Élisabeth Borne sur la taxe carbone : "On ne va pas reprendre la trajectoire comme si rien ne s'était passé"
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Questions et réponses
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- 0:56OuverteRéponse directe
Quels premiers éléments vous pouvez nous livrer sur ce qui est remonté du grand débat ?
- 2:01RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que le grand débat a modifié dans votre approche depuis les Gilets jaunes ?
- 2:58OuverteRéponse partielle
Si j'habite un village à 20 km de Tarbes sans transport public, votre loi m'apportera quoi ?
- 3:23FerméeRéponse directe
Donc c'est à mon maire que je dois m'adresser ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous qu'il n'y ait pas eu un engouement plus fort pour la prime à la conversion ?
- 6:12OuverteRéponse directe
Êtes-vous prête à évoluer sur la prime à la conversion ou d'autres points de la loi ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:15Invité politiqueFait
« Cette loi, c'est une réponse forte aux fractures sociales, territoriales que connaît notre pays. »
- 2:35Invité politiqueChiffre
« On va investir 50% de plus dans les réseaux ferrés pour les remettre en état, 30% de plus dans les routes. »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« Au long de l'année 2018, il y a 300 000 foyers qui ont bénéficié de cette prime. »
- 9:13Invité politiqueChiffre
« Moi, j'ai toujours dit qu'on recherche une ressource de 500 millions d'euros. »
- 11:31Invité politiqueChiffre
« Son chiffre d'affaires a été multiplié par deux. »
- 12:35Invité politiqueFait
« Je vous confirme qu'on a ce projet de privatisation. »
- 19:16Invité politiqueFait
« Le modèle de TGV que je défends c'est un modèle de TGV qui ne dessert pas uniquement les métropoles mais qui va au-delà des lignes à grande vitesse. »
- 20:45Invité politiqueFait
« C'est bien le sens de la loi, l'État prend ses responsabilités. »
- 22:01Invité politiqueFait
« On avait confié une mission à des parlementaires sur comment on peut passer plus vite son permis de conduire. »
Temps de parole
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Il est 8h21, France Inter, Nicolas Demorand, le 7-9 Et avec Alexandra Ben Saïd, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la ministre des Transports, dialoguée avec elle, intervenait au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et via l'application mobile France Inter. Bonjour Elisabeth Borne. Et merci d'être au micro d'Inter, l'examen de la loi d'orientation des mobilités présentée en novembre dernier avait été repoussée, notamment pour tenir compte de ce qui s'est passé depuis, c'est-à-dire le grand débat national.
Je rappelle que le mouvement des Gilets jaunes est né d'une contestation du prix des carburants par des Français qui ne peuvent pas faire autrement que de prendre leur voiture, alors que la loi arrive mercredi au Sénat, alors que le grand débat national va bientôt s'achever. Dites-nous Elisabeth Borne, quels premiers éléments vous pouvez nous livrer ? Qu'est-ce qui est remonté déjà de la part des Français dans toute la première phase de ce grand débat ?
Alors je voudrais d'abord dire que cette loi, c'est une réponse forte aux fractures sociales, territoriales que connaît notre pays. Et ce n'est pas une réponse de circonstance, moi ça fait deux ans que je prépare cette loi. L'enjeu, c'est de sortir d'une France à deux vitesses, dans laquelle on inaugure des TGV pour les métropoles, et dans le même temps les routes, les réseaux ferrés se dégradent, et dans toute une partie de notre pays, on n'a pas de solution alternative à la voiture. Donc il faut répondre à ce qui, du coup, crée un sentiment d'injustice, où on a une partie des territoires, une partie de nos concitoyens, qui se sentent abandonnés.
Et par ailleurs, ces réponses de TGV, du tout TGV, ça ne répond pas aux attentes des Français qui veulent des routes en bon état, qui veulent des trains qui arrivent à l'heure, et qui veulent qu'on puisse avoir d'autres solutions.
Qu'est-ce que le grand débat a modifié dans ce que vous venez de dire, qui était déjà valable pour la loi avant le mouvement des Gilets jaunes ? Est-ce qu'il y a eu une modification substantielle de votre approche de cette question, depuis que les Français ont parlé ? Encore une fois, c'est parti de là.
