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interviewRMC — Face à Face· 15 janvier 2024 21 min

Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 15/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, face à face.

0:09
Jean-Philippe Tanguy

Apolline de Malherbe. Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Apolline de Malherbe. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions. Vous êtes le député Rassemblement National de la Somme. Vous êtes le président délégué du groupe RN à l'Assemblée Nationale. Premier pas du gouvernement Attal. On va évidemment revenir sur ce que vous attendez aussi de la conférence de presse d'Emmanuel Macron qui sera demain soir. Mais premier pas et première polémique. Amélie Oudea-Castera, qui est donc la nouvelle ministre de l'Éducation, a mis ses trois enfants dans une école privée.

Elle a justifié ce choix par, je cite, « le paquet d'heures non remplacées qui font que son mari et elle-même, dit-elle, en ont eu marre et ont donc mis leurs enfants dans le privé ». On apprend, et c'est le journal Libération qui le révèle ce matin, qu'en réalité la seule expérience dans un établissement public qui est connu en tant que mère de famille Amélie Oudea-Castera, se résume à six mois en première section de maternelle pour son enfant aîné. Est-ce que vous considérez que sa justification est audible ?

1:15
Présentateur

Elle pourrait être audible si c'était la vérité. En fait, il y a une double erreur dans ce qu'a dit Madame la Ministre. La première erreur, c'est d'avoir mis en cause en fait directement. Enfin, ce n'est pas une erreur, c'est un flagrant délit de vérité, de mettre en cause directement le bilan de la Macronie. Puisque si vous retirez vos enfants, parce qu'un paquet d'heures n'a pas été réalisé, c'est bien que l'école publique, malheureusement, ne fonctionne pas. Donc dire devant le ministre sortant, qui lui-même prolonge l'action de deux autres ministres, M. Blanquer et M.

Ndiaye, que c'est donc une mise en cause de l'école publique, ce que vivent beaucoup de parents malheureusement dans notre territoire, y compris dans le mien de la Somme, c'est déjà un premier flagrant délit, soit de mensonge et de mise en cause de l'action du gouvernement. Deuxième erreur, c'est qu'en fait, visiblement, et on va voir le suite des événements, Madame la Ministre a menti sur la réalité de cette école publique. Moi, ça m'a interpellé, vous savez, parce que compte tenu, il ne faut pas mentir aux Français.

Bon, il y a l'école publique en France, mais il y a plusieurs écoles publiques, comme il y a malheureusement plusieurs hôpitaux, comme il y a plusieurs degrés de services publics en France, avec d'un côté les plus privilégiés, tant mieux pour eux, et le reste de la population qui n'a pas accès à la même qualité de services publics. Dans des quartiers comme le 6e arrondissement, on sait bien que les écoles publiques ont plus de moyens, ne serait-ce que parce que les parents qui la fréquentent ont le pouvoir d'interpeller les pouvoirs publics. Le ministère de l'Éducation n'est qu'à quelques mètres de cette école.

Moi, je suis un enfant de l'école publique, j'ai vu la différence entre mon école primaire, mon collège, et quand je suis arrivé à Henri IV, à Paris, au lycée...

2:40
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez été accueilli au lycée Henri IV, qui est considéré comme un des meilleurs lycées de France, mais qui est un lycée public.

2:45
Présentateur

C'est une chance pour moi, moi je le revendique, j'ai eu de la chance. La République m'a privilégié par rapport à d'autres enfants, donc je connais la réalité de notre pays. Et j'ai vu la différence entre mon école publique primaire et mon collège en banlieue, et ensuite cette école publique des beaux quartiers. Donc je pense que la ministre a tort, car je ne vois pas comment cette situation est possible. Et si la ministre a menti, je ne vois pas comment elle peut continuer cette action publique. De toute façon, son ministère, par ailleurs, c'est la dernière chose que je veux dire, est beaucoup trop grand.

