Macron, les Gaulois... et l'impôt à la source - Les questions SMS #cdanslair 30.08.2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:25OuverteRéponse partielle
Le prélèvement à la source était-il indispensable maintenant ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Quelles conséquences si cette réforme sur l'impôt est reportée ?
- 4:28OuverteRéponse directe
La mensualisation obligatoire de l'impôt aurait-elle été plus simple à appliquer ?
- 4:53RelanceRéponse partielle
Ces écarts de langage ne sont-ils pas de nature à pousser les Français à s'opposer aux réformes ?
- 5:48OuverteRéponse directe
L'opposition en est-elle réduite à se battre sur des petites phrases de Macron pour exister ?
- 6:39OuverteRéponse directe
Est-ce que le départ de Hulot peut être une piste pour la gauche ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15InvitéFait
« je suis celui qui va réussir à réformer malgré un peuple réfractaire. »
- 0:29InvitéFait
« je méprise pas mon pays, j'aime mon pays »
- 1:41InvitéFait
« on a vécu dans l'illusion que l'accord franco-allemand permettait tout. »
- 1:54InvitéFait
« partout progresse quand même vraiment une crainte des peuples sur l'immigration et sur la perte d'identité. »
- 2:13PrésentateurFait
« il veut désamorcer aussi encore une fois cette affaire de lettres qui avait été initiée par les Pays-Bas contre sa politique budgétaire. »
- 2:57PrésentateurFait
« de ne pas équilibrer ses finances publiques, et de ne pas respecter les traités qu'il a signés. »
- 3:47InvitéFait
« le président de la République lui-même, qui a dit qu'il attendait des clarifications sur la faisabilité de la réforme »
- 4:06InvitéChiffre
« il y aurait des conséquences très concrètes pour le budget. »
- 4:38PrésentateurFait
« ça avait commencé sous Michel Rocard, à l'époque, une des options qui avait été choisie, c'était de prendre la mensualisation plutôt que l'impôt à la source. »
- 5:02InvitéFait
« je ne crois pas, parce que je pense que ça peut souder une partie des Français qui disent effectivement on a trop attendu. »
- 5:36InvitéFait
« on lui reproche du mépris et de l'arrogance. »
Temps de parole
- Invité26 %
- Invité 219 %
- Présentateur19 %
- Invité 316 %
- Invité 413 %
- ?8 %
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–
Gaulois réfractaires, c'est une idée fixe
chez
Macron ?
–
Oui,
oui, oui, mais
ça je pense que c'est sa conviction profonde et ça participe de la fabrication de son projet, de son discours, je suis celui qui va réussir à réformer malgré un peuple réfractaire.
–
L'humour, l'humour est-il interdit pour le Président ? On rappelle que le Président a été obligé de se justifier sur cette petite phrase, disant ça va, c'était un trait d'esprit, c'est pas si grave, je méprise pas mon pays, j'aime mon pays, et
il a un petit peu
corrigé le tir. Ce qui est choc, c'est qu'il l'est dit au Danemark, en général on évite toujours d'attaquer son pays quand on est à l'étranger, ça je pense que c'est quand même un faux pas. – Surtout trois fois de suite ? – Absolument.
–
Comme il est très souvent à l'étranger, il est quatre jours sur cinq à l'étranger, donc s'il ne pouvait pas parler à l'étranger, il ne parlerait plus jamais.
– Il ne m
'empêche de parler aux
Français en France, c'est lui qui décide. – Je suis sérieux, en
plus, sur l'humour, il est indispensable qu'un président ait de l'humour. La question est de savoir s
'il en a… – Ça a été reproché à
François Hollande.
– S'il en a assez,
il
ne faut pas en avoir trop, il ne faut pas en
avoir assez. –
Vous vouliez dire un mot, Cécile Cornilet ?
– Je pense qu'il ne
l
'a pas dit par hasard, et qu'aujourd'hui il dit effectivement que c'était de l'humour, mais il sait très bien, le système médiatique, on retiendra une petite phrase, et que c'est pour montrer qu'il est réformateur, et peut-être pour faire de la fumée sur l'affaire Hulot.
