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interviewyoutube.com· 1 avril 2026 20 min

La grande interview : Marion Maréchal

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Marion Maréchal. Bonjour à vous, députée européenne, présidente d'Identité Liberté. Nous sommes face à une crise énergétique majeure, malgré les dénégations du gouvernement. Marion Maréchal, quand vous entendez le Premier ministre Sébastien Lecornu parler de la façon dont il va utiliser les surplus fiscaux, tirer de la hausse des prix des carburants, une sorte de cagnotte dont il avait nié l'existence, vous vous dites quoi ? Ils nous ont menti ?

0:24
Marion Maréchal

Oui, ils nous ont menti, mais surtout ils sont quand même dans une forme d'immobilisme assez terrifiant. Parce que moi je regarde, vous vous dites, je suis députée européen, je regarde ce qui se passe en Europe, il y a énormément de pays qui ont pris des dispositions ou d'urgence ou par anticipation, je pense au Portugal, je pense à l'Espagne, je pense à l'Italie, je pense à la Hongrie, précisément pour protéger leurs citoyens de cette hausse massive des prix. Mais ils n'ont pas la même dette que nous, hein ? Oui, non mais d'accord, sauf que le problème c'est qu'on nous présente comme un cadeau le fait de simplement retirer ses mains de nos poches.

Parce qu'en fait, en l'occurrence, chaque fois que le prix augmente, l'État est un profiteur de crise, pour le coup l'expression de Marine Le Pen était tout à fait justifiée. Et donc baisser des taxes n'est pas un cadeau, c'est simplement une justice. Voilà, et donc... C'est ce que vous demandez, baisse de la TICPE ? Évidemment, en mesure d'urgence, ça me paraît être la chose la plus raisonnable, puisque je le rappelle, le prix du carburant c'est d'abord 60% de taxes.

Et à moyen terme, il faudrait évidemment mettre en place, ça c'est mon point de vue, une TICPE flottante, c'est-à-dire en fait une taxe variable qui s'adapte en fonction du prix, justement pour éviter que l'État devienne un profiteur de crise et que l'impact sur les ménages et les entreprises soit moins fort qu'aujourd'hui.

1:25
Présentateur

Mais cette cagnotte fiscale existe bien, alors que le gouvernement a dit « Mais non, pas du tout, nous ne nous enrichissons pas sur la hausse des prix du carburant ». Et ça va servir, tenez-vous bien, à l'électrification de notre économie pour diminuer notre dépendance au prix du pétrole d'ici 20 à 30 ans.

1:37
Marion Maréchal

Oui, bon, ce n'est pas la première fois que le gouvernement fera la démonstration de son manque de sincérité à l'égard de la population, donc je ne suis pas absolument surprise.

Mais c'est vrai qu'on se demande s'il n'y a pas une forme de cynisme dans le fait de laisser aujourd'hui les Français confrontés à cette hausse massive des prix, comme s'ils voulaient d'une certaine manière pousser, accélérer justement l'électrification des usages et notamment de la voiture, puisque comme ils se sont bien rendu compte que le pari du tout électrique était un pari raté parce que le marché ne se déployait pas comme prévu, les Français n'ont pas les moyens d'acheter de l'électrique, on a le sentiment finalement qu'il crée une forme de pression financière pour que les Français soient contraints d'aller vers là, en oubliant que tous les Français n'ont pas 50 000, 60 000, 70 000 euros à mettre dans une voiture.

2:15
Présentateur

Marion Maréchal, on a aussi dit qu'il n'y aura aucun problème d'approvisionnement. Résultat, il y a plus de 1 200 stations-service qui sont en rupture de stock partiel. Là encore, on ne nous dit pas clairement les choses ?