3:11
Jean-Philippe Tanguy

Vous avez dit plein de choses, je voudrais d'ailleurs préciser, pour ceux qui nous regardent sur BFMTV, qu'on a des images en direct, et vous les avez vues à l'instant, de la ministre Amélie Oudea-Castera, qui se rend ce matin dans une école publique du 18e arrondissement de Paris, qui est un quartier moins privilégié que le quartier du 6e arrondissement, auquel elle faisait référence, c'était déjà prévu, mais c'est évidemment une réponse sans doute aussi à la polémique qui naît. Il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit, sur la question de la justification, sur la question du mensonge.

Vous précisiez qu'il s'agissait en effet d'une école du 6e arrondissement, et plusieurs parents d'élèves, dont d'ailleurs Nicolas Poincaré, qui le disait sur RMC tout à l'heure, chroniqueur dans Apolline Matin, qui disait avoir eu lui-même ses enfants dans cette même école. C'est Amélie Oudea-Castera qui a cité nommément cette école-là, c'est pour ça qu'on y revient, et qu'aucun de ses enfants n'ont eu à souffrir du moindre absentéisme. Il y aurait donc probablement une réalité, en tout cas qui n'est pas aussi évidente que celle qu'a l'air de décrire la ministre. Vous estimez qu'elle a menti ?

4:16
Présentateur

Je ne sais pas, je ne suis pas procureur. Je vous dis qu'avec mon expérience, les informations qu'on a de la presse, Libération, de votre coniqueur que j'ai aussi entendu ce matin, cela me paraît difficilement concevable. Mais ce que je veux dire, on n'est pas, parce que je vois que la gauche veut entamer une querelle sur la différence entre l'école publique et l'école privée. Cette querelle est dernière à nous.

4:33
Jean-Philippe Tanguy

Ce n'est pas ça qui vous choque, on l'a bien compris.

4:35
Présentateur

C'est la justification, il faut préciser. Il faut qu'on ait la vérité, il faut dire la vérité aux Français. Moi je vous dis la vérité, quand je dis que j'étais dans l'école publique, j'étais dans une école publique à deux régimes, je ne prétends pas avoir eu le parcours que je n'ai pas eu. Il faut dire la vérité aux Français, mais ce qu'il y a derrière, c'est bien le fait que nous vivons dans un pays avec au moins deux degrés de service public. C'est ça le problème derrière les révélations de Mme Oudéa Castera.

Le vrai problème, c'est ça, c'est que les Français savent, ils le savent eux-mêmes, que tous les enfants n'ont pas la même chance, parce que tous les enfants n'ont pas les moyens, y compris dans l'école publique.

5:05
Jean-Philippe Tanguy

Et on va y revenir d'ailleurs précisément sur ce que vous dites, sur la question de l'absentéisme, qui est effectivement un constat, que les professeurs d'ailleurs eux-mêmes mentionnent, déplorent. La question, c'est qui en est responsable. Je précise également que la ministre de l'Éducation, Amélie Oudéa Castera, reconnaît en effet n'avoir eu de l'établissement public qu'une expérience très courte, puisque effectivement, après ces révélations du journal Libération, elle ne dément pas le fait que son enfant, son seul fils aîné, n'ait eu que six mois en première section de maternelle dans un établissement public.

En revanche, elle dément une autre partie de cet article, et il faut quand même le préciser, l'article a recueilli le témoignage de l'ancienne maîtresse de l'enfant d'Amélie Oudéa Castera. La maîtresse dit que les parents de cet enfant, donc Amélie Oudéa Castera et son mari, souhaitaient faire sauter une classe à cet enfant, le faire rentrer directement en deuxième maternelle, ce que l'école estimait ne pas être justifié. Et c'est ce point-là qu'Amélie Oudéa Castera dément. Elle dit que c'est faux et qu'elle n'a pas à parler du cas de son enfant.

6:15
Présentateur

C'est sa vie privée d'ailleurs, c'est la vie de cet enfant, qui n'a pas été mis en cause. Les enfants des hommes politiques et des femmes politiques n'ont pas été exposés dans le débat public. Donc le choix de l'éducation de cet enfant, ça relève des parents. Ce n'est pas la question. Ce qui choque les gens, c'est peut-être le mensonge possible. Je vous dis que c'est le service public à deux niveaux, mais c'est aussi l'échec. Parce que derrière, il est... Il y a l'échec de M. Attal. Et ça, il faut quand même le dire.

