Glucksmann progresse, Lisnard s’installe : Philippe peut-il rassembler ? | Christophe Barbier
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« Des chefs d'entreprise, des artisans, des cadres supérieurs écrasés d'impôts. »
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« Glucksmann flottait depuis le début. Il était pas vraiment candidat, puis un peu candidat, puis englué dans une primaire difficile. »
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« 20 % des électeurs de Macron 2022 envisagent de voter pour Glucksmann. 18 % des électeurs de Renaissance sont tentés par un vote Glucksmann. »
- 4:07Fait
« Marine Le Pen est-elle affaiblie par l'affaire ? Non, c'est ce qu'on voit dans ce sondage, elle progresse même par rapport à certaines vagues précédentes. »
- 4:47Fait
« L'électorat qui vote Le Pen ne se soucie pas de ce qui arrive à monsieur Bardella. »
- 6:49Chiffre
« 106 milliards d'impôts supplémentaires et de l'autre 87 milliards de dépenses en plus. »
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RCF Notre-Dame L'éditorial de Christophe Barbier. Bonjour Christophe Barbier. Bonjour Simon, bonjour à tous. Alors d'abord une réaction à ce qu'a déclaré Alexandre Vincendet ce jeudi. À l'écouter, on se dit que l'avenir de ce pays est vraiment dans la décentralisation puisque sur l'exemple de la sécurité du maintien de l'ordre, on voit comment la coopération police nationale police municipale dans sa commune est efficace. Pourquoi ne pas penser décentralisation aussi pour ses fonctionnaires ses fonctions ? Et puis à l'écouter, on se demande si la recentralisation, si j'ose dire, du bloc central ne serait pas une bonne idée. J'entends par recentralisation bah se recentrer autour du bloc commun de valeurs euh Horizon, Renaissance, peut-être Les Républicains, sans doute
le mouvement de David Lisnard pour essayer de trouver un candidat unique. Je trouve les partisans d'Édouard Philippe, dont cet invité, un peu trop sûrs d'eux. Parce que Philippe a quelques points d'avance dans les sondages, bah faudrait d'évidence se rallier à lui. Quand vous en parlez à aux partisans de de Retailleau ou de de Attal, ils sont pas du tout d'accord. Ils sont pas prêts à rendre les armes pour 4, 5 ou 8 points de retard dans les sondages. Édouard Philippe doit comprendre que c'est pas une question d'arithmétique mais de dynamique politique. Vous évoquez David Lisnard. Une percée dans le dernier sondage Ifop. Se passe-t-il quelque chose, ? Oui, c'est le slogan qu'on voit sur les t-shirts de ses partisans, il se passe quelque chose. Oui, il se passe quelque
chose. La renaissance d'un courant très libéral dans notre pays, peut-être même ultra-libéral, qui a toujours valu autour de 5 %. Alain Madelin, candidat en 2002 à la présidentielle, 3,91. Euh 5 ans plus tôt, en 2000 en 1995, 7 ans plus tôt, Philippe de Villiers était juste en dessous de 5. Et puis Nicolas Sarkozy a englouti le libéralisme dans son projet collectif. C'est le retour de ce noyau libéral mais qui ne vaut pas plus de 5. Allez, 7, 8 peut-être maintenant parce que le ras-le-bol fiscal est très fort. Des chefs d'entreprise, des artisans, des cadres supérieurs écrasés d'impôts. Pour transformer ça en véritable courant qui monte jusqu'à jusqu'à 18-20 % au premier
tour ou qui puisse faire 51 % au second, il faut une pensée sociale, il faut une économie qui intègre l'État, la nécessité d'aider les plus démunis. Ça ne peut pas être seulement que la purge pour la fonction publique et Dieu sait s'il y a une réforme de l'État à mener avec beaucoup d'économies à faire et les premiers de cordée. Donc attention, David Lisnard a réuni ses partisans, ça ne fera jamais une majorité. S'il veut être majoritaire, il doit compléter son idéologie. Au début du mois de janvier, il a fait l'éloge de Javier Milei dans les colonnes du Journal du Dimanche. Javier Milei, c'est éligible comme solution en Argentine vu les catastrophes économiques qu'il y avait et la tradition politique du pays, ça ne l'est pas en France. Raphaël Glucksmann aussi marque des
