Gabriel Attal : "Il n'y a aucun confinement de prévu aujourd’hui, ni de près ou de loin"
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le porte-parole du gouvernement. Question, réaction, amis auditeurs, 0145 24 7000, réseaux sociaux et applications France Inter. Bonjour et bienvenue Gabriel Attal. Bonjour. Avant d'en venir au dernier chiffre de l'épidémie de Covid, un point sur la situation tendue en Guadeloupe où pendant la première journée d'une grève générale illimitée contre l'obligation vaccinale et le pass sanitaire, des échauffourés ont opposé pompiers grévistes et gendarmes. Il y a deux blessés chez les pompiers. Redoutez-vous ce matin que la situation dégénère ?
En Guadeloupe, on revient de loin s'agissant de la vaccination. Je rappelle qu'il y a plusieurs mois, on faisait état d'un gros problème. C'était une très faible vaccination d'une manière générale et chez les soignants en particulier. Il y a depuis le début certaines personnes qui instrumentalisent cette question et qui veulent empêcher, convaincre des soignants notamment de ne pas se faire vacciner. Il y a eu un énorme travail qui a été mené par nos services sur place, par les professionnels de santé pour convaincre. Aujourd'hui, on est à plus de 70% des soignants en Guadeloupe qui sont vaccinés. C'est un progrès colossal. Et donc, qu'est-ce qui se passe ?
La petite minorité qui essaye d'instrumentaliser cette situation, finalement, elle augmente la pression. Et face à ça, il faut être très ferme. On n'acceptera pas qu'on empêche des personnes d'aller se faire soigner à l'hôpital. On n'acceptera pas qu'il y ait de la pression qui soit mise sur des personnes qui ont fait le choix ou qui vont faire le choix de se faire vacciner. Ça veut dire quoi, très ferme ? Ça veut dire qu'il faut que nos services hospitaliers puissent fonctionner, qu'il faut que les personnes qui ont besoin d'être soignées soient soignées, qu'il faut que les personnes qui veulent être vaccinées puissent être vaccinées.
Mais redoutez-vous que le ras-le-bol qui s'exprime en Guadeloupe fasse tâche d'huile, qu'il arrive en métropole également ?
Non mais moi, vous savez, je crois qu'il y avait surtout un ras-le-bol sur l'épidémie et ses conséquences. Parce que c'est quand même très dur ce qui a été vécu en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane. Et on est en train de sortir de cette situation. La situation s'est améliorée, elle reste tendue. La vaccination a progressé et c'est ça qu'il faut regarder. Et moi, je suis convaincu que la grande majorité des Guadeloupéens, comme la grande majorité des Français, ils veulent en sortir. Et en sortir, ça passe par la vaccination. Et encore une fois, on a des progrès en Guadeloupe.
Venons-en donc à l'épidémie. Maintenant, le taux d'incidence est un tout petit peu au-dessus de 100 depuis hier. Plus de 12 000 nouveaux cas ont été enregistrés hier toujours dans le pays. On est loin des 50 000 cas quotidiens de l'Allemagne. Mais est-ce qu'on en prend le chemin ?
On est en état d'alerte. Il y a une incidence, un nombre de contaminations qui a augmenté très fortement encore la dernière semaine. Quasiment plus 50%. Il y a encore une bonne dizaine de jours. Le virus, on prenait l'escalier. Aujourd'hui, il est dans l'ascenseur. On part de plus bas que nos voisins. On a une situation qui est moins dégradée que nos voisins. L'incidence, elle est quatre fois moins importante qu'aux Pays-Bas. Elle est neuf fois moins importante qu'en Autriche. Mais évidemment qu'il y a une vigilance absolue. On a réussi à tenir cet été. On peut traverser l'hiver. Grâce notamment à deux choses. La couverture vaccinale qui est très élevée.
Qui est plus élevée que chez nos voisins. On a une couverture vaccinale plus importante de 12 points. Plus importante qu'en Autriche. Plus importante qu'aux Pays-Bas. Plus importante qu'en Allemagne. Et parce qu'on a le pass sanitaire qu'on a mis en place très tôt. La plupart des pays européens nous ont suivi. Ça nous a permis de tenir cet été. Et on va pouvoir traverser l'hiver précisément grâce à ces mesures et aux efforts des Français.
La cinquième vague, elle est là ou pas ? Pour vous en France.
