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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 30 juillet 2025 39 minComplaisantDivertissementÉconomie & entreprisesNumériqueInstitutions & élections

Les cabinets de conseil, vers la déresponsabilisation collective ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que des cabinets de conseil acceptent des missions comme le projet Gaza Riviera ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Qui est Simon Maonide, votre double dans le roman ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Les consultants sont-ils payés en kiloprof dès leur entrée ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que le secteur Consotec et à quoi sert-il ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Que signifie ce langage ésotérique des consultants ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les exemples de missions absurdes que vous avez vécues ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00David NaïFait
    « Si un dictateur publie un appel d'offre pour ouvrir les goulagues, nul doute qu'il se trouverait des cabinets de conseil prêts à y répondre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Faire de Gaza une côte d'Azure du Moyen-Orient à l'appui de ce projet infernal. Un temps envisagé par Donald Trump, un cabinet de conseil, 12 employés ont travaillé d'arrache-pied pendant 7 mois et facturer leur rapport plusieurs millions de dollars comme le révélait le Financial Times début juillet. Comment a-t-on pu en arriver là ?

Plus précisément, quel est le processus y compris à hauteur d'individus qui mène à perdre tout discernement ? Bonjour David Naï. Bonjour.

Merci beaucoup d'être avec nous. Vous avez fait paraître dans le monde en juillet cette tribune. Si un dictateur publie un appel d'offre pour ouvrir les goulagues, nul doute qu'il se trouverait des cabinets de conseil prêts à y répondre.

Vous êtes l'auteur du livre Le Consultant paru en mai aux éditions de la Gutte d'Or, un récit satyirque de votre propre métier puisque vous êtes vous-même l'associé d'un cabinet de conseil international pour comprendre d'abord d'où vous parlez et au service de de quelle démonstration. Qui est ce double le personnage de votre roman ? Simon Maonide, jusqu'où son parcours à lui recruté très jeune à sa sortie de l'école ressemble au vôtre.

Bonjour. Bah Simon Maonite, c'est c'est mon double et c'est en même temps le double de tous les gens qui font carrière dans le conseil. C'est-à-dire, c'est quelqu'un qui a démarré très jeune dans le conseil, qui a suivi tous les processus très compliqués, très élitiste, très sélectif de recrutement qui ensuite a fait carrière dans euh cette évolution très pyramidale, ce fameux up, c'està-dire je suis promu ou je suis où je suis viré.

Et donc est arrivé au sommet. Donc c'est c'est un peu l'archétype de l'associé d'un cabinet de conseil au sommet, c'est-à-dire au 4 au 14e étage de sa tour aux allures de Mordor à la défense élégante et filée avec le logo de la firme à la place de l'œil de Sauron et sa flèche de verre plantée droit dans le cul du ciel. C'est ce que vous écrivez dans dans votre roman Simon.

Il vient de HC. Il a découvert sa future entreprise dans un forum employeur organisé par son école et où les types attendent la fraîche élite avec des costumes impeccables plus que des costards manifestes pour le le secteur tertiaire. Est-ce que tous les consultants comme Simon sont dès leur entrée dans une un cabinet de conseil payé en kilop comme il dit ?

Alors, ils sont très bien payés et c'est intéressant parce que effectivement euh en fait, on s'aperçoit et c'est ce que j'essaie de montrer dans ce premier processus de recrutement qui est lui-même un tout petit peu absurde euh qu'en fait les gens qui rentrent dans le métier du conseil, ils sont déjà en fait dans ce ce moule et cet état d'esprit qui vient lui-même de la prépa. C'est-à-dire que dès la prépa qui prépa aux grandes écoles, on est dans ce processus très sélectif, très élitiste et donc on est préparé intellectuellement effectivement à rentrer dans ces cabinet de conseil qui payent effectivement très bien. Dans son entretien pour le recrutement, il demande à évoquer son expérience dans l'organisation du gal de l'école où il a dirigé une équipe de cinq personnes pour monter un barathème en hommage au Pop Art et à Andy Warol.

Il s'agissait de reproduire l'atmosphère vibrante de la factory. Ce qu'il raconte pas, c'est son expédition au Carrefour de Jouillant Josas pour acheter 200 rouleaux de papier àu et recouvrir les murs myteux que le président du Galaur avait concédé sans lire le dossier. Alors voilà, il arrive à à raconter un peu tout et n'importe quoi comme il veut.

Et si je parlais de Kilopr, c'est vous dans votre livre qui parle de son salaire en kiloprof, c'est parce qu'il est fils de prof et marié à une prof qui est en rep d'éducation prioritaire, Céline, qui ne trouve pas de budget elle pour emmener les les enfants au théâtre. Lui, il compte son argent donc en en kiloprof, 60000 € bruts annuels en sortie d'école, c'est toujours un un salaire fixe et puis il y a des primes. Comment ça se passe ?

Oui, c'est ça. En fait, le système est toujours un peu près le même d'un cabinet à l'autre. C'est-à-dire que vous avez un salaire fixe qui est effectivement euh très élevé.

Alors, je parle de kiloprof par provocation parce que c'est intéressant euh de comparer et on est toujours traité de démago quand on le fait. Mais quand même la question est intéressante, c'est comment est-ce qu'un jeune qui sort de la chaussée ou d'une école équivalente gagne deux ou parfois un petit peu plus euh fois le salaire annuel d'un d'un professeur en en fin de carrière. Et donc oui euh effectivement les les le le salaire est fixe et après il y a ce bonus qui est toujours lié à la performance individuelle.

