Maire, l’engagement au cœur de la République
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Quand Jean-Luc Riglet marche dans les rues de Sul sur Loire, il ne se passe pas 2 minutes sans qu'il se fasse arrêter. Comment tu vas ? Ouais, ça va mieux.
Très bien. Très bien. Un peu mieux.
Tu un peu moins mal au dos. Mire depuis 2014, il connaît la plupart des 5200 administrés de sa commune. Ça va ?
Tu vas bien ? Ouais. Ouais.
Bonjour. Bonjour. Ça va ?
Le le tarot ? Ouais. Ça y est.
Ouais. Ouais. Reconnu.
Cet ancien directeur de banque de 62 ans est un homme engagé. Avant la politique, il était très investi dans le monde associatif. Quand il est devenu maire, il a mené de front son activité professionnelle et son premier mandat, mais a choisi en 2020 de quitter son travail pour se consacrer à son rôle des deal.
Ça a été à peu près pendant un certain nombre d'années, mais petit à petit en prenant un peu plus de fonction et en ayant des dossiers plus important et cetera, ça devenait quand même très compliqué. Euh donc, il a fallu faire un choix. En faisant le choix de la politique, l'élu a perdu 40 % de ses revenus. qu'on fait pas ça pour l'indemnité parce que euh 12h par jour, la nuit parfois la responsabilité puis la la relation de proximité avec la population qui est formidable vraiment mais comme dirait je crois euh le président l'arché on est quand même à porté de bas fin des claques.
Le maire en a pris mais depuis quelques années avec les réseaux sociaux il ressent une grande violence. Harcelé par un administré depuis plusieurs mois ils se sont démunis. On a besoin d'aide.
Voilà, je je crie vraiment au secours. Je je je souhaite vraiment que tous les élus soient aidés plus par les forces de l'ordre déjà et puis par la justice en général quoi. Aidez-nous, aidez-nous parce que là on est en train de de peiner.
En 12 ans aussi, il a vu les ressources de la ville diminuer à cause des baisses des dotations. Il a dû se démener pour trouver des financements pour construire cette nouvelle école aidée par la région et l'État. Le bâtiment est sorti de terre l'an dernier et a ouvert ses portes à la rentrée 2025.
Oui. Regardez cette belle école. Un beau résultat mais le maire a dépensé beaucoup d'énergie pour répondre à toutes les normes imposées pour la construction.
C'est très lourd. C'est vraiment très lourd. C'est d'un gros problème pour tous les élus et les maires en particulier évidemment, mais c'est très compliqué parce que ça parfois ça c'est usant et parfois on se dit pourquoi [rires] mais on le sait pourquoi parce qu'on veut faire plaisir aux habitants.
Regardez les petits écoliers là, ils sont ravis donc on a réussi. Les réussites, le plaisir des habitants et l'amélioration de la ville sont des moteurs pour Jean-Luc Riglet. Mais il le sait aussi, il aurait déjà abandonné sans sa femme Francine qui le soutient depuis le début dans l'ombre.
Je je reste toujours à l'écart mais je suis fière fière de ce qu'il arrive à faire et et puis complètement d'accord puisque bien sûr il s'est engagé ça a été un accord commun. Elle veille aussi à ce que malgré l'emploi du temps très chargé de son mari, il prenne du temps pour ses petits enfants. Et on va en parler avec vous de ce mandat de mer, de ses difficultés mais aussi de ses joies.
On espère que vous allez nous nous le dire. Bonjour Vincent Chaué, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes Mire Modame DUIN, c'est en Sonéloire, c'est environ 13000 habitants.
Bonjour Patrick Adad, merci également d'être avec nous. Vous êtes maire socialiste de Sarcel dans le Valdoise, environ 600 habitants et avec nous également Nathalie Gavoel. Bonjour, merci d'être là.
Vous êtes sans étiquette de trop cher. C'est en Côte d'Or et c'est une petite commune, moins de 200 habitants. D'abord, vous avez entendu le le témoignage de votre collègue Mire.
Est-ce que vous vous êtes reconnu un peu dans ce portrait Vincent Chauvet ? Bah complètement. Bon, le rôle de l'épouse, en tout cas de l'entourage, ça c'est vraiment important de la famille parce que c'est pas toujours facile.
