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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 18 août 2025 17 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeSolidarités & famille

Réprimé car il a osé interrompre Bayrou en lui disant ce qu'il pensait de Betharram et de son budget

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42OuverteRéponse partielle

    Le 7 août dernier, François Bayrou s'est rendu en Charente-Maritime pour célébrer les 50 ans du conservatoire du littoral. Alors qu'il se dirigeait vers un déjeuner officiel, il a été interpellé par un homme qui lui a lancé.

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Je m'appelle Salem, j'ai 24 ans, je suis militant plutôt de gauche, et j'ai été mise en garde à vue pour avoir interpellé le Premier ministre, M. François Bayrou, et condamné pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueFait
    « On va trouver la petite bête, le petit truc pour condamner la personne. »
  • 0:27Invité politiqueFait
    « En 24 ans, je n'ai jamais pu m'exprimer réellement sur mon opinion politique à des gens qui étaient dépositaires du pouvoir. »
  • 0:37Invité politiqueFait
    « Parce que si Emmanuel Macron écoutait réellement le peuple, par exemple, il aurait déjà démissionné. »
  • 8:29Invité politiqueFait
    « vous couvrez des violeurs »
  • 9:32Invité politiqueFait
    « François Bayrou a menti à plusieurs reprises sous serment et ça, c'est illégal et pour l'instant, il n'en est pas inquiété. »
  • 12:42Invité politiqueFait
    « si Emmanuel Macron écoutait vraiment le peuple, il n'aurait pas pris M. Bayrou comme Premier ministre. »
  • 15:13Invité politiqueFait
    « je pense qu'on est loin d'une démocratie à l'heure actuelle, que c'en est un simulacre »

Temps de parole

  • Cédric Salem91 %
  • Présentateur9 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Cédric Salem

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 24-7, et d'activer la cloche. On laisse des manifestations nazies avoir lieu, mais par contre, quand une personne va dire quelque chose qui ne plaît pas à M. Bayrou ou à Emmanuel Macron, il va y avoir une condamnation. On va trouver la petite bête, le petit truc pour condamner la personne. On ne peut pas, à l'heure actuelle, interpeller les autorités en place. On ne peut pas leur dire des choses. On n'a pas le droit. En 24 ans, je n'ai jamais pu m'exprimer réellement sur mon opinion politique à des gens qui étaient dépositaires du pouvoir.

Parce que ces gens-là n'écoutent pas le peuple, parce que ces gens-là ont autre chose à faire, et parce que si Emmanuel Macron écoutait réellement le peuple, par exemple, il aurait déjà démissionné.

0:42
Présentateur

Le 7 août dernier, François Bayrou s'est rendu en Charente-Maritime pour célébrer les 50 ans du conservatoire du littoral. Alors qu'il se dirigeait vers un déjeuner officiel, il a été interpellé par un homme qui lui a lancé. À la suite de cette intervention, cet homme a été placé en garde à vue pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Cerise sur le gâteau, il devrait également effectuer, à ses frais, un stage de citoyenneté en vue d'un stage de responsabilisation pour la prévention des luttes au sein du couple. Oui, oui, vous avez bien entendu. On pourrait presque croire à une blague, mais non.

Cet incident s'inscrit dans un contexte plus large, celui de l'affaire Betaram, évoquée lors de l'interpellation, et de critiques sur la gestion budgétaire jugée défavorable aux plus précaires. Aujourd'hui, dans notre nouveau FASCAM, Salem, militant originaire de Rochefort, est avec nous pour revenir sur les faits, raconter son parcours, son interpellation, et dénoncer une arrestation relevant, selon ses dires, d'un réel problème démocratique dans notre pays. Votre FASCAM, c'est tout de suite sur Le Média.

