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Discours / meetingEmmanuel Macron (sur YouTube)· 9 mai 2022 33 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalDéfenseEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

Chers citoyens européens.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Emmanuel MacronFait
    « la paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui les menacent »
  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « la France a une nouvelle fois clairement résolument fait le choix de l'Europe en me confiant un nouveau mandat »
  • 5:00Emmanuel MacronChiffre
    « nous avons adopté des sanctions sans précédent pour entraver durablement les sources de financement de la guerre en Russie »
  • 6:00Emmanuel MacronChiffre
    « nous avons mobilisé comme jamais d'importants moyens militaires, financiers, humanitaires »
  • 8:00Emmanuel MacronPromesse
    « nous devons investir davantage dans les énergies renouvelables et dans l'énergie nucléaire »
  • 9:00Emmanuel MacronPromesse
    « il nous faut aussi retrouver notre indépendance alimentaire »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le président, vous avez la parole. J'ai une mauvaise nouvelle pour vous, je vais faire un discours. Mais j'ai une bonne nouvelle pour vous, c'est que je vais essayer de ne pas répéter ce qui a déjà été très bien dit avant moi.

Madame la présidente du Parlement européen, cher Roberta, madame la présidente de la Commission européenne, cheroua. Monsieur le Premier ministre, le Portugal, cher Antonio, chers coprésident, mesdames et messieurs les ministres, députés européens, parlementaires, chers concitoyens et concitoyennes européens, la paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui les menacent. Ces mots, ceux de Robert Schuman le 9 mai 1950 sur la contribution qu'une Europe vivante doit apporter à la civilisation sont plus essentielles que jamais.

Ces efforts créateurs correspondent au moment que nous vivons et sont aujourd'hui sans doute encore plus nécessaire qu'hier. Ils le sont en ces temps où la guerre est revenue, vous l'avez toutes et tous parfaitement dit sur notre continent. Au moment où un peuple européen, le peuple ukrainien se bat pour la liberté, ils le sont à l'heure où vous, citoyen et citoyens européens, parlementaires, ministres, commissaires, responsables politiques et citoyens spécialistes du réel comme vous l'avez dit tout à l'heure, avait achevé un exercice démocratique inédit dans notre histoire et dans celle du monde.

Cette Europe vivante, créatrice, démocratique, cette Europe des actes. Vous en êtes les représentants et il nous appartient d'en être les artisans. Ici à Strasbourg, dans cette capitale européenne à laquelle nous tenons temps.

Le choix souverain du peuple français me conduit devant vous aujourd'hui pour vous dire qu'il est une tâche historique face à laquelle la France ne se dérobera pas, qu'elle portera plus haut encore. Car la France a une nouvelle fois clairement résolument fait le choix de l'Europe en me confiant un nouveau mandat pour revrer avec vous tous à construire une Europe plus forte et plus souveraine. [Applaudissements] Cette Europe que nous célébrons aujourd'hui, nous avons décidé il y a un an collectivement de lui faire franchir une nouvelle étape.

C'était avec le président David Sassoli auquel nous pensons tous aujourd'hui. Vous l'avez très bien dit l'une l'autre. Et c'était sous présidence portugaise cher Antonio et je veux saluer la présidence et l'élégance du premier ministre portugais qui est à nos côtés aujourd'hui pour dans la continuité être fidèle à cet engagement. lancé ici il y a un an dans un contexte un peu différent, on s'en souvient tous, ici à Strasbourg, dans cette capitale de la fraternité européenne retrouvée, dans ce parlement qui abrite ce que nous avons de plus précieux, notre démocratie européenne.

Cette nouvelle étape, c'est celle d'un exercice démocratique inédit dans notre union qui consiste non pas à confronter nos citoyens à des alternatives parfois peut-être trop simples pour ou contre, mais de les associer pleinement à la réflexion sur l'avenir de notre Europe. Ce que vous avez fait et qui est inédit, c'est d'être pleinement associé à la conception à un moment de défi historique et de créer par la délibération collective l'intelligence du débat, la confront la confrontation d'idées des solutions. Certaines prêtent à être tout de suite appliquées, d'autres qui doivent poursuivre leur chemin, mais toutes qui nous permettent de bâtir cette Europe d'aujourd'hui et de demain.

