Amélie de Montchalin : "Dans la vie, il n'y a pas que les impôts, il y a le coût des choses"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 55 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:25OuverteRéponse partielle
Quelle somme sera rendue aux Français ?
- 0:46RelanceRéponse partielle
Est-ce que votre politique favorise les ultra-favorisés ?
- 1:10RelanceÉludée
Cette analyse de l'IPP, vous la récusez ou elle est juste ?
- 2:08RelanceÉludée
Vous récusez ou pas cette analyse ?
- 3:30OuverteRéponse directe
Amélie Montchalin, est-ce que vous conduisez une voiture ?
- 3:47OuverteRéponse partielle
Le litre de gazole a augmenté de 30 centimes le litre en un an.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Votre politique, elle favorise l'emploi et l'investissement parce qu'on a bien conscience que depuis des années, le pouvoir d'achat qu'on a donné aux Français, en fait, quand vous regardez dans le détail, il a été financé par de la dette. »
- 2:44Invité politiqueFait
« Ils ne mettent pas dans cette étude le fait que, oui, c'est vrai que le prix du tabac augmente, sauf que les gens fument moins. »
- 4:43Invité politiqueFait
« La hausse des prix, il y a un tiers, c'est la trajectoire carbone. »
- 5:27Invité politiqueChiffre
« On a mis en place une prime à la conversion des véhicules qui n'a jamais aussi bien marché, puisqu'elle concerne justement les ménages qui n'ont pas beaucoup de revenus. »
- 5:48Invité politiqueChiffre
« On donne 2 000 euros aux ménages modestes et ils peuvent acheter une voiture d'occasion. »
- 6:15Invité politiqueChiffre
« Il y a 4 millions de ménages qui ont reçu un chèque énergie. »
- 6:31Invité politiqueChiffre
« Ces 4 millions de ménages, ils ont reçu 150 euros l'année dernière en moyenne, ils vont recevoir 200 euros l'année prochaine. »
- 9:39Invité politiqueChiffre
« C'est 4 milliards d'euros par an qu'on rend aux Français. »
- 10:43Invité politiqueFait
« La suppression de la taxe d'habitation n'a aucune conséquence sur le budget des communes, puisque 100% du montant est payé par l'État. »
- 16:35Invité politiqueChiffre
« Vous allez avoir sur votre feuille de paye plus de 1% de hausse en bas de votre feuille de paye. »
- 16:41Invité politiqueChiffre
« Il y aura, quand vous êtes au SMIC, 25 euros de plus. »
- 18:37Invité politiqueChiffre
« C'est, je peux vous le dire, 23 euros au minimum qu'elle aura de plus. »
- 20:33Invité politiqueChiffre
« Le minimum vieillesse il va atteindre 900 euros, il a déjà augmenté de 35 euros en avril, il va réaugmenter de 30 euros en janvier. »
- 20:40Invité politiqueChiffre
« Le chèque énergie, dont on parlait, il est exactement fait pour que vous puissiez payer votre chauffage et en moyenne dans votre situation ce sera 200 euros par an qu'on vous permettra d'accéder. »
- 20:51Invité politiqueChiffre
« La complémentaire santé pour vous madame ça peut être jusqu'à 600 euros si vous êtes en couple parce qu'on va vous aider à payer votre mutuelle. »
- 21:45Invité politiqueFait
« En 2018 il s'est passé quelque chose qui n'était jamais arrivé : la dépense publique a augmenté de 0%. »
- 22:28Invité politiqueChiffre
« Sur les trois années on va être à moins de 1% de croissance de la dépense publique. »
- 22:41Invité politiqueChiffre
« On a déjà baissé de 1,1% de PIB la dépense publique, le déficit sera de 1,9% fin 2019. »
Temps de parole
- Amélie de Montchalin71 %
- Présentateur14 %
- Auditeur11 %
- Auditeur 23 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Nous recevons ce matin dans le grand entretien la députée La République en marche de l'Essonne, première vice-présidente du groupe LREM à l'Assemblée, membre de la Commission des Finances. Vos questions 0145 24 7000, les réseaux sociaux et l'application France Inter. Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour. L'examen du budget a démarré à l'Assemblée, marathon dit-on. Depuis que les orientations du budget ont été annoncées, il y a débat sur le pouvoir d'achat. Quelle somme sera rendue entre guillemets aux Français ? Il y a bataille de chiffres. Et puis il y a un autre débat. A qui profite réellement la politique qui est menée en ce moment ?
