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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 3 septembre 2019 23 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSantéÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Christian Jacob : "La règle pour les municipales, c'est : pas d'accord avec En Marche"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous soutenez l'initiative du gouvernement sur les violences faites aux femmes ?

  • 1:38OuverteRéponse directe

    Réduire à six jours le délai entre plainte et ordonnance d'éloignement vous semble-t-il réaliste ?

  • 2:31OuverteRéponse directe

    Le Grenelle sur les violences faites aux femmes vous semble-t-il aller dans le bon sens ?

  • 3:18OuverteRéponse partielle

    Les annonces d'Agnès Buzyn sur les urgences vont-elles calmer le mouvement social ?

  • 5:23OuverteRéponse directe

    Comment se passe votre engagement pour sauver LR après les Européennes ?

  • 6:50RelanceRéponse partielle

    On entend 'il faut reconstruire' depuis des années à droite, est-ce que ça change quelque chose ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « nous y avons d'abord travaillé depuis plusieurs mois et nous en avons fait une priorité pour la rentrée parlementaire »
  • 1:32Invité politiqueFait
    « plus d'un mois entre le moment du dépôt d'une plainte et l'ordonnance de protection, ça n'est pas supportable »
  • 1:50Invité politiquePromesse
    « Il faut l'encadrer strictement par la loi et l'obliger à le réduire »
  • 3:54Invité politiqueFait
    « Oui et non. Parce que oui, dans le sens où un certain nombre de mesures vont dans le bon sens, encore faut-il avoir la capacité de mettre en application »
  • 4:33Invité politiqueFait
    « nous avons fait depuis quelques mois, déjà l'année dernière, avec des propositions très concrètes qui permettent par exemple à des jeunes médecins de terminer leurs dernières années d'internat en médecine de ville, dans des zones rurales »
  • 6:28Invité politiqueFait
    « La décision de Laurent Wauquiez nous oblige à avoir effectivement cette élection »
  • 7:11Invité politiqueFait
    « La réalité, c'est que depuis sept ans, effectivement, on perd deux présidentielles »
  • 7:24Invité politiqueFait
    « On gagne toutes les territoriales, on gagne les municipales, on gagne les départementales, on gagne les régionales »
  • 11:36Invité politiqueFait
    « Annexé, j'ai dit. Ni annexé pour une bonne et simple raison. C'est que les réformes qu'attendent les gens de droite ne sont pas faites aujourd'hui »
  • 11:40Invité politiqueChiffre
    « lorsqu'Emmanuel Macron s'engageait sur la baisse des dépenses publiques, la réalité, c'est qu'il augmente les dépenses publiques beaucoup plus vite que ne le faisait François Hollande »
  • 11:56Invité politiqueChiffre
    « 45 milliards de déficit sous François Hollande dans notre balance commerciale, 60 milliards avec Emmanuel Macron, 15 milliards de plus en deux ans »
  • 13:40Invité politiquePromesse
    « il faut effectivement allonger la durée de cotisation »
  • 13:52Invité politiqueFait
    « C'est Nicolas Sarkozy qui a passé l'âge légal de départ à la retraite de 60 ans à 62 ans »
  • 17:02Invité politiqueFait
    « Je ne suis pas favorable à la primaire. On a vu en quel échec ça nous a conduit »
  • 18:20Invité politiqueFait
    « Non, parce que la loi est la loi aujourd'hui »
  • 18:35Invité politiqueFait
    « le monde agricole est sans doute celui qui a fait le plus en matière d'environnement de baisse d'utilisation des pesticides »
  • 21:24Invité politiqueFait
    « Quelle est la volonté d'En Marche aujourd'hui ? C'est de nous voir disparaître »

Temps de parole

  • Christian Jacob67 %
  • Présentateur19 %
  • Invité11 %
  • Auditeur3 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 le président du groupe LR à l'Assemblée Nationale, également candidat à la présidence de son parti. Vos questions dans une dizaine de minutes au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application de France Inter. Bonjour Christian Jacob. Bonjour. On va parler dans un instant et longuement de la droite, des Républicains, de vos propositions pour le parti, mais d'abord deux sujets d'actualité. C'est le premier et c'est une journée spéciale sur France Inter.

