Mélenchon 2027, Bolloréisation des médias, fractures de la gauche... – Mathilde Panot sur Le Média
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour un nouvel épisode du fauteuil. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir la présidente du groupe parlementaire de la France insoumise, Mathilde Panot.
Bienvenue sur le fauteuil. Merci. Merci pour l'invitation.
Comme d'habitude, on commence le fauteuil avec toujours une question une question régulière qu'on a toujours avec nos invités. C'est quoi ton premier moment de politisation ? C'est quoi ton premier rapport à la politique ?
H je pense que c'est d'abord une colère. Moi, j'étais très très en colère de voir qu'on vivait dans un pays aussi riche et de voir non seulement des gens qui dormaient à la rue, qui n'arrivaient pas à s'en sortir. Et moi, en fait, je suis rentrée par la politique, d'abord par l'associatif qui est d'ailleurs une forme aussi d'action politique euh avec donc d'abord un premier engagement à ATD Carmond, donc agir tous pour la dignité et à l'époque, je faisais à la fois du théâtre de l'opprimé qui vient de donc du Brésil à Augusto Boal au départ.
Bon, lui c'est un théâtreux, il fait il fait d'ailleurs une pièce sur la Révolution française. OK. Et donc il fait cette pièce et puis il se rend compte que le public quand il termine la pièce se lève et dit "Ouais, on va aller tout casser en fait." Et donc ça interroge beaucoup sa pratique théâtrale qui était une pratique théâtrale assez classique.
Et à partir de là, il fait ce qu'on appelle donc du théâtre de l'opprimé que moi je faisais avec des des jeunes à Nancy qui est le fait par la pratique théâtrale de savoir comment est-ce qu'on réagit à telle ou telle situation d'injustice. En fait, on fait une scénette avec une injustice généralement qui vient du vécu de quelqu'un ou alors on simule une grève dans dans une usine avec des ouvriers et on fait agir, je sais pas, le patron. Bon, quelqu'un qui est l'auteur d'une injustice et le public peut dire donc les spectateurs peuvent dire stop quand ils veulent pour prendre la place de quelqu'un euh et essayer d'influer sur le le cours des choses pour dire que en fait on peut changer la manière dont se passe les choses.
Donc je faisais à la fois du théâtre forum, je faisais des bibliothèques de rue dans des quartiers populaires dans les hauteurs de Nancy. Et moi, c'est principalement par là que je suis rentrée dans la politique et puis par des rencontres aussi puisque j'avais la chance de faire mes études avec un certain Adrien Clou que je connais maintenant depuis 20 ans qui lui était très engagé politiquement parce que donc moi pendant ce temps-là, je faisais plutôt un engagement associatif et il m'a beaucoup beaucoup tané avec son engagement politique et c'est beaucoup grâce à lui aussi que je suis ici. Adrien Cloué, député de la France insoumise qu'on qu'on reçoit souvent en médias aussi.
Euh et euh et oui, du coup, tu enfin de ce que je de ce que tu nous dis euh c'est très lié à la culture ton engagement. Oui, enfin euh oui, c'est vrai. Dans l'associative, j'ai on a fait beaucoup de culture.
En fait, la la le la l'idée de ATD Carmond au départ, donc de l'association dans lequel j'ai commencé à militer. Après, j'en ai j'en ai fait d'autres, mais au départ, à TDC Carmond, c'est né dans un bidonville à Noisie. Donc, on est dans l'après-gerre.
Bon, au départ, c'est un prêtre qui fonde ça et euh lui la première chose qui fait qui fait un gros scandale à l'époque, c'est queil crée dans le bilon de ville un salon de beauté. OK. Et en disant en fait, c'est ce qui permet aussi aux gens de retrouver leur dignité et ATD, c'est pas une association qui distribue la nourriture, qui distribue, c'est une association qui veut donner au les outils aux gens euh pour qu'ils puissent récupérer leur vie, être sur leur vie.
Donc avec beaucoup d'outils d'éducation populaire et cetera. Donc moi, j'ai fait ça longtemps avec eux. On faisait des universités populaires.
Je sais pas, par exemple, j'ai travaillé avec des gens euh des Philippines qui vivaient sous un pont euh sur les objectifs du millénaire pour le développement. Donc des choses qui sont très loin. Et par exemple ces gens-là, c'était intéressant parce que on leur avait proposé un terrain parce que sous le pont, ils étaient régulièrement inondés jusqu'à la taille et on leur avait proposé un terrain au sec et en fait, ils étaient retournés vivre sous le pont. ce qui faisait dire à plein de réa que c'était des gens irresponsables, qu'il fallait leur enlever leurs enfants et cetera et cetera.
Or, en fait, la raison pour lequelle ils étaient pas restés sur le terrain sec, c'est que s'ils restaient dans ce terrain, alors leurs enfants ne pouvaient plus aller à l'école si ce n'est à marcher pendant 5h pour pouvoir y aller. Et donc en fait, il préférait dire bah en fait on préfère vivre dans des conditions qui sont déplorables euh et que nos enfants puissent avoir un avenir plutôt que le contraire. Et du coup en du coup c'était c'était assez intéressant et donc euh ouais en fait il y avait ça avait beaucoup de choses qui passaient par la culture effectivement et euh et c'est un engagement qui m'a beaucoup appris y compris sur euh enfin là par exemple on parle souvent des 1,2 million de personnes qui sont tombées sous le seuil de pauvreté sous Macron en fait bon évidemment c'est pas des chiffres c'est des personnes mais en fait ce qu'on oublie de dire souvent c'est que pour sortir de la pauvreté en moyenne en France aujourd'hui il faut six générations.
Et moi, je me rappelle par exemple à Nancy avoir croisé des jeunes qui par exemple quand ils te parlent ne te regardent plus dans les yeux. Et en fait ça c'est des choses qui qu'ils ont appris de leurs parents parce qu'en fait à force d'être tout le temps méprisé, ils préfèrent ne plus regarder. Donc en fait tu leur parles et ils te regardent pas euh par peur de d'y lire du mépris.
Alors que très clairement moi j'étais dans la même assos que enfin je veux dire on se voyait depuis longtemps. J'ai j'ai milité avec eux pendant 2 ans. Donc il y avait pas de problème a priori mais c'est juste que dans les corps en fait que la pauvreté elle s'ancre et ouais ça m'a beaucoup appris cet engagement militant là.
Bah on va accélérer la vitesse pour parler de la France insoumise. Tu fais partie de des fondatrices du du mouvement. Euh tu es pas passé par un système politique enfin d'intégration de la politique classique hein.
Tu as pas tu as pas fait le truc de science polena quoi. Enfin de de parcours classique qui emmène du Parti socialiste au reste. Enfin [rires] et euh c'est quoi ton point d'entrée ?
Comment comment ça se fait ? Comment c'est quand le moment où tu passes de justement de cet engagement associatif à à la fondation de la France à Soumise ? Alors, j'ai quand même fait un parcours un peu classique puisque j'ai quand même fait Sciancep.
Euh et à Sciancepo, il y a quand même plein de gens, moi je me rappelle d'une nana que j'avais rencontré qui me disait "Je ne comprends pas pourquoi en France, elle venait dans un lycée français elle à l'étranger, je ne comprends pas pourquoi en France vous vous plaignez avec un SMIC à 3000 € quand même c'est pas mal." Je lui ai dit "Le SMIC à 3000 € je te le prends direct." une forme de déconnexion et en vrai, je le dis un peu en rigolant mais de violence aussi euh que moi j'ai vécu euh à Sciencep et en fait le moment où moi je bascule en fait je bascule pas parce que je fais pendant très longtemps les deux engagements associatifs et engagement politique c'est le moment où justement j'arrive à Paris pour le master euh donc à Sciencepo Paris et que là je m'engage à l'époque c'était dans le Front de gauche Sciencepo et dans les campagnes la campagne notamment présidentielle de 2012 de Jean-Luc Mélenchon fond.
