Rachida Dati : pourquoi elle fait encore scandale
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Questions et réponses
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- 1:32OuverteRéponse directe
C'est quoi cette histoire avec Rachida Dati ?
- 6:45RelanceRéponse directe
Par quoi a commencé l'incident dont on va parler ?
- 12:17OuverteRéponse directe
Et pour évoquer le texte lui-même, Nils ?
- 13:12OuverteRéponse directe
Alors, Nils, notre second sujet, c'est l'exécution provisoire de l'inéligibilité de Marine Le Pen.
- 21:51OuverteRéponse directe
Et l'opinion publique, qu'est-ce qu'elle en pense de tout cela ?
- 22:48OuverteRéponse directe
Alors Nils, en dernier sujet, je voudrais qu'on évoque la ligne directe entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:22Invité politiqueFait
« Les syndicats de France Télé, de leur côté, dénoncent un carnage, je cite, que prépare ce projet de holding de l'audiovisuel public. »
- 4:40Invité politiqueChiffre
« On parle quand même d'une pièce à 4700 euros tout de même. »
- 7:02Invité politiqueFait
« Quand moi j'entends certains qui sont effectivement dans vos rangs, pas qu'aux partis socialistes, qui me disent, on a une volonté sur les bancs de l'Assemblée, Madame la ministre, c'est de torpiller cette réforme, c'est irresponsable. »
- 9:50Invité politiqueFait
« Elle a lâché en peinture le nom de la haute fonctionnaire concernée, alors qu'elle s'était engagée à ne plus s'en prendre à elle. »
- 16:34Invité politiqueChiffre
« On rappelle quand même qu'elle s'est prise quatre ans de prison, dont deux fermes, une forte amende. »
- 22:06Invité politiqueChiffre
« 57% des Français sondés pensent qu'il s'agit d'une décision de justice normale au vu des faits reprochés. »
- 22:20Invité politiqueChiffre
« Le taux grimpe à 61% deux jours après, d'après une étude Cluster 17 pour le point. »
- 27:50Invité politiqueFait
« On rappelle notamment l'affaire Dussaud mais il y en a d'autres, Rachida Dati elle-même est mise en examen dans l'affaire Carlos Ghosn et elle risque gros. »
Temps de parole
- Rachida Dati75 %
- Présentateur10 %
- Rachida Dati 23 %
- Rachida Dati 32 %
- Invité2 %
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Salut à toutes et à tous, vous êtes sur le Média et vous regardez les Indiscrets, votre rendez-vous hebdomadaire porté par Nils Vilqueux. Nils Vilqueux, on le dit toutes les semaines, il a un carnet d'adresses longs, longs comme un CV d'un bac plus 14, on va dire, et il a une connaissance fine des acteurs politiques de tous bords. Il nous permet d'arpenter chaque semaine les dédats de la politique française. Cette émission, le rappel, existe grâce à vous, notre communauté engagée. Si vous souhaitez nous aider à continuer, vous pouvez nous soutenir en souscrivant, un abonnement ou en faisant un don mensualisé sur le media.tv.fr.
Sous-tient, votre engagement fait la différence, n'hésitez plus, passez à l'action. Au sommaire, Dati, la menace, pourquoi l'altercation de Rachida Dati avec une fonctionnaire de l'Assemblée pourrait faire capoter la réforme de l'audiovisuel ? Macron, Attal, y a-t-il un problème entre le grand frère et le petit frère ? Les gros guillemets sont-ils nécessaires pour encadrer ces appellations inaugurées, on le rappelle, par Emmanuel Macron lui-même ? On va en parler, LFI contre le reste de la gauche face à la condamnation de Marine Le Pen. De quoi en ressort-il ? Salut Nils ! Salut Théo, salut à toutes et à tous !
Alors, Nils, il paraît que Rachida Dati, Fédicienne, ministre de la Culture, a fait scandale cette semaine au point de créer un début de révolte chez les députés. C'est quoi cette histoire ?
