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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 29 octobre 2026 15 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & familleInstitutions & élections

Colère lycéenne: "On doit tous avoir un sentiment de responsabilité", juge Jean-Michel Blanquer

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour Jean-Michel Blanquer, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions ce matin. Vous êtes l'ancien ministre de l'éducation nationale.

  • 0:37OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous comprenez que les lycéens disent "On a été entendu pour une partie mais pas suffisamment" ?

  • 1:12OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qui a raté pour que les lycéens en soient là aujourd'hui ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé dans le bâti scolaire ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Parcours Sup a réduit les échecs de 60% à 50%. Comment expliquer ce progrès ?

  • 3:45RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui a permis de passer de 60% à 50% d'échecs en première année ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:45Fait
    « Dans la réforme du lycée, il y a une meilleure préparation des élèves à leur réussite future. »
  • 4:21Fait
    « Parcours sup, c'est une meilleure affectation rationnelle en fonction des chances de réussite. »
  • 13:12Fait
    « Des dirigeants qui donnent systématiquement le sentiment d'échouer ne peuvent plus être dignes de gouverner. »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

0:00

Bonjour Jean-Michel Blanquaire, merci d'avoir accepté de répondre à nos questions ce matin. Vous êtes évidemment l'ancien ministre de l'éducation nationale. Vous venez de publier un livre, ça s'appelle la démocratie et la fureur. On y reviendra parce que aujourd'hui honnêtement, on peut se poser la question de la fureur en démocratie. Mais Jean-Michel Blancaire, d'abord sur cette question, est-ce que est-ce que vous comprenez que les lycéens euh aujourd'hui disent "On a été entendu pour une partie mais pas suffisamment, on va recommencer les blocages lundi Je pense que c'est normal que les lycéens considèrent qu'il y ait beaucoup de sujets à mettre sur la table qui d'ailleurs dépassent beaucoup les questions scolaires. On a beaucoup entendu parler de précarité. On voit

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dans plusieurs pays du monde la jeunesse manifestée et si on fait la part de la politisation en partie inévitable de tous ces mouvements, il faut quand même entendre qu'il y a une une angoisse de la jeunesse. À mon avis, il faut pas se tromper d'objets. C'est surtout ça. Et puis après, il faut pas non plus se tromper de méthode. C'est-à-dire qu'à partir du moment où il y a une écoute, c'est pas la peine d'avoir des blocages. Surtout que ces blocages sont en fait au détriment des élèves et des étudiants. Je suis moi-même professeur à l'université. Les étudiants perdent en ce moment des heures de cours et c'est très embêtant. Donc il peut tout à fait y avoir des tables rondes, des discussions et puis qu'on aille plus au fond des choses parce qu'à mon avis ce qui manque le plus à la jeunesse

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aujourd'hui c'est un projet de société. C'est une capacité à avoir une place dans l'avenir. Et c'est c'est tout cela qu' faut discuter. Qu'est-ce qui a raté ? Pardon de vous le poser comme ça, mais qu'est-ce qui a raté ? Qu'est-ce qui fait que euh aujourd'hui les lycéens, il y a pas un truc, c'est parcours sup, c'est le manque de prof, c'est les les conditions matérielles, c'est les inégalités. Euh c'est euh euh la mixité sociale. Qu'est-ce qui qu'est-ce qui fait qu'on en est là aujourd'hui ? Bah après, il y a des objets de fixation. Par exemple, si vous prenez le bâtis scolaire, euh il y a eu les canicules cet été. C'est là aussi c'est pareil, j'ai fait cours dans des conditions assez compliquées à un moment donné. euh le on peut comprendre une sorte d'énervement qui d'ailleurs touche

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beaucoup de monde. Alors le temps va manquer pour qu'on rentre sur chacun de ces choses mais je veux je veux bien euh le si vous voulez la la le bâtis scolaire si vous prenez cet exemple-là euh dans beaucoup de cas si on prend l'Île-de-France, il y a eu des rénovations très importantes. Simplement c'est par définition il y a des endroits où c'est pas le cas et il y a des endroits où c'est où il y a de de la colère. Mais si vous prenez l'exemple de Parcours sup, parcours sup pour moi ça a été une amélioration considérable par rapport à la situation intérieure et qui a toujours été conçu dans l'intérêt des par rapport à la situation intérieure. Mme non mais enfit même par rapport à deux autres choses. Par rapport au résultats obtenus parcours sup. Il y avait 60 % d'échecs