Et donc c'est à ce moment-là que je commence à faire euh des réunions politiques, de l'action politique avec une forme de violence aussi au départ, je le dis parce que à l'époque, on va dire que particulièrement à Sciencep, faut imaginer qui est à Sciencep. Euh il y avait par exemple dans les camarades qui militaient avec nous, des gens qui connaissaient l'ensemble des groupesuscules d'extrême gauche dans le monde, ce qui peut être très intéressant quand quelqu'un vous explique mais qui peut être aussi extrêmement excluant lorsqu'on ne vous explique pas. Et en fait, on était assez peu de nana à l'époque au front de gauche chance.
Ça s'est amélioré petit à petit. Mais je me rappelle que ma première réunion, j'avais dit à Adrien Clou justement, enfin genre je suis pas sûre de revenir où est-ce que tu m'emmènes et je suis restée par fierté mal placée et mais c'était bien en fait de rester parce que y compris en fait bon l'associatif ça m'a beaucoup appris. Euh j'ai adoré mon engagement associatif.
Après, il y a quand même un moment où vider la mer avec sa cuillère, c'est fatiguant et on a envie que ça change pour tout le monde. Et moi, c'est principalement pour ça que je me suis lancé dans le combat politique, c'est parce que j'avais envie que ça change vraiment. C'est intéressant ce dont tu as parlé parce que je pense que c'est quelque chose qui freine beaucoup de gens à aller en politique.
C'est le côté première réunion, on on te bombarde de d'infos et tu as l'impression que tout le monde maîtrise et tu dis "Mais c'est pas c'est pas ma place. Moi je connais pas la théorie postmarxiste de Hier, je voyais les jeunes insoumis. Je leur ai dit soyez inclusifs et inclusive parce que il y a plein de gens rien que passer le la porte de la réunion c'est compliqué.
Alors euh se retrouver dans des discussions on comprend rien et où personne vous explique parce que c'est considéré comme normal. Vous devez avoir tout lu, vous devez avoir et et en fait c'est dommage parce qu'il y a des gens qui partent aussi à cause de cela. Et là on est quand même dans une campagne présidentielle. une campagne présidentielle, c'est un moment qui est extraordinaire à vivre comme militant et militantes parce que c'est un moment le moment où le pays se politise massivement, où les gens s'intéressent aux choses et donc du coup c'est le moment où justement faut donner toutes les conditions à tout le monde de pouvoir s'investir comme il ou elle le souhaite.
Et d'ailleurs pour vivre cette campagne présidentielle au côté du Média TV, on a lancé une nouvelle campagne de don parce que le Média TV est en danger comme beaucoup de médias indépendants. C'est c'est une crise que touche qui touche toute la presse indépendante et on a besoin de vous pour continuer pour continuer à couvrir cette campagne et les campagnes à suivre avec toujours notre charte qui est disponible sur notre site. On est profondément antiraciste, féministe, on lutte contre les LGBT phobie et on essaie de vous proposer quelque chose de différent des médias mainstream.
Donc pour continuer de nous aider, aller sur cap suricaat.v.fr. frites-le, je le dis aux gens qui nous écoutent, faites-le parce que on a vraiment besoin de médias indépendant.
C'est vraiment une des conditions du débat démocratique. Et quand on voit ce qui est en train de se passer notamment avec l'Empire Boloré mais pas que. Euh et ce qui s'est passé encore récemment du patron de Canal Plus qui annonce que pour les 600 artistes qui ont signé la tribune contre Bolloré, qui n'était même pas au départ contre Canal Plus mais qui était contre la main mise de Boloré sur la culture et la création et que du coup le premier financeur du cinéma français à à hauteur de 40 % dit qu'il va les boycotter.
Bon, non seulement on veut leur apporter le notre soutien total, mais il faut aussi évidemment soutenir euh ceux qui font vivre aussi euh une information pluraliste qui n'est pas dans la main des milliardaires d'extrême droite. C'est assez flippant mais tu tu m'as fait une transition parfaite. Euh c'est cette campagne, elle va s'articuler aussi euh sur le rapport aux médias et euh et globalement on a l'impression que il y a l'Empire Boloré, mais il y a aussi tout le reste des médias plus modérés qui s'adaptent à son agenda.
On le voit dans les recrutements de France info qui va aller chercher des anciens chroniqueurs de ces news qui d'ailleurs disent bon bah restez sur ces news quand ils sont sur la chaîne des réflexes. Bonourle comment vous préparez à ça ? Est-ce que la stratégie des nouveaux médias justement fait partie de de ce process de cette réflexion ?
Bah en tout cas nous ça sera une des premières choses don on s'occupera quand quand on sera au pouvoir. Je commence par la fin on aura gagné. C'est qu'il faut absolument déconcentrer les médias.
Ça c'est une urgence démocratique absolue et puis y compris une urgence sociale pour les journalistes qui travaillent aussi. Euh donc ça c'est la première chose. Ensuite, la deuxième chose, évidemment, vous avez vu que ça a fait hurler et pleurer nombre de médias le fait que Jean-Luc Mélenchon fasse maintenant régulièrement des conférences avec les nouveaux médias qui est une manière aussi de leur donner à la fois de la visibilité, mais aussi de contourner un peu l'officialité médiatique sur lequel on continue d'aller mais qui sont de plus en plus des gardes à vue médiatiques avec bon, on a vu des mensonges répétés effectivement un alignement sur l'agenda de de l'extrême droite de plus en plus.
Euh et donc on a besoin de trouver des espaces pour contourner tout cela. D'autant que cette campagne présidentielle en plus de cette main mise encore plus forte des milliardaires sur l'information, elle va avoir une, je dirais pas une nouveauté, mais une difficulté supplémentaire qui va s'accroître encore, c'est la question des ingérences étrangères. On a vu là dans les élections municipales et ça a été encore confirmé récemment que donc il y a eu des ingérences étrangères confirmées qui viennent directement d'Israël sur les campagne municipal de Sébastien de Logu, de François Pigmal ou encore de David Guirot pour donner un exemple de ce que ça donne parce que pour beaucoup ça a été des raides numériques.
Bon, des des plutôt sur des des des actions sur les réseaux sociaux. Mais par exemple, Sébastien Delogu avait dans les rues de Marseille des affichettes qui étaient collées d'une certaine Sophie qui affirmait que Sébastien de Logu l'aurait violé. Et ça c'était l'ingérence étrangère qui vient directement de proche de Netaniaou de enfin don dont on essaie de remonter la piste.
Euh donc je veux dire ça c'est ça a vraiment euh des effets qui sont extrêmement graves et qui vont faire qu'on va avoir une campagne qui va être très violente et qui va nécessiter aussi que sans cesse on déconstruise les mensonges qui sont dit contre nous. Alors, je trouve qu'il y a un truc qui est intéressant qui s'est passé dans les élections municipales, notamment suite à la violence qui s'est déployée contre nous. On avait bon plusieurs épisodes de violence, mais notamment ensuite la mort de Quentin Der.
Je trouve que ce qui est intéressant, c'est que à la fin euh peut-être que certains comprennent que les médias c'est pas la vraie vie et qu'il y a plein de gens qui ne croient plus l'officialité médiatique lorsqu'elle nous qualifie ici d'assassin, ici de raciste, ici et cetera et cetera. Donc euh mais c'est évident qu'on a une difficulté qui est immense et que donc il faut non seulement déployer du terrain mais aussi euh déployer oui une un démontage des des mensonges qui sont dit sur nous en continu et donc en général il ne faut pas croire ce qui est dit sur nous à la télé. On va revenir sur ton parcours.
