Les 4 campagnes présidentielles de Jacques Chirac | Archive INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 74 %Attaque 19 %Défensif 7 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
S'agit-il d'une formule creuse ou d'un projet politique précis ?
- 1:33RelanceRéponse partielle
Le candidat du PS propose aussi le renouveau, pourquoi votre projet est-il différent ?
- 3:50RelanceRéponse directe
Ce que vous entendez par sécurité reste flou pour les Français, pouvez-vous préciser ?
- 5:47RelanceRéponse partielle
Certains vous reprochent de ne pas avoir été un facteur de stabilité dans la majorité, qu'en dites-vous ?
- 7:42RelanceRéponse partielle
Votre conception de la démocratie comme régime d'autorité est originale, comment la justifiez-vous ?
- 9:44RelanceRéponse partielle
Le projet de loi sur la sécurité ne vient-il pas un peu tard ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:16Locuteur 10Fait
« Chirac, dans la première intervention télévisée de la campagne officielle, vous avez proposé aux Françaises et aux Français le renouveau dans la sécurité. »
- 3:03Invité politiqueFait
« Dans la mesure où il promet tout, mais où il ne prévoit aucun des moyens nécessaires pour tenir ses promesses. »
- 3:08Invité politiqueFait
« Et puis, elles ne peuvent conduire sur le plan politique qu'à l'aventure. »
- 3:16Invité politiqueFait
« Car la participation que son élection impliquerait des communistes vraiment nous fait craindre le pire au niveau de nos libertés, au niveau de notre capacité à maîtriser les affaires de notre pays. »
- 2:54Invité politiqueFait
« Jusqu'en 73-74, les Français en général payaient à peu près les mêmes impôts que leurs voisins européens. »
- 28:35Invité politiqueFait
« Puis il y a eu une dérive fortement accentuée par les socialistes et l'on est arrivé à un niveau de fiscalité qui ne nous rend plus compétitifs, concurrentiels. »
- 29:34Invité politiqueChiffre
« Plus de 4 millions de familles ont bénéficié en toute ou en partie de la suppression de leur impôt. »
- 21:46Invité politiqueChiffre
« Depuis mars 87, le chômage a commencé à baisser et celui des jeunes a baissé de près de 10%. »
- 27:20Invité politiqueChiffre
« Cette réforme coûte 3 milliards et demi de francs. »
- 26:49Invité politiqueChiffre
« L'apporter pour une mère de trois enfants et pendant trois ans non plus à 60% du SMIC comme c'est le cas aujourd'hui, mais à 100% c'est-à-dire à la valeur du SMIC. »
- 7:02Invité politiquePromesse
« Demain, une nouvelle loi règle définitivement leur sort. »
- 4:30Invité politiquePromesse
« Si je suis élu président, j'aurai cette majorité. »
- 9:16Invité politiquePromesse
« L'un des premiers gestes de mon gouvernement serait de déposer devant le Parlement un projet de loi-programme pour doter nos forces de police et de gendarmerie des moyens en personnel et en matériel nécessaires. »
- 30:20Invité politiqueFait
« la France soit compétitive »
- 30:24Invité politiqueFait
« qu'on règle notre problème de chômage »
- 30:29Invité politiqueFait
« une énergique tenue de nos dépenses »
- 31:50Invité politiqueFait
« nous avons fait voter par le parlement les lois qui s'imposaient »
- 31:55Invité politiqueFait
« nous avons augmenté sensiblement les moyens de la police »
- 32:08Invité politiqueFait
« ceux-ci ont déjà très sensiblement reculé »
- 39:15Invité politiqueFait
« notre année scolaire est très mal organisée »
- 40:08Invité politiqueFait
« une semaine de travail de 5 jours où les enfants travaillent le matin de 8h à midi du lundi au vendredi »
- 40:47Invité politiqueFait
« on critique souvent en France l'école, on critique l'éducation nationale, on critique les enseignants »
- 44:23Invité politiqueFait
« il faut d'abord reconnaître la famille comme un élément essentiel du dynamisme d'une société »
Temps de parole
- Jacques Chirac65 %
- Locuteur 1012 %
- ?10 %
- Invité3 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
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Monsieur
Chirac,
dans
la première intervention télévisée de la campagne officielle, vous avez proposé aux Françaises et aux Français le renouveau dans la sécurité. S'agit-il là d'une de ces formules bien balancées mais un peu creuses comme on en utilise dans les campagnes électorales, ou bien cela recouvre-t-il une intention et un projet politique précis
?
C'est évidemment un projet politique précis
et
c'est également
une
exigence pour les Français.
Vous
sentez bien, et je le vois davantage chaque jour en parcourant nos provinces,
de
métropole ou d'outre-mer,
que
nos compatriotes veulent le changement.
Mais
ils veulent également la sécurité. Et le changement, qu'est-ce que c'est ? C'est d'une part
une
autre manière de gouverner, donnant aux Françaises et aux Français plus de liberté, plus de responsabilité,
mais
leur donnant aussi le sentiment
que
les affaires de la France sont conduites avec fermeté. Et puis c'est un objectif, une ambition, celle de lutter avant tout contre le drame du chômage.
Et
pour cela, libérer les entreprises,
les
travailleurs, des contraintes excessives qu'on fait peser sur eux actuellement.
Oui, mais M. Chirac, vous n'êtes pas le seul à proposer le redressement économique et le renouveau.
Le
candidat du Parti Socialiste, par exemple, se présente aussi comme un candidat de renouveau.
Oui, et
c
'est
dangereux.
Le
renouveau que propose le candidat du Parti Socialiste
s
'appuie sur des propositions économiques bien anciennes et que l'on connaît bien
et
qui ne peuvent conduire,
je
n'hésite pas à le dire, qu'à la faillite.
Dans
la mesure où il promet tout,
mais où
il ne prévoit
aucun
des moyens nécessaires pour tenir ses promesses.