Oui, on peut dire que c'est la confrontation de deux mondes, de deux styles, et puis surtout d'une grande incompréhension mutuelle. Tout ça saupoudré d'enjeux électoraux. Alors, c'est une controverse de plus au départ autour d'un texte déjà polémique, et je pense qu'on a dû en parler sur le média, qui prévoit de créer une holding France Média, qui chapeauterait à la fois France Télévisions, Radio France et l'INA. Tout ça, évidemment, tu t'en doutes, sous l'autorité d'un ou une présidente, évidemment, choisie par le pouvoir.
Et évidemment, ça ne plaît pas aux salariés des médias publics, pas seulement les journalistes, mais l'ensemble des salariés de ces différents groupes du service public, qui ont d'ailleurs fait grève en début de semaine contre le projet. Les syndicats de France Télé, de leur côté, dénoncent un carnage, je cite, que prépare ce projet de holding de l'audiovisuel public. Et chez Radio France, mêmes inquiétudes, puisque les syndicats redoutent notamment une remise en cause de l'indépendance éditoriale et budgétaire, ainsi qu'une tutelle de France Télévisions. Et la présidente Delphine Ernotte milite évidemment pour la réforme.
Alors, le petit souci pour le gouvernement et pour Rachida Dati notamment, c'est que le projet accuse déjà un long retard, en cause notamment, évidemment, la dissolution décidée par notre président Emmanuel Macron. Et donc, Rachida Dati est sous la pression de l'Élysée pour mener à bien le texte.
Alors, Dati, ministre de la Culture, c'est également le luxe, une certaine manière d'incarner la fonction, on va dire.
Oui, ça date d'il y a longtemps, parce que déjà sous Nicolas Sarkozy, elle était très adepte de la presse people, tout ce qu'il pouvait effectivement la glorifier. Et bien là, évidemment, comme elle est redevenue ministre, qu'elle est revenue en grâce, parce que bon, elle s'ennuyait quand même un peu apparemment comme maire d'arrondissement à Paris. Là, du coup, elle sort le grand jeu, comme ici, quand elle se rend lundi soir. Donc, c'était pour un dîner d'État à l'Élysée, évidemment donné par Emmanuel Macron, cette fois pour le roi et la reine du Danemark, dis donc. Et donc, Rachid Adati a sorti la grosse artillerie. Regardez.
Madame la ministre, pour nous, retournez-vous, retournez-vous, avec la robe. Alors, notez pour la petite histoire que la ministre a adopté le sac Lady Dior Mini, l'un des préférés de Brigitte Macron. Alors, on parle quand même d'une pièce à 4700 euros tout de même. C'est ce que précise la presse people que j'ai lue cette semaine chez le médecin. Voilà, parce qu'il faut bien passer le temps. Alors, pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que le lendemain, Rachid Adati doit se rendre en commission à l'Assemblée. Elle a fait donc la teuf à l'Élysée une partie de la nuit. Et puis, en tenue de grand couturier, donc, elle portait du chaparelli quand même.
Et puis, elle a côtoyé le Gotha européen, la royauté du Danemark. Et puis, le lendemain, elle se retrouve dans les salles de réunion en commission à l'Assemblée. Alors qu'ils sont, évidemment, nous, journalistes, on est un peu au courant. Mais elles sont, je ne sais pas si toi-même t'y étais déjà. Mais elles sont petites, souvent comme des mouchoirs de poche. C'est un peu désuet. Et puis, surtout, le travail parlementaire, ce n'est pas tout à fait un défilé de mode. C'est rugueux, c'est long, c'est souvent un peu ennuyeux. Voilà, on enchaîne les amendements. C'est très technique.
Et un député de gauche, d'ailleurs, avec lequel je parlais de ce projet de réforme audiovisuelle, me disait, voilà, c'est un travail vraiment ingrat. En plus, l'opposition vient un peu de partout. En fait, il y a une partie des macronistes qui sont contre la réforme. Le RN qui joue les arbitres. La gauche qui est vent debout, qui a déposé des milliers d'amendements. Bref, c'est un terrain miné. Et puis, surtout, les députés sont chatouilleux depuis la dissolution, depuis qu'ils ont réussi à être réélus. Et donc, ils ont besoin de sentir qu'ils sont respectés.