C'est un petit aparté sur les médias, mais juste aussi pour préciser que on a fait un entretien avec François Pickmal que vous pouvez retrouver sur la chaîne du Média TV notamment pour parler de ces inéréances étrangères et de des procédures d'appel qui sont en cours dans le cadre de de l'élection municipale. Donc vous pouvez le retrouver sur notre chaîne, on en a fait deux d'ailleurs si je ne dis pas de bêtises. Tu prends la tête du groupe parlementaire en 2022 dans ce même contexte d'attaque parce que les attaques médiatiques ce sont de plus en plus violentes mais ça fait très longtemps que la France insoumise aussi subit ce genre d'attaque.
Comment tu l'as vécu ? Tu étais prête à ça ? Comment ça se passe les les les la gestion de de ce groupe parlementaire ?
Comment tu comment tu t'es retrouvé à à ce degré de de responsabilité ? Alors, j'étais prête et pas prête. Bon, de toute façon, on a tous appris sur le tas.
Faut rappeler que faut se rappeler que la France insoumise, elle rentre pour la première fois à l'Assemblée nationale en 2017 seulement et que en 5 ans, on a quand même multiplié par quasiment 5 notre nombre de députés, donc avec des gens qui n'ont jamais été élus pour un grand nombre d'entre eux, c'était par exemple mon cas euh et qui donc bon apprennent plein de choses sur l'État. En même temps, je dis j'étais prête aussi parce que depuis 2019, en fait, j'étais vice-présidente du groupe, donc en fait, je gérais déjà beaucoup de choses du groupe. Euh moi, la plus grande fierté que j'ai dans le groupe parlementaire, je le dis souvent, mais pour moi, c'est la chose la plus importante qu'on a réussi à démontrer en étant à l'Assemblée nationale, c'est d'abord que tout le monde peut faire de la politique et que même on en fait mieux que celles et ceux qui s'y croient prédestinés.
Quand quand on est arrivé à l'assemblée, mais faut imaginer le niveau de mépris qu'on avait à notre rencontre. Euh je me rappelle euh bon alors il y avait euh Caroline Fiat, première aide soignante élu à l'Assemblée euh qui était la députée bac- 2. Jean-H Gratenon, euh qui était au RSA activité député de la Réunion qui pose une question au gouvernement sur l'augmentation de la pauvreté dans notre pays et le Premier ministre lui répond ou le ministre, je ne sais plus, lui répond en disant de toute façon euh vous ne dénoncez pas la misère, vous en vivez. enfin des choses mais qui étaient hallucinantes et je trouve que bon, ils sont toujours d'une violence extrême contre nous, mais euh ils ont quand même compris qu'il y avait une grosse force populaire derrière nous et donc ils ont peur de nous maintenant.
Et je trouve que le fait d'avoir eu euh et d'avoir toujours bon alors je disais une aide soignante une ouvrière agricole Mathil Lignet qui est élu actuellement un chauffeur de taxi enfin plein de euh Rachel Kéké qui est qui est élu de 2022 à 2024 je trouve que ça enclenche un cercle vertueux qui montre que le peuple est de retour en politique et queen fait on est légitime à le faire. Et je pense que ça c'est un message qui est très très important notamment dans un moment où on a eu de cesse de dire aux gens un qu'ils étaient dépolitisés notamment aux gens des quartiers populaires, ce qui est insupportable à entendre. Euh et de que en fait il fallait être un peu expert pour pouvoir s'occuper de la politique.
Moi je je vois souvent des enfants en classe qui me demandent il faut faire quoi comme étude pour être député et je leur dis bah rien de spécial en fait. Et je pense que c'est hyper important pour justement Ouais. redire que le peuple se laissera pas exclure de la politique et qu'on laissera pas des décisions se prendre en autre nom sans qu'on puisse être là et sans qu'on ait notre mot à dire et je pense qu'on dit notre mot à dire assez fort et assez haut et que ça permet notamment dans la période où ils sont devenus minoritaires de contrecarrer à de nombreuses reprises leurs plans.
On on tourne cet épisode quelques jours enfin après l'annonce de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour 2027. Euh c'est toujours c'est toujours la le même euh les mêmes discussions à gauche. Euh bon, il y a des il y a des gens qui disent que c'est une erreur euh stratégique parce que Jean-Luc Mélenchon ne serait pas capable de rassembler.
Euh mais on a envie de poser la question inverse. Est-ce que il y a quelqu'un d'autre à gauche qui est capable de faire 22 [grognement] % au premier tour ? Euh est-ce que cette critique elle elle a une résonance ?
Tu trouves qu'elle qu' quel qu'elle qu' quel qu'elle c'est juste c'est juste des gens qui qui pensent en intérêt partisan ou c'est quelque chose qui peut vous poser une difficulté pendant la campagne ? On nous l'a fait à peu près à chaque élection. Rappelez-vous en 2022.
En 2022, on nous expliquait que de toute façon la gauche ne pourrait jamais gagner l'élection présidentielle de 2022 et que de toute façon ce qui se jouait c'était 2027. Oui. Donc en fait, on nous le fait à chaque fois et euh en fait ceux qui font ça non seulement bon dégoûtent des gens euh essayent de mettre le pays dans un espèce d'état de on peut rien faire, on peut rien changer, un état de désespoir absolu et euh je pense que le lancement de notre candidature et de la candidature de Jean-Luc Mélenchon montre au contraire qu'il y a une forte envie dans le pays euh [soupir] voilà d'inventer un autre avenir ensemble.
Il y a qu'à voir le le nombre de signatures sur Mélenchon 2027.fr. C'est impressionnant.
La dernière fois, on avait mis 4 jours à obtenir les 15000 parrainages citoyens pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Cette fois-ci, on a mis moins de 24 heures et là euh bon, à l'heure où on enregistre cette émission, on est à peu près à 275 273000 si je suis exacte. De prédiction sur combien dans 10 jours, mais exactement, mais ce qui est ce qui ce qui est en terme de dynamique, personne ne peut faire ça dans le pays.
Enfin, je veux dire, c'est la construction d'une force politique. Et Jean-Luc Mélenchon, contrairement à toutes les caricatures qui sont faites sur lui, moi je vous demande qui est-ce que vous connaissez autour de François Ruffin ? Qui est-ce que vous connaissez autour de Raphaël Gluxman ? vous ne connaissez personne.
Alors que Jean-Luc Mélenchon qui est décrit comme l'homme gothique par excellence et celui qui non seulement a fait émerger toute une génération et une équipe voir des équipes qui sont prêtes à gouverner parti et puis surtout Jean-Luc Mélenchon c'est pas un aventurier de ce qu'on fait en politique. Jean-Luc Mélenchon, il a une haute conscience du temps long dans lequel on s'inscrit. Nous, on fait pas la France insoumise pour euh s'imaginer être une fois ministre euh premier ministre euh président pour être les gestionnaire de la France pendant 5 ans.
Nous, on fait la force politique de la France insoumise euh en en pensant le temps long dans lequel on s'inscrit et justement euh la manière dont on veut changer profondément ce pays et et l'avenir que que qu'on propose notamment aux jeunes générations. Donc cette question du temps long, elle est importante et puis Jean-Luc Mélenchon, c'est quand même un extraordinaire candidat. C'est quelqu'un qui a une culture historique qui est immense, une profondeur politique, qui est quelqu'un qui est reconnu, y compris internationalement par des chefs d'état, y compris parce que Jean-Luc Mélenchon est un des rares qui s'est toujours intéressé à l'international.