Oui, en fait, ce débat, il confirme ce diagnostic, ce diagnostic sur cette fracture qu'on a dans notre pays, et donc cette nécessité de revoir nos priorités en termes d'investissement, c'est ce que propose la loi, de ne plus faire le tout TGV, mais au contraire, d'entretenir les réseaux. On va investir 50% de plus dans les réseaux ferrés pour les remettre en état, 30% de plus dans les routes. On va développer les réponses, les trains, autour des grandes villes. On va aussi, enfin, faire les routes qui sont nécessaires pour désenclaver une partie de notre pays, que ce soit à Aurillac, à Prade, moi je serai à Castres cet après-midi. Donc c'est ces réponses que les Français attendent.
Alors, Elisabeth Borne, imaginons, on va prendre un cas, imaginons que je sois la mère de famille, d'une famille qui compte deux enfants, et j'habite un village à 20 km de Tarbes, dans le sud-ouest. J'ai des rendez-vous, j'ai deux enfants en bas âge, je dois aller chez la nounou, je dois emmener à la maternelle, c'est dans un village à côté, il n'y a pas de train, il n'y a pas de bus, il n'y a pas de transport public. J'ai donc deux véhicules et ce sont deux diesels. Votre loi, elle va m'apporter quoi ?
La priorité de cette loi... Ça existe, on est d'accord. Mais on est d'accord. Énormément de Français, et c'est là que ça s'est cristallisé. On a créé effectivement une très forte dépendance à la voiture. L'objectif, c'est, dès que c'est possible, de proposer des solutions alternatives. Et ce n'est pas depuis Paris qu'on va apporter les bonnes réponses, c'est de donner aux collectivités, de leur simplifier la vie, de leur donner une boîte à outils pour qu'ils puissent, au plus près du terrain, apporter d'autres solutions. Ça peut être du transport à la demande, ça peut être des véhicules électriques en libre-service, ça peut être de faciliter le covoiturage.
Et donc, c'est toutes ces réponses qu'il faut permettre de développer au plus près des besoins, et donc par les collectivités.
Donc, c'est à mon maire que je dois m'adresser ? Je suis cette maire de famille, à 20 km de Tarnes ? C'est le maire qui va organiser ? C'est ça que la loi permet ?
Effectivement, les maires, les intercommunalités vont pouvoir utiliser toute la boîte à outils qu'on leur propose pour proposer ce genre de solution, je vous dis, au plus près des besoins. Et on pourrait... Enfin, des fois, on ne peut avoir une image un peu désespérante où on se dit qu'il n'y a pas de solution. Moi, j'ai lancé des appels à projets depuis ces derniers mois où on voit des territoires, le parc naturel des Grands Causes, par exemple, dans l'Aveyron, qui a développé justement du transport à la demande, du rabattement sur les lignes ferroviaires. On voit à Charleville-Mézières que les élus ont proposé des véhicules électriques en libre-service.
On voit, par exemple, en Neure-et-Loire, une communauté de communes qui propose, qui a mis en place un transport en commun pour aller chercher les salariés qui doivent aller dans la zone d'activité. Donc, c'est toutes ces solutions qu'on va faciliter la mise en place de solutions par les élus au plus près des besoins.
Elisabeth Borne, la nouvelle prime à la conversion est entrée en vigueur en janvier 2019. 18, pardon. Elle permet, sous condition de changer de véhicule pour en avoir un moins polluant. Au 1er février, 27 000 dossiers reçus. Le chiffre est stable sur un an. Comment expliquez-vous qu'il n'y ait pas eu un engouement plus fort, plus vif ? C'est encore trop compliqué de se saisir de cet outil ?
Cette prime s'est mise en place au 1er janvier 2018. Au long de l'année 2018, il y a 300 000 foyers qui ont bénéficié de cette prime. Donc, ça n'est pas rien. Et en même temps, comme vous le dites, il peut y avoir une partie des Français qui trouvent que c'est trop compliqué. Qui nous disent, voilà, vous nous donnez 2 000 ou 4 000 euros pour changer de véhicule. Mais le véhicule, même d'occasion, il va coûter 6 000 euros. Donc, comment on fait ? C'est aussi une des réponses qu'on va apporter de regarder comment on peut donner, on va dire, une solution clé en main pour aider les Français à changer de voiture.