2:26
Marion Maréchal

Oui, il y a un problème d'anticipation, mais c'est un problème de vision générale d'ailleurs de ce gouvernement qui est dans la gestion à la petite semaine. Et c'est vrai que cette crise devrait nous amener à regarder plus loin et notamment à remettre en cause, je pense, à une loi qui existe en France et seulement en France d'ailleurs, en Europe, qui est la loi Hulot, qui nous interdit aujourd'hui, sachez-le, d'exploiter nos ressources aujourd'hui en hydrocarbures ou en gaz. Donc fracturation. Pas nécessairement de la fracturation, pas nécessairement seulement le gaz de schiste.

Je peux penser exactement à du pétrole, à du gaz, que nous avons dans nos sous-sols, sur nos territoires, et que nous n'avons pas le droit aujourd'hui d'exploiter du fait de cette loi, alors même qu'un certain nombre de pays, aujourd'hui, on pense aux États-Unis, sont devenus indépendants sur le plan énergétique grâce au gaz de schiste. Et donc c'est vrai que de ce point de vue-là, pourquoi s'interdire ? Pourquoi en fait finalement rester dépendant de ces hydrocarbures du Moyen-Orient alors que nous aurions les capacités probablement de pouvoir nous fournir nous-mêmes, au moins en partie ?

Et c'est vrai qu'on pourrait développer le sujet de la géothermie et de tous ces sujets qui finalement sont complètement hors champ parce qu'on a un gouvernement qui est incapable de se projeter sur les 10 et les 15 ans à venir.

3:36
Présentateur

Alors ils le font, mais sur d'autres sujets. Il y a de nouvelles mobilisations, des transporteurs routiers, tous ceux qui sont évidemment liés à la hausse et impactés par la hausse des prix des carburants. Est-ce qu'on pourrait se retrouver dans une situation pré-gilet jaune, à votre avis ?

3:49
Marion Maréchal

Ce qui est sûr, c'est qu'à un moment donné, quand les Français sont dans une situation où ils ne peuvent plus boucler les fins de mois, ils ne peuvent plus prendre la voiture pour aller travailler, parce que ce que ce gouvernement oublie, parce qu'ils vivent dans les grands centres urbains et en particulier à Paris, c'est que pour un grand nombre de Français, la voiture n'est pas un confort, ça n'est pas un luxe, c'est un moyen vital de pouvoir se rendre au travail, aller chez le médecin, déposer les enfants aux activités.

Et donc c'est vrai que s'il n'y a pas des mesures d'urgence qui sont prises dans un contexte, rappelons-le aussi, économique qui est dramatique, puisque on a un record aujourd'hui d'entreprises qui sont en faillite. Les entreprises françaises n'ont plus de trésorerie, elles croulent sous les prélèvements obligatoires, elles ne sont plus compétitives. Et donc évidemment, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

J'étais moi-même récemment avec une entreprise de transport routier en France, une filière qui là encore est en grande, grande, grande souffrance, et dont il nous expliquait qu'en plus de la concurrence étrangère qui s'abat sur eux, de la surtransposition des normes européennes, évidemment l'explosion du coût du carburant pourrait leur être définitivement fatale.

4:48
Présentateur

Combien de temps ça peut tenir ? Donald Trump cette nuit a dit que les bombardements dureraient encore deux à trois semaines, donc ça peut dire deux à trois semaines très compliquées pour les Français avec la crise énergétique qui est à venir, selon l'Agence internationale de l'énergie. S'il n'y a pas d'aide directe, vous pensez, pour le pouvoir d'achat, il peut y avoir cette explotation sociale ?

5:06
Marion Maréchal

C'est pour ça que je dis, en mesure d'urgence, je ne vois pas d'autre solution aujourd'hui que de baisser les taxes immédiatement, puisque l'État français a la main là-dessus, que c'est un impact sur le prix qui serait direct et immédiat, et que ça m'apparaîtrait beaucoup plus sain qu'une nouvelle et une énième distribution de chèques dont on connaît à la fois le coût, la complexité, et bien souvent l'inefficacité, parce que ces chèques sont bien souvent orientés prioritairement vers les personnes les plus précaires, ce qui est logique, mais laissent de côté les classes moyennes, les familles et les entreprises.