Aujourd'hui, en ce 9 mai, la liberté et l'espoir dans l'avenir ont le visage de l'Union européenne. C'est au nom de cette liberté, de cet espoir que nous soutenons et que nous continuerons de soutenir l'Ukraine, son président Volodimir Zelinski et tout le peuple ukrainien. Quel est quel est notre objectif face à la décision unilatérale de la Russie d'envahir l'Ukraine et d'en agresser le peuple ?

Faire cesser cette guerre au plus vite, tout faire pour que l'Ukraine à la fin puisse tenir et la Russie ne jamais l'emporter. préserver la paix sur le reste du continent européen et éviter toute escalade. Pour que cette guerre prenne fin, nous avons adopté des sanctions sans précédent pour entraver durablement les sources de financement de la guerre en Russie.

Pour soutenir l'Ukraine, nous avons mobilisé comme jamais d'importants moyens militaires, financiers, humanitaires et nous devons accentuer nos efforts pour mettre en place une réponse efficace en matière de sécurité alimentaire et nous continuerons. Pour que la justice parle, nous luttons et lutterons contre l'impunité des crimes inqualifiables commis par la Russie en Ukraine. Nous ne sommes pas pour autant en guerre contre la Russie.

Nous œuvrons en européen pour la préservation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine pour le retour de la paix sur notre continent. Il n'appartient qu'à l'Ukraine de définir les conditions des négociations avec la Russie. Mais notre devoir est d'être à ses côtés pour obtenir le cesser le feu puis bâtir la paix.

Puis nous serons là pour reconstruire l'Ukraine en européen toujours. Et enfin, car et enfin, quand la paix reviendra sur le sol européen, nous devrons en construire les nouveaux équilibres de sécurité et nous devrons ensemble ne jamais céder à la tentation, ni de l'humiliation, ni de l'esprit de revanche, car ils ont déjà trop par le passé ravager les chemins de la paix. C'est aussi au nom de cette liberté, de cet espoir que nous avons engagé ce souffle citoyen que vous portez, cette respiration démocratique inédite et vous l'avez très bien dit les uns et les autres avec vos mots les unes et les autres, vos générations, vos travaux nous obligent et aujourd'hui ne marque pas une fin mais bien comme un point virgule la fin d'une étape de vos travaux et l'ouverture maintenant d'une responsabilité qui est notre présidente de la Commission européenne a parfaitement dit et s'est engagé à l'instant à assurer l'examen et le suivi attentif de chacune de vos propositions.

Je veux ici l'en remercier. Nous aurons un rendez-vous concret au mois de septembre, vous l'avez entendu. Au titre de la présidence du Conseil de l'Union européenne et comme président de la République française, je veillerai moi aussi à ce que cet exercice ne reste pas un exercice de style ou un exemple de méthode simplement, mais qu'il débouche bel et bien sur des travaux pratiques, des évolutions fortes et concrètes et que les citoyens d'Europe puissent en cueillir les fruits.

Car cette conférence ne doit pas s'arrêter là. [Applaudissements] Ma conviction, retremper si je puis dire, dans le moment qui est le nôtre et la guerre que nous traversons et que vos travaux ont confirmé est tout d'abord que les crises ne doivent pas nous détourner de notre agenda. Beaucoup de vos propositions, en effet n'ont pas besoin de réforme institutionnelle mais nous rappellent à la nécessité de l'agenda qui est le nôtre.

La protection du climat et de la biodiversité, la santé et la qualité de notre alimentation. une Europe plus juste, plus inclusive, une Europe de l'égalité entre les femmes et les hommes, une Europe dotée des moyens de se défendre, une Europe solidaire, une Europe de la défense de nos valeurs et de l'état de droit partout. à travers vos propositions, beaucoup de choses très concrètes figurent et il nous appartiendra dans les prochains conseils et dans l'agenda de la commission d'en tirer toutes les conclusions je m'y engage ici.

Vos travaux distent aussi deux exigences sur lesquelles je veux plus particulièrement revenir. Celle de l'indépendance et de l'efficacité sans lesquelles il n'y a pas de légitimité de nos démocraties. Et ces deux impératifs sont aussi les leçons que nous tirons collectivement des crises que nous venons de traverser, que nous sommes en train de vivre.

L'indépendance et l'efficacité. Plus d'indépendance européenne, de souveraineté. C'est ce dont nous avons besoin.