Elisabeth Borne, là, vous êtes prête à évoluer sur ce dispositif, la prime à la conversion. Est-ce qu'il y a d'autres points de la loi, de votre loi sur lesquelles vous êtes prête à évoluer parce que, justement, il y a le grand débat ? Et comme disait Nicolas Demand, ça fait remonter des choses que vous n'aviez pas assez prises en compte.
Alors, ça fait remonter, par exemple, le fait que les Français, ils attendent un accompagnement individuel. Vous savez, il y a une forme d'injustice. Quand vous êtes dans une grande ville, il y a des transports en commun. Et votre employeur finance 50% de votre abonnement en transport en commun. Et donc, il y a une double peine. Quand vous n'habitez pas dans ces grandes villes, non seulement vous n'avez pas d'autre choix que la voiture, mais en plus, votre employeur ne vous aide pas. On a engagé des discussions avec les représentants des employeurs, le MEDEF, par exemple. Et moi, je pense qu'il faudra aller vers une systématisation de l'aide, c'est-à-dire sortir de cette double peine.
Les négociations sont en cours avec les représentants des employeurs. Mais moi, je souhaite qu'on puisse dire que tous les Français qui ont des difficultés pour se rendre à leur travail bénéficient d'un accompagnement.
Et sur la taxe carbone, l'augmentation de la taxe carbone, c'est ça qui a mis le feu aux poudres. Elle a été donc suspendue pour 2019. Êtes-vous favorable au rétablissement de l'augmentation pour 2020 ou 2021 ou 2022 ? Qu'est-ce qui peut se passer pour les Français ? Finalement, ma mère de famille à Tarbes, auprès de Tarbes, c'est ça qui l'intéresse ?
Alors, je pense que personne n'imagine qu'on va reprendre la trajectoire comme si rien ne s'était passé. Mais on a à la fois, et c'est important parce que c'est un sujet qui est dans le débat, des Français qui nous disent vous n'en faites pas assez pour le climat, il faudra aller plus vite. D'autres, au contraire, qui nous disent vous allez beaucoup trop vite. En tout cas, ce qui est clair, c'est qu'on ne peut pas reprendre ce qui était prévu avant. Et il va falloir qu'on regarde comment on peut, en tout état de cause, s'assurer que personne n'est laissé sur le bord de la route, si je peux dire, et que chacun a bien un accompagnement si on doit avoir une augmentation de la fiscalité carbone.
Qu'est-ce que ça veut dire un accompagnement ? Ça veut dire si je suis un ménage modeste, par exemple, j'ai avoir une prime particulière ?
Ça veut dire, par exemple, vous aider à changer de véhicule. Quand vous avez un véhicule plus récent, le véhicule, il consomme moins. Et donc, ça renvoie la prime à la conversion qu'il faut sans doute simplifier, amplifier. Ça veut dire, je le disais, un accompagnement aussi pour les trajets domicile-travail. Ça veut dire aller plus vite pour proposer d'autres solutions que la voiture. Sachant que, vous savez, vous me parlez d'une mère de famille qui a deux voitures, il y a aussi des gens qui n'ont pas de voiture.
Et donc, on a aussi une partie de notre territoire dans laquelle on a des gens qui sont vraiment assignés à résidence quand vous n'avez pas de permis, quand vous n'avez pas de voiture. Si personne ne vous propose, par exemple, du transport à la demande, vous êtes assigné chez vous.
Est-ce qu'il faut faire contribuer ? Certains secteurs sont exonérés de la taxe de carbone. Est-ce qu'il faut faire contribuer plus ces secteurs exonérés comme le bâtiment, comme l'aérien ? Mais c'est un débat
qu'on va avoir. Est-ce que vous y êtes favorable ? Je pense qu'on a... D'abord, on va avoir besoin d'argent pour investir beaucoup plus. Moi, j'ai toujours dit qu'on recherche une ressource de 500 millions d'euros. Il y a beaucoup de Français et quand on est effectivement dans nos territoires qui voient des fils de camions étrangers qui font le plein en Belgique ou au Luxembourg, qui traversent notre pays, ça crée beaucoup de nuisances qui refont le plein en Espagne. Moi, je pense que c'est une bonne question de savoir comment ces poids lourds, par exemple, pourraient contribuer au financement de nos infrastructures.