Et
puis,
elles
ne peuvent conduire sur le plan politique qu'à l'aventure. Car la participation que son élection impliquerait des communistes vraiment
nous
fait craindre le pire au niveau de nos libertés, au niveau de notre capacité à maîtriser les affaires de notre pays. Non, ce n'est ni le renouveau, ni surtout la sécurité.
Mais
je dois reconnaître que
ce
que l'on nous propose, par ailleurs, consistant à continuer ce que nous faisons depuis des années,
n
'est pas non plus le renouveau et n'est pas non plus la sécurité.
Un
pays qui a aujourd'hui 1,6 million de chômeurs,
qui
aura, d'après tous les experts, si l'on ne change pas de politique,
près
de 2,5
millions
de chômeurs, dont près de 1,5 million de jeunes, à la recherche d'un premier emploi,
est
un pays qui joue avec sa stabilité et sa sécurité. Car on ne peut pas imaginer que les hommes, les femmes, et surtout les jeunes de notre pays, accepteront longtemps, sans d'abord se décourager, sans peut-être un jour avoir des sentiments ou des tentations de révolte, une situation où ils ne trouveraient pas d'emploi, où ils seraient transformés en assistés. Et d'autre part, financièrement, cela coûte très cher. Il vaut toujours mieux payer des hommes à travailler que de les payer à ne rien faire.
En
un mot, le renouveau,
c
'est le redressement économique et le redressement social. Et vous vous êtes longuement expliqué sur ces deux points depuis deux mois. Mais ce que vous entendez par sécurité reste encore un petit peu flou dans l'esprit des Français. Et je souhaiterais qu'aujourd'hui, vous nous en disiez plus à ce sujet.
Eh
bien, la sécurité, c'est d'abord la stabilité
politique pour
un pays comme la France, qui, dans les difficultés qui sont les siennes, ne peut pas, si j'ose dire, s'offrir une crise politique.
Pour
que cette stabilité soit assurée, il faut que le président qui, demain, sera élu puisse disposer d'une majorité.
D
'une majorité pour soutenir, à l'Assemblée, son gouvernement.
Si
je suis élu président, j'aurai cette majorité. Elle existe, naturellement.
Et
je l'accueillerai
à
bras ouverts, je veux dire de tout cœur. Quelle qu'ait pu être sa position dans l'élection présidentielle, quelle qu'ait pu être son origine, au point de vue politique, pour moi, il n'y aura pas de bien-aimés et de mal-aimés dans la majorité, mais simplement des hommes et des femmes décidés à participer à l'effort de redressement de notre pays.
Et
cette majorité, enfin, je l'élargirai. Car j'y accueillerai, sans aucun sectarisme, toutes celles et tous ceux, en éliminant personne, et avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, qui voudront s'associer à cet effort de redressement. Enfin, je le ferai dans un Parlement qui doit retrouver les droits qui sont les siens en matière de contrôle, en matière d'initiative parlementaire. Les droits que lui reconnaît la Constitution, mais qu'hélas, de plus en plus, lui conteste abusivement le gouvernement.
En
somme, vous prenez ainsi l'engagement devant le pays d'assurer la stabilité politique durant le prochain septennat. Mais, si vous le voulez bien, faisons un petit retour en arrière. Vous savez que certains vous reprochent de n'avoir pas été, au cours des dernières années, dans la majorité, un facteur de stabilité.
Oui,
c'est ainsi qu'ont créé les fausses réputations. La stabilité d'une majorité
est
uniquement en fonction
de
l'impulsion, de l'esprit
que
lui donne celui qui a la responsabilité la plus importante, c'est-à-dire le chef de l'État.
Et
ce que je peux vous dire,
c
'est que si je suis élu,
je
ferai tout ce qui est nécessaire pour restaurer par la réconciliation l'unité nationale qui est d'autant plus nécessaire aujourd'hui que notre pays doit affronter de graves difficultés, notamment économiques. Et c'est ainsi en particulier qu'il faut mettre un terme à toute une série de contentieux. Je prendrai simplement un exemple, mais il n
'est
pas acceptable qu'aujourd'hui, nos compatriotes rapatriés d'Algérie ou d'ailleurs
soient
encore déçus, traumatisés et un peu divisés par rapport à la nation.
Il
faut, et j'en
ai
pris l'engagement, que demain, une nouvelle loi règle définitivement leur sort. Mais il faut surtout qu'une loi définitive, sans réserve totale d'amnistie, permette d'oublier ce qui un temps nous a séparés, mais ce qui maintenant fait partie, certes, de notre histoire, mais pas de notre avenir.
Ce
que vous dites là, M. Chirac, de la sécurité concerne surtout
la vie politique. Oui, mais la vie politique est très importante. Et ce comportement de réconciliation et d'unité nationale est essentiel. Vous savez, je fais partie de ceux qui, dans notre histoire, préfèrent, et de beaucoup, Henri IV à Louis XV.
La
vie politique est importante, certes, mais ce que les Français entendent par le mot de sécurité, le plus souvent dans leur vie quotidienne, c'est peut-être un peu autre chose. C'est une préoccupation très précise, notamment celle de la sécurité. Quelle est votre idée là-dessus
?
La sécurité, et en particulier celle des personnes et des biens, n'est pas assurée aujourd'hui.
Et
c'est un drame pour beaucoup, et notamment pour les plus faibles. Vous en savez quelque chose en tant que maire de Paris ? C'est vrai. Je n'ai pas la responsabilité de la sécurité.
Elle
appartient à l'État, c'est-à-dire au préfet de police, là où je l'exerce modestement, dans nos squares, dans nos parcs, j'ai mis en place des systèmes d'inspecteurs de sécurité qui ont parfaitement réussi, et qui prouvent que, lorsqu'on a la volonté de le faire, eh bien, on peut assurer la sécurité. Vous savez, la démocratie est un régime fragile. C'est un régime essentiel, dans la mesure où il est le seul à permettre d'exercer ses libertés aux citoyens, mais
elle
est toujours la démocratie menacée.