Le côté démuni par rapport à la justice, on en parlera la loi sur le statut de l'élu. On en connaît pas exactement l'application, mais c'est vrai qu'on peut paraître démuni. Moi, il y a un administré qui a cloué un qui a pendu un rat sur ma porte et il est décédé avant qu'on ait pu l'emmener au tribunal.
Mais les procédures sont lentes. Il y a la possibilité dans les élections nationales, par exemple, quand on est attaqué en diffamation, d'avoir des référés, ça existe pas aux élections municipales. C'est ce genre de choses.
Le rôle des réseaux sociaux, positifs mais aussi négatif. Moi, je me suis complètement reconnu dans le témoignage de mon collègue de Suisse surloir. C'est pas exactement la même génération.
Peut-être la commune est un peu plus petite mais c'est vraiment complètement les mêmes enjeux. Patrick Adad. Oui, tout à fait.
Je suis parfaitement d'accord à la fois sur le risque juridique, le besoin d'être mieux accompagné et puis sur le rôle des réseaux sociaux, parfois la violence des des habitants. Moi, ça m'est arrivé également et que derrière la alte existe. On a la protection fonctionnelle qui paye sur les frais de la commune d'ailleurs, les démarches, mais ensuite la lenteur de la justice, la pression permanente avec les réseaux sociaux.
Bien sûr, on va y revenir. Il y a toute une série de satisfactions, mais j'ai l'impression que c'est beaucoup plus intense que ce que ça pouvait être il y a trois quatre mandats en arrière. Euh on vivait dans un monde qui allait moins vite et qui est peut-être qui était peut-être moins conflictuel.
Euh Nathalie Gavalco, comment vous l'avez vécu vous le mandat qui vient de s'écouler ? Est-ce que vous diriez que pour les maires ça a été le mandat de toutes les crises ? Je dirais oui que ça a été le mandat de toutes les crises.
On a commencé par le Covid bien sûr et puis euh ça s'est intensifié avec diverses crises économiques, écologiques et toujours faire face avec moins de moyens une exigence de la population plus accrue et bah tout ça mes détentions. Moi, j'ai aussi vécu des choses un petit peu violentes aussi par rapport à des habitants mécontents euh qui ne prennent pas en compte aussi le temps administratif un temps long euh qu'il ne le reconnaissent pas et parfois qui les insupportent et ils vous le font savoir. Mais à côté de ça, comme mon collègue de Ccel disait, il y a aussi des belles choses dans notre mandat et j'espère qu'on va les aborder parce que il faut donner envie à beaucoup de personnes de s'engager prochaine sélection.
On on va en parler Nathalie Gab. Mais mais juste une petite précision, quand vous dites que vous avez été victime de choses violentes, c'est quoi ? C'est des menaces, des agressions ?
C'est des agressions verbales, un ton un ton beaucoup plus agressif, une distance beaucoup plus proche. On s'approche de vous pour vous parler. Voilà, c'est des choses qu'on voyait pas.
Moi, c'est mon deuxième mandat en tant que maire et je le vois je vois s'intensifier ce ton d'agressivité. Ouais. C'est c'est plus dur aujourd'hui d'être maire.
Vous le ressentez vous aussi Vincent Chauvet ? Je pense que comme ma collègue de Code d'Or l'a dit, les citoyens sont de moins en moins citoyens électeurs et de plus en plus client consommateur. Donc il a une relation de fournisseur à client comme avec son fournisseur d'accès.
On le voit d'ailleurs quand on va voir les commerçants que ce soit la téléphonie ou l'opticien, il nous disent bah les gens sont extrêmement agressifs dans le le temps, plus de patience y compris par rapport au vendeurs. Bon, on est un peu dans cette même position. Je pense que c'est assez global euh la la société et puis il y a eu aussi euh même si les chiffres sont plutôt en baisse globalement d'insécurité ou de violence.
Il y a moins de violence mais les faits sont plus spectaculaires. Moi, j'ai une tentative d'incendie du véhicule de service de la mairie en bas de chez moi à la suite d'un mariage rodéo que j'avais annulé. J'ai gagné au Conseil d'État, ça leura pas plu.
Et bien, il y a une partie de la famille qui avait saisi la justice administrative, c'est exactement ce qu'il faut faire et une autre partie qui avait saisi le cocktail molotof. Et euh on voit que ben de plus en plus certains vont aller sur la violence ou sur la dégradation euh plutôt que sur les voies de droit ou les élections. Ça a été difficile euh pour vous à gérer aussi ce type d'événement Patrick Adad ?