6:37
Jean-Philippe Tanguy

Les heures non remplacées. Le paquet d'heures non remplacées.

6:39
Présentateur

Il existe. 18 millions.

6:40
Jean-Philippe Tanguy

Il existe. Il existe. C'est la faute de qui ? Est-ce que c'est la faute des professeurs ?

6:43
Présentateur

Est-ce que c'est la faute des politiques ? Non, mais écoutez, le fait qu'il y ait des professeurs malades, des professeurs qui ont des problèmes professionnels, on connaît ça dans tous les milieux. Il faut remplacer les personnes malades. Il y a un nombre de fonctionnaires très important, plus d'un million dans l'éducation nationale. Donc c'est normal qu'il y ait de l'absentéisme. C'est aussi un métier qui est exposé aux maladies. Les enfants, on le sait, ont plus de maladies que les adultes. Et les personnels de l'éducation sont évidemment exposés à ces maladies. Mais rappelons le bilan de M. Attal, qui a mis en place la politique, une fois plus, de M. Blanquer, de M. Papendiaï.

Il y avait le pacte enseignant qui était censé, avec des avantages, comment dire, des heures mieux rémunérées, de pouvoir combler ces heures. Eh bien, le pacte enseignant, contrairement à ce qu'a dit M. Attal, n'a pas fonctionné. On a seulement 20% environ d'enseignants qui ont choisi ce pacte, malgré des avantages, comment dire, intéressants. Donc il y a sans doute une mauvaise gestion de M. Attal, une mauvaise proposition autour de ce pacte, alors qu'il en faudrait 30% pour que les heures soient honorées. Parce qu'on a beaucoup de com'. Et même si, je vois que maintenant, l'esprit critique se réveille sur M.

Attal, qui a fait des annonces qui étaient intéressantes, puisque c'était souvent inspiré, pour ne pas dire tout le temps inspiré, du programme de Marine Le Pen sur l'éducation. Mais la réalité, dans la gestion de l'éducation nationale, dans ce ministère du temps long qu'est l'éducation nationale, M. Attal n'a pas un bon bilan. Et il n'a pas solutionné, ou commencé à solutionner, le problème des heures manquantes. Et c'est ça ce que relève, en fait, la polémique autour de Mme Oudea Castera. Ce n'est pas le destin de son enfant qui mérite être préservé.

8:08
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, les syndicats d'enseignants, qui d'ailleurs devraient rencontrer la ministre cet après-midi, appellent déjà à la grève. C'est un mouvement de grève qui était évoqué avant même sa nomination, pour lutter précisément contre le non-remplacement des professeurs. Et ce sera le 1er février. Je précise également qu'Amélie Oudea Castera poursuit donc sa visite d'un établissement public, une école publique du 18e arrondissement. Elle n'a pas pris la parole pour l'instant. Elle écoute surtout les élèves et les enseignants. Si elle s'exprimait sur ce point, j'aurais évidemment en direct, vous pourriez l'entendre la ministre à tout moment.

8h41, Jean-Philippe Tanguy, vous le trouvez sympathique, Gabriel Attal ?

8:49
Présentateur

Oui, mais moi je ne suis pas là pour accabler. Vous savez, j'essaie d'être cohérent. Il était sympathique quand il était ministre des comptes publics, même s'il avait un très mauvais bilan sur lequel je l'ai toujours attaqué. Il était sympathique quand il était ministre de l'éducation. Si je dis ça, c'est parce que vous l'avez déjà dit.

9:03
Locuteur non identifié

Vous avez même dit. Comme si ça vous gênait de devoir dire qu'il était sympathique, image que lui.

9:11
Présentateur

Vous savez, je suis rarement gêné par ce que je pense des gens. Moi, je pense que vous savez, on peut avoir un rapport de vérité aux Français et je ne supporte pas le théâtre politique. Donc quand les hommes politiques, ou les femmes politiques d'ailleurs, sont sympathiques, je le dis, c'est plus agréable de travailler, même de débattre, avec des gens sympathiques, plutôt que des anathèmes, des accusations sous la ceinture, qui ne font pas progresser le débat public. Donc je vais donner un exemple. Est-ce que vous coupez l'herbe sous le pied ?