Et
si elle veut survivre, si elle veut préserver les libertés, il faut qu'elle
ait
bien conscience qu'elle doit être un régime d'autorité, c'est-à-dire un régime dont le chef, le gouvernement, ne doit pas accepter que la loi républicaine, une fois votée par la majorité, et qui donc s'impose, soit impunément bafouée.
Et c'est pourquoi j'ai dit qu'il fallait avoir à la fois la volonté, mais aussi les moyens, et que l'un des premiers gestes de mon gouvernement serait de déposer devant le Parlement un projet de loi-programme pour doter nos forces de police et de gendarmerie des moyens en personnel et en matériel nécessaires pour que ces forces, qui sont par ailleurs exemplaires, puissent exercer véritablement leur éminente mission, car rien n'est plus important dans un État républicain que d'assurer la sécurité des personnes et des biens.
Mais
le projet de loi dont vous nous parlez, M. Chirac, et qui serait une de vos premières initiatives, ne vient-il pas un peu tard ? Il y a déjà eu, récemment, à l'Assemblée nationale et au Sénat, une discussion sur une loi qui s'appelait sécurité et liberté. Et vous ne l'avez pas votée, cette loi.
Oui,
on
m'a déjà posé la question. Simplement parce que
ce
dont nous avons besoin aujourd'hui, ce ne sont pas de textes supplémentaires.
Et
d'ailleurs, celui-là pouvait être dans d'autres mains dangereux pour les libertés des citoyens.
Mais
ce dont nous avons besoin, c'est d'une volonté
que
chacun sache
que
s'il enfreint la loi, il sera sanctionné
avec
justice,
mais
avec rigueur.
Et
d'autre part, nous avons besoin des moyens. C'est ce que j'évoquais tout à l'heure.
Vous me permettrez
de
sortir maintenant, peut-être, un peu de cet examen des projets, des techniques pour évoquer un point un peu personnel. Je vous écoute depuis quelques minutes. Vous parlez beaucoup de sécurité, de fermeté, d'autorité. Est-ce que vous ne craignez pas ainsi d'accentuer certains traits de votre image dans l'opinion publique ? Vous savez que certains vous reprochent d'être un homme autoritaire. Ceux qui ne vous aiment pas vont même encore plus loin.
Oui, ce n'est pas exact.
Je
suis un homme de concertation, de dialogue. Je l'ai prouvé lorsque j'étais au gouvernement. Ministre de l'agriculture, par exemple. Ministre de l'agriculture, où je n'ai jamais pris une décision sans qu'elle ait été concertée et en accord avec tous les représentants des agriculteurs. Je le prouve en tant que maire de Paris, en ayant développé largement les structures de concertation. dont je crois beaucoup au dialogue.
Ce n'est pas une
perte de temps, la concertation
? Non, pas du tout. C'est essentiel si l'on veut que la société puisse évoluer et puis si l'on veut bénéficier de l'imagination des uns et des autres et ne pas s'enfermer dans la routine. C'est très important. Eh bien, c'est ainsi que j'entends gouverner. Mais si je ne suis pas un homme autoritaire, en revanche, je considère que lorsque la décision est prise, elle doit être appliquée. Et le cas échéant, notamment lorsque la sécurité est en jeu, elle doit l'être avec fermeté.
Votre conception de la démocratie telle que vous nous l'exposez est un peu originale. Pour vous, la démocratie est un régime d'autorité. Habituellement, on associe plutôt le mot de démocratie au mot de liberté. Alors, comment est-ce que vous conciliez tout cela ?
Pour
moi, le seul moyen de préserver les libertés,
c
'est de préserver la démocratie.
Et
donc, il faut que celle-ci ne soit mise en cause par personne.
Les
libertés, qu'est-ce que c'est
? Et
là aussi,
il
y a beaucoup à dire.
Les
libertés, c'est d'abord les droits de l
'homme. Et
je suis, pour ma part, préoccupé de voir à quel point la France,
pays
des droits de l'homme, idée qui reste très forte chez tous nos concitoyens et notamment dans le cœur des jeunes de notre pays. Cette conception, alors que ces droits de l'homme sont bafoués de plus en plus à l'extérieur notamment, n'anime plus la politique de la France. Et sur le plan intérieur, nous voyons se développer à nouveau des tentatives notamment antisémites. On voit d'autre part également des tentations de remettre en cause les droits des émigrés. Bref, il y a aujourd'hui une remise en cause des droits de l'homme.
Il faut réagir et là encore avec fermeté pour que ne se développent pas dans notre pays ces idées malsaines et dangereuses qui sont en réalité plus ou moins des idées racistes. Et puis il y a aussi naturellement tout ce qui touche l'excès et l'abus de la réglementation et qui met en cause nos libertés. il y a l'inadaptation de notre organisation
administrative.
C'est un peu un de vos thèmes favoris là monsieur Chirac. Est-ce que vous n'avez pas tendance parfois à tirer sur le pianiste ? Les fonctionnaires sont chargés actuellement de tous les péchés. Mais après tout vous êtes vous-même fonctionnaire, vous êtes un technocrate.
Oui, mais rodé par des élections successives aux réalités de la vie quotidienne, non, les fonctionnaires sont en France heureusement des gens éminents et ils sont les premiers à souffrir de l'abus de réglementation et aussi de l'augmentation excessive du nombre de fonctionnaires ce qui ne permet pas de donner à ceux qui sont en place et qui sont nécessaires à la fois la considération, le traitement, le salaire auquel ils devraient avoir droit. Regardez par exemple l'exemple des instituteurs. Mais au-delà je disais l'organisation administrative. Nous avons eu tort
de
rejeter en 1969 la réforme régionale que nous proposait le général de Gaulle. Le moment est venu de la reprendre aujourd'hui non pas pour donner l'indépendance politique naturellement aux régions mais pour leur donner une certaine indépendance économique, sociale, culturelle comme il faut développer les moyens et aussi les pouvoirs des municipalités des maires qui sont la possibilité de développer la démocratie du quotidien comme il faut développer je le disais tout à l'heure systématiquement la concertation et les moyens de la concertation.