Surmontant la crise de sens qu'elle traversait depuis tant de décennies. Notre Europe s'est ressaisie ces dernières années et à travers vos propositions, nous retrouvons le fil de cet agenda stratégique que nous avons aussi ensemble avec les présidentes, le prés le premier ministre portugais ensemble dessiner cet agenda d'indépendance stratégique, cet agenda de Versailles. La crise financière vécue il y a 10 ans, la pandémie, la guerre nous ont montré nos vulnérabilités et le risque quand nous ne répondions pas assez vite et assez fort à ces dépendances d'en aggraver les conséquences.

Le projet d'une Europe maîtresse de son destin, libre de ses choix, d'une Europe puissance ouverte au monde, mais où nous voulons choisir nos partenaires et ne pas dépendre d'eux est au cœur de notre mission. Rester ouvert sans être dépendant est une condition de la poursuite du projet européen et de nos démocratie. Vous en dessinez quelques-uns des axes.

Ils correspondent aussi à ce que nous travaillerons dans les prochaines semaines et les prochains mois en matière de défense pour investir encore plus fort, identifier les capacités qui sont à bâtir et construire pour cela des filières industrielles européennes. nous préparer aux nouvelles formes de conflictualité, qu'il s'agisse du spatial, du cyber, du maritime et mieux protéger les pays ici présents qui sont à la frontière de l'Union européenne et face à un risque nouveau, une menace nouvelle qui s'est transformée ces dernières semaines. notre devoir et tout ce que nous défendons aujourd'hui deviendrait l'être morte si nous ne savions dans les prochaines semaines et les prochains mois crédibiliser notre capacité en européen avec nos coopérations, nos alliés, nos alliances à nous défendre aussi et à défendre en particulier notre flanc oriental en matière écologique.

Vous l'avez parfaitement écrit, nous devons sortir plus vite et la guerre nous l'impose. des énergies fossiles, c'est à la fois répondre à notre agenda climatique et être plus souverain et mettre la Russie face à ses responsabilités. La guerre en Ukraine est notre volonté de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles russes signifie que nous devons être encore plus ambitieux sur le plan climatique.

Nous devons investir davantage dans les énergies renouvelables et dans l'énergie nucléaire. Nous devons prendre le chemin de la sobriété énergétique et continuer de protéger et d'accompagner les Européens face aux hausses de prix. Agir en européen pour faire de notre continent une puissance écologique atteignant la neutralité carbone.

Il nous faut aussi retrouver notre indépendance alimentaire. La guerre en Ukraine déstabilise profondément les chaînes d'approvisionnement et les marchés mondiaux. Il nous faut réévaluer nos stratégies de production pour d'abord défendre notre souveraineté alimentaire et notre souveraineté protéinique en européen, mais pour pouvoir aussi définir et réévaluer une stratégie à l'égard du reste du monde si nous voulons éviter les famines, les déstabilisations géopolitiques à nos frontières et les drames tout autour du bassin méditerranéen.

C'est notre responsabilité d'Européens. indépendance démocratique et informationnelle. Enfin, vous insistez beaucoup sur ce point à juste titre dans vos propositions.

Vous avez commencé à démontrer ce que nous sommes vraiment, une puissance citoyenne et démocratique. Et il n'y a pas d'équivalent au monde. Il n'y en a pas.

Cette puissance citoyenne, nous devons continuer à la faire vivre en défendant la liberté et l'intégrité des informations qui sont échangés sur notre sol en défendant l'intégrité de nos processus démocratiques, en défendant partout sur notre solie et l'état de droit. C'est cela ce que nous revivons à travers le combat héroïque de nos frères ukrainiens. La démocratie est fragile, l'état de droit est précaire.

Sachons ensemble en rebâtir la force par des engagements nouveaux. Notre indépendance et notre souveraineté sont les conditions de notre liberté. Et puis le deuxième grand chemin que je veux retenir, c'est celui de l'efficacité.

Oui. Répondre face aux crises avec force, clarté, rapidité et décisif et le faire en tant que démocratie. Rappelez-vous, il y a 2 ans de cela, il y a même encore 1 an, que n'entendions-nous tant étant dans nos opinions publiques qui nous expliquaient qu'il fallait bien mieux être une puissance autoritaire pour répondre à la pandémie, que ça marchait beaucoup mieux de ne pas avoir de système démocratique, que des vaccins russes ou chinois allaient nous sauver.