Olivier Véran a dit qu'on voyait ce qui ressemblait au début d'une cinquième vague. Vous savez il faut voir.
On y est encore ou là maintenant ?
Je laisse les scientifiques et le ministère de la Santé décréter la situation. Ce qu'on voit c'est une augmentation très forte et très rapide. Encore une fois entre 40 et 50% d'augmentation sur une semaine. Vous avez raison sur les hospitalisations, on voit une légère augmentation. Certains parlent de frémissement. Mais on n'est pas dans un déferlement de vagues à l'hôpital. Pourquoi ? Parce qu'on part de bas encore une fois. Ensuite, parce que grâce au vaccin, vous savez qu'il y a moins de contamination qui se transforme en cas grave ou en décès. Et c'est tant mieux. Et donc la réalité c'est que ce qui sera le juge de paix, ce qui est le juge de paix, c'est la situation à l'hôpital.
Et donc il faut protéger l'hôpital.
Et aujourd'hui 7000 malades sont hospitalisés pour Covid à l'hôpital. 1200 en réanimation.
Il y a une augmentation de l'ordre de 6 à 10% sur une semaine. Donc ça augmente. Il ne faut pas attendre que ça explose pour s'inquiéter. Il faut d'ores et déjà aujourd'hui faire très attention. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire dans notre quotidien, les gestes barrières, le port du masque. L'aération, alors on va vers l'hiver, donc c'est sûr que c'est plus compliqué, mais un bon coup d'aération dans une salle de réunion ou dans son logement, si on reçoit des gens, je peux vous dire, les scientifiques le disent, c'est très utile. Et ça veut dire continuer sur la vaccination. On a érigé une muraille grâce au vaccin. Il faut éviter qu'elle se fissure. Et ça veut dire quoi qu'elle se fissure ?
Ça veut dire que des personnes, notamment fragiles, âgées, qui sont vaccinées depuis plus de 6 mois, on sait que l'immunité conférée par le vaccin peut baisser si elles ne font pas un rappel de vaccination.
Et donc il faut qu'elles fassent leur rappel. On vous entend rassurant, rassuré, Gabriel Attal, ou pas ?
On a des raisons d'être confiants. Vous sonnez pas l'alarme, donc vous êtes rassurant ? J'ai dit qu'on était dans une situation d'alerte, quand même. Parce qu'on regarde ce qui se passe chez nos voisins, ça peut aussi être un avertissement. Mais encore une fois, on a des voisins qui sont moins vaccinés que nous, qui pour la plupart d'entre eux n'avaient pas vécu de première vague aussi forte que les nôtres, donc avaient moins d'immunité naturelle. Tout ça, on le regarde évidemment. Maintenant, il ne faut pas attendre de se retrouver dans la même situation qu'eux pour réagir. Donc il faut faire aujourd'hui très attention.
Et il faut que les personnes qui sont éligibles au rappel de vaccination fassent leur rappel de vaccination. Je le redis, si vous avez plus de 65 ans, et à partir de décembre, si vous avez plus de 50 ans, si vous avez une fragilité médicale qui vous rend plus exposé vis-à-vis du Covid, c'est-à-dire obésité, maladies cardiovasculaires, maladies respiratoires, cancers, il faut absolument faire votre rappel de vaccination.
On est de la troisième dose depuis une semaine, depuis l'allocution d'Emmanuel Macron sur les prises de rendez-vous ? Aujourd'hui, on est à quasiment 4,5 millions de personnes qui ont fait un rappel.
Depuis l'annonce de l'allocution du président de la République, il y a plus de 810 000 personnes qui ont pris rendez-vous sur le site d'Octolib. Il y a d'autres moyens de prendre rendez-vous, donc c'est un critère. Et donc ça progresse. Elle est passée à la vitesse supérieure, la campagne de rappel, depuis l'allocution du président de la République. Mais il faut poursuivre, il faut aller plus loin.
Samedi soir sur France 2, vous avez dit que l'hypothèse d'un reconfinement ne pouvait pas être exclue, qu'elle était donc sur la table potentiellement. Est-ce que vous le redites ce matin ?
Moi ce que je redis, ce que j'ai dit samedi, ce que j'ai toujours dit, c'est que ce que m'ont appris 18 mois de crise sanitaire et de porte-parole à du gouvernement, c'est qu'il ne faut jamais rien n'écouture par principe. Maintenant, je vais vous le redire très clairement, il n'y a absolument aucun confinement qui est prévu aujourd'hui, ni de près, ni de loin. Encore une fois, parce qu'on a vu cet été...
