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interviewRMC· 2 octobre 2024

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de François Hollande, dĂ©putĂ© Parti socialiste de la CorrĂšze...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

le Liban ? IsraĂ«l vient d'ĂȘtre attaquĂ© par l'Iran avec des missiles, sans doute des missiles de longue portĂ©e. Il est lĂ©gitime donc de dĂ©fendre IsraĂ«l face Ă  cette attaque.

C'est ce qu'ont dit les AmĂ©ricains et ont fait les AmĂ©ricains sĂ»rement, mais aussi certains pays arabes. Et la France doit ĂȘtre Ă  leur cĂŽtĂ©, non pas pour rentrer dans une escalade, mais prĂ©cisĂ©ment pour arrĂȘter ce processus. Et l'Iran doit bien comprendre que s'il allait plus loin, il est dĂ©jĂ  allĂ© trop loin, il encourerait des risques sĂ©rieux pour son rĂ©gime.

Et donc il y a, Ă  travers la position que doit prendre la France, Ă  la fois une fermetĂ© et une ouverture d'une nĂ©gociation qui passe forcĂ©ment par un cessez-le-feu gĂ©nĂ©ral, aussi bien Ă  Gaza qu'au sud-Liban, et bien sĂ»r entre IsraĂ«l et ce qui vient de se produire, l'attaque de l'Iran. Lorsqu'Emmanuel Macron prononce ces mots, les moyens de la France sont mobilisĂ©s. Est-ce que vous, en tant qu'ancien chef de l'État, vous vous dites oui, la France doit y compris, peut-ĂȘtre activement, peut-ĂȘtre la nuit derniĂšre, dans l'interception d'un certain nombre de missiles.

Il semble que la France elle-mĂȘme ait peut-ĂȘtre pris sa part, notamment depuis des bases qu'elle a en Jordanie. Ça vous paraĂźt ĂȘtre la position que doit ĂȘtre celle de la France. Oui, l'interception, si nous avons la capacitĂ© de le faire en ayant des moyens sur place, c'est ce que nous devons faire pour empĂȘcher que des missiles puissent frapper des populations civiles et mĂȘme des cibles militaires.

Il est inacceptable qu'un pays, l'Iran, puisse en attaquer un autre, Israël, avec des missiles, avec les conséquences que l'on sait. C'est-à-dire qu'Israël ne restera pas insensible à ce qui vient de se produire, qui est un choc, qui est un traumatisme. C'est le deuxiÚme en quelques mois.

Il y avait eu l'attaque de drones en avril dernier, pour laquelle d'ailleurs la France avait participĂ© aussi Ă  l'interception. Mais lĂ , il ne s'agit plus simplement de drones, il s'agit de missiles. Donc il est Ă  craindre qu'IsraĂ«l engage lĂ  aussi une riposte Ă  laquelle d'ailleurs les États-Unis ont dit pouvoir s'associer.

Donc il est trÚs important que la France montre sa ligne de fermeté par rapport à l'Iran. Mais aussi, appelle, et c'est ce que je fais dans la position qui est la mienne, à aussi un cessez-le-feu généralisé. Parce qu'on voit bien que l'escalade n'a pas de fin, si ce n'est une fin encore plus dramatique.

N'oublions jamais que tout est parti du 7 octobre. N'oublions jamais, parce que c'est la date qui nous allons bientĂŽt...

Dans quelques jours, lundi prochain. ...quelques jours, hélas, pouvoir revenir dessus.

C'est-à-dire que c'est une date qui a été majeure, puisque c'est une attaque terroriste du Hamas sur Israël, qui entraßne la réaction d'Israël. Et puis on voit la diffusion de ce conflit au sud-Liban, et on peut l'imaginer maintenant entre Israël et l'Iran. En rappelant cette date, ce que vous voulez faire ce matin, François Hollande, c'est dire combien Israël est dans la réponse à une attaque.