Le gouvernement organise un grenelle sur les violences faites aux femmes et il promet le gouvernement plus de moyens, une prise en charge plus rapide des victimes. Est-ce que vous soutenez tout simplement cette initiative de l'exécutif ?

0:48
Christian Jacob

Écoutez, nous y avons d'abord travaillé depuis plusieurs mois et nous en avons fait une priorité pour la rentrée parlementaire parce que vous savez qu'en tant que groupe d'opposition, nous avons droit cet automne à une journée d'initiative parlementaire. Et dans cette journée, ce n'est pas d'aujourd'hui que nous l'avons prévu, nous avons prévu ça au mois de juin, nous allons présenter un texte pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Ce texte va être porté par Aurélien Pradié, un de nos jeunes parlementaires qui s'est beaucoup investi sur ce sujet, avec des propositions très concrètes et j'espère qu'on sera effectivement capable de se rassembler, que sur les propositions qui pourront être retenues, que les collègues de la majorité En Marche nous soutiendront.

1:35
Invité

Il propose notamment de réduire à six jours le moment entre la saisine de la justice par une victime et la mise en place de l'ordonnance d'éloignement, de l'ordonnance de protection. Ça vous semble un délai raccourci ?

1:47
Christian Jacob

Oui, c'est une proposition effectivement d'Aurélien Pradié parce que le constat qu'il a fait en travaillant beaucoup avec les associations, on est souvent dans des délais supérieurs à un mois. Et plus d'un mois entre le moment du dépôt d'une plainte et l'ordonnance de protection, ça n'est pas supportable. Il faut l'encadrer strictement par la loi et l'obliger à le réduire. Mais il y a aussi d'autres propositions sur la généralisation du bracelet électronique d'éloignement. Ça c'est aussi une mesure très concrète. Que Nicole Belloubet veut aussi mettre en œuvre,

2:21
Invité

accélérer et encourager l'utilisation de ces bracelets-là.

2:24
Christian Jacob

Et ça, ça fait partie du travail et des propositions qui ont été faites que l'on va proposer de mettre dans la loi dès le mois d'octobre.

2:31
Invité

Mais l'idée de faire ce Grenelle avec tous les ministres engagés, toutes les associations, vous pensez que ça va dans le bon sens ? Vous soutenez cette idée-là ?

2:37
Christian Jacob

Oui, à condition qu'on débouche sur des mesures concrètes, bien évidemment. Simplement, est-ce qu'il y a besoin de reprendre ce délai ? Parce que je crois que du coup, on en sera sur des propositions en début d'année. Pour moi, il y a peut-être des décisions d'urgence que l'on peut prendre très rapidement. C'est pour ça que j'invite tous les collègues parlementaires, quelle que soit leur sensibilité politique. On n'est pas, je veux dire, quand on est sur ce sujet des violences faites aux femmes, il n'y a pas une politique de droite, politique de gauche, politique du centre. Il y a des mesures concrètes qu'on est capable de mettre en application. On va les proposer.

Et j'espère que tous les groupes parlementaires sont capables de nous rejoindre sur ces propositions.

3:15
Présentateur

Autre sujet d'actualité, Christian Jacob, les annonces d'Agnès Buzyn sur les urgences. Admissions directes des personnes âgées des EHPAD dans les services des hôpitaux, sans passage par les urgences, si on peut l'éviter. Transporter par le SAMU des malades vers les cabinets médicaux. Là encore, si on peut éviter les urgences. Des points de suture, des prescriptions de radio faits par les infirmiers des urgences. Ils n'ont pas ce droit-là aujourd'hui. Est-ce que ces mesures sont tout simplement à même de calmer un mouvement social qui dure et qui ne cesse de prendre de l'ampleur ?

3:51
Christian Jacob

Oui et non. Parce que oui, dans le sens où un certain nombre de mesures vont dans le bon sens, encore faut-il avoir la capacité de mettre en application. Vous voyez l'entrée directe dans les EHPAD. Le sujet, c'est souvent d'avoir une place dans l'EHPAD.