9:32
Jean-Philippe Tanguy

Au fond, vous l'avez d'ailleurs dit. Vous-même, vous avez dit qu'il était peut-être même inspiré par vous. C'est-à-dire que quand il annonce la fin du collège unique, quand il annonce les expériences d'uniforme à l'école, l'interdiction de la baïa, tout ça, vous êtes pour.

9:44
Présentateur

Bien sûr. Mais vous savez, l'éducation, c'est un sujet sur lequel, malheureusement, on ne donnait pas crédit à Marine Le Pen ou à Jordan Bardella. Donc en fait, en reconnaissant que nos solutions étaient les meilleures, des solutions anciennes, vous le reconnaîtrez par exemple sur la fin du collège unique et remettre des classes de niveau, ou en tout cas au sein des mêmes classes des cours, pour remettre à niveau, c'était présenté pendant des années comme ringard, comme extrémiste, comme n'appartenant pas à l'arc de la raison. Donc en fait, M. Attal ne nous coupe pas l'herbe sur le pied, je vais y arriver. Il nous pave, si vous voulez, plutôt la voie vers le pouvoir.

Puisqu'à partir du moment où vous reconnaissez que des solutions que vous avez diabolisées de manière injuste pendant des années étaient en fait les bonnes, les Français vont se dire que sur ce sujet, comme c'était le cas sur l'immigration, la sécurité ou le pouvoir d'achat, Marine Le Pen avait raison. Donc M. Attal ne nous coupe pas du tout l'herbe sur le pied. Et au contraire, je pense qu'il va, au fil des mois, soit montrer que nos solutions étaient les bonnes, soit ne pas les appliquer. Et les Français, frustrés que ces bonnes solutions ne soient pas appliquées, vont évidemment nous confier les rênes du pouvoir.

10:41
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, au fond, vous avez l'air de dire qu'à la fois sur les questions d'éducation, mais aussi sur les questions d'immigration, ils appliquent déjà votre politique ?

10:50
Présentateur

Ils la prétendent. Comment dire ? Ils font des effets d'annonce. Il faut les faire dans le temps. Moi, je pense qu'il a choqué. Ce qui va choquer, quand un peu cette séquence sympathique autour de M. Attal va cesser, c'est le fait qu'il a abandonné un ministère du temps long et qu'en fait, M. Attal n'a jamais appliqué dans la durée le moindre programme. À chaque fois qu'il aurait pu devoir rendre des comptes sur un dossier, il a disparu, il a été promu, avant qu'il puisse rendre des comptes.

11:16
Jean-Philippe Tanguy

Vous considérez qu'aujourd'hui, c'est une forme de fuite ?

11:19
Présentateur

Oui, ce n'est pas lui. Je ne sais pas si c'est lui qui est responsable ou si c'est M. Macron, qui lui-même a souvent du mal à assumer ses responsabilités et qui a tendance à fuir tous les mois. Il avait dit qu'on vienne me chercher, on aimerait bien venir le chercher, mais c'est très dur d'avoir la vérité avec M. Macron. Prenons les comptes publics, qui est un peu mon sujet de prédilection. Vous savez, je suis à la commission.

11:35
Jean-Philippe Tanguy

Vous êtes devenu, on parle de vous comme le monsieur économie du RN.

11:39
Présentateur

Je ne sais pas. En tout cas, j'essaie de travailler avec mes collègues de la commission des finances et moi, je vais chercher notamment M. Attal. C'est nous qui avons, par exemple, soulevé, contre M. Attal, vous savez, les bons du trésor indexés sur l'inflation. Vous avez, chaque année, la France doit emprunter. Sous M. Attal, il y a eu le recours d'emprunt, 285 milliards d'euros. Et avec M. Attal, c'est les bons indexés sur l'inflation. C'est-à-dire que le coût de l'argent, le coût de l'emprunt, n'est pas un taux fixe, fixé à l'avance, à des conditions souvent avantageuses. Il suit l'inflation. Donc, quand M.