1:50
Cédric Salem

Je m'appelle Salem, j'ai 24 ans, je suis militant plutôt de gauche, et j'ai été mise en garde à vue pour avoir interpellé le Premier ministre, M. François Bayrou, et condamné pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Déjà, initialement, j'ai appris que François Bayrou allait venir la veille, parce que je suis sur plusieurs groupes de discussions militants, et on avait prévu une manifestation à la place Colbert, et donc j'avais accepté d'y aller, et à ce moment-là, j'avais essayé d'inciter les gens à aller s'approcher un peu plus de la cordée royale, donc là où il y aurait M. Bayrou, pour essayer de revendiquer un peu plus fermement notre désir, finalement, de justice.

Peu de gens m'ont suivi, en fait. J'étais un peu tout seule, parce que les gens avaient peur qu'il y ait un barrage, ou avaient peur de se faire arrêter. Moi, j'ai toujours considéré que, même si on n'arrive pas au bout, c'est un peu l'intention qui compte. Je trouve ça un peu ridicule, le fait de faire des revendications dans des endroits où on ne va pas être vus, où personne ne sait qu'on est là. En fait, M. Bayrou, il serait venu, il ne nous aurait pas vus, et il serait reparti, ça n'aurait rien changé.

C'est important, selon moi, de déranger un peu de temps en temps, sans être dans l'illégalité, mais de déranger un peu pour pouvoir montrer qu'on n'est pas d'accord, parce que sinon, ça ne sert à rien. On y est allé, et en fait, moi, j'étais un peu à l'avance du groupe, ce qui fait que, quand j'ai voulu descendre les escaliers qui mènent à là où était M. Bayrou, la police ne m'a pas du tout arrêtée. Ils ont arrêté mon groupe derrière, mais moi, ils m'ont laissé faire, et en fait, j'ai remarqué qu'il y avait plusieurs gens qui se baladaient à la corderie, donc que ce n'était pas interdit.

Je pense qu'ils voulaient éviter ce genre de situation, et que c'est pour ça qu'ils ont arrêté le gros groupe qui était... Bref. Donc, je me suis retrouvée tout seule en bas, et à ce moment-là, en fait, j'ai eu un peu peur de louper le moment, parce qu'il était déjà un peu tard, il était midi 45, je crois, parce qu'en fait, on serait allé ici pour rien, et ce n'est pas tous les jours qu'on croise des personnalités politiques, des personnalités publiques auxquelles on a envie de dire des choses. Il faut savoir, d'ailleurs, que je n'avais pas du tout prévu de finir en garde à vue, et que j'avais mon chien avec moi.

Alors, si j'avais su que j'allais en garde à vue, je ne l'aurais pas pris, mais du coup, bref, j'avais mon chien. Donc, on s'est approchés tous les deux, et en fait, à ce moment-là, je vois des gens sortir, et je vois M. Bayrou sortir à ce moment-là. Du coup, j'ai un peu paniqué sur le moment, parce que j'étais tout seule, que j'ai vu qu'il n'y avait aucun de mes camarades qui m'avaient suivie, qu'en fait, j'ai un peu vécu le truc comme « Ah, c'est le dernier moment où je vais pouvoir dire les choses. » Et je n'avais pas du tout prévu cette situation. En fait, je ne m'attendais même pas à pouvoir arriver aussi près.

Je pensais que j'allais me faire arrêter avant, qu'on allait me dire que c'était un interview public ou je ne sais quoi, bien avant, en fait. Et en fait, en m'avançant, il y a un homme de la sécurité, j'imagine que c'était un homme de la sécurité, il n'y avait pas d'uniforme, qui est arrivé, qui a mis son bras devant moi en me disant « On n'avance pas. » Et à ce moment-là, du coup, j'ai fait un pas en avant de plus, ce qui fait que du coup, ça a fait réagir. Il a commencé à me pousser en arrière, et c'est à ce moment-là, du coup, que j'ai commencé à crier. Initialement, je ne comptais pas crier. Initialement, je comptais vraiment essayer d'aller dire les choses calmement.