C'est IsraĂ«l qui est attaquĂ©, encore une fois ? Le 7 octobre, c'est IsraĂ«l qui a Ă©tĂ© attaquĂ©. Ensuite, IsraĂ«l a ripostĂ© avec des moyens qui ont pu ĂȘtre jugĂ©s excessifs, pour une durĂ©e qui a pu ĂȘtre jugĂ©e trop longue.

Mais enfin, les otages ne sont toujours pas libĂ©rĂ©s, et il y a toujours des attaques qui sont portĂ©es. LĂ  encore, aujourd'hui, le Hezbollah continuait Ă  envoyer des requĂȘtes. Donc IsraĂ«l a dĂ» rĂ©agir.

Il y a un moment aussi oĂč c'est le rĂŽle de la diplomatie de dire « attention, oĂč voulez-vous aller ? » Et notamment l'Iran, puisqu'il faut bien comprendre que c'est l'Iran qui active ses proxys, comme l'on dit, c'est-Ă -dire le Hamas, le Hezbollah et les Houthis au YĂ©men, et essaye de se mettre en arriĂšre. Sauf que lĂ , l'Iran n'est pas restĂ© en arriĂšre, puisque l'Iran a Ă©tĂ© tellement humiliĂ© par les attaques qui ont touchĂ© Ă  la fois le Hezbollah et le Hamas Ă  TĂ©hĂ©ran, que pour sa propre opinion publique, l'Iran est obligĂ© d'agir.

Alors avec plus ou moins de retenue, avec plus ou moins de calculs, mais il y a un moment oĂč ça peut dĂ©gĂ©nĂ©rer, et ça va encore dĂ©gĂ©nĂ©rer, puisque IsraĂ«l va rĂ©pondre. Donc il est important de montrer de la fermetĂ©, mais aussi de montrer que la diplomatie peut exister. Quelles consĂ©quences aussi pour nous et pour les EuropĂ©ens ?

Cette nuit, au Danemark, Ă  proximitĂ© de l'ambassade d'IsraĂ«l, il y a eu deux attaques, deux explosions. L'enquĂȘte est en cours et dĂ©terminera, pour l'instant, il n'y a donc d'abord pas de bilan humain Ă  regretter, mais surtout une enquĂȘte pour savoir s'il y a un lien effectivement avec l'ambassade d'IsraĂ«l. Il y a eu l'attentat Ă  Jaffa, qui a causĂ© entre 6 et 8 morts, selon les bilans, qui restent provisoires.

Est-ce que sur ce front-lĂ , c'est-Ă -dire le front du terrorisme, la France doit Ă©galement s'inquiĂ©ter des consĂ©quences ? Il faut ĂȘtre d'une vigilance absolue. Il y a des personnes, des rĂ©seaux, qui peuvent utiliser ce qui se produit aujourd'hui, aussi bien en Palestine qu'au sud-Liban, et dans une espĂšce d'agression gĂ©nĂ©rale contre tout ce qui serait proche d'IsraĂ«l.

Donc il faut ĂȘtre d'une trĂšs grande vigilance. Mais aussi avoir une pensĂ©e pour toutes les victimes civiles. Il y en a partout des victimes civiles.

Il y en a en Israël en ce moment. Au Liban. Il y en a au Liban.

Une population nombreuse a Ă©tĂ© obligĂ©e de se dĂ©placer. On parle de dizaines de milliers de personnes qui ont quittĂ© le sud-Liban, comme d'ailleurs d'IsraĂ©liens qui ont Ă©tĂ© obligĂ©s de quitter le nord d'IsraĂ«l. Je ne parle pas de ce qui se passe Ă  Gaza, mais on sait que depuis quand mĂȘme des mois et des mois, ce sont les populations civiles qui payent un trĂšs lourd tribut.

Donc il faut avoir cette conscience-lĂ . Parce que la guerre, ce n'est pas simplement des missiles qu'on Ă©change, ce n'est pas simplement des bombardements, c'est aussi des morts. Donc nous avons quand mĂȘme cette idĂ©e que si on ne veut pas entraĂźner le monde, parce que c'est le monde qui peut ĂȘtre entraĂźnĂ©, on peut dire que c'est lĂ -bas.

