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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 19 septembre 2022 7 minComplaisantFond programmatiqueÉconomie & entreprisesNumériqueDéfenseInstitutions & élections

Philippe Baptiste : "Le spatial est un enjeu pour tout le monde, pour tous les citoyens"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    9 milliards, vous êtes un patron heureux ?

  • 0:48RelanceRéponse partielle

    Mais ce n'est pas vraiment de l'argent supplémentaire, ce sont des crédits déjà annoncés ce qu'elle a dit hier, non ?

  • 1:18OuverteRéponse directe

    Pourquoi c'est si important ? Est-ce que c'est juste symbolique ou ça rapporte de l'argent aussi ?

  • 2:23FerméeRéponse partielle

    Est-ce que vous savez quand aura lieu le vol inaugural ?

  • 2:47RelanceRéponse directe

    Mais pourquoi c'est repoussé ? C'est que ce n'est pas au point ? Il y a des problèmes ?

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'Ariane 5, justement, on peut le prolonger en attendant qu'Ariane 6 soit opérationnel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08PrésentateurFait
    « 9 milliards d'euros, c'est le chiffre brandi par Elisabeth Borne hier à l'ouverture du Congrès international d'astronautique qui se tient jusqu'à jeudi à Paris. »
  • 0:22Invité politiqueFait
    « Oui, alors bien sûr, ce n'est pas 9 milliards pour le CNES, c'est 9 milliards pour l'ensemble du spatial en France. »
  • 0:42Invité politiqueChiffre
    « Ça correspond grosso modo sur un périmètre identique à à peu près une augmentation de 25% de l'effort national sur le spatial. »
  • 1:36Invité politiqueFait
    « On a aujourd'hui, en Europe, deux ou trois satellitiers qui sont parmi les tout meilleurs au monde et qui sont exceptionnels, qui ont des parts de marché colossales. »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « Et vous savez, en fait, le programme Ariane, pourquoi il a démarré ? Parce qu'il y a très longtemps, au début du programme Ariane, on a justement eu des satellites de télécommunication qu'on dépendait de lanceurs étrangers, enfin de lanceurs américains, nos alliés pourtant, et qui, à l'époque, avaient refusé justement de lancer ces satellites. »
  • 2:40Invité politiqueFait
    « Je pense qu'on peut espérer, en milieu d'année prochaine, ce serait une bonne target, une bonne cible, pardon. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « Artemis et tous les projets lunaires aujourd'hui, c'est aller sur la Lune, mais pour y rester. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « La première, c'est que si à un moment donné, vous voulez poursuivre l'exploration, probablement, il va falloir utiliser la Lune comme point de relais. »
  • 6:30Invité politiqueFait
    « ce que nous demande aujourd'hui l'État, et ça a été là aussi dit de manière très claire par la Première Ministre, c'est qu'on a un écosystème aujourd'hui de start-up qui est absolument considérable en France et qui bouillonne. »

Temps de parole

  • Philippe Baptiste76 %
  • Présentateur24 %

5,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

9 milliards d'euros, c'est le chiffre brandi par Elisabeth Borne hier à l'ouverture du Congrès international d'astronautique qui se tient jusqu'à jeudi à Paris. La France va investir plus de 9 milliards d'euros dans le secteur spatial ces trois prochaines années. Bonjour Philippe-Baptiste.

0:14
Philippe Baptiste

Bonjour Madame Munoz.

0:15
Présentateur

Vous êtes le président directeur général du CNES, le Centre National d'Études Spatiales. 9 milliards, vous êtes un patron heureux ?

0:22
Philippe Baptiste

Oui, alors bien sûr, ce n'est pas 9 milliards pour le CNES, c'est 9 milliards pour l'ensemble du spatial en France. C'est-à-dire à la fois pour les industriels, pour les agences, pour les chercheurs. Mais je suis un patron heureux parce que c'est une ambition qui est une ambition très forte qui a été portée par la Première Ministre hier et qui a été annoncée de manière extrêmement claire. Ça correspond grosso modo sur un périmètre identique à à peu près une augmentation de 25% de l'effort national sur le spatial.

0:48
Présentateur

Mais ce n'est pas vraiment de l'argent supplémentaire, ce sont des crédits déjà annoncés ce qu'elle a dit hier, non ?