Mais nous n'avons plus les moyens, Marion Maréchal, l'État est à sec, je serais creuser encore un gouffre abissable qui est notre tête. Une fois de plus, on parle d'un surplus, puisque je vous disais tout à l'heure que l'État était profiteur de crise, l'augmentation du prix fait qu'ils vont toucher davantage que ce qui était prévu. Donc ça n'est pas un manque à gagner, c'est simplement renoncer à un surplus, donc rester finalement dans la prévision budgétaire qui était celle initialement prévue.

Et puis par ailleurs, si on devait rentrer aujourd'hui dans le détail des mesures d'économie possibles, croyez-moi qu'il y en aurait beaucoup à faire, encore faut-il avoir un peu de courage politique pour cela. Par exemple, quelles mesures d'économie immédiates nous mettent à la place ?

Oui, il y a des grandes réformes structurelles évidemment, mais sur les dépenses même de fonctionnement de l'État, pardonnez-moi de vous dire, quand on découvre encore récemment, puisqu'on devait parler d'une politique d'actualité, la manière dont sont distribuées aujourd'hui les aides du CNC, par exemple, dans le domaine culturel, dont on voit en réalité qu'elles servent tout un écosystème finalement de gauche radicale avec l'argent du contribuable, voilà typiquement une petite mesure d'économie qui pourrait être prise immédiatement.

6:29
Présentateur

Un mot, Marion Maréchal, du climat politique qui règne en France depuis les municipales. On assiste à une véritable zizanie à droite comme à gauche. Chez les LR, les portes claques. David Lysnard quitte le navire. Bruno Retailleau confirme sa candidature en 2027. Il refuse une primaire dans le bloc central. On a l'impression que c'est le concours à la primaire, c'est bien ça ? Écoutez, moi je vais devenir une espèce rare en politique,

6:52
Marion Maréchal

puisque je ne suis pas candidate à l'élection présidentielle. C'est une annonce. Voilà, et dans un moment où nous avons en effet au centre droit une déclaration à la présidentielle par jour, c'est en effet original. Maintenant, j'aimerais qu'on pose les choses sur le schéma qui se présente à nous pour les grandes échéances à venir. Tout indique dans les sondages qu'il y a un choix clair qui devra être fait, à peu d'ailleurs, puisque nous avons à peu près 50% de chance, à l'heure où nous parlons, d'avoir une reconduction du macronisme à travers la personne d'Edouard Philippe, ou alors... Par les derniers sondages qui donnent le coup d'à-coudre avec Jordan Bardella.

Exactement, entre Jordan Bardella et Edouard Philippe, et 50% de chance de pouvoir obtenir une véritable alternance à travers l'arrivée au pouvoir du corps national. Vous écartez déjà Marine Le Pen ? Non, je dis le corps national au sens large, parce qu'on ne sait pas... Les chiffres ne sont pas les mêmes en fonction de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Oui, enfin, à très peu, vous l'admettrez, puisque la différentielle entre Marine Le Pen et Jordan Bardella est de très peu. Mais ce qui est intéressant, c'est que c'est là que se joue en fait le gros enjeu au centre et à droite.

Donc tous ceux qui aujourd'hui défendent une primaire ouverte, une primaire fermée, une semi-primaire, en réalité, ne font que permettre et favoriser, finalement, la poursuite et l'assurance-vie d'une forme de néo-macronisme. Et donc, moi, je ne peux qu'appeler tous ceux aujourd'hui qui se perdent dans des aventures sans lendemain, parce que tout indique que les aventures de M. David Lysnard, M. Bruno Retailleau, pour qui j'ai beaucoup de respect par ailleurs, ne peuvent déboucher in fine que, ou à un ralliement à Edouard Philippe, ou à une rupture d'alliance pour se tourner vers le camp national.

Donc, gagnons du temps, créons de suite une dynamique, et allons ensemble à ces échéances, sous la forme d'une coalition. Il n'en veut pas, il l'a redit hier, Bruno Retailleau, il était à votre place. J'ai bien compris, mais j'ai bien compris d'ailleurs que cette primaire n'avait vocation qu'à se faire que sans le camp national, et donc contre le camp national. Et donc, il n'avait vocation in fine qu'à servir le centre.