Mais est-ce que vous avez une inquiétude aussi sur la menace terroriste en France, sur l'importation de ce conflit là-bas, ici ? Je ne pense pas qu'il y ait de lien direct que l'Iran, prenons le cas de l'Iran, veuille combattre d'autres époques. L'U.S.

Bolin, c'est notamment les attentats de la rue de Rennes. Oui, mais c'était il y a 40 ans. Je ne pense pas que l'Iran soit dans ce processus-là.

Parce que l'Iran est traversé aussi de conflits en son sein. De savoir est-ce qu'il reste fermé au monde ou s'il essaie de s'ouvrir. Mais je ne pense pas que l'Iran va provoquer ce type d'attentat.

Mais il y a toujours des individus qui peuvent ĂȘtre pris par cette logique guerriĂšre et commettre des actes terroristes. Donc il faut ĂȘtre tout Ă  fait vigilant. Je ne parle pas simplement en France.

Je parle partout. Vous parliez du Danemark. On sait que ça a été un pays qui a été ciblé par des attaques terroristes.

Et notamment au moment de l'affaire Charlie Hebdo et du drame de Charlie Hebdo. François Hollande, vous ĂȘtes l'ancien prĂ©sident. Vous ĂȘtes de retour sur les bancs de l'hĂ©micycle.

C'est difficile comme transition. Enfin, c'est difficile pour moi. Mais alors j'imagine que c'est difficile pour vous, François Hollande, quand mĂȘme, non ?

Je l'ai voulu. Je ne peux pas dire que je suis tombé par hasard, parachuté comme ça au palais Bourbon. J'ai pensé, quand il y a eu l'annonce de la dissolution, que mon devoir de citoyen, je ne parle pas d'ancien président, mais de m'engager, était de revenir à l'occasion d'une élection.

J'ai dit qu'il devait empĂȘcher le Rassemblement national de devenir majoritaire. Je l'ai voulu parce que je veux rééquilibrer la gauche. Je l'ai voulu parce que je pense que notre pays traverse une crise dĂ©mocratique et qu'Ă  un moment, il faut montrer l'exemple.

Il faut montrer que nous devons tous contribuer à ce que le débat public prenne une certaine hauteur et à ce que l'on puisse trouver des réponses ensemble. Il y aura une motion de censure déposée par la gauche lundi ou mardi. Vous allez censurer Michel Barnier, vous, François Hollande ?

Ce n'est pas l'homme. Je connais Michel Barnier. Je l'ai travaillé avec lui quand j'étais président de la République et lui était chargé du Brexit.

Ce n'est pas la personne de Michel Barnier. Ce sont les conditions de sa nomination. Je vous ai dit que je m'Ă©tais rĂ©engagĂ© pour Ă©carter la menace de l'extrĂȘme droite et pour susciter un front rĂ©publicain.

J'attendais du prĂ©sident de la RĂ©publique, d'Emmanuel Macron, que ce soit un gouvernement issu du front rĂ©publicain qui puisse diriger le pays si la position de la gauche n'Ă©tait pas entendable puisqu'elle n'Ă©tait pas majoritaire, mĂȘme si elle pouvait prĂ©tendre Ă©tant la premiĂšre force. Et lĂ , on a quoi ? On a un premier ministre, un homme sincĂšre, j'imagine, je le connais, mais qui est traversĂ© par toutes les contradictions d'une majoritĂ© d'ailleurs extrĂȘmement rĂ©duite.

Et on a bien vu qu'il ne pouvait pas aller trÚs loin dans les annonces tant qu'il était contraint. Il n'y avait pas grand-chose, vous trouvez, dans ce discours ? Il ne pouvait rien avoir puisqu'il a eu une formule, reprenant le général de Gaulle.