Oui. Oui, ça arrive euh de temps en temps. Alors c'est pas non plus euh généralisé, je dirais.
Il y a aussi des moments vraiment très agréables avec la population quand on transforme un quartier ou tout simplement toute une série de fêtes qu'on peut avoir de moment festif et et agréable et heureusement mais c'est un peu tout rien. Je trouve que les la la distance est rarement importante et que moi j'ai eu des difficultés liées à une petite bande de trafiquants, de stupéfiants dans un quartier où ils ont bien vu qu'ils allaient rien obtenir de moi parce que ce qu'ils veulent c'est négocier pour pouvoir eux avoir le pouvoir dans le dans le quartier et demander des emplois dans la maison de quartier, pouvoir qu'on finance leurs associations et cetera. Et quand on dit non et bien ils s'en sont pris à moi physiquement, à mon véhicule. que j'ai été euh caillassé, je j'ai d'œuf et cetera.
Euh donc la justice suit, la police enquête mais tout ça est assez lent et il y a quand même un sentiment d'impunité qui rend les choses un peu plus difficiles que ce qu'elle devrait être. Ouais. Est-ce que vous vous partagez ce que dit Vincent Chaué ?
Vous avez l'impression qu'aujourd'hui on est passé du citoyen électeur au clients consommateurs. Oui. Et notamment avec les réseaux sociaux puis la société du numérique alors qu'il y a plein d'avantages par ailleurs.
Nous-même on peut faire passer des messages qui étaient beaucoup plus difficiles à faire passer avant. Donc en quelques clics, on arrive nous aussi à s'exprimer. Donc il y a il y a un bon côté des choses.
Le mauvais côté, c'est que les gens pensent que ils sont euh, j'allais dire sur Amazon ou sur Netflix qui en avec leur téléphone, ils nous demandent un truc et que ça va se produire dans l'heure qui suit. Ils comprennent pas que il y a effectivement, comme le disait la collègue un temps administratif, que certains projets sont plus longs que d'autres, que dans une ville de 60000 habitants, on peut pas s'occuper de tout le monde en même temps. Moi, je reçois tous les jours 3 4 5 demandes de logement. les gens trouvent mon numéro, ils m'écrivent sur les réseaux sociaux mais il y a un processus pour ça.
Donc on les renvoie vers ce processus administratif qu'on essaie de fluidifier par ailleurs hein. Mais ça rend même chose, ils l'entendent pas forcément, ils l'entendent plus ou moins, mais ils disent que s'ils peuvent le courcircuiter c'est mieux. Mais si alors à la fois être dans l'échange avec les gens, si on leur répond jamais, ils comprennent pas puisqu'on va les solliciter après pour les élections mais il faut aussi les mettre dans le bon cadre et ça c'est vrai que c'est pas toujours facile à leur faire entendre.
Est-ce que c'est encore plus difficile à gérer dans une petite commune comme la vôtre Nathalie Gavool ? moins de 200 habitants, on imagine que tout le monde se connaît. Tout le monde se connaît effectivement, bien que les notre ruralité change aussi.
On a de nouveaux habitants donc qui viennent souvent de plus grandes villes où il y avait plus de services et comprennent pas toujours que dans nos petites ruralités, ben nous on fait un petit peu avec moi et euh et on essaie de faire au mieux. Euh donc il faut leur faire comprendre et c'est en les intégrant bien sûr euh en expliquant en communiquant beaucoup euh qu'on y arrive. Euh façon je vais vous lire ça.
Oui. Euh une frustration qu'on voit aussi je pense à mes collègues ruraux ou de ou d'agglomération plus importante et qu'on voit euh en ce moment particulièrement avec ces débats budgétaires à l'assemblée, c'est l'incompréhension totale de la fiscalité locale. Pendant le mandat, on a eu la suppression de la taxe d'habitation.
Je pense que ni le gouvernement ni n'avons eu de l'aide de remerciement. Les gens pensent d'ailleurs que la suppression de la taxe d'habitation, bah va retomber sur la taxe foncière. Ils ont pas compris le mécanisme de compensation.