0:52
Philippe Baptiste

Non, non, il y a toute une partie en fait dans ces crédits qui sont des crédits nouveaux et qui correspondent aussi à une ambition qui est une ambition nouvelle et qui est une ambition qui est extrêmement forte autour du spatial. Parce que le spatial, c'est non seulement un enjeu technologique, un enjeu scientifique, mais c'est aussi, et c'est d'ailleurs le motto du congrès qui a lieu en ce moment, c'est Space for All. Ça veut dire que le spatial, en fait, il est aussi pour tout le monde et il s'adresse aussi à tous les citoyens. On aura peut-être l'occasion d'en reparler.

1:18
Présentateur

Mais Elisabeth Borne a dit hier justement dans son discours qu'il fallait absolument que l'Europe garde son autonomie d'accès à l'espace. Pourquoi c'est si important ? Est-ce que c'est juste symbolique ou ça rapporte de l'argent aussi ?

1:29
Philippe Baptiste

Non, non, ce n'est pas du tout symbolique. Si vous n'avez pas d'accès à l'espace et si, par exemple, imaginons que l'Europe demain ne produise que des satellites. On a aujourd'hui, en Europe, deux ou trois satellitiers qui sont parmi les tout meilleurs au monde et qui sont exceptionnels, qui ont des parts de marché colossales. On est très fiers en France d'avoir Airbus et d'avoir Thales qui sont sur ces secteurs et qui sont très très bons. Si vous n'avez pas un lanceur qui garantit l'autonomie à l'espace, ça veut dire que vous allez dépendre d'autres pays qui vont vouloir ou non lancer vos satellites.

Vous avez besoin, si vous voulez être une grande puissance spatiale, vous avez besoin d'un accès à l'espace. Et vous savez, en fait, le programme Ariane, pourquoi il a démarré ? Parce qu'il y a très longtemps, au début du programme Ariane, on a justement eu des satellites de télécommunication qu'on dépendait de lanceurs étrangers, enfin de lanceurs américains, nos alliés pourtant, et qui, à l'époque, avaient refusé justement de lancer ces satellites. Et donc, c'est pour ça qu'il y a eu un effort colossal de l'Europe pour justement avoir un accès à l'espace.

2:23
Présentateur

Puisque vous parlez d'Ariane, c'est l'un des grands moments attendus dans les prochains mois, le Ariane 6, il y a déjà eu plusieurs années de retard pour ce programme. Est-ce que vous savez quand aura lieu le vol inaugural ?

2:33
Philippe Baptiste

Alors, je ne peux pas vous dire au jour près quand va avoir lieu le vol inaugural.

2:38
Présentateur

Vous avez une fauchette, quelque chose ?

2:40
Philippe Baptiste

Je pense qu'on peut espérer, en milieu d'année prochaine, ce serait une bonne target, une bonne cible, pardon.

2:47
Présentateur

Mais pourquoi c'est repoussé ? C'est que ce n'est pas au point ? Il y a des problèmes ?

2:50
Philippe Baptiste

En fait, c'est un très gros programme industriel. Il faut voir ce que c'est qu'un lanceur de cette taille-là. Il faut voir ce que sont les usines. Si vous allez même en Guyane, voir le pas de tir du programme Ariane qui a été fait par le CNES. C'est une usine absolument gigantesque. Et donc, ça veut dire qu'on est sur un grand programme industriel avec des ruptures technologiques. Et donc, forcément, les dernières étapes, on teste, on vérifie tout. On va être sûr que ça va bien se passer, que ça va bien fonctionner. Et donc, il y a des aléas. C'est normal. Alors, évidemment, le programme a pris un peu de retard. Mais moi, je suis très confiant.

Ariane 6 va remplacer à la fois Ariane 5, mais aussi tous les Soyouz qu'on lançait avant de Guyane.

3:27
Présentateur

Est-ce qu'Ariane 5, justement, on peut le prolonger en attendant qu'Ariane 6 soit opérationnel ? Est-ce qu'on peut continuer à fabriquer d'autres fusées ? Parce que j'ai vu qu'il restait trois lancements, pour le moment.

3:34
Philippe Baptiste

Non, l'assemblage, en fait, la chaîne de production d'Ariane 5 a été démantelée il y a déjà quelque temps. Parce que là aussi, produire un lanceur, ça prend énormément de temps. C'est une très grosse installation industrielle. Et donc, on est plutôt en fin de vie du programme.

3:48
Présentateur

Ça veut dire qu'on va perdre des clients ?