Avec une vignette ?
Par exemple. Écoutez, c'est une des pistes. Aujourd'hui, on n'a rien décidé, mais je pense que c'est une bonne question comment on fait contribuer ces poids lourds étrangers au financement de nos infrastructures.
Et sur l'exonération de certains secteurs ?
Alors, je pense que c'est aussi un débat qu'on peut avoir. Il faut que chacun ait en tête que le transport aérien supporte beaucoup de taxes. Quand vous prenez un billet en France, près de 50% du prix du billet, c'est des taxes et des redevances. C'est des sujets qui ne se gèrent pas à l'échelle française. C'est des sujets qui doivent au moins se gérer à l'échelle européenne. Mais moi, je suis prête à ce qu'on ait cette discussion au niveau européen sur le transport aérien.
Alors, sur le transport aérien, précisément, Elisabeth Borne, les Pays-Bas sont montés au capital d'Air France-KLM la semaine dernière. Ils sont désormais au même niveau que la France. La France a mal, voire très mal pris la manœuvre qui s'est faite en secret. Il y a eu des explications franches à-t-on pu lire dans la presse. En général, ça veut dire qu'elles sont directes et plutôt vives, franches, quoi. Quelles explications vous ont données les homologues néerlandais ? Non pas sur la forme, mais sur le fond. Est-ce qu'ils vous ont dit pourquoi les Pays-Bas ont jugé stratégiques, utiles, urgents d'entrer ainsi au capital ?
D'abord, comme vous le dites, c'était un peu inhabituel, effectivement, de monter au capital comme ça, sans prévenir ni le gouvernement ni le conseil d'administration d'Air France-KLM. Bruno Le Maire s'en a expliqué avec son homologue. Je m'en suis aussi expliqué avec ma collègue ministre des Transports.
Mais pourquoi vous avez fait ça ? Non pas en secret, mais sur le fond, pourquoi ont-ils fait ça ?
Je pense qu'ils sont très attachés, les néerlandais, à KLM. Mais ce qu'on a pu leur dire, c'est que depuis la fusion d'Air France-KLM, on ne peut pas dire que KLM en ait souffert. Au contraire, KLM en a vraiment bénéficié de cette fusion. Son chiffre d'affaires a été multiplié par deux. Donc, on a pu se redire qu'on a un objectif commun qui est l'avenir d'Air France-KLM, que l'entreprise reste un leader en Europe, un leader mondial et les bonnes alliances améliorent sa compétitivité et ce sujet de la compétitivité d'Air France-KLM, il nous tient aussi à cœur. Donc, je pense qu'on est assez convergents.
Vous savez, moi, j'ai lancé il y a un an des assises du transport aérien que je conclurai vendredi. Ça montrera qu'aussi, en France, moi, je prends à bras-le-corps ce sujet de la compétitivité d'Air France-KLM.
Ils semblent avoir eu peur pour leur aéroport, pardon, celui d'Amsterdam, c'est ça ? Fragiliser potentiellement ?
Écoutez, je pense qu'il a pu y avoir des craintes qu'on fragilise ou on réduise le hub d'Amsterdam. Il n'en est évidemment pas question et je vous dis, quand on regarde le développement de KLM, ça montre très clairement que cette alliance, elle a largement bénéficié à KLM.
Elisabeth Borne, puisqu'on parle d'aéroport, est-ce que vous confirmez que le groupe aéroport de Paris sera bien privatisé en dépit de l'opposition du Sénat ?
Alors, je vous confirme qu'on a ce projet de privatisation. Je pense qu'il faut avoir en tête qu'aujourd'hui, l'État mélange un peu, enfin, a beaucoup de casquettes. Vous voyez, c'est à la fois lui qui, quelque part, est le concédant, donc qui dit ce qu'il faut faire, qui pourra demain prescrire des investissements, agréer les dirigeants et en même temps, aujourd'hui, on est actionnaire. Je crois que ça fait beaucoup de casquettes et que c'est bien. Oui, mais ça marche plutôt bien, là, non ?