En
somme vous voulez rendre d'une certaine manière la parole au français
mais
dans le monde où nous vivons pour prendre la parole il faut pouvoir utiliser les grands moyens d'information la presse la télévision la radio est-ce que vous n'avez pas le sentiment que cet alourdissement de l'emprise de l'état que vous dénoncez se fait sentir aussi en matière d'information
? Oui,
hélas hélas c'est vrai que l'emprise de l'état sur l'information dans notre pays est tout à fait excessive
et
que pour cette raison et aussi pour des raisons d'évolution technique il faudra prévoir beaucoup plus de liberté dans ce domaine y compris en remettant en cause probablement le monopole de programmation plus de liberté ça me paraît essentiel mais naturellement cela ne pourra et ne devra se faire qu'avec l'accord je dis bien l'accord de la presse écrite et notamment de la presse régionale de la presse professionnelle car si l'on devait développer la liberté d'information au détriment de la presse alors on ferait une très mauvaise action culturelle
vous
venez de nous préciser ainsi monsieur Chirac ce que vous entendez par le renouveau dans la sécurité mais est-ce qu'il n'y manque pas l'essentiel finalement au moment où les français vont choisir un président de la république est-ce que pour eux la sécurité ce n'est pas avant tout la confiance et la confiance dans les engagements pris oui
la confiance
j
'ai fixé j'ai prévu des engagements j'ai pris des engagements j'ai fixé un calendrier et bien comme je l'ai toujours fait en Corrèze comme je l'ai fait à Paris ces engagements je les tiendrai
pour
terminer si vous permettez monsieur Chirac je voudrais vous parler un peu d'autre chose que de renouveau et de sécurité j'ai entendu lundi soir comme tous les français un certain nombre de candidats monsieur Giscard d'Estaing notamment qui avec un certain ton de regret constatait qu'il était seul contre neuf dans cette campagne électorale qu'en pensez-vous
? vous
savez
lorsque
j'étais enfant
et
que nous jouions dans la cour de récréation si par hasard je recevais un petit coup je n'étais pas de ceux qui allaient se plaindre au surveillant
mais
soyons sérieux
seul
contre neuf qu'est-ce que cela veut
dire ? je
n'ai pas observé
qu
'aucun autre candidat
faisait
ma campagne
j
'ai également le sentiment d'être seul contre neuf tout simplement parce que je le suis parce que chacun des candidats est seul contre neuf dans la mesure où nous sommes dix c'est une situation
qu
'aucun candidat ne peut en réalité estimer être le seul à l'avoir
je
crois en réalité qu'il faut tout simplement
que
chaque candidat puisse s'exprimer librement
et
puisse s'exprimer dans la sérénité
et
sans polémiquer
et
pour ma part
c
'est ce que je fais
Jacques
Chirac bonsoir les français sont convaincus de l'importance et de l'enjeu de cette élection présidentielle parce qu'ils savent que c'est de leur avenir qu'il s'agit de l'avenir de leurs enfants aussi se posent
-ils
beaucoup de questions que souvent ils voudraient pouvoir poser aux candidats eux-mêmes et il se trouve que lors de votre campagne et dans un certain nombre de meetings vous avez répondu à un certain nombre de français qui vous posaient directement ces questions alors je voudrais que l'on revienne sur certaines d'entre elles et notamment sur le chômage par exemple le chômage c'était une question que vous posez une jeune étudiante c'était à Evry
Jacques
Chirac
des
jeunes actuellement aspirent à être adultes autonomes c'est-à-dire avoir un travail sûr être impliqué à fond dans la vie active et actuellement la seule réponse de la société elle est les tucs les stages
est
-ce que vous ne croyez pas qu'une société qui n'apporte que ce type de réponse-là ne s'achemine pas vers une révolte des jeunes
? non
la seule réponse qu'apporte la société heureusement
n
'est pas
les tucs
ou les stages
l
'emploi c'est d'abord la croissance c'est-à-dire l'activité de nos entreprises
qui
seules créent de véritables emplois
d
'où la première priorité de toute politique sociale
c
'est de donner aux entreprises leur chance
et
c'est pourquoi nous avons engagé une action pour diminuer les charges des entreprises qu'elles soient fiscales ou bureaucratiques pour les libérer
de
façon à
ce
qu'elles investissent davantage produisent davantage vendent davantage et créent davantage d'emplois
et
puis il y a naturellement la formation
il
n
'est
pas normal de voir trop de demandeurs d'emploi avec une formation
qui
ne débouche sur rien
ou
au contraire d'ailleurs des demandes d'emplois qui ne sont pas
satisfaites
faute de gens formés pour cela
d
'où la nécessité d'ouvrir notre système d'éducation et de formation sur la vie
de
créer les filières qui permettent de donner la formation nécessaire aux emplois qui existent vraiment
c
'est une grande ambition aussi
et
puis enfin il y
a
naturellement je dirais les moyens du bord ce que vous appelez les TUC les SIVP et les stages de toute nature
mais
il ne faut pas les critiquer d'abord parce qu'il vaut mieux faire quelque chose que rien du tout
et
ensuite parce que
il
y a grâce à ce système beaucoup beaucoup de jeunes qui au terme de ces stages trouvent un emploi
entre
la moitié et les deux tiers et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle pour la première fois depuis 20 ans maintenant 15 ans tous les cas
depuis
mars 87 le chômage a commencé à baisser
et
celui des jeunes a baissé de près de 10%
je
suis fier de ce résultat même s'il ce n'est qu'un début
et
si par ailleurs j'ai
pour
véritable obsession
l
'idée de trouver des solutions
mais
la solution essentielle c
'est
la relance de notre économie
et
c'est cela
que
je veux faire et c'est par là
que
nous trouverons une solution au problème de l'emploi
un
autre sujet Jacques Chirac qui inquiète les français c'est la protection sociale sécurité sociale régime de retraite une question d'ailleurs qu'évoquait avec vous à Crétail le professeur Cachera
