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Podcast / conversationUnion Populaire Républicaine· 17 octobre 2019 16 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsEurope & international

Rencontre avec un nouveau conseiller municipal UPR

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonjour, M. Fourage. Pouvez-vous nous parler de vous ?

  • 0:31OuverteRéponse directe

    Pouvez-vous nous dire à partir de quel âge ou à quel moment dans votre vie vous vous êtes intéressé à la politique ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est une prise de conscience qui a pris du temps à germer pendant votre engagement au sein du mouvement ou c'est venu brutalement ?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Quelle différence faites-vous aujourd'hui fondamentale entre les idées souverainistes et les idées de Marine Le Pen ?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Donc vous avez décidé de quitter DLF plutôt que de subir ce rapprochement. Qu'est-ce qui s'est passé pour vous ensuite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:01Benoit FourageFait
    « En effet. Aujourd'hui, on est à mille lieues de ce qu'était Debout la République au départ. »
  • 2:31Benoit FourageFait
    « Donc je crois qu'il faut pas avoir peur de ses idées, de ce qu'on pense, et ne jamais renoncer. »
  • 4:01Benoit FourageFait
    « Qui ne l'est pas, Marine Le Pen encore moins, je pense. Enfin les deux se valent, de toute façon. »
  • 6:01Benoit FourageFait
    « Le seul qui reste, et le seul qui vraiment ait la qualité intellectuelle pour véritablement résister à cette espèce de macronie ambiante, oui, je vois que François Asselineau aujourd'hui. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour à tous. Je me trouve aujourd'hui à Sucé-sur-Erdre, une petite commune de Loire-Atlantique, où M. Benoit Fourage est conseiller municipal depuis 2014.

Benoît Fourage a adhéré à l'UPR il y a maintenant 1 mois. Et nous allons lui poser quelques questions. C'est parti. — Bonjour, M.

Fourage. — Bonjour. — Donc vous êtes conseiller municipal à la mairie de Sucé-sur-Erdre.

Et vous venez de rejoindre l'UPR il y a maintenant 1 mois. Pouvez-vous nous parler de vous ? — Oui.

Donc Benoit Fourage. J'ai 47 ans. Je suis donc cadre commercial.

Je vis ici à Sucé-sur-Erdre donc depuis près de 20 ans. — D'accord. — Je suis né à Guérande donc il y a un petit bout de temps.

Et j'ai après vécu sur Nantes pour rejoindre cette très belle commune qu'est Sucé-sur-Erdre, qui est située à 15 km de Nantes environ. — D'accord. Donc on est là pour parler de votre engagement au sein de cette commune... — Oui. — ...puis aussi de votre cheminement politique qui vous a mené à l'UPR.

Pouvez-vous nous dire à partir de quel âge ou à quel moment dans votre vie vous vous êtes intéressé à la politique, et à partir de quel moment ça vous a mené à intégrer un parti politique ? — Alors je me suis intéressé très tôt à la politique. J'avais 10, 11 ans.

C'était lors de l'élection présidentielle de 1981 opposant Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand. Et c'est mon père qui m'a fait découvrir ça, qui m'a emmené dans les meetings. Et là, j'ai goûté à la joie des grands meetings de 8 000 à 10 000 personnes sur Nantes.

À l'époque, ouais, c'était important. — Il y avait un peu plus de monde qui se déplaçait à l'époque. — À l'époque, on se déplaçait beaucoup plus. — Ouais. — Donc voilà ce qui m'a conduit – disons – à la politique très jeune, et qui m'a fait suivre après avec plus ou moins d'assiduité, mais qui m'a fait suivre le parcours politique et m'intéresser à maintenant...

Oui, je baigne dedans, maintenant, depuis très longtemps. — Ouais. Donc à un moment dans votre vie, vous avez passé le pas, vous avez décidé d'adhérer à un parti politique ?

C'est ça ? — Oui. Donc il y a 7 ans, j'ai rejoint Debout la République à l'époque – c'était son nom – de Nicolas Dupont-Aignan. — D'accord. — Je l'ai rejoint pour des raisons qui me semblaient évidentes.

C'était pour moi quelqu'un de sain, qui disait les choses réellement, qui les pensait comme il le disait. Sauf que j'ai réalisé un peu plus tard que c'était bien différent. Les choses étaient différentes que ça.