L'Institut des politiques publiques a répondu à la question. Perte de pouvoir d'achat pour les 20% des Français les plus modestes. Hausse du pouvoir d'achat pour le pourcent, le 1% des Français les plus riches. Est-ce que votre politique, pour le dire simplement, favorise les ultra-favorisés ?
Votre politique, elle favorise l'emploi et l'investissement parce qu'on a bien conscience que depuis des années, le pouvoir d'achat qu'on a donné aux Français, en fait, quand vous regardez dans le détail, il a été financé par de la dette. Et donc, le pouvoir d'achat qui a été donné aux Français d'il y a 5, 10, 15 ans, il sera financé par mes enfants, vos enfants, nos petits-enfants.
Mais là, à l'instant T, cette analyse de l'IPP, vous la récusez ou elle est juste ?
J'étais à l'IPP avec les députés de la Commission des Finances pour analyser, pour discuter de cette étude. Il y a deux choses d'abord qu'il faut avoir en tête. Cette étude, elle ne parle que des mesures fiscales et des mesures, je veux dire, de redistribution. Le pouvoir d'achat, ce n'est pas qu'une question de feuille de paie et de feuille d'impôt. Le pouvoir d'achat, c'est ce qu'on peut consommer avec l'argent qu'on a. Quand, pour les retraités, parce que c'est un grand sujet, nous investissons dans le reste à charge zéro. Nous investissons pour que la santé soit accessible et de proximité.
Nous donnons accès à des services à la personne comme nous n'en avons jamais donné avant aux retraités. Quand nous permettons aux retraités d'avoir accès à une complémentaire santé, on rend des services essentiels à leur vie moins chers. Cela veut donc dire qu'à la fin, quand ils font leur compte, ils ont été chez le dentiste, ils ont changé de lunettes, ils ont été voir un médecin, ils ont été aidés à domicile.
Mais donc, vous récusez ou pas cette analyse ? J'ai les tableaux sous les yeux, ils ont l'air tout à fait clairs.
Cette analyse, elle ne regarde que la partie fiscale. Mais heureusement que dans la vie, il n'y a pas que des impôts. Il y a le prix des choses, il y a le prix des services. Et ils n'ont pas mis dans cette étude le fait que, oui, la santé allait avoir un coût qui allait baisser pour notamment les retraités. Ils n'ont pas mis dans cette étude le fait que, par exemple, la garde d'enfants pour les familles monoparentales, c'est 140 euros de plus par mois que l'on donne aux familles monoparentales pour faire garder leurs enfants. Ils ne mettent pas dans cette étude le fait que, oui, c'est vrai que le prix du tabac augmente, sauf que les gens fument moins.
Donc, vous ne pouvez pas mettre l'implication de coût comme si les gens fumaient autant. Cette étude, c'est une étude d'économistes. Elle est essentielle pour moi, puisque vous savez, et pour nous tous, puisque vous savez que depuis un an et demi maintenant, il y a une chose que je répète et sur laquelle nous sommes extrêmement impliqués à l'Assemblée, c'est qu'il nous faut des économistes. Pourquoi ? Parce que jusqu'à maintenant, quand on travaillait sur le budget, on avait une vision statique. C'est-à-dire qu'on disait, voilà les milliards qu'on met dans le budget et voilà ce que, par magie, il se passe. L'économie, elle est dynamique, elle fonctionne.
Il y a des choses qui ont un impact économique. Et donc, c'est important que les économistes nous montrent ce qui se passe. Mais les économistes, aujourd'hui, ils n'ont encore qu'une approche fiscale. Il y a dans le budget des investissements qu'on fait qui sont là où on libère du pouvoir d'achat. Le pouvoir d'achat, je le répète, ce n'est pas qu'une question de feuille de paye et de feuille d'impôt. C'est à quel prix j'ai des services essentiels à ma vie quotidienne. Amélie Montchalin, est-ce que vous conduisez une voiture ? Je conduis une voiture, je conduis une Zoé électrique pour aller de l'Essonne à Paris pour mes déplacements de députés.