Bon, nous plus, on n pas exactement compris, mais on voit qu'à peu près euh c'est quand même un peu équilibré à l'instant. Euh et puis aussi bah les différences à l'intérieur d'une intercommunalité entre des petites communes. Ils nous disent, je j'y pensais parce que notre collègue de Côte d'Or dit des gens qui viennent peut-être d'autres d'autres villes et qui comparent finalement aussi les taux de fiscalité.
Bah à Dijon, c'est moins cher que à Auin et dans la petite commune de Côte d'Or ou de Sonel War, c'est aussi moins cher parce que et bien on a encore des charges de centralité et puis ces bases locatives que personne comprend. Il y a une réforme sur les bases locatives professionnelles et donc aujourd'hui des maires qui ont fait des efforts euh je sais pas comment ça s'est passé mais tout le monde essaie de de diminuer en tout cas d'ajuster la pression fiscale sont absolument pas vu, absolument pas compris parce que le le mécanisme est encore très inégalitaire même à l'intérieur d'un quartier. Et donc ça c'était un chantier qui était promis sur ce mandat qui allait redonner de l'équité.
Ça reste un point de frustration très fort et quand on dit client consommateur les irritants, bah c'est quand même encore la feuille d'impôt à la fin de l'année. Ouais. Vous partagez Patric ?
Oui, en partie nous en tout cas on n pas touché à la taxe foncière enfin à la pression fiscale globalement et la taxe foncière sur les habitants. Pour autant, elle a augmenté par l'augmentation des bases ficiales. Et ça, les gens ne comprennent pas dire mais pourquoi vous avez augmenté ?
Quand on leur dit mais en fait on n pas augmenté, ce sont les bases et pour eux c'est pas un mécanisme qui est très lisible. Et puis pour rebondir la taxe c'est décidée par le maire point. Ouais, c'est tout.
C'est tout. Alors que il y a un taux qui est effectivement décidé par le maire mais il y a les bases qui elles sont revalorisées au niveau au niveau national. Et puis pour rebondir par rapport au milieu rural aussi euh quand on est en milieu urbain, les gens bénéficient de toute une série de services et ça on a l'impression qu'il l'oubli alors que ils ont nous on a h lignes de bus, un ligne une ligne de tramouet, deux de train, euh un hôpital et cetera, euh des écoles euh mais que quelque part la contrepartie de ça, c'est que ça fait des villes qui sont plus denses et qui sont je dirais plus agitées et qui sont pas toujours très propres.
C'est-à-dire que vous avez plein de commerce et cetera et que même si on fait tout ce qu'on en doit faire, euh les gens se plaignent toujours de quelque chose s'il voulez. Donc dans le milieu rural, ça va être qu'il y a pas assez de choses et dans le milieu urbain, c'est que il y a beaucoup de choses mais on s'en rend pas toujours compte. Par contre, on va se plaindre des effets d'une ville dansse et donc il faut pouvoir expliquer tout ça.
C'est de faire prendre du recul, de donner des éléments de comparaison aux gens. C'est pas toujours facile d'avoir ce dialogue là. Ouais.
Est-ce que le le l'incertitude budgétaire et le contexte budgétaire, vous le sentez peser sur vous ? Je posais la question à tous les trois. Nathalie Gavo est-ce que vous vous avez senti que c'était difficile au niveau financier ?
Alors oui, d'autant plus que bon al chaque commune n'est pas n'est pas égal par rapport à ses dotation et à son territoire. Euh nous au niveau budget par exemple, on a très peu de ressources. On a un petit peu de terre agricole qu'on loue, on a deux logements qu'on loue et encore qu'on loue de façon sociale, ce qui veut dire pas forcément des loyers tout réguliers.
Et euh et quand les dotations diminuent ou quand on fait des coupes ou quand on nous donne des compétences en plus ou des choses assumé en plus et bien effectivement on le sent euh rien que pour le fonctionnement, je veux dire on a mangé notre budget. Donc après, il faut trouver pour entretenir, faut trouver pour voilà pour faire toutes ces choses, les boiriies qui coûtent énormément cher et et on met des bouts de ficelle au bout des bouts de ficell, on intègre la population au déserbage parce que voilà, on a qu'un employé à demi-journée. Donc il faut trouver des solutions, faut s'adapter, faut voilà toujours réinventer et et c'est dans ça que la fonction est plus difficile mais aussi attractive aussi.