Et ce terme individuel est important, c'est-à-dire que vraiment on rentre dans des modèles où euh la performance personnelle, c'est-à-dire la compétition vis-à-vis des autres, hein, pour pour le dire clairement et l'alpha et l'oméga en fait de la la mesure de la performance de quelqu'un. Lui par exemple, Simon quand il devient le responsable Consotec qui est donc la fusion entre le secteur de la grande consommation et les télécom n'a absolument aucun sens mais il s'en il s'en satisfait. Il est très content de prendre la place.

Alors, ça serait long à raconter mais elle ne lui était pas dédiée, mais il profite de très cyniquement de d'un très grave accident de moto ou de scooter de celui qui devait prendre ce poste là. Qu'est-ce que c'est que ce secteur consotec dont dont Simon prend la prend la la tête et à quoi ça sert ? Il doit convaincre de certaines fusions et c'est aussi le rôle des cabinets de conseil de convaincre les marchés de fusion.

Oui, en fait ce secteur là qui n'a pas de sens et c'est aussi l'intérêt de la satire, c'est-à-dire que on fusionne des secteurs qui n'ont aucun rapport les uns avec les autres, c'està-dire la grande consommation avec la technologie et puis quand on le fait finalement on finit par trouver du sens à ça. Et effectivement c'est ce qui se passe un peu dans le livre. Simon qui se demande bien euh pourquoi on a fait ce secteur consota qui n'a pas trop de sens, bah finalement il arrive à trouver du sens ne serait-ce que parce qu'il y a un client qui lui a trouvé du sens à ça.

Et donc c'est euh euh un fournisseur de basket qui au lieu de vendre des baskets veut vendre des expériences pour les pieds et euh et euh et donc il fusionne avec une boîte de télécom pour mettre des capteurs un petit peu partout et voilà. Donc le sens en fait l'absence de sens produit du sens d'une manière ou d'une autre et c'est ça qui est intéressant et c'est là-dessus que aussi prospère bah les camis de conseil et puis globalement le le la technologie et le et le le système dans lequel aujourd'hui on vit hein parce que ça dépasse largement le monde du conseil. Donc Simon, il est tout content d'avoir cette nouvelle mission d'aider donc cette entreprise qui vend des des baskets en pot d'autruche et semelle compensé pour certaines euh à gérer cette fusion et et donc à à convaincre les marchés notamment qu'elle est judicieuse.

Donc quand cette entreprise dit que elle va acquérir un opérateur télécoméen pour proposer des abonnements pour renouveler ses chaussures automatiquement, des services pour les personnaliser ou les entretenir ou les imprimer en 3D et s'assurer bien sûr que les enfants qui travaillent dans nos usines sont majeurs. Simon, il trouve que c'est formidable. il va pouvoir justifier son son métier.

Alors lui, personne ne le comprend euh son métier puisque il est entouré de profs. Sa femme et prof, c'est les collègues de sa femme le regardent comme s'il était l'éminence grise de Francis Holm. Personne non plus hors de son cabinet ou des autres cabinets de conseil ne comprend quand il parle.

J'exagère mais les pétries, ces anglicismes qui nous a égassent profondément quand on en est pas. C'est très demanding. Il faut se challenger le benchmark, l'insight et cetera.

Qu'est-ce qu'elle dit cette langue-là ? cette langue qui est aussi tout en sigle et en acronyme qui ajoute encore à l'illisibilité du monde. Bah c'est une langue.

Alors il y a plusieurs aspect à ça. Il y a effectivement ce côté très agaçant et ce côté mystérieux qui est qui est qui qui est fait à dessin. C'est-à-dire que effectivement le consultant doit montrer qu'il est consultant.

Donc, il est différent euh du client qui l'emploie pour euh pour résoudre un problème. Donc, il y a cet aspect-là qui effectivement produit beaucoup d'agacement euh chez les gens qui qui l'écoutent et qui n'en sont pas. Et après, il y a un côté qui est beaucoup plus euh sympa, si j'ose dire et qui est moi, étant consultant, quelque chose que j'aime bien.

Il y a en fait derrière ce langage là une espèce d'espérant, si j'ose dire, interne au monde du conseil. C'est-à-dire que quand un client euh vous demande de résoudre un problème et qu'il faut faire appel à un expert du e-commerce chinois, un expert de la logistique américaine et cetera, quand les gens se retrouvent dans une salle en visoconférence, en fait ce langage un peu ésotérique est en fait le langage que tout le monde comprend en interne. Et donc c'est cette compréhension.

Je vais faire un que pourrait dire un maturity assessment, voilà des termes comme ça qui veulent rien dire pour personne. En fait en interne dans le cabinet, on se comprend et on sait ce qu'on va obtenir. Donc c'est intéressant ce double ce double aspect du langage.

Il y a tous les sigles aussi SM pour seor manager. La la première fois, ça surprend. Une sorte de patoi savant qui sert avant tout à créer la sensation d'appartenance à une communauté dit Simon. cette façon de travailler qui se donne des aert méthode de planification, conduite du changement, architecture de transformation et cet anglais dont Simon quand même reconnaît que des concepts qu'il utilise comme upward feedbacks, bah ça claque en anglais, cette langue est parfaite aussi pour emballer les idées stupides.