Oui. Ce qui est pas du tout le cas du reste des partis politiques ni à gauche, ni à droite, ni nulle part. qui arrive à évoluer sur ces questions aussi parce que si on compare avec des positions précédentes notamment la réflexion qui est en cours sur la Palestine et sur notamment la position, il y a ça c'est une critique qui est souvent en fait sur le quand sur les précédentes positions de Jean-Luc Mélenchon en 2016 et cetera, c'est les soutiens de Ruffin ou de Rousell, on parle souvent sur les réseaux mais en c'est pour le coup le seul politique qui arrive à à dire OK bah j'évolue sur cette question parce qu'on m'a convaincu de ça ou ça bah Par exemple, en 2016, moi je me rappelle que j'avais fait rencontrer à Jean-Luc Mélenchon un ami qui était à ce moment-là dans la plateforme Stop ou contrôle au faciè et Jean-Luc Mélenchon pour plein de raisons dans son histoire était encore dans un moment où il voulait dire je fais confiance à la justice, à la police, enfin avait du des difficultés à appréhender ce que c'était les violences policières.
Et moi je me rappelle de cette discussion avec Isa où il il lui dit en fait dès qu'on a 8 10 12 ans dans un quartier populaire, notre lien avec la République, bon c'est l'école et sinon c'est la police. Il n'y a que l'institut enfin que ça. Euh et en fait des 8 10 ans 12 ans, j'ai bon surtout quand tu es un jeune homme, on t'apprend que tu es étranger dans ton propre pays.
C'est ça le contrôle au faciè en permanence en fait. Et et bah par exemple ça Jean-Luc Mélenchon est quelqu'un qui aujourd'hui le porte complètement. Enfin, je veux dire, c'est donc il y a aussi le fait de d'à la fois de discuter, d'être très en lien avec les différents mouvements sociaux, collectifs, intellectuel du pays qui fait que ouais, on est aussi capable de dire ben de changer d'avis, de d'avancer sur des questions, de faire avancer notre programme toujours en mieux et ça c'est aussi une force de Jean-Luc Mélenchon.
Oui. Et la stratégie de la France insoumise, c'est pour pour le présentiel, si on fait on fait évidemment c'est c'est un peu caricatural, mais est-ce que c'est d'augmenter la participation dans les bastions forts, dans les quartiers populaires et cetera ? parce que j'ai l'impression que l'analyse que fait la France insoumise des électorats, c'est toujours les électorats sont euh sont pas stable et on peut les faire augmenter.
Euh et j'ai l'impression que le reste de la gauche se dit "OK, pour gagner, j'ai 7 % faut que j'aille récupérer les 12 de chez Macron, les trois de je ne sais qui" et qu'il y a pas une volonté d'aller chercher un un électorat qui n'existe pas en fait. Bah déjà le fait de vouloir faire une primaire, c'est déjà un signe de cet entre soi en fait, de dire on va essayer de se convaincre entre gens déjà convaincus, de savoir qui est le meilleur puis après on connaît l'histoire généralement celui qui a gagné euh n'est pas soutenu par celui qui a perdu, qui va soutenir parfois un autre candidat qui prend beau. Bref, on connaît l'histoire.
Donc à mon avis, c'est assez juste comme euh comme analyse. Par exemple, nous aux élections européennes, on a réussi à faire 1 million de plus de voix pour la gauche du rupture. Donc à chaque fois, nous notre but c'est pas juste dans les basions forts parce que je trouve ça a été beaucoup caricaturé du fait notamment de Ruffin.
Je je le dis très clairement par exemple, je sais pas dans le système Ruffin où est-ce que moi j'appartiens. Je veux dire, moi je je OK, je suis élu à Ivri sur scène. C'est vrai que c'est une bonne question, mais par exemple, moi j'ai grandi à Saint-Privé sans main dans une ville de 4000 habitants dans le Loiré.
Donc je bon enfin bon vous comprenez le problème quoi. Bon bref euh mais du coup euh en fait euh notre notre but principal c'est de redonner le goût de la politique aux gens et donc de ramener massivement les gens aux urnes. Alors évidemment les les endroits où il y a le plus abstentionniste, il y a évidemment dans les quartiers populaires, mais aussi partout sur le territoire la question de la jeunesse.
Il y a euh bon les plus précaires de ce pays qui sont aussi ceux qui votent le moins. Et donc nous, on est par exemple fier à la France insoumise d'être quasiment les seuls à faire tous les ans des campagnes d'inscription sur les listes électorales. Moi, je m à l'époque, j'avais lancé les caravanes d'égalité des droits quand on avait lancé la France insoumise.
Ça existe depuis 2016, on le fait chaque année. C'était à la fois sur l'accès à la citoyenneté politique, donc l'inscription sur les listes électorales, mais aussi à la citoyenneté sociale, donc l'accès au droit. Et en fait euh quand on voit qu'il y a quasiment 11 millions de personnes dans notre pays qui sont non inscrits ou mal inscrit parce qu'ils ont déménagé, vous comprenez que c'est un enjeu majeur.
C'est un enjeu majeur démocratique de dire "C'est pas normal qu'il y ait des millions de gens qui puissent pas donner leur avis sur sur ce qu'ils veulent pour pour le pays et pour eux-mêmes." Hm. Euh mais surtout euh ce qui est délirant, c'est que depuis 2016, l'État refuse de faire des campagnes d'inscription sur les listes électorales parce qu'ils savent très bien que ceux qui ne vont pas voter, ceux qui s'abstiennent massivement sont aussi ceux qui aent sanctionner leur politique.
Donc nous, on est fier de faire ce travail-là. Et puis quand même quelque chose qui donne de l'espoir, je trouve pour la campagne de 2027, c'est que on a quand même 4,2 millions de jeunes qui ont eu 18 ans entre 2022 et 2027. Donc ils vont pouvoir voter pour la première fois et on a quand même la chance d'avoir dans ce pays une jeunesse qui est massivement antiraciste, antifasciste, féministe, consciente des enjeux écologiques.
Et puis l'autre chose, c'est euh moi quelque chose que qui me parle particulièrement, c'est ce dont parle Vincent Tibéri dans son livre La France est de droite ? OK. Il dit "Pourre, on observe une socialisation à l'envers.
En fait, il dit pendant des années, pendant des décennies la socialisation, elle se faisait du haut vers le bas, c'est-à-dire des générations les plus âgées vers la jeunesse, un professeur dans une école, des grands-parents ou des parents dans une famille et cetera." Et il dit "Pourre, on voit l'inverse." Et l'exemple parfait, c'est ce qu'on a réussi à faire avec les associations féministes, c'est l'inscription de l'avortement dans la Constitution.
Pourquoi ? Depuis 50 ans que l'avortement est légalisé en France, il n'y a jamais eu de vote favorable du Sénat. Donc pour changer la Constitution, faut voter dans les mêmes termes, assemblée, Sénat.
Oui. Or, c'était impossible puisque en 50 ans, il y a jamais eu de vote favorable du Sénat. Donc ce que faisaient les lois, c'est qu'elles allaient à l'Assemblée.
Au Sénat, c'était il votaiit contre et puis le dernier mois allit à l'assemblée qui votait pour. Ou et d'ailleurs avant que nous on arrive à faire voter pour la première fois dans notre niche parlementaire, en septembre, il y avait une tentative au Sénat et cette tentative avait échoué. Alors, pourquoi est-ce que en février d'après au Sénat la constitutionnalisation du droit à l'avortement a été votée ?
Ben ça c'est des sénateurs et sénatrices qui racontent que leurs filles, petites filles niè sont venus les voir et leur ont dit "Je ne viendrai plus jamais de voir à Noël, je ne viendrai plus jamais de voir aux vacances, bref, je ne viendrai plus jamais de voir si tu ne votes pas en faveur du droits des femmes à disposer de leur corps." Et du coup, ça a fonctionné et ça a même continué le processus puisqu'il y a encore plus de votes au Congrès quand on a rassemblé Assemblée et Sénat que le cumul des votes qui avaient vraiment eu lieu à l'Assemblée et au Sénat. Et donc s'il y a des jeunes qui nous écoutent, allez parler à vos grands-parents parce que nous les grands-parents, on les touche pas.