Attal était ministre des comptes publics, il a maintenu cette indexion sur l'inflation, alors que nous étions en hyperinflation, en inflation record. Et ça a coûté, excusez-moi, 16 milliards d'euros. 16 milliards d'euros. C'est-à-dire que cette erreur de gestion de M. Attal et ses prédécesseurs, à elle seule, a coûté plus cher que ce que devrait rapporter toute la réforme des retraites. C'est ça, l'ordre de grandeur qu'il faut dire aux Français. Il avait promis des baisses d'impôts, M. Attal. C'est le ministre du record de prélèvement obligatoire. 46 %, Mme Apolline de Malherbe.

Ça veut dire que 46 % de ce que gagnent les Français, de la richesse que produisent les Français, est prise par les impôts. C'est le record absolu de l'OCDE et de l'histoire de France.

12:42
Jean-Philippe Tanguy

Sur la politique économique du RN, parlons-en un instant, puisque désormais vous avez effectivement cette étiquette, vous êtes en charge de cette politique économique. On a parfois eu du mal à comprendre qu'elle était véritablement la position du RN. À un moment, Marine Le Pen promettait la sortie de l'euro. Puis finalement, si j'ai bien compris, cette position-là est abandonnée. Entre les patrons et les ouvriers, vous avez longtemps été plutôt du côté des ouvriers et on a l'impression qu'aujourd'hui, vous faites les yeux doux aux patrons. Vous êtes où ?

13:07
Présentateur

Non mais, nous n'avons jamais adhéré à la thèse qu'il fallait opposer les patrons, en particulier les patrons de TPE, PME, avec les ouvriers. Moi, je suis inspiré, Marine Le Pen est inspiré. Ils auraient les gentils patrons et les mauvais patrons. Les petits patrons sont remplis. Je vais répondre sur les patrons, il n'y a pas de problème. Mais vous savez, pour créer de la richesse, il faut que tout le monde travaille ensemble. C'est ça. Le sens de l'esprit gaulien, de l'économie, c'est dépasser le clivage de classe qui ne rapporte rien et qui ne sert à rien en particulier aux ouvriers. Ce qu'il faut, c'est produire en France.

Pour produire en France, il faut des entrepreneurs, il faut des ouvriers qualifiés, il faut des ingénieurs, il faut des Françaises et des Français qui ont une éthique du travail et c'est ça qui a fait la force de notre pays. Par contre, nous, on a toujours dénoncé, vous le savez, je le dénonce encore cette année, les abus d'une certaine oligarchie, le nombre, le montant aujourd'hui des dividendes versés, 97 milliards, record absolu de l'histoire de France, dont une hausse, on atteint 30 milliards de rachats d'actions. C'est quoi les rachats d'actions ? C'est que les multinationales effacent de la valeur, détruisent de la valeur au lieu de le réinvestir.

Aujourd'hui, c'est ça qui est grave, le montant des dividendes versés aux actionnaires est supérieur aux investissements. du capitalisme français, mais du capitalisme mondial qui devient fou. À partir du moment où vous versez des dividendes records supérieurs à ce que vous investissez dans l'économie réelle pour l'économie de demain, pour la richesse de demain, pour l'innovation, avec tous les défis qu'on a sur l'environnement, la qualité de vie au travail, on est dans un capitalisme dérégulé.

Donc nous, on veut remettre l'église au centre du village, qu'on produise en France, que les ouvriers soient récompensés, que les patrons qui investissent, qui prennent des risques soient aussi récompensés, mais qu'il y ait une éthique du travail. Et en fait, dans le domaine économique et financier, il faut qu'il y ait de l'ordre. L'ordre économique, l'ordre financier, l'ordre régalien, tout ça relève de la même philosophie, mettre les bonnes personnes aux bons endroits et la justice au cœur du projet français.

14:49
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, il y a un point sur lequel Jordan Bardella et Marine Le Pen se sont exprimés hier dans le journal du dimanche, le JDD. L'Union européenne veut la mort de notre agriculture. C'est vrai. Pourquoi vous ne dites pas merci au contraire à l'Union européenne ?