Enfin, l'entreprise est très bien tenue, elle est profitable, elle verse de l'argent à son actionnaire, l'État, enfin, tout va bien.
Elle pourrait être mieux gérée ? Du coup, je pense que l'État se comporte peut-être un peu beaucoup comme actionnaire et le transport aérien, les aéroports, c'est un élément. Il faut aussi prendre en compte l'intérêt des compagnies et je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure chose qu'on soit actionnaire d'une entreprise dont on est, par ailleurs, le concédant. Mais pourtant, ça se passe très bien. Ça pourra se passer aussi très bien avec un aéroport privatisé et des règles très claires sur les investissements, sur les dirigeants et sur le cahier des charges à respecter par aéroport de Paris. Non, parce qu'on se demande, en fait,
si c'est une mesure purement idéologique vu que tout se passe bien. Je le rappelle. Normalement, en France, on bat sa coulpe, peut-être à juste titre, quand rien ne marche. Là, ça marche. On voit que l'État peut-être actionnaire peut défendre un certain nombre d'intérêts publics et on se demande du coup si c'est purement idéologique que de privatiser quelque chose qui marche très bien. Alors, ce n'est pas idéologique. Pourquoi, ce que je veux dire, c'est pourquoi réparer quelque chose qui marche bien ?
Alors, ce n'est pas idéologique mais en même temps, c'est des milliards que l'État, de fait, investit dans cet aéroport et dont on peut se dire qu'on pourrait faire autre chose, par exemple, un fonds pour l'innovation pour préparer nos entreprises pour l'avenir.
Mais Elisabeth Borne, la rente annuelle que nous rapporte le groupe Aéroport de Paris, elle est supérieure à ce qu'on peut imaginer toucher en plaçant ces milliards du Fonds pour l'innovation chaque année. Pourquoi est-ce qu'on se sépare de cette rente ? Économiquement, est-ce qu'il y a un sens à cette privatisation ?
Je vous dis, a priori, on se dit que cet argent pourrait être utilisé pour aider nos entreprises, nos industries à préparer l'avenir.
On file au standard où vous êtes nombreux à nous appeler. Bonjour Marc, bienvenue. Oui,
bonjour,
merci à la matinale. On vous écoute. Vous nous appelez de Grenoble, je crois. Oui.
Allez, on vous écoute. Madame Borne, je suis membre du collectif de l'étoile ferroviaire de Veynes. Nous vous avions rencontré il y a quelques mois à Saint-Léger-les-Mélèzes, donc vous connaissez l'enjeu du financement de la ligne de train Grenoble-Gap. Voilà, lorsque nous vous avions rencontré, l'enjeu était bien d'obtenir le financement par des petites lignes de train, par les collectivités locales. C'est désormais le cas pour cette ligne Grenoble-Gap. Les deux régions, Auvergne-Rhône-Alpes et Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur, ainsi que le département de l'Isère, la métropole de Grenoble ont donné leur accord pour financer la ligne. Il ne manque plus que l'État.
Voilà, vous avez nommé le professeur ISO pour, à nouveau, on a l'impression que ça vient encore comme une énième étude. Il y a un agacement très fort sur le terrain.
Alors, qu'est-ce que vous demandez,
Marc, à la ministre ? Ma question est simple. Est-ce que l'État va financer la rénovation de cette ligne, étant donné qu'on a l'accord de l'ensemble des collectivités locales
sur le terrain ? Merci, Marc, pour cette question. Elisabeth Borne vous répond.
Alors, ce que pointe Marc, c'est qu'il y a des milliers de kilomètres de lignes, de lignes de desserte fine, ce qu'on appelle parfois les petites lignes, qui n'ont pas été entretenues pendant des années. Et du coup, qui peuvent fermer du jour au lendemain et des gens se retrouvent sans solution. Moi, je souhaite évidemment qu'on sorte de cette situation et c'est pour ça qu'on est en train de faire un inventaire complet de ces lignes, de leur État et qu'on doit rechercher, enfin, bâtir avec les régions un véritable plan de bataille dans lequel on ne peut plus accepter des lignes qui ferment comme ça du jour au lendemain sans qu'on ait proposé une alternative.