Qu'avons-nous démontré ? que la science libre ouverte que les processus démocratiques transparents, délibératif exigeant dans nos parlements nationaux et au niveau européen qu'une Europe s'inventant elle-même puissance sanitaire et je salue l'engagement et le travail formidable de la commission car il n'y avait aucun traité pour le dire ni aucun texte qui le définissait ensemble nous avons battu une nous avons bâti une réponse inédite face à cette pandémie de science, de démocratie et d'efficacité en réussissant à produire sur notre sol un vaccin en devenant le premier espace au monde de production des vaccins en assumant jamais de ne fermer nos frontières en étant toujours celles et ceux qui laisseraient les frontières ouvertes et exportant et en étant la première puissance de solidarité vaccinale. C'est ça l'Europe dont nous devons être fiers. une Europe de la démocratie, de la science ouvert libre et de l'efficacité.

L'une va avec l'autre. Et bien, c'est ce choix que nous devons continuer d'assumer. Et quand je regarde les 15 dernières années, face à la crise économique et financière, nous avons mis trop de temps à réagir.

Le Portugal et beaucoup d'autres, la Grèce dont vous venez en ont vécu les drames. Nous nous sommes d'abord divisés. Nous sommes retombés dans nos égoïsmes nationaux.

Nous avons pointé du doigt, nous n'avons pas apporté de réponse collective et nous avons dit au fond au peuple de s'adapter à une réalité et une crise financière qui, je le rappelle, était importée d'outraique. Réponse 20, soyons humble, que de la banque centrale européenne et d'une fameuse formule whatever it takes en bon français ou en alsacien ici auquel je rends hommage est prononcé par Mario Dragy. Mais face à la pandémie et aujourd'hui face à la guerre, nous avons démontré le contraire.

Face à la pandémie, la réponse que j'ai évoqué mais aussi la décision unique en juillet 2020 de construire un budget nouveau, une définancement mutualisé, une ambition nouvelle pour l'Europe inédite, enlevant ensemble de l'argent sur les marchés pour investir en européen pour nos priorités. Et face à la guerre, nous avons pour la première fois décidé de mobiliser la facilité de paix européenne pour aider l'Ukraine à se défendre et à se battre comme nous ne l'avions jamais fait. Soyons fiers de ces choix d'efficacité sans lesquels nous ne serions pas là aujourd'hui pour nous parler ainsi.

Et bien en quelque sorte cette efficacité. Vous pouvez applaudir notre Europe, c'est vous tous. Le défi que vous nous posez, c'est d'être aussi efficace en quelque sorte en temps de paix et sans crise.

Et être efficace, ça veut dire décider vite, de manière unie, en sachant investir massivement aux bons endroits en ne laissant personne sur le bord de la route. C'est ça être européen. Face à cela, il faudra réformer aussi nos textes.

C'est évident. Et aussi, je veux dire clairement aujourd'hui que l'une des voix de cette réforme est la convocation d'une convention de révision des traités. C'est une proposition du Parlement européen et je l'approuve.

J'y suis favorable. Elle suppose que nous travaillons maintenant ardemment sur la base de vos propositions et de vos travaux d'ailleurs à définir nos objectifs de manière très claire parce qu'il faut commencer une convention en sachant où on arrive. D'expérience quand on commence des exercices aussi ambitieux, si on n pas une idée claire au début, il est rare qu'elle le soit davantage à la fin.

Vous nous donnez un cadre très fort. Nos débats d'ailleurs politiques, ce que les chefs des têtes de gouvernement discutent le montrent aussi. Et donc dès les prochaines semaines, nous aurons à définir les préalables, construire aussi l'accord de tous et tous.

Et je suis, je vous le dis, favorable à cette réforme institutionnelle et je souhaiterais que nous en discutions avec l'audace et la liberté nécessaire dès le Conseil européen du mois de juin. Ceci supposera d'avancer pour plus de simplicité. Nous connaissons la voix, c'est-à-dire avancer en continuant de généraliser le vote à la majorité qualifié dans nos décision pour nos principales politiques publiques.