Enfin souvent ils sont touchés par la télé ou autre. Et en fait cette socialisation inversée, on va la voir dans les votes aussi, j'en suis certaine. Non mais c'est c'est déjà le cas.
Enfin, je pense que moi ma grand-mère en Tunisie, elle vote pour qui je lui dis de voter, hein. Donc [rires] par exemple, c'est un exemple de socialisation inversée. J'ai précisé en Tunisie pour qu'il y ait pas de de ensuite une polémique de j'oblige ma grand-mère à voter les filles ou je sais quoi.
Euh le je je voulais te parler de encore de ce serait pourtant un très bon conseil. Oui, je voulais te parler de cette ce contexte à gauche. Euh il y a toujours un petit côté où on se demande si certains sont vraiment candidats à gauche pour gagner ou s'ils y vont juste comme tu l'as dit tout à l'heure euh il avant en 2022 il disait non mais c'est pas la c'est pas la bonne élection.
La bonne élection c'est 2027. J'ai l'impression que que en faisant un peu de sciences politiques, c'est c'est est-ce qu'ils y vont uniquement pour euh les législatives, pour avoir l'exposition médiatique qui va avec ? Euh en en il y a un petit côté, je sais pas s'il y a une il y a un problème de sincérité politique dans la chose de dire non, on peut gagner euh sur cette ligne là, sur cet agenda là alors que alors que l'idée c'est plutôt d'exploiter la campagne comme outil pour législative.
Oh, il y en [grognement] a, c'est une campagne de notoriété. Il y en a d'autres qui effectivement ne pensent déjà qu'au législative et aux place aux législatives en se disant déjà que les présidentiel c'est perdu. Euh donc ça c'est ça c'est évident que il y en a beaucoup qui font ça.
Et par ailleurs, je trouve que ça donne un spectacle un peu lamentable en fait quand on regarde la manière dont ils sont tous en train de se pouiller entre eux. Et enfin nous quand même dans la grande force quand Jean-Luc Mélenchon dit "Nous c'est carré, on a un programme, une équipe et un seul candidat." En fait même c'est agréable.
Je sais pas c'est pas juste que c'est carré que nous on donne on est en ordre de bataille alors que les autres sont aux fraises en train de faire je ne sais quoi. C'est que c'est agréable en fait de ne pas passer son temps à critiquer les camarades avec qui tu mènes la lutte, à baver les uns sur les autres, à faire des complots les uns sur les autres. qu'il ne cesse de faire.
Et puis peut-être que quand même en conseil qu'il faudrait leur rappeler euh comme il s'appelle souvent la gauche non mélanchonniste, détester Mélenchon et la France insoumise ce n'est pas un programme. Et donc en petit conseil pour eux, il ferait mieux d'arrêter de parler de nous, d'arrêter de parler sans cesse de Jean-Luc Mélenchon et puis peut-être de commencer à faire des propositions au pays. Hm le la pour parler de ces anciens alliés de du nouveau Front Populaire de la NUPES de l'extérieur, on a l'impression que ça s'est fracturé toujours sur des sujets qui touchent les personnes racisées ou qui sont en lien en tout cas avec des personnes racisées que ce soit la la cause palestinienne, les violences policières avec que que certains alliés à gauche ont beaucoup utilisé pour créer une un clivage.
Comment tu l'expliques ? Est-ce que de l'extérieur, on a j'ai posé la même question à à quasiment tous les responsables politiques qu'on a qu'on a eu sur le fauteuil. Bah déjà, je trouve ça vraiment intéressant comme analyse parce que je trouve ça juste et ça c'est ça permet de dépasser ce qui est généralement dit sur NUPS NFP, c'est-à-dire en gros la France insoumise était méchante et on parle trop fort et voilà et voilà pourquoi ça s'est brisé.
Euh donc c'est c'est juste alors comment on l'explique ? Alors à mon avis, il y a quand même beaucoup de choses. Bon la première chose, c'est que je pense que il y a beaucoup de ces formations politiques qui ne sont pas au clair sur ces questions là.
D'ailleurs, on en reparlera peut-être mais on voit certains ne veulent pas utiliser le terme d'islamophobie. Enfin bon, ne sont pas au clair sur l'antiracisme. On le voit très bien en ce moment avec certains.
Pas parler de la BD challenge. Il y a il y a une voilà exactement. Il y a une question, je pense aussi, d'être pris dans un système de respectabilité, de plaire à l'officialité médiatique, euh voilà, de de d'avoir peur en fait de prendre des positions et de tenir bon sur des principes.
Nous quand même le le le gros avantage qu'on a maintenant, c'est que certes, on nous a fait toutes les polémiques du monde, mais au moins nous, on sait tenir un rapport de force et on n pas peur de prendre une position sur ce qu'elle nous coûterait ou pas. Enfin, je veux dire, on prend des positions quand elles on pense qu'elles sont justes, quand elles correspondent à nos principes, quand elles aident des luttes, y compris. Euh donc ça euh je pense que ça c'est une grosse force qu'on a et que d'autres n'ont pas et puis y compris parce que bon nous on est assez homogène hein politiquement et y compris tout son dont on disait dans lequel on a avancé au fur et à mesure sur violence policière, islamophobie, antiracisme sur lequel bon on a toujours on a toujours tous des progrès à faire mais n'empêche queon avance beaucoup y compris programmatiquement.
Bon ben nous on a avancé tous ensemble dans d'autres parties en fait il y en a une partie une petite partie qui vont dire islamophobie et puis l'autre partie va va contredire ça. Donc je pense qu'il y a aussi une forme d'homogénité politique chez nous. Et puis après, je pense qu'on nous fait subir à nous la France insouir à nous la France insoumise ce qu'on fait subir euh aux habitants des quartiers populaires.
En fait, il y a il y a une forme de mépris de qui est insupportable. Enfin, faut quand même voir euh c'est des formations politiques qui par exemple pour certaines d'entre elles vont être au côté des agriculteurs quand il manifeste avec un gouvernement qui dit face à la souffrance, on n'en voit pas des CRS. Mais quand il y a des jeunes qui se mobilisent en disant on refuse qu'il puisse nous arriver comme c'est arrivé à Naël et malheureusement à beaucoup d'autres jeunes.
C'est-à-dire qu'on puisse juste nous mettre une balle dans la tête euh euh lorsque on est dans dans une voiture quoi ou même lorsqu'on tente de nous arrêter. Voilà. Euh quand il y a des habitants des outremes qui demandent juste l'accès à l'eau et qu'on leur envoie le GIGN et le raide comme ça a été fait en Guadeloupe, qu'on va gazer directement des soignants et des patients en Martinique euh au moment des manifestations au moment du Covid. [soupir] Bon euh mais même pendant les gilets jaunes he par ailleurs.
Donc tout ça enfin gilet jaune c'était quelque chose qu'on disait c'était la première fois qu'on voyait des gens traités comme des habitants des des quartiers. Donc je pense que c'est un peu nous traiter nous traiter comme ça. C'està-dire que dans l'entre deux tours, on est très sympathique quand on y est pas pour essayer d'avoir nos voix.
