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Anasse Kazib - Roman Polanski le cinéaste intouchable ?

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Roman Polanski qui revient au devant de la scène cinématographique avec un film dont on parle beaucoup déjà, c'est J'accuse sur l'affaire Dreyfus avec notamment Jean Dujardin. Mais le voilà de nouveau cible d'accusation d'agression sexuelle, de violence, Roman Polanski. D'ailleurs on parle plus maintenant de ces accusations que du film à tel point que Jean Dujardin qui était l'invité du 20h hier soir à TF1 a annulé sa présence.

On voit bien que la promotion du film ne peut pas se faire parce qu'il y a effectivement ces nouvelles accusations. Cette fois-ci c'est Valentin Monnier, une actrice photographe qui dénonce une agression qui aurait eu lieu lors d'un séjour à Stade en Suisse en 1975 alors qu'elle venait d'avoir 18 ans. Alors pourquoi à ce moment-là, pourquoi a-t-elle décidé de parler maintenant ?

Elle dit c'est la sortie du film J'accuse qu'il a décidé à prendre la parole publiquement. « Sans J'accuse, je serais resté dans mon silence comme je le fais depuis 45 ans ». Alors Roman Polanski doit faire face déjà à des accusations venues des Etats-Unis, celle-ci maintenant qu'il dément par l'intermédiaire de son avocat.

Roman Polanski qui continue de tourner des films mais on voit bien que sa présence au César n'est pas souhaitée. Il ne peut pas quitter le territoire français parce qu'il craint d'être récupéré par les Américains. Alors est-ce que Polanski est vraiment intouchable ?

Qu'est-ce que vous pensez de cette histoire ? 3216, RMC.fr.

Pour en parler avec nous dans les GG, dans les grandes gueules. Marianne Souvray, maître Souvray. Alors s'agissant de ces accusations-là, c'est très délicat parce que c'est des faits qui seraient déroulés il y a 45 ans.

Donc ils sont juridiquement absolument totalement prescrits. Donc le fait d'en parler aujourd'hui, elle expose, elle, à des poursuites pour dénonciations calomnieuses parce qu'elle ne pourra jamais prouver en fait qu'il n'y a jamais eu de condamnation, il n'y a jamais rien eu. Donc ça va être extrêmement délicat.

Ce sera parole contre parole quoi en fait, c'est ça ? C'est surtout que parler de quelque chose qui est prescrit, si tu veux, ça peut l'exposer à des ennuis elle-même puisque l'avocat de Roman Polanski a dit qu'il réfléchissait à une suite judiciaire. Donc ça, c'est toujours délicat quand la parole arrive aussi tard.

Je ne sais pas ce qui est la vérité, ce que je sais c'est que juridiquement c'est prescrit. Sur le reste, il faut voir quand même qu'il a fait toute une carrière, Roman Polanski, où on lui a beaucoup pardonné. On lui a beaucoup pardonné parce qu'il a vécu un drame dans sa vie, puisque sa femme a été tuée alors qu'elle était enceinte.

Sharon Tate a été assassinée de façon abominable par des adeptes de Charles Manson. Donc à partir de là, Polanski est devenu cet homme qui a vécu ce cauchemar, ce drame, ce qui est vrai. Mais ce qui est vrai aussi, c'est qu'il a fui les Etats-Unis alors qu'il était l'objet de poursuites parce qu'il aurait violé une enfant de 13 ans.

Et il a fui, et il est en fuite depuis toutes ces années-là. Et depuis toutes ces années-là, en fait, il n'a jamais été extradé en direction des Etats-Unis où il aurait pu d'ailleurs s'expliquer parce qu'il a toujours dit « Non, mais je n'ai jamais fait ça, etc. » Moi j'ai envie de lui dire « Mais M.