Oui, parce que ça a mis le feu au poudre, votre déclaration, samedi soir. C'est-à-dire que toute la journée, c'était le cas autrichien, c'est-à-dire un reconfinement uniquement des personnes non vaccinées est sur la table, un scénario de reconfinement est à l'examen. Donc ce matin, vous vous voulez rassurer, on va dire.
Moi ce que je considère comme étant ma mission de porte-parole, c'est d'être transparent, c'est de dire les choses. Moi je ne suis pas là pour raconter des histoires. Ce que je dis, c'est que par définition, on n'exclut rien par principe. Ce que je dis ensuite, c'est qu'aujourd'hui, il n'est pas prévu, ni de près ni de loin, de reconfiner. Encore une fois, cet été, on a eu des très hauts niveaux d'incidence et on a pu tenir la situation, même si ça a été difficile et éprouvant pour les soignants, à l'hôpital, grâce à la vaccination. Mais pour ça, il faut que l'immunité conférée par le vaccin se poursuive et donc que les Français éligibles fassent leur rappel de vaccination.
Ce qui s'est passé en Autriche, la décision de l'Autriche de ne reconfiner que les personnes non vaccinées, on pourrait l'étudier. Xavier Bertrand et Valérie Pécresse, dimanche soir, ont dit qu'ils n'étaient pas contre cette option-là. Est-ce que c'est quelque chose que vous excluez absolument ou non ?
D'abord, moi, j'entends ce qu'ils disent. On aurait aimé les entendre cet été quand on a mis en place le pass sanitaire et la vaccination obligatoire des soignants. On n'a pas entendu beaucoup de soutien à l'époque venant des oppositions. Ce que je dis, c'est que depuis cet été, la logique de nos mesures, c'est de faire peser la contrainte sur les non vaccinés plutôt que sur les vaccinés. C'est quand même ça, le pass sanitaire. La logique du pass sanitaire, c'est de dire qu'on fait peser les contraintes sur ceux qui ont fait le choix de ne pas se faire vacciner. On est les premiers à l'avoir fait. On a d'ailleurs été critiqué par une partie des oppositions à l'époque.
Qu'est-ce qu'on constate depuis ? Que l'essentiel des pays qui nous entourent nous ont suivis. Ils ont adopté cette mesure. Et si on est dans une situation aujourd'hui moins dégradée que nos voisins, c'est parce que très tôt, le président de la République a eu le courage de prendre cette décision, de prendre cette mesure, ce qui nous a permis de contrôler les choses.
Gabriel Attal, à partir du 15 décembre, le pass sanitaire, vous l'avez dit, sera donc conditionné à la troisième dose pour les plus de 65 ans et les populations que vous avez décrites. Et pour les autres, est-ce que vous allez étendre cette conditionnalité à d'autres classes d'âge ?
D'abord, à partir du mois de décembre, ceux qui ont plus de 50 ans peuvent faire leur rappel. On attend la vie de la Haute Autorité de Santé, mais a priori, c'est ce qui se fera. Il y aurait une logique à ce que les personnes pour qui le rappel est ouvert, à partir d'un certain moment, voient aussi cette troisième dose, ce rappel vaccinal intégré au pass sanitaire. Quand ? Ce serait la logique. Je ne peux pas vous dire quand. On a toujours fonctionné en étapes. On a toujours dit d'abord, on fait le choix de la responsabilité des Français, de la confiance dans leurs responsabilités, et ensuite, on passe à une phase d'incitation.
Si on passe le 15 décembre à l'intégration de cette troisième dose dans le pass pour les plus de 65 ans, c'est parce que la campagne de rappel, elle leur est ouverte quand même depuis début septembre. Donc, on passe à une nouvelle étape. Donc, pour les plus de 50 ans, ça peut, ça va arriver. Ça démarre début décembre. Il n'y a pas d'intégration dans le pass sanitaire, mais je vous le redis, il y aurait une logique à ce qu'à partir d'un certain moment, ça rentre dans le pass sanitaire.
Au Royaume-Uni, le comité vaccin qui éclaire l'action du gouvernement recommande d'ouvrir la troisième dose aux plus de 40 ans. À quelle date ce sera le cas en France ?