Quelle conspo quelles conséquences elles ont eu dans votre commune Vincent Chaué ces ces difficultés budgétaires et pour les administrés pour les gens qui nous regardent qu'est-ce que ça a comme impact concret pour eux ? Alors, trois choses déjà les gens pensent que l'incurie au niveau national, la dette, le déficit 5 % du déficit représentant la richesse nationale, une dette abissale, c'est la même chose au niveau local. Nous, c'est compliqué de leur expliquer qu'on a baissé la dette, que ça tient, que de toute façon on a un principe d'équilibre.
Donc, il y a une forme de mimétisme. Deuxièmement, l'an dernier, le retard du budget a fait que certaines agences ont pas eu leur financement. Nous l'Agence nationale du sport, elle a pas pu verser toutes les subventions.
On a renouvelé un skate park et un pump track. Ben, on n pas eu les subventions. Donc ça fait un trou d'environ 200000 € dans le budget.
On s'est inscrit à la session de rattrapage. On vous a dit l'an prochain, ça va être très bien. Bon, le budget est toujours pas voté.
Donc ça, j'espère que c'est quand même presque un point de fiscalité finalement ce qu'on attend et et on aurait peut-être pas fait le projet si on avait pas eu les subventions et l'assurance d'avoir des subventions de l'Agence nationale du sport. Puis la troisième chose, c'est après dans l'esprit de la population, c'est-à-dire le ce qu'il voit à la télé. Euh des gens qui arrivent pas à se mettre d'accord, euh des choses qui sont votées, mais on sait pas si c'est définitif ou pas, une baisse de 9 milliards sur les collectivités, mais peut-être 2 milliards, mais peut-être pas, mais peut-être bon.
Et et là-dessus, le spectacle fait que des administrés nous disent "Mais vous avez vu le sketch que vous nous faites au niveau national ? Est-ce que vous croyez qu'on va aller se déplacer pour les élections municipales Et là, il faut leur expliquer que bah nous, on fait de la politique locale et que on est autant désolé queeux de voir que ça marche pas bien au niveau national, mais qu'il y a quand même un maire à élire pour 6 ans et et ce climat là va peut-être amener certaines personnes à s'abstenir par dégoût finalement ou par incompréhension de du paysage et du fonctionnement des institutions au niveau national. vous redoutez que ça a des conséquences qu' a un rejet en tout cas ou des gens qui vont rester chez eux, ils y comprennent rien, ils voient les choses, ils sont démunis et je pense de bonne fois ils sont un peu perdus et ils se disent "Bon bah en ce moment, j'ai pas je suis pas les la plupart des gens sont humbles, honnêtes, intéressés à la chose publique, mais ils disent "Mais là, je je ça dépasse mes compétences et je leur dis bah moi aussi en fait je personne je crois c'est ce qui se passe exactement." Et ce phénomène un peu de distanciation va peut-être démobiliser certains électeurs.
C'est ce que je vois un petit peu sur ma commune. En tout cas, vous avez les mêmes crainte vous Patrick Adad et quelles conséquences pour vous elles ont eu ces difficultés financières ? Euh moi je partage ce qui a été dit avec d'autres types de cofinancement qu'on peut avoir, qu'on peut attendre de la région ou du département qui eux-même se sont retrouvés pressurisés fiscalement par l'État et donc qui sont mis à diminuer les aides aux communes.
Et donc nous on avait un plan pluriannuel d'investissement qui forcément en souffre. Il y a des choses qui sont retardées, des choses qui nous demandent à nous un effort supplémentaire mais faire un effort supplémentaire sur l'investissement bien c'est il faut bien prendre l'argent quelque part. Donc c'est difficile de couvrir l'ensemble de nos missions et de pouvoir investir de façon importante.
Euh et puis les gens nous en demandent toujours plus, y compris sur des prérogative que l'on a en partie, je pense à la tranquillité publique. Nous, on augmente nos effectifs de police municipale, mais enfin on a des limites aussi et que c'est d'abord une prérogative d'État qui doit fonctionner correctement et nous c'est plutôt des forces d'appoint et là parfois on a le sentiment que ça devient l'inverse et que c'est à nous de tout gérer que ça soit sur la tranquillité publique ou sur à peu près tous les sujets qui concernent les habitants directement. Concernant la situation actuelle, je pense qu'il peut y avoir deux effets que je ne mesure pas bien encore actuellement.