En fait, il a pris beaucoup de temps pour en dire peu et peut-ĂȘtre pour faire presque rien. Parce que sa majoritĂ© est tellement divisĂ©e, contradictoire, et que le Rassemblement national lui a fixĂ© ses lignes rouges. Vous aussi, pardon, mais François Hollande, je trouve qu'il y a quand mĂȘme une hypocrisie lĂ -dedans.

Vous dites tous que c'est le Rassemblement national qui les tient à bout de bras, mais si vous ne votez pas la censure, le Rassemblement national ne peut rien faire seul. Non, je ne parle pas de la censure en tant que telle. Je dis que le Rassemblement national dit « voilà ce que nous acceptons, ce que nous n'acceptons pas ».

Et donc, dire au mois de janvier « voilà ce que nous ferions éventuellement pour vous contraindre à partir ». Moi, je ne dis pas ça, je dis « c'est la gauche qui a finalement la clé, ce n'est pas le Rassemblement national ». Le Rassemblement national ne peut pas censurer seul le gouvernement.

Donc, ce sera au moment oĂč la gauche et peut-ĂȘtre plus particuliĂšrement le Parti socialiste dira qu'il y a des choses qui ne sont plus acceptables pour les Français, qu'il y aura lĂ , Ă  ce moment-lĂ , une dĂ©cision. Mais ça, ça veut dire que vous voulez attendre un peu ? Oui, j'ajoute que faire tomber Michel Barnier n'a pas d'intĂ©rĂȘt en soi.

C'est l'intĂ©rĂȘt du pays qui compte. Il ne peut y avoir, Ă  mon avis, des parts de Michel Barnier sous cette forme-lĂ  si son gouvernement devait prendre des mesures tellement impopulaires que ça justifierait qu'il puisse cĂ©der la place, que s'il y a une solution de remplacement. Moi, c'est la grande diffĂ©rence que j'ai peut-ĂȘtre avec l'extrĂȘme droite et sĂ»rement avec l'extrĂȘme droite et peut-ĂȘtre aussi avec d'autres.

Moi, je ne suis pas pour le chaos. Je suis pour que le pays avance. Quand vous dites « avec d'autres », François Hollande, à un moment, disons, vous pensez à LFI.

Oui, quand LFI rentre sur une procĂ©dure de destitution du prĂ©sident de l'Arabie, que ça n'a aucun sens et d'ailleurs aucun avenir. François Hollande, voterez-vous cette censure mardi prochain ? Oui, puisque je l'ai moi-mĂȘme dit.

Donc, ce n'est quand mĂȘme pas trĂšs cohĂ©rent. Vous dites qu'il faudra le faire tomber s'il dĂ©passe des lignes rouges. Mais lĂ , vous voulez le faire tomber avant tout.

Non, mais là, il ne tombera pas. Donc, vous le ferez, mais en sachant que ça n'a pas d'importance. C'est trÚs important de dire que ce n'était pas le gouvernement qui était attendu par les Français.

LĂ , il y a quand mĂȘme eu...

Vous auriez prĂ©fĂ©rĂ© Lucie CastĂ© ? Mais j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© que Lucie CastĂ©, c'Ă©tait elle qui Ă©tait Ă©voquĂ©e comme reprĂ©sentante du nouveau Front populaire, puisse ĂȘtre proposĂ©e par le prĂ©sident de la RĂ©publique. Elle aurait Ă©tĂ© sĂ»rement censurĂ©e, tous les partis, en tout cas, qui...

En fait, on est dans de la thĂ©orie. Mais non, on n'est pas de la thĂ©orie. Tout doit ĂȘtre thĂ©orique.

Ce n'est pas théorique, c'est la vie parlementaire. On l'aurait nommé tout en sachant que de toute façon, elle allait tomber. On va le faire tomber tout en sachant que de toute façon, il ne va pas tomber.

Qu'est-ce que c'est que la dĂ©mocratie parlementaire ? On n'a pas Ă©tĂ© habituĂ© Ă  ça, puisque ce qui se passait, y compris lorsque j'Ă©tais prĂ©sident, il y avait un chef de l'État qui Ă©tait Ă©lu par les Français. Il y avait une majoritĂ© qui Ă©tait...