Polanski, ça fait 30 ans, 40 ans que vous auriez dû partir aux Etats-Unis pour vous expliquer. » Et moi je trouve que ce qu'il y a de très étonnant, c'est que s'il n'avait pas eu ce talent-là, est-ce qu'il aurait eu cette carrière-là alors qu'il est poursuivi par les Etats-Unis depuis 40 ans ? Donc quand tu dis « Est-ce qu'il est intouchable ? » C'est vrai que c'est gênant quand même, c'est gênant d'avoir travaillé pendant autant d'années, d'avoir césarisé, d'avoir donné autant de prix à un homme qui n'a jamais voulu s'expliquer devant la justice pour des faits extrêmement graves.

Oui, ça me gêne. Ça se gêne. Anas Kazib.

Un public qui est grippé aujourd'hui. On t'entend plus là, tu sais Alain, si tu parles sans micro, c'est un peu le principe. Voilà, j'ai apporté une bouteille d'eau à madame qui avait un vrai souci, ça va mieux ?

Buvez un coup, sinon on vous évacue, on vous fait du bouche à bouche. Ah non mais...

On peut toujours...

Toujours volontaire. On est aussi, on est aussi. On peut se sentir mieux d'un coup, une fois que tu as dit ça, tu vois ?

Monsieur Anas Kazib. Non mais par rapport à Roman Polanski, ce que dit Marianne, c'est qu'il a été condamné. Il a été condamné, il a reconnu, il a été coupable.

Il faut savoir que c'est un viol sur une mineure de 13 ans sous sédatif et alcool. Donc enfin voilà...

Le juge est revenu dessus, il a pris la fuite quand le juge a trouvé que la sentence qu'il avait effectivement exécutée de 3 mois de prison ou un truc comme ça, un juge a dit non mais attendez, c'est pas possible. Et donc le juge est revenu sur la sentence et c'est là qu'il a pris la fuite. Donc il n'a pas de condamnation des filles.

Et son accusatrice s'a pardonné depuis. Oui. Mais cela dit, il a été condamné déjà il y a 40 ans, il a reconnu le viol, il a été accusé de viol aussi par d'autres personnes, notamment en 2010.

En 2013, moi j'ai retrouvé une citation lorsqu'il présentait son film La Vénus à la fourrure au festival de Cannes, il a dit quand même « Je pense que cette tendance à vouloir mettre les hommes et les femmes à égalité est purement idiote. Je pense que c'est le résultat des programmes de la médecine. La pilule a beaucoup changé les femmes de notre temps en les masculinisant.

Et en 2017, ce monsieur-là, il a été maître de cérémonie au César. Donc c'est un peu l'archétype, si je puis dire, de l'homme riche, puissant, avec de l'influence qui est intouchable, que la justice n'extrade pas. Il a même eu le droit à une sacrée tribune.

Il y a eu plus de 4000 signataires initiés par Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, les mêmes qui nous parlent de féminisme lorsqu'il y a la marche du disque contre l'islamophobie. Ils viennent, ils soutiennent, ils soutiennent. Mais c'est là où ils sont marrants.

C'est là où ils sont marrants, les instigateurs des tribunes pour le droit d'importuner, pour machin, pour Polanski, des gens qui reconnaissent violer des gamines de 13 ans et qui disent, Finkielkraut, il a dit, ce n'était pas un viol, elle était dans la couverture de Vogue. Vogue n'est pas un magazine pédophile. Il faut vous rendre compte de ce que c'est.

Donc oui, pour moi, il est intouchable. Et la preuve étant que ça ne changera pas, que peut-être on lui donnera demain un Oscar, un César ou quoi que ce soit pour ses films. Donc voilà.

Et la dernière chose que je voulais dire, on voit encore qu'une fois de plus, et on en parlera avec Jean-Luc Ployer, parce qu'il y a des passages sur la question du viol, que systématiquement, la victime, elle est toujours mise comme une accusatrice, en fait, menteuse, qui discrimine, etc. C'est toujours les victimes de viols qui sont au final les coupables. Tu reconnais que ça serait mieux si elle avait parlé plus tôt ?

Oui, tu l'as dit en même temps, tu as la réponse dans ce que tu dis, parce que tu dis qu'elle n'a aucun intérêt judiciaire, ni quoi que ce soit, elle ne va rien gagner. Donc je pense que si elle le fait, comme tu as dit, elle s'expose, effectivement. Rappelle-toi de cette affaire de cette dame de 70 ans, qui à un moment donné dans la presse avait révélé qu'elle s'était faite.