Mais son engagement contre l'UE, contre l'euro, même contre l'OTAN dont il était... — À l'époque, vous trouviez ça clair qu'il souhaitait sortir de l'UE, de l'euro et de l'OTAN ?

Parce qu'aujourd'hui, sur ses professions de foi, on retrouve pas ça du tout. — En effet. Aujourd'hui, on est à mille lieues de ce qu'était Debout la République au départ.

C'était un rassemblement de gens qui venaient autant de la droite que de la gauche. C'était un rassemblement de patriotes simples. Pas d'extrémistes ni de gauche ni de droite.

Et puis les idées étaient très claires, alors qu'elles sont devenues très embrouillées petit à petit. — D'accord. Vous trouvez que les idées de sortie de l'UE étaient présentes avant et qu'au fur et à mesure des années, elles ont disparu. — Oui, par une simple lubie électoraliste : de penser que parce qu'on était contre l'UE, on allait perdre des voix, pour M.

Dupont-Aignan, ce qui – on l'a vu récemment – était totalement faux. — (Ricanement) — Le plantage a été de toute beauté. Donc je crois qu'il faut pas avoir peur de ses idées, de ce qu'on pense, et ne jamais renoncer. — Ouais. — Et là, on a eu un renoncement extraordinaire de Dupont-Aignan.

Et on voit où ça l'a mené, où ça a mené d'ailleurs beaucoup d'autres hommes politiques également. — Ouais. Est-ce que c'est une prise de conscience qui a pris du temps à germer pendant votre engagement au sein du mouvement ou c'est venu brutalement ? — Au sein du mouvement, petit à petit, je me sentais de moins en moins à l'aise pour donner mes opinions.

Je pensais qu'on passait beaucoup plus de temps à se bouffer le nez entre nous qu'à agir véritablement, qu'à convaincre, qu'à être sur le terrain, qu'à être efficace. Et ça, ça me gênait de plus en plus. — D'accord. — Mais j'avais des idées.

J'étais sincère avec aussi les gens qui croyaient en moi. Donc je continuais. J'étais conseiller national à ses côtés.

Et... — Donc vous vous êtes présenté au conseil municipal de Sucé-sur-Erdre... — Oui. — ...en quelle année ?

Expliquez-nous un petit peu cette campagne. — Donc c'était en 2014. Donc ça va faire maintenant 5 ans.

La prochaine élection a lieu dans quelques mois. Ces six ans-là auront été au départ pas si mauvais, mais en fait plus dans un rôle quand même qu'on nous demandait de godillot, de suivre la manœuvre et « Ne posez pas trop de questions. Approuvez et taisez-vous ». — Est-ce que vous pouvez nous expliquer sur quelle liste vous avez été élu ? — J'ai été sur une liste sans étiquette.

C'est monsieur le maire qui m'avait appelé, voyant que j'étais quelqu'un qui faisait de la politique mais qu'après tout, devant un conseil municipal, je pouvais me tenir sans avoir des propos anti-UE, anti...

Non, je pouvais parler d'autre chose aussi. J'ai d'ailleurs proposé beaucoup de sujets au niveau social, puisque c'était un peu plus mon domaine. Ils n'ont pas été repris ou ils ont été repris par d'autres. — D'accord. — C'est mon regret.

Et puis on n'a pas pu avancer réellement dans ce qu'on voulait. Donc oui, c'est pas pour moi un souvenir qui restera hélas inoubliable. — (Ricanement).

D'accord. Donc outre ce poste de conseiller municipal que vous occupez à la mairie de Sucé-sur-Erdre, vous avez été aussi membre du conseil national de Debout la France, et aussi membre encadrant de l'équipe départementale en Loire-Atlantique. — Oui. — Est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu comment ça se passait sur place ? — Oui.

Disons que les bureaux départementaux étaient assez surchauffés au niveau de l'ambiance. Comme je vous ai dit, on passait plus de temps à se bouffer le nez chacun que d'avancer. Et ça se rejoignait parmi les cadres, puisque le changement de secrétaire départemental avait lieu quasiment tous les 6 mois, chacun excluant l'autre qui excluait l'autre... — Vous aviez...

Enfin tout le monde avait des idées complètement différentes ? Qu'est-ce qui se passait ? — Des idées tellement différentes, je ne sais pas.

