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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 24 octobre 2024 26 min

Intempéries, budget 2025... Le "8h30 franceinfo" d'Agnès Pannier-Runacher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info Bonjour Agnès Pagni-Rounaché. Bonjour Salia Breglia. Nouvel épisode Sevenol attendu dans quelques heures et jusqu'à samedi dans les Cévennes donc et aux abords de la Méditerranée. Le précédent a fait d'énormes dégâts dans plusieurs départements, des précipitations jamais vues, de mémoire d'homme. C'est ce que vous aviez dit en vous rendant sur place. Est-ce qu'il faut s'attendre à quelque chose d'équivalent dans les prochaines heures ?

0:24
Agnès Pannier-Runacher

Il faut s'attendre à un épisode important mais pour le moment aucun département n'a été encore déclenché en vigilance orange. Je ne rappelle pas que vigilance orange c'est un vrai risque, il faut être sérieux. Et cet épisode va se dérouler de jeudi à dimanche. La situation est particulière parce que les terres sont gorgées d'eau donc les capacités à absorber des précipitations complémentaires sont limitées. Et évidemment, moi j'appelle ceux qui nous écoutent et qui sont concernés par ces épisodes à vraiment écouter les consignes de vigilance. Des choses très simples, on ne s'engage pas sur une route qui est barrée.

Si elle est barrée, c'est parce qu'il y a des raisons, soit des forces de secours qui interviennent, soit l'eau peut monter très très vite. Donc il y a vraiment des mesures très simples à suivre et qui nous sont données au fur et à mesure de ces épisodes qu'il faut absolument suivre. C'est nécessaire pour vous protéger et pour protéger les forces de secours.

1:22
Invité

Qu'est-ce qui est mis en place pour les habitants de l'Ardèche notamment qui ont été frappés par des précipitations absolument jamais vues, vous l'aviez dit ? Est-ce qu'il y a un risque particulier pour ce département ?

1:37
Agnès Pannier-Runacher

Je le redis, le risque c'est que c'est l'accumulation de précipitations dans des zones qui sont déjà saturées d'eau et c'est le fait qu'il y a eu déjà beaucoup de dégâts et du coup on rajoute des difficultés à la difficulté. Ensuite nos forces de secours sont totalement mobilisées et je crois que les épisodes de la semaine dernière ont montré la réactivité et le professionnalisme des forces de secours qu'il s'agisse des pompiers, qu'il s'agisse des forces de l'ordre.

On a fait des opérations qui étaient très délicates des litre-reillages et d'extraction de personnes qui voyaient l'eau monter et qui se sont retrouvées à être sauvées alors qu'ils étaient montés tout en haut de leur maison parfois sur leur toit.

2:17
Invité

Il n'y a pas eu de victime d'ailleurs sur le moment.

2:19
Agnès Pannier-Runacher

Ce qui est très impressionnant, si on prend du recul 600 mm d'eau, 600 et 700 mm d'eau c'est l'équivalent d'un an de précipitation à Paris pour donner un exemple qui sont tombés sur certaines zones en deux jours. Donc c'est énorme et on a des forces de secours je veux vraiment saluer les pompiers non seulement de ces départements mais en plus avec l'appui d'autres brigades notamment de Sapier, des forces de pompiers volontaires d'autres départements.

2:46
Présentateur

Les forces de secours qui ont bien réagi pendant les précipitations ça veut dire aussi qu'en amont les alertes ont bien fonctionné ?

2:53
Agnès Pannier-Runacher

Oui, les alertes fonctionnent bien on a des bons modèles de prévision la preuve c'est que nous sommes aujourd'hui alertés sur ces épisodes qui n'ont pas encore commencé ensuite on est confrontés à des épisodes dont l'impact est tel qu'en micro-local nos modélisations peuvent parfois être prises de cours et c'est là où aussi le dérèglement climatique doit nous amener à élever le niveau de jeu pour être capable au-delà du département ou au-delà de chaque cours d'eau qui est suivi par Vigicru à être encore plus précis tous les cours d'eau par exemple ne sont pas encore suivis par Vigicru c'est-à-dire les services qui suivent la montée des eaux et qui alertent les forces de secours en disant attention là il faut tout bloquer parce que ce cours d'eau va débarrer

