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Discours / meetingUnion Populaire Républicaine· 4 janvier 2020 11 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalJustice

Des indépendantistes catalans acquittés par la Cour de Justice de l'UE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 1Fait
    « Le 20 décembre, la Cour de justice de l'Union européenne a pris une décision, a rendu un arrêt qui est potentiellement très important, et même dévastateur, qui concerne la situation personnelle de l'un des leaders indépendantistes catalans, qui s'appelle M. Oriol Junqueras »
  • 0:45Locuteur 1Fait
    « Oriol Junqueras était l'un des alliés de Carles Puigdemont, qui était le président de la Generalitat de Catalunya »
  • 1:30Locuteur 1Fait
    « Le 1er octobre 2017, il y a 2 ans et 2 mois, il y a 26 mois, avait eu lieu un référendum sur l'indépendance de la Catalogne »
  • 2:15Locuteur 1Fait
    « Les listes, les émargements n'étaient pas très fiables. On avait voté dans des urnes en carton. Enfin tout ça n'était pas très sérieux. »
  • 3:00Locuteur 1Chiffre
    « 90% des votants avaient voté pour l'indépendance de la Catalogne »
  • 5:15Locuteur 1Chiffre
    « Le 14 octobre 2019, Oriol Junqueras a été condamné par le tribunal suprême espagnol à 13 ans de prison pour sédition et pour malversation »
  • 9:45Locuteur 1Fait
    « Mme Nicola Sturgeon réclame un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Mes chers compatriotes. Le 20 décembre, la Cour de justice de l'Union européenne a pris une décision, a rendu un arrêt qui est potentiellement très important, et même dévastateur, qui concerne la situation personnelle de l'un des leaders indépendantistes catalans, qui s'appelle M. Oriol Junqueras, qui est de la gauche républicaine indépendantiste catalane.

Je vais faire un petit retour en arrière pour que l'on comprenne bien la situation. Oriol Junqueras était l'un des alliés de Carles Puigdemont, qui était le président de la Generalitat de Catalunya, c'est-à-dire de la province, de la région de Catalogne, président indépendantiste que soutenait – même s'il n'était pas du même parti – M. Oriol Junqueras.

Vous vous rappelez peut-être : le 1er octobre 2017, il y a 2 ans et 2 mois, il y a 26 mois, avait eu lieu un référendum sur l'indépendance de la Catalogne, qui avait été organisé par les autorités indépendantistes catalanes contre la décision absolument formelle de la Cour suprême espagnole, puisque l'Espagne a une Constitution qui prévoit l'unité – notamment – nationale, et que l'armée espagnole doit d'ailleurs prêter serment de se battre jusqu'à la mort pour préserver l'unité espagnole. Alors le référendum avait été interdit par les autorités madrilènes, les autorités centrales espagnoles. Les autorités catalanes indépendantistes l'avaient fait quand même.

Ils l'avaient fait d'ailleurs dans des conditions qui étaient un petit peu folkloriques, puisque évidemment, ils avaient des bâtons dans les roues qu'avait mis le gouvernement central. Et donc les listes, les émargements n'étaient pas très fiables. On avait voté dans des urnes en carton.

Enfin tout ça n'était pas très sérieux. Il n'en demeure pas moins que, d'après les résultats officiels publiés par les autorités catalanes, il y avait eu une participation de 46%, donc un taux de participation inférieur à la majorité de la population, mais 90% des votants avaient voté pour l'indépendance de la Catalogne. Encore une fois, ce sont des données fournies par les indépendantistes catalans, et que les autorités espagnoles considèrent comme nulles et non avenues, fausses, susceptibles d'avoir fait l'objet de modifications en tout genre, et de toute façon un référendum illégal.

Alors qu'est-ce qui (s'était ensuivi) ? Bah il (s'était ensuivi) que la justice espagnole avait voulu sévir et qu'à partir du mois d'octobre 2017, le gouvernement de la Generalitat de Catalunya avait été donc suspendu. Les autorités indépendantistes, donc, avaient fait l'objet de mandats d'arrêt.

Le président Carles Puigdemont et 5 de ses conseillers avaient pris la poudre d'escampette le 30 octobre 2017, étaient allés se réfugier à Bruxelles en passant par Marseille. Ils sont d'ailleurs toujours à Bruxelles en ce moment. Mais si ça avait été le cas de Carles Puigdemont et de ses conseillers, ça n'avait pas été le cas de Oriol Junqueras, qui lui, était resté délibérément en Catalogne.

Il s'était fait arrêter en novembre 2017, donc quelques jours après. Il s'était fait arrêter. Et il avait été placé en détention provisoire pour délits multiples : délit de rébellion, délit de sédition contre l'unité nationale espagnole, délit de malversation de fonds publics.

Depuis novembre 2017, Oriol Junqueras est donc en prison. Mais ça n'avait pas empêché qu'il se mette sur une liste pour les élections européennes, en position éligible de son parti. Et le 26 mai 2019, lorsqu'il y avait eu les élections européennes en Espagne, Oriol Junqueras, tout en étant en prison préventive, était élu député européen, malgré cette détention.

Normalement, il aurait donc dû aller en tant que député européen...

D'abord, il aurait dû prêter serment devant la Cour suprême espagnole. Ce qu'il a été interdit de faire par les autorités espagnoles. Et normalement, il aurait dû aller ensuite, le 2 juin 2017, lors de l'inauguration du nouveau Parlement européen...