Je ne voulais vraiment pas être insultant, vraiment pas injurieux, vraiment pas violent. Je voulais juste dire les choses telles que je les pensais, tout en étant respectueux. Et au moment où j'ai commencé à crier, du coup, le gars a commencé à me faire une clé de bras. Il y a un autre type qui est arrivé pour me faire une deuxième clé de bras. Du coup, j'avais mes deux bras en clé de bras, et c'est moi, j'avais la laisse de mon chien qui était autour de mon poignet. Et ils m'ont amenée à l'écart petit à petit, et du coup, moi, j'ai continué de dire ce que j'avais à dire. Monsieur Bayrou s'est tourné vers moi une demi-seconde un peu surpris, puis après, il a souri et il s'est éloigné.

On m'a menacée aussi, vaguement. Et le gars m'a dit, si tu peux continuer de crier, je te baïonne. Et l'autre, il m'a dit, ouais, si tu continues de résister, je te pète le bras. Et j'étais en mode, chill, les gars, vraiment, je suis en train d'en suivre, là. Il n'y a aucun souci. Il y avait des gendarmes tout autour, ça, je le sais. Je l'ai vu sur la vidéo, de toute façon, mais je sais, il y avait cinq ou six gendarmes autour. Mais les gars n'avaient pas d'uniforme, ceux qui m'ont arrêté. Ils n'avaient pas d'uniforme, ils n'avaient rien à part leurs mains.

Et d'ailleurs, je me doute, j'imagine que leur excès de zèle venait peut-être du fait qu'ils n'avaient rien et qu'ils n'avaient pas du tout si j'étais armée ou pas, mais bref. Du coup, voilà. Après, il y a d'autres, enfin, il y a des policiers qui sont nus, après coup. Je ne peux pas leur en vouloir d'avoir fait preuve de zèle parce qu'ils ne me connaissent pas, ils ne savent pas qui je suis. J'arrive, on est sur un terrain très dégagé. J'arrive vers le Premier ministre, il n'y a presque personne à part moi et deux, trois personnes. J'aurais très bien pu être armée, j'aurais très bien pu avoir une bombe sur moi ou je ne sais quoi. J'aurais pu lancer un signal à d'autres gens.

Enfin, il aurait pu se passer n'importe quoi. Donc, je peux comprendre qu'ils aient un peu surréagi, je peux comprendre qu'ils aient eu envie de me mettre à l'écart le plus vite possible en évitant toute forme de violence. J'aurais pu me retourner contre eux. Et même s'ils étaient deux, maîtriser une personne qui est hystérique, par exemple, c'est très compliqué. Quelque part, je ne leur en veux pas d'avoir réagi comme ça. Je pense que ce n'était pas nécessaire de me menacer. Par contre, le fait qu'on m'éloigne un peu brusquement, je peux comprendre. Parce qu'on ne sait pas jusqu'où est-ce que je peux aller quand on ne me connaît pas, en fait. Et c'est normal. C'est le Premier ministre.

Puis au-delà du fait que je sois le Premier ministre, bon, ça reste une personne. C'est normal qu'on cherche un peu à la protéger. Après, le fait d'avoir voulu m'empêcher de parler en mettant sa main devant ma bouche et ce genre de choses, bon, c'est un peu excessif. Quand j'ai agi, je pensais qu'ils allaient m'éloigner puis qu'ensuite, j'allais pouvoir repartir. Je ne m'attendais pas à tout ça. Bon, après coup, ça me semble plutôt logique. Donc, il y a une voiture de police qui est arrivée, qui m'a emmenée. Moi, je pensais juste que j'allais passer là-bas et que j'allais ressortir. Mais en fait, à ce moment-là, le temps est super long.

Mon chien, en plus, il ne supporte pas le fait d'être statique. Du coup, j'ai un chien qui couine sur mes genoux. Heureusement, les flics étaient très fans de mon chien, donc ça lui faisait passer le temps. Et quelqu'un, à un moment, passe sa tête au niveau de la porte et me dit que je vais rester en garde à vue parce que du coup, je suis poursuivie pour outrage. Et donc, j'ai été surpris parce qu'en plus, dans mes propos, j'ai vraiment pris soin d'essayer d'être le plus poli possible, de ne pas donner d'insultes et de ne pas être diffamant surtout.

