui coûte cher et cetera.
C'est un travail de fourmis et c'est très dur, c'est très long mais c'est nécessaire et c'est notre notre job quoi. Et et c'est un gras et il faut surtout pas se décourager et il faut surtout continuer et sur la dématérialisation de tout ce que tu dis. Effectivement, c'est catastrophique.
Et ce qu'il faut dire aussi et pas oublié, c'est que Darmanin l'a encore aggravé avec sa loi euh qui oblige à faire tous les entretiens en visoconférence et cetera et euh on se bat contre ça et il y a notamment une députée qui s'appelle Daniel Obonau qui lutte contre la dématérialisation de tous les services publics. Bah, il faut le dire qu'on est les seuls à faire qu'on est les seuls à faire ce boulot, qu'il faut des gens pour accueillir toutes les personnes qui ont besoin d'un service parce migration de population et continuer à le marteler, continuer à à se battre, à informer, à dire le le fond des choses et c'est dur mais on va y arriver. Et Brune, tu voulais probablement réagir aussi.
Euh mais simplement pour ajouter quelques exemples de l'absurdité quand même. Euh par exemple un refoulement euh nous toutes les personnes à la frontière franco-italienne finissent par passer. Les policiers comme nous le savons, elles finissent toutes par passer dans des conditions après de santé et cetera qui se dégradent he mais elles finissent toutes par passer.
Par contre, un refoulement ça coûte plusieurs milliers d'euros à Nucl de Fossé. Didier Fin l'avait bien documenté. Enfin, ils avaient fait un long travail avec nous pendant plusieurs années sur ce terrainl.
Donc voilà, c'est juste pour vous montrer à quel point c'est d'autant plus stupide que d'engager des des des frais à ce point énorme pour des personnes qui vont finir par passer de toute façon. Et dans les frais aussi, il faut compter. Enfin, je veux dire, il y a quand même nous des policiers qui sont payés actuellement pour faire des filatures jusqu'à notre domicile personnel sur leurs heures de travail pour nous intimider.
Euh c'est des procès qui sont euh menés contre nous sur des amendes mensongères. Enfin voilà, c'est c'est on c'est c'est ça l'absurdité aussi. Euh voilà et c'est totalement lié à des dépenses comme ça.
Et par rapport à la coopération italienne, je vous mentirai si je dirais que j'étais pas surprise si j'étais surprise de la question parce que c'est la question qui revient tout le temps. Euh nous ne coopérons pas au sens de d'aide au passage puisque on a personne n'a envie de de se de finir derrière les barreaux parce que c'est quand même puni de peine de prison je le rappelle. Mais effectivement, on est évidemment en lien avec les camarades italiens au même titre qu'on est en lien avec les camarades basques, avec le littoral nord, avec certains aussi militants et militantes de Perpignan et avec la la frontière basse.
C'est une coopération qui sera politique pour nous aider en fait à documenter les violations des droits, pour nous aider aussi à porter un message commun et pour montrer en fait que de part et d'autre de la frontière bah la situation est catastrophique quoi. Mais donc ça sera pas une coopération ni matérielle ni logistique. Merci.
Pe reprendre deux trois questions. Oui, on va reprendre deux trois questions. 3 4 5 6 7 C'est il y en a un qui bouge mieux que l'autre.
Ouais, celui-là, celui-là pour le bien. Alors euh moi j'avais deux questions remarque. La première c'est que vous parliez du fait qu'on a rétabli des contrôles aux frontières à la frontière italienne et je voulais mentionner le fait que l'Allemagne a rétabli des contrôles systématiques à sa frontière [Musique] avec les conséquences catastrophiques que ça a pour les trailleurs transfrontaliers par exemple. euh parce qu'il y a un énorme allongement des temps de passage.