Et nous avons une voiture familiale où nous mettons effectivement du diesel. Et c'est une grande question de notre famille.
Alors, on y va. Savoir si on vend la chaleur. Si vous allez en changer tellement, vous payez cher. Le litre de gazole a augmenté de 30 centimes le litre en un an. L'opération coup de pompe qui invite les Français à envoyer leur facture d'essence à l'Élisa a été téléchargée 700 000 fois. Après les retraités, ce sont les automobilistes qui vont sentir les mal-aimés de la Macronie.
Alors là-dessus, il faut être très clair. Vous venez d'avoir Mathieu Orphelin qui vient de venir vous voir. Et vous avez fait, ici à France Inter, je pense, un gros effort de pédagogie vis-à-vis de nos concitoyens sur l'urgence climatique. Pourquoi aujourd'hui, on a effectivement une énorme transition à faire sur notre mobilité ? Parce que le diesel, ça fait de la pollution qui tue par la pollution de l'air les particules fines. Et ensuite, on a du CO2 qui, on le sait, crée des phénomènes climatiques extrêmes, comme notamment les phénomènes qu'on vient de voir dans le sud de la France.
Mais comment on va faire quand on est obligé de prendre sa voiture, quand on n'a pas les moyens pour la changer, et que on voit le prix qui monte, qui monte ? Est-ce que ça va se terminer à 2 euros le litre à la fin du métier ? Deux choses à dire.
La hausse des prix, il y a un tiers, c'est la trajectoire carbone. C'est quelque chose qui a été demandé par le FMI et par tous les diplomates depuis des années. En disant, c'est pas normal que dans les différents pays, vous subventionnez des carburants, puisque le but, c'est que les gens en utilisent moins. La trajectoire carbone, c'est un des piliers de l'accord de Paris. La France, quand on dit qu'on est un pays qui applique l'accord de Paris, on l'applique chez nous. On l'a mis sur une trajectoire qui monte pour 5 années, et il faudrait qu'elle continue de monter pour que le prix du carbone reflète vraiment le coût de l'urgence écologique et du changement climatique.
C'est un tiers de la hausse. Le deux tiers de la hausse qu'on observe, c'est la géopolitique mondiale. La hausse, elle est liée au fait qu'il y a des tensions en Iran, que Donald Trump fait sa politique. Qu'est-ce qu'on a fait ? On ne s'est pas dit, voilà, le prix augmente et puis on rentre chez nous. On a mis en place une prime à la conversion des véhicules qui n'a jamais aussi bien marché, puisqu'elle concerne justement les ménages qui n'ont pas beaucoup de revenus. On a 250 000 voitures qui ont été changées au cours des 9 derniers mois, dont 70% pour des ménages non imposables. Un ménage non imposable, c'est un ménage qui donc, par définition, n'a pas beaucoup de revenus.
Et vous lui donnez combien pour qu'il change de voiture ? On donne 2 000 euros aux ménages modestes et ils peuvent acheter une voiture d'occasion. C'est pour ça qu'enfin ce dispositif fonctionne exactement là où on veut. 90% des voitures qui ont été changées, le sont hors de la métropole francilienne. Ça veut dire que ça se passe dans les territoires plus loin que Paris. C'est une très bonne nouvelle. La prime à la casse, vous savez, qui avait eu lieu sous le Sarkozy, ça avait été formidable. C'était des cadres qui avaient tous changé des voitures, elles étaient réutilantes, mais ça n'avait pas du tout concerné ceux qui sont en besoin, justement, d'adapter leur mobilité.
On a fait une deuxième chose. Il y a 4 millions de ménages qui ont reçu un chèque énergie. Un chèque énergie, c'est pour payer leurs dépenses énergétiques les plus basiques, notamment leur chauffage, notamment quand ils se chauffent encore au fuel. Parce que le fuel, on le sait, est totalement lié au prix du pétrole. Ces 4 millions de ménages, ils ont reçu 150 euros l'année dernière en moyenne, ils vont recevoir 200 euros l'année prochaine. Et en parallèle, on a mis des mécanismes extrêmement forts sur le changement des chaudières. Notre ambition, c'est vraiment la conversion.