4:05
Présentateur

Non, là c'est vers les hôpitaux. C'est vers les hôpitaux, des EHPAD vers les hôpitaux.

4:09
Christian Jacob

Oui, mais simplement, encore faut-il qu'on ait cette capacité. Dans l'autre sens, on sait aussi qu'on peut alléger les mesures d'urgence, le passage dans les urgences lorsqu'on a une médecine de ville qui est capable d'y répondre. Et donc là, il y a un autre sujet qui se pose, c'est celui des déserts médicaux. Donc là aussi, c'est un travail que nous avons fait depuis quelques mois, déjà l'année dernière, avec des propositions très concrètes qui permettent par exemple à des jeunes médecins de terminer leurs dernières années d'internat en médecine de ville, dans des zones rurales, et d'ouvrir des cabinets avec un tuteur.

Il faut à tout prix répondre à cette situation des déserts médicaux aujourd'hui. Parce que sinon, effectivement, on engorge les urgences. Alors venons-en maintenant à cette... Et puis l'autonomie, davantage d'autonomie dans les établissements aussi. Moi j'ai présidé pendant des années mon hôpital à Provins. On voit bien que l'autonomie des établissements s'est réduite de plus en plus. Et donc on a de moins en moins de capacités financières et d'interventions pour répondre à des situations locales précises.

5:17
Présentateur

Alors venons-en donc maintenant, Christian Jacob, à cette rentrée difficile, cruciale pour vous. Le parti des Républicains est entré en crise profonde après les Européennes. Et il faut tout refaire du sol au plafond. Vous vous êtes dévoué pour la cause, Christian Jacob, sauver le parti, en prendre peut-être la présidence. Et on a tout simplement envie de vous demander comment ça va depuis cette décision. Est-ce que vous vous sentez comme un moine soldat ou juste comme un moine, seul dans votre cellule, dans un colloque singulier avec, je ne sais pas, Dieu ou l'esprit du général de Gaulle ? Où vous en êtes ?

5:53
Christian Jacob

Écoutez, j'en suis un engagement avec d'abord beaucoup de détermination. Effectivement, je ne vais pas vous dire que j'en avais rêvé toute ma vie. Oui, simplement, il y a un moment, on prend ses restos.

6:06
Invité

Oui, avant les vacances, vous avez posé la question juste avant les vacances.

6:09
Christian Jacob

Je sais, c'est pour ça que je le dis, parce que je me doutais que vous alliez revenir.

6:12
Invité

Et vous nous avez regardé droit dans les yeux en disant, absolument pas, je ne serai absolument pas candidat, ça ne m'intéresse absolument pas.

6:16
Christian Jacob

Je n'étais pas, bon, dans cet état d'esprit, simplement. À un moment, il faut aussi avoir le sens des responsabilités. La décision de Laurent Wauquiez nous oblige à avoir effectivement cette élection. Moi, je veux d'abord rendre hommage à l'action qui était celle de Laurent Wauquiez, parce que c'est facile de lui taper dessus. Il a pris une décision qui n'est pas facile pour un responsable politique. Il l'a pris avec beaucoup de hauteur, beaucoup de dignité, au moment où d'autres se seraient peut-être bunkérisés. Donc, reconnaissons cela. Aujourd'hui, il faut effectivement rassembler, réconcilier, reconstruire. C'est cela, aujourd'hui.

6:50
Invité

Vous savez, pardon d'être un peu dur, mais on entend ces phrases-là depuis des années, à droite. Il faut reconstruire, il faut reconstruire. Il y a quand même beaucoup de crises frastricides.

7:02
Christian Jacob

Regardons, tout ne vient pas des Européennes. C'était un élément déclencheur. C'est plus profond. C'est plus profond. La réalité, c'est que depuis sept ans, effectivement, on perd deux présidentielles. On n'est pas présent pour la première fois de notre histoire au deuxième tour d'une présidentielle. On perd deux législatives. On a un échec violent aux élections européennes. En revanche, dans cette même période, on gagne toutes les territoriales, on gagne les municipales, on gagne les départementales, on gagne les régionales. Et pourquoi on gagne ces élections sur les territoires ? Parce que sur les territoires, on est rassemblés. Parce qu'on est capable de faire le PAC.