Et en fait, il y a certaines choses que j'ai dites qui entraient dans la diffamation et au moment où je les ai dites, je ne me suis pas rendue compte. C'était un peu complexe. Je suis restée 5 heures en garde à vue. Au bout d'une heure, quelqu'un a pu venir récupérer mon chien, donc il est reparti, lui. J'ai pris 3 heures, à peu près 3 heures avant d'être auditionnée et il a fallu 2 heures du coup avant que le procureur ne puisse donner sa sentence. Les 3 heures, en fait, c'est parce qu'ils étaient en sous-effectif et qu'il y avait quelqu'un d'autre qui devait être auditionné juste avant moi. Et pour le procureur, ça a pris du temps.

Pour outrage, on peut aller jusqu'à un nombre d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Donc, quand on m'a dit un stage de citoyenneté, même si c'était à mes frais, dans ma tête, je me disais, bon, tant mieux. C'est le minimum et ça veut dire que ça ne va pas être grave que je vais pouvoir rentrer chez moi, que je vais pouvoir respirer, souffler. Donc, dans un premier temps, je ne l'ai pas mal pris. Je l'ai vraiment pris comme un soulagement. En fait, c'est après coup que je me suis rendu compte que ça a resté cher pour les moyens que j'ai. On m'a demandé si je comprenais la sanction et en fait, pour être tout à fait honnête, je comprends les raisons qu'on a invoquées.

Intellectuellement, ce serait mentir que de dire que je ne comprends pas. Parce que oui, effectivement, la phrase que j'ai dit, à savoir vous couvrez des violeurs, étant donné qu'il n'y a pas eu de jugement, qu'il n'y a pas eu de preuves attestées par la justice, il y a la présomption d'innocence, donc c'est de la diffamation. Ça rentre là-dedans. Moi, je pense que ce que je dis est vrai, mais je peux comprendre que ça puisse compter comme de la diffamation. Cependant, la sensation que j'ai par rapport à ça, c'est qu'il fallait me condamner, quitte à me donner la peine la plus minimum possible, il fallait quand même me condamner parce que j'avais parlé au Premier ministre.

Je pense que si j'avais dit ça à n'importe qui d'autre, même dépositaire de l'autorité, par exemple, je ne sais pas, un flic, je ne pense pas que ce serait allé aussi loin. Je pense qu'en France, il y a un symbole, le Premier ministre, par exemple, il y a un symbole qui devient progressivement intouchable et à qui on n'a rien le droit de dire et qu'on ne doit pas remettre en question tant qu'il dispose de cette autorité publique.

Et du coup, même si je comprends la sanction et je comprends les raisons invoquées et je comprends aussi qu'on a essayé de faire en sorte que ce soit une condamnation minime, je ne peux pas m'empêcher de me dire que quelque part, c'est assez représentatif du fait qu'on ne peut rien dire au Premier ministre. Je pense que tout le monde le sait, mais François Bayrou a menti à plusieurs reprises sous serment et ça, c'est illégal et pour l'instant, il n'en est pas inquiété. Et ça, par exemple, c'est quelque chose... En fait, au-delà de tout ce qu'il a fait, il n'a même pas eu le courage d'assumer ses actes ou ses non-actes.

Il n'y a rien qui a été fait autour et même s'il y a des dénonciations, ça va prendre vraiment beaucoup de temps pour qu'il y ait des conséquences et je ne suis même pas sûre qu'il y ait de réelles conséquences. C'est-à-dire que les conséquences de ses non-actions ont coûté la souffrance de plein d'enfants, de plein de gens qui encore à l'heure actuelle en souffrent encore et lui, par contre, ne va pas en souffrir si ce n'est que sa réputation est un peu entachée mais bon, il s'en remettra. Je ne peux pas dire que je trouve ça normal d'autant plus qu'un stage de citoyenneté, avoir interpellé M. Bayrou, c'est être un mauvais citoyen. Or, je ne pense pas.