Euh et je voulais vous demander si vous pensez vous qu'on est dans une tendance où on est en train de revenir sur les accords de Shagain et sur la libre la libre circulation des personnes. Et euh ma deuxième question euh elle portait sur l'allonge vous mentionnez l'allongement des temps de de renouvellement des visas par exemple et de toutes les procédures en préfecture. Euh moi, je suis confronté tous les ans à des étudiants étrangers qui ont besoin de de renouveler leur visa et qui en ont besoin même pour poursuivre leurs études et se réinscrire à la fac.
Euh est-ce que et en fait je comprends pas d'où vient cet allongement. Est-ce que c'est un manque de moyen des préfectures ? Est-ce que c'est une volonté de faire traîner en longueur les procédures ?
Est-ce que c'est des procédures qui se complexifient ? J'aimerais bien que vous éclairiez ma lanterne là-dessus et savoir un peu ce qu'on peut faire. Pardon, merci.
Euh moi, je voulais témoigner que le travail des bénévoles est n'est pas aidé et entravé. Ça c'est confirmé. à tel point que je voudrais saluer quand même le travail du SOS Méditerrané qui n'est pas présent ici parce que ces gens-là se cache parce qu'ils sont menacés euh menacés mais vraiment menacés.
Euh voilà, donc je vous laisse alluer un peu le leur travail et et leur mérite. [Applaudissements] Euh, bonjour. J'avais une question sur part Mandre accompagné.
On a parlé très brièvement, enfin madame Béal, on a parlé très brièvement. Mais comment vous comptabilisez la question des mineurs accompagnés dans les chiffres statistiques, on va dire classique de la migration et également dans quelle mesure où euh en fait tu travers social et on voit beaucoup de d' dernièrement des l'institutionnel qui prend énormément de temps ou qui repousse toujours des délais par exemple pour la demande d'AMU onir des personnes, on va leur mettre des des demandes documents excessives et du coup on temporise on temporise. au bout d'un moment, les personnes n'ont plus la force de poursuivre et du coup, ils arrêtent leur demande.
Et du coup, je sais pas dans quelle mesure ou est-ce que c'est un truc que vous avez remarqué ou pas ou sur d'autres demandes. Enfin, j'ai d'autres exemples mais voilà. Merci.
Et on a vraiment pas beaucoup de temps, on va essayer de répondre à ça et tout ce qu'on peut faire c'est retrouver au bar après la discussion, ça vous va bien. On doit libérer la salle. On va on va répondre.
Ah oui, le merci. Ah oui, appuie sur le bouton. Ouais.
Euh merci. Oui, alors très rapidement sur Shangen parce qu'on pourrait en parler beaucoup beaucoup. Euh comment dire euh c'est du c'est clairement de la communication politique quand même hein.
Euh la réintroduction allemande, il y avait des élections régionales. Euh euh je regardais là, ils l'ont réannoncé parce que c'est tous les 6 mois et l'Allemagne a réannoncé là pour 16 septembre jusqu'au 15 mars 2026 pourquoi aux frontières à toutes ces frontières en fait. Mais c'était déjà le cas avant en partie. pas toutes les frontières mais ils ont rajouté certaines.
Donc c'est pour ça que c'est de la communication politique quand même. Et pourquoi ils disent parce que il y a des alors c'est en anglais faut que je traduise en même temps mais des menaces sérieuses à l'ordre public en raison de haut niveau de migration irrégulière continu. Or je vous ai dit entre 2023 et 2024 il y a eu 100000 détections en moins.
Donc là je voilà. Et donc pour en revenir à Espace Schengen, oui je pense que Spash Schengen est menacé. L'Union européenne pense que Spashengen est menacé à cause des des contrôles intérieurs et le pact a pour objectif de rassurer les États et donc on se retrouve avec tout un paquet de règle horrible pour les personnes concernées au nom de finalement la sauvegarde de Spashengen.