et
ma question monsieur le premier ministre sera la suivante pensez-vous que le système de couverture sociale français dans les structures qu'il a aujourd'hui
pourra
faire face aux défis nombreux qui l'attendent pour les prochaines années
oui
monsieur le professeur il fera face
le
général de Gaulle a donné à la France le système de protection le plus élaboré le meilleur du monde
et
nous y sommes
tous profondément attachés vous n'avez pas la tentation d'instaurer un système de sécurité sociale à deux vitesses
pas
un instant c'est à l'opposé de toutes mes convictions
mais
je dirais en revanche qu'il y a des problèmes
nous
avons réglé tous ceux qui touchaient la famille qui touchaient les accidents du travail qui touchaient la maladie
et
nous avons équilibré nos
comptes ce
qui est capital pour demain reste la retraite
et
il ne faut pas croire ceux qui vous disent que c'est pour l'an 2000 c'est pour cette année
il
n'est pas question pour nous d'augmenter l'âge de la retraite il n'est pas question pour nous de diminuer les pensions
par
conséquent nous devons trouver le financement qui manque
et
c'est la raison pour laquelle j'ai voulu non pas dans cette affaire contraindre mais convaincre et consulter préalablement les personnalités compétentes celles du conseil économique et sociale mais cette question sera réglée en temps voulu c'est à dire avant la fin de l'année et la solution y sera apportée ce que je peux garantir naturellement c'est le paiement de toutes les pensions ce que nous avons marqué par l'actualisation c'est à dire l'augmentation de façon à ce que le pouvoir d'achat des pensions soit évidemment respecté
autre
sujet de préoccupation des français Jacques Chirac mais sur la politique familiale c'est madame Henkin à Metz qui vous avait interpellé lors d'un meeting
en
tant que maire de famille j'ai peut-être un esprit plus terre à terre alors je voulais vous demander vous avez l'intention de doubler l'allocation d'éducation parentale est-ce que ça va pas se faire un peu au détriment des allocations familiales et éventuellement augmenter nos impôts
non
madame Henkin ça ne se fera pas au détriment
de
quoi s'agit
-il chacun
comprend bien aujourd'hui
que
la politique familiale est une priorité absolue
et
qui doit être reconnue pour telle
d
'abord parce que c'est au sein de la famille que se développent les vraies valeurs
celles
de responsabilité celles d'amour du prochain celles de tolérance qui cimentent notre société ensuite parce que nous voyons bien
que
nous n'avons plus assez d'enfants
et
c'est vrai pour toute l'Europe
et
qu'il faut redonner une impulsion nouvelle à notre démographie
pour
ceux qui le veulent bien entendu
mais
il faut les inciter et en tous les cas ne pas les décourager
dans
ce contexte il y a naturellement toute une politique familiale touchant les prestations familiales touchant la fiscalité touchant le logement touchant les personnes âgées mais dans ce contexte il y a
un
élément qui est important
c
'est celui qui consiste pour les femmes à conquérir cette liberté nouvelle et nécessaire et à laquelle elles ont droit
et
qui consiste à pouvoir choisir librement
entre
travailler à l'extérieur ce qui est le cas de 70% d'entre elles
mais
alors il faut qu'elles aient les moyens de faire garder leurs enfants gardent à domicile ou gardent dans des systèmes collectifs de crèches mais les moyens
ou
alors qu'elles
le
veuillent
et
qu'elles puissent rester chez elles
pour
assurer l'éducation de leurs enfants
mais
alors il faut reconnaître qu'elles font un métier probablement d'ailleurs le plus beau du monde et cela mérite rémunération et droits sociaux
et
c'est dans cet esprit qu'en 81 j'avais créé à Paris l'allocation parentale d'éducation en 87 je l'ai élargie dans son ensemble à la France
et
j'ai indiqué qu'il fallait maintenant faire un pas de plus
c
'est-à-dire l'augmenter
c
'est-à-dire l'apporter pour une mère de trois enfants et pendant trois ans
non
plus à 60% du SMIC comme c'est le cas aujourd'hui mais
à
100% c'est-à-dire à la valeur du SMIC et ce n'est qu'un pas encore vers un objectif plus lointain bien entendu et qui est le salaire de la mère au foyer
et c'est
légitime quand vous avez fait cette annonce Jacques Chirac je me souviens c'était un peu un telé on a parlé de promesses inconsidérées au début de la campagne est-ce que vous avez véritablement les moyens du financement de ces allocations
c
'était une mauvaise
polémique cette réforme coûte 3 milliards et demi de
francs
le budget familial est de 135 milliards de francs je vous laisse en tirer toutes les conclusions mais la famille est une priorité absolue
alors autre sujet d'intérêt pour les français bien sûr tout le monde en parle c'est l'impôt alors l'impôt sur les sociétés l'impôt sur le revenu c'est Guy Vasseur qui est agriculteur et qui vous pose la question c'était à Orléans
Monsieur le Premier ministre je voudrais en revenir aux aspects fiscaux
parce
que j'ai l'impression qu'il faudrait tout faire à la fois
d
'une part réduire la TVA pour pouvoir la rendre compatible avec l'échéance de 1992 le marché unique européen
d
'autre part l'impôt sur les sociétés pour améliorer la compétitivité des entreprises et notamment l'exportation
alors
Jacques Chirac est-ce que c'est possible
quel
choix quelle priorité
et
aussi l'impôt sur le revenu des personnes physiques naturellement
vous
savez jusqu'en 73-74 les français en général payaient à peu près les mêmes impôts que leurs voisins européens
et
puis il y a eu une dérive fortement accentuée par les socialistes et l'on est arrivé à un niveau de fiscalité qui ne nous rend plus compétitifs concurrentiels
il
faut donc réduire cette fiscalité qui paralyse les travailleurs les entreprises les consommateurs français
François
Mitterrand faisait remarquer autre jour qu'il avait baissé en 1985 à sa demande
M. François