On se fonde aussi sur ce que nous disent les autorités sanitaires. Aujourd'hui, il n'y a pas de recommandation qui nous dit qu'il faut ouvrir à tout le monde aux plus de 40 ans. Encore une fois, ce que nous montrent aujourd'hui les études scientifiques, c'est que l'immunité conférée par le vaccin, elle baisse au bout de six mois, surtout chez les personnes les plus fragiles. C'est-à-dire les plus âgées ou les personnes qui sont malades. Et donc, c'est vers elles qu'on dirige en priorité l'appel au rappel.
La fin de la gratuité des tests n'aura duré qu'un mois en Allemagne, d'octobre à novembre. Si l'épidémie venait à reprendre de l'ampleur en France, est-ce que vous reviendrez aussi sur la fin de la gratuité des tests ? On est passé, juste pour donner un ordre d'idée, de 800 000 tests par jour en août quand ils étaient gratuits à 300 000 aujourd'hui. Est-ce qu'il faut revenir à ça ?
Ce n'est pas prévu aujourd'hui. Encore une fois, il y a une grande majorité des Français aujourd'hui qui ont accès aux tests pris en charge par la Sécurité sociale, puisqu'ils restent pris en charge par la Sécurité sociale pour les personnes qui sont vaccinées, pour les personnes qui sont cas contact, cas positifs, et pour les personnes qui ont une prescription médicale, ce qui est quand même assez large.
Maintenant, on a toujours été très clair, pour les personnes qui font le choix délibérées en conscience de ne pas se faire vacciner, il n'y a pas de raison que les Français, avec leurs impôts, financent des tests qui visent à aller au restaurant, qui visent à aller au concert, qui visent à aller au cinéma.
L'Autriche a réglé le problème en passant d'un pass sanitaire à un pass vaccinal, c'est-à-dire qu'on ne peut plus... Est-ce que ça, c'est quelque chose où vous réfléchissez... Est-ce que vous réfléchissez à cette option-là de faire un pass vaccinal ? C'est-à-dire que vous allez au restaurant et il faut montrer que vous êtes vacciné, pas seulement que vous avez un test négatif, ça ne marche plus.
Moi, je vais vous refaire la même réponse générique que je fais toujours, c'est-à-dire que rien n'est éclu par principe. Maintenant, si votre question, c'est est-ce que c'est une piste sur laquelle on travaille, qui a été discutée en Conseil de Défense ou dans les réunions, à ce stade, non.
Dernière question. Les Français doivent-ils s'inquiéter pour le réveillon et les fêtes de Noël ? Vont-ils passer les fêtes en famille ? Ou il y a des options de jauge comme on l'a connu il y a un an ?
Aujourd'hui, il n'y a pas de raison de penser l'inverse. Encore une fois, moi, je me souviens l'an dernier. D'abord, ça montre aussi qu'on a progressé l'an dernier à cette période-là. On était confinés. On avait plusieurs dizaines de milliers de cas par jour. On avait 30 000 personnes à l'hôpital. Et effectivement, on se posait la question des fêtes. Et d'ailleurs, à l'époque, souvenez-vous, il y a beaucoup de personnes qui nous avaient dit « Vous êtes irresponsable, le gouvernement, de laisser les Français aller facer les fêtes en famille, etc. » Et nous, on avait tenu en disant « Mais on fait confiance à la responsabilité des Français. » Et on a eu raison.
Parce qu'il n'y a pas eu de reprise épidémique après les fêtes comme certains nous le prédisaient. et ils se transmettent. Ils font très attention, notamment quand ils sont avec des personnes fragiles et vulnérables. Et j'ai toute confiance aussi dans leurs responsabilités dans les semaines
et les mois qui viennent. On file au standard. On nous attend. Jean, bonjour et bienvenue.
Oui, bonsoir à tout le monde. Dans l'actualité du moment, on a pu entendre qu'un nouveau camp de migrants a été démantelé. La question que j'avais envie de poser, c'est pourquoi... Bon, alors, je ne rentre pas sur la polémique. C'est pour les mettre à la volée ou pas les mettre à l'abri. Mais pourquoi systématiquement, et certes tous les témoignages sont là pour le dire, pourquoi est-ce qu'on s'en prend aux affaires personnelles de ces gens qu'on vide, quoi, finalement ? Merci. Si je peux me permettre, est-ce que... Enfin, quelle est votre position par rapport à l'Angleterre ? Bon, il y a eu le Brexit depuis. On a le sentiment que ça ne bouge pas.