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en fin de première année d'enseignement supérieur en 2017. C'est c'est baissé aujourd'hui à près de 50 %. On a gagné 8 points environ puisque c'est un peu plus de 50. Ça c'est des gens qui qui à la fin de la première année soit ratent leurs examens, soit se disent qu'ils étaient pas dans la bonne filière et donc ils repartent à zéro ailleurs. C'était c'était 60 % c'est 50 %. Ça veut dire que l'orientation l'orientation est moins mauvaise qu'avant mais enfin ça reste l'affectation. Là en l'occurrence dans l'exemple de parcours supaffectation. L'orientation reste quelque chose d'assez faible. On avait défini 54 heures par an en lycée pour les élèves et on a partagé la compétence d'orientation avec les régions. Je préconise aujourd'hui que les régions le

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prennent complètement pour que le milieu socio-économique, les milieux académiques puissent venir dans les lycées davantage et même dans les collèges en 4e 3e. Euh en fait le le cadre législatif existe pour faire ça. Il faut le faire pour de vrai maintenant. Donc ça c'est par exemple une amélioration possible. Si on euh par rapport à la question que vous posez, ce qui s'est amélioré, c'est le fait que tout simplement il y a beaucoup moins de gâchi. J'ai calculé que ça fait plus de 500000 jeunes, peut-être il ils ne le savent pas eux-mêmes, mais qui ont réussi euh par rapport à ce qu'il aurait eu si on avait rien fait. Donc si vous voulez, c'est c'est considérable et c'est comme d'autres sujets aussi tous ceux qui en réalité pour qui parcours sup a été réussi euh ben évidemment ne

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manifeste pas ou ne font pas de soutien. Qu'est-ce qui fait selon vous qu'on a réussi justement à faire passer de 60 à 50 % ce ce trois choses ? La première c'est et qui est propre à Parcours sup. Non, justement il y a il y a une parcours est au centre mais il y a deux autres choses au milieu qui ont enfin sur les côtés plutôt qui ont contribué à ce progrès. D'abord dans la réforme du lycée, il y a une meilleure préparation des élèves à leur réussite future parce qu'ils font des choix sur leurs enseignements de spécialité qui les préparent à ce qu'ils feront dans leurs études supérieures. On les amène un peu en anonir à progressivement réfléchir à leur orientation. Bien sûr, tout ça peut être amélioré notamment par le point que je disais avant sur l'orientation.

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Deuxièmement, parcours sup parce que parcours sup, c'est une meilleure affectation rationnelle en fonction des chances de réussite. Il y a aussi dans dans Parcours suponction du profil que l'on a. Tout ça n'existait pas avant. Et surtout dans Parcours supésor vous avez un éventail de proposition qui n'existait pas avant. Alors, l'effet pervers, c'est que premièrement, il y a parfois une angoisse devant l'amplitude du choix et l'autre effet pervers, c'est que vous avez une attente. Et donc très souvent ce qui se passe, c'est qu'en fait à la fin l'étudiant est heureux de ce qu'il a ou de ce qu'elle a mais dit "Je suis content." Non, non. Cer non, mais majoritairement ce qui se passe on a ce qu'on voulait mais simplement on a eu peur. On a eu plusieurs semaines d'attente.