Et puis, malheureusement pour eux, Rachid Haddati, les règles, le travail parlementaire un peu ennuyeux, tout ça, elle n'aime pas beaucoup s'y plier. Alors, ça agace du coup les parlementaires depuis le début de l'examen du texte en commission. Alors, c'est le style d'Haddi, c'est un peu le style Sarkozy, quoi. Elle est très tactile, elle s'approche de vous, elle vous prend par le bras, elle rigole, elle fait des gestes de la main. Et tu vas me demander, évidemment, par quoi a commencé l'incident dont on va parler ? Oui, justement, je te pose la question, Nils. Par quoi a commencé l'incident dont on va parler ?
Alors, on voit, on va regarder, parce qu'en plus, elle se permet de faire la leçon aux députés. Alors ça, ça les a rendus fous. Regardez ce qu'elle dit.
Quand moi j'entends certains qui sont effectivement dans vos rangs, pas qu'aux partis socialistes, qui me disent, on a une volonté sur les bancs de l'Assemblée, Madame la ministre, c'est de torpiller cette réforme, c'est irresponsable. Je vous le dis avec beaucoup de gravité. Moi, je vais vous dire, on n'est pas élu ici pour torpiller. On peut débattre, mais pas torpiller. C'est honteux. Ses propos sont honteux.
Voilà, alors qu'est-ce qui s'est passé ? La veille, Rachida Dati voulait ajouter un amendement au texte. Ça se fait de manière assez courante. Et le problème, c'est que les services de l'Assemblée, donc c'est les services, comment dire, administratifs, alors c'est entre guillemets des petites mains. Alors ce n'est pas vraiment des petites mains au sens, comment dire, administratif du terme, parce qu'en réalité, c'est des hauts fonctionnaires qui sont capés, les administrateurs, les administratifs de l'Assemblée.
Mais en gros, c'est des hauts fonctionnaires qui sont chargés de regarder si les amendements sont bien conformes aux règlements de l'Assemblée nationale, à s'assurer qu'il n'y a pas d'erreurs grossières, etc. Donc c'est un peu nos secrétaires de rédaction, tu vois, en journalisme, nos correcteurs qui regardent l'article avant qu'il ne soit publié. Et là, malchance pour Rachida Dati et son cabinet, puisqu'évidemment, elle est assistée d'une directrice de cabinet et de ses conseillers, l'amendement a été jugé irrecevable par une administratrice du Palais Bourbon.
Il se trouve que c'est une chef de service qui est très, très capée, qui est respectée par l'ensemble des groupes politiques des députés, puisque à force, effectivement, les députés connaissent les hauts fonctionnaires de l'Assemblée. Il y a une espèce de respect mutuel qui s'installe. Et du coup, l'administratrice de l'Assemblée prévient la ministre que l'amendement va devoir être scindé en plusieurs parties pour être examiné. Et ça, ça ne plaît pas du tout Rachida Dati. Du coup, le tout monte.
Et puis, ça se termine effectivement en échange verbaux assez violent, selon les témoins, au point que le député LFI Aurélien Saint-Toulle, qui était sur place, comme d'autres députés, a volé au secours de la haute fonctionnaire. En gros, il s'est interposé entre les deux femmes. Et il y a un rapport d'incident qui a été rédigé, notamment pour Yael Brun-Pivet. Alors, bon, la présidente de l'Assemblée, elle ne s'est pas vraiment mouillée, en fait, parce qu'elle n'a pas forcément envie de se frotter à Rachida Dati.