3:39
Invité

Et c'est là qu'il faut être attentif à son portable avec ce fameux dispositif FR-alerte qui a bien fonctionné

3:44
Agnès Pannier-Runacher

Alors FR-alerte a bien fonctionné on va quand même faire un retour d'expérience parce que ponctuellement on peut avoir des alertes décalées ou des alertes qui ne sont pas comprises

3:54
Invité

Ou alors qui surviennent encore quelques jours après parce qu'il y a une sorte de bug

3:58
Agnès Pannier-Runacher

Exactement et donc c'est pour ça qu'il faut aussi faire ce retour d'expérience c'est tout le développement d'une culture de risque On l'a tous compris ces épisodes ils sont la conséquence du dérèglement climatique il va falloir s'y habituer ils vont se répéter et donc c'est une culture de risque que nous devons développer

4:15
Présentateur

Alors justement un plan national d'adaptation au changement climatique va être présenté demain par le Premier ministre Michel Barnier 51 mesures pour les particuliers mais aussi pour les collectivités locales avec quelle priorité ?

4:27
Agnès Pannier-Runacher

L'enjeu c'est de protéger les Françaises et les Français et de protéger notre économie protéger les Françaises et les Français c'est prendre en compte l'impact du dérèglement climatique à la fois sur notre santé quand vous êtes exposé à un épisode de canicule cela peut mettre votre santé en danger on l'a vu en 2003 donc il faut prendre des mesures anticipées ça peut être des choses assez simples c'est comment on organise le travail en temps de canicule quels sont les horaires quels sont les équipements de protection

4:53
Invité

Il y a beaucoup de choses qui existent déjà

4:54
Agnès Pannier-Runacher

Il y a encore d'autres choses à développer on n'a pas complètement cette culture de gestion des canicules même si on a beaucoup progressé ces dernières années ça peut être l'organisation des examens aussi pour les étudiants c'est peut-être pas formidable d'organiser des examens en pleine chaleur on sait que ça a un impact aussi sur les résultats

5:17
Invité

On pourrait envisager d'avancer par exemple les examens dans l'année scolaire dans le cadre de ce plan d'adaptation ?

5:23
Agnès Pannier-Runacher

ça veut dire qu'il faut s'adapter donc toutes les options sont sur la table et l'enjeu plus de 200 mesures l'enjeu c'est effectivement point à point de regarder si on va faire face à de nouveaux virus comment on se prémunit de cela comment on organise le travail comment on organise le temps dans les écoles comment on protège les personnes âgées dans les EHPAD comment on construit mieux et comment on adapte nos constructions pour faire face à des épisodes de grande chaleur ou à l'inverse d'inondations c'est tout cela qui est sur la table

5:54
Présentateur

donc un plan national pour accompagner les français avant pendant après les catastrophes climatiques c'est un plan qui va être déployé à partir de quand ?

6:03
Agnès Pannier-Runacher

c'est un plan qui est soumis à la concertation pour deux mois de façon à recueillir le point de vue des parties prenantes de faire éventuellement bouger certains éléments et ensuite au terme de ces deux mois et de la synthèse que nous ferons des remontées qui nous seront faites on le déroulera donc c'est l'enjeu de l'année 2025

6:25
Présentateur

mais Agnès Pagni-Renaché vous savez qu'en ce moment encore plus en ce moment l'argent c'est le nerf de la guerre est-ce que vous avez les moyens d'établir un tel plan ? alors

6:32
Agnès Pannier-Runacher

vous savez que le premier ministre c'est un sujet qui porte depuis 30 ans la gestion des risques c'est lui qui a mis en place le fonds qui porte son nom et qui notamment permet de faire face à ce type de risque de financer par exemple des gens qui sont dans des zones où il y a des risques avérés des risques inondations on l'a utilisé moi j'habite dans le Pas-de-Calais on l'a utilisé dans le Pas-de-Calais pour les inondations des gens qui disent bon bah maintenant j'ai compris je vais avoir des inondations peut-être tous les deux ou trois ans c'est plus possible et on les aide à se reloger parce que leur maison n'a plus de valeur mais précisément il y aura plus que le fonds Barnier ou pas ?

