D.Rimane appelle le gouvernement à relancer le processus "pour une autonomie la plus large possible"
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à monsieur le Premier ministre François Bairou. Il y a des déplacements ministériels qui révèlent plus qu'il ne règle. La semaine dernière, en plein mois de commémoration de l'abolition de l'esclavage, le ministre de la justice s'est livré à une démonstration d'arrogance coloniale camouflée derrière un discours d'ordre et de responsabilité.
Pendant qu'on nous explique la République, un journaliste guyanais se fait insulter sur place publiquement par Gérald Armanin sans que cela ne déclenche la moindre vague d'indignation nationale. Pas une, pas la une de journal, pas de plateau TV, comme si l'humiliation des journalistes ultramarins valait moins que celle d'un confrère hexagonal. Cette sortie malheureuse n'est pas un simple faux pas.
Elle illustre plus profondément une errance continue des plus hautes autorités de l'État dans leur compréhension des autres mers et plus particulièrement de la Guyane. Une méconnaissance enracinée dans la culture administrative française où nos territoires sont encore trop souvent considérés comme des périphéries à encadrer plutôt que comme des partenaires à écouter. Or, la GU n'est ni un territoire expérimental ni un laboratoire de politique sécuritaire.
C'est une collectivité habitée par des citoyens qui demandent depuis des années à exercer pleinement leur droit à l'autodétermination. Nous demandons depuis le gouvernement d'Édouard Philippe l'ouverture d'un véritable dialogue pour une autonomie la plus large possible de la Guyane avec inscription dans la constitution. On nous a opposé un calendrier vite fagocité par un accord cadre jamais validé.
Pendant ce temps, ce sont nos ressources qui nous échappent. Nous ne réclamons pas un privilège. Nous exigeons le droit de décider nous-mêmes de notre développement, d'avoir axe à nos ressources, de déterminer nos priorités.
Ma question est simple. Quand serons-nous reçus au plus haut niveau de l'État pour enfin relancer ce processus ? Je vous remercie monsieur le député.
La parole est à Manuel Vals, ministre en charge des autres maires. Madame la présidente, mesdames et messieurs les députés, monsieur le président David Riman, nous connaissons et je connais vos travaux relatifs à l'avenir institutionnel des outresemes et je connais évidemment et surtout votre engagement en faveur de la Guyane et aussi de ses évolutions institutionnelles. Vous l'avez rappelé, sous la présidence de Gabriel Serville, le congrès des élus de Guyan a adopté plusieurs résolutions en faveur d'un projet d'évolution statutaire.
La dernière de ces résolutions du printemps 2024 a eu pour objet la représentation des peuples autochtones de Guyane. Il appartient donc au gouvernement et croyez que c'est une préoccupation du premier ministre d'y répondre et je mesure bien sûr l'attente des élus. Je veux y répondre.
Nous voulons y répondre avec transparence et méthode et j'entends mettre en place un dialogue selon des modalités concertées, respectueuses des élus mais respectueuses aussi de l'histoire et de la culture de la Guyane. Il m'appartient pas d'engager d'emblé des révisions des discussions en vue d'une révision constitutionnelle. En revanche, les élus de Guyane auront toute mon écoute en vue d'approfondir toutes les options avancées et sans tabou.
Lors de mon prochain déplacement en Guyane, je l'espère dans un peu plus de 15 jours, la question institutionnelle sera évidemment au programme de mes échanges avec les élus. Ces échanges se tiendront dans le cadre défini par le président de la République en mars 2024, mais qui désira, je n'en doute pas un seul instant, vous recevoir également avec le maintien des compétences régaliennes pour l'État, la nécessité de consulter la population et l'unanimité des forces politiques guyanaises qui, me semble-t-il, est acquise. Au-delà de la question institutionnelle, ce qui m'importe aussi, c'est l'action publique concrète déployée au bénéfice des Guyanais qui mérite évidemment l'attention et le soutien de toute la nation.
Je suis attaché à ce que les travaux intègrent l'élaboration d'un projet stratégique pour la Guyane. Le cadre juridique doit être mis au service d'un projet. Je pense que nous pouvons nous mettre d'accord là-dessus et je le répète avec le sentiment toujours de respecter la culture de la Merci monsieur le ministre.
Monsieur le député. Oui. Euh, j'entends bien la réponse mais il faut savoir une chose que euh pendant que nous perdons du temps, nos enfants continuent à être en désirance et en grande difficulté.
Les prisons, nous voulons les vider par les remplir et par rapport à monsieur d'Armanin qui a insulté toute une population, il va falloir qu'il s'excuse tôt ou tard. Je vous remercie. Je vous remercie.
Davy Rimane