15:02
Présentateur

Il n'y a pas de quoi de dire merci. 9 milliards. Les agriculteurs français touchent chaque année

15:08
Jean-Philippe Tanguy

9 milliards d'euros. Nous sommes le pays qui reçoit le plus d'argent de l'Union européenne.

15:14
Présentateur

Nous sommes aussi le pays avec l'Allemagne qui donne le plus d'argent à l'Union européenne. Je le sais parce que je suis votre antenne. Vous savez très bien que la France ne reçoit pas d'argent de l'Union européenne. La France verse... Je parle là des agriculteurs. Oui, d'accord, mais c'est pareil. Les agriculteurs, ce sont des Français. Nous donnons 24 milliards, nous recevons entre 10 et 14 et les agriculteurs reçoivent des aides qui pourraient être versées par la France. C'était le cas même si on ne le souhaite pas directement. Ce que je vais vous dire par là, c'est qu'il faut arrêter de faire croire que c'est l'Union européenne qui finance l'agriculture française.

Ce sont les contribuables français qui aident les agriculteurs via l'Union européenne. On pourrait le faire directement. Non, mais je ne dis pas ça. Nos agriculteurs ne sont plus les mieux l'automne. Ce n'est pas une question d'argent, c'est comment on produit. Ce que veulent les agriculteurs ? Moi, je suis de la Somme. C'est une région agricole depuis le Moyen-Âge. C'est une région qui a nourri notre pays depuis très longtemps. Le cas des Bétraves que vous connaissez, nous sommes une région bétraviaire qui est gênée par sa production avec des mauvaises réglementations.

Quand Jordan et Marine attaquent l'Union européenne, ce n'est pas sur les montants financiers qu'ils donnent à l'agriculture. C'est cette réglementation qu'on appelle de la ferme à la fourchette qui prévoit, selon tous les rapports d'experts, selon la commission elle-même, une baisse de la production agricole de 15% et une baisse de la production agricole européenne et française et parallèlement une hausse des importations avec des traités de libre-échange, encore avec la Nouvelle-Zélande qui fait importer en l'occurrence de la viande du bout du monde vers l'Union européenne au mépris des engagements climatiques et de la qualité de production des agriculteurs. Vous imaginez

16:38
Jean-Philippe Tanguy

qu'une colère des agriculteurs en France puisse advenir de manière aussi flagrante et importante que ça a été le cas aux Pays-Bas, que c'est le cas en ce moment même en Allemagne, on sait qu'aux Pays-Bas ça fait partie de ce qui a aussi conduit l'un de vos alliés au pouvoir

16:53
Présentateur

videurs. En tout cas, gagner les élections. Oui, vous savez, cette colère elle a commencé pour le moment de manière plutôt constructive. Les agriculteurs renversent les panneaux à l'entrée de nos communes rurales pour manifester leur mécontentement. Ça fait plusieurs mois. Je regrette qu'au budget il n'y ait que le groupe Rassemblement National qui ait voté contre la hausse des taxes sur le carburant qui permet aux tracteurs de rouler. Même les Républicains au Sénat et à l'Assemblée Nationale ont accepté cette hausse de taxes qui a mené à la fronde en Allemagne. Il faut reproduire en France.

Moi, je l'ai dit dans ma profession de foi, mes électeurs dans la Somme parce qu'il y a un conflit aujourd'hui entre les nouveaux ruraux. Pour vous, c'est la colère à venir. Il faut reproduire en France. Mais bien sûr, les agriculteurs travaillent très dur. Ils sont insultés, conspués par une partie notamment de la gauche qui fait croire que ce sont des empoisonneurs avec les pesticides, des meurtriers avec les animaux alors qu'évidemment, ils sont exemplaires à travers le monde. Tous les classements montrent que les agriculteurs français sont ceux qui respectent le plus la réglementation, le plus le bien-être animal.