Donc, elle a demandé à chaque partie concernée de se serrer la main, en gros, de se présenter des excuses et puis de passer surtout à la suite, parce qu'il y a cette fameuse réforme qui est sur le feu, comme je vous le racontais en introduction. Sauf que le lendemain, au moment où on était en train de parler de cette réforme, mais Rachida Dati a fait pile le contraire. Non seulement, elle ne s'est pas excusée, mais en plus, elle a lâché en peinture le nom de la haute fonctionnaire concernée, alors qu'elle s'était engagée à ne plus s'en prendre à elle.
Alors, les services techniques de l'Assemblée ont bipé la séquence pour ne pas que son identité soit dévoilée au public, parce qu'on rappelle, en plus, c'est particulièrement pervers, parce qu'on rappelle que les séances en commission, comme les séances dans l'hémicycle à l'Assemblée, elles sont enregistrées, parce que c'est la maison du peuple quand même, l'Assemblée nationale, c'est comme le Sénat, c'est moins la maison du peuple, mais c'est enregistré aussi pour permettre aux citoyens, évidemment, de suivre l'élaboration des textes et la démocratie en direct. C'est quand même très beau. Et donc, effectivement, ça n'a pas plu aux députés, en fait, cette séquence.
Et un député de droite, notamment, qui pourtant n'est pas du tout pro-LFI, il me disait, c'est Rachida Dati, elle est terrible, c'est une petite terreur, c'est la terreur Dati. Et puis, toujours lors de cette séance, le lendemain de l'incident, elle continue à faire état de tension avec l'administration de l'Assemblée jusqu'à ce qu'elle explose carrément. Regardez la séquence, c'est pépite. Monsieur le rapporteur, Madame la ministre, tous les acteurs du secteur sont hostiles à ce projet de réforme. Tous, responsables, salariés, syndicats, associations professionnelles. Madame la ministre, Madame la ministre, Madame la ministre, respectez aussi ce qu'on reçoit.
Madame la ministre, là, vous n'avez pas la parole. Si, à l'avenir, il y avait le moindre autre problème, ça serait une suspension longue avec peut-être pas de retour du tout. Et je suis très sérieuse. Moi, soit nous menons des débats sereins, Madame la ministre, sereins et apaisés, parce que vous ne m'écoutez pas et vous ne me regardez pas, sereins et apaisés, soit je resuspends à nouveau, mais ça ne sera pas pour 10 minutes, ça sera pour un temps éternel, peut-être. Écoutez, vu le sort de cette proposition de loi, elle a le temps, en réalité, de revenir.
Comme ce sont des sujets importants, je vous demanderais d'écouter parce que sinon vous allez voter, vous ne savez même pas pourquoi vous allez voter. Donc, il y a un moment où ça serait peut-être bien qu'on ait une attention intéressante. Voilà. Donc, là, elle dit quand même aux députés bosser au lieu de faire des commentaires à la con, je cite.
L'ambiance est bonne, on va dire. Et pour évoquer le texte lui-même, Nils ? Oui.
Alors, le problème, c'est qu'on suspecte fortement Rachida Dati d'avoir passé, en fait, un deal avec Emmanuel Macron. Le président l'a fait entrer, évidemment, au gouvernement, avec tout le décorum que l'on connaît, officier de sécurité, cabinet ministériel, etc., etc., en échange d'une adoption définitive de la réforme de l'audiovisuel à l'été, et puis surtout du soutien des macronistes au municipal à Paris en 2026. Autant te dire que ce n'est pas gagné.
pression supplémentaire, ce matin, j'apprenais de la part de plusieurs députés Renaissance et de mes sources à l'Assemblée nationale qu'une partie d'entre eux commençait à faire pression sur la section parisienne de Renaissance, ou en tout cas, ce qu'il en reste, pour commencer à lâcher la ministre, histoire de bien lui mettre la pression.