points, 13,5 % dans l'une des hypothèses testées par l'Ifop. Est-ce le début d'une irrésistible ? Irrésistible, non, il y aura du résistible et notamment la guerre que vont lui mener les macronistes un peu et les mélenchonistes beaucoup. Ascension, oui, dans la mesure où Glucksmann flottait depuis le début. Il était pas vraiment candidat, puis un peu candidat, puis englué dans une primaire difficile. Être adoubé avec deux tiers des participants sur son nom lors de cette primaire, ça libéré quand même quelque chose. Et voici que cet homme moissonne ce qui avant lui coûtait. Par exemple, sa modération, on disait "Il est mou." Maintenant, il rassure et donc il y a un électorat féminin, ce qui fait un meilleur score chez les que chez les hommes, un
électorat âgé, retraité qui va vers Glucksmann. Les fonctionnaires, le monde de la fonction publique va aussi un peu vers Glucksmann, ils sont séduits par son côté raisonnable, les centristes, parce qu'il est pro-européen, parce qu'il est l'homme de gauche qui fait barrage, qui dit non à Mélenchon, les centristes vont vers lui. 20 % des électeurs de Macron 2022 envisagent de voter pour Glucksmann. 18 % des électeurs de Renaissance sont tentés par un vote Glucksmann. Ça te quelque chose. Alors évidemment, ça fait de lui une espèce de demi-héritier du macronisme et ça va faciliter les critiques de Mélenchon. Mais ça le met aussi en position centrale, mais centrale à gauche. Et donc, il va pouvoir participer à ce grand jeu du bloc central, mais il ne faut pas qu'il perde
au passage son identité de gauche, sinon il sera écrasé par la colère mélenchoniste. Marine Le Pen est-elle affaiblie par l'affaire ? Non, c'est ce qu'on voit dans ce sondage, elle progresse même par rapport à certaines vagues précédentes. L'électorat Le Pen est insensible à ce qui a été révélé sur Bardella. Que ça soit vrai ou faux, fondé ou infondé, l'électorat qui vote Le Pen ne se soucie pas de ce qui arrive à monsieur Bardella. Ça veut dire deux choses. Ça veut dire que sur ces accusations-là, des écrits antisémites antisémites quand il avait 17 ans, il y a plus tellement de prise sur l'opinion. Là où ça aurait diabolisé il y a 15 ans ou 20 ans, aujourd'hui c'est banalisé parce que l'antisémitisme est allé vers l'extrême gauche, parce qu'on considère qu'à 17
ans on fait des bêtises, parce que l'électorat considère que la situation du pays est telle que bah il vaut mieux avoir le RN au pouvoir que de l'exclure pour cette raison-là. Ça dit aussi autre chose, c'est que les électeurs pensent que Le Pen n'a pas besoin de Bardella. Ils votent Le Pen, ils votent pas Bardella. Elle va en changer, elle doit en changer, elle en changera peut-être, pour eux c'est pareil. Ils veulent Le Pen, ils ne veulent pas Bardella. Ça nous dit à rebours que Bardella s'il avait été le candidat aurait été beaucoup plus fragile dans l'opinion que Marine Le Pen. Doit-on conclure Christophe qu'un second tour Mélenchon contre Le Pen est plus probable que ? Si nous votions dimanche, oui, il y aurait un second tour Le Pen Mélenchon. Glucksmann n'a pas commencé à monter, le
bloc central est émietté, on aurait Mélenchon Le Pen au second tour. Mais vous avez remarqué que nous ne votons pas dimanche. Il reste allez 7 mois avant la passation de pouvoir, 6 mois avant le premier tour, il peut se passer énormément de choses, des ralliements, des des renoncements, des événements politiques, géopolitiques. Et donc c'est une élection incertaine, très incertaine. Nous allons tout à l'heure parler de monsieur Doucet, le maire de Lyon, puisque puisqu'il sera l'invité demain. Et bien monsieur Doucet, dans les premiers sondages, il était écrasé par Jean-Michel Aulas aux dernières municipales. 57 % au premier tour donnait un sondage pour Jean-Michel Aulas. Et on a vu comment ça s'est terminé. Et donc même Marine Le Pen n'est pas à l'abri avec ses 20 points