C'est pas de dire... J'entends, mais pour les gens qui conduisent là, aujourd'hui, leur ambition, c'est de ne pas payer des fortunes à chaque fois qu'ils prennent le plat. C'est pour ça que vous avez... Est-ce qu'on va aller... Je vous pose la question. Est-ce qu'on va aller, à cause de la géopolitique mondiale et aussi à cause de vos hausses de taxes, est-ce qu'on va aller sur 2 euros le litre ?
Je ne suis pas, madame Irma, et les prix du baril, vous le savez, c'est très difficile à prévoir. Il y a l'OPEP, il y a énormément de géopolitique. Oui, mais vos taxes, non. La taxe n'emmène pas le prix à 2 euros. La taxe, elle augmente de 5 à 10 centimes par an pendant 5 ans. Et ensuite, elle est là pour arriver à un prix du carbone que les économistes considèrent comme étant viable.
Ce qui est important pour nous, c'est que nous, parlementaires, là, dans le débat qu'on a, on est en train d'avoir une discussion avec le gouvernement sur qu'est-ce qu'on fait pour les ménages, pour qui la voiture électrique, que d'ailleurs, beaucoup de revues grand publics montrent maintenant qu'elle est bien moins chère qu'une voiture a essence, que c'est enfin le cas. Comment, dans ces territoires où la voiture électrique n'est pas une option, comment on peut, par exemple, regarder l'hybride rechargeable ? Comment on crée, par exemple, un marché de l'occasion ?
On a des discussions aujourd'hui très fortes et Mathieu Herfelin, que vous avez reçu juste avant, est un des acteurs de cette négociation pour dire notre but, ce n'est pas d'avoir de l'écologie punitive, c'est bien d'avoir des mesures qui permettent la transition.
Il va proposer une prime pour l'essence, un phénomène de compensation de la hausse des prix du carburant, là encore, pour les gens qui ne peuvent pas faire autrement que de prendre leur voiture et qui prennent de plein fouet la hausse du carburant.
On a ce débat à l'Assemblée. Vous êtes favorable à ce mécanisme ? Je suis totalement aligné sur les objectifs, sur les outils. Est-ce que c'est le mécanisme qu'ils proposent ? Est-ce que ce n'est pas de la redistribution de TVA ? Est-ce que ce n'est pas un outil budgétaire ? Est-ce que ce n'est pas une prime à la conversion ? C'est un sujet sur lequel tous les députés du groupe La République En Marche sont extrêmement mobilisés, puisqu'ils voient bien que le défi, ce n'est pas de ralentir les prix du carburant, ce n'est pas ça le défi à court terme, c'est de permettre aux ménages de se mettre dans une position où ils peuvent avoir de la mobilité et de la mobilité durable et écologique.
La loi d'orientation des mobilités que présentera Elisabeth Borne atteint un chapitre entier sur la mobilité propre et ça sera essentiel à suivre.
Amélie de Montchalin, la baisse de la taxe d'habitation, moins 30% pour 80% des Français, était la grande mesure en faveur du pouvoir d'achat d'Emmanuel Macron. Là, les Français, en tout cas un certain nombre d'entre eux, reçoivent leur avis d'imposition et c'est la mauvaise surprise, puisque dans certaines villes, elle a augmenté la taxe d'habitation. Votre seule réponse, est-ce ? Eh bien, c'est la faute aux élus.
Non, notre réponse, c'est d'abord, il n'y a pas de chasse à l'homme. Balance ton maire est une démarche stupide, inutile, qui crée une suspicion dans le pays.
Balance ton maire, c'est un hashtag
qui a été lancé sur tout le temps par vos troupes. Mais je vous le dis aujourd'hui, je me décelarise totalement de cette démarche. Pourquoi ? La taxe d'habitation, effectivement, l'État, le gouvernement, au niveau national, prend une mesure qui permet de faire payer 30% de moins aux ménages qui ont moins que 2500 euros venus net par mois que ce qu'ils auraient dû payer. Ça, c'est notre démarche, c'est 4 milliards d'euros par an qu'on rend aux Français. Et puis, vous avez les décisions locales. Les maires sont des gens élus, légitimes, qui ont des politiques locales et qui ont tout à fait le droit, je veux dire, le droit et même le devoir, d'administrer des administrations locales.