Alors, Nils, notre second sujet, c'est l'exécution provisoire de l'inéligibilité de Marine Le Pen. La manière dont on doit l'interpréter divise la gauche, on va dire. Oui, alors, divise la gauche,
c'est surtout la France insoumise contre le reste de la gauche, parce qu'effectivement, la formation de Jean-Luc Mélenchon s'est plutôt démarquée du Parti socialiste, des communistes et des écolos, puisqu'ils ont critiqué l'exécution provisoire qui empêche, on le rappelle, Marine Le Pen de se présenter, pour le moment en tout cas, pour 2027. Alors, sachant que le procès devrait se tenir une fois de plus, cette fois en appel à l'été 2026, on ne sait pas encore quel sera le destin de Marine Le Pen, en tout cas politique, mais en tout cas, du côté de la France insoumise, on critique cette mesure.
Donc, en fait, Jean-Luc Mélenchon rejoint en réalité la droite et une partie de l'extrême droite qui est incarnée par Éric Ciotti sur le sujet, et on va écouter leurs interventions, et en fait, leurs discours sont assez similaires.
Pardonnez-moi de le dire, c'est vous qui faites la loi, c'est le Parlement qui fait la loi. J'ai lu les déclarations des insoumis sur cette question. J'ai lu avec une très grande clarté. Ils ont indiqué que, selon leur idée du droit, il devrait y avoir. Eh bien, je considère que pour vous, la réflexion doit être conduite. C'est la raison pour laquelle, pour que la loi soit acceptée, pour que les décisions de justice soient respectées, il faut qu'elles se soient ouvertes dans l'ensemble de la procédure. Et voilà pourquoi nous sommes contre le fait que soit exécutoire une mesure d'inéligibilité. C'est-à-dire, tout le reste, vous pouvez faire appel, sauf ça, et vous êtes inéligible.
Alors, il pourrait survenir certaines circonstances, mais moi, je préfère dire que je ne vois pas bien lesquelles. Je veux aujourd'hui dire tout mon soutien à Marine Le Pen dans ces conditions. Ce qui se passe est d'une gravité extrême. Alors que le pouvoir exécutif n'exécute plus rien, alors que le pouvoir législatif ne légifère sur rien, nous observons la prise de pouvoir de l'autorité judiciaire. Le gouvernement des juges
s'installe contre le peuple souverain. Alors, pourquoi on parle de cette fameuse exécution provisoire ? Parce qu'Éric Ciotti va jusqu'à réclamer, en fait, sa suppression, ce qui fait quand même débat. L'exécution provisoire, elle est aussi vieille que le code pénal lui-même. Elle date du début du 19e siècle. Et puis, elle vise à empêcher, en fait, une personne condamnée en première instance et qui a fait appel à tout simplement récidiver, puisque l'appel est censé être suspensif. L'exécution provisoire, elle permet effectivement de mettre la société à l'abri face aux agissements potentiels de cette personne.
Et donc, effectivement, on voit un front comme ça qui se dessine contre cette exécution provisoire parce que les politiciens, désormais, en font évidemment les frais. Curieusement, les débats en cours portent moins finalement sur la peine de prison qui a été infligée aux prévenus, dont Marine Le Pen. On rappelle quand même qu'elle s'est prise quatre ans de prison, dont deux fermes, une forte amende. Effectivement, les débats portent plus sur l'application immédiate d'une partie de la sentence. Et c'est ce qui intéresse, en tout cas, la France insoumise. Mais c'est surtout qu'on voit que les élus de ces bords politiques sont tous pris d'une espèce de fièvre législative.
Il faut absolument revenir sur cette exécution provisoire. Alors, ça ne plaît pas beaucoup aux magistrats. Donc, j'ai appelé plusieurs syndicats de magistrats pour avoir un petit peu leur avis. Et bon, ils sont tous, sans surprise, pas très contents, déjà, qu'on remette en cause leurs décisions. Alors, ce n'est pas le cas de la France insoumise. C'est évidemment le cas du RN, de l'extrême droite d'Éric Ciotti et puis d'une partie du MoDem. Et c'est surtout que, en fait, les juges se sentent un peu lâchés en race campagne.
