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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 21 juillet 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsTravail & emploiÉconomie & entreprises

Bruno Retailleau : "L’union nationale n’est pas un objectif, c’est la sécurité qui est importante"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez entendu ce reportage diffusé dans le journal de 8h sur ces paroles de niçois, des paroles décomplexées, des paroles racistes ?

  • 1:28RelanceRéponse partielle

    Comment faire pour justement que cette société ne se divise pas quand les politiques eux-mêmes ne donnent pas l'exemple ?

  • 2:12OuverteRéponse directe

    L'heure n'est pas assez grave pour faire l'Union nationale ?

  • 4:14OuverteRéponse directe

    Donc vous avez l'impression, aujourd'hui, d'avancer avec le gouvernement ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Donc il n'y a pas de surenchère, il n'y a pas de primaire à droite qui arrive.

  • 5:21OuverteRéponse directe

    Sur la polémique qui est sortie ce matin, hier soir, sur les policiers nationaux ou pas à Nice.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « Vous avez les sénateurs et députés trouvé un accord hier en commission mixte paritaire sur la prolongation de l'état d'urgence pour six mois. »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « On donne les pouvoirs aux préfets, par exemple, pour dire non à des manifestations qui ne se dérouleraient pas de façon très sûre. »
  • 3:47Invité politiqueFait
    « On donne les pouvoirs aux préfets pour interdire, pour fermer des lieux de culte où on prêche la haine, etc. »
  • 3:21PrésentateurFait
    « nous sommes parvenus, hier soir à 10h30, après plusieurs heures de débat, à un accord avec les députés. »
  • 3:27PrésentateurChiffre
    « on a rajouté 10 articles au Sénat sur l'état d'urgence. »
  • 7:50PrésentateurChiffre
    « En 2012, sur le plan du chômage, nous étions, pour les 28 pays européens, au 14e rang, en 2012, quand François Hollande arrive. Aujourd'hui, 21e rang. »
  • 8:03PrésentateurChiffre
    « Depuis 2012, la croissance française a fait pratiquement moitié moins en performance que la croissance moyenne des pays occidentaux de l'OCDE. »
  • 8:19PrésentateurFait
    « il faut aller plus loin, parce que regardez Matteo Renzi, qui est social-démocrate. »

Temps de parole

  • Présentateur83 %
  • Bruno Retailleau17 %

14,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter. Hélène Roussel. Le 6-9 de l'été.

0:06
Bruno Retailleau

Il est le président du groupe Les Républicains au Sénat, sénateur de Vendée. Il est président de la région Pays de la Loire et il est notre invité ce matin, Bruno Retailleau. Bonjour.

0:14
Présentateur

Bonjour Hélène Roussel.

0:15
Bruno Retailleau

Vous avez les sénateurs et députés trouvé un accord hier en commission mixte paritaire sur la prolongation de l'état d'urgence pour six mois. Ça devrait être validé dans les heures qui viennent, mais les débats laissent des traces. Est-ce que vous avez entendu ce reportage diffusé dans le journal de 8h sur ces paroles de niçois, des paroles décomplexées, des paroles racistes ?

0:31
Présentateur

Bien sûr, je l'ai entendu.

0:32
Bruno Retailleau

Ça vous fait réfléchir ?

0:34
Présentateur

Bien sûr, parce que précisément, ce que souhaitent les terroristes, c'est fracturer la société française. C'est déchirer le tissu social, c'est pousser les uns contre les autres. Et il ne faut surtout pas céder à cette violence, bien évidemment. Mais on voit bien que le climat en France, le climat de juillet, n'est pas le climat de janvier 2015, n'est pas non plus le climat de novembre 2015. On voit bien qu'il y a un effet cumulatif avec un effet de répétition, répétition des attentats, un effet de masse, vous vous rendez compte, les centaines de morts, de blessés, et un effet d'horreur en même temps, puisque des enfants ont été écrasés au sens propre du terme.

Et on a là une figure, l'enfance c'est la figure de l'innocence, la figure de la paix, si j'ose dire. Et on voit bien que la société française est exaspérée et en colère.

1:28
Bruno Retailleau

Comment faire pour justement que cette société ne se divise pas quand les politiques eux-mêmes ne donnent pas l'exemple ?

1:33
Présentateur

Écoutez, les politiques ne donnent pas l'exemple. Certes, il y a eu, on a parlé de ce débat à l'Assemblée nationale, mais vous savez, pour ceux qui l'ont regardé, sur les heures et les heures de débat, il y a eu un moment d'échauffement, en pleine nuit, qui a duré quoi ? Moins d'une demi-heure. Et c'est toujours des petites phrases que vous retenez, les journalistes.

1:50
Bruno Retailleau

On focalise donc sur une division qui n'existe pas.

1:53
Présentateur

Mais il y a une division. La démocratie, on parlait tout à l'heure, à l'instant, avec votre chroniqueur d'Erdogan. Eh bien, la démocratie, ce n'est pas l'unanimisme. L'unité nationale, ce n'est pas à préalable. Elle se construit. Elle se construit dans l'exigence. Qu'est-ce qui est important maintenant ? C'est la sécurité des Français.