Ils prennent des décisions. Je ne comprends pas, en revanche, pourquoi, quand on publie les taux de taxe d'habitation de 2016, 2017, 2018, pour que chacun puisse bien comprendre qu'est-ce qui se passe au niveau local, qu'est-ce qui se passe au niveau national, comment ça fonctionne aussi, qu'on fasse de la pédagogie sur le mécanisme, en quoi cet effort de transparence, qui est à la base de notre méthode politique, on explique, on assume, on évalue, pourquoi cet effort de transparence serait problématique.
Ce qui est certain, c'est que les maires en question, le problème n'est pas qu'ils aient pris une décision, le sujet, c'est qu'ils prennent leur responsabilité, qu'ils puissent expliquer à leurs concitoyens, voilà, avec l'argent... Il explique, par exemple, Jean-François Copé,
qui est maire de Meaux, qui est plutôt favorable au gouvernement, qui ne tarie pas d'éloge sur Emmanuel Macron, dit, on est étranglé. Nous, les maires, on est étranglé. La suppression de la taxe d'habitation, ça nous étrangle. Alors, ce n'est pas vrai,
la suppression de la taxe d'habitation n'a aucune conséquence sur le budget des communes, puisque 100% du montant est payé par l'État. Pourquoi il dit ça ? Pourquoi Xavier Bertrand dit on est les ploucs de province, on est oubliés ? Eh bien, parce qu'il y a une grande... Je ne sais pas si c'est de l'hypocrisie, mais il y a un grand décalage entre la réalité et ce qu'il s'en dit. Vous avez 228 collectivités, les plus grandes, qui ont contractualisé avec l'État, qui ont pris une démarche inédite. Ils ont signé un contrat pour dire, voilà, comment j'imagine dépenser l'argent public pendant trois ans, et voilà vous comment l'État vous engagez à m'accompagner. 228 collectivités.
Certaines, d'ailleurs, pilotées par des gens qui, quand ils viennent à vos micros, vous expliquent que rien ne va. Ils ont signé avec l'État. Comme qui ? Par exemple, le président, je crois, de l'Association des maires de France. Je crois. Je n'ai pas la certitude, mais je crois que François Baroin a signé dans sa collectivité le contrat avec l'État. Et par exemple... On va vérifier. Je pense. Ensuite, les petites communes, 36 000, 35 500 communes, ont eu une dotation aux collectivités qui, globalement, a été en légère hausse et qui a été répartie comme on l'a toujours répartie.
C'est-à-dire, en fonction de votre population qui augmente ou qui diminue, en fonction de savoir si vous êtes une agglomération riche ou pauvre. Les élus locaux, aujourd'hui, il y a un discours national qui fait de la politique et puis il y a des actions locales. Évidemment, notre rôle, c'est d'assurer qu'au niveau local, les politiques publiques fonctionnent bien, que les écoles puissent, notamment, puisqu'ils sont responsables des écoles, que la mobilité, que l'assistance aux personnes, toute la solidarité locale fonctionne.
Vous avez fait la réforme du Code du Travail, la réforme de l'ISF, la réforme de l'apprentissage, la réforme de la SNCF, engager la réforme de l'assurance chômage, celle des retraites. Est-ce qu'il reste une grande réforme, une réforme structurelle, un autre grand chantier à mener désormais ?
Il y a un énorme chantier qui va faire le lien avec la question précédente qui est la présence de l'État dans les territoires, les services déconcentrés de l'État. Vous avez aujourd'hui beaucoup de fonctionnaires de l'État dans toute la France. Est-ce qu'ils sont au bon endroit ? Est-ce qu'ils apportent les bons services ? Vous savez, on a fait une loi sur le droit à l'erreur. Comment on a du conseil de l'État et pas seulement des injonctions ou de la sanction ? Les services déconcentrés de l'État, c'est essentiel parce que c'est la suite, la fin de ce qu'on aurait dû faire quand on a décentralisé. Aujourd'hui, on a donné des compétences aux collectivités locales. Qu'est-ce que fait l'État ?