C'est-à-dire qu'on ne veut pas que ces gens aillent en Angleterre. Le pays... Enfin, l'Angleterre n'est plus dans le Royaume-Uni. Enfin, dans le... Pardon. Dans le marché commun. Alors, pourquoi on ne les laisse pas partir finalement ?
Merci, Jean, pour cette question. J'y ajoute, Gabriel Attal, que le démantèlement d'un important campement à Grande-Synthe est en cours en ce moment même. On entendait Yann Gallic dans le journal de 8h, en direct de la barre. Réponse à notre auditeur ?
C'est toujours des situations qui sont très difficiles, humainement. C'est des situations dramatiques. Vous avez des personnes qui parfois, souvent ont tout perdu, qui sont dans des situations très difficiles. Quand on démantèle un camp de migrants, c'est avant tout pour mettre les personnes à l'abri, encore plus à l'approche de l'hiver. Ça se fait toujours dans des conditions difficiles. Moi, ce que je constate, c'est quand même qu'on a réussi à augmenter les mises à l'abri. On a créé pour ça des places supplémentaires. Que si on prend la situation de Calais, par exemple, depuis 2015-2016, le nombre de migrants qui sont sur place a été divisé par 15.
On a ouvert des places qu'on a réussi à mettre à l'abri, qu'on a réussi à sécuriser aussi un certain nombre d'infrastructures.
Sébastien Nadeau, le président de la commission d'enquête parlementaire sur les migrations à l'Assemblée nationale, il dénonce le traitement par la France des migrants qui se trouvent sur son sol. Je le cite, la France est dans une maltraitance d'État. Les droits fondamentaux sont bafoués à Calais. Nous sommes dans une situation d'urgence et l'État envoie un médiateur pour parler d'un futur plan d'urbanisme ou je ne sais quoi. Fin de citation. La charge est rude. Que répondez-vous à Sébastien Nadeau ?
Ce que je réponds c'est que depuis le début de l'année il y a eu 12 000 personnes qui ont été mises à l'abri à Calais. Rien qu'en septembre 2021 il y a 67 000 repas qui ont été servis. On fait tout pour traiter ces situations avec humanité. Ce sont des situations qui sont très difficiles qui sont aussi difficiles pour les personnes qui vivent sur place et on fait au mieux pour les traiter. On travaille aussi avec les Britanniques pour répondre à la question de votre auditeur. Il y a notamment un renforcement des moyens qui sont apportés par les Britanniques pour gérer cette situation. Maintenant pour répondre à sa question... Les Britanniques
qui ont dit hier le ministre des Affaires étrangères a dit hier on n'a pas de leçon à recevoir de la France sur ces questions-là.
Moi je ne donne pas de leçon. Vous m'écoutez ce matin je ne donne pas de leçon. Je dis qu'on travaille avec eux. Il y a des accords qui sont signés. Il y a des moyens qui sont prévus et d'ailleurs suite à une négociation de Gérald Darmanin ils ont augmenté de 62 millions d'euros les moyens qui sont prévus pour nous aider à gérer cette situation à la frontière.
Sur la situation maintenant à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie où se masse environ 2-3 000 migrants la Pologne a annoncé qu'elle lancerait la construction d'un mur dès le mois de décembre. La France, Gabriel Attal soutient-elle la Pologne dans cette entreprise ?
D'abord il faut expliquer ce qui se passe quand même à la frontière. Il y a une mise en scène inhumaine et macabre par le régime biélorusse. Pourquoi une mise en scène ? Ils prennent des milliers de migrants qui sont dans la détresse ils les massent à la frontière ils réalisent eux-mêmes des images telles qu'on voit régulièrement passé sur nos télés. C'est le régime qui réalise ces images dans quel objectif ? Dans le but de nous diviser et de nous fracturer en Europe et de faire peur entre guillemets aux Européens en leur expliquant qu'il y a une vague... En cela ils réussissent.