Mais moi, je le dis, puisque j'ai entendu beaucoup de bêtises sur l'union des droites ces dernières semaines, notamment à l'occasion de ces élections municipales, l'union des droites, sans la droite nationale, sans le camp national, ce n'est pas l'union des droites, c'est l'union des centres. C'est ce que nous avons actuellement au pouvoir. C'est le bilan de 10 ans de macronisme. Et j'aimerais que les Français comprennent ce qui va se jouer à ces élections présidentielles et législatives.

Parce que nous avons vu à l'occasion des élections municipales ce qui s'est passé à Roubaix, à Creil, à la Courneuve, avec aujourd'hui l'arrivée massive d'un vote communautaire qui a porté LFI et sa radicalité, sa dangerosité au pouvoir. Demain, si un néo-macronisme devait l'emporter une fois de plus, ce ne serait pas un Roubaix, un Courneuve ou un Creil, ce serait des centaines et peut-être même des milliers de villes qui pourraient être concernées aujourd'hui par cette bascule et par l'arrivée de ce que Jean-Luc Mélenchon appelle la Nouvelle France, qui en fait est l'anti-France. Donc j'aimerais qu'on mesure ce à quoi et qu'on ne se perde pas dans des votes aujourd'hui qui sont sans issue.

Et moi j'appelle donc à la fois ces candidats et ces électeurs à nous rejoindre au sein du camp national dans cette coalition qui existe déjà.

9:40
Présentateur

Vous la réclamez cette coalition, Marie-Henbachat. Mais Marine Le Pen n'en veut pas. Elle n'en veut pas.

9:43
Marion Maréchal

Elle le dit à longueur d'interview. Mais non, c'est faux. C'est faux. Excusez-moi de vous dire qu'à ces élections municipales, les seuls candidats qui ont systématiquement tendu la main, notamment aux candidatures LR, c'est le Rassemblement National et ses alliés. Dans toutes les villes où c'était possible. Et c'est les LR qui ont donné consigne à leurs candidats de refuser cette main tendue. Si demain, soyons réalistes et raisonnables, si demain David Lysnard ou Bruno Retailleau appelaient Marine Le Pen pour lui dire « j'aimerais travailler à vos côtés », mais jamais Marine Le Pen ne refuserait.

Je ne veux pas plus qu'elle ne l'a refusé avec Éric Ciotti ou d'ailleurs avec moi-même qui suis aujourd'hui son allié. Et arrêtons avec cet argument de l'étiquette de « je suis de droite » ou « je ne suis pas de droite ». Ce qui compte, pardonnez-moi, ce sont les propositions, ce sont les mesures. Et de ce point de vue-là, évidemment qu'il y a des points de convergence majeurs sur très nombreux sujets entre les Républicains et entre le Rassemblement National. Donc concentrons-nous quand même sur l'essentiel. Parce que moi, je veux bien que tous ces gens nous expliquent qu'aujourd'hui, ce qu'on a vu au pouvoir ressemble à la droite.

Mais la droite, ça ne peut pas être l'effondrement de l'économie telle qu'on le connaît aujourd'hui. Ça ne peut pas être l'explosion de la dette telle qu'on le connaît aujourd'hui. Ça ne peut pas être l'islamisation galopante, la perte totale de contrôle de l'immigration. Parce que c'est ça, aujourd'hui, le bilan de ceux qui sont au pouvoir. Donc on ne me dise pas que ça, c'est la droite et que Marine Le Pen ne l'est pas. C'est ridicule.

10:59
Présentateur

Édouard Philippe est-il de droite ? Il apprécise son programme pour l'immigration, immigration de travail choisi et contrôlé, regroupement familial limité, normalisation des relations avec l'Algérie. Ça vous va ?