Cette réforme est essentielle, c'est la proximité de l'État avec les citoyens. Il y a aussi la réforme, moi que j'attends avec beaucoup d'intérêt, de la justice. Comment la justice va plus vite ? Comment elle est plus proche des citoyens ? Comment elle rend une justice qui est compréhensible ?
Mais en termes économiques, dans les grandes réformes de structure, tout a été fait ?
La réforme du recouvrement de l'impôt, c'est une réforme qui est essentielle et qui va permettre de réorganiser tout le service des impôts. C'est beaucoup de personnes, c'est aussi beaucoup de services au quotidien. On fait le prélèvement à la source. Donc on n'a pas fini. Vous avez également des choses à venir sur même la mobilité des fonctionnaires, la réforme de la fonction publique en soi, pour que les fonctionnaires puissent avoir justement de la formation et puissent répondre aux besoins, au plus près des besoins des Français.
Amélie Monchalin, gros scolaire hier du ministre de l'Économie, contre le constructeur américain Ford, qui préfère fermer son usine de Blanquefort en Gironde plutôt que de la céder à un repreneur. Bruno Le Maire a dit que c'était inadmissible, indéfendable. Il a appelé le gouvernement américain, il a appelé le patron de Ford aux Etats-Unis. On rappelle que cette usine-là, c'est 850 salariés, 850 salariés qui sont directement menacés. Qu'est-ce qu'il peut faire de plus, le ministre de l'Économie ? Est-ce qu'on n'est pas face à l'impuissance du politique ?
On est face à une forme d'impuissance puisque, à part de nationaliser l'entreprise, aujourd'hui, l'économie fonctionne. Moi, ce qu'il y a derrière ça, c'est que c'est plus largement le problème de l'investissement et de l'industrialisation de la France. L'industrie, elle est partout sur le territoire, sauf qu'il faut lui donner les moyens de se développer. Quand on permet, notamment avec la baisse des charges, d'avoir un coût du travail qui diminue. Aujourd'hui, on relance l'industrie. Quand on permet le suramortissement de la digitalisation pour que l'industrie s'innove, puisse aussi être compétitive, on permet à des entreprises de rester.
Vous savez, GMS, ou même Alstom, ou même des dossiers comme ça, c'est des dossiers, quand vous les regardez en détail, qui sont le fruit de sous-investissements chroniques parce qu'on n'a pas permis l'investissement, on perd de la compétitivité. D'accord, mais vous écoutez Blanquefort, ça va fermer, on ne peut rien faire. Sur ce sujet, je crois qu'effectivement, nous les parlementaires, on est très mobilisés parce qu'on a d'ailleurs des collègues de la République En Marche qui sont sur ce territoire et qui suivent le sujet de très près. On refera, je pense, un point aujourd'hui avec le ministre pour comprendre quels sont les outils.
Le premier outil pour moi, c'est qu'on arrive à retrouver de l'investissement. On a quand même 43% de hausse des investissements étrangers en France l'année dernière. On a de l'investissement qui repart. On a aujourd'hui, pour refaire le lien avec le Code du Travail... D'accord, là vous me parlez au niveau macro, moi je vous parle sur les 850 salariés qui risquent de perdre leur boulot. Eh bien, on refera le point avec le ministre de l'Économie. Je pense qu'effectivement, il faut qu'on s'assure que quand vous avez un outil industriel qui fonctionne, qui est performant, on puisse faciliter la reprise et pas la fermeture sèche des lieux industriels.
Allez, on file au standard. Beaucoup d'appels. Bonjour Laurence. Bonjour. Bienvenue, on vous écoute.
Alors moi, j'ai tellement de questions, j'ai dû résumer. J'ai tout d'abord, Madame de Montchalin, l'impression que vous récitez un discours rassurant mais que rien derrière n'arrive comme par exemple le reste à charge zéro. C'est le leitmotiv de tous les députés qui passent sur les antennes mais celui-là, on ne le voit pas arriver. Par contre, on a bien vu la suppression de l'impôt sur la fortune. On a bien vu tout ça mais tout ce qui concerne les vrais gens de la vraie vie, on ne voit pas ça arriver.
Est-ce que vous aviez, Laurence, passé ce préambule, une question sur un sujet précis ?