Mais est-ce que ça peut créer une intelligence ? Ça crée euh la sensation euh d'une intelligence et c'est ça qui est intéressant euh surtout euh par rapport à ce qui se passe en moment en ce moment où on voit bien que il y a un déficit de pensée, c'est-à-dire qu'on est aujourd'hui dans un système alors A de Guer appelle ça la technique, c'est-à-dire euh cette architecture euh qui est pensée pour produire et donc est notre une manière de concevoir le monde pour produire. Et en fait cette structure là aujourd'hui, elle est euh pensée justement avec des termes, si j'ose dire, qui empêchent de penser parce que justement euh on n'est plus dans un langage commun.

On est dans dans des langages qui sont propriétaires d'une certaine manière de chaque cabinet ou de chaque entreprise parce que les sigles sont pas le propre des cabinets de conseil. On retrouve ce jargon là dans toutes les grandes entreprises et donc et les organisations internationales. Et les organisations internationales.

Tout à fait. Donc en fait cette production de langage, elle a comme conséquence euh d'empêcher en fait une pensée collective de qualité. Et c'est en fait un peu tout le sens aussi de de du livre et de cette satire hein qui est effectivement on produit beaucoup d'absurde en pensant produire du rationnel. cette façon aussi de se présenter.

Caroline, vous pouvez m'appeler Caro, se tutoy dès le premier jour, le tuto professionnel, cette espèce de familiarité poisseuse qui voudrait que les membres d'un même compagnonnage au nom de je ne sais quelle confraternité s'affranchissent des égards élémentaires. Cette fois, c'est Jean-Paul du Bois que je cite dans une vie française. Alors, des journées absurdes de Simon Maimonide qui se jette dans le tambour du capitalisme le lundi matin pour en ressortir rincé et essoré 5 jours plus tard.

Qu'est-ce qui s'inspire de votre quotidien David Naï ou de certaines de vos missions qui vous ont paru les plus vaines depuis tant d'années que vous êtes vous-même consultant ? Alors, le quotidien c'est effectivement beaucoup de voyages, c'est euh le le monde du conseil euh se caractérise comme ça par beaucoup de déplacements, par un rythme très élevé et surtout au-delà du rythme très élevé, une grande difficulté à prévoir en fait euh son rythme parce qu'on on est là pour répondre à des sollicitations des clients qui sont en général assez urgentes et donc en fait on ne sait jamais ce qu'on va faire dans les 3 mois. Donc il y a cette espèce de rythme effrainé et après l'émission alors c'est ça qui est intéressant, ça va de la plus passionnante à la plus absurde.

Alors les sujets passionnants, c'est quand on réfléchit à l'avenir des médias. Moi, j'ai eu la chance de travailler là-dessus il y a quelques années avec le développement d'Internet, le lancement et la des des de la téléphonie mobile aussi pour parler de vieux sujets. Mais voilà, ça c'est je suis très intéressant.

Attention pour l'avenir de Radio France, je vous surveille hein. Voilà. Mais on voit bien qu'on travaille sur des sujets qui intéressent la société et sur lequels on va avoir un impact.

Après, il y a des sujets totalement absurdes. Quand vous mobiliser 15 personnes, des mathématiciens de pointe pour savoir combien il faut mettre de bonbons dans un paquet pour optimiser la rentabilité de tel ou tel client, vous vous sentez moins utile tout de suite. Voilà, là on se demande si vraiment on a on a fait avancer le monde et c'est ce que je cite aussi dans le livre.

Il y a des exemples. Voilà le le le la mission que que Simon pilote sur les poupées mangas qui consiste à réduire telle ou telle partie du corps pour optimiser le le coût ou cette mission pour cette société de de basket. Voilà.

Simon a un collègue. Ils disent quoi les analystes sur les prévisions du marché des mangas ? Bah les pessimistes disent 8 %, les optimistes 20.

Bon, tu prends 20. Et pour les prix, on peut les augmenter de combien ? Bah, d'après mes calculs d'élasticité 5 % au maximum.

Ah, c'est pas assez. Va falloir gagner sur la marge, ça va se jouer sur la taille des nichons. Réponse de de Simon.

Et c'est vrai, ça se passe comme ça. Alors, ça se passe comme ça, pas sur les poupées mangas ou peut-être, mais moi j'ai pas eu l'occasion de le faire. Mais ça se passe comme ça.

Effectivement, c'est le fameux terme de shrink flation qu'on qu'on entend souvent dans les dans les médias. C'est-à-dire au lieu de d'augmenter le prix, on réduit la quantité en laissant le même prix. Donc on obtient finalement le le même résultat économique.

Voilà, c'est peut-être ce qui va se passer bientôt avec la hausse des des prix des doigts droit de douane. Et d'ailleurs si sans doute les cabinets de consultants sont en effervescence en ce moment suite aux annonces de de dimanche. Vous avez été à la COP 28 je crois David Naï aussi avec un côté absurde aussi.