Là on est sympathique avec nous et puis le reste du temps, il y a une forme de mépris qui est insupportable. Et puis je pense que nous aussi la force qu'on a qui est différent pour le coup d'autres, c'est que nous on a quand même un lien constant qui est beaucoup plus fort avec les luttes, les collectifs, bref tous ceux qui font aussi la vie démocratique du pays qui fait que bon, on est plus en phase aussi sur tous ces sujets-là. Avec du recul maintenant, est-ce que tu te dis que cette alliance était elle était positive, elle était utile ? parce que on a reçu Philippe Poutou récemment dans le dans le dans le fauteuil qui lui pour le coup pensait que ces ce format d'alliance était était positif mais d'autres à l'extrême gauche comme évolution permanente ou lutte ouvrière il il vous reproche d'avoir réhabilité le parti socialiste finalement bon ça ça existe chez nous ce débat aussi hein il y en a il y a beaucoup d'insouis aussi qui qui qui disent que voilà le PS est extrêmement problématique et je veux dire c'est quelque chose qui circule très largement y compris dans les rangs insoumis he plus jamais PS.
Bon, la la NUPES puis le nouveau Front populaire, ça a été inscrit quand même dans des contextes et notamment si la NUPES a pu se faire, c'est parce qu'il y a eu un rapport de force qui a été décidé par les électeurs et les électrices lors de l'élection présidentielle où nous on fait 22 % et tous les autres font moins de 5 % avec le Parti socialiste qui fait 1,7 % à l'époque. Donc euh euh qui en en gros dans le rapport de force nous permet d'avoir un programme de rupture. Bon, maintenant les choses elles ont alors bon ça bon ça a eu ça a eu un effet de démonstration quand même de dire pour tous les gens qui nous décrivent comme des sectaires, à chaque fois c'est nous qui avons permis à chacun d'avoir un groupe parlementaire.
Donc ça a eu un effet de démonstration. Après aujourd'hui ce qui reste il y a un bloc de de la censure en fait de la rupture qui existe encore euh qui permet encore de faire des choses et de voilà de discuter. Après avec le le Parti socialiste, c'est très compliqué voir impossible.
Enfin, je dirais y compris d'ailleurs dans le vocabulaire qu'ils utilisent, ils ont changé de ils ont changé d'alliance en fait. Ils ont changé de camp quand ils décident de ne pas censurer le gouvernement le cornu de fait il rentre dans une majorité enfin dans un soutien sans participation au gouvernement et puis quand il ne cesse de pointer Jean-Luc Mélenchon comme étant le moins bon candidat au second tour de l'élection présidentielle alors que eux-mêmes n'ont aucun candidat qui pourrait aller au second tour euh bon à à un moment faut enfin je veux dire si on est contre l'extrême droite même si on n'est pas contre l'extrême droite mais notamment on va dire encore plus si on est contre l'extrême droite, faudra choisir son camp, hein. Oui, c'est la fameuse phrase de à la fin, ça sera nous entre eux.
Euh, on va revenir un peu sur sur toi. Tu présides un groupe de 71 députés euh avec du beaucoup de personnalités fortes, de personnalités différentes. C'est quoi ton boulot au quotidien ?
Alors, ben mon boulot au quotidien, c'est que nous sommes effectivement 71 députés. Euh après, il faut imaginer que un groupe parlementaire, c'est un vrai collectif humain. Il y a ce qu'on voit et il y a ce qu'on voit pas ou qu'on voit moins.
Euh notamment euh du coup ça donne à peu près 300 collaborateurs et collaboratrices à la fois de groupes et de députés. Donc c'est un un vrai collectif animé. Oui. [grognement] Euh bon nous notre mon moi mon boulot euh évidemment c'est l'animation du collectif en général.
Bon, je suis pas toute seule à faire ça. J'ai deux vice-présidents. J'ai Marianne Maximier et Adrien Clou qui sont vice-président du groupe.
J'ai un bureau qui se réunit toutes les semaines euh donc qui permet de faciliter aussi toutes les affaires courantes du groupe, choisir toutes les semaines les questions gouvernement, euh les textes qui vont être déposés par le groupe et cetera. Euh et puis euh évidemment de tenir le cap politique de ce que enfin de jamais oublier pourquoi et pour qui on est là. Et notamment une des choses qu'on a théorisé très vite en étant à l'Assemblée nationale, c'est ce qu'on appelle un pied dedans, un pied dehors, c'est facile à comprendre.
Euh un pied dedans, c'est-à-dire dans les luttes parlementaires, faire comprendre à l'extérieur ce qui est en train de se passer, les mauvais coups du gouvernement, essayer de les déjouer puisque maintenant c'est possible vu qu'ils sont une minorité, ce qu'on a réussi sur la loyad, ce qu'on a réussi sur le 1er mai et cetera. Euh et puis un pied à l'extérieur, donc à chaque fois dans les luttes, et de faire rentrer aussi les revendications à l'intérieur de l'hémicycle. Cette peur que l'institution vous influence trop et vous formate mais parce que l'Assemblée nationale, c'est impressionnant là-dessus.
Je veux dire, c'est il y a vraiment un côté les ordres de la République. Je veux dire, quand vous êtes à l'Assemblée nationale, vous pouvez manger à l'Assemblée nationale. Il y a des restaurants, enfin ce qui est assez logique he pour que les gens puissent se restaurer mais mais du coup il y a des restaurants à l'Assemblée nationale.
Vous pouvez retirer de l'argent. Il y a un bureau de poste, il y a un coiffeur, il y a une buvette parlementaire. Donc en fait assez rapidement, si vous ne voulez pas sortir du tout de l'Assemblée nationale, vous pouvez ne pas sortir une salle de sport que Benala disait qu'il fréquentait très souvent, n'est-ce pas ?
Euh donc en fait, si vous ne voulez pas sortir de l'Assemblée nationale, vous pouvez ne pas sortir de l'Assemblée nationale et c'est évidemment extrêmement dangereux. Donc oui, oui, nous on fait attention et puis y compris, il y a des euh il y a des impératifs dans le groupe parlementaire qui nous semblent hyper importants, par exemple sur la question euh de tout ce qui est les droits fondamentaux. Euh euh comme on a un gouvernement qui à peu près tous les 6 mois ou 1 an nous pont des lois plus répressives euh sur la question de la justice, de la prison et cetera.
Nous, tous les députés de mon groupe ont déjà été au moins une fois en prison. Tous les députés de mon groupe ont été au moins une fois dans un centre de rétention administrative et je considère que c'est primordial si on veut comprendre de quoi on parle parce que c'est pas du tout la même chose de dire "Ah oui oui, mettons de la prison à tout le monde, arrêtons tout le monde dans des centres de rétention administrative". Après avoir vu ce que ça voulait dire concrètement.
Donc ça aussi c'est euh euh ouais des choses sur lequelles on fait attention. Et puis après bon la vie parlementaire enfin on a de la chance he nous on est des militants, on est payé à militer. C'est extraordinaire.
On a on a enfin on a une chance incroyable d'être d'être élu. Euh et donc c'est aussi hyper riche dans les gens qu'on va rencontrer, les associations, les collectifs, les syndicats avec lequel on va construire des propositions de loi, avec lequel on va on va on va pousser des textes de loi. Par exemple, la nationalisation d'harceleur mital qu'on a gagné dans la niche précédente en novembre.
Bon, tout ça, ça se construit avec les uns et les autres et ça c'est une chance extraordinaire qu'on a. Tu en parlais en début d'interview quand tu étais arrivé au front de gauche, tu disais au Front de gauche science pot, tu disais qu'il y avait pas beaucoup de nana et tu es une des rares femmes à ce niveau de visibilité de de disons de de responsabilité à gauche. Est-ce que tu le vois dans ton quotidien ce traitement différent ?
Est-ce que à l'assemblée tu le remarques ? la violence qui peut s'exercer contre les femmes politiques. Ah oui, très clairement.
Enfin euh je veux dire les femmes tout y passe hein euh la manière dont on s'habille, notre physique, notre vie privée. Euh et d'ailleurs euh le pire étant probablement pour des femmes qui en plus sont arabes ou noires, euh euh je pense à la violence euh qui a subi à de multiples reprises mon ami Daniel Obonau, euh Nadajabangoli, Rima Hassan qui est quand même un des exemples de du harcèlement qui est fait contre contre Rima. Donc ça c'est encore pire pour elle.