Mais certains lorgnaient déjà vers le FN. D'autres lorgnaient vers d'autres partis. Il n'y avait pas véritablement une unité comme j'aurais aimé la trouver certainement, oui. — D'accord.

Et donc quel a été l'élément déclencheur, finalement, de votre démission de Debout la France ? — C'était entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2017, opposant donc M. Macron à Mme Le Pen, où quelques jours avant, sur les écrans de télévision, on pouvait voir M.

Dupont-Aignan nous dire que jamais il n'irait vers Marine Le Pen, vers aucun extrémisme. Rappelez-vous son slogan : « Ni système ni extrême ». Pour quelqu'un qui est vraiment dans le système, il n'y a pas plus, pour l'instant, enfin même pour pas mal de temps, je pense, et qui a rejoint les extrêmes, surtout un.

Donc tout ça, quand j'ai entendu ça alors que nous avions voté contre un rapprochement avec le FN... — D'accord.

Il y a eu un vote... — Absolument. — ...entre les deux tours.

Est-ce que vous pouvez nous parler de ce conseil national, de ce vote ? — Oui, il y a eu un conseil national entre les deux tours. Il y a eu un vote.

La question à la fin était bien sûr : « Qui était pour ? Qui était contre ? ».

Donc une majorité s'est dessinée contre le rapprochement avec Marine Le Pen. Mais quand même, depuis plusieurs mois déjà, certains cadres du parti s'en allaient. Et on voyait arriver beaucoup de gens du FN.

Et beaucoup de gens, derrière, préparaient une certaine relève avec le FN. Donc tout était en marche pour aller vers Marine Le Pen. — D'accord.

Mais il n'empêche que vous aviez majoritairement voté contre ce rapprochement. — Absolument. — Pourtant, ça n'a pas été votre décision qui a été décidée par Dupont-Aignan. — Non, M.

Dupont-Aignan n'est pas un grand démocrate, puisqu'il n'accepte pas la loi de son parti, comme le parti...

Un conseil national, c'est le représentant des départements français. Donc il n'a pas respecté ça, s'il n'y avait eu que ça qu'il n'a pas respecté. Mais je veux dire : c'est pas possible de continuer dans des conditions pareilles.

Donc moi, j'ai entendu ça à la télé : « Je veux être le Premier ministre de Marine Le Pen », bon, déjà, au départ, je sais pas s'il fallait que je rigole ou que je pleure. Je ne sais pas. Peut-être des deux, je ne sais pas.

Mais enfin en tout cas, ça m'a mis hors de moi. Et j'ai rendu donc ma carte d'adhérent. Quelques heures plus tard, je l'envoyais par La Poste en leur disant « Au revoir » et « Plus envie... »... — Ah, ça a été direct.

Pour vous, il n'y avait pas la possibilité, c'était pas possible pour vous d'accepter le fait que vous rejoigniez Marine Le Pen, c'était quelque chose qui était inenvisageable. — Ah non, pour moi, c'était complètement hors de propos, c'était... — Quelle différence faites-vous aujourd'hui fondamentale entre les idées souverainistes et les idées de Marine Le Pen ?

Qu'est-ce qui, pour vous, est un frein principal à ça ? — Alors déjà, « souverainiste », le terme...

On aime ou on n'aime pas, mais peu importe. — Oui, je suis d'accord. — Admettons que par exemple, nous soyons souverainistes... — Je parle de M.

Dupont-Aignan, qui se qualifie lui-même de souverainiste. — Qui ne l'est pas, Marine Le Pen encore moins, je pense. Enfin les deux se valent, de toute façon.

Donc on a deux personnes qui ne veulent pas sortir de l'UE, qui ne veulent pas sortir de l'euro, qui ne veulent pas sortir... — ...de l'OTAN. — ...de l'OTAN.

Où est-ce que vous trouvez qu'il y a un côté Charles de Gaulle, union souverainiste là-dedans ? Il n'y en a pas. Marine Le Pen, elle a tout vendu.

Tous ses électeurs...

Ah, ils sont toujours présents, parce que la meute suit le chef de meute. Et puis voilà. Mais quant à M.

Dupont-Aignan, il n'y a plus grand monde qui le suit. Donc là, c'est encore un autre problème. Mais ces gens-là ont tout renié.