La COP, c'est pour moi, c'est euh le somum de l'absurde. C'est-à-dire que vous avez euh euh des gouvernements, autour des gouvernements, vous avez des entreprises de lobbying, autres entreprises de lobbying, vous avez toutes les entreprises et tout le monde gravite les uns autour des autres avec des objectifs plutôt commerciaux que vraiment de de changement, de résolution des grands problèmes du monde. Tout le monde voyage en business et puis à la fin de la COP, on vous dit "Rendez vos badges en carton parce qu'on les recycle." Vous avez vous avez vraiment ce ce cette absurdité totale tout ça dans des endroits dont on sait très bien qu'on est très très loin quand même de des préoccupations climatiques.

Et donc vous voyez la COP 28 c'était il y a 2 ans. On parlait de réduction de 1,5 pour 2 degrés. 2 ans après, c'est-à-dire demain pour à l'échelle des changements climatiques, on on sait que ce sera inatteignable.

Donc on le savait déjà. Voyez donc c'est cette espèce de mouvement bronien qui est essentiellement commercial alors qu'on parle de sujets qui sont vitaux en fait hein pour le pour le monde. C'est là qu'en fait on touche vraiment ce ce cette problématique d'absurdité et c'est là qu'effectivement on voit la société aujourd'hui se retourner et critiquer fortement que ce soi les politiques, les consultants, enfin tous les gens qui sont aujourd'hui censés penser et résoudre ces problèmes là.

Depuis quand existe l'idée même de faire du conseil aux autres un métier ? On pourrait dire que le grand philosophe juif du Moyen-Âge, dont votre personnage Simon Maimonide euh porte le patronyme, Moïse Maimonide était aussi une sorte de grand consultant. Bah oui, c'est pour ça que j'ai choisi ce nom-là parce que Moïse Maimonine effectivement quelqu'un qui a créé un livre qui s'appelle le livre des égarés qui a un livre absolument génial hein parce que l'objectif de Moïse Maonite c'était de répondre à peu près à toutes les questions personnelles qu'on puisse se poser depuis le mariage, l'amour, l'amitié, la croyance en Dieu et cetera.

Mais il gagnait pas si brique par en lui. Et alors je ne sais pas est-ce que Moïse Mmine déterr, je n'ai aucune idée. Euh mais cette ambition est assez géniale.

C'est-à-dire que voilà, vous pouvez trouver dans le livre des égarés réponse à peu près à tout. C'est pour ça que j'ai choisi ce nom-là. Et ce métierlà, bah il existe depuis la nuit des temps, hein, puisque et d'ailleurs, c'est très amusant parce qu'en fait, on sait jamais définir le le ce qui est un consultant et pourtant tout le monde fait appel à des conseils, des amis, des notaires que sais-je.

Donc c'est ce réflexe de faire appel à l'autre et de s'en remettre à quelqu'un pour avoir un avis et des solutions, il est évidemment vieux comme l'humanité. Le guide des égarés de Moïse Maimonida a influencé la philosophie juive et de grands penseurs chrétiens comme Thomas Dakin Simon, le personnage de votre roman caressa le projet de faire un guide des égarés dans le capitalisme mais l'idée disparut vite effacé par la tâche consistant à codifier le projet encaissement des caissements. Je cite votre livre.

C'est les cabinets de conseil tel qu'on les connaît aujourd'hui, eux ils datent ils sont plus récents, ils datent du 19e siècle. Est-ce qu'il y a une sorte de typologie ? C'est surtout au Royaume-Uni, aux États-Unis qu'ils sont nés.

Est-ce qu'on peut les classer selon une forme de typologie euh ces cabinets qui existent aujourd'hui dont certains dominent le marché, d'autres sont plus petits ? Alors, il y avait une typologie qui a tendance en fait à disparaître euh avec les effets de taille. C'est qu'il y avait des conseils, des cabinets de conseil qui étaient très spécialisés dans la stratégie, c'est-à-dire la réflexion sur comment allouer au mieux ses moyens pour développer l'entreprise.

Il y a des cabinets de conseil qui étaient spécialisés plutôt dans la technologie, c'est-à-dire vraiment le développement de système d'information, de codage et cetera. Il y a des il y a des cabinets conseils qui étaient un petit peu entre les deux sur des sujets très fonctionnels, des spécialistes de la logistique, des spécialistes des ressources humaines ou des finances. Mais cette segmentation, si j'ose dire, cette typologie, elle a tendance à disparaître parce que tous les cabinets comme toutes les entreprise d'ailleurs he sont obsédés par la croissance euh qui est l'alpha et l'oméga en fait de la réflexion économique aujourd'hui hein.

On ne fait rien sans vouloir grossir. Et donc à force de grossir en fait les frontières s'effacent et vous avez des cabinets de conseillant stratégie qui font de la technologie, des cabinets de conseil en management qui font de l'outourcing de système d'information et donc tout disparaît un peu au profit d'une course encore une fois à la taille qui a des conséquences aussi he sur la nature même des évidemment des prestations qu'on fait et sur la relation avec les clients. Les frontières s'effacent petit à petit, dites-vous, au sens propre aussi puisque alors c'est ce qui est écrit dans votre roman.

Je sais pas si c'est la la réalité mais il est écrit que les Américains en général divisent leur direction depuis trois plaques géographiques : Amérique, Europe, reste du monde. C'est il y a une façon de voir le monde aussi. Il y a il y a une façon de voir le monde.