Donc, c'est le travail qui est en cours et moi, je suis déterminé, je vous dis, à ce qu'on ne laisse pas les gens sans solution.
Il y a beaucoup de questions sur le thème des petites lignes et le mot « petite » est critiqué aussi. Bonjour, nous dit Sonia sur l'application France Inter. À Loge, sous préfecture de Touraine, la ligne ferroviaire va fermer, totalement fermée. Quelle logique entre les propos de la ministre et la fermeture de cette petite ligne, précisément ?
Donc, je pense qu'effectivement...
On a l'impression d'avoir la patronne de la SNCF au micro de France Inter. C'est étonnant. Toutes les questions sur l'organisation de l'offre ferroviaire remontent à vous comme si c'était vous la patronne.
Est-ce le cas ? Non, je vous confirme que je ne suis pas la patronne de la SNCF mais en tout cas, je pense que ces lignes ferroviaires, ces lignes qui desservent finement le territoire, c'est un véritable symbole du sentiment d'abandon qu'une partie de nos concitoyens peut avoir quand on a laissé le réseau sans entretien et que du coup, comme ça, du jour au lendemain, on apprend que la petite ligne va fermer. Et donc, on doit sortir de cette logique. Il faut qu'on soit capable d'investir dans le réseau ferré, de le remettre en bon état et puis qu'on ne laisse pas des gens sans solution. C'est vraiment le cœur de la politique que je mène.
Elisabeth Borne, une autre petite ligne, la ligne Saint-Dié-Pinale que la SNCF a décidé de fermer, ça a provoqué la colère du chef de l'État. Est-ce que vous partagez la colère d'Emmanuel Macron ?
Écoutez, c'est exactement la même chose. Vous voyez, c'est tout d'un coup des citoyens, des élus qui découvrent qu'on a une ligne qui ferme et donc on doit absolument maintenant faire cet état des lieux. Mais il fallait la fermer ? Alors la ligne, elle devait fermer pour des raisons de sécurité. On a notamment un tunnel qui a des problèmes de sécurité. Mais donc l'enjeu, c'est maintenant comment on va la rouvrir et c'est des discussions qu'on mène avec la région Grand Est qui est concernée.
Encore une question cette fois-ci de grande ligne, Madame la Ministre. Mais le sujet est important et on entendait la colère du maire de Douai dans le journal de 7h tout à l'heure. C'est la SNCF qui prévoit donc de supprimer 3 TGV sur 7 sur l'axe Paris-Douai-Valenciennes. Colère donc sur France Inter tout à l'heure de ce maire de Douai qui disait qu'il avait le sentiment qu'on n'en avait rien à faire au fond des villes moyennes. Quel est le destin de cette ligne ? Et est-ce qu'on va donner raison justement au maire de Douai et rester au nombre de TGV initial ?
Alors moi je l'ai dit très clairement la semaine dernière le modèle de TGV que je défends c'est un modèle de TGV qui ne dessert pas uniquement les métropoles mais qui va au-delà des lignes à grande vitesse et qui dessert aussi le reste du territoire. Je pense que la SNCF a entendu ce message puisqu'elle a annoncé qu'elle allait reprendre sa copie et faire des nouvelles propositions. Il n'est pas possible qu'on fasse des évolutions de dessert de ce type-là sans avoir l'accord des élus et des territoires concernés.