11:09
Marion Maréchal

Écoutez, Édouard Philippe, il est de fait bien l'héritier d'Emmanuel Macron. Donc on est dans une forme d'en même temps. On veut à la fois augmenter l'immigration et en même temps la réduire en se concentrant sur la fameuse immigration de travail, mais pardonnez-moi, qui est un problème mineur. Parce que l'immigration de travail en France, c'est 13% de l'immigration. 90% de l'immigration, c'est de l'immigration familiale, c'est de l'immigration sanitaire, c'est de l'immigration étudiante, c'est de l'immigration clandestine. Et de ce point de vue-là, il n'y a rien dans les propositions d'Édouard Philippe qui relève de la rupture ou d'une véritable réponse structurelle et massive.

Et d'ailleurs, j'en veux pour preuve, pardonnez-moi, parce que moi je suis au Parlement européen jeudi dernier, il y a un vote qui a été apporté au sein de l'hémicycle, qui est un vote sur la directive retour, qui est donc un nouveau cadre législatif européen pour faciliter l'expulsion des clandestins. Et bien Nathalie Loiseau, qui est membre du parti d'Édouard Philippe, qui est vice-présidente même de mémoire du parti d'Édouard Philippe, elle n'a pas voté pour ce texte. Donc on voit bien, une fois de plus, le double discours permanent.

Et je le dis, de ce que je vois aujourd'hui d'Édouard Philippe qui nous explique qu'en réalité, il faut continuer avec l'immigration de travail alors qu'on se rend compte que le taux de chômage chez les étrangers en France est deux fois plus important que chez les Français, ça n'est que finalement l'aveu qu'il ne fera rien sur le reste et qu'il augmentera en réalité cette immigration pour avoir un bilan global qui sera encore plus désastreux que ce que nous connaissons aujourd'hui.

12:26
Présentateur

Marion Maréchal, vous avez évoqué le Parlement européen cette semaine, plusieurs maires et reines ont retiré le drapeau européen du fronton de leur mairie. Marine Le Pen estime que cette décision relève de leur liberté de choix.

12:36
Marion Maréchal

Est-ce que ça vous choque ? Non, ça ne me choque pas du tout. D'ailleurs, j'ai écrit un texte à ce sujet qui n'est en rien un reproche, mais plutôt une réflexion, parce que moi je partage l'agacement et la contestation que ces maires, dont j'en connais un certain nombre, ont à l'égard d'une Union européenne. Oui, mais ils prennent les subventions de l'Union européenne. Ils enlèvent le drapeau. Je vais y venir, mais une Union européenne qui est technocratique, qui est à l'avant-garde du progressisme, bien souvent anti-national.

Mais c'est vrai qu'il y a une forme de paradoxe, puisque moi je défends une Union européenne qui serait d'abord et avant tout le prolongement politique de notre civilisation, donc qui soit là pour défendre notre identité aussi en tant qu'Europe. Et le paradoxe avec ce drapeau, c'est que c'est peut-être la seule référence, l'une des très rares références, qui justement porte un peu de l'âme européenne, puisqu'il fait précisément référence à la couronne des 12 étoiles de la Vierge Marie. Exactement, pour ça que Jean-Luc Mélenchon avait demandé qu'on le retire de l'Assemblée nationale.

Exactement, Jean-Luc Mélenchon avait attaqué ce drapeau, donc moi je trouverais plus intelligent finalement de se l'approprier plutôt que de le retirer pour défendre cette vision identitaire que nous aurions de l'Europe. Maintenant, je trouve que l'argument avancé par les macronistes dans une forme d'hystérie générale expliquant à ses maires qu'il toucherait des subventions européennes, pardon, il touche des subventions françaises. Parce que je le rappelle une fois de plus, la France est contributeur net de l'Union européenne, donc elle verse plus qu'elle ne reçoit, donc ça n'est jamais que de l'argent français qui est redistribué aux conditions européennes.