Et c'est ça qui nous permet de gagner sur les territoires. Et donc, moi, l'enjeu qui est le mien, avec l'expérience qui est la mienne, d'avoir été maire à trois reprises dans ma ville de Provins, présidé d'intercommunalité, le groupe parlementaire, mon passé de ministre, etc. C'est que je sais que c'est ensemble qu'on gagne. Et ce que je veux faire, c'est m'inspirer de ce qui nous permet de gagner sur les territoires. Et puis, gommer, effectivement, ces divisions qui nous ont conduits aux échecs.

8:09
Invité

Alors, ensemble, vous ne l'êtes pas tellement, si j'ose dire, en cette rentrée politique. À ce stade, la rentrée politique de LR se fait en ordre plus que dispersée, je dirais même vaporisée. Gérard Larcher, Guillaume Larivé et vous à la boule. Valérie Pécresse à Brive. Christian Estrosi à Nice. Christophe Béchumère d'Angers à Angers. Bruno Retaille au Chélui. Hervé Morin, François Baroin, Dominique Bussereau à la fête de la pomme dans l'heure. Laurent Wauquiez au Mont Mézinque. Et j'en oublie, j'oublie le touquet. Ça ressemble au tour de France, mais sans maillot jaune. Blague à part, est-ce que vous n'êtes pas plus nombreux ?

Est-ce que vous n'êtes pas déjà de moins en moins nombreux et de plus en plus désunis ?

8:44
Christian Jacob

Il y a deux manières de voir les choses. Il y a la première, vous venez de la présenter, elle est réelle. De toute façon, si on était en bonne santé, on n'aurait pas fait ce résultat aux européennes. Et, objectivement, je ne serais pas candidat aujourd'hui. On n'aurait pas ces élections internes. On peut aussi le voir différemment. C'est que, même si nous sommes effectivement dispersés, ramenons les choses à ce qu'elles sont. D'abord, la boule, ce n'était pas la rentrée politique des LR. C'était une organisation menée par la Fédération de Loire-Atlantique avec les départements voisins, comme ça se fait dans beaucoup de départements ou de régions.

Ceci étant, c'est aussi la démonstration qu'il y a un peuple de droite. Et un peuple de droite qui aspire à l'alternance après ce gouvernement macroniste.

9:28
Invité

Vous êtes sûr qu'il aspire à l'alternance ? Parce que quand on regarde les résultats des européennes où quasiment 30% des électeurs de François Fillon ont voté pour Emmanuel Macron, on peut se demander si le peuple de droite n'a pas été happé par Emmanuel Macron.

9:40
Christian Jacob

Vous savez, quand vous faites le tour de ces différentes rentrées des uns et des autres, vous y allez. Vous voyez bien qu'à la fois, il y a du monde, il y a une mobilisation. Il ne faut pas confondre non plus les scrutins entre les municipales et les européennes. Moi, je crois que cette aspiration, elle existe, mais on n'a pas su l'incarner justement par nos divisions. Et quand j'appelle à mettre fin à toutes ces petites chapelles qui, au-delà de satisfaire les égaux de ceux qui les créent, qu'est-ce qu'elles apportent aujourd'hui ? Je dis à tout le monde de venir travailler dans la grande maison.

Et j'avais parlé de bâtir une cathédrale parce que c'est cela qui va nous permettre d'incarner le moment venu l'alternance.

10:22
Invité

Spécifiquement à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, vous leur demandez de rentrer à la maison ?