Mais vous ĂȘtes d'accord que lĂ , on a presque l'impression qu'on joue au Kemps. C'est-Ă -dire qu'on se dit, bon, je vais voter la censure, mais en mĂȘme temps, je sais que de toute façon, il ne va pas tomber. On aurait minu 6-7, mais de toute façon, on savait qu'elle n'allait pas rester.

Non, mais il y a des rĂšgles dans la dĂ©mocratie, mĂȘme si on sait que ça ne peut pas fonctionner. Quelle est la rĂšgle ? Le parti qui arrive en tĂȘte dans une dĂ©mocratie parlementaire partout en Europe, on lui confie la responsabilitĂ© de conduire un gouvernement.

La personne choisie ne le peut pas. C'est un constat. On prend un autre parti pour constituer une coalition.

Qu'est-ce qui s'est produit lĂ  ? C'est qu'on n'a pas pris M. Barnier Ă  partir d'un contrat de coalition oĂč des partis se seraient mis autour de la table pour dire, voilĂ  ce que l'on veut faire.

On a pris Michel Barnier parce que c'Ă©tait le seul, quand je dis on, c'est le chef de l'État, parce que c'Ă©tait le seul qui pouvait avoir l'assentiment du Rassemblement national. Et vous ne voudriez pas que l'on s'en suive ? Si le Parti socialiste s'Ă©tait distinguĂ© de la France insoumise dans cette coalition et qu'elle avait acceptĂ© de travailler Ă  une coalition, Ă  une sorte de grande majoritĂ© centrale, peut-ĂȘtre les choses en auraient Ă©tĂ© diffĂ©rentes avec quelqu'un comme Bernard Cazeneuve.

Oui, c'était possible. Vous le regrettez ? Je regrette que le président de la République ne l'ait pas choisi.

Ce n'est pas au président de la République de faire des maturités. S'il l'avait choisi, vous n'auriez pas voté la censure contre lui ? Bien sûr que non.

Comment voulez-vous ? Ce n'est pas une question personnelle que vous me posez. Bernard Cazeneuve a été mon Premier ministre.

Vous n'imaginez pas que ce soit possible qu'il y ait la moindre différence ? Et vos camarades du Parti socialiste, vous les auriez convaincus ? La trÚs grande majorité, la totalité.

Donc il aurait dû y aller en fait. Il aurait dû y aller, François Hollande. Emmanuel Macron aurait dû nommer Bernard Cazeneuve.

Mais il ne le voulait pas. La réponse, vous l'avez. Il ne le voulait pas.

Sinon, il aurait pu tenter cette expĂ©rience et voir si Bernard Cazeneuve prĂ©cisĂ©ment pouvait rĂ©unir une majoritĂ©. Peut-ĂȘtre ne l'aurait-il pas pu le faire, mais au moins de lui laisser cette possibilitĂ© de le faire. Faire contribuer les plus fortunĂ©s, les grandes entreprises qui rĂ©alisent des profits importants, sans toucher Ă  la fiscalitĂ© des classes moyennes.

Ça aurait pu ĂȘtre vous ça, François Hollande ? Je vais voir, moi, je ne suis pas du tout avec des ƓillĂšres pour redresser des comptes publics. Parce que revenons quand mĂȘme au point initial.

Pourquoi y a-t-il besoin de trouver des recettes supplémentaires et faire des économies qui allaient en train ? Pour ramener le déficit, c'est ce qu'a dit Michel Barnier, à 5% du PIB en 2025 et sous les 3% en 2029. Comment est né ce déficit ?

Il est tombĂ©, lui aussi, par un parachute sur le sol français ? Non. Ça fait plusieurs annĂ©es.

Quand je dis plusieurs annĂ©es, c'est sous Emmanuel Macron et avec Bruno Le Maire comme ministre. 1 000 milliards d'euros de plus de nettes. Oui, mais si on ne part pas de lĂ , c'est quand mĂȘme le point majeur.