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Moi je je crois assez peu après ces 3 semaines de manifestation dialogue avec les lycéens un mois. Voilà, un mois, je crois assez peu à l'intérêt de ces conversations et de ces négociations pour une raison simple. Ces lycéens ont été reçus par un premier ministre, ont été reçus par un président de la République. Il y a déjà plus de 5 milliards d'euros qui ont été libérés. Ils ont obtenu en un mois ce que des mouvements sociaux de travailleurs rêveraient d'obtenir en aussi peu de temps. Donc, je crois que le fond du problème, s'il était purement technique, si je puis dire, il serait il serait réglé. On est obligé de constater que ça n'est pas le cas. Qu' veulent continuer. On peut pas leur en vouloir non plus. C'est leur sentiment, c'est leur volonté. Vous avez été ministre de l'éducation

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nationale, je pense que vous avez exercé cette fonction avec beaucoup de conséquences et de sérieux. Moi ce que je vois c'est que le contact est rompu le gouvernement de la République et une partie écrasante de ces lycéens. Est-ce que là c'est pas là le plus grand échec au fond ? Parce que vous voyez bien que les réponses techniques, elles ne suffisent pas. C'est pas c'est pas voyez bien qu'il y a une colère, on les voit sur ces plateaux en réalité. Donc quel regard vous portez là-dessus ? Quel regard vous portez là-dessus ? Et est-ce que vous avez un sentiment de responsabilité par rapport à ça ? On doit tous avoir un sentiment de responsabilité parce que c'est au fond non mais c'est la non c'est la relation du monde adulte avec les jeunes aujourd'hui et qui doit être d'ailleurs

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quelque chose de de de responsable y compris dans les discours que nous tenons sur l'avenir et toute une série de choses. Après si c'est la responsabilité dans ce qu'on a fait le chiffre que je vous ai donné tout à l'heure c'est évidemment quelque chose de de très important. Donc oui, je porte parcours sup. Évidemment, je considère qu'il y a des améliorations possibles et je pose une question très simple qui est et qui est à posée au lycéen aussi, c'est finalement mettons parcours sur la table. C'est ce qui se passe et regardons notamment les exemples étrangers et dites-nous euh qu' aurait de sens de sens en fait il y a par qui est un sujet qui à mon avis cache le cœur du problème qui n'est pas parcours sup qui est pardonnez-moi de vous le dire la réforme du lycée que vous avez

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conduit qui conduit à avoir aujourd'hui plus de 400 combinaisons possibles en première. Les gamins sont largués, paumés. Ils ont 15 ans 16 ans, ils sont incapables de comprendre cette usine à gaz qui a été fabriquée. Le niveau en mathématiques s'est effondré. Mais non, ce que vous dites est faux. C'est amusant parce que ça fait 4 ans que vous écrivez ça, mais c'est faux. Ce que vous dites n'est pas juste en fait. Répondez, répondez Jean-Michel Blanc. Le niveau mathématique s'effondre depuis 40 ans. Il s'effondre à cause de base de l'école primaire du collège. Oui. Mais pas c'est pas la réforme du lycée qui du jour au lendemain va redresser le niveau de mathématiques. Pour la première fois en 1 demi-siècle, les programmes de mathématiques sont plus exigeants que les programmes

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précédents. Tout le monde peut le vérifier, il suffit de regarder. On retrouve un peu le niveau de mathématique qu'il y avait en terminal C. Il y a moins d'élèves qui les prennent. Non, vous avez 40 % des élèves qui le prennent. Ça dépend de quoi on parle en fait. Vous parlez de quoi ? Bah les mathématiques et les spécialités mathématiques non là c'est 65 % en première et math experte c'est deux très loin euh math expert vous avez c'est vraiment je sens que nous sommes parents de d' encore plus alors expert c'est un exemple magnifique c'est ceux qui font le plus de math plus voilà exactement il y en avait 40 pour l'équivalent avant il y avait 40000 élèv aujourd'hui c'est 60000 avant c'était 8h aujourd'hui c'est 9h avant c'était des programmes moins exigeants Maintenant,

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c'est plus exigeant. Est-ce que vous avez fait l'effort d'aller regarder ça ? Oui. Oui, bien sûr. Bah alors, vous avez l'air de pas le savoir en fait. Mais c'est bien que vous preniez le temps de de de répondre et de pouvoir échanger làdessus. Jean-Michel B, il y a une question, il y a une question qui est le [rires] et il y a une question qui est le bac parce qu'en fait tout est lié. Alors, justement, dites-nous, dites-nous, c'est précisément aussi pour ça que vous êtes là ce matin sur le baccalauréat, de fait factuel. Il y a une partie de l'examen qui se fait désormais en contrôle continu. Une grande partie même 60 % de la note finale, c'est le contrôle continu. Ça veut dire que il n'y a plus par exemple en histoire géographie d'examen d'histoire géographie. Nous on