Mitterrand affirme quelque chose qui n'est pas tout à fait exact mais on ne peut pas demander une certaine compétence économique à tout le monde n'ouvrons pas ce débat
il
faut donc diminuer les impôts dans quel ordre et comment
d
'abord
l
'impôt sur les sociétés
et
l'impôt sur le revenu des entrepreneurs individuels pour qu'ils soient aptes à assumer la concurrence de l'année 92-93
ensuite
ou en même temps
l
'impôt sur les personnes physiques qui restent trop élevées
nous
l'avons fait pour les plus démunis
plus
de 4 millions de familles ont bénéficié en toute ou en partie de la suppression de leur impôt
il
faut le faire pour les revenus moyens et plus élevés de façon à ne pas stériliser l'initiative notamment de notre personnel d'encadrement
et
enfin il y a la TVA nous avons commencé avec l'automobile les motos les disques les médicaments les cassettes il faut poursuivre
je
dirais que c'est en troisième priorité
notre
programme
qui
consiste à planifier 15 milliards de réduction de déficit de ce déficit que nous ont légué les socialistes
et
15 milliards de réduction d'impôt chaque année nous permettra d'atteindre l'objectif que nous voulons atteindre c'est à dire qu'en 92-93 la France soit compétitive que la croissance puisse se développer et qu'on règle notre problème de chômage mais cela suppose naturellement une énergique tenue de nos dépenses et bien comme je l'ai fait à Paris comme je l'ai fait depuis deux ans au plan national vous pouvez compter sur
moi je
voudrais revenir sur un autre sujet qui intéresse également les français sur lequel Nathalie Folle vous avait posé une question à Marseille lors d'un meeting c'était la sécurité
bien
monsieur le premier ministre je suis jeune comme vous pouvez vous en rendre compte par conséquent j'aime bien sortir le soir
et
malheureusement l'insécurité règne de plus en plus autour de nous bon je l'ai malheureusement vécu personnellement et j'aimerais savoir s'il y a un moyen pour lutter contre cela
non
Nathalie pas de plus en plus
vous
savez j'ai une fille qui a votre âge
et
je comprends ses inquiétudes
elle
me les transmet aussi
et
lorsqu'en qualité de mère de Paris je me promène dans les rues je vois les personnes âgées
j
'ai toujours peur qu'elles soient agressées par un voyou qui essaye de leur prendre leur sac ou leur portefeuille
lorsque
je vois dans certaines rues
les
appartements les boutiques régulièrement cambriolées
je
suis directement concernées
nous
avons fait un effort considérable
nous
avons fait voter par le parlement les lois qui s'imposaient
nous
avons augmenté sensiblement les moyens de la police
Charles
Pasqua ministre de l'intérieur a affirmé sa volonté politique de lutter contre la délinquance la criminalité contre le terrorisme
et
ceux-ci ont déjà très sensiblement reculé le renoncement de tendance n
'avait
pas eu lieu un peu avant non non non ça ce n'est pas exact
et
nous continuerons
nous
continuerons avec la ferme volonté
d
'arriver à ce que cette première des libertés
la
liberté d'aller de venir de posséder sans être agressé sans être détroussé
soit
réellement respecté
je
n'ai aucune indulgence pour les criminels
et
je souhaite faire en sorte
que
chacun puisse se sentir en France en sécurité ça demandera quelques années mais nous y parviendrons
une
meilleure formation
et
notamment une meilleure orientation des jeunes qui trop nombreux peut-être par méconnaissance des métiers ou des possibilités de travail vont faire des études qui ne débouchent sur rien
Monsieur
Juppé bonjour je me présente Isabelle Miron 30 ans j'ai un enfant à charge et actuellement je suis au chômage depuis le mois de juin j'ai été licenciée économique j'ai comme formation un bac B plus trois années de beaux-arts étant depuis près de trois ans engagée dans une entreprise en tant que décoratrice
puis
après vu la crise et les événements je suis devenue vendeuse puis remplaçante de vendeuse et puis un jour on m
'a
dit au revoir
étant
donné que je voyais bien que tout ce qui était artistique et décoratif n'était pas du tout le plein emploi j'ai jugé bon de me former dans l'informatique et de perfectionner mon anglais à l'heure actuelle j'ai trouvé
une
seule façon d'essayer de retravailler c'est un contrat à temps choisi je représente du vin et du champagne je fais du porte-à-porte
je
suis allée de l'avant mais il y
a
un moment où on a un petit peu peur face à de telles responsabilités et où on est un petit peu angoissé donc ma question est la suivante quel espoir pouvez-vous donner aux français se trouvant dans ma situation à l'heure actuelle
c
'est sans doute la question la plus difficile qu'on puisse poser à un homme politique
mais
il ne faut pas l'éluder parce que c'est la question que se posent 3 millions et peut-être plus de françaises et de français
et
j'ai bien conscience que personne ne peut comprendre l'angoisse dont vous parlez s'il n'a pas vécu
ce
que vous avez vécu
je
ne l'ai pas vécu et donc je vous répondrai peut-être
en
termes maladroits mais c'est notre responsabilité à nous qui brigons des responsabilités officielles précisément que d'essayer de répondre que peuvent faire les pouvoirs publics que peut faire un gouvernement que pourra faire demain un président de la république d'abord proclamer avec toute la force de sa conviction que ça n'est pas une fatalité
qu
'il ne faut pas se résigner à cette situation qu'on peut faire autrement que certes les politiques appliquées depuis 10 ou 15 ans n'ont pas permis de s'en sortir mais qu'il existe des solutions et que d'ailleurs autour de nous en Allemagne en Grande-Bretagne aux Etats-Unis d'autres pays font mieux que nous et là je crois qu'il y a deux ou trois grandes réformes à engager la première réforme c'est celle de l'organisation du temps de travail puis la deuxième réforme fondamentale et notre cas personnel
y
fait penser tout particulièrement c'est la réforme de la formation
trop