Et on rappelle notamment que les lois de moralisation de la politique et cette exécution provisoire, elles ont été renforcées après l'affaire Fillon en 2017, qui avait éclaté, qui a abouti d'ailleurs à la condamnation de l'ex-premier ministre et de sa femme. Et donc, il s'agissait, il y avait une espèce de fièvre législative à ce moment-là pour durcir les peines, durcir, rendre obligatoire l'exécution provisoire. Et puis là, effectivement, les magistrats ont l'impression qu'on se retourne contre eux après ce verdict qui a visé Marine Le Pen. Alors, c'est drôle justement parce que cette séquence, elle n'est pas sans rappeler une autre séquence qui a eu lieu 25 ans auparavant.
Alors, ça ne nous rajeunit pas. À l'époque, et certains de nos abonnés s'en souviennent peut-être, c'était l'époque des affaires qui visaient les politiques, l'affaire Elf notamment, mais aussi beaucoup d'autres. Regardez ce reportage de l'ancienne émission Capital sur M6, c'était en décembre 2001.
Patron, cadre supérieur, homme politique, les clients ne sont pas n'importe qui. On a investi jusque dans les sous-sols. Gardés par les gendarmes, voilà la salle des cellules. Il y en a cinq. C'est sur ces bancs qu'on attend d'être interrogés par les juges. Pas un seul graffiti au mur. Là, c'est assis quelques heures en décembre 2000, l'ancien ministre Michel Roussin avant d'être transféré à la prison de la santé. C'est par là encore qu'est passé le 6 février 2001 le fameux Alfred Sirven, l'accusé phare de l'enquête Elf, à son retour des Philippines. C'est là enfin qu'a patienté Jean-Christophe Mitterrand un jour de décembre dernier.
Rien que du beau monde, les conditions de détention sont privilégiées. Parole d'expert.
Voilà. Et là, tu vois, Théo, on voit de grands patrons qui se retrouvent en cellules. Ça leur fait tout bizarre, dis donc. Certains se retrouveront même à la santé comme l'œil le froc pigeon. Et donc, finalement, les politiques se transforment en VRP des droits de la défense. À l'époque, les droits des juges sont restreints. On les empêche d'utiliser la détention provisoire. On met ce pouvoir entre les mains d'un nouveau type de magistral et les juges d'application des peines et de la liberté. Et puis, on revoit les conditions de garde à vue, de détention, etc. 25 ans plus tard, les magistrats en poste ont un peu l'impression que c'est le même topo.
Bizarrement, les députés n'avaient pas remis en cause l'exécution provisoire avant la condamnation de Marine Le Pen. D'autant qu'il y a des soupçons quand même qui saisissent nos magistrats puisque, outre Marine Le Pen, Ciotti a lui aussi des ennuis avec la justice. Il fait l'objet d'une enquête. Jean-Luc Mélenchon lui-même fait l'objet d'une enquête pour les mêmes faits que le Rassemblement national. Alors, évidemment, à une échelle moindre, mais enfin, tout de même. Et puis, François Bayrou, lui aussi, dit donc, il va devoir être rejugé dans l'affaire des emplois fictifs du Modem au Parlement européen.
donc, il y a une urgence à réformer et à supprimer une mesure juridique qui existe depuis deux siècles. Alors, il n'est pas impossible, évidemment, que les politiques comme Jean-Luc Mélenchon s'emparent de ce débat sur l'inéligibilité avec sincérité, bien sûr, mais il y a aussi une sorte de fougue qu'on ne leur connaissait pas pour défendre un sujet aussi peu vendeur électoralement. Et effectivement, il y a quand même des soupçons de la part des magistrats, mais aussi d'une partie des Français sur les affaires qui touchent effectivement tous ces élus qui aujourd'hui ont envie de réformer la loi. Alors, évidemment, du côté de LFI, on se défend de toutes ces accusations.