C'est comme ça, enfin, je pense qu'il y a des personnes qui aussi cachent ces choses, et on ne peut pas accuser, en tout cas, tout le monde n'a pas la boussole judiciaire, juridique, en se disant, ah vite, il me reste deux mois avant, après c'est trop tard. Donc quel effet, ça montre qu'il y a sûrement une vérité. La femme en question.

Joël Dagosseri. Ah non, mais sur la question du fait, est-ce qu'il est intouchable ? Oui, enfin, pour moi, c'est un...

On devrait arrêter de continuer de financer ses films, quoi, en fait, Romane Polanski. Il n'y a pas plus intouchable que ce monsieur, ce monsieur finance des films, il trouve des plus grands acteurs pour tourner avec lui, il les met de cérémonie, mais la phrase qu'Anna Sadi met là dans la bouche d'un imam, et tu vas voir, tu vas tout de suite moi applaudir ce monsieur. Donc, excuse-moi, il arrive, je ne sais pas s'il n'y a qu'en France, mais en tout cas, on a quand même une culture, des fois, quand on parle de culture du viol, c'est aussi de ça dont on parle.

Ce n'est pas seulement du fait des hommes qui sont des violeurs, ce sont aussi tout le soutien qu'ils peuvent avoir dans leur comportement, et là, on voit un soutien massif. Moi, j'ai écouté Jean Dujardin, excuse-moi, il s'empêterait dans son soutien à Romane Polanski, parce qu'il voit bien que c'est compliqué, c'est compliqué de...

Il ne soutient pas, non. Il ne soutient pas les faits qu'on peut reprocher. Mais moi, Joël, je vois que toi, tu as déjà jugé l'affaire, on n'en sait rien.

Je n'ai pas jugé l'affaire, tu ne trouves pas une clémence avec M. Polanski, tu ne trouves pas que 45 ans de...

De clémence de qui, de la part de qui, en fait ? Mais ça peut être du public, des gens qu'il finance, même de la profession. Mais de quelle clémence par rapport à quoi ?

Mais écoute, les défenseurs...

Il a été maître de cérémonie en...

Il est accusé par les Etats-Unis de choses pour lesquelles il a été...

Moi, je te parle en France. Non, mais en France, il n'est pas accusé. En fait, ce que tu lui reproches, c'est des faits qui remontent aux Etats-Unis.

Dans les années 70, il a été condamné pour cela. Ensuite, effectivement, il est parti parce que la justice est revenue sur ses affaires. Mais il avait même reconnu les choses puisqu'il avait plaidé coupable.

C'est le principe du plaidé coupable aux Etats-Unis. Et la défense que font les plus grands intellectuels, tu ne trouves pas que c'est une sorte de clémence pour ce qu'il a fait ? Non, mais parce qu'en fait, les choses se passent aux Etats-Unis dans les 70, ils ont été jugés bien ou pas.

On n'est pas des spécialistes du droit américain, mais ils ont été jugés. Il avait plaidé coupable. Et aujourd'hui, une gamine de 13 ans, ramenez ça au cinéma français.

C'est un peu rapide, c'est des raccourcis quand même. Je suis pour le pardon, la rédemption, tout ce que tu veux. Non, mais attends, mais je suis pour ça à partir du moment où la personne, effectivement, reconnaît sa culpabilité.

Et il a été coupable. Effectivement, dans cette affaire des Etats-Unis, il avait reconnu sa responsabilité. Il avait purgé une toute petite peine.

Il avait indemnisé. Et la justice américaine, qui a le droit manifestement, je ne connais pas exactement, mais ils sont revenus sur cette décision. Et c'est là qu'il a pris la fuite.

Mais moi, un homme qui est fugitif et qui, pour moi, ne reconnaît plus à partir de ce moment-là ses responsabilités. Moi, j'étais prête à tout lui pardonner si cet homme-là était allé jusqu'au bout du processus judiciaire. C'est-à-dire, effectivement, vous revenez sur la sentence.