Moi je trouve que l'Europe elle est unie quand même depuis le début de cette crise et encore hier vous avez les 27 ministres des affaires étrangères qui se sont réunis pour annoncer des sanctions supplémentaires contre le régime biélorusse parce que s'ils font ça c'est précisément parce qu'on a pris des sanctions il y a quelques mois parce que l'élection qui a été faite s'est faite de manière frauduleuse on a pris des sanctions ces sanctions elles leur font mal et donc ils cherchent à nous diviser en faisant cette mise en scène
inhumaine. La France soutient-elle la construction d'un mur à la frontière polonaise ? La France ce qu'elle dit
et l'Europe ce qu'elle dit c'est qu'on doit faire respecter nos frontières. Ce qu'elle dit c'est qu'elle est en solidarité avec les pays qui sont confrontés à cette situation. On a envoyé de l'aide humanitaire en nombre dans les pays concernés Lettonie, Lituanie on est prêt à le faire avec la Pologne on a renforcé les moyens de Frontex aux frontières on a envoyé un hélicoptère de la sécurité civile des gendarmes pour les aider à sécuriser la frontière il faut rester solidaires et les européens.
Vous comprenez la construction du mur
c'est ce que j'entends ce que vous dites ce matin. Ce que je dis Léa Salamé c'est qu'évidemment que la situation et cette escalade elle me désole ce que je dis c'est que je n'ai pas de leçons à donner aujourd'hui à des pays qui sont confrontés à cette situation.
Donc il n'y a rien qui vous choque dans la construction d'un mur aux frontières de l'Europe.
Ce n'est pas ce que j'ai dit ce que j'ai dit c'est que je n'ai pas de leçons à donner vous ne pouvez pas dire comme vous disiez tout à l'heure qu'on n'est pas unis et solidaires en même temps attendre deux mois que je vienne donner des leçons à des pays qui sont confrontés à cette situation.
Les deux ou trois mille migrants à la frontière l'Europe doit-elle les accueillir Gabriel Attal là-dessus quelle est la position de la France ?
La position de la France et d'ailleurs le président en a reparlé hier avec le président Poutine puisqu'ils ont eu aussi un échange de près de deux heures et qu'ils se sont accordés sur une désescalade c'est important de le dire ce matin que le président Poutine va parler au président Loukachenko pour avancer vers cette désescalade qu'on s'est accordé sur des mesures avec eux pour casser les routes qui sont utilisées par les passeurs et notamment pour faire intervenir le haut commissariat aux réfugiés pour organiser des retours humanitaires il y a déjà eu des retours qui ont été faits et pour examiner les situations vous savez cette situation elle ne date pas d'aujourd'hui pour ce qui est de la Lituanie depuis plusieurs mois il y a eu des migrants qui sont passés les situations elles sont examinées au cas par cas et quand il peut y avoir des retours il y a des retours
Un mot sur la COP26 quel regard portez-vous sur ce qui s'est passé à Glasgow et le texte notamment signé dimanche dernier Yannick Jadot disait à ce micro que la COP était incontestablement un échec les échos aussi parlaient d'échec l'IB titrait Flop26 est-ce que pour vous c'est l'échec qui l'emporte ou les petites avancées ?
Il y a des motifs de satisfaction et puis il y a des frustrations voilà d'abord le motif de satisfaction c'est qu'il y a un accord qu'il y a un pacte qui a été signé jusqu'au dernier moment la question se posait ensuite c'est qu'il y a un certain nombre d'engagements qui ont été rehaussés il faut bien se rendre compte que pour ce qui est de nous la France de l'Europe on a fixé des engagements qui nous permettront d'atteindre la neutralité carbone en 2050 qui nous permettront de faire baisser nos émissions de 55% à horizon 2035 on tient nos engagements et ce qu'il faut c'est que l'ensemble de la planète puisse tenir ses engagements grâce à cette COP on a 82 pays qui ont affiché un objectif de neutralité carbone on a je crois 150 pays qui ont annoncé des objectifs de réduction de leurs émissions on a des pays qui ont annoncé qu'ils sortaient du charbon je rappelle que pour ce qui est de nous la France dès 2017 on a dit qu'on sortait du charbon il n'y aura plus de centrales à charbon en fonctionnement dans notre pays en 2023 donc on avance vous avez des pays comme le Canada la Pologne qui sortent du charbon on a un accord sur l'Afrique du Sud autour de ça on a un accord pour faire baisser de 30% les émissions de méthane un accord sur la déforestation bref il y a des avancées maintenant si vous me demandez si c'est une COP parfaite la réponse est non mais moi ce que je rappelle c'est d'où on vient aussi avant l'accord de Paris on parlait d'un réchauffement de 4 degrés à horizon 2100 à l'accord de Paris il fixe un objectif de tendre vers le 1,5 degré avant cette COP on parlait de 2,7 degrés et aujourd'hui a priori on est autour des 2 degrés donc ça a progressé on n'y est pas au 1,5 ça veut dire qu'il faudra être très vigilant et ferme
sur le plan politique dans une interview très intéressante de Steve Bannon au Parisien ce week-end l'ancien conseiller politique de Donald Trump théoricien de l'ultra droite américaine déclare que la France est un laboratoire politique et il se réjouit des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen et d'Éric Zemmour il affirme je le cite la France était l'une des nations les plus progressistes du monde mais elle se transforme rapidement en un pays de droite a-t-il tort Gabriel Attal que vous inspire cette analyse ?