Donc, ils ont fait tous les efforts pour convenir à la réglementation et on leur met tout sur plus sur la tête et ils ne sont pas rémunérés à juste titre et on fait rentrer, c'est ça qui est grave Madame de Malherbe, on fait rentrer parallèlement des produits qui sont produits dans des mauvaises conditions, des conditions contraires à ce qu'on impose à nos agriculteurs depuis l'étranger avec les traités de libre-échange. C'est ça que l'on condamne dans l'Union européenne. Ce n'est pas le fait qu'on verse de l'argent et il faut le dire, les agriculteurs rêveraient de ne pas avoir besoin des aides et des subventions. Les agriculteurs, ils veulent vivre de leur travail.

Donc, il faut aussi que les Français sachent que les agriculteurs français, ils demandent à vivre de leur travail. S'il pouvait ne plus y avoir ces 9 milliards d'aides dans un monde idéal, eh bien, ils seraient bien contents.

18:24
Jean-Philippe Tanguy

Jean-Philippe Tanguy, Emmanuel Macron s'exprimera demain soir dans une conférence de presse. Gabriel Attal devrait prononcer son discours de politique général mardi prochain devant vous les députés. Qu'est-ce que vous attendez de ces deux discours ? Déjà,

18:36
Présentateur

il y a une confusion encore dans la répartition de la parole avant le discours de politique générale de M. Attal qui ne l'a même pas été capable d'orienter à son 20 heures de TF1. Moi, j'ai été très déçu par M. Attal, je vous le dis sincèrement. Incapable de dire si oui ou non, l'électricité allait augmenter de 10%, si oui ou non, il y aurait cette baisse d'impôt sur les classes moyennes. Ça a servi à quoi de venir 20 minutes sur TF1 si c'est pour faire le pan et expliquer qu'il était très sympathique ? Bon, ce n'est pas ça qui fait une politique. Donc, le fait que le président de la République coupe, c'est lui qui coupe l'herbe sur le pied pour reprendre votre expression à M.

Attal, lui supprime toute initiative politique, toute autonomie politique. Le Premier ministre, ce n'est pas le large.

19:11
Jean-Philippe Tanguy

Il est un pantin pour vous aujourd'hui, le Premier ministre.

19:14
Présentateur

Je ne vais pas l'insulter comme ça a priori, on va voir ce qu'il va le faire mais en tout cas, il est sûr que M. Macron en faisant cela veut faire de M. Attal un pantin. Donc là, le problème, c'est une fois plus ce que c'est ça qui arrivera avec M. Attal comme c'est arrivé avec le pauvre Manuel Valls avec François Hollande, c'est que M. Macron va carboniser M. Attal comme il carbonise tous ceux qui s'approchent de lui car sa politique est mauvaise. Et en fait, M. Macron n'écoute rien, n'entend rien. Il refuse le suffrage des Français quand ils l'ont mis en minorité à l'Assemblée nationale. Il refuse de dialoguer avec les oppositions, même celles qui sont proches de lui. Il les humilie.

Il a encore humilié les Républicains avec Mme Dati. Qu'est-ce que c'est que cette méthode où on prend des gens, où on trahit les gens dans leur dos tout en prétendant vouloir leur tendre la main ? Voilà. Ce qui est très choquant dans M. Macron, c'est cette volonté de voir laisser un champ de ruines derrière lui, ruines de la République, ruines de la répartition des pouvoirs, ruines du régime parlementaire tout en prétendant protéger la République. Donc vraiment, les Français verront, je l'espère, à l'usage, et j'ai envie de dire malheureusement à l'usure avec M.

Macron, que Marine Le Pen sera celle qui rétablit aussi nos institutions, l'esprit de nos institutions, un président qui préside, Marine Le Pen, un Premier ministre qui gouverne, Jordan Bardella, et la France ira mieux car si, le général de Gaulle a pensé à cette répartition du pouvoir, c'est qu'il avait une idée, je pense, assez solide de l'histoire et du destin de la France. Jean-Philippe Tanguy, merci d'avoir répondu

20:29
Jean-Philippe Tanguy

à mes questions ce matin. Je rappelle que vous êtes le député Rassemblement National de la Somme.

Face à Face : Jean-Philippe Tanguy - 15/01 — Jean-Philippe Tanguy · Pourquijevote