Moi, je suis là devant vous et je réponds de mes actes. Et après, il pouvait avoir cette carrière magnifique qu'il a eue. Et ça ne m'aurait pas dérangé.

J'aurais trouvé ça très bien même. Mais le problème, c'est que la carrière magnifique qu'il a eue, il l'a eue sur une fuite. Il l'a eue sur...

Je peux mettre un petit tacle glissé à Olivier Truchot ? Vas-y, vas-y. Je vais te mettre un petit tacle glissé, Olivier.

Tu peux. Parce que je te trouve...

Mais attention, je peux sortir la carte rouge. Tu arrives à clouer au pilori, par exemple, ma Djilmé Saoudène tout à l'heure. Attends, attends, attends, attends.

Olivier, laisse le tacle glissé arriver. Tu cloues au pilori des personnes pour des tweets qui, lui-même, moi, j'ai eu l'occasion d'en discuter avec lui, qui regrettent énormément et qui, au final, c'est des conneries où il était plus jeune là-dessus, mais derrière, il est revenu là-dessus, mais il n'est pas...

Attention, où tu vas, là ? Attends, il parle des tweets quand il ironisait sur les victimes des enfants tués par Mérat. C'est une connerie sans nom.

Effectivement. C'est une connerie sans nom, mais tu le clous au pilori. Je n'ai pas clou au pilori, je n'avais rappelé ce qu'il était.

Il n'a pas été...

Ce n'est pas quelqu'un de condamné, ni quoi que ce soit, ni judiciairement, ni voilà. C'est une connerie de quelqu'un qui est sur un réseau. Là, on a quelqu'un, quand même, qui est condamné pour viol sur une gamine de 13 ans.

Tu es en train de nous chercher un peu. Ouais, mais c'était les États-Unis, c'était les années 2017. Je ne cherche pas, moi, je m'en fous.

Moi, je ne suis pas l'avocate pour l'entrée. Moi non plus. Mais moi, je pense qu'il faut condamner aussi bien les propos qui sont mauvais sur les réseaux sociaux qu'une condamnation sur les viols.

Maintenant, on n'a pas à tolérer que cette personne-là puisse être maître de cérémonie en 2017, qu'elle puisse continuer à se pavaner dans des cérémonies et dire qu'en fait...

Mais pourquoi ? En fait, tu veux le tuer, quoi. Mais pourquoi je veux le tuer ?

Pourquoi il y aurait encore le...

Mais il a le droit, il n'est pas obligé d'aller voir ses films. Mais pourquoi il y a des personnes qui n'ont plus le droit d'exercer leur métier après avoir fait une erreur et ces personnes-là sont intouchables qui se rendent aux Etats-Unis, qui fassent sa peine, qui répondent à la justice. On accepte en fait de faire des pétitions. 4 000 signataires, 4 000...

On est dans un pays de fous. On est dans un pays où on fait des pétitions pour des gens qui ont violé des gamines de 13 ans. Des gamines.

On fait des cagnottes litchi pour Balkany. Et c'est incroyable. Moi, je tombe des nues.

Je ne comprends plus ce qu'on fait en fait. C'est-à-dire qu'il n'y a plus aucune cohérence. Non, mais tu mélanges tout.

Je ne sais pas parce que tu cries fort et que tu mélanges tout, tu as raison. Je pointe simplement l'incohérence des propos des gens et de la manière dont ils ont de faire. C'est-à-dire que dès que tu as un truc, on va contanner une cagnotte, mais au final, on va refaire une cagnotte.

Dès qu'il y a une pétition, on va contanner...

Non, mais ça fait partie du même groupe pour moi. Ah bon ? Balkany, Polanski, Messa Oudène...

Enfin, c'est...

Olivier, Olivier, t'es fort dans la caricature et la démagogie. Ne sois pas démago. Tu sais très bien ce que j'essaie d'expliquer.