il y a deux dispositifs qui permettent d'accompagner son plan vous l'avez compris c'est pas que des mesures financières c'est de l'organisation l'organisation c'est très important la culture du risque mais dans les mesures financières il y a deux objets il y a le fonds Barnier et il y a les enveloppes d'adaptation au changement climatique et le Premier ministre évidemment est très attentif à ces deux enjeux

7:29
Invité

mais il y a un débat précisément sur ce fonds Barnier dont vous parliez il est financé par des taxes qui vont augmenter au 1er janvier sur les assurances les taxes augmentent sur les assureurs l'enveloppe elle est en baisse c'est ce que disent les assureurs au point que la présidente de France Assureurs sur France Info il y a quelques jours disait arrêtons le hold up sur ce fonds Barnier est-ce qu'il y a de l'argent qui s'évapore ?

7:53
Agnès Pannier-Runacher

non les enveloppes sont maintenues à leur niveau de l'année 2024 ce que prévoit la trajectoire budgétaire pour le moment c'est un maintien

8:04
Invité

c'est-à-dire aux alentours de 250 millions d'euros exactement

8:06
Agnès Pannier-Runacher

parce que

8:08
Invité

France Assureurs dit si on faisait le calcul si on prend l'ensemble des contrats d'assurance sur lesquels on applique la taxe on arrive à 450 millions d'euros or là vous nous parlez de 250 millions il y a une différence

8:18
Agnès Pannier-Runacher

tout à fait il y a une différence et vous me permettrez de laisser le Premier Ministre porter ce sujet-là le fonds Barnier je dirais c'est son bébé et nous aurons toute la clarté demain on sera en déplacement dans le Rhône qui est un lieu où il y a eu des inondations je pense à Givor où l'eau est montée très rapidement et je sais que

8:39
Invité

il y aura un éclaircissement en tout cas sur ces 200 millions d'euros qui semblent

8:43
Agnès Pannier-Runacher

je peux vous dire que le Premier Ministre et je pense que ça a été une des premières choses dont il m'a parlé quand nous nous sommes vus c'était effectivement l'importance de ce fonds et son souhait de développer une gestion des risques et d'avoir des outils

8:57
Présentateur

adaptés à la situation l'importance de ce fonds l'importance des moyens que vous mettez à disposition des Français qui sont confrontés à ces intempéries de manière assez fréquente la caisse centrale de réassurance a estimé hier entre 350 et 420 millions d'euros le coût des pluies et des crues des 17 et 18 octobre on a dit que le fonds Barnier c'était 250 millions il y a un gap entre les dégâts que ça procure que ça provoque ces intempéries et les moyens que vous mettez à disposition des Français est-ce que le risque

9:25
Agnès Pannier-Runacher

attention les 350 à 420 millions ça c'est des dégâts qui ont été évalués et qui sont assurés je rappelle que les assureurs ont des enfin les assureurs ont leur vocation à prendre leur part mais vous allez voir où je veux en venir en posant cette question remboursement de ces dégâts

9:42
Présentateur

est-ce que est-ce que le risque c'est que des Français qui habitent dans des zones à risque justement qui vont voir les intempéries se multiplier est-ce que le risque c'est que ces Français-là ne soient plus assurés

9:52
Agnès Pannier-Runacher

Moi je peux vous donner des exemples dans le Pas-de-Calais où des collectivités locales soit ont des difficultés pour trouver des assureurs soit se voient proposer des hausses de franchise de 500 000 euros ce qui pour des collectivités qui ont quelques centaines d'habitants des communes est absolument ingérable donc oui c'est un sujet et c'est un sujet du plan national d'adaptation au changement climatique donc il va y avoir comment on assure comment on assure mais ça doit nous amener à une chose très simple c'est qu'on doit faire de la prévention soit une zone devient invivable et c'est là où le fonds Barnier a un intérêt c'est qu'il permet de reloger les personnes soit une zone modulo des travaux d'adaptation continue à devenir enfin reste vivable et on baisse le risque d'événements climatiques c'est travailler sur des zones d'expansion des crues qui ne soient pas en proximité des communes