10:25
Christian Jacob

Pas qu'à eux, mais à tous ceux qui aujourd'hui se sont éparpillés. Alors, bien souvent, on nous dit, mais regardez, on fait ça parce que ça permet de porter des idées. Je n'ai pas vu beaucoup d'idées émerger de ces petites chapelles. La réalité, encore une fois, ils satisfont les égaux des uns et des autres. Très bien. Mais moi, ce que je veux, c'est qu'on se batte pour un vrai projet d'alternance. Aujourd'hui, notre rôle, ça n'est pas d'apparaître comme les meilleurs opposants à M. Macron, mais c'est d'apparaître aux yeux des Français comme une force crédible d'alternance. Et en étant divisé, on n'y arrivera pas.

10:54
Présentateur

Quel espace politique vous reste-t-il, Christian Jacob, depuis l'élection d'Emmanuel Macron ? J'aimerais citer Emmanuel Mignon, l'ancienne collaboratrice de Nicolas Sarkozy, qui disait la chose suivante. Il faut dire les choses comme elles sont. Emmanuel Macron est le meilleur président de droite qu'on ait eu depuis un certain temps. Fin de citation. Est-ce qu'il n'a pas tout simplement annexé votre territoire idéologique et politique ? D'abord, c'est un avis que je ne partage pas. Celui d'Emmanuel Mignon ?

11:22
Christian Jacob

Oui, tout à fait. Et je pense qu'il y a beaucoup de Français et de droite qui ne partagent pas cet avis. Non, et ne l'a pas incarné pour une raison... Annexé, j'ai dit. Ni annexé pour une bonne et simple raison. C'est que les réformes qu'attendent les gens de droite ne sont pas faites aujourd'hui. Lorsqu'Emmanuel Macron s'engageait sur la baisse des dépenses publiques, la réalité, c'est qu'il augmente les dépenses publiques beaucoup plus vite que ne le faisait François Hollande. Lorsqu'il appelait au désendettement de la France avec une croissance qui repart, la réalité, c'est que par rapport à François Hollande, il a augmenté la dette.

Lorsqu'il part de la compétitivité des entreprises et qu'on compare nos entreprises françaises aux entreprises voisines, on a une balance commerciale qui est beaucoup plus déficitaire. 45 milliards de déficit sous François Hollande dans notre balance commerciale, 60 milliards avec Emmanuel Macron, 15 milliards de plus en deux ans. Donc la compétitivité des entreprises n'est pas là. La réforme, il ne l'a pas. Il a pu, à certains moments, l'incarner, donner l'image de l'affaire. Mais la réalité des chiffres que je viens de citer, c'est que les réformes n'ont pas eu lieu. Et c'est pour ça qu'il ne répond pas à ses attentes.

12:29
Invité

Pardon, mais on ne va pas refaire le... Non, non, non. Et puis deux ans, l'ISF, la loi travail, l'assurance chômage, la SNCF...

12:35
Christian Jacob

Mais quand les choses vont dans le bon sens, nous, nous les votons.

12:37
Invité

Oui. La réforme des retraites. Sans état d'âme. La réforme des retraites. Emmanuel Macron a déclaré que la notion d'âge pivot pourrait être abandonnée au profit d'un allongement de la durée de cotisation. Le président a-t-il eu raison d'entendre les critiques et d'en tenir compte ?

12:52
Christian Jacob

Écoutez, moi j'attends de voir la copie, parce que vous avez noté comme moi que c'était très évolutif, les positions du président de la République sur ce sujet. Alors, qu'il entend les partenaires sociaux, c'est bien. Mais bon, il y a deux ans qu'il les entend, puisque j'avais cru comprendre que c'était le job de M. Delevoix. Donc, force est de constater que ça n'a peut-être pas marché. Donc, attendons de voir la copie, nous, sur les retraites. On a un positionnement qui est très clair. C'est de dire, d'abord, nous devons aller vers l'harmonisation du public et du privé.

En prenant en compte, notamment dans le public, l'ensemble du régime indemnitaire qui n'est pas pris en compte aujourd'hui pour calculer la retraite des agents du service public. Ensuite, la deuxième chose, il faut sortir des régimes spéciaux, mais le faire avec un calendrier. On sait qu'on ne peut pas le faire du jour au lendemain. Et troisième élément, il faut effectivement allonger la durée de cotisation. Nous avons été les seuls à droite à porter une réforme comme celle-là et qui a permis de garantir jusqu'à aujourd'hui notre système de retraite. C'est Nicolas Sarkozy qui a passé l'âge légal de départ à la retraite de 60 ans à 62 ans. Donc, on reste sur cette ligne-là.