C'est ça. Il sera là quand ce reste à charge zéro pour la santé ? On les aura quand ? Les AVS, bien payés ? Ça, c'est des questions précises.
Merci, Laurence, pour cet ensemble de questions. Amélie de Montchalin.
La question que vous posez, elle est essentielle parce qu'effectivement, la crédibilité politique, c'est d'avoir des résultats. Il y a des résultats qui vont arriver là, en octobre. Vous allez avoir sur votre feuille de paye plus de 1% de hausse en bas de votre feuille de paye. Il y aura, quand vous êtes au SMIC, 25 euros de plus. Il y aura, en mois d'octobre, on a vu la baisse de la taxe d'habitation. Le reste à charge zéro, c'est, par exemple, déjà pour les prothèses auditives, 200 euros de moins sur les prothèses auditives en 2019. En 2021, c'est du reste à charge zéro sur les lunettes, les soins dentaires et les prothèses auditives.
Vous parlez des AVS, il y en a 12 000 de plus financés dans le budget 2019.
C'est pour ça que vous avez voté contre la proposition de loi pour l'inclusion des élèves en situation de handicap ?
Cette loi n'apportait rien de plus que ce que fait déjà le ministre et il le fait dans la concertation pour que ce soit efficace au plus vite. Quand vous faites des lois pour agiter des peurs et pour lancer des polémiques puisque c'était le but...
C'était François Ruffin qui vous a interpellé tous très, très violemment.
Et Aurélien Pradier qui présentait la proposition de loi a reconnu lui-même qu'un certain nombre de choses qu'il proposait étaient déjà en train de se faire. Donc aujourd'hui, la loi, ce n'est pas parce que c'est dans la loi que ça se fait. Ce qui se fait, c'est qu'il y a des engagements. Quand Jean-Michel Blanquer consulte le Conseil national des personnes handicapées pour qu'il y ait 12 000 AVS bien formés qui répondent aux besoins avec les bonnes compétences, je pense qu'on avance beaucoup plus qu'en faisant des lois, vous savez, symboliques sur lesquelles tout le monde s'écharpe et qui ne répondent pas aux problèmes.
Donc vous ne regrettez pas votre vote sur le sujet ?
Moi, je regrette qu'on en fasse de la polémique. Je pense que la secrétaire d'État aux personnes handicapées, Sophie Cluzel, a été extrêmement claire là-dessus.
Deux questions sur l'application France Inter. J'ai un véhicule diesel et une taxe d'habitation qui augmente. C'est dommage. Je n'ai pas de chaudière. Trois petits points. Sans être économiste, je peux vous dire que je paie plus. Marc, toujours sur l'application. Bonjour, j'adore quand on dit que mon pouvoir d'achat augmente. Pas d'augmentation de salaire. Ma taxe d'habitation n'a pas vraiment bougé. Ma taxe foncière a augmenté de 140 euros. Mes revenus autour de 2300 euros. Il faut arrêter la langue de bois. Je n'en peux plus. Comment pouvez-vous dire que mon pouvoir d'achat augmente ? C'est un message parmi une litanie de messages sur le même thème.
La baisse des charges qui aura lieu à la fin du mois d'octobre si cette personne a un revenu de 2300 euros. C'est, je peux vous le dire, 23 euros au minimum qu'elle aura de plus. Si elle est salariée et qu'elle travaille dans une PME, l'intéressement et la participation auront une forte baisse de charges et donc c'est autant d'argent que cette personne pourra avoir. Si cette personne fait des heures supplémentaires, à partir de l'année prochaine c'est 13% de plus par heure supplémentaire travaillée. Ce sont des résultats. Je ne demande pas ce que les gens nous croient. Je me demande ce qu'ils regardent honnêtement les feuilles de paye à partir du mois d'octobre.
Attendez encore un peu.
Le mois d'octobre c'est maintenant. La baisse des charges c'est maintenant. La prime d'activité qui augmente c'est maintenant. La taxe d'habitation qui baisse c'est maintenant. La location adulte handicapée qui augmente c'est maintenant.