10:47
Présentateur

Mais il n'est pas question dans votre plan que vous allez dévoiler demain de mettre la pression davantage sur les assurances qui on l'a vu même dans le nord Pas-de-Calais ont mis du temps à déniser les français

10:57
Agnès Pannier-Runacher

alors je ne sais pas si c'est faire pression ou si c'est travailler ensemble mais ce qui est clair c'est qu'aujourd'hui on sait une chose et c'est la caisse centrale des assureurs qui nous le disent donc on est tenté de le croire 1 euro investi en prévention c'est 8 euros de dégâts prévenus donc c'est un vrai investissement qui rapporte la prévention donc maintenant il faut accélérer sur ce volet-là et moi je souhaite accélérer avec les assureurs et mobiliser mon collègue Antoine Armand du ministère de l'économie pour qu'ensemble on puisse passer à une nouvelle façon d'aborder le métier de l'assurance compte tenu de l'adaptation au changement climatique

11:35
Invité

Le 830 France Info Jérôme Chapuis Salia Braclia Et Agnès Pannier-Runacher ministre de la transition écologique du climat de la prévention des risques et de l'énergie dans le budget 2025 Agnès Pannier-Runacher le gouvernement entend relever la taxe intérieure de consommation finale sur l'électricité à son niveau d'avant la crise inflationniste les députés s'y opposent est-ce qu'il faut maintenir cette mesure ?

11:57
Agnès Pannier-Runacher

Alors il y a deux choses dans le budget il y a revenir à une taxation qui soit équivalente à avant la crise c'est-à-dire aller jusqu'au bout de la fin du bouclier énergétique et cette mesure me paraît légitime nous l'avons d'ailleurs portée depuis plusieurs années c'était tout l'enjeu du bouclier énergétique c'était de dire on amortit l'augmentation de la facture d'électricité pour les français le temps de la crise et ensuite on reviendra à la situation antérieure au moment où les prix de l'électricité sur les marchés de fournissures baissera c'est la situation aujourd'hui et puis il y a la possibilité d'aller au-delà et là effectivement je constate que dans les discussions à l'Assemblée nationale il y a un consensus pour dire qu'aller au-delà pose un problème donc c'est tout l'enjeu de la discussion budgétaire C'est un enjeu à 3 milliards d'euros

12:49
Invité

quand même

12:49
Agnès Pannier-Runacher

C'est un enjeu important et je le redis lorsqu'on réduit une recette fiscale de 1 euro il va falloir trouver 1 euro ailleurs puisqu'on a un enjeu de responsabilité sur ce budget Pourquoi on a un enjeu de responsabilité ? Parce qu'aujourd'hui on paye des taux d'intérêt qui sont raisonnablement faibles mais enfin qui représentent une facture de plus de 50 milliards d'euros chaque année c'est le deuxième budget de l'Etat à chaque fois qu'on perd de la confiance de la part de nos financeurs de nos prêteurs on risque d'augmenter cette facture des intérêts et moi mon travail ne consiste pas à payer nourrir engraisser nos prêteurs

13:27
Invité

Il y a à propos d'électricité un point sur lequel on aimerait avoir votre avis la commission de régulation de l'énergie a proposé de changer les tarifs heure creuse heure pleine les horaires pour mieux tenir compte justement à la fois des nouveaux modes de production des nouveaux modes de vie par exemple plutôt que la nuit les heures creuses ce serait l'après-midi à un moment où l'énergie solaire est abondante vous avez une position sur ce sujet ?