Alors euh il y a il y a plein de manières suivant les cabinets, encore une fois les grandes entreprises de les trouver des des regroupements qui sont un peu différents. Effectivement, il y a grosso modo le continent américain, l'Europe et puis après il y a les pays émergents qu'on classe parfois poliment en suivant leur continent ou alors qu'on faut dans lesquels on fait un espèce de grand fourtout en disant voilà eux c'est des c'est les pays émergents et puis et puis on s'en occupe pas parce que ça fait des revenus un peu plus faibles. Et donc il y a effectivement cette vision aujourd'hui très globalisante d'un monde dans lequel en fait les pays sont une maille qui est plutôt quelque chose qui est difficile à gérer et qu'on aimerait bien supprimer plutôt que une maille qui fait sens.

Et ça c'est vraiment un mouvement et une réflexion qui existe dans toutes les grandes entreprises et c'est vraiment une des conséquences majeures de la course à la croissance que j'évoquais hein. Quand quand je disais avec plutôt le sourire de que les cabinets de conseil devaient être en ébullition en ce moment suite aux annonces de dimanche de Donald Trump, est-ce qu'on peut imaginer queils ont quelques rôles à jouer que les entreprises leur fassent appel et fassent appel à eux et et le cas échéant ? Pourquoi ? puisque on voit bien dans votre livre que à chaque fois qu'une entreprise a un problème presque d'ordre économique à régler, il ils appellent un cabinet de conseil.

Oui. Bah là effectivement c'est c'est le cas typique sur lequel les cabinets de conseil ont un rôle à jouer et sur lequel justement ce rôle al réponse est facile pour moi parce que là pour le coup le rôle est objectivement très utile parce que il y a une énorme complexité derrière ces droits de douane. Il y a énormément de régulation, il y a énormément de règles qui sont qui dépendent d'un pays à l'autre.

Donc la modélisation euh de des conséquences de ces droits de douane, elle est très compliquée et c'est vrai que les cabinets de conseil, comme ils ont toutes les informations, comme ils ont comme c'est leur métier de les gérer ces informations-là, ils ont tous aujourd'hui des modèles qui permettent de prendre des décisions. Donc c'est facile et c'est logique et c'est probablement utile effectivement de faire appel à un cier de conseil dans ces cas-là. Mais là justement, on est dans les cas très utiles et on n'est pas dans les cas euh absurdes.

Après, l'absurdité, elle est ailleurs. Et utile ou pas, c'est encore une question dont il faut débattre et on en parlera tout à l'heure dans la deuxème partie. Euh comment ces cabinets de conseil ont-ils pris la place qu'ils occupent aujourd'hui, notamment dans la décision publique et dont s'inquiétait en France le le Sénat en 2022 dans un rapport sur l'explosion des prestations de conseil sous la présidence d'Emmanuel Macron ?

La Cour des comptes à beaucoup plus récemment au mois de juin fustigé le recours au cabinet de conseil dans les collectivités territoriales. David Naï, vous restez avec nous, on vous retrouve plus tard. Merci beaucoup.

Vous écoutez France Culture, il est 8h 7h 9h les matins d'été. Julie Gacon. Nous sommes toujours avec notre invité David Naï, consultant auteur du roman satirque, le consultant aux éditions de la Gutte d'or et d'une tribune parue la semaine dernière dans le journal Le Monde.

Si un dictateur publie un appel d'offre pour ouvrir les goulagues, nul doute qu'il se trouverait des cabinets de conseil prêts à y répondre. Vous réagissiez aux révélations du Financial Times quelques jours plus tôt de ce qu'un cabinet de conseil américain, BCG, un concurrent du vôtre, il faut aussi le le préciser, à travailler à ce projet, comment dire cauchemardesque, monstrueux de Donald Trump d'une Gaza Riviera. Comment expliquer que ce cabinet et ne serait-ce qu'accepter cette mission, trouver des salariés aussi qui ont travaillé 12hur par jour pendant 7 mois pour retravailler à ce projet sur des tableaux Excel ?

Bah si vous voulez, je je peux répondre en prenant un tout petit peu de recul par rapport à ça. C'est aujourd'hui, je pense et la chronique sur l'arrêtéison était très très illustratif de ça pour moi. C'est qu'aujourd'hui, on vit dans un système euh qui refuse euh de voir euh que le cette ce projet de domination euh de l'homme sur la nature, sur tout euh sur sur le monde est une illusion.

Euh voilà. Et aujourd'hui, on le enfin il y a il y a beaucoup d'éléments qui le montrent. Et dans le même temps qu'on refuse de voir cette illusion, il y a ce rêve de domination qui continue.

Il y a l'intelligence artificielle qui en est effectivement le le sujet le le plus illustratif de ça et qui tant et plus on va dans ce dans cette directionlà, plus effectivement on voit l'homme non pas comme un humain, un être, mais comme un élément du dispositif technique. Voilà. Et donc les consultants effectivement s'inscrivent euh dans dans ce monde-là.

Et donc il y a cette perte effectivement de discernement euh qui fait qu'effectivement on regarde non pas le sujet tel qu'il est, c'est-à-dire voilà cette ces drames qui sont en train en train de se passer, cette guerre, mais aussi il y a quelques années les opioïdes, donc toute toute la maladie et ça je fais référence au sujet au scandale de Mckinzer il y a quelques années sur les opioïdes qui a aidé le laboratoire peur du pharma adopper les ventes de l'oxycontain. Donc qui a accéléré la crise des opides, qui a créé des dépendances. Voilà.