de jeunes à l'heure actuelle sont orientés entre guillemets ou plus exactement pas orientés mais tout simplement amenés à des filières sans avenir et sans déboucher et c'est un problème explosif pour les prochaines années car nous voyons bien que le nombre d'étudiants augmente sans cesse à l'université et que les propositions de formation qu'on leur fait ne sont pas assez diversifiées un exemple concret on se réjouit beaucoup de voir qu'il y
a
de plus en plus d'étudiants inscrits en première année de médecine cette année et de plus en plus d'étudiants inscrits dans les filières de formation en métier d'enseignant
je
m'en réjouis pour ces deux professions mais il n
'y
aura pas de place pour tout le monde
et
on risque de se retrouver au bout de deux ans en situation d'échec
et
après le chômage et la MPE il faut donc faire une réforme en profondeur du premier cycle de l'enseignement supérieur les deux premières années quand on sort du lycée avec un baccalauréat en poche pour diversifier les formations pour les professionnaliser davantage pour faire des formations en deux ou trois ans qui conduisent à des métiers qui auront été sélectionnés en liaison avec les entreprises les régions bref tous ceux qui sont sur le terrain voilà quelques réformes importantes qui me paraissent pouvoir changer la situation
je
suis femme de commerçant j'ai un fils et j'habite Strasbourg monsieur le président vous attachez beaucoup d'importance à l'aménagement du temps des enfants pourquoi
? oui
j'y attache effectivement beaucoup d'importance à l'aménagement du temps des enfants parce que je crois que c'est un
c
'est l'exemple le plus achevé
de
ce qu'on peut faire pour la France de demain
il
s'agit de l'exemple de mesure où on peut à la fois régler
un
problème de chômage
et
d'autre part lutter contre l'échec scolaire
bon
tout le monde sait aujourd'hui en France que notre année scolaire est très mal organisée
nous
avons de trop longues vacances
nous
avons de même une semaine de travail qui est très mal organisée
et
puis nous avons une journée de travail alors qui elle est proprement démentielle puisque nous demandons 6 heures parfois 6h30 de travail quotidien à des jeunes alors pensez aux gosses qui sont en difficulté chez eux aux gosses dont souvent des parents peuvent ne pas savoir lire ou écrire des gosses dont les parents peuvent être en situation d'exclusion comment voulez-vous que ces gosses puissent réussir une scolarité
alors
le système qu'il s'agirait de mettre en place quel est-il il est de faire en sorte comme ça se fait d'ailleurs dans d'autres pays étrangers une semaine de travail de 5 jours où les enfants travaillent le matin de 8h à midi du lundi au vendredi et l'après-midi 2h30 d'activités culturelles ou sportives bien organisées planifiées sur l'année qui leur permettent
d
'abord de mieux ingurgiter les connaissances traditionnelles et d'autre part de s'ouvrir sur la vie toutes les évaluations qui ont été faites de cette expérience montrent que les gosses sont plus heureux ils ont plaisir à aller à l'école l'échec scolaire recule mais ce que vous me dites me donne l'occasion de dire quelque chose à quoi je crois très profondément on critique souvent en France l'école on critique l'éducation nationale on critique les enseignants on dit oh là là c'était beaucoup mieux avant etc mais il faut se rendre compte dans quel contexte ils évoluent jamais les enseignants n'ont eu autant de difficultés l'école elle n'a jamais été aussi bonne qu'aujourd'hui
c
'est le contexte social dans lequel elle travaille qui s'est dégradée et elle en subit forcément le contre-coup elle ne peut faire l'école qu'avec ce qu'on lui envoie
alors
changeons le contexte social battons-nous contre le chômage et l'exclusion et vous verrez que l'école elle montrera sa capacité de performance sans grande difficulté
je
pense que dans le cadre d'une véritable relation entre l'université notamment
et
les milieux professionnels et régionaux une information claire disant aux jeunes voilà les métiers qui ont un avenir
et
ceux qui n
'en
ont pas
nous
permettrait à moins de jeunes de s'égarer
et
puis il nous faut un statut nouveau de l'étudiant
les jeunes d'aujourd'hui ont besoin de quand ils entrent dans cette période de formation universitaire ou après le baccalauréat ils ont envie d'entrer dans la vie
ils
ont envie d'être un peu libre il leur faut un statut qui organise cette liberté et qui leur permet aussi de vivre
et
tout le système des bourses des allocations tout ça doit être profondément revu
les
crédits devront être augmentés et en même temps un vrai statut de l'étudiant et de l'étudiante ils leur permettent d'entrer dans la vie d'étudiants dans des conditions convenables moi je pense d'abord aux familles très modestes c'est ça le statut de l'étudiant donner à tous les étudiants quelle que soit leur origine
et
surtout aux plus modestes les moyens d'entrer dans cette
vie
dans des conditions dignes et convenables
je
m'appelle Aurélie Tardieu j'ai 17 ans et je suis élève en terminale littéraire au lycée Carnot Jacques Chirac a proposé un référendum sur l'éducation s'il était élu
en
quoi consisterait-il
? Le
référendum
doit
consister
à
demander aux français s'ils approuvent par oui ou par non
un
projet de loi
puisque
on vote non pas simplement sur une question comme ça en l'air on vote sur un texte législatif
ce
projet de loi
qui
doit être préparé par un vaste débat national qui doit durer plusieurs mois avant le référendum ce projet de loi devrait comporter essentiellement trois questions première question
les
rythmes scolaires c'est-à-dire le matin les enseignements fondamentaux l'après-midi sport, art, culture deuxième la deuxième question c'est
la
réforme de la formation des maîtres
et
notamment pour leur permettre
de
mieux apprendre aux enfants
tout ce