13:52
Agnès Pannier-Runacher

En fait c'est la traduction de toute la politique qu'on a menée ces dernières années on a réussi moi j'ai porté quand j'étais ministre de la transition énergétique ce combat à augmenter drastiquement notre production d'énergie nucléaire on a réussi à augmenter drastiquement notre production d'électricité renouvelable c'est une très bonne nouvelle et du coup ça nous permet d'avoir des périodes plus larges dans la journée où on a de l'électricité pas chère profitons-en donc ça va se faire c'est tout l'enjeu des heures creuses heures pleines ensuite la Creux est une autorité administrative indépendante elle fait son travail mais en règle générale moi en tant que ministre en charge de l'énergie avec ma collègue ministre déléguée Olga Givernet je suis les recommandations de la Creux

14:38
Présentateur

Vous avez tenu un discours que certains diraient de responsables sur le budget à l'instant Agnès Pagné-Venaché sauf que vous avez tenté on va dire un chantage la semaine dernière un chantage à la démission que vous avez mis sur la table si vous n'obtenez pas je cite les moyens d'agir est-ce que ça veut dire qu'entre temps vous êtes fait remonter les bretelles par Michel Barnier

14:58
Agnès Pannier-Runacher

Non j'ai mis un petit coup de pression peut-être effectivement pour que chacun se rende compte d'une chose c'est que nous avons une dette financière et j'en suis très consciente et moi j'ai géré dans ma vie professionnelle tant dans le public que dans le privé des situations de tensions financières de restructuration mais nous avons aussi une dette écologique et il est important et c'est le premier ministre qui le dit lui-même de mettre sur le même niveau dette financière et dette écologique donc j'assume j'assume effectivement de dire que les budgets d'intervention en matière écologique sont des budgets particuliers je le disais tout à l'heure un euro investi dans l'adaptation au changement climatique c'est de l'écologie populaire ça c'est de l'écologie qui parle à tout le monde de ne pas avoir des inondations chez soi c'est 8 euros de dégâts évités donc c'est un vrai investissement et je...

15:47
Présentateur

Mais ça veut dire quoi ? ça veut dire que vous craignez que l'écologie devienne une variable d'ajustement dans ce budget ?

15:51
Agnès Pannier-Runacher

ça veut dire que je défends mon budget comme tout ministre et surtout je veux qu'on positionne le débat au bon niveau que ce soit au parlement ou que ce soit effectivement dans les discussions qu'on peut avoir entre ministres

16:03
Présentateur

si on regarde sur le papier même si globalement votre budget est en hausse mais ça c'est logique puisque c'est la hausse mécanique du soutien au renouvelable il y a beaucoup de critères dans votre budget qui sont en baisse des baisses de crédit sur le verdissement du parc automobile 500 millions en moins 1 milliard sur l'aide à la rénovation énergétique des logements 400 millions en moins aussi sur les aides aux collectivités locales vous êtes en train de perdre la bataille en fait de votre budget

16:29
Agnès Pannier-Runacher

écoutez d'abord je pense qu'il faut regarder la réalité du budget 2024 parce que là vous parlez des enveloppes qui étaient promises et qui ne sont jamais arrivées je prends un exemple ma prime rénov' le budget en réalité est en augmentation puisque le consommé de cette année sera en dessous de 2 milliards d'euros et le budget qui est maintenant proposé est largement en dessous de 2 milliards d'euros il y a 1 milliard 7 en moins non c'est 4 milliards 1 milliard 7 en moins sur ce qui était prévu en 2024 sur ce qui était prévu mais qui a ensuite été gelé qui a ensuite été gelé et ensuite été annulé c'est pour ça qu'il faut vraiment rentrer dans le détail du budget mais je vous parlais on parlait tout à l'heure d'adaptation au changement climatique le premier ministre a l'intention effectivement de prendre ce sujet en main et évidemment de parler du financement demain par exemple donc vous êtes plus inquiète