Effectivement et donc on est dans un modèle effectivement où il faut résoudre des problèmes mais la nature du problème et ce qu'il signifie et ses conséquences sur la société n'intéresse plus personne. Et donc on est dans un espèce de de réflexion totalement virtuelle. Et c'est ce que Aideer appelle cette volonté de volonté, c'est-à-dire qu'on raisonne pour le simple plaisir, si j'ose dire, de d'exprimer euh encore cette précience et cette prééminence en fait de ce système technique parce qu'on refuse de voir qu'il ne marche pas et ça donne effectivement voilà cette mission que vous que vous évoquez, ça en donne d'autres, ça donne des choses plus absurdes et plus amusantes que j'évoque dans mon livre ou que qu'on évoqué tout à l'heure.

Et donc voilà, c'est ça le le le cette écation. À quel moment ces gens, ces consultants ont perdu conscience de ce qu'ils étaient en train de faire ? Par exemple, ce cabinet pour Gaza a calculé ce que coûterait le déplacement d'un/4 de la population selon qu'on offrirait à chacun un forfait de relocalisation de 9000 dollars cash ou 5000 dollars et 4 ans de loyer.

Donc il y a vraiment des gens qui en effet ont calculé tout ça pendant 7 mois. Est-ce qu'il y a des cabinets qui refusent des missions quit à le faire en cours de route parce qu'ils se rend compte que ça n'a aucun sens ? Bien sûr mais tous les cabinets refusent y compris le le BCG.

Il y a des règles dans tous les cabinets, il y a des règles d'éthique, il y a des règles de déontologie. Mais ce qui est intéressant, c'est que à quel moment et ça arrive, voyez, la fraude, ça arrive, les les erreurs de de règlement ou de respect des procédures, ça existe. Mais ce qui est intéressant, c'est que quand ça se produit, il reste quoi ? il reste effectivement le le comportement humain.

Et c'est là que pour moi il y a le sujet très intéressant, c'est que à hauteur d'homme, à auteur de femme, auteur d'individus, qu'est-ce qui fait qu'on narrive pas à se dire ce sujet-là ne peut pas être traité de cette manière-là ? Et il y a cette espèce d'oubli de lettrre, c'est-à-dire de d'annulation complète de ce qui fait la valeur d'un individu, que ce soit sa souffrance ou son bonheur ou ses perspectives, mais pour une mathématisation, si je tire, avec un un horrible néologisme de tout. Et donc on est vraiment dans ce modèle qui réquisitionne tout, y compris les humains pour en faire du stock disponible à la consommation.

Mais c'est vrai que dans votre roman, le consultant donc c'est Simon votre double en quelque sorte, même si on espère que vous n'êtes pas de cette enance là, mais Simon lui il se perd et il ne croit plus en ce qu'il fait. C'est ce que permet la littérature de raconter quelque chose à partir d'histoire individuelle. Mais le système demeure d'une certaine façon l'existence même de cabinet de conseil.

Et là-dessus, j'ai l'impression que vous n'êtes pas d'accord et que vous pensez que certains cabinets de conseil et certaines missions sont bonnes à prendre. Or, sans aller jusque dans ces extrêmes que vous avez cité, on a beaucoup parlé en 2022 avec le rapport du Sénat mais aussi le roman Konémara de Nicolas Mathieu, du poids des cabinets de conseil auprès de l'État, des administrations, des collectivités. La Cour des comptes a pour sa part révélé ou confirmé en juin que les collectivités consacrées aux prestations de conseil, alors autour de 1 % de leur dépenses, ça peut paraître dérisoire, mais c'est bien plus que l'État, ça représente 195 millions d'euros entre 2019 et 2023.

Quelle expertise et collectivités pensent-elles pouvoir trouver à l'extérieur alors qu'on peut leur souhaiter d'avoir des des gens compétents à l'intérieur ? parce qu'aujourd'hui on est encore une fois dans ce modèle qui met en demeure d'innover, qui met en demeure de changer, qui met en demeure de produire sans se préoccuper aujourd'hui d'autres choses que de ces éléments-l. Et donc on parle de ressources humaines, de capital humain.

Donc ça c'est le mode de pensée et d'interface si j'ose dire avec le monde qui est dominant. Les consultants sont un rouage, ne sont pas un acteur, sont un rouage. Toutes les entreprises et le secteur public en est aussi tout à fait partie prenante.

Et donc pour répondre à votre question, la conséquence dans le secteur public, c'est quoi ? C'est euh un manque de personnel, c'est un manque de cadre parce qu'ils vont tous dans le privé, c'est une complexité énorme en fait de tous les dispositifs qui sont à la fois publics, privés, avec des enjeux juridiques extrêmement compliqués, des comptes de la contractualisation. Donc une énorme complexité, c'est aussi une défilance hein du politique sur la qualité euh du personnel dans dans le secteur public de son propre personnel parce que c'est plus euh sexy si j'ose dire d'aller chercher un point de comparaison à l'international et cetera et puis une marque mais que ce soit sexy, c'est quand même insupportable enfin de d'entendre ça que c'est plus sexy de faire ça à la limite que ce soit plus utile que ça apporte quelque chose mais que ce soit plus sexy.