C'est-Ă -dire qu'il y a des gouvernements qui sont d'ailleurs reprĂ©sentĂ©s aujourd'hui dans le mĂȘme gouvernement, celui de Michel Barnier, qui ont créé cette situation. Donc on va faire payer aux Français, d'une façon ou d'une autre, une gestion qui a Ă©tĂ© calamiteuse. Alors maintenant, venons-en aux dĂ©cisions.

Moi aussi, j'ai hĂ©ritĂ© d'une situation en 2012 oĂč j'ai Ă©tĂ© obligĂ© de redresser. Et vous avez Ă  peu prĂšs appliquĂ© les mĂȘmes recettes ? Parce que quand il faut demander des efforts aux Français, il vaut mieux les demander aux plus fortunĂ©s ou aux entreprises qui ont fait le plus de profit.

Donc si Michel Barnier dit « ben voilĂ , on rĂ©tablit l'impĂŽt sur la fortune, on supprime la flat tax et on fait un impĂŽt exceptionnel sur les profits eux-mĂȘmes exceptionnels », bien sĂ»r que je souscrirais Ă  ces dispositions. Mais ça ne suffira pas. Ça ne suffira pas.

Parce que si l'objectif
 Il l'a d'ailleurs dit, pour deux tiers, ce sera aussi des réductions de dépenses. Et c'est là qu'à mon avis, il est resté dans un flou trÚs général. Il l'a été aussi sur les recettes, mais il a été encore plus flou sur les décors.

Parce que quoi ? Vous redoutez quoi ? Parce que là, sur qui va-t-on faire peser les économies ?

Est-ce que c'est sur l'éducation nationale ? Alors que nous savons dans quel état elle est. Est-ce que c'est sur le systÚme de santé ?

Alors qu'il a été largement éprouvé. Est-ce que c'est sur ce qu'on appelle les prestations ? Il faut dire alors qui les perdra et qui les aura encore pour l'avenir.

Donc voilà, c'est ce qu'on attend. Il y a sûrement des économies à faire. Il y a toujours des économies à faire.

Et notamment sur des exonĂ©rations de cotisations qui ont peut-ĂȘtre Ă©tĂ© excessives dans un temps trop long. Sur certains financements de politique publique. Mais vous voyez, ça va ĂȘtre un choix trĂšs politique.

On se pose souvent la question, qu'est-ce que la gauche, qu'est-ce que la droite ? La gauche et la droite se sĂ©parent lorsqu'il s'agit de demander des efforts aux plus privilĂ©giĂ©s. LĂ , en l'occurrence, les efforts, ils sont demandĂ©s aux mĂȘmes gens Ă  qui vous les auriez demandĂ© aussi.

Et on va voir ce que ça va ĂȘtre aussi sur les dĂ©penses. Et moi, je serai extrĂȘmement attentif. Sur les questions de sĂ©curitĂ©, d'immigration, sur l'immigration, Michel Barnier a insistĂ© notamment sur le fait de revenir sur un certain nombre d'accords avec des pays, notamment du Maghreb, pour effectivement revenir sur le fait de pouvoir appliquer les OQTF.

Est-ce que lĂ -dessus, vous estimez que, notamment avec l'AlgĂ©rie, il faut en effet ouvrir ce front ? Ça a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© ouvert. C'est une proclamation qui vient d'ĂȘtre faite, puisque les visas avaient Ă©tĂ© suspendus pour l'AlgĂ©rie et pour le Maroc.

Et ils ont Ă©tĂ© rĂ©tablis par les mĂȘmes. Donc ceux qui vous disent qu'ils vont maintenant faire un nouvel effort, les mĂȘmes les ont rĂ©tablis. Et c'est ce qui a permis d'ailleurs de retrouver une discussion avec le Maroc, mĂȘme si avec l'AlgĂ©rie, les choses sont plus complexes.