Donc il faut à la fin du mois d'octobre, début novembre que les gens sentent le changement. Mais ils vont le sentir. L'INSEE par exemple
qui agrège tous ses besoins. L'INSEE dit
c'est une question de perception des gens. Et c'est vrai que tous les matins on a encore des gens qui nous appellent en disant la hausse du pouvoir d'achat qui est annoncée par le gouvernement et qui est confirmée par l'INSEE on ne la sent pas. Nous on a l'impression qu'on paye plus.
J'avais à un moment dit qu'il fallait faire ses comptes à la fin de l'année. Et bien à la fin de l'année si les français comparent leur feuille de paye de septembre avec celle d'octobre s'ils regardent en novembre quand ils sont au SMIC comment augmenter la prime d'activité ils verront les résultats. Ils ne les verront pas parce que je le dis ils le verront parce que ce sera écrit sur leur feuille de paye.
Anne est au standard. Bonjour et bienvenue.
Bonjour madame. Bonjour Nicolas.
Bonjour.
Voilà moi je vais être brève. Je voudrais savoir comment c'est mon cas mais c'est le cas de beaucoup de personnes avec un minimum de vieillesse avec habitant à deux kilomètres de mon village avec les prix qui augmentent les taxes sur l'essence l'électricité et tout vous vivez comment et qu'est-ce qu'on devient ?
Merci Anne pour cette question Amélie de Montchalin.
C'est bien parce qu'on se pose cette question qu'on a pris un certain nombre de mesures qui sont exactement ciblées sur les ménages en question. Le minimum vieillesse il va atteindre 900 euros il a déjà augmenté de 35 euros en avril il va réaugmenter de 30 euros en janvier quand le chèque énergie dont on parlait il est exactement fait pour que vous puissiez payer votre chauffage et en moyenne dans votre situation ce sera 200 euros par an qu'on vous permettra d'accéder. La complémentaire santé pour vous madame ça peut être jusqu'à 600 euros si vous êtes en couple parce qu'on va vous aider à payer votre mutuelle.
C'est bien parce qu'on fait des efforts qui sont justement vraiment avec comme objectif premier d'assurer un niveau de vie le plus le plus positif possible pour les personnes comme vous les petites retraites on en a parlé avec Ségolène Royal en 2007 rien n'a été fait là on avance.
Emmanuel Macron est-il plus flambeur que François Hollande ?
Alors ce qui est certain c'est qu'en 2018 il s'est passé quelque chose qui n'était jamais arrivé la dépense publique a augmenté de 0% c'est-à-dire alors pardonnez-moi
je vous invite à lire l'opinion très bon journal qui titre dépense publique Macron flambe bien plus que Hollande à mi-mandat le président de la république aura augmenté les dépenses de 51 milliards d'euros alors que son prédécesseur s'était contenté d'une hausse de 37 milliards d'euros à la même époque c'est 36% de plus que François Hollande
Alors là-dessus je me mets en faux sur deux positions d'abord une partie des dépenses qui sont là c'est pas des dépenses qu'on a créées c'est des dépenses qui étaient faites par le précédent gouvernement et qui n'étaient écrites nulle part quand la cour des comptes quand on était arrivé en 2017 nous dit le budget est insincère le budget est insincère ça veut dire quoi ? ça veut dire qu'il y a des dépenses qui ne sont écrites nulle part moi je m'occupe du budget de la recherche on a mis 131 millions l'année dernière on va remettre 200 millions cette année vous savez sur quoi ? sur l'agence spatiale européenne pourquoi ?
parce qu'on ne paye pas nos factures on ne payait pas nos factures donc une partie de la hausse c'est la fausse de Hollande c'est ça si les dépenses publiques augmentent plus de 36% une partie de la hausse qui est là-dedans c'est juste qu'on a mis dans les chiffres ce qui était dépensé par ailleurs en 2018 0% de hausse sur les trois années on va être à moins de 1% de croissance de la dépense publique
je vous invite à lire je vais le lire
mais je me suis vous pouvez regarder ce que j'ai dit
qui dit que c'est 36% de plus que Hollande
on a déjà baissé de 1,1% de PIB la dépense publique le déficit sera de 1,9% fin 2019 et je serai prête à répondre s'il le faut à l'opinion
merci Amélie de Montchalin
Amélie de Montchalin