Bah ça voilà. Mais ça vous avez encore une fois ce ce cette envie si j'ose dire du personnel politique. Et puis après, il y a un dernier élément pour moi qui est important de mentionner, il y a aussi cette pression des citoyens à avoir des résultats rapides, mesurable parce que tout le monde est dans cette philosophie du mesurable du résultat et cetera qui fait qu'à la fin euh effectivement on fait appel à des cabinets de conseil pour résoudre soit euh des manques d'équipe, soit des des des problématiques de justement d'innovation qu'on ne saurait pas ou qu'on pense ne pas savoir résoudre.

à l'intérieur de de tel ou tel service du secteur public. Et donc c'est ce dispositif là qui se met qui se met en place. Après euh donc on a supprimé du personnel, des effectifs pour finalement commander des missions qui coûtent parfois 100000 € par jour.

Oui, voilà. Mais euh est-ce que c'est au cabinet de conseil qu'il faut en faire le reproche ou est-ce que c'est aux politiques ? Et pas euh de la même façon toutes les horreurs qu'on a euh décrites depuis le début, alors celle-ci étaient spécifiquement d à des cabinets de conseil, en tout cas des commandes passées à des cabinet de conseil, mais toutes les entreprises n'ont pas besoin de cabinet de conseil pour leur souffler les pires idées.

À à ma connaissance, la Farge par exemple a décidé toute seule d'ouvrir une usine en Syrie en mettant tout son personnel en danger de mort sous le calendashnikov de Daesh. Je crois pas qu'il y a eu de cabinets de conseil dans l'histoire si j'en crois le le tout ce que j'en ai lu et notamment le livre de Justin Logie. En tout cas, un des personnages de votre roman est responsable du pôle service public du cabinet de conseil, Marwan qui est investi de sa mission transformer le service public comme s'il était une fée et les fonctionnaires des crapaux.

écrivez-vous la Cour des comptes en juin a dit que preuve n'a pas été faite que les prestations de ces cabinets de conseil donc vendu aux collectivités locales ont été utiles. Comment on mesure qu'elles ont été ou pas utiles ? Mais vous voyez, c'est c'est l'XC intéressant parce que on voit bien que le la problématique c'est pas euh un cabinet de conseil par rapport à une entreprise, un secteur public par rapport à un camion de conseil ou par rapport à une entreprise.

C'est globalement en fait ce système- làà aujourd'hui qui est un système euh encore une fois dont on refuse de voir euh qu'il ne fonctionne plus et euh le on incluant tout le monde. Euh c'est c'est c'est là le cœur du problème. Et en fait, on ne peut pas mesurer.

Et c'est pour ça que ce débat est assez peu intéressant si si je dire parce que on ne peut pas mesurer la la performance et le retour sur l'investissement de d'une prestation de conseil. C'est extrêmement difficile. Tout c'est un peu comme si vous mesuriez la performance euh du du psi que vous consultez si vous voulez.

C'est on voit bien que ça se passe dans le domaine de la confiance. Vous savez euh que ça vous a fait du bien, vous savez que ça vous ça ne vous en a pas fait, mais on ne peut pas tout mesurer. Et quand on rentre dans ces débats-là, effectivement euh euh on pourrait euh on pourrait dire ça n'a pas été utile, on pourrait faire 40 études qui montrent que au contraire ça l'a été.

Et donc en fait, c'est un débat périphérique qui refuse de voir pour moi la véritable le véritable problème qui est que encore une fois notre système de pensée de notre monde n'est pas adapté à ce qui est en train de se passer dans le monde et que les cabinets de conseil, les entreprises, les politiques refusent de traiter le problème parce qu'il est trop complexe et à résoudre dans un temps qui n'est pas le leur. H il y a un temps long pour évoquer les conséquences que peut avoir la commande à un cabinet de conseil à des prix d'or d'une mission de réorganisation au dépend des salariés d'une entreprise ou des fonctionnaires d'une administration des agents d'une administration. C'est Nicolas Mathieu dans Konemara qui raconte qui écrit les salariés continuellement ou prises avec ses soudaines réinventions ne sachant plus où ils se trouvaient ni ce qu'ils devaient faire au juste, restait toute leur vie des incompétents chroniques bisutables à l'envie et dès lors dans ses entreprises et ses administrations en perpétuelle mutation demander une augmentation devenait une démarche quasi mégalomane.

Quant au syndicat, il devait faire avec. Toujours deux trains de retard sur ces frénésies réformatrices n'ayant pour eux qu'un peu de bonne volonté, de vague capacité de nuisance et un passé glorieux qu'il chérissit comme une médaille dans un paysage en ruine. David Naï, vous qui avez écrit votre roman le consultant depuis votre rôle de consultant, même si c'est encore une fois très tout à fait caricatural, c'est une satire.

Comment vous le voyez de l'autre côté de la part de ces clients don auquels vous restez attaché néanmoins avec cette relation de confiance que vous essayez ? j'imagine au quotidien dans votre métier, mais dont on saisit, je trouve par ces mots de Nicolas Mathieu le le tous les dangers que ça fait courir à une à une cohérence, une cohésion sociale. Oui, parce que finalement, c'est ce que j'appelais tout à l'heure et pas moi, plutôt aille de guerre pour pour je pense que le la réflexion philosophique derrière, elle est importante. volonté de volonté, c'est-à-dire on est dans un système qui a atteint un tel niveau de complexité que personne n'y comprend rien.