17:16
Présentateur

sur votre budget

17:17
Agnès Pannier-Runacher

c'est pas que je ne suis pas inquiète c'est que je pense que il faut être très attentif au niveau de ce budget en matière de crédit d'intervention qu'il faut mettre nos moyens là où ça a le plus d'impact l'adaptation au changement climatique je l'ai dit le fonds chaleur le fonds économie circulaire que ce sont des moyens qui sont parfois assez modestes pour un impact maximum 10 millions d'euros sur le fonds chaleur c'est 300 millions d'euros de projets libérés par exemple et que cette discussion on doit l'avoir et c'est pas un chantage c'est pas le sujet le sujet c'est que nous sommes tous comptables de la rapidité avec laquelle nous répondons aux dérèglements climatiques et que si nous n'agissons pas aujourd'hui ça va nous coûter très cher demain donc ce débat il est important il est d'autant plus important que le rassemblement national deux jours avant que je prenne enfin que j'ai ces propos assez forts proposait un budget qui déterricotait toutes les lignes écologiques toutes les lignes écologiques donc ce sont les mêmes qui vous expliquent qu'il faut protéger les français et qui les exposent à l'impact du dérèglement climatique et je vais même plus loin qui les expose aussi aux migrations climatiques donc ceci est irrationnel et inconséquent et moi je ne laisserai pas faire

18:30
Invité

Reste que votre poste c'est souvent être un peu entre le marteau et l'enclume au coeur de contradictions je pense par exemple aux agriculteurs qui menacent de reprendre les blocages mi-novembre parmi les motifs de colère il y a les normes qui se multiplient avec elles la paperasse les contrôles et ces normes elles sont souvent souvent faites pour protéger la biodiversité vous dites quoi aux agriculteurs on ne touche pas aux normes qui protègent la biodiversité

18:50
Agnès Pannier-Runacher

alors c'est un sujet que j'ai suivi puisque j'étais pas si longtemps ministre déléguée à l'agriculture et à la souveraineté alimentaire je peux vous dire qu'il y a un chemin entre imposer des normes avec effectivement de la paperasserie je vous invite à faire une déclaration PAC c'est très compliqué il faut déclarer parcelle par parcelle il faut dire si vous avez un arbre donc ne confondons pas complexité administrative et ambition environnementale ça c'est mon c'est mon premier point la deuxième chose c'est que les agriculteurs sont les premières victimes du dérèglement climatique l'impact du dérèglement climatique sur le revenu des agriculteurs a été multiplié par un facteur 10 en quelques années il n'y a qu'à voir la répétition des épisodes d'inondation de canicules de sécheresse de grêle de gel tardif tout cela a un impact sur le revenu des agriculteurs et les jeunes agriculteurs eux-mêmes portent un contrat territorial qui prend en compte l'adaptation au changement climatique ils nous demandent des moyens pour cela donc ne tombons pas dans la caricature on n'oppose pas écologie et agriculture si l'agriculture ne prend pas en compte le dérèglement climatique il n'y aura plus d'agriculture demain

20:02
Invité

il y a un autre sujet de simplification le Sénat a voté la loi simplification avant-hier les projets industriels ont été sortis du zéro artificialisation net c'est une disposition de la loi climat l'interdiction de construire sur des terres agricoles autrement dit on ne peut pas construire de logements mais on peut construire des sites industriels dans les champs ça c'est acceptable ?

20:24
Agnès Pannier-Runacher

Non, alors ce n'est pas ce que dit la loi je tiens aussi à le préciser ce qui est important dans le zéro artificialisation net c'est en fait c'est de protéger les français je veux juste expliquer ce que c'est l'artificialisation c'est ce qui fait qu'on a des ruissellements et c'est ce qui fait qu'on a des inondations qui peuvent impacter fortement certaines communes Mais elle existe

20:42
Invité

cette disposition qui exclut certains projets industriels

20:46
Agnès Pannier-Runacher

C'est jusqu'au bout et nous ce que nous cherchons à faire c'est de limiter le nombre d'hectares qui soient artificialisés on n'interdit pas de construire c'est pas ce qu'on dit c'est qu'on dit que dans la durée d'ici 2030 et d'ici 2050 il faut protéger au maximum les zones naturelles ou il faut renaturer précisément pour protéger les français là aussi c'est de l'écologie populaire C'est pas très populaire

21:09
Invité

quand on demandait aux élus vous les connaissez Oui

21:13
Agnès Pannier-Runacher

mais quand on leur dit c'est pour empêcher d'avoir des inondations massives comme celle que moi j'ai vécue dans le Pas-de-Calais à Arc par exemple où vous avez des rues qui étaient à un mètre d'eau partout ça c'est une réalité et on sait que s'il y avait eu une capacité d'absorption plus importante moins de zones artificialisées plus de zones d'expansion on n'aurait pas eu peut-être ce niveau de dégâts donc c'est ça qui est en jeu maintenant une chose en termes d'aménagement du territoire l'industrie c'est 4% des terres les projets nouveaux c'est un pouillème de ces 4% des terres donc attention là aussi à ne pas tomber dans la caricature