d'avance ou ses 18 points d'avance en moyenne d'un effondrement. Rien n'est sûr et selon le bon vieil adage de François Hollande, puisque rien ne se passe comme prévu, essayons de ne pas prévoir. LFI a présenté son contre-budget. Comment le ? Alors, il faudrait trouver des mots-valises pour dire cela. C'est un budget qui est euh euh proto-marxiste ou peut-être marxiste 2.0. C'est un budget qui est l'aboutissement d'une volonté de détruire le capitalisme et tout ce qui va avec dans notre pays, tout en donnant l'impression de répondre aux exigences du débat actuel, c'est-à-dire le rétablissement des comptes publics. Résumons, il y a d'un côté 106 milliards d'impôts supplémentaires et de l'autre 87 milliards de dépenses en plus. Les 106 milliards d'impôts, c'est d'abord
l'annulation des 10 ans de Macron, c'est-à-dire tous les impôts qui favorisaient les entreprises, les aides aux entreprises, euh la flat tax, enfin tout ce qui était censé rendre le pays attractif pour les investisseurs et surtout et bien dynamiser l'activité. Et donc c'est un renoncement à la politique de l'offre. Ça veut dire que ne peut s'y substituer qu'une politique dictée par l'État, une sorte de collectivisme, en tout cas un dirigisme très prononcé. Et puis les 87 milliards de dépenses, c'est de la dépense dans l'emploi public, c'est de la dépense par l'augmentation du SMIC, c'est de la dépense qui prétend qu'elle va créer de la croissance. Nous donnons de l'argent et nous donnons de l'emploi à plus de gens, ils vont consommer. En consommant, ça crée de la
croissance, ça crée des recettes fiscales, ça s'auto-finance. Oui, mais c'est faire l'impasse sur ce que nous voyons actuellement. L'attitude des marchés financiers, l'attitude des institutions financières internationales vis-à-vis de la France, en exigeant une autre politique. Jean-Luc Mélenchon et LFI proposent un budget valable dans la France d'avant 1945 ou au moins d'avant 1980 une France où on peut faire le contrôle des changes où on peut empêcher les fonds de sortir une France qui peut vivre à l'intérieur de ses frontières en politique économique cette France là c'est terminé on peut critiquer la mondialisation heureuse on ne reviendra pas sur la mondialisation aucun pays ne le fait assis il y en a quelques-uns par exemple la Corée du Nord est-ce le modèle que nous proposaient les ?
Gabriel Attal aussi parle des finances publiques dans une autre français quelle est sa ? Sa stratégie c'est déjà de se faire entendre et de ce côté-là c'est raté cette lettre à tous les Français au milieu de toute une série de coups de com de Gabriel Attal est en train de passer à la trappe et c'est dommage parce qu'il y a fine sa pensée budgétaire après le RN après les filles il était temps pour lui de dire ce qu'il pensait des finances publiques il veut une double règle d'or pas de déficit sur le budget classique ce qu'on appelle le budget primaire très bien ça devient un peu le mantra de tout le monde et puis une deuxième règle d'or où les investissements pour l'avenir éducation la recherche devrait forcément être privilégié être plus puissant que les dépenses
contraintes et dépenses subies ça mérite d'être éclairci parce que ce point-là n'est pas très net et c'est très intéressant mais Gabriel Attal est entré dans une zone où il n'arrive plus à se faire entendre parce que l'étiquette d'héritier de Macron de mini Macron est indécollable c'est lui qui a le mistigri de l'héritage et ça c'est c'est un bilan trop lourd à porter et deuxièmement parce qu'il a trop communiqué il brouille son message Gabriel Attal devrait faire une pause prendre de la hauteur et réfléchir s'il continue cette aventure présidentielle à un message simple fort et peut-être peut-être unique à moins qu'il préfère nous dire que ce qu'il prépare c'est la présidentielle 2032. Christophe l'invité de Nathaniel de Rincquesen ce vendredi sera Grégory
Doucet le maire de Lyon quelle question vous souhaiteriez lui ? Monsieur le maire vous vous êtes un peu fâché avec Raphaël Glucksmann quand au second tour des municipales vous avez fait alliance avec la France insoumise êtes-vous rabibochés le suivrez-vous dans l'aventure ? Les militants écologistes vont choisir à la mi-décembre entre Mélenchon, Glucksmann ou une candidature indépendante Tondelier. Quel sera votre ? Merci Christophe. Votre édito politique est à retrouver en podcast rcfnotredame.fr. À demain Christophe.