Soit euh les gens nous perçoivent comme des pôles de stabilité en se disant "C'est le bazar au niveau national, au moins euh le maire, la mère, je les connais et donc même si c'est pour les engueuler, je sais qui c'est et donc je vais les conforter. Soit on sera victime aussi du dégagisme en disant ils font tous n'importe quoi. Donc essayons quelqu'un d'autre.
De toute façon, il faut renverser la table et donc je ne sais pas lequel des deux effets va l'emporter. Un mot sur le le changement du mode de scrutin dans les petites communes. C'est donc chez vous Nathalie Gavol où désormais euh la parité a été instaurée, fini le panachage euh parité et liste.
Est-ce que c'est un un mode de scrutin qui vous convient ? Alors oui, parce que moi je vais défendre l'égalité femme-homme et j'y suis en plus ancrée. Euh après dans nos petites communes et bien c'est difficile et puis on voit on voit je disais les changements de population euh et ben là où il y avait qu'une liste dans nos petits villages, il peut y en avoir plusieurs et là par contre ça pose des problèmes au niveau de la parité pour monter par exemple une deuxème liste.
Euh c'est un inconvénient. Mais la parité doit être là parce que c'est une une équité et une démocratie. Donc oui, il faut l'ouvrir aux femmes et euh et moi je les engagerai à y aller bien entendu.
Euh et après il y a beaucoup de frais aussi. Mais mais juste est-ce que est-ce qu'elle est concrète cette égalité ? Est-ce que vous dites vous aujourd'hui c'est plus difficile d'être une femme mère que d'être un homme maire ?
Oui. Oui, parce qu'il y a des stéréotypes. Oui, parce que il y a encore euh on entend encore euh euh quand on défend certains sujets, ouais bah c'est des trucs de bonne femme.
Bah ça, on devrait plus l'entendre quoi. C'est ça. Vous l'entendez encore ?
Ah, on l'entend encore ? Oui, bien sûr. Bien sûr.
De moins en moins, mais on l'entend encore. C'est plus difficile, vous diriez, d'être une élu que d'être un élu. Alors, je pense en tout cas ce qui est sûr, c'est qu'il y a moins de 20 % des mères qui sont des femmes et que donc on n'est pas arrivé au bout du processus paritaire.
Après euh je défends la parité, donc je pense que c'est bien de l'étendre partout. Euh il y a encore euh euh des endroits où c'est pas appliqué. Dans les exécutifs municipaux, c'est une obligation.
Dans les exécutifs intercommunaux, pas encore. Il faudrait y arriver. euh que ces lois, même s'il a fallu le faire par la loi, donc un peu au forceps, ont permis euh très largement que davantage de femmes s'impliqu en politique.
Et moi, dans la constitution de ma liste, j'ai eu l'effet inverse, si je puis dire. C'est-à-dire que comme on a beaucoup travaillé pendant ce mandat sur l'égalité femmes-hommes, on a créé un comité des femmes citoyennes, une maison des femmes, euh on a voilà travaillé en interne sur la lutte contre les violences faites aux femmes et cetera. Ça a créé une forme d'aspiration et je me suis retrouvé avec beaucoup plus de femmes candidates que d'hommes et donc j'ai été limité dans dans l'autre sens et à la fin on a trouvé un équilibre mais j'ai vu quand même vu une appétence plus importante des femmes pour la chose publique et ça on peut s'en satisfaire sans ch même chose j'ai plus de vous avez enlever des femmes absolument et des femmes qui viennent et qui osent spontanément envoyer un mail bah j'aimerais bien m'investir pour la commune.
Des nouvelles femmes aussi qui viennent parfois de d'autres communes et qui découvrent. Je pense qu'on aura une féminisation. faudra, ce sera intéressant de faire un sujet, on suivra avec attention une féminisation accélérée avec cette loi et pas que dans les petites communes.
Je prends Montsolémine à côté, il y a que des femmes têtes de liste. Que des femmes têtes de liste. Donc c'était déjà une femme mère mais justement peut-être qu'elle a ouvert la voix et il y a que des femmes têtes de liste.
Euh néanmoins, il y aura encore certains bastions, les exécutifs intercommunaux, même si les les listes sont paritaires, on aura quand même beaucoup d'hommes maires et donc les exécutifs intercomunaux et puis les syndicats spécialisés. Moi, j'ai une femme euh Françoise qui est adjointe aux travaux euh et bien dans le syndicat qui gère à l'échelle de la moitié du département les ordures ménagères où je siège avec elle, on est deux. Euh bah c'est la seule femme et sur les syndicats d'électrification, sur les syndicats techniques, sur les compétences entre techniques, on a parfois une seule femme voire personne.