13:55
Présentateur

La France insoumise, on évoque Jean-Luc Mélenchon, hier Raphaël Arnaud a fait sa rentrée à l'Assemblée nationale, la présidente de son groupe Patil Panot, le défunt Raphaël Arnaud a toute sa place à l'Assemblée nationale, pleurer les fachos a-t-elle tweeté ? Ça s'adresse à qui, à vous ?

14:12
Marion Maréchal

À votre camp ? Non, mais je vais vous dire, on ne sait plus que dire devant l'indécence et même, j'ai envie de dire, l'âge mental de ses élus, quoi. Parce qu'après la mort de Quentin, que la présidente du groupe LFI... Quentin Deranc, absolument, à Lyon. Que la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale n'ait rien d'autre à dire que pleurer les fachos, alors que ceux qui sont en train de pleurer aujourd'hui ce sont précisément les parents de Quentin et ses amis, c'est absolument insupportable. Cette femme défend un homme qui est le chef des assassins de Quentin Deranc, le chef d'une milice dont tout démontre aujourd'hui qu'elle a organisé un guet-apens.

Ce sont d'ailleurs vos confrères de BFM qui ont fait un reportage à ce sujet. Toutes les premières indications de l'enquête montrent que Jacques-Éli Favreau, qui est donc l'un des collaborateurs de Raphaël Arnaud, était l'un des chefs de bande dans la commission de cet assassinat. Donc c'est vrai qu'on ne peut que demander aujourd'hui la démission de Raphaël Arnaud parce qu'on ne peut pas avoir aujourd'hui siégé dans les bancs de l'Assemblée nationale un homme qui est une fois de plus le chef d'une bande d'assassins. Ça n'est pas digne de notre République et donc je ne peux qu'en appeler aujourd'hui à la décence et à la morale.

15:20
Présentateur

Il estime, lui, Raphaël Arnaud, que c'est une instrumentalisation politique pour éteindre la gauche. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

15:26
Marion Maréchal

Oui, mais il y a un scandale dans le scandale. Donc je veux dire, il aurait mieux fait d'ailleurs de rester terré dans le trou dans lequel il était caché depuis deux mois parce qu'aujourd'hui, revenir inverser totalement l'accusation dans un média qui d'ailleurs est un média antifa financé là encore par l'argent public parce que dans cette affaire, on découvre qu'il y a en fait toute une économie circulaire antifa largement financée par l'argent des Français. C'est doublement indécent. Mais voilà, on sait à quoi s'en tenir aujourd'hui avec la France insoumise.

Jean-Luc Mélenchon animalise l'adversaire, fascise l'adversaire, légitime la violence, est à deux doigts d'ailleurs dans cette affaire de légitimer le meurtre. Bon, ben, comprenne la mesure donc de la menace que représente aujourd'hui ce courant politique qui, disons-le quand même aujourd'hui, n'est pas totalement exclu de la course à la présidentielle pour le second tour, ce qui doit d'autant plus amener la droite à prendre ses responsabilités et à se rassembler. C'est la France insoumise qui est responsable

16:14
Présentateur

du climat politique délétère qu'on a vu après les municipales avec ses maires hués, conspués, sortis de leur mairie pratiquement sous les menaces.

16:22
Marion Maréchal

De fait, on a assisté dans les mairies remportées par la LFI, une véritable prise d'assaut physique des locaux de la mairie avec des drapeaux étrangers. Imaginez l'indignation si des mairies avaient été prises avec l'affichage de drapeaux russes. Je pense que tout le monde s'en serait indigné. En l'occurrence, on a vu des drapeaux algériens et des drapeaux palestiniens. Et puis on a vu surtout, pris à partie violemment, insultés, conspués, hués des maires sortants. Bon, si c'est ça la Nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon, manifestement, ça n'est pas une France démocratique.

16:54
Présentateur

Laurent Nouniez, la ministre de l'Intérieur, le 12 mars dernier, depuis la Grande Mosquée, Marion Maréchal de Paris, prit la défense du port du voile chez les mineurs en tant que ministre des cultes. Je ne serai pas, a-t-il dit, celui qui ira expliquer à des enfants portant le voile qu'elles menacent le vivre-ensemble républicain. Il dit être comme le président de la République, attaché à mieux faire connaître l'islam et à le développer. Comment vous voulez dire ?