Alors, j'ai posé la question à un député de la France Insoumise, il me dit, ben non, les faits ne sont pas tout à fait les mêmes que Marine Le Pen. De toute façon, l'affaire est à l'arrêt. Enfin, voilà, le sujet est de toute façon très sensible effectivement pour la formation de Jean-Luc Mélenchon.
Dans la belle enquête de fractures sociales d'Ipsos, on nous dit 74% des Français pensent que les politiques sont corrompues. Donc, la justice, comme en matière d'agression sexuelle, comme en matière de violence sociale, eh bien, elle répond à l'évolution de la société. Et là, si on fait ça, si on fait une loi d'immunité pour les politiques, qui ne sera pas une loi Ciotti, qui sera une loi Le Pen-Beyroux, je suis désolée. Bayroux qui a des troubles, ça vous a choqué ? Oui, mais parce qu'il est concerné aussi.
Et l'opinion publique, qu'est-ce qu'elle en pense de tout cela ?
Justement, c'est là que ça se complique pour nos parlementaires de tous bords, à gauche comme à droite, puisque, effectivement, les sondages montrent en majorité que les Français approuvent la condamnation de Marine Le Pen. 57% des Français sondés pensent qu'il s'agit d'une décision de justice normale au vu des faits reprochés. Ça, c'était une étude élabe pour BFM publiée le soir même du jugement, donc lundi 1er avril, tandis que le taux grimpe à 61% deux jours après, d'après une étude Cluster 17 pour le point, donc cette fois qui était parue le 2 avril.
Et puis, aujourd'hui, ce matin, on a appris une nouvelle étude, un nouveau sondage qui montre qu'une majorité de citoyens rejettent la suppression de l'exécution provisoire pour les politiciens qui seraient condamnés. Est-ce que ça va les faire réfléchir ? Eh bien ça,
on va avoir la réponse sous peu. Alors Nils, en dernier sujet, je voudrais qu'on évoque la ligne directe entre Emmanuel Macron et Gabriel Attal, le grand frère entre guillemets et son petit frère. Il y a de la friture sur la liaison ?
Alors c'est même pas qu'il y a de la friture, c'est qu'il n'y a plus de liaison entre les deux. Il ne se parle plus apparemment et Gabriel Attal notamment est engagé dans une bataille pour relever le parti Renaissance. On en avait parlé dans cette émission et puis sur le média en général puisque c'est vrai qu'il y a un peu un parfum de loose en ce moment au parti macroniste. On rappelle qu'ils se sont fait laminer aux élections législatives après la dissolution décidée par Emmanuel Macron lui-même et donc Gabriel Attal n'avait pas été au courant avant le tout dernier moment de la décision.
Et donc Gabriel Attal désormais est le chef de parti et il essaye effectivement de ramener les adhérents il faut bien le dire qui sont dégoûtés par plusieurs années de changement de cap présidentiel et notamment dimanche 6 avril donc ce dimanche Renaissance a organisé un grand meeting un grand Raoult alors il réunit tous ses soutiens ou en tout cas il veut les réunir à la Cité du Cinéma de Saint-Denis j'en avais parlé d'ailleurs pour un article pour off-investigation alors le rendez-vous est prévu de longue date mais il y a eu un changement entre temps c'est tout simplement la condamnation de Marine Le Pen qui a soufflé on l'expliquait pendant le deuxième sujet toute la classe politique et donc le Rassemblement National a prévu une manifestation de soutien à Marine Le Pen à Paris également ce dimanche et donc il va y avoir un peu une compétition en fait entre les deux camps chacun va compter ses forces alors l'entourage de Gabriel Attal en fait un petit peu des tonnes parce qu'évidemment ils ont peur de ne pas réussir à rameuter suffisamment de monde pour remplir la salle c'est étonnant quand même après plusieurs années de déceptions c'est un peu comme le parti socialiste finalement après le quinquennat Hollande il y avait plus d'élus presque que d'adhérents là c'est un petit peu la même chose chez Renaissance alors l'entourage de Gabriel Attal parle d'un avant-goût de présidentielle bon du côté