14:00
Présentateur

Et une consultation nationale sur le modèle du grand débat national, est-ce que ça vous semble une bonne idée, Christian Jacob, celle d'associer largement les citoyens français à une réforme qui va tous les concerner à un moment ou à un autre ?

14:14
Christian Jacob

Oui, je crains fort que ça, ça permette en fait de gagner du temps et dire que la réforme, ce sera pour après.

14:19
Invité

Vous craignez qu'elle ne soit pas faite, cette réforme ?

14:22
Christian Jacob

Écoutez, j'ai le sentiment qu'on cherche beaucoup à gagner du temps. Alors, moi, j'attends de voir. Pourquoi ? On va voir effectivement si un jour on a un texte sur la table avec des propositions très précises. Mais j'ai plutôt le sentiment qu'on se creuse la tête aujourd'hui à l'Elysée et à Matignon pour savoir comment on gagne du temps. C'est d'ailleurs ce qu'a dit le ministre du Budget.

14:44
Présentateur

L'exécutif ralentit le rythme des réformes.

14:47
Christian Jacob

Écoutez, moi, j'écoute les ministres. J'écoute M. Darmanin qui a dit qu'il fallait au moins un an. Un an pour travailler, consulter. Il n'a pas dit un an pour faire voter la réforme, pour travailler, consulter. Donc, dans un an...

14:57
Présentateur

Oui, mais quand l'exécutif était vertical, toutes les oppositions le lui reprochaient. Quand il est horizontal, on trouve qu'il est plus vertical. Quand ils vont trop vite, on dit que c'est trop rapide. Quand ils ralentissent, on dit qu'ils ne font plus rien. C'est quand même des injonctions contradictoires à chaque fois, non ?

15:16
Christian Jacob

Quand on est au gouvernement, c'est pour gouverner. Ils ne gouvernent plus, là. Ils ne gouvernent pas. Cette réforme, en tout cas pas sur les réformes. La réforme des retraites, ce n'est pas moi qui ai pris l'engagement. C'est le président de la République qui l'a pris il y a deux ans. Il a dit qu'il ouvrait une période de consultation. Il a nommé un haut-commissaire, qui est M. Delevoye, pour faire ce travail, qui rend sa copie. À partir de là, on présente un texte. Et maintenant, on nous dit, oui, le texte nous est présenté, mais finalement, allez, on va reprendre, allez, on va se refaire encore une petite année de consultation, puis pourquoi pas une deuxième ?

15:43
Invité

En fait, vous accusez Emmanuel Macron d'immobilisme. Vous lui reprochez, au fond, de faire du chiracisme. Ça devrait vous plaire.

15:48
Christian Jacob

Jacques Chirac a fait, vous savez, un certain nombre de réformes et de réformes qui ont compté. Que ce soit dans la politique familiale, que ce soit en direction des entreprises, et que ce soit aussi sur la politique internationale, je pense que M. Macron serait bien inspiré, justement, de s'inspirer de Jacques Chirac.

16:04
Présentateur

Allez, beaucoup de questions au standard. On en a beaucoup d'autres également avec Léa. Bonjour Marina. Oui, bonjour. Vous nous appelez de Marseille, vous avez la parole.

16:12
Auditeur

Voilà, bonjour à vous, bonjour à M. Jacob. Bonjour Marina. Je voudrais vous remercier pour le travail, je comprends, difficile au sein de l'Assemblée nationale, pour se faire entendre. Je le remercie pour ça. Voilà, moi je suis militante LR, je suis sarcosiste jusqu'au bout des ongles. J'ai une seule question à vous poser. Quid de la primaire ouverte pour la désignation du prochain candidat aux présidentielles ? Parce que c'est vraiment un sujet qui, je pense, concerne tous les militants. Et à toi ou à raison, c'est peut-être le sujet qui risque de déterminer beaucoup de votes. Donc je voudrais savoir, il y a un des candidats qui s'est déterminé pour quelque chose qui est mi-sèvre, mi-sous.