Donc verdict dans un an quand ce sera appliqué ou un peu plus pour voir si les États arrêtent leur leur contrôle aux frontières intérieures ou pas. Sachant que c'est aléatoire et que c'est c'est discriminatoire. C'est c'est pas s enfin rarement systématique parce qu'il y a plus le budget, plus les moyens de faire des contrôles systématiques.
Voilà. Merci. Et peut-être Brune et Jean-François sur les éléments techniques, vous aurez peut-être plus de réponses que Merci.
Il y a il y a eu la réforme aussi récemment du code frontière Schengen et pareil, elle sera introduite dans les prochains mois normalement en dans dans la loi française et ça va mériter une grosse attention notamment des législateurs mais aussi de la société civile parce que beaucoup des mesures dans le code frontière Chenken vont quand même vers comment je pourrais dire un assouplissement des règles à respecter pour les États pour qu'il puisse être en conformité avec ce qu'il faisait déjà d'illégal. Enfin, je dire c'est un peu comme si au lieu de dire "Ah bah on va rappeler aux États de respecter le droit européen que même au construit, on va plutôt changer ce droit européen comme ça ce qui faisait mal maintenant ce sera un peu plus en conformité avec la loi européenne qu'on a changé et c'est aussi malheureusement la la position qu' on pris les cours de justice dernièrement il y a plusieurs associations avec qui on travaille qui ont mené un contentieux notamment sur le rétablissement des contrôles au frontiè intérieur et la cour de justice a répondu oui mais il y a un nouveau code frontière shaen Du coup, le délai est retombé à zéro. Donc, ils font f des 10 dernières années, on les met sous le tapis.
Là, maintenant, le compteur repart à zéro. Donc, on a trois belles années devant nous parce que maintenant le délai est pendant 3 ans. Enfin bon, bref, voilà.
Donc, oui, je pense qu'on va quand même vers un affaiblissement au moins du principe de liberté de circulation des individus. Euh voilà. Oui, moi rapidement, je vais prendre le biais à nouveau de mes centres de rétention administrative.
Vous avez vu également que dans la loi qui a été euh soumise il y a quelques semaines à peine, Retaillot voulait également étendre la durée de rétention de 90 jours, 3 mois à 7 mois. Mais quel est le sens d'une telle loi qui finalement résout si elle existe de la migration en mettant dans des centres pendant 7 mois des personnes qui si finalement elles doivent quitter le territoire français et bien à la limite que l'État français euh mette en place le un dispositif pour les raccompagner à la frontière. C'est le cas puisqu'il y a une entreprise privée de transport aérien puisque plus personne euh n'accepte de voyager avec des gens menotés qui se débattent comme ça a été euh au début quand il y a eu des des reconduites à la frontière par euh enfin de des des rapatriments en quelque sorte par avion.
Donc maintenant, c'est une entreprise d'avion privé qui coûte également une fortune. Donc vous voyez et puis heureusement donc cette disposition qui euh consiste à aller finalement emprisonner à vie quelqu'un qui venait rester ici, elle a été euh censurée par le Conseil constitutionnel. Je voudrais en guise de conclusion dire une chose, c'est que la plupart des personnes en situation de migration fuit des situations tellement dramatiques que bien souvent c'est la mort qu'elle fuit au péril de leur vie.
C'est quand même extraordinaire. Qu'est-ce qui pourrait ensuite arriver dans un pays comme la France ? Les dissuader d'accoster en quelque sorte ou de venir dans ce pays même un centre de rétention administrative et préférable à la mort qu'il su qu'il fuit.
Donc ça veut dire que dans la logique du Rassemblement national et des autres visions fascisantes de de l'organisation de notre société, il y a finalement plus que la peine de mort qui pourrait être la dissuasion ultime aux migrations. Ça ne sera jamais le cas, souhaitons-le puisqu'on va les faire tomber avant. Mais vous voyez le danger qui existe dans ce domaine.
Merci. Très bon mot de la fin. Merci beaucoup. [Applaudissements]
Jean-François Coulomme