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a passé un bac où on avait une dissertation ou un commentaire choisi enseignement de spécialité euh d'histoire géo sauf si vous l'avez choisi en enseignement de spécialité. Mais ça veut dire qu'il y avait un tron commun d'histoire géo d'examen. Donc ça veut dire que malgré tout le bac lui-même n'est absolument pas le même qu'avant. Donc certaines certains patrons de l'université disent "OK pour qu'on supprime un parcours sup, mais dans ces cas-là, faites en sorte que le bac est une vraie valeur." Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Alors, il y a une piste pour répondre à ça, c'est "Rétablissons le principe de noter les enseignements de spécialité en contrôle terminal". C'était dans la réforme du baccalauréat. Nous l'avions mis au mois de mars parce que ce que vous appelez contrôle terminal,

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c'est pas un contrôle tout au long de la classe de terminal, c'est un contrôle non contrôle comme nos générations un examen du bac remettre des examens. D'abord, ne disons pas qu'il n'y a plus de contrôle terminal he 60 % de la note, ça reste le contrôle terminal et y compris les deux enseignements de spécialité. Mais la grande une des innovations importante qu'il y avait, c'était que les deux enseignements de spécialité en contrôle terminal, donc en contrôle final comptaient dans parcours sub. Donc c'était une revalorisation du baccalauréat et une motivation des élèves pour bien préparer cela. Est-ce que là-dessus vous étiez, le ministre de l'éducation a pris la mesure à mon avis mauvaise de supprimer cela, c'est-à-dire de faire que ces enseignements de spécialité soient passés au mois de

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juin. Donc ça ne compte plus dans parcours sup. Il y aurait une mesure assez simple qui serait de remettre le contrôle terminal là-dessus et de demander justement aux universités le fait que ce soit possible que ça se passe en avril ou en mai pour que ça puisse être pris en compte dans par Dans un instant, on donnera la parole à Marius Mil qui pourra réagir à votre interview. Il sera interrogé dans un instant. Il est cécrétaire général de l'Union syndicale lycéenne. Mais avant cela, je voudrais aussi un mot sur votre livre. Ça s'appelle La démocratie et la fureur. Et vous y dites notamment que euh le la colère remplace le débat. Est-ce que quand vous voyez depuis un mois, on tente de distinguer ? Il y a un certain nombre de manifestants qui et je me souviendrai toujours de ces

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premiers jours de la la fureur lycéenne, de la colère lycéenne où il y avait parfois dans une même rue d'un côté ceux qui manifestaient les lycéens qui bloquaient leur leur établissement qui étaient devant avec des pancartes de manière pacifique et face à eux euh des casseurs qui n'étaient pas forcément issus de ces mêmes lycées que les professeurs d'ailleurs ne reconnaissaient pas comme étant euh leurs élèves. Et il y a eu une sorte d'amalgame entre les deux au détriment d'ailleurs la plupart du temps de ceux qui voulaient véritablement faire évoluer les les lycées. [raclement de gorge] Est-ce que vous distinguez les deux ? Est-ce que vous entendez qu'il y a de la colère et qu'il y a de la fureur ? Mais que cette colère là, elle doit être entendue malgré la fureur.