Et puis ces gens-là ont un fond de boutique qui est absolument détestable. Je le dis franchement : limite, quand c'est pas raciste...

Si, c'est quasiment ça. — Ouais, d'accord. — Je l'ai vu sur Internet, où on s'est moqués ouvertement de la part de ces gens-là comme de la part des gens de M.

Philippot, de notre n°2 Zamane Ziouane parce qu'elle était pas assez suédoise. Faut peut-être pas exagérer non plus, quoi. Faut pas...

Les gens qui tiennent ce genre de propos, pour moi, n'ont à rien à faire ici. Ou alors c'est leur parti, qu'ils restent dans leur parti. Mais bah je... — Vous considérez que vous avez pas à partager ce genre d'idées. — Non. — Donc vous avez décidé de quitter DLF plutôt que de subir ce rapprochement. — Ah oui, oui.

Ça m'aurait paru complètement incroyable et complètement contre-nature pour moi de poursuivre avec un parti qui, ouvertement, s'était allié avec l'extrême-droite. Non. Pour moi, je ne le comprenais pas...

Enfin je comprenais bien son raisonnement politique : qu'il était uniquement intéressé. Pour lui, ça allait être : enfin, il rentrait dans la cour des très grands, des deux plus grands donc qui avaient été qualifiés. Et pour lui, ça allait être – peut-être, dans sa tête – : après, s'éloigner de Marine Le Pen et avoir engrangé suffisamment de voix.

Son calcul était une fois de plus très mauvais, comme les autres qui ont suivi. — Ouais, d'accord. Donc une fois que vous avez démissionné de Debout la France, qu'est-ce qui s'est passé pour vous ? — Une longue période de réflexion.

Qu'est-ce que la politique pouvait encore m'apporter, et est-ce qu'elle pouvait encore m'apporter quelque chose ? Mais quand on est tombés dedans étant petit, difficile de s'en remettre. Donc je suivais toujours la politique.

Et je me suis posé la question quand même de me dire un jour : « Tiens, en fait, l'UPR, ça existe ». — Vous nous connaissiez depuis un moment ou... — Oui, oui, depuis plusieurs années, avant même que je vienne vers DLF.

Pour moi, c'était un parti...

L'UPR, j'arrivais pas tellement à le situer. Je me disais : « Qu'est-ce que c'est que cet ovni ? », ... — (Approbation) — « Qu'est-ce que c'est que ces gens-là qui sont aussi motivés, aussi mobiles, aussi militants ? », alors qu'ils représentaient pas grand-chose – ils font un peu mieux maintenant –.

Puis je peux même dire que nous faisons un peu mieux maintenant. Mais à l'époque, c'était pas forcément jouable. Et, bon, j'entendais des choses qu'évidemment, M.

Dupont-Aignan laissait à chacun l'analyse en démontant M. Asselineau : pas très sympa. Mais bon, c'était comme ça.

Et puis bah moi, je me suis dit : « Bon, bah François Asselineau, qu'est-ce qu'il propose, au fond ? Tout ce que proposait Nicolas Dupont-Aignan à une certaine époque ». Était-ce vrai ou pas ?

J'ai des doutes. Aujourd'hui, j'en ai plus. J'ai rejoint l'UPR, et j'en suis très fier, parce que ce sont mes idées, c'est tout.

Et qu'on fasse 1%, qu'on fasse 2%, qu'on fasse 3%, c'est pas le problème. On ne renonce pas quand on a les idées. J'avais les mêmes il y a 10 ans, 15 ans.

J'ai toujours les mêmes. J'ai toujours voté...

Non à Maastricht à l'époque. C'était Séguin, Pasqua, Villiers. J'ai toujours donc été souverainiste.

Donc je vois pas comment...

Et aujourd'hui, le seul qui reste, et le seul qui vraiment ait la qualité intellectuelle pour véritablement résister à cette espèce de macronie ambiante, oui, je vois que François Asselineau aujourd'hui. — On est heureux, nous, de vous compter parmi nos adhérents maintenant. — Merci. — Et on est heureux aussi de compter notre premier conseiller municipal en Loire-Atlantique.

Bah bienvenue à vous. — Merci beaucoup. — Et merci à vous. — Merci. — À bientôt. — Au revoir. — Au revoir.