21:51
Invité

je vous interromps parce qu'on a une information à propos d'industrie et qui concerne votre secteur il se trouve que le groupe minier Eramet a annoncé ce jeudi sa décision de suspendre son projet d'usine hydrométallurgique de recyclage des batteries dans le nord de la France donc pas loin de chez vous vous étiez au courant de cette décision de renoncer à ce grand projet industriel

22:11
Agnès Pannier-Runacher

c'est une suspension donc oui j'étais au courant deux choses parce que c'est important de le dire aussi Christelle Boury donc la patronne d'Eramet annonce le rachat des parts chinoises de son gisement de lithium en Amérique latine ça c'est très important ça renforce notre souveraineté en matière de matière première critique pour la transition énergétique et deuxième chose elle suspend pour le moment dans un moment où effectivement l'électrification des véhicules et le rythme de développement des batteries électriques est un peu freiné en Europe je rappelle que c'est aussi lié à la politique allemande qui a fait le choix l'année dernière de réduire drastiquement leur soutien à l'électrification nous sommes des économies liées et donc elles temporisent mais ça ne veut pas dire qu'elles renoncent

23:02
Invité

ce n'est pas un renoncement

23:03
Présentateur

Agnès Pagny-Renacher dimanche vous partez en Colombie pour la COP26 sur la biodiversité en parlant de biodiversité une deuxième édition du loto va être lancée on rappelle l'objectif c'est comme le loto du patrimoine récolter de l'argent pour financer des projets ici pour préserver donc la biodiversité ça rapporte combien ?

23:21
Agnès Pannier-Runacher

Alors déjà je vous annonce qu'effectivement nous lançons lundi prochain cette nouvelle édition du loto de la biodiversité l'année dernière ça avait rapporté 7 millions d'euros c'est un élément complémentaire à toutes les actions que nous menons en matière de biodiversité ce qui est intéressant c'est que ce sont des projets très concrets 21 projets l'année dernière répartis sur tout le territoire qui parlent aux gens et qui n'auraient pas forcément trouvé de financement aisé sans ce loto de la biodiversité et donc l'objectif c'est de faire mieux que l'année dernière on avait 15 millions de tickets avaient été vendus donc on espère intéresser tout le monde et en fait en faire un moment on parle de renaturation de lutte contre l'effondrement de la biodiversité et là aussi d'en faire un objet qui parle à tout le monde ça aussi c'est l'écologie populaire

24:12
Présentateur

l'écologie populaire la biodiversité la défense de la biodiversité c'est votre objectif il y en a un autre pour qui ça compte la biodiversité c'est le militant écologiste Paul Watson qui est toujours détenu au Groenland sa détention a été prolongée jusqu'à la mi-novembre il est menacé d'extradition vers le Japon qui lui reproche ses actions contre les baleiniers lui réclame l'asile politique à la France vous y êtes favorable ?

24:37
Agnès Pannier-Runacher

alors la première chose c'est que moi je suis surtout favorable à la libération de Paul Watson et je l'ai dit à mon homologue danois et je lui redirai puisque vous avez le croisé là-bas la situation puis la situation de Paul Watson va être réexaminée par les autorités danoises donc réitérer avec le président de la république le fait que les faits qui lui sont reprochés de notre point de vue ne motivent pas ne justifient pas une détention et effectivement appeler à la libération de Paul Watson et l'accueillir en France alors pour donner l'asile politique voire même pour simplement examiner l'asile politique il faut le faire en étant arrivé sur le territoire français et vous voyez bien que le point clé c'est sa libération

25:24
Invité

merci beaucoup Agnès Pannier-Renaché invitée de France Info ce matin je vous laisse en compagnie de Salia Braclia Renaud Dely les informer dans quelques minutes c'est

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