du parti il y a certains cadres qui disent c'est plutôt un avant-goût de défaite présidentielle oui voilà on va pas être trop de mauvaise foi alors du côté de Renaissance de la direction de Renaissance on place Trône il y aura à peu près plus de 7000 invités qui vont venir voilà le parti a mis les petits plats dans les grands le Parisien nous apprenait cette semaine qu'il y aurait tout un tas d'animations pour amuser les adhérents donc à la cité du cinéma notamment des châteaux gonflables dis donc c'est plutôt gonflé mais pourquoi pas et donc c'est ce que dit une députée Renaissance en fait au journaliste du Parisien pour l'inciter à venir à ce dîner plutôt que de couvrir le fameux la fameuse manifestation du Rassemblement National alors connaissant en plus l'orientation de nos médias par rapport à l'extrême droite en ce moment on sait qu'ils surfent tous sur la vague c'est d'ailleurs pour ça qu'on apprécie d'avoir le média indépendant voilà pour nous informer mais voilà alors du coup Attal il va à fond ils expliquent qu'ils ont passé des commandes de chaises supplémentaires depuis lundi qu'ils ont imprimé de nouvelles affiches d'ailleurs on voit Gabriel Attal debout au pupitre devant une marée de drapeaux bleu blanc rouge évidemment et le slogan pour la démocratie et nos valeurs en lettres capitales alors comme d'habitude avec les macronistes on sait pas trop ce que ça veut dire derrière ce slogan parce que c'est un peu fourre-tout et puis surtout il n'y a pas Emmanuel Macron dis donc et d'ailleurs Gabriel Attal n'a pas franchement prévu de le nommer sauf pour les questions internationales ce qui est une manière polie en fait de le pousser vers la sortie et évidemment les macronistes veulent profiter de cette séquence avec le rassemblement national qui squatte les médias évidemment pour se plaindre de la fameuse peine qui a été infligée à Marine Le Pen malgré les 4 millions d'euros qu'elle a piqués dans la caisse du Parlement européen et donc évidemment les macronistes veulent en profiter pour se poser en garant de la démocratie évidemment de l'indépendance de la justice alors ça fait un petit peu sourire quand même certains macronistes notamment au sein du parti qui sont un petit peu plus critiques des orientations qui ont été prises ces dernières années qui sont quand même en contradiction avec le programme de l'Emmanuel Macron de 2017 Emmanuel Macron de 2025 ou de 2024 ou de 2023 et pas celui de 2017 et qui m'explique que dis donc les leçons de démocratie de la part du parti macroniste au reste de l'ORN alors qu'Emmanuel Macron a tout fait pour échapper à la justice sur l'affaire Benalla on rappelle le venez me chercher le nombre de ministres mis en examen dont certains d'ailleurs ont été condamnés on rappelle notamment l'affaire Dussaud mais il y en a d'autres Rachida Dati elle-même est mise en examen dans l'affaire Carlos Ghosn et elle risque gros d'ailleurs donc voilà tout ça finalement inspire des commentaires assez ironiques au sein du parti et d'ailleurs il y a certains militants qui m'ont confié avoir pris une invitation pour y aller pour se marrer un bon coup festoyer finalement et sans vraiment penser à la suite ça te donne quand même la teneur de l'état d'esprit disons de certains macronistes avant cette soirée
merci Nils et merci à vous d'avoir regardé cette émission dites-nous ce que vous en avez pensé en commentaire si vous nous regardez par Youtube et via l'adresse contact arrobas de médiatv.fr si vous nous regardez à la télé partagez cette vidéo mettez des petits pouces en haut regardez-nous sur Youtube mais également sur le canal 165 de la Freebox et sur Molotov et si vous le pouvez bien entendu sautez le pas devenez sociétaire abonné ou donateur du média en allant sur le médiatv.fr slash soutien en tout cas restez connecté au média de lauthèvre
et chancellor etshore de la gard nächsten abonné ou autre dub KR etbok investment etração dira espect mal et
Rachida Dati