3:50
Philippe Baptiste

Non, ça veut dire que... Ils vont aller voir ailleurs pour lancer leurs satellites ? Non, ça veut dire que l'Europe, effectivement, on est dans une situation qui n'est pas une situation très confortable. Parce qu'à la fois, on est à la fin d'Ariane 5 et au début d'Ariane 6. Donc, il faut qu'on arrive à gérer cette transition. Ça a toujours été le cas entre les différentes Arianes. C'est pas nouveau. Mais en plus de ça, on a aussi cette tension qui est liée à la guerre en Ukraine. Et au fait qu'aujourd'hui, avant, on utilisait Soyouz. Pendant dix ans, on a utilisé Soyouz qui partait de Guyane. C'est plus le cas aujourd'hui.

Et donc, effectivement, on est dans une situation où il nous manque un peu de lanceurs. Et donc, il faut qu'on se mobilise pour aller vite. Et justement, pour avoir un Ariane 6 qui va partir rapidement.

4:27
Présentateur

Et l'autre temps fort dans votre secteur, c'est la mission Artemis. La reprise d'un programme lunaire. D'ailleurs, le CNES est partie prenante dans cette affaire ?

4:34
Philippe Baptiste

Oui, alors évidemment, à travers l'ESA, à travers les programmes qu'on a avec les industriels. Évidemment, on est partie prenante.

4:41
Présentateur

C'est un projet qui vous enthousiasme ? Est-ce que retourner sur la Lune, ça a de l'intérêt ?

4:44
Philippe Baptiste

Alors, c'est pas que retourner sur la Lune. C'est-à-dire que fondamentalement, c'est pas refaire ce qui a été fait avec le programme Apollo. Artemis et tous les projets lunaires aujourd'hui, c'est aller sur la Lune, mais pour y rester. Et pourquoi pour y rester ? J'ai envie de dire qu'il y a plein de bonnes raisons pour faire ça. La première, c'est que si à un moment donné, vous voulez poursuivre l'exploration, probablement, il va falloir utiliser la Lune comme point de relais. Donc, ça veut dire que si demain, on veut aller sur Mars, on utilisera la Lune comme point de départ. Et donc, ça veut dire qu'on a plein de choses à apprendre. Il faut apprendre à faire du carburant.

Il faut apprendre à faire de l'oxygène. Il faut apprendre à mobiliser les ressources qui sont sur place, simplement pour faire vivre la base. Et puis, c'est aussi le moyen, la Lune aussi, avec son environnement, qui est particulièrement, qui est très différent de ce qu'on voit sur Terre. C'est aussi le moyen de faire de la recherche, du développement.

5:32
Présentateur

Philippe, Baptiste, il y a un programme équivalent qui se développe en Chine. Est-ce que la France doit en faire partie aussi ? Ou l'Europe ? Où est-ce qu'il faut choisir son camp ? C'est l'un ou l'autre ?

5:39
Philippe Baptiste

Non, je pense qu'aujourd'hui, la France a toujours été dans une position un peu particulière. On a encore quelques programmes scientifiques avec la Chine. En particulier, plutôt des satellites d'observation de l'univers, pour comprendre les mécanismes fondamentaux de l'univers. Donc, vraiment sur des programmes de recherche qui sont, j'ai envie de dire, très amont et qui ont peu d'impact, à la fois technologique ou du haut. Mais pas pour le programme lunaire chinois. Mais pas pour le programme lunaire chinois.

6:08
Présentateur

Pour en revenir, et c'est la dernière question, au CNES que vous dirigez, il y a eu une grève au printemps dernier, avec certains de vos employés, qui dénonçaient le fait que le CNES finance de plus en plus de start-up et faisait de moins en moins de choses en interne. C'est le sens du CNES aujourd'hui ? C'est de soutenir de jeunes entreprises plus que de créer en interne ?

6:26
Philippe Baptiste

Non, je pense que c'est les deux. En fait, ce que nous demande aujourd'hui l'État, et ça a été là aussi dit de manière très claire par la Première Ministre, c'est qu'on a un écosystème aujourd'hui de start-up qui est absolument considérable en France et qui bouillonne. Aujourd'hui, toutes les semaines, on a une start-up qui vient nous voir et qui se crée dans le monde du spatial. Une par semaine. Il y a quelques années, il y en avait deux, trois par an. Donc, il y a vraiment un bouillonnement. Et bien entendu, le CNES, l'agence spatiale, il faut qu'on soit capable de discuter avec ces start-up.

Il faut qu'on soit capable de les aider, celles qui sont intéressantes et celles qui vont aussi ramener des choses à l'État, au gouvernement, aux citoyens.

7:01
Présentateur

Merci Philippe Baptiste, président, directeur général du CNES. Vous étiez l'invité du 5-7. Bonne journée à vous. France Inter. France Inter.