–
On glose beaucoup sur les formules de Macron, mais quels sont les résultats de son voyage en Europe
?
Qu
'est
-ce qu'il est allé chercher au Danemark ? Des soutiens
?
– J'essaie d'avoir le soutien des petits pays, ne pas se contenter longtemps, on a vécu dans l'illusion que l'accord franco-allemand permettait tout. Là, il cherche l'appui, sachant que l'Italie s'est dérobée, qu'il a l'Espagne, qui est un grand pays, et puis que maintenant il faut qu'il aille construire, alors que partout progresse quand même vraiment une crainte des peuples sur l'immigration et sur la perte d'identité. Donc il essaye vraiment de convaincre qu'il y
a
une autre voie, ce qu'il appelle la voie progressiste en Europe, et il essaye de se faire des alliés dans une situation qui va être très compliquée. – Et
puis je crois qu'il veut désamorcer aussi encore une fois cette affaire de lettres qui avait été initiée par les Pays-Bas contre sa politique budgétaire. Donc il va dans les pays qui ont signé la lettre, donc la
Finlande,
pour expliquer. Or, et la première opération qu
'il
avait faite, il était allé voir Marc Rutte, le premier ministre néerlandais, avait donné lieu à l'émission d'un communiqué digne de la diplomatie, c'est-à-dire que tout ça s'était passé dans une atmosphère de franches camarades, etc.
– Oui, comme toujours.
– Mais la veille, le premier ministre néerlandais avait fait une conférence à l'université Humboldt à Berlin, où il avait été d'une virulence à l'égard de la politique de Macron.
–
À l'égard de la politique qu'il voulait mener au niveau européen ?
– La politique économique qu'il menait,
et
avec comme conséquence qu'elle décrédibilisait toute sa démarche européenne.
– Qu'est-ce qu
'il lui reprochait ?
– Mais de toujours la même chose, de ne pas équilibrer ses finances
publiques, et de
ne pas respecter
les traités
qu'il a signés. Enfin, pas lui personnellement, que la France a signés. Et donc là, la Finlande et le Danemark sont deux pays qui sont très, bien que le Danemark ne fasse pas partie de la zone euro, et bien que le Danemark ait voté contre l'adhésion à la zone euro, donc c'est un des pays qui n'a même pas vocation à être dans la zone euro, compte tenu de la structure européenne, mais c'est un des pays qui est le plus remonté contre notre politique économique. Et je pense que ce sera là aussi un coup d'épée dans l'eau, comme ça a été aux Pays-Bas.
–
Le prélèvement à la source était-il indispensable maintenant
? –
Indispensable maintenant, vous nous disiez tout à
l
'heure, il
n'y a
pas d'urgence.
– Non,
on
l'a
vécu très longtemps sans prélèvement à la source, alors que beaucoup de pays l'avaient, on n'en est pas morts.
– On
peut attendre
un an ? – Il avait déjà été reporté
un an.
–
On précise, pour les gens qui nous regardent ce soir, que la décision n'est pas prise, que pour l
'instant il
y
a
un doute qui est émis par
le président de la
République lui-même, qui a dit qu'il attendait des clarifications sur la faisabilité de la réforme, mais pour l'instant la décision
est en suspens. – Il va même que la
décision est prise, d'après les documents que nous avons reçus tous de l'administration
fiscale. – C'est ça. – Allez,
quelles conséquences si cette réforme sur l'impôt est reportée ? Alors vous nous avez dit tout à l'heure, Cécile Candidé, qu'il y
aurait
des conséquences très concrètes
pour
le budget.
–
Déjà, il y a beaucoup d'argent qui a été engagé là-dessus, une conséquence politique sur la crédibilité peut-être de la parole publique, et puis effectivement des mesures budgétaires étaient liées à l'impôt à la source, et qu'est-ce qu'on fait si jamais il n
'y a
pas d'impôt à la
source
? – Et pour les contribuables ?
