« L'année prochaine, je ne serai plus là » : le cri d'alarme des producteurs face aux fruits et légumes “moches”
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'ils deviennent ces fruits et légumes ?
- 1:06OuverteRéponse directe
Vous n'avez jamais vu ça, j'imagine ?
- 2:34OuverteRéponse directe
Nicolas Chabanne, puisque vous parlez des distributeurs...
- 3:51RelanceRéponse directe
Ok, je veux bien les acheter, mais pas au même prix, alors. Qu'est-ce que vous répondez à ça ?
- 5:03OuverteRéponse directe
Dites-moi, les étés qui vont suivre seront tout aussi chauds ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:13InvitéFait
« Personne n'a jamais vu une année à ce point de fragilisation de tous les producteurs, notamment les maraîchers, les arboriculteurs. »
- 1:55InvitéChiffre
« Dans certaines récoltes, pas pour tous les produits, même parfois au-dessus, des fois 70%. »
- 4:38InvitéChiffre
« On était à 1,5 million de producteurs, on est à 349 000 en quelques dizaines d'années. »
- 4:28InvitéPromesse
« l'année prochaine, je ne serai plus là. »
Temps de parole
- Invité61 %
- Présentateur20 %
- Présentateur 213 %
- Présentateur 33 %
- ?2 %
≈ 6,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
D
'ici Provence. Ici Matin. Il est 7h46, David Oussiou, l'invité d'ici Provence. C'est la crise des fruits et légumes. L 'été infernal, la canicule qui a provoqué des ravages dans les champs, les pommes plus petites des légumes qui sont moins droits, des fruits tachés, brûlés par le soleil. Il y
a
une partie des récoltes qui ne ressemblent plus du tout aux fruits et légumes bien calibrés que nous avons l'habitude de trouver dans les rayons. Et qu
'est
-ce qu'ils deviennent ces fruits et légumes ? Eh bien justement, c'est tout le problème. En temps normal, beaucoup n'arriveraient même pas jusqu'à nous parce qu'ils sont trop petits, parce qu'ils sont trop gros. Ils sortent des standards de commercialisation ou des cahiers des charges des distributeurs. Ils sont déclassés, transformés ou écartés des circuits traditionnels. Sauf que cette année, il n'y
en
a pas beaucoup. Donc, ça peut concerner la moitié des récoltes. Alors, les grandes enseignes annoncent qu'elles vont assouplir leurs critères pour accepter davantage de fruits et légumes moins beaux dans les rayons. Bonjour Nicolas Chabanne. Bonjour. Bienvenue. Vous êtes le fondateur du collectif Les Gueules Cassées, créé pour lutter contre le gaspillage de ces fruits et légumes écartés pour leur apparence. Vous êtes installé à Carpentras, au cœur d'une grande région agricole. Vous qui connaissez bien les producteurs, vous n'avez jamais vu ça, j'imagine ?
Personne n'a jamais vu une année à ce point de fragilisation de tous les producteurs, notamment les maraîchers, les arboriculteurs. On en a, évidemment, dans notre belle région, dans les Alpes, des pommes brûlées, des colorations différentes. Mais il faut se rappeler que, bien sûr, c'est des petits défauts, des différences. Mais les petits frères et les petites soeurs de récolte, ils ne sont pas aussi joufflus, ronds et parfaits, mais ils sont tout aussi bons. Et cette année, il va falloir vraiment qu'on ait un peu plus de tolérance dans les rayons.
Il va falloir faire avec,
parce que vous dites que plus de la moitié de ces fruits et légumes sont comme ça
aujourd'hui. Alors, dans certaines récoltes, pas pour tous les produits, même parfois au-dessus, des fois 70%. Il faut imaginer ce qui s'est passé. Quand il n
'y
a pas d'eau, ce n
'est
pas de la faute des producteurs qui, tous les jours, se battent pour essayer de nous proposer des produits. Et les producteurs français, il faut qu
'on
les défende. On voit bien le contexte complet, géopolitique. Il faut que la nourriture près de chez nous, elle soit la demain. Et là, on n'a jamais eu autant, nous, on
est
une coopérative de consommateurs,
on
n'a jamais eu autant de producteurs qui nous appellent en disant « J'y arrive plus. » Et j'ai des fruits qui ne sont pas tout à fait calibrés, normaux, un peu plus petits. On me parle de me payer moins cher. Et là, c'est un autre drame qui se prépare. Il faut que les distributeurs, on leur a dit, paient au juste prix aussi ces gueules cassées.