Il nous faudra continuer aussi d'avancer et de définir les voies et moyens d'être plus solidaire, clarifier nos objectifs et l'objectif de toutes nos institutions en instaurant les objectifs qui nous permettront de tenir notre Europe unie. la croissance, le plein emploi, nos objectifs climatiques. Là où les règles de temps de nos institutions européenne ont été pensé il y a des décennies et reposer sur des objectifs sans doute aujourd'hui devenus incomplets qui ne nous permettront pas de tenir face aux crises qui sont les nôtres et au défis historiqu notre unité.

Le plein emploi, l'objectif de croissance, la neutralité carbone, l'objectif de justice sociale doivent être au cœur les objectifs de nos institutions. Enfin, réformer et ouvrir ce chantier, c'est évidemment celui aussi, et vous l'évoquez très bien dans vos travaux, de la légitimité, du contrôle démocratique, de l'approfondissement de cette aventure démocratique inédite et donc de continuer les innovations démocratiques comme nous avons su le faire à travers votre travail. Et je remercie madame la présidente d'avoir déjà engagé cela par un engagement clair à l'instant.

Mais nous savons que nous devons aller plus loin. Nos règles d'élection, nos règles de désignation de nos représentants, nos règles de contrôle, nos droits d'initiative au Parlement européen. Tout cela est ce qui doit être au cœur de cette convention à venir.

Je crois très profondément que nous pouvons engager ces travaux et je les ai mis sous le frontispice de l'efficacité. Pourquoi ? Parce que je crois que tenir tous ces objectifs économiques, sociaux, environnementaux sont ceux qui nous permettent d'agir efficacement et surtout de tenir notre Europe unie.

Parce que sans ces objectifs, nous n'arriverons plus à convaincre nos peuples que l'aventure européenne est celle qui les réunit, les protège et permett d'avancer. Dans le cadre de ce défi, nous savons que nous ne serons pas peut-être tous et toutes d'accord et il ne faut pas non plus craindre la différenciation, les avantgarde, elles ont toujours été fécondes pour le projet européen. Elles n'ont d'ailleurs jamais exclu.

Elles entraînent et elles existent déjà de l'euro à Schengen. Mais je suis frappé ces dernières années comme en quelque sorte la volonté de nous tenir à 27 nous interdit d'être plus ambitieux. Et je suis frappé moi-même d'ailleurs que je le dis dans un constat de demi-échec, nous-même chef d'état et de gouvernement nous n'arrivons jamais à nous réunir en format zoneuraux.

Nous sommes le seul syndique de copropriété qui s'interdit de se réunir en syndique de copropriété. Il faut toujours inviter toute la rue. On a peur de on a peur d'assumer d'être plus ambitieux.

Et de l'euro à Schengen, c'est toujours la même chose. Et nous avons tort parce que ces cercles d'avantgarde n'exclu pas, mais c'est permettre à ceux et celles qui veulent avancer un peu plus loin d'entraîner les autres et de rendre l'ambition désirable au lieu de rendre l'attentisme plus risqué. Je sais parfois les craintes qu'il y a d'une Europe à plusieurs vitesses, elle existe déjà.

Mais accélérer le rythme, relever nos ambitions, créer de la convergence en son cœur sans format prédéfinis, sans jamais exclure, mais aussi sans jamais laisser les plus sceptiques ou les plus les plus hésitants freiner et ce qui permettra à notre Europe de s'affirmer comme puissance. Cette différenciation ouverte à tous et fidèle à notre histoire et aux ambitions portées par les fondateurs, par Jacques Deor et pour notre Europe. Et c'est une condition de cette efficacité et de cette ambition que j'évoqué.

Enfin, pour finir et je m'extrait ici de vos propositions pour revenir sur le contexte et je sais que mon propos serait incomplet si je ne répondais pas à ce point particulier. La guerre en Ukraine est l'aspiration légitime de ce peuple comme de la Moldavie et de la Géorgie à rejoindre l'Union européenne nous invite à repenser notre géographie et l'organisation de notre continent. Et je veux ici le faire avec la même sincérité et la même exigence que celle avec laquelle vous avez conduit vos travaux, avec laquelle je m'exprime aujourd'hui devant vous. l'Ukraine par son combat et son courage et d'ors et déjà aujourd'hui membre de cœur de notre Europe, de notre famille, de notre mais nous lui accordions demain le statut de candidat, l'instruction est faite et je souhaite que nous allions vite à l'adhésion.