Donc oui oui, on voit bien, on voit bien la violence qui est déployée contre contre les femmes et oui, il a un traitement qui reste différencié, ça c'est une évidence. À gauche, c'est comment ça se manifeste ? Est-ce que tu vois qu'il y a des sur quels angles la gauche doit encore faire des efforts là-dessus ?
Bah surtout, enfin en fait, c'est un peu comme quand on parle de racisme, je veux dire la société elle reste patriarcale. Donc en fait euh donc en fait tous les mouvements politiques, même que lorsqu'ils essayent de faire toujours mieux, euh sont traversés par des choses qu'il y a dans la société. Donc euh il y a plein de choses.
Nous on fait euh euh à chaque élu, enfin chaque fois qu'il y a un nouveau mandat, on fait des formations notamment sur la question du sexisme, notamment sur la question des violences sexistes et sexuelles. Euh donc formation, ça ça on le fait. Euh et puis après on essae enfin en fait la meilleure manière de faire en sorte que euh il y ait je sais pas si c'est moins de violence mais en tout cas de permettre à d'autres femmes d'avoir leur place plus facilement pour la suite, c'est qu'il y ait plus de femmes au responsabilité.
Et pour le coup, moi je suis présidente du groupe donc j'ai une vice-présidente Marianne Maximi. Il y a deux vice-présidentes de l'Assemblée nationale Nadomangolie qui est quand même la première femme noire à occuper ce poste euh et Clémence Gueté. Ensuite au Parlement européen, on a la coprésidente du groupe de la gauche européenne qui est Manon Aubri. on a la présidente de notre délégation qui est Marine à mesure.
Donc ça aussi c'est une manière euh [soupir][souffle coupé] d'aider, on va dire, à ce que d'autres femmes aussi aient leur place. Et puis je le dis parce que en fait mine de rien, on a eu assez peu de femmes en politique euh qui enfin assez peu, il y en a eu hein, mais en fait il reste et ça c'est assez intéressant aussi, il reste à inventer c'est quoi être des femmes en politique h parce que par exemple moi on me reproche beaucoup d'être une femme extrêmement dure, agressive qui est c'est le cadrage médiatique. [raclement de gorge] Oui.
Oui. Mais en fait aussi parce que si j'étais un homme, on dirait de moi que je suis un tribin parce qu'en fait je fais des discours avec des millions de vues mais comme je suis une femme, je ne suis pas un tribun ou enfin d'ailleurs il y a pas de féminin à sage. On va pas dire que je suis une tribune quoi.
Mais enfin du coup ça ça donne des traitements différenciés euh qui d'ailleurs se voyait beaucoup par exemple dans les invitations médiatiques. Moi, il a fallu attendre que je sois présidente du groupe parlementaire officiellement alors que j'étais vice-présidente depuis 2 ans et demi du groupe pour que je sois enfin invité dans les médias. C'est-à-dire que j'ai mis 5 ans à être invité dans les médias.
Mais même dans les médias, il y avait un cadrage assez bizarre où si c'est un si c'est toi qui est en train de de confronter un journaliste en contradiction et cetera, ensuite l'analyse, ça sera la colère, la gestion des émotions et cetera. Si c'est un homme, ça sera un punchliner. Il est fort en débat.
Ah ouioui, ça reste ça reste de manière très forte, ça c'est clair. Bah pour la transition, c'est la Nouvelle-Fance. Euh peut-être que ça fait partie justement de cette Nouvelle France.
Euh c'est quoi exactement ? Et pour dans la foulée pour pour faire le lien avec ce qu'on entend en ce moment, est-ce que tu regrettes qu'à gauche, il y a de plus en plus de gages qui sont donnés à la droite, notamment sur l'immigration ou le racisme ? Euh je pense aux récentes déclarations de de François Ruffin sur l'immigration du travail euh des personnalités du Parti socialiste qui refuse d'utiliser le mot islamophobie.
Euh il y aurait plein d'exemples à prendre hein mais euh cet alignement est aurait pu citer Roussell aussi. Oui, j'avais pas de citation en tête mais ça il y en a plein. Mais euh mais oui.
Est-ce que c'est ces gages euh tu les regrettes ? Et et globalement ça est-ce que ça vous met en dans une position compliquée ? Bah enfin c'est plus que les regretter en fait c'est enfin c'est aberrant de se dire de gauche et de céder comme ça du terrain à l'extrême droite.
En fait il il s'aligne sur les fantasmes de l'extrême droite qui encore une fois ne sont pas la réalité. Ce n'est pas parce que dans les médias euh euh ces news suivies par d'autres qui les imitent, on parle sans cesse d'immigration, euh d'insécurité par des immigrés ou je ne sais quoi, enfin euh euh que c'est la réalité de ce que les gens vivent. Faut se rappeler par exemple dans les cahiers de doléance des gilets jaunes, quand les chercheurs ont analysé les cahiers de doléance des gilets jaunes, les premières questions qui revenaient sans cesse, c'était l'éducation des gosses, le pouvoir d'achat, enfin des choses qui qui n'ont rien à voir avec les fantasmes qu'à l'extrême droite.
Donc en fait euh en fait c'est lamentable de reprendre les thèmes de l'extrême droite en pensant que c'est comme ça qu'on pourraincre l'extrême droite. On ne vaincra l'extrême droite qu'en étant clair sur ces principes et en ne cédant pas un pouce à l'extrême droite sur les questions du racisme, sur les questions d'immigration, sur enfin sur toutes ces questions-là. euh tous ceux qui en fait leur set du terrain, bon bah à chaque fois les font avancer parce que euh euh parce qu'en fait ils rentrent dans leur cadre idéologique.
Euh tout comme l'extrême droite devient fréquentable parce qu'on la fréquente et bien euh l'extrême droite devient acceptable parce queon accepte ses thèses. Et donc euh il faut euh être absolument strict sur le fait de ne jamais rien céder à l'extrême droite. Ça c'est la première chose.
Et la deuxième chose du coup la Nouvelle-Fance, c'est pour ça que pour nous c'est un concept qui est très puissant. Pourquoi ? Parce que vous avez d'un côté l'extrême droite qui fantasme une France qui n'existe pas et n'a jamais existé. une France qui serait une France blanche, euh une France chrétienne, une France qui serait envahie de je ne sais qui, enfin bon.
Bref, donc ils sont dans un fantasme complet sur ce qui est le pays. Et le concept de la Nouvelle-France, c'est tout simplement dire que c'est la France qui assume son peuple dans son entièreté et que le peuple, si on prend un point de départ, parce queil faut prendre un point de départ pour comprendre d'où on parle, si on prend en 1958 qui est la donc la constitution de la 5e République, on a un peuple qui a profondément changé depuis 1958. Je veux dire, les femmes ont ont conquis des droits nouveaux euh notamment le droit à l'avortement mais beaucoup d'autres.
Euh l'homosexualité était pénalisé à cette époque. Euh vous aviez euh par exemple dans les années 70 une famille sur 10 qui était euh une famille monoparentale, généralement une femme avec des enfants, disons le plus simplement puisque c'est généralement ça. Aujourd'hui, c'est une famille sur qu donc il y a des nouvelles formes de famille.