2:12
Bruno Retailleau

L'heure n'est pas assez grave pour faire l'Union nationale ?

2:14
Présentateur

Non, mais ce que je veux vous dire, c'est que l'Union nationale, ce n'est pas un objectif. Ou on le construit, cet objectif. Ce qui est important, c'est la sécurité des Français. Et moi, je pense que, et je l'avais dit à Manuel Valls, je l'ai vu, il nous a convoqués à Matignon, il nous a invités à Matignon lundi soir, avec les présidents des groupes parlementaires. Je lui avais dit, écoutez, Monsieur le Premier ministre, première chose, la démocratie, il faut que ce soit une démocratie vivante, puisque c'est la démocratie que les terroristes, les barbares islamistes attaquent. Pour que ce soit une démocratie vivante, il faut tolérer que l'opposition fasse des propositions.

Et quand l'opposition propose, ce n'est pas parce qu'elle veut diviser. Quand on suggère des pistes, ce n'est pas parce qu'on veut déchirer le tissu national. Au contraire. Donc cette exigence-là, il faut la porter, parce que si les hommes politiques ne portent pas cette espèce d'exaspération de façon raisonnable, dans le cadre de l'État des droits...

3:07
Bruno Retailleau

C'est raisonnable, là, Bruno Retailleau ?

3:09
Présentateur

Écoutez, en tout cas, ce que nous avons fait au Sénat, franchement, ce que nous avons fait, et je pense que le gouvernement nous a entendu, nous sommes parvenus, hier soir à 10h30, après plusieurs heures de débat, à un accord avec les députés. Et je vous assure, on a rajouté 10 articles au Sénat sur l'état d'urgence. Pourquoi est-ce qu'on a rajouté ces articles ? Ce n'est pas parce qu'on voulait passer du temps. C'est tout simplement parce qu'on voulait que l'état d'urgence, ce soit un état d'urgence utile. On nous a tellement dit que l'état d'urgence, c'était simplement pour rassurer les Français. Non ! L'état d'urgence doit être aussi protecteur.

C'est pour ça qu'on a dit, voilà, maintenant, un terroriste condamné, étranger, interdit le territoire français, expulsé. On donne les pouvoirs aux préfets, par exemple, pour dire non à des manifestations qui ne se dérouleraient pas de façon très sûre. On donne les pouvoirs aux préfets pour interdire, pour fermer des lieux de culte où on prêche la haine, etc. Ça, c'est utile pour les Français. Et c'est ce qu'on a fait. Et les députés ont entendu, députés donc de la majorité, de gauche, ont entendu le travail que les sénateurs, notamment de droite, les députés de droite aussi, avaient fait. Et c'est ça, l'unité nationale.

4:14
Bruno Retailleau

Donc vous avez l'impression, aujourd'hui, d'avancer avec le gouvernement ?

4:16
Présentateur

Oui, on avance. Oui, oui, bien sûr, bien sûr. Vous savez, quand on s'engage en politique, il y a beaucoup de façons de se décourager. On n'a pas le droit de se décourager. Quand on s'engage en politique, c'est parce qu'on veut changer le cours des choses. Parce qu'on se bat avec de multiples échecs.

4:30
Bruno Retailleau

Donc il n'y a pas de surenchère, il n'y a pas de primaire à droite qui arrive. Vous voyez l'impression qu'on a, quand même.

4:34
Présentateur

Non, mais bien sûr, mais les primaires, mais c'est trop facile. Tout envisager.

4:39
Bruno Retailleau

Je pense que c'est quelque chose qui est très présent dans la tête des gens.

4:41
Présentateur

Bien sûr, mais moi, ce que j'essaie de vous dire ce matin, c'est quel est le résultat, finalement. Qui ne ressemble pas du tout aux trois autres reconductions des trois autres états d'urgence précédents. On l'a corsé, on l'a musclé. Et quelque part, on l'a fait dans un dialogue constructif avec l'Assemblée nationale qui est de gauche, avec le gouvernement qui est de gauche. Voilà, moi je m'en tiens au résultat. Je trouve que le Sénat, où d'ailleurs le Premier ministre l'a reconnu, le ministre de l'Intérieur l'a reconnu, on a eu des débats à la hauteur, ça a été utile. Voilà, c'est ça qui est important. Qu'il y ait des petites phrases, vous ne l'empêcherez pas.

On est dans une démocratie, Hélène Roussel. On est dans une démocratie.

5:21
Bruno Retailleau

Sur la polémique qui est sortie ce matin, hier soir, sur les policiers nationaux ou pas à Nice. Là aussi, il y a eu un échange assez vif entre M. Estrosi et Emmanuel Valls. Le président du Sénat vient d'annoncer qu'il demande une enquête indépendante. C'est la solution ?

5:36
Présentateur

Bien sûr, c'est la solution.