J'essaie d'expliquer que des personnes de pouvoir et d'influence, à un moment donné, on accepte de leur passer certaines choses. Donc, oublie Balkany, oublie Polanski, oublie qui tu veux. C'est ça, ce que je suis en train de dire qu'il y a des personnes qui, à un moment donné, avec une certaine influence...

Excuse-moi, tu parles le sujet sur l'affaire Polanski. Dans la politique...

Sur l'affaire Polanski, tu parles le sujet que tu ne maîtrises pas et tu fais ensuite des amalgames. Excuse-moi. Qu'est-ce que je ne maîtrise pas ?

Ah bon ? Tu as suivi l'affaire aux Etats-Unis, précisément, le droit américain. Tu as suivi...

Depuis quand tu t'intéresses à ce qui a été dit ? On n'est pas au procès. Enfin, je ne sais pas.

Non, mais parce que tu es procureur à Ranas. Je ne suis pas procureur. Je ne suis pas procureur, tu as des éléments.

Je te lis un article de l'Express. Ah voilà. De l'Express.

Donc l'Express, c'est quoi ? C'est Mediapart ? Qu'est-ce que c'est ?

Il a été condamné en 77, point ? Oui, depuis, il a pris, effectivement. Il a été condamné ?

Oui, il a été condamné. Dans un instant, nous verrons ce qu'en dit Lucie. Elle nous appelle du pas-de-calais.

Elle a 21 ans. Elle veut apporter, elle aussi, ses éléments dans la discussion en ce qui concerne Romande Polanski, le cinéaste intouchable. 3216 rmc.fr.

A tout de suite avec les Grandes Gueules. Les Grandes Gueules. Jusqu'à midi.

Jusqu'à midi. Les Grandes Gueules. Les Gégés, les Grandes Gueules sur RMC, RMC Story, Les Grandes Gueules avec aujourd'hui Joël Dago, série avec Anna Skazib, Marianne Soubra.

On va donner la parole à Lucie qui va intervenir dans la discussion concernant Romande Polanski. Donnez votre avis au 3216. Les Grandes Gueules.

Bonjour Lucie. Bonjour. Déjà, je voudrais rectifier pour dire que je viens de Haute-Marne et pas du Pas-de-Calais.

Excusez-moi, pardon. La petite erreur sur votre fiche. Désolée, c'est réparé.

Haute-Marne, Lucie. Allez-y. Voilà, donc je voulais dire que déjà, on parle d'un violeur en série.

Donc ça ne serait pas un cinéaste, ça serait un homme lambda. On devrait trouver que c'est une honte qu'il ne soit pas en prison. Il faut faire attendre.

Allez-y. Il y a quand même, je pense, qu'il a déjà reconnu certains viols et un viol et que quand même c'est un acte très grave et qu'après l'air Balance ton port, MeToo, je pense quand même qu'on pensait que les mentalités avaient changé en France mais on voit qu'en fait, pas vraiment puisque c'est toujours quelqu'un qui est intouchable et c'est bien ça le problème. Lucie, attention quand même, attention parce qu'il y a eu un fait pour lequel il avait reconnu sa culpabilité et sur lequel aujourd'hui il est en fuite parce qu'effectivement les Etats-Unis étaient revenus sur la condamnation qu'il trouvait trop légère.

Sur les autres, il n'y a jamais eu de procès et de culpabilité reconnus et ni même de choses reconnues par Roman Polanski. Donc il ne faut pas parler de violeur en série, certainement pas. Tout ça, il faut faire attention.

C'est des accusations mais je suis pour que les accusations ne remettent pas en cause la parole des victimes. C'est déjà très très dur de parler quand on est victime d'un viol. Je pense que moi je suis pour cette école-là en tout cas donc on ne remet pas en cause la parole des femmes.

ça c'est pas possible. C'est pas possible. C'est pas possible.

Pour des actes de pédophilie, c'est déjà des actes assez graves et pour lesquels un homme lambda devrait être en prison. Et je pense qu'on doit arrêter de dissocier la personne et l'artiste. Ça n'est pas possible si vous voulez de partir du principe que toutes les accusations sont vraies.