Euh il y a euh bon, ça c'est un chiffre qui fait c'est ça qui fait souvent réagir euh les fachot mais il y avait un français sur 10 qui avait des grands-parents aujourd'hui, c'est un français sur 3 aujourd'hui qui a des grands-parents étrangers et ça c'est la France telle qu'elle est aujourd'hui. Et donc la France qui s'assume dans l'entièreté de son peuple, c'est aussi celle qui peut regarder vers son avenir et créer des choses nouvelles. et notamment une des choses nous lequelles veront projette la Nouvelle-France, c'est la question de la 6e République et du pouvoir du pouvoir au peuple et sur la manière dont à partir de ce pays tel qu'il est aujourd'hui et non pas des fantasmes de l'extrême droite, comment est-ce que on fait peuple ensemble et notamment comment est-ce qu'on réécrit une constitution qui permet de récupérer le pouvoir à un homme et un seul, c'est-à-dire un président qui a des pouvoirs absolument démentiels comme on l'a vu notamment avec Macron au moment de la retraite à 64 ans.
Je crois qu'on pouvait pas mieux conclure la séquence. Euh pour finir sur le fauteuil, on on pose toujours des questions un peu culturel. Euh je voulais te demander trois morceaux que tu écoutes en ce moment ou que tu voudrais recommander en tout cas.
Alors trois morceaux. Je recommande Rakaille de Kry James. J'adore écouter ça en allant dans l'hémicycle.
Ça, je trouve que le texte est incroyable. Ensuite euh quand même petite pensée pour le peuple libanais euh euh avec la guerre que euh leur mène Nethaniaou Mashrou Laila euh 3 minutes. Et puis euh la dernière c'est euh un ami qui m'a fait rencontrer euh un chanteur haïtien qui est très populaire en Haïti, qui est un super chanteur.
Donc je vous recommande d'aller écouter, qui [grognement] s'appelle Wly Saint-Louis Jean, qui a fait des chansons qui sont extrêmement belles, dont beaucoup sont en créole haïtien. Euh voilà et qui est euh c'est quel style à peu près ? C'est c'est plus de c'est alors lui il a il adore la chanson française, il adore Brassins, il adore Ferra d'ailleurs voilà il m'en a joué euh donc c'est un parolier vraiment enfin c'est vraiment des très très belles chansons.
OK. Est-ce que tu te souviens de la dernière fois qu'on s'est vu au concert de Médine justement ? C'était quoi ton c'était quoi ton dernier concert Et ben en vrai, c'est mon dernier vrai concert, le concert de Médine.
Ouais, malheureusement je prends pas assez le temps d'y aller. Mais entre-temps, comme il y a eu une campagne municipale Oui. Euh j'ai notamment été à Brest et euh j'ai donc vu un petit concert lors du meeting que je faisais à Brest pour aider notre candidate qui s'appelle euh Armel le Malabarok et qui a fait une chanson super qui a fait un buzz sur internet qui s'appelle bienvenue à Brest et euh qui dit notamment dans cette chanson ils veulent que je parte mais je reste et puis bon après c'est une chanson qu'il a fait dessus c'est vraiment super donc vous pouvez écouter allez un film ou une série qui t'a qui t'a plu récemment qui t'a surprise.
Alors, récemment, j'ai regardé deux films d'Abdra Sisako. OK. Qui est un réalisateur donc qui est né en Mauritanie et qui a grandi une partie de sa vie au Mali.
OK. Qui a fait deux films que j'ai trouvé mais superbes vraiment notamment les images sont incroyables. Donc l'un c'est Bamaco.
Bamo, c'est un procès par la société civile notamment du FMI et autres et d'autres institutions internationales qui étranglent le peuple. Donc donc c'est super à regarder. Et puis l'autre c'est Tim Booku euh qui là raconte comment des djihadistes en fait essayent d'imposer au peuple malien des lois de fondamentalisme religieux euh avec la résistance du peuple malien qui est vraiment assez merveilleuse.
Par exemple, il y a cette poissonnière qui dit euh "Mais comment vous voulez que je mette des gants alors que je dois réarroser régulièrement mon poisson ?" Il y a euh donc cette chasse qui est faite à la musique et puis donc on voit des des sortes de miliciens qui sont en train de chercher d'où vient la musique un soir et puis qui appelle le chef quand finalement il trouve la musique parce qu'ils sont assez embêtés parce que ce sont des musiques à la gloire de Dieu donc ils ne savent plus s'ils doivent arrêter pas arrêter. Euh il y a bon l'interdiction de jouer au foot donc on voit par exemple ces jeunes qui sont en train de jouer sans ballon qui est une scène absolument magnifique où du coup ben ils passent à côté puis peuvent rien faire puis y a pas de ballon. théoriquement, il joue pas au foot et c'est très beau.
Ben, c'est aussi très dur comme film mais je vous recommande de le voir. Vraiment, c'est magnifique. En tout cas, c'est très bien vendu.
Euh un bouquin que tu ferais lire à tes adversaires pour au départ, je voulais dire le temps des salots de Hug Jalon qui montre justement comment l'extrême droite devient fréquentable à force qu'on la fréquente et qui fait un bon inventaire de tout ce que la Macronie a fait pour aider l'extrême droite. Mais en fait euh je pense que je leur ferai lire euh les Racines du ciel de Romain Gary. OK.
Les racines du ciel. Donc c'est dans dans l'histoire de ce livre, c'est un personnage qui s'appelle Morel qui lutte pour protéger les éléphants notamment du braconnage et autres des trafiquants d'ivoir en disant les éléphants c'est la manifestation la plus maladroite de la vie sur terre. Donc si on protège les éléphants, on protègera tout le monde dans le monde quoi, dans l'humanité. [grognement] Et en fait, ça vient d'une histoire plus longue parce que ce personnage en fait a été dans des camps de concentration, a été enfermé dans des camps de concentration et un jour dans son baraquement tout le monde a un moral d'enfer.
Ce qui inquiète beaucoup les nazis de voir tous ces prisonniers qui ont un super moral. Donc il les torture pour essayer de savoir ce qui ce qui se passe et tout et en fait ils ne le savent jamais parce qu'en fait ce qui se passe c'est qu'il y en a un d'entre eux qui a dit à tous les autres "Les gars, j'ai une super idée. Pensez à une immense plaine et un troupeau d'éléphants qui court en liberté.
Et en fait, c'est l'image de la liberté absolue. Et en fait, donc chacun se met à penser à ses éléphants qui courent. Chacun commence à adopter son propre éléphant et lorsqu'il meurt à transmettre son éléphant à un autre prisonnier.
Et en fait, je leur ferai lire ça parce qu'il y a des choses chez l'être humain qu'on pourra jamais arracher. Un un une envie de liberté qui est inarrêtable et que et qui a un ressort qui existe Ouais. dans chez chez chez tous les êtres humains et avec parfois il besoin que certains se lèvent ou euh haussent la voix pour que d'autres et puis suivre.
Mais il y a il y a quelque chose chez l'être humain qu'on arrivera jamais à nous arracher et je trouve que pour leur dire vous viendrez jamais à bout de nous et ben que c'est une bonne manière de leur dire aussi. C'est très beau et je pense qu'on pouvait pas mieux conclure. Ça me rappelle les images pendant le génocide à Gaza des des enfants qui jouaient au foot ou qui allaient sur la plage.
Ouais. Et ensuite, c'était repris en France par la droite Alexandro qui disait "Bon, regardez-les, ils sont" Et c'était vraiment cette envie de liberté qu'ils veulent aussi euh qu'il les travaille comme ce que tu disais ou tu disais il supportaient pas de voir des gens trouver un peu de joie. Merci beaucoup Mathilde Pan d'avoir été avec nous.
Euh pour que ce format puisse continuer d'exister et qu'on puisse recevoir de nouveau Math Panou si elle a envie d'envenir, allez sur capsuled.v.fr.
FR, on a besoin de vous pour continuer à produire ce genre d'émission et toutes les tous les formats qu'on fait. Donc, n'hésitez pas à devenir un abonné mensuel du média pour nous garantir cette indépendance et garantir cette cette lutte qu' que l'on mène contre l'Empire des médias, des milliardaires et des médias mainstream. Merci beaucoup.
Mathilde Panot