qui est fondamental c'est-à-dire en fait la maîtrise du langage la maîtrise de la communication du dialogue avec autrui et enfin la troisième question c'est celle naturellement de l'organisation c'est-à-dire plus d'autonomie et plus de responsabilité pour les établissements d'enseignement et pour les enseignants
il
faut d'abord reconnaître la famille comme un élément essentiel du dynamisme d'une société ce qu'elle est
et
comme un élément fondamental de la solidarité de la convivialité de la société donc de sa force
je
crois qu'il faut bien s'entendre sur la place des jeunes dans notre société
je
crois que les jeunes ne sont pas à part ne doivent pas être à part ils sont une part de la nation il n'y a pas à la limite de problèmes jeunes spécifiques
par
exemple je ne crois pas aux actions particulières contre le chômage des jeunes non il y a des aspects concernant plus particulièrement les jeunes
deux
problèmes qui sont des problèmes de toute la nation il en va ainsi en particulier de ce que sont les
deux
craintes les deux angoisses principales des jeunes à savoir le chômage bien sûr et le sida d'autre part ça ne concerne pas que les jeunes
mais
les jeunes sont marqués toute cette génération de jeunes est marquée par l'existence par la concomitance de ces deux phénomènes c'est pourquoi dans son discours à la jeunesse à Bercy
discours
qui a eu un grand retentissement Jacques Chirac a fait de la lutte contre le sida de la lutte contre le chômage s'adressant aux jeunes
une
double priorité de son septennat
enfin
si vous aviez à résumer le programme de Jacques Chirac pour la culture et l'éducation que diriez-vous
? je
dirais que le premier point
le
plus important
c
'est que Jacques Chirac a dit
je
considère que dans notre république
le
chef de l'état
est
responsable
des
intérêts du pays en matière de culture et d'éducation
ça
c'est tout à fait essentiel ça veut dire que son engagement personnel est total dans ces domaines de l'éducation et de la culture et puis ensuite je crois que le maître mot c'est naturellement démocratie et égalité égalité des chances pour l'enseignement égalité des chances pour la culture c'est-à-dire que l'école soit un instrument de promotion un instrument d'intégration républicaine
pour
tous
et
la culture c'est exactement la même chose la culture pour tous partout donc lutter contre toutes les inégalités d'accès aux richesses de l'art et de la culture voilà le maître mot je crois
l
'égalité des chances respecter le suffrage universel respecter la démocratie
respecter
la république
c
'est entendre les français
les
comprendre
mais
surtout
c
'est agir
la
proximité du citoyen il y a un délit qui est commis même une incivilité pour pas dire un délit il faut que ce soit sanctionné et que le citoyen le
voit
je pense qu'il faudrait réellement aider les petits ménages aider les gens endettés à ressortir la tête de l'eau de façon à ce que la France redémarre
les
valeurs républicaines c'est les droits et les devoirs il faut définir les valeurs républicaines pour chaque français et les appliquer appliquer la loi comme elle se doit et faire comprendre aux personnes qui veulent la nationalité française qu'ils ont des devoirs et qu'ils ont des droits
et
les deux étant nécessaires et je pense que c'est comme ça qu'on évitera un racisme sous-jacent
j
'aime la liberté profondément parce que pour moi ce pays est un pays de liberté c
'est
un pays de démocratie qu'il n
'est
pas question une seconde qu'on laisse passer autre chose que la démocratie en France
la
liberté
l
'égalité
la
fraternité
tout
est
dit à partir de
là et
l'expérience prouve que chaque fois que dans l'histoire nous avons mis en cause ces principes
ces
valeurs
ça
s'est très très mal passé
il
faut d'abord et c'est l'essentiel restaurer l'autorité de l'état
et
que chacun ait conscience que la loi républicaine s'applique à tous
sans
exception
qu
'on ne peut pas y échapper
cela
suppose une vraie prise de conscience au niveau le plus élevé de l'état
d'où la
création du conseil
de
sécurité intérieure sous la présidence du président de la république que j'ai proposé d'où la création d'un ministère de la sécurité publique chargé de coordonner l'ensemble des moyens
de
police d'ordre d'enquête dont disposent les français
d
'où également la création
de
groupements d'intervention susceptibles
au
delà des moyens généralement insuffisants de la police ou de la gendarmerie
auxquels
je rends hommage pour leur qualité naturellement leur courage mais qui pourront éradiquer dans un certain nombre de quartiers ou de zones des systèmes mafieux qui se sont mis en place à partir de la drogue de la prostitution du trafic d'armes à partir aussi de l'immigration clandestine
et
sur lesquelles se développe la violence et parfois la criminalité
donc un
ensemble de mesures
qui
sont
humaines mais qui
ont pour objectif de faire respecter l'ordre et la loi et puis deuxièmement il nous faut une justice de proximité
que
je souhaite mettre en oeuvre immédiatement
qui
permette de sanctionner tout délit
de
façon à ce qu'il n'y ait plus d'impunité d'abord parce que c'est légitime
et
ensuite parce que c'est le seul moyen de redonner à un certain nombre de gens de jeunes notamment mais pas seulement des repères qui petit à petit se sont effacés on ne sait plus ce que l'on peut faire ou ne pas faire ce qui est bien ou ce qui est mal il faut rétablir des repères savoir quelles sont les limites que l'on ne peut pas dépasser
sans
être sanctionné
et
enfin il nous faut lorsqu'il s'agit de multirécidivistes que nous connaissons bien et qu'on retrouve 24 heures après leur arrestation sur les lieux même de leurs exploits si j'ose dire il faut les mettre soit en prison
quand
ils sont majeurs soit dans des centres mais des centres fermés lorsqu'ils sont mineurs de façon à éviter qu'ils ne continuent à donner l'exemple et l'impulsion à la violence mais deuxièmement également qu'ils puissent être réinsérés par l'éducation réinsérés dans la société