Je voudrais savoir, vous, votre position. Primaire ouverte, oui ou non ? Pas de primaire du tout. Voilà. C'est très important pour nous.

16:59
Présentateur

Merci Marina. Christian Jacob vous répond.

17:02
Christian Jacob

Je ne suis pas favorable à la primaire. On a vu en quel échec ça nous a conduit. Ceci étant, je pense qu'il y a d'autres priorités aujourd'hui. C'est d'abord être capable d'incarner un vrai projet alternatif et qui apparaisse aux yeux des Français. Mais viendra le moment de désigner notre président, celui qui portera nos couleurs. Et en tout cas, ça ne sera pas, de mon point de vue, par une primaire ouverte parce que...

17:30
Présentateur

Et ce sera sans vous, de toute façon.

17:32
Christian Jacob

Oui, oui, oui. Cette primaire ouverte...

17:35
Présentateur

Vous n'êtes pas président du parti. Peut-être que vous voudrez un jour être président de la République.

17:40
Christian Jacob

A permis, en fait, on l'a bien vu, à des gens qui n'étaient pas de nos sensibilités politiques de venir se mêler du scrutin pour désigner le candidat. Donc il faut sortir de ce jeu-là. Mais la priorité, aujourd'hui, c'est le travail de fond, c'est de bâtir ce projet d'alternance.

17:57
Présentateur

Une question d'André sur l'application France Inter. Vous êtes agriculteur et un des anciens... Je l'étais. Je l'étais. Et l'un des anciens porte-parole du syndicat des agriculteurs. Ça remonte aux années 90. Que dites-vous aux maires de Langouette qui souhaitent tout faire pour préserver les habitants des pesticides ? Soutenez-vous le préfet qui a interdit son arrêté municipal ?

18:19
Christian Jacob

Non. Non, parce que la loi est la loi aujourd'hui. Bien évidemment qu'il faut protéger les habitants des pesticides. Mais prenons pas dans chaque commune des arrêtés dans tous les sens. Il y a des produits... Aujourd'hui, le monde agricole...

18:32
Présentateur

Il faut changer la loi.

18:34
Christian Jacob

Non, non, non. Je veux dire deux choses. Tout d'abord, le monde agricole est sans doute celui qui a fait le plus en matière d'environnement de baisse d'utilisation des pesticides. Et baisse des engrais. Il suffit de regarder aujourd'hui les chiffres. Il y a des efforts énormes. Donc, continuons dans ce sens-là, mais n'interdisons pas tout dans tous les sens du jour au lendemain. Il y a des produits qui sont dangereux, qui sont interdits. Et ce que je dis d'ailleurs, c'est que quand les produits sont interdits en France, ils doivent être sur l'ensemble de l'Union européenne. Vous savez, on peut prendre quelques exemples. Par exemple, juste un mot sur les cerisiers il y a quelques années.

Il y a un produit qui s'appelle le diméthoate, qui est un insecticide qu'on a interdit d'utilisation en France en disant qu'il y avait des risques cancérigènes. Très bien. Sauf qu'il est autorisé en Hongrie, autorisé en Bulgarie. Et donc, les consommateurs ont mangé des cerises qui étaient traitées au diméthoate. Donc, le sujet, c'est celui-là. Ce n'est pas que chacun dans son précaré prenne telle ou telle interdiction. Donc, faisons-le avec sérieux, avec sens des responsabilités en fonction des produits qui sont dangereux aujourd'hui, qui doivent être interdits et ceux qui peuvent être utilisés. Sinon, demain, il n'y aura plus d'agriculture.

Le problème sera résolu aussi d'une autre manière.

19:40
Invité

Christian Jacob, comme les municipales approchent. Quel est votre objectif pour les municipales ? Garder combien de villes ?

19:44
Christian Jacob

Nous sommes majoritaires sur les territoires. Nous devons rester majoritaires sur les territoires.