à notre Union européenne. Nous savons tous parfaitement que le processus leur permettant l'adhésion prendrait plusieurs années en vérité sans doute plusieurs décennies. Et c'est la vérité que de dire cela, sauf à ce que nous décidions de baisser les standards de cette adhésion et donc de complètement repenser l'unité de notre Europe et parfois les principes au nom desquels nous sommes exigeants à l'égard de certains de nos propres membres et nous y tenons tous.

Soyons clair, l'Union européenne compte tenu de son niveau d'intégration et d'ambition ne peut pas être à court terme le seul moyen de structurer le continent européen. Il y a d'ors et déjà plusieurs pays des Balcans occidentaux qui sont engagés dans un processus d'adhésion et celui-ci doit poursuivre son chemin et eux ont une vocation qui est déjà tracée. Mais il nous faut très clairement face à ce nouveau contexte géopolitique trouver la voix pour penser notre Europe, son unité, sa stabilité sans fragiliser l'intimité bâtie au sein de notre Union européenne.

Nous avons donc le devoir historique, non pas de faire comme on a toujours fait et de dire la seule réponse est l'adhésion. Je vous le dis très sincèrement, mais d'ouvrir une réflexion historique à la hauteur des événements que nous sommes en train de vivre sur l'organisation de notre continent. Au moment où le Conseil de l'Europe lui-même, cette famille de valeur commune abandonnée par la Russie, ce conseil présent ici même à Strasbourg est également secoué par les bégaements de l'histoire.

En 1989, le président François Mitteran ouvrit cette réflexion alors que l'Union Soviétique se délitait en proposant la création d'une Confédération européenne. Sa proposition n'eut pas de postérité. Elle était sans doute trop précoce.

Elle associait la Russie à cette confédération, ce qui bien entendu fut très rapidement inacceptable pour les États qui venaient de se libérer du jou de l'Union soviétique. Mais elle posait une bonne question et cette question demeure. Comment organiser l'Europe ?

D'un point de vue politique et plus large que l'Union européenne ? C'est notre obligation historique que d'y répondre aujourd'hui et de créer ce que je qualifierai aujourd'hui devant vous une communauté politique européenne. Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeur de trouver un nouvel espace de coopération politique de sécurité de coopération en matière énergétique de transport d'investissement d'infrastructure de circulation des personnes et en particulier de nos jeunesses.

La rejoindre ne préjugerait pas d'adhésion future à l'Union européenne forcément comme elle ne serait pas non plus fermée à ceux qui ont quitté cette dernière rassembler notre Europe dans la vérité de sa géographie sur l'assise de ses valeurs démocratiques avec la volonté de préserver l'unité de notre continent et en conservant la force et l'ambition de notre intégration. Voilà la proposition en complément de la réponse au vôtre que je voulais faire devant vous aujourd'hui. Je tâcherai dans les prochaines semaines et les prochains mois de consulter, travailler avec l'ensemble des États gouvernements intéressés à ce projet pour chercher à le parachever car je crois qu'il en va de la stabilité et de l'avenir de notre continent.

Mesdames et messieurs, il y a un an, je vous disais mon espoir que cette conférence sonne le retour des grands rêves et des grandes ambitions. C'est ce que vous avez aussi voulu, c'est ce que vous avez fait. C'est donc ce que nous allons ensemble poursuivre.

C'est ça l'Europe. Ce sont des rêves fous, des ambitions inédites et c'est ensuite la capacité collective à construire des compromis qui peuvent sembler quelquefois laborieux mais qui sont la langue de l'Europe, c'est-à-dire celle de la traduction permanente. Agir fort, aller vite, rêver grand.

Ces mots ne sont pas seulement l'apanage de la Chine ou des États-Unis d'Amérique. Ces ambitions, nous les faisons nôtres. gardant bien à l'esprit qu'il ne serait rien sans ce supplément d'âme européen qui nous rend unique, qui fixe le cap, donne le sens, qui fait que notre Europe et ce continent inédit où les grandes célébrations se font en parlant toutes nos langues et en les traduisant et en ayant une langue universelle qui est la nôtre, la musique, nos hymnes européennes.

Alors, ce chemin que nous avons commencé à dessiner ici maintenant à Strasbourg presse en quelque sorte un serment. Ce serment de Strasbourg pour une Europe souveraine, unie, démocratique et ambitieuse. Il nous appartiendra d'y être fidèle tous et toutes ensemble.

Comptez sur moi. Merci beaucoup. Merci.