Nicolas Chabanne, puisque vous parlez des distributeurs, écoutez ce spot de pub signé Intermarché, c'était il y a 12 ans. Qui a dit que tu ne pouvais pas être vendu dans les supermarchés ? Qui
? Quand
tu seras dans une cagette au supermarché, je veux que tu te redresses et que tu te sens fier de qui tu es. Parce qu'il n'y a rien de mal à être moche. Exactement. Nicolas Chabanne,
ça
avait marché cette campagne, non
? Oui,
on avait lancé les gueules cassées.
Intermarché
avait lancé quelques semaines après les fruits et légumes moches. J'en ai reparlé avec eux cette année. Ils ont raison de redire, d'autres enseignes l'ont fait, que cette année, qui est une année à gueule cassée, c'est comme ça qu'il faut l'imaginer, effectivement, on aura des habitudes un petit peu différentes. On a l'habitude toujours dans les rayons d'avoir des produits presque luisants, tout ronds, tout beaux. Mais rappelez-vous une chose, quand vous allez sur un arbre ramasser des poires chez un parent, un grand-parent, vous ne prenez pas que les plus belles et les plus rondes et les plus parfaites. Vous ramassez tout ce qui est mûr.
Notre bon sens de consommateur, il faut qu'on fasse la même chose dans les rayons. Ils sont un peu moins jolis, c'est vrai, mais derrière, il y
a
des producteurs français qui ont besoin de soutien. Donc, changeons un peu notre regard sur ces fameuses gueules cassées. Mais
vous
savez ce que nos auditeurs vont vous dire ? Ok, je veux bien les acheter, mais pas au même prix, alors. Qu'est-ce que vous répondez à ça
? Alors,
c'est un peu moins cher, ça sera encore le cas aujourd'hui, mais ce qu'on peut répondre à ça, c'est simple, c'est une année, sans être alarmiste, il faut prendre conscience que quand tu as bossé depuis des mois, que la sécheresse te coupe d'eau, comment veux-tu faire ? Que ta récolte est un peu plus petite, mais tu n
'as
rien fait pour ça en tant que producteur. Et qu'on te dit, comme c
'est
un peu moins joli, on va te payer très mal,
tu
dis à tout le monde, écoutez, l'année prochaine, je ne serai plus là. Je vous assure que, notamment les plus jeunes qui se sont installés il n
'y a
pas longtemps, ils étaient déjà fragiles, et ils disent à tout le monde, ouais, je vais changer de métier. On était à 1,5 million de producteurs, on est à 349 000 en quelques dizaines d'années, ils disparaissent, on fait quoi ? Ça vaut le coup, cette année, d'être un peu plus souple, et surtout, il faut s'attendre à les payer un peu moins cher, mais n'attendez pas qu'on brade des produits qui méritent, comme leurs frères et leurs sœurs de récolte, d'être consommés, parce qu'ils sont bons.
Dites-moi, les étés qui vont suivre seront tout aussi chauds ? Il faut s'habituer à acheter du moche,
en
gros ? Oui, vous avez raison, ça c'est très important, et puis vous savez quoi ? Il faut peut-être s'habituer à se dire qu'ils ne
sont
pas forcément plus moches que les autres. Il y a parfois des détails qu'on a même du maï à avoir à l'œil nu. On ne parle pas de pommes ultra biscornues. J'ai vu des pommes de notre région, de la Provence. C'est des petits défauts de coloration. Le cahier des charges, bien sûr, il y
a
une différence, mais notre œil à peine. Donc, laissons-nous faire. Prenons des produits français. Regardez d'abord la provenance française. Quand c'est un peu plus petit, dites-vous que vous aidez encore plus les producteurs, et quand on achète avec le cœur, c'est encore meilleur.
Merci Nicolas Chabanne. Vous êtes le fondateur du collectif Les Gueules Cassées. Oui, on s'en fiche que la
pomme soit un petit peu... un petit peu
abîmée.
Mais oui,
quand c'est moche, c'est bon aussi. Venez nous en parler ce matin. Vous le faites d'ores et déjà sur WhatsApp, message vocal. Est-ce que dans votre panier, il y a aussi des légumes moches, des fruits moches ? Vous ne les mettez pas de côté.
Et
à l'arrivée, vous dites, moi aussi, je me régale tout autant. WhatsApp, 0442 38, 08 pour témoigner dès maintenant. Il est 7h52. Ici Provence.