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Alors là, il y a un côté sémantique sur la distinction entre colère et fureur, mais je j'entends très bien qu'il y a d'un côté la colère et la fureur, je dirais, de l'autre des revendications, ça c'est certain. Donc et et de et donc en effet, je il faut tout à fait faire distinction et ce que vous dites est une des illustrations d'un phénomène auquel nous sommes tous confrontés, c'est-à-dire la montée des extrêmes, la polarisation des sociétés. C'est pas que en France he c'est partout ainsi. Regardez ce qui se passe aux États-Unis. Mon livre parle surtout des États-Unis mais d'ailleurs, c'était une des questions que je me posais. Vous parlez surtout des États-Unis, vous auriez pu, c'est toujours plus facile, je trouve, de parler des autres que de parler de

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France. Ça m'arrive de Paris de la France, vous me l'accorderez. le le le et puis j'ai voulu faire ce qu'a fait Tocville en 1830, c'est-à-dire en regardant ce qui se passe aux États-Unis aujourd'hui en tirer des leçons beaucoup plus général sur la démocratie et donc les phénomènes qui nous attendent. J'ai essayé de prendre du recul par rapport justement à tous les vous dites la démocratie ne peut pas se réduire à la somme des intérêts individuels. Bien sûr, si je devais en résumer en une phrase si vous voulez, c'est que la démocratie risque de périr. Le moment est grave parce qu'elle finit par se retourner contre elle-même. Platon l'avait d'ailleurs modélisé, si j'ose dire. Et euh la démocratie ne peut durer et vivre que s'il y a aussi la République, c'est-à-dire ce que vous

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êtes en train de dire, c'est-à-dire le lien le le le bien commun, le lien social, le devoir civique, le patriotisme, ce qui crée du commun et aujourd'hui c'est la délitement du commun qui crée cette espèce de fragmentation de la société. Et donc si on ne prend pas conscience de ça et si l'idée républicaine qui est loin d'être abstraite mais qui renvoie à toute une série de choses concrètes sur comment nous recréons du commun de la solidarité du lien social et bien si on ne fait pas ça on va vers un mot sur justement monsieur le ministre vous savez qu'il a écrit des souvenirs j'imine que vous le savez et dans ces souvenirs il fait référence à un discours qu'il a prononcé en 1849 à l'Assemblée nationale qui venait d'être élu constituante en réalité et il a prononcé un discour

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était très écouté comme il avait été élu pendant longtemps et il a dit ne vous m'éprenez pas si l'ancien régime est tombé ça n'est pas parce que les impôts étaient trop forts, ça n'est pas parce qu'il y avait une inégalité fiscale, ça n'est même pas parce qu'il y avait une disproportion de rapport de force entre les émettiers et le roi. C'est parce que des dirigeants qui donnent systématiquement le sentiment d'échouer ne peuvent plus être dignes de gouverner. Tout ça n'est pas une question de résultat, c'est une question de perception. Et moi, j'ai un avis de jeune qui est en train de ne plus être jeune et qui ont dans la vie d'adulte, si je puis dire, moi j'ai l'impression que c'est un gouvernement qui ne veut pas mal faire. C'est les dirigeants qui veulent pas mal

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faire mais tout ce qu'ils font donne le sentiment d'injustice et d'échec. Une dernière une dernière réponse monsieur et ça et ça aussi c'est la République. Pense qu'il y a deux choses. C'est c'est le le c'est juste pour répondre en deux parce que je pense qu'il y a une part d'échec. Malheureusement ce deuxième quinquena est raté. Il faut pour moi je pense que le premier quinquena avait de réelles réussites. C'est pas seulement parce que j'ai participé mais c'est aussi parce que je enfin il y a des relations de cause à effet dans les deux sens. le il y a des choses significatives dans ce qui s'est passé dans l'entre et donc le deuxième quinquena est en parti raté et en plus on détricote certaines choses positives qui ont pu être faites et c'est pour ça on dit "Ah oui mais vous vous défendez

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Mordicus que vous avez fait mais heureusement c'estd qu'il faut pas sans arrêt non plus se reconnaître des fausses défaites en quelque sorte même quand il y a des réussites donc il y a une part d'échecs objectifs dans ce qui se passe depuis 10 ans." C'est vrai malheureusement mais il y a eu aussi des réussites et curieusement pendant ce deuxième mandat ces réussites là ne sont pas défendues et tenues. C'est et c'est évidemment terrible parce que ça donne ce que Tokville avait parfaitement résumé comme toujours puisqu'il était des plus grands intellectuels de notre histoire et visionnaire.