Je ne pense pas être un mauvais citoyen. J'ai mes avis politiques qui peut-être divergent d'autres personnes et je pense que c'est normal mais globalement, j'ai toujours agi dans la plus grande délégalité et dans la plus grande du respect de ce que je considère être la citoyenneté. Du coup, avoir un stage citoyen, je ne sais pas vraiment ce que je vais y faire. On va m'apprendre à être un bon citoyen mais bon, vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire que je comprends la valeur symbolique que ça a et à quel point est-ce que ça paraît étrange ? Ça me paraît moi aussi étrange.

Je pense que je n'aurais pas dû être poursuivie pour outrage parce que ce que j'ai dit, selon moi, n'était pas vraiment un outrage et je pense que tout ce qui s'est passé, toute la guerre d'abus, etc., toute la condamnation, pour moi, c'est assez représentatif comme je l'ai dit, d'une certaine forme de répression quelque part. Je comprends pourquoi est-ce que dans le système actuel ça existe et pourquoi est-ce qu'on m'a condamnée.

J'arrive à en entendre les raisons mais encore une fois, ce n'est pas parce que j'entends les raisons et ils m'ont dit il va falloir vous rendre à tel endroit et à ce moment-là, on vous expliquera tel endroit, telle heure, tel jour, à ce moment-là, on m'expliquera en quoi ça consiste. D'un point de vue purement démocratique, moi, je trouve que c'est une catastrophe. On ne peut pas, à l'heure actuelle, interpeller les autorités en place. On ne peut pas leur dire des choses. On n'a pas le droit. On ne peut pas s'exprimer. Par exemple, il y a des gens qui vont dénoncer le génocide à Gaza et qui vont être poursuivis en justice pour ça.

Alors que, au-delà d'être en opinion, et je sais que les paroles peuvent être dangereuses parce qu'elles peuvent véhiculer des idées qui peuvent être dangereuses, mais on laisse des gens promouvoir des idées qui sont interdites par la loi. Donc des idées, par exemple, nazies ou ce genre de choses, on va les laisser promouvoir ces idées-là. On laisse des manifestations nazies avoir lieu. Mais par contre, quand une personne va dire quelque chose qui ne plaît pas à M. Bayrou ou à Emmanuel Macron, il va y avoir une condamnation. On va trouver la petite bête, le petit truc pour condamner la personne. Je ne dis pas forcément que j'ai bien agi ou que j'ai dit les choses de la bonne manière.

beaucoup de laisser aller par mes émotions sur le moment et qu'il y avait peut-être une meilleure manière de faire. Mais par contre, je peux dire que c'était la seule occasion que j'ai eue de toute ma vie de pouvoir m'exprimer directement à une autorité en place pour lui dire que je n'étais pas d'accord avec quelque chose. Qu'à l'heure actuelle, j'ai 24 ans et qu'en 24 ans, je n'ai jamais pu m'exprimer réellement sur mon opinion politique à des gens qui étaient dépositaires du pouvoir. Parce que ces gens-là n'écoutent pas le peuple, parce que ces gens-là ont autre chose à faire et parce que si Emmanuel Macron écoutait réellement le peuple, par exemple, il aurait déjà démissionné.

Et si Emmanuel Macron écoutait vraiment le peuple, il n'aurait pas pris M. Bayrou comme Premier ministre. Parce que que ce soit la droite ou la gauche, je crois que personne n'a envie de le voir Premier ministre. Ça doit être une des seules choses qui réunit la droite et la gauche, d'ailleurs. Bétarame aussi. Et moi, je pense qu'en plus, quand des choses aberrantes se passent avec François Bayrou, par exemple, que le mec est encore Premier ministre, qu'il est encore à l'heure actuelle, qu'il n'y a pas eu de mise en place de quoi que ce soit, c'est aberrant parce que nous, il nous reste quoi ? Il nous reste quoi pour leur dire que ce qu'ils font est injuste ? Il nous reste quoi ?