Et là, la parité est impossible parce que les délégués sont tous hommes et la loi ne n'oblige pas encore. Je pense que ce sera à nous et beaucoup de maires de petites communes faisaient déjà des list parires avant que ce soit obligatoire. Je pense qu'il faudra qu'on qu'on aille aussi sur la constitution et la désignation de délégués paritaires sur ces différentes instances.
Tout à fait. On va terminer par une note positive parce que maire c'est quand même un un beau mandat. Nathalie Gavol, qu'est-ce que vous vous retenez euh de votre de votre de mandat de maire de bien de positif ? et ben c'est de se sentir utile déjà et puis la reconnaissance des habitants parce qu'on l'a quand même hein, on a les grincheux mais pas que et heureusement euh la satisfaction du travail bien accompli, je veux dire ça aussi euh on travaille pour notre territoire, pour notre commune, pour notre bassin de vie et on a on a la reconnaissance aussi, on a les choses qui avancent et ça c'est voilà mais la reconnaissance des habitants ça pas de prix très Ouais, tout à fait je dirais la reconnaî chose aussi on a toutes Tout ce qui est mariage aussi, tout ce qui est voilà, c'est des beaux moments.
Voilà, il faut aussi Oui, je dirais qu' on a aussi la évidemment la reconnaissance des habitants à la fois sur des belles histoires individuelles, des gens qu'on a vraiment sorti de la difficulté et c'est beau de les voir évoluer positivement, des quartiers qu'on a pu transformer aussi, certains qui étaient dans un état lamentable et on a réussi en un mandat à à vraiment les redresser très largement. Euh et puis moi, c'est aussi une ville qui est très euh multiculturelle et donc que vous avez aussi des conflits internationaux, tout ça peut se se retrouver sur le terrain de façon très très difficile. Et pendant ce mandat, on a vraiment travaillé à euh pacifier les relations euh sociales, à vraiment travailler sur les valeurs républicaines, sur la laïcité, sur l'antiracisme et et donc de voir une ville se pacifier d'un point de vue identitaire, c'était une vraie une vraie satisfaction.
La satisfaction, c'est quand des choses marchent encore mieux qu'on les espérait. Euh nous les autunois sont très attachés à leur patrimoine historique. On a mis en valeur un boulevard, le boulevard l'Euro.
Je pensais que ça allait être bien. C'est formidable. Les gens m'en parlent tous les jours et c'est pas pour moi la plus grande réalisation du mandat.
Mais pour les habitants, c'est ce qui leur plaît le plus. Et ça euh puisque 80 % de ce qu'on fait, il le voi pas quand l'eau marche au robinet, que l'électricité marche, que l'hôpital fonctionne, que les urgences sont ouvertes. Il le voit mais c'est normal.
Mais quand on fait ce genre de rénovation et que les gens sont contents, ça nous fait plaisir aussi. Et c'est une belle note pour finir. On termine par l'histoire du jour.
Est-ce que vous avez trouvé votre permanence de campagne ? Oui, j'en ai même deux moi. Ah bah deux, ça c'est J'en ai pas pris parce que les nouvelles règles, l'interprétation des nouvelles règles sur l'affichage fait qu'on peut même pas mettre son affiche sur sa permanence de campagne.
Ça c'est encore une loi àir sur [rires] je vous raconte rapidement une histoire à Angoulem. On peut mettre son nom mais on peut pas mettre le nom de sa liste. Il y a il y a cinq candidats sur neu qui ont leur permanence dans la même rue à Angoulem parce que la rue est passante et visible et le loyer est pas cher.
Rassurez-vous, tout se passe bien. Il se salue entre voisins, il se souhaite bonne campagne et c'est aussi pratique pour les habitants. Il y a une dame qui a assisté à toutes les inaugurations dans la rue.
Reste plus qu'à savoir qu'il restera pour le 22 mars. Ça peut être sympa. Ah ouais, puis en plus [rires] cap de la BD donc ils doivent bien s'amuser en rempli des boutiques vides qui est un gros enjeu le centreville pour les [rires] Merci beaucoup.
On se retrouve demain. Merci à tous les trois. À demain.
Très bonne journée. [musique]
Benjamin Haddad