–
Si c'est reporté, du coup on reprend le système précédent,
et ça ne
changera rien du tout. – La mensualisation obligatoire de l'impôt aurait-elle été plus simple à appliquer ? –
Oui, ça a été une option,
c
'est-à-dire que là aussi, quand on regarde les travaux qui auraient été mis en place, ça avait commencé sous Michel Rocard, à l'époque, une des options qui avait été choisie, c'était de prendre la mensualisation plutôt que l'impôt à la source. On a fait la mensualisation, et puis après, on a réintroduit l'impôt à la source. Donc la mensualisation était une option, qui était une option en parallèle, et qui avait été choisie dans les années 90.
– Ces écarts de langage ne sont-ils pas de nature à pousser les Français à s'opposer à des réformes qu'ils souhaitent au départ ? Est-ce que ce n
'est
pas contre-productif ?
– Je
ne
crois
pas, parce que je pense que ça peut souder une partie des Français qui disent effectivement on a trop attendu. En fait, quand même, l'élection de Macron, c'est ça, c'est une partie des Français qui disent on n
'a
pas fait les réformes qu'il fallait, et maintenant on est au pied du mur. Et quand on regarde les sondages, on n'en veut pas Emmanuel Macron de réformer, on lui en veut, il y
a
l'affaire Benalla à jouer sur la façon dont on le percevait, mais sur le fait qu'il déroule les réformes, on ne lui reproche pas. Donc je pense qu'il essaye aussi de consolider le socle qui peut encore l'aider à poursuivre. – Ceux qui lui disent, tenez bon quoi, c'est
ça ? – Exactement.
– En revanche, on lui reproche du mépris et de l'arrogance. C'est vrai que peut-être il
y a
une réflexion à mener sur comment mieux associer un plus grand nombre aux réformes, plutôt que de les prendre de face comme ça.
–
L'opposition en est-elle réduite à se battre sur des petites phrases de Macron pour exister ?
–
Il semblerait aujourd'hui qu'en effet, elle se rabat là-dessus, faute d
'avoir…
–
C'est un peu
battu sur l'impôt à la source. D'ailleurs, ça va sans doute enlever un gros argument à Laurent
Wauquiez, si jamais
ça se
fait pas. –
La vérité, quand vous dites l'opposition d'ailleurs… – Les oppositions
? – Oui,
les oppositions, il y a un nombre X à droite et un nombre Y à gauche, donc là, manifestement, elles n
'ont
pas de programme,
je
trouve, pas de politique de rechange ou d'alternance. Donc,
elles
se battent sur des petites phrases. Elles se battent en contre, si je vous ai ainsi exprimé, en essayant d'attraper le président sur des petites phrases. Mais tout ceci…
–
Ça s'est toujours fait, Raymond Soubis, vous le savez bien.
–
Oui, ça s'est toujours fait, mais généralement,
pour
aller plus loin et envisager d'être élu, il faut aussi avoir des programmes crédibles. – Je fais juste une nuance, c'est que je trouve que le départ de Hulot, qui existe au moment où la gauche essaye de penser un modèle écologique,
est
-ce que ça peut être une piste pour la gauche d'essayer d'inventer quelque chose d'autre ? Ce n
'est
pas fait, mais on sent quand même que l'alternative à Macron, elle est plutôt dans ce… penser une croissance durable et écologique, plutôt qu'à droite où, effectivement, on ne voit pas tellement la différence. – Il faut du temps pour voir l'effet des réformes. En revanche, la main au porte-monnaie, c'est tout de suite.
On
parlait tout
à l'heure du pouvoir d'achat. – C'est exactement
ça, les gens ont l'impression de payer pour les réformes et on ne voit pas encore les résultats. Le gouvernement avait dit qu
'on
sera jugé sur les résultats au bout de 18 mois, on y est bientôt. – Emmanuel Macron est-il réfractaire à la voix de la rue
? –
Pour l'instant,
la voix de la
rue, elle est plutôt assourdie. On n'a pas beaucoup entendu, je vous rappelle que les manifestations depuis un an
n
'ont pas
marché.
– Merci beaucoup à vous tous, c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h35. Demain, vous retrouvez Axel Detarlet pour un nouveau C'est dans l'air. Belle soirée sur France 5.
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