17:15
Marion Maréchal

J'ai rarement vu un tel état, d'ailleurs, de soumission de la part d'un membre du gouvernement. C'est extrêmement inquiétant, parce que personne ne lui demande, d'ailleurs, de prendre à partie ces jeunes filles. En revanche, on lui demande de prendre à partie les islamistes qui voilent ces jeunes filles, parce que ce sont les islamistes qui voilent les enfants. Voilà. Et donc, on aurait davantage attendu de Laurent Nunez, qu'il envoie un signal clair à toutes ces hommes et ces femmes islamistes qui imposent à ces jeunes filles de porter le voile, qui entravent, finalement, leur liberté. Et le message le plus sain aurait été de leur dire qu'ils n'ont rien à faire en France. Voilà.

Au lieu de ça, il est en train de nous expliquer qu'il va accompagner, finalement, le port de voile de ses fillettes. En est-on surpris, quand on voit, de toute façon, en général, le bilan de la Macronie dans cette matière ?

17:56
Présentateur

Dans le même temps, Aurore Berger, elle, souhaite l'interdiction du voile pour les mineurs de moins de 15 ans. Qui croire dans ce gouvernement ?

18:01
Marion Maréchal

C'est la bonne question. Voilà. C'est la représentation du « en même temps ». Mais disons-le, quand même, en même temps, qui aboutit bien davantage à accepter l'islamisation galopante et qui ne fait pas grand-chose, disons-le, face à la menace islamiste et face à la perte de contrôle de l'immigration, qu'une réponse durable et ferme face à ce phénomène. Donc, j'ai tendance à croire que, malheureusement, le bilan ira plutôt du côté de Laurent Nunez. Heureusement, d'ici quelques mois, nous aurons l'occasion de sortir de cette impuissance et de sa compromission. Les accusations de fascisme,

18:29
Présentateur

les accusations de racisme, fleurent et explosent pour tous ceux qui critiquent les mères et les filles. C'est le lot quotidien que nous aurons à vivre pendant les prochains mois ? Il faudra faire un bilan de ce qui se passe

18:41
Marion Maréchal

dans les mairies et les filles ? Je pense que nous allons vivre une campagne extrêmement violente. Ça, c'est de fait. Nous avons la France insoumise qui veut radicaliser sa base, qui, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, fait l'apologie légitime à la violence politique. Il faut comprendre que quand on fascise l'adversaire, on donne un droit de tuer. Parce que si l'autre est un fasciste, si l'autre serait un nazi, on a le droit de le faire taire, on a le droit de l'intimider, on a le droit de l'agresser et on a le droit de le tuer. Et pareil pour le racisme. Évidemment, de fait. Donc c'est une rhétorique qui est extrêmement dangereuse.

Et je m'étonne d'ailleurs que, d'une certaine manière, l'extrême-centre macroniste accompagne plus ou de moins cette rhétorique. Puisque quand elle explique in fine que ceux qui pourraient être dissous seraient non pas les bourreaux, mais les victimes, je parle en l'occurrence, de ce collectif némésiste de jeunes femmes qui avaient été pris à partie ce jour-là, ce jour de la mort de Quentin Déranque, on s'étonne de voir que finalement, il accompagne l'inversion accusatoire de la même manière que dans l'affaire CNews qui est aujourd'hui attaquée par la France insoumise. Eh bien, il est partie prenante finalement de cette dénonciation et de cette cible qui est mise dans le dos

19:45
Présentateur

des journalistes de CNews. Absolument. Merci beaucoup, Marie-Marie Chal, d'être venue ce matin dans notre émission sur CNews et sur Europe 1. Le titre de votre livre aux éditions Fayard, « Si tu te sens, le peine » et je crois que vous partez en dédicace aujourd'hui. Absolument, on carpentera. Merci, bonne journée à vous sur CNews et sur Europe 1.