C'estàd que vous avez des entreprises aujourd'hui et je parle des cabinets de conseil comme des entreprises qui sont présentes dans plus de 100 pays, qui ont des business modèles extrêmement différents à gérer en parallèle et cetera et cetera et ces entreprises là et je parlais du secteur public et lui-même très complexe. Donc quand on y comprend plus rien, il reste à exprimer son pouvoir pour le simple but d'exprimer ce pouvoir là. Et donc là ça donne il faut simplifier.

Non mais surtout on y comprend plus rien. On y comprend plus rien. C'est aussi ce qu'on disait hier sur l'intelligence artificielle avec Irén Ro.

Donc tout ce qui est en train de se mettre en place en fait personne n'y comprend rien. On le fait parce qu'on est payé pour. On le fait parce que effectivement encore une fois on est en train de faire des humains, c'est l'oubli de l'être.

C'est on est vraiment dans cette phase pour moi incroyablement historique de l'histoire de l'humanité où effectivement ce qu'on ce qui était des objets de pensée philosophiques, l'oubli de l'être, la technique par rapport aux humains et cetera est exactement en train de se passer. C'est-à-dire qu'on est en train de devenir un un élément du dispositif technique. Et donc vous avez aujourd'hui, moi je connais euh des dirigeants qui disent "Le bonheur ce serait de diriger une boîte avec seulement cinq employés." Mais quelle est cette définition du bonheur ?

Ça veut dire qu'est-ce qu'on fait ? Et quel est le débat qu'on a à côté sur l'enjeu de l'intelligence artificielle, les humains, les enjeux sociétal ? Il est à peu près nul.

On parle, il faut déréguler parce que ça empêche d'innover. et pour pour d'autres consultants qui pour certains quittent le conseil parce qu'il y en a des jeunes consultants qui après plusieurs années ont trouvé insupportable de se retrouver euh avec des clients qui leur demandent de résoudre un problème et eux connaissent bien moins leur métier queeux et à 25 ans 26 ans, ils doivent se retrouver à à scéner vérités qu'ils ne maîtrisent pas et qui se reconvertissent par exemple dans le bois entre autres et et surtout au loin de de toutes ces questions de de conseils. Je raconterai pas le dénouement de votre livre David Naï avec par ailleurs un très beau passage sur une discussion que Simon le consultant donc a avec son ancien beau-père qui fut tête de pont du mouvement juif libéral de France et qui le fait s'interroger ou plutôt l'insuite à à poursuivre sa réflexion sur le sens de ce qu'il fait.

Simon qui était un insupportable connard, il faut le dire bien qu'il lu des romans durs de Simon ce qui était la seule raison de le rendre sympathique à mes yeux et finalement extrêmement touchant sur la fin. Est-ce que pour autant on peut imaginer qu'il quitte le conseil ? Pourquoi il ne quitte pas le conseil ?

Pourquoi vous ne quittez pas le conseil, David Naï ? Bah lui effectivement, il est il est il est touchant parce que il finit par s'apercevoir euh de sa cruauté dans le regard des autres, de sa femme, de sa fille, de son ancien amour dont il se souvient plus pourquoi c'est son ancien amour. Euh et donc il est touchant à ce titre-là et il cherche effectivement, c'est la la discussion que vous évoquez avec le rabin, à entre guillemets se faire pardonner.

Euh et dans cette réflexion là, il finit par euh faire le même processus intellectuel qu'il fait d'habitude et qui l'emmène à une chose encore plus absurde euh que ce qu'il fait d'habitude. Donc il résout pas ses problèmes. On peut pas l'expliquer mais en gros ça concerne un chat.

Ouais. Et donc euh et donc probablement il ne va pas quitter le conseil. Après, chacun euh chacun verra la fin.

Et à la question, moi si vous me posez la question à moi, moi j'ai pas envie de quitter le conseil parce que je trouve que [Musique] partir, c'est aussi donner raison à un système qui dysfonctionne. Donc je pense que c'est bien et je parle en mon nom, je parle au nom de de j'espère de de de gens plus jeunes. On peut changer les choses.

Il faut pas il faut pas démissionner. Je trouve un peu désespérant aujourd'hui cette espèce de d'émission. J'ai on a l'impression que l'humanité a lâché l'affaire parfois sur le climat, sur l'intelligence artificielle comme si les choses se passaient.

On entend dire des trucs totalement dingues, horribles de télésurveillance. Enfin euh Trump, j'en parle même pas. et on a l'impression que bonit, on peut pas faire autre chose et et pour moi c'est pas anodin d'ailleurs parce qu'il y a d'autres systèmes de pensée.

Il y a l'art en éteint, la philosophie en éteint et c'est pasin qui est cette attaque aujourd'hui contre l'art, la culture parce que c'est c'est l'alternative en fait. Merci beaucoup David Naï d'être venu dans le studio des matins d'été de France Culture, votre roman le consultant apparu aux éditions La goutte d'or. Merci beaucoup.

Merci. Okay.