Il aurait dû y être présent. Sauf que les autorités espagnoles refusèrent à Oriol Junqueras de se rendre justement au Parlement européen, l'ont maintenu en prison. Ensuite, qu'est-ce qui s'est passé ?

Le 14 octobre 2019, Oriol Junqueras a été condamné par le tribunal suprême espagnol à 13 ans de prison pour sédition et pour malversation. Et ça a été assorti de 13 ans d'inéligibilité. Et M.

Junqueras est toujours en prison. Or, on en arrive donc à cette décision qui a été prise le 19 décembre 2019 : la Cour de justice de l'Union européenne a décidé que M. Junqueras, puisqu'il avait été élu député européen le 26 mai 2019, au prononcé même des résultats, il devait bénéficier de l'immunité parlementaire, bénéficiant d'une immunité parlementaire, il avait donc le droit de se rendre le 2 juin à Bruxelles pour le nouveau Parlement européen, et donc que M.

Junqueras devait être libéré. Et d'ailleurs, de fil en aiguille, de la même façon, eh bien Carles Puigdemont, qui est réfugié en (Belgique), pourrait également bénéficier de cette immunité parlementaire et pourrait donc rentrer en Espagne, alors qu'il est actuellement poursuivi, que l'Espagne a produit un mandat d'arrêt, pour lequel la Belgique n'a pas obtempéré. Voilà l'affaire.

Qu'est-ce que l'on peut en tirer comme conséquence ? Bah on peut en tirer comme conséquence que le gouvernement espagnol est de plus en plus embêté. Les autorités espagnoles sont de plus en plus embêtées.

Mais au-delà d'elles, c'est l'ensemble des dirigeants des pays d'Europe qui doivent être inquiets, parce que ça signifie quoi ? Ça signifie que la Cour de justice de l'Union européenne, qui a décidé que l'immunité était accordée dès l'élection...

Simplement, M. Junqueras n'avait pas prêté serment dans les bonnes formes. Et puis ça revient à dire que le jugement qui a été prononcé par l'Espagne, qui est un jugement...

Certes, il a été prononcé après l'élection de mai 2019, mais pour des faits qui sont antérieurs. Eh bien donc que la justice espagnole, en fait, doit s'effacer devant l'immunité du Parlement européen. On a bien compris : tout ça est éminemment politique.

On voit bien que derrière tout ça, c'est une nouvelle preuve de ce que les partisans de la construction européenne, quoi qu'ils en disent, même s'ils font semblant du contraire, ne cessent que de fomenter la division des grands États-nations d'Europe. On le voit d'ailleurs au Royaume-Uni, puisque Mme Nicola Sturgeon, qui est donc la responsable, la cheffe du Scottish National Party : ce parti indépendantiste écossais, pro-européen...

Bien Mme Nicola Sturgeon réclame un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Écosse, alors qu'ils en ont déjà eu un en 2014. Et elle le fait au motif que désormais, les conditions auraient changé, puisque les électeurs écossais ont voté en 2016 majoritairement pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. Et là, lors des dernières élections générales, eh bien le Scottish National Party a remporté – je crois – quelque chose comme 45 ou 46 sièges sur 58, enfin a fait un beau succès.

Et donc les Écossais demandent l'indépendance, voulant rester dans l'UE. En bref, tout ça est inquiétant, parce que ça veut dire qu'il y a maintenant deux légitimités politiques qui s'affrontent en Europe : d'une part la légitimité nationale, soutenue par la grande majorité de la population, d'autre part la légitimité européiste, qui prétend donc défaire les États-nations, les diviser contre eux-mêmes, pour progressivement soumettre tout le continent européen à la loi de l'oligarchie qui pilote la construction européenne. Et malheureusement, eh bien dans chaque pays d'Europe, dans de nombreux pays d'Europe, les européistes peuvent compter sur le soutien, l'appui des indépendantistes ici ou là : indépendantistes catalans, indépendantistes du Pays basque, indépendantistes de Galice, indépendantistes de la Flandre en Belgique, indépendantistes écossais au Royaume-Uni, indépendantistes gallois même, et en France indépendantistes en Corse ou bien en Bretagne.

Sachant que, comme je l'ai toujours dit, tous ces indépendantistes présentent la particularité étonnante d'être tous pro-européens. C'est-à-dire qu'ils prétendent retrouver une liberté que leur dénieraient les États-nations qu'ils combattent, mais en revanche, préfèrent trouver la liberté et l'épanouissement dans une construction européenne dont il n'est maintenant plus à prouver qu'elle est tyrannique, dictatoriale et qu'elle soumet les peuples à la loi impitoyable des marchés, de l'argent et d'une oligarchie financière qui en veut toujours plus. J'invite tous ceux qui m'écoutent à réfléchir en conscience à cette situation.

Situation que je suis le seul responsable politique, ou quasiment le seul, en France, à souligner depuis des années : la volonté délibérée des partisans de la construction européenne de démanteler les États-nations comme l'État-nation français, cette volonté, sous couvert d'apporter la liberté, la proximité, la démocratie locale, défendre...

Etc, etc. En réalité en démantelant les États-nations, qui sont le creuset d'une solidarité nationale héritée des siècles. Elle offre les personnes qui restent dans ces régions...

Elle les offre comme des victimes à l'exploitation générale qui s'annonce si nous ne mettons pas un terme à la construction européenne. Réfléchissez-y. Vive la République et vive la France.