5:37
Bruno Retailleau

Est-ce que vraiment, ça va changer quelque chose ?

5:39
Présentateur

Non, mais il faut toujours... La vie, c'est tirer les leçons d'expérience. Toujours, toujours, toujours. On apprend souvent, malheureusement, dans les larmes. Et là, vous savez, Israël, actuellement, j'essaie de prendre un certain nombre de contacts parce que je pense que c'est une société qui connaît depuis des années au quotidien le terrorisme. Je pense qu'on a beaucoup, beaucoup, beaucoup à apprendre de la façon dont les Israéliens peuvent se protéger. Dont la société elle-même israélienne a développé une forme de résilience. Eh bien, eux aussi, ils ont appris dans le sang, malheureusement. Et donc, il faut tirer à chaque fois des leçons. Et là, il y a une version du gouvernement.

Il y a une version de la mairie de Nice. Il faut une enquête indépendante. Voilà.

6:18
Bruno Retailleau

On a parfois l'impression générale que vous êtes tous assez démunis.

6:23
Présentateur

Mais, Hélène Roussel, devant l'horreur, on est toujours effectivement sidéré. Devant l'horreur. Parce que quand on porte en soi-même une civilisation, une éducation des valeurs, valeurs françaises, civilisation européenne, on est heurté, on est choqué. Mais ce n'est pas pour autant qu'on est complètement démunis pour l'avenir. Parce que je pense que le peuple français, dans toute son histoire, il a traversé des moments tragiques. Et à chaque fois, lorsqu'il a su se rassembler, il a su trouver des ressources. Nous avons reçu par notre héritage, par le projet que nous portons collectivement, nous avons ces ressources pour résister.

7:01
Bruno Retailleau

Bruno, tu as eu autre sujet. La loi travail, le dernier 49.3 de Manuel Valsillère. Le texte officiellement adopté a priori dans la journée. Quatre mois de manif, de débat. Au final, personne n'est vraiment content. J'ai envie de dire tout ça pour ça.

7:12
Présentateur

Oui, absolument. Vous avez absolument raison. Tout ça pour ça. Il reste quoi du texte ? Peu de choses. Peu de choses. L'article 2. Et encore l'entreprise qui négocie le temps de travail. Absolument. Des accords de terrain. C'est bon. Je pense que c'est bon dans le principe. Simplement, même cet article 2 a été contrecarré, corseté par un autre article, l'article 13, qui donne un certain nombre de pouvoirs aux branches. Donc, qu'est-ce qu'il reste ?

7:39
Bruno Retailleau

Les TPE, les PME vont pouvoir les sourcer plus facilement quand même.

7:41
Présentateur

Non, non. Vous savez, votre chroniqueur ce matin, j'entendais le journaliste économique, qui avait une assez bonne, finalement, analyse. On n'en sait rien. Ce que je sais, moi, si vous voulez, c'est que la France est en train de dégringoler. En 2012, sur le plan du chômage, nous étions, pour les 28 pays européens, au 14e rang, en 2012, quand François Hollande arrive. Aujourd'hui, 21e rang. Depuis 2012, la croissance française a fait pratiquement moitié moins en performance que la croissance moyenne des pays occidentaux de l'OCDE.

8:12
Bruno Retailleau

Si vous êtes au pouvoir, dans quelques mois, vous irez plus loin sur cette loi ?

8:14
Présentateur

Mais, bien sûr, mais vous savez...

8:16
Bruno Retailleau

Vous aurez à votre tour la France dans la rue, alors ?

8:18
Présentateur

Non, alors, il y a deux choses. Un, il faut aller plus loin, parce que regardez Matteo Renzi, qui est social-démocrate. Il a fait des réformes que François Hollande, Manuel Valls, n'ont pas osé faire. Ensuite, il faut que, de droite ou de gauche, on tire, là encore, et là aussi, des leçons. Les leçons d'une expérience ratée, d'une réforme ratée. Ça veut dire que, et Dieu sait si ma famille politique, ce n'est pas toujours illustré précisément dans la méthode, mais la méthode pour la réforme, elle est fondamentale. Ça veut dire que, un, la démocratie, c'est le consentement. Et vous ne pouvez pas faire un discours bourget, et ensuite, voilà.

Deux, vous ne pouvez pas faire non plus une réforme totalement à la fin, après plein d'échecs. Et ensuite, une réforme, il faut surtout lui donner un sens, une perspective. François Hollande a refusé de faire de la pédagogie de sa réforme. Il ne l'a jamais expliqué. Une réforme, on doit lui donner, justement, un cap et surtout un sens pour que les Français sachent vers quoi on souhaite aller.

9:12
Bruno Retailleau

Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, président de la région Pays-Loire. Vous restez avec nous, interactive, après la revue de presse, avec les auditeurs au standard. On vous attend 0145 24 7000 ou sur Internet, hashtag interactive Twitter.

Bruno Retailleau : "L’union nationale n’est pas un objectif, c’est la sécurité qui est importante" — Bruno Retailleau · Pourquijevote