d'abord ça en dit long sur les inspirateurs voir les orchestrateurs des candidatures d'extrême droite de Marine Le Pen et peut-être bientôt d'Éric Zemmour voilà je pense que ce que vous venez de citer voilà c'est un bon tract pour ce que veulent dire ce que veulent dire ces candidatures vous voyez la main de Steve Bannon dans la campagne française c'est lui qui a l'air de le dire et on parle de personnes et de candidats qui nous expliquent à longueur de journée qu'il faut que la France soit plus souveraine et plus indépendante et qui en réalité sont soumis ils sont soumis à des mouvements populistes à des mouvements d'extrême droite mondiaux qui veulent les instrumentaliser donc voilà ça dit tout j'ai même pas besoin d'en rajouter
un mot sur Éric Zemmour qui a mis en cause la responsabilité de François Hollande dans les attentats de 2015 il a déclaré je cite que François Hollande était au courant du danger et qu'il a préféré que des français meurent plutôt que de fermer les frontières et d'empêcher les migrants de venir en France que vous inspire ses propos ? d'abord quand Éric Zemmour
a prononcé ses propos il avait exactement en tête ce qui est en train de se passer c'est à dire qu'on en parle et qu'on les commente c'est de la provocation vous savez quand on parle en ce moment il y a le temps de parole d'Éric Zemmour où il parle et puis il y a tout le temps qu'on passe à parler d'Éric Zemmour moi moins je parle d'Éric Zemmour mieux je me porte maintenant je vais répondre très directement à votre question Léa Salamé c'est évidemment absolument abject on peut avoir tous les désaccords politiques qu'on veut et il se trouve que François Hollande pour des raisons qui lui appartiennent ne manque pas de critiquer régulièrement le président de la République depuis 2017 mais jamais jamais je ne considérais que François Hollande comme Nicolas Sarkozy avant n'a pas tout fait pour protéger les français quand on est aux responsabilités on fait tout pour protéger pour lutter contre le terrorisme c'était le cas sous François Hollande c'est encore le cas sous Emmanuel Macron on a même renforcé les moyens il y a en moyenne un projet d'attentat relativement abouti qui est déjoué tous les mois en France par nos services qui font un travail exceptionnel forcément on ne peut pas en parler on ne peut pas donner des détails pour des raisons de sécurité mais je peux vous dire qu'il y a un travail colossal qui est mené par nos services
En 10 secondes souhaitez-vous à titre personnel que dans la campagne présidentielle qui arrive le président de la République prenne des engagements forts sur deux sujets la fin de vie d'abord
C'est la fin de la question ? Oui
Est-ce que vous souhaitez
qu'il s'engage sur cette question de la fin de vie ? Moi je ne suis pas là à donner des injonctions au président Non mais votre avis vous êtes un homme politique Je vais vous donner mon avis personnel moi je suis favorable à ce qu'il y ait une nouvelle étape il y a eu une loi importante en 2016 à la loi Claes-Leonetti je suis favorable à ce qu'il y ait une nouvelle étape sur la fin de vie pour moi c'est un débat de la présidentielle pour le coup
Et la GPA ?
Moi sur la GPA pour le coup le président a toujours été très clair sur ce sujet là il a dit que ça ne faisait pas partie de son programme que ce n'était pas dans les valeurs de notre pays et qu'il n'y aurait pas de légalisation de la GPA Vous comprenez ? Comment ? Vous le comprenez ? Je respecte je respecte ce choix encore une fois et j'entends parfaitement les débats qu'il peut y avoir autour de cette question qui est une question difficile qui appelle à des convictions personnelles des enjeux philosophiques aussi et j'entends tous les débats qui peuvent exister sur ce sujet Merci Gabriel Attal
Gabriel Attal au micro de France Inter Merci beaucoup
France Inter
Merci à tous
Merci à tous
Gabriel Attal