19:50
Invité

Ça veut dire concrètement combien ? En dessous de combien vous serez déçus ?

19:53
Christian Jacob

On sera déçus si on n'est plus majoritaire sur les territoires.

19:57
Invité

Qu'est-ce que vous dites aux élus LR qui ont des velléités de rejoindre la République en marche ? Est-ce qu'ils seront sanctionnés s'ils franchissent le port ? C'est quoi la règle ?

20:04
Christian Jacob

La règle, c'est qu'on ne peut pas passer d'accord en marche, pas plus d'ailleurs qu'avec le Rassemblement National ou d'autres. On passe des accords avec nos partenaires traditionnels que sont les centristes. Pas d'accord en marche. Pourquoi ? Parce qu'à partir du moment où vous composez une liste avec un accord politique, avec une autre formation politique, lorsque vous allez avoir les sénatoriales, les grands électeurs vont se rapprocher de leur formation politique. Et donc, si on va dans ce sens-là, ça veut dire qu'on perdra la majorité au Sénat au départemental et au régional. Question concrète. En revanche, j'ai été maire. Et en tant que maire, ça n'est jamais une formation politique.

La mienne, celle du RPR, de l'UMP et des LR aujourd'hui qui m'a expliqué comment je composais ma liste. Donc un maire la compose avec intelligence en fonction des personnalités qui répondent aux attentes de sa population. Alors justement,

20:55
Invité

vous répondez quoi à Christian Estrosi qui dit je veux simplement m'entourer des meilleurs pour servir les Niçois sur ma liste s'il mettait sur sa liste des personnalités de la République En Marche. Il est sanctionné ou pas ?

21:05
Christian Jacob

Je ne veux pas d'accord politique. Je l'ai dit. Donc on aura l'occasion en commission d'investiture d'auditionner Christian Estrosi et tous ceux qui sont candidats aux élections municipales et qui nous présenteront leur projet municipal. Pour moi, il ne peut pas y avoir d'accord parce que l'accord c'est un marché de dupe. Et puis, allons au-delà de ça. Quelle est la volonté d'En Marche aujourd'hui ? C'est de nous voir disparaître. On ne va pas s'associer avec des gens dont le but premier est de nous voir disparaître. Donc sanctions ? Un peu de bon sens. Mais je ne suis pas dans les sanctions. Je dis simplement qu'il y a une règle.

Et la règle pour l'investiture c'est qu'il n'y a pas d'accord politique.

21:37
Invité

Dernière question. Est-ce que Rachida Dati va être candidate à Paris ?

21:40
Christian Jacob

On va, là aussi, on l'évoquera, en commission d'investiture le moment venu. Moi, j'ai toujours considéré, je n'ai jamais fait mystère, je considérais que Rachida Dati avait toutes les qualités pour porter nos couleurs. Mais ce n'est pas une décision que je prends seul, c'est une décision qui doit être débattue au sein de la commission d'investiture. Quand ? Avec, écoutez, d'ici cet automne, voilà, non mais là, on est dans les élections internes, je ne suis pas président du parti, donc les commissions d'investiture continuent, vont avancer jusqu'à la fin de l'année et voilà, une décision sera prise le moment venu.

22:15
Présentateur

Merci Christian Jacob d'avoir été au micro de France Inter et bonne campagne pour votre élection possible à la tête du parti de l'État. Merci de soutien de cet engagement. Oui, non, enfin, j'ai juste fait un geste, ils n'y voyaient pas, ce n'était pas un vote à main levée. Enfin,

22:33
Invité

il n'y a pas un immense suspense dans votre cas.

22:36
Présentateur

Il n'y a pas de suspense. Écoutez,

22:37
Christian Jacob

une élection, c'est une élection et on la prend toujours avec humilité et responsable. Voilà, cette déclaration est en faite,

22:43
Présentateur

je vous redis merci. il est 8h45.

Christian Jacob : "La règle pour les municipales, c'est : pas d'accord avec En Marche" — Christian Jacob · Pourquijevote