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interviewBFMTV· 27 octobre 2023 3 min

Dominique de Villepin réagit aux attaques du Hamas et aux bombardements d'Israël sur Gaza

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Dominique de Villepin

un objectif à mener et qui est réaliste, de faire en sorte d'éradiquer les dirigeants du Hamas, de ceux qui ont commis cette horreur-là, et de ne pas confondre les Palestiniens avec le Hamas. Nous sommes devant un gouffre, un gouffre émotionnel, tout d'abord. Face à l'horreur du 7 octobre, il y a aujourd'hui le sentiment d'une menace existentielle. Pour chaque Israélien, c'est la première fois qu'Israël est attaqué sur son sol, et les bombardements que nous voyons sur Gaza ne laissent que peu d'espoir à la plupart des populations civiles de Gaza. Et face à ce gouffre existentiel, nous sommes aussi devant un gouffre géopolitique.

Ce gouffre géopolitique, c'est l'absence de perspective face à une offensive terrestre massive pour Gaza, et il n'y a pas d'autre perspective qu'un bain de sang. Il y a bien sûr le risque d'extension de ce conflit quand on voit la situation dans la région, à la fois les factions islamistes, les milices islamistes qui obéissent à l'Iran, au Liban, en Irak, en Syrie, au Yémen, et les possibilités d'engrenage qui existent dans cette région. Il y a un droit de légitime défense d'Israël, mais ce droit ne peut pas être une vengeance indiscriminée. Et il ne peut y avoir de responsabilité collective du peuple palestinien pour les actions d'une minorité terroriste du Hamas. La voie est étroite.

Je ne renvoie personne dos à dos. Je prends la mesure de la catastrophe qui s'est passée. Mais quand vous rentrez dans ce cycle qui consiste à rechercher les fautes, la mémoire des uns s'oppose à la mémoire des autres, et certains opposeront à la mémoire d'Israël la mémoire de l'Anakba, de la catastrophe de 1948, qui est une catastrophe que les Palestiniens vivent encore tous les jours. Donc, vous ne sortez pas de ces cycles. Et c'est pour ça que je vous dis, et c'est le point de départ de tout, sortons du cycle de la vengeance. Il y a des choses qu'aucune armée au monde ne sait faire. C'est gagner dans un combat asymétrique contre les terroristes.

La guerre contre le terrorisme n'a jamais été gagnée nulle part. Et elle enclenche au contraire des méfaits et des cycles et des engrenages extrêmement dramatiques. Les Occidentaux doivent ouvrir les yeux sur l'ampleur du drame historique qui se joue devant nous. Il faut une perspective politique. Et là, c'est difficile parce que la solution à deux États, elle est sortie du logiciel politique et diplomatique israélien. Et que, comme vous le dites très bien, dans le contexte d'aujourd'hui, ça apparaît quelque peu irénique que de dire on va essayer diplomatiquement de gérer les choses.

Mais les peuples n'ont jamais oublié que la cause palestinienne et l'injustice qui est faite aux Palestiniens étaient une source de mobilisation considérable. Prenons en compte cette situation. Et je crois qu'il est essentiel d'aider Israël, d'accompagner. Certains parlent d'imposer. Je crois qu'il vaut mieux convaincre d'avancer dans cette voie-là. La difficulté, c'est qu'il n'y a pas d'interlocuteur aujourd'hui, ni du côté israélien, ni du côté palestinien. Il faut faire émerger des interlocuteurs.