Rien du tout. Le mec ne va probablement pas être condamné. Il ne va probablement pas y avoir de poursuite et quand bien même, ce sera probablement minime, peut-être une amende ou je ne sais quoi, parce que c'est toujours ce qui arrive. C'est rare que ces gens-là fassent de la prison pour ce genre de choses. Et en fait, nous, on se contente de subir et de voir les autres subir et on ne peut rien dire. Donc oui, peut-être que je n'ai pas très bien agi et peut-être que je ne l'ai pas dit de la bonne manière, c'est sûr, mais à un moment donné, c'était la seule manière que j'avais de le faire et je pense que c'est pour ça que je l'ai fait.

Et quelque part, je ne regrette pas de l'avoir fait parce que je ne pense pas que j'aurai l'occasion une autre fois dans ma vie de pouvoir le faire. Je sais que c'était risqué et je sais que ce n'était pas bien, mais je ne peux pas vraiment dire que je regrette parce que ce ne serait pas sincère et pas honnête. Avant de conclure, j'aimerais juste dire quelque chose. C'est de savoir que la vidéo, quand elle est sortie de moi, j'ai été mis au courant un peu sur le tas. Ça m'a terrifiée d'ailleurs, il faut que je le dise, ça m'a terrifiée parce que je voudrais être auteure de bande dessinée, j'aimerais avoir une entité publique plus tard et savoir que ça, ça va rester à tout jamais.

Mais même l'interview qu'on fait, ça va rester à tout jamais. Quelque part, c'est un peu terrifiant parce que ça veut dire que peut-être qu'il y aura des éditeurs qui ne voudront pas signer avec moi parce que j'aurais fait ça. Donc, c'est terrifiant. À un moment donné, maintenant, c'est trop tard et je pense que c'est un bon point de départ pour la conclusion. Ce que j'ai fait, c'est fait et je ne pourrais pas revenir en arrière. Donc, je pense que c'est bénéfique que je puisse y apporter de la nuance et y apporter mon point de vue.

Moi, je pense que des actions comme ça, c'est risqué et que je n'encouragerais pas tout le monde à le faire parce qu'on ne s'attend jamais vraiment aux conséquences et elles peuvent être désastreuses. Donc, c'est risqué. Mais par contre, je pense qu'à un moment donné, quand l'État bafoue les droits du peuple, moi, je pense qu'il est nécessaire que le peuple, quelque part, montre son désaccord. Je ne suis pas spécialement pour une démocratie totale parce que ça peut facilement devenir anarchique et les minorités peuvent facilement y être discriminées.

Mais par contre, je pense qu'on est loin d'une démocratie à l'heure actuelle, que c'en est un simulacre et que les élections telles qu'on les fait actuellement ne sont pas bonnes et que le simple fait qu'Emmanuel Macron puisse désigner comme Premier ministre quelqu'un d'impopulaire ou quelqu'un qui n'est pas majoritaire à l'Assemblée ou ce genre de choses, pour moi, c'est une aberration. Et il y a un moment donné où les élites sont intouchables et que ce n'est juste pas tolérable. Et du coup, des événements comme celui qui s'est passé à Rochefort, il y en a plein tout le temps.

Il y a plein de gens qui le font, qui n'ont pas de vidéos, qui tournent et qui leur permettent de pouvoir s'exprimer ensuite devant d'autres gens. Mais il y en a plein parce qu'il y a un ras-le-bol global et qu'en fait, petit à petit, je pense que les gens ont marre, les gens sont fatigués de ne pas pouvoir être écoutés. Donc, si je devais conclure, c'est ce que je dirais. Je dirais qu'à un moment donné, ce que j'ai fait, quelque part, c'est une sonnette d'alarme. Quelque part, c'est une manière, je pense, pour le peuple dont je fais partie de prévenir l'État. On arrive à la limite. On arrive au moment où l'élastique est trop tendu.

Et il va falloir rapidement se remettre en question et rapidement se rendre compte qu'il y a des choses qui ne vont pas et que les choses qui ne vont pas, ce n'est certainement pas l'immigration.

16:18
Présentateur

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