Allez on retourne au standard bonjour François Oui bonjour Bienvenue
Bienvenue bonjour Jean-Lamme la ministre Moi je suis en voiture diesel je quitte ma zone rurale pour aller vers la ville-centre qui s'appelle Le Havre et on est des milliers comme ça sur la route et en fait je vous entendais tout à l'heure parler de boîtes à outils qui pourraient être confiées aux intercommunalités en fait les intercommunalités se débrouillent plutôt bien aujourd'hui il y a des vrais besoins et nous on a des vrais besoins de trains pendulaires vous en parliez à la seconde mais ça demande un vrai investissement ça demande de vraies décisions des vrais choix de l'état d'accompagner ces trains pendulaires c'est à la fois on est une vraie économie qui répond à nos problèmes actuels et une vraie raison écologique aussi aller dans ce sens là et moi j'attends de voir quel engagement vous allez prendre comment vous allez prendre les choses en main parce que les intercommunalités sont en limite de compétence sur ces questions là et on ne peut pas envoyer sur la SNCF non plus il faut que chacun prête sa part
merci François Elisabeth Borne vous répond
mais je vous confirme que c'est bien le sens de la loi l'état prend ses responsabilités et moi je suis convaincu qu'il faut être qu'il faut pouvoir proposer autre chose que la voiture à tous ceux qui veulent par exemple se rendre au Havre se rendre dans les grandes villes qu'il faut développer les trains autour de ces grandes villes mais qu'il faut aussi que les intercommunalités elles soient capables de proposer des réponses par exemple du transport à la demande pour se rendre à la gare ou qu'elles puissent encourager le covoiturage nous on va permettre par exemple de réserver des voies à l'arrivée dans les grandes villes pour ceux qui font qui prennent des transports en commun ou qui font du covoiturage donc chacun doit agir à son échelle pour répondre finement aux besoins permettre aux gens de se déplacer en proximité c'est le rôle des intercommunalités qu'on va aider à qui on va donner une boîte à outils et puis les liaisons de plus grande distance les régions et l'état vont prendre leurs responsabilités
Elisabeth Borne on quitte les trains on parle de la voiture du permis de conduire jusqu'à 8 mois d'attente pour passer l'examen à Paris plus de 6 mois en Seine-Saint-Denis là on est en région parisienne mais il y a un problème global avec les auto-écoles en ligne et leurs candidats qui sont obligés de se présenter en candidat libre est-ce que vous allez intervenir ?
Alors vous avez vu qu'on avait confié une mission à des parlementaires sur comment on peut passer plus vite son permis de conduire et comment il peut coûter moins cher donc on a des propositions qui nous ont été remises pour raccourcir ces délais d'inscription et puis je vous dis il faut faire baisser le coût bien souvent pour des jeunes avoir le permis de conduire c'est une condition nécessaire pour accéder à l'emploi et donc on fera des propositions qui pourront le cas échéant aussi être intégrées par amendement dans la loi mobilité
Mais est-ce que par exemple un comparatif des auto-écoles avec les tarifs, les résultats ça vous y est favorable ?
Je pense que c'est important qu'on ait effectivement un comparatif des délais des résultats des auto-écoles je crois que les auto-écoles aussi elles manifestent ce matin dans quelques villes c'est pas contre les auto-écoles c'est que tout le monde attend qu'on puisse passer son permis plus vite et que ça coûte moins cher
La mobilisation des gilets jaunes samedi, on l'a dit c'est partie d'une question d'une contestation sur le prix des carburants cette mobilisation samedi Elisabeth Borne était en recul par rapport au samedi précédent est-ce que vous pensez que le mouvement est désormais entré dans un mouvement d'extinction que l'on constate peut-être à partir de maintenant samedi après samedi ?
Moi je ne vais pas faire de pronostics parce que vous savez je pense qu'au départ vous l'avez dit il y a effectivement des problèmes très profonds et à ces problèmes-là il faut apporter des réponses la loi mobilité vise justement à répondre à ces problèmes on a des gens qui du coup sont rentrés dans le grand débat celui qui a été proposé par le président de la république et qui vont à la fois nous faire part de leurs difficultés aussi faire des propositions et puis on en a d'autres qui décident de manifester tous les samedis bon je pense que ceux-là ils ne sont pas en train de chercher des solutions et on en a encore quelques-uns qui viennent tous les samedis manifester parfois violemment donc voilà je pense que la bonne solution en tout cas face au problème que rencontrent certains français que rencontrent même beaucoup de français c'est d'être dans le débat dans les propositions
et d'arrêter de sortir tous les samedis
bah écoutez en tout cas en tout cas c'est pas comme ça qu'on construit si on veut apporter des réponses il faut se mettre dans la dynamique du débat et le président de la république l'a dit on tiendra évidemment compte il faudra des propositions fortes parce qu'on est face à des problèmes très profonds
Elisabeth Borne était au micro de France Inter ce matin merci beaucoup d'avoir été dans le grand entretien madame la ministre des transports il y avait beaucoup de questions encore au standard pour vous de la vie
de la vie et de la vie de la vie de la vie de la vie
Élisabeth Borne