Donc oui, il faut faire, bien sûr, pas simplement sur ces deux pays-là, mais il y a aussi d'autres pays sur lesquels il faut faire peser, pas simplement sur les visas, sur un certain nombre d'aides qu'on peut leur apporter, sur un certain nombre de moyens que l'on peut leur offrir, sur un certain nombre de politiques que l'on peut engager avec ces pays-là. Il faut leur dire, oui, vous avez une obligation de reprendre vos ressortissants. Je suis frappée par un mot que vous avez utilisé au début de cette interview.

François Hollande vous avait dit, je me suis rĂ©engagĂ© aussi pour rééquilibrer la gauche. On comprend bien, et vous l'avez dit d'ailleurs, vous avez dit que vous n'aviez pas la mĂȘme approche que LFI. Quand vous entendez hier Mathilde Panot qui dit que les prioritĂ©s d'LFI, je cite, sont de censurer le gouvernement, de destituer le prĂ©sident et de le remplacer.

Quand vous entendez Jean-Luc Mélenchon qui réagit à ce qu'il s'est passé hier soir, les missiles envoyés sur Israël en disant, aprÚs le Liban, aprÚs le Yémen, Netanyahou entre en guerre avec l'Iran, inversant par rapport à ce que vous, vous venez de dire, la charge de la guerre. Qu'est-ce que vous avez encore en commun avec ces gens ? Mais il y a des désaccords profonds, comme il y en a toujours eu entre les deux gauches en France.

J'ai fait un livre pour expliquer l'histoire de ce qu'a été la construction des gauches en France. Il y a toujours eu une gauche radicale, agressive, révolutionnaire, insurrectionnelle comme on voudra, et puis une gauche réformiste. Je suis de la gauche réformiste.

C'est la gauche réformiste qui a toujours été la plus forte en France pour permettre la victoire. Et quand elle n'a pas été forte, ça a été longtemps le cas quand il y avait un parti...

Et rĂ©cemment. Et rĂ©cemment, la gauche reste dans l'opposition et c'est la droite qui gouverne. Donc moi, pour le peu de temps qu'il me reste encore Ă  vivre sur le plan politique, je vais m'engager pour que la gauche rĂ©formiste, celle qui peut permettre Ă  la France d'ĂȘtre changĂ©e, transformĂ©e et gouvernĂ©e, puisse ĂȘtre la plus forte.

Et donc de faire la différence avec l'autre gauche sur beaucoup de sujets internationaux, pour ce qui concerne les sujets intérieurs. Cette phrase de Jean-Luc Mélenchon, aprÚs le Liban et le Yémen, Netanyahou entre en guerre avec l'Iran. Mais parce que c'est d'une certaine façon la cible qu'il a choisie depuis le début.

Depuis le début, il pense, Mélenchon pense, que c'est en tenant un discours anti-israélien qu'il peut mobiliser les quartiers populaires. Anti-israélien ou anti-sémite ? Je dis anti-israélien avec les risques que cela peut concerner.

Mais il fait un calcul électoral, tout en ayant, j'imagine, des convictions qui ne sont pas les miennes. Et on peut s'accommoder avec ça, François Hollande ? Je dis que c'est dangereux.

Parce que les quartiers populaires, les femmes et les hommes, qui ont sûrement une sympathie à l'égard de la cause palestinienne, mais il n'y a pas qu'eux qui ont des sympathies à l'égard de la cause palestinienne, qui ont sans doute des affinités religieuses. Ce qu'il faut leur dire, c'est que c'est par le social, par l'éducation, par l'économie qu'on arrivera à vivre ensemble et qu'on ne va pas dresser les Français les uns contre les autres. C'est ça ma grande différence.

Moi, je crois à la cohésion, je crois à l'unité nationale quand d'autres font de la fracture. Mais la lutte des classes a longtemps été la position de la gauche radicale. Ce n'est pas la lutte des communautés.

Merci François Hollande, ancien président de la République, nouveau député socialiste.