C'est impossible parce que sinon vous n'êtes plus en France et vous n'êtes certainement pas dans un système judiciaire qui marche bien. des accusations peuvent être fausses. Des accusations qui arrivent quand les faits sont prescrits n'existent pas.

C'est-à-dire vous pouvez très bien dire un tel m'a violé il y a 40 ans à partir du moment où c'était il y a 40 ans mais ça n'existe pas. Je veux dire il n'y aura jamais aucune poursuite, rien du tout. Donc le problème c'est pourquoi est-ce que ça arrive si tard ?

Peut-être qu'effectivement il y a un problème de la parole des victimes qui se libère plus tard. C'est vrai. Mais aujourd'hui on en est là.

C'est compliqué de prendre la parole pour un viol et encore plus de prendre la parole quand le violeur en question c'est un homme aussi affluent et qu'on sait infligable. Je ne suis pas d'accord non plus parce qu'attention ce temps-là qui dit que c'est assez long ça peut être l'inverse. Ce que vous dites peut être exactement on peut le dire exactement à l'opposé dire aussi on l'accuse parce que c'est Romane Polanski.

Donc attention il y a peut-être du vrai mais il y a peut-être du faux aussi. Je veux dire là on est dans des trucs où personne ne pourra jamais le dire puisque c'est prescrit de toute façon. Donc ne partez pas du principe que si elle l'accuse parce que c'est forcément vrai parce que c'est tellement dur d'accuser Polanski je peux vous répondre non en fait c'est tellement facile d'accuser Polanski aussi.

Donc les deux s'entendent. Non ça dépend de qui s'il y a des gens qui veulent en finir avec leur carrière ils ne le feront pas. On peut dire aussi quand même que c'est pas normal qu'on tolère ça qu'on regarde ses films parce que c'est cautionner ses actes d'une certaine façon quand on va au cinéma et qu'on paye 8 euros et qu'on sait qu'il y a une partie de cet argent qui va aller à Romane Polanski pour moi et si plus personne ne va voir les films de Romane Polanski il n'en sortira plus.

Et c'est aussi c'est un acte qui croyait à continuer de refuser ça. Ça changera quoi Lucie pour vous en fait ? Je pense que c'est une façon de cautionner.

Les gens qui vont voir un film de Polanski cautionnent. Moi je vais vous parler de Bertrand Cantat par exemple qui a d'urgence à peine. J'écoute Noir Désir donc c'est un très bon point.

Vous cautionnez alors Lucie. Je n'ai jamais acheté un album de Noir Désir maintenant. Mais quand vous l'écoutez vous cautionnez ?

Je l'écoute de façon parce qu'il n'y a aucun argent qui lui revienne. Non mais Lucie Bertrand Cantat pour moi c'est un homme qui a purgé sa peine et comme il est musicien ça ne me dérange pas et je trouve ça normal qu'il ait repris sa vie de musicien parce qu'il a purgé sa peine. C'est une chose différente par rapport à Polanski où on peut s'interroger sur le fait de savoir s'il a vraiment purgé sa peine ou pas.

Et ça c'est pas normal c'est que il doit faire sa peine on ne peut pas laisser impunis les actes qu'il a fait. Ouais Lucie à travers ce que vous dites et ce que je regardais sur internet rmc.fr les réactions vont assez dans votre sens tout du moins pour ceux qui écrivent je ne sais pas si c'est le reflet de ce que pense l'opinion mais à partir du moment où ça avait été porté à la connaissance c'est-à-dire que la justice américaine faisait appel qu'elle estimait que la sanction n'avait pas été assez lourde pour Polanski et qu'il est parti dans l'ensemble de ce que je peux dire c'est on a quand même continué de financer un fugitif qui aurait dû rester aux Etats-Unis et purger sa peine.

Ce qui gêne en fait c'est ça et qu'il ait continué à avoir les honneurs les financements tout en sachant que c'était un fugitif même si ensuite ça personne n'obligeait à aller voir les plus volants c'est parce que les gens ont été voir ses films oui non mais ça c'est facile de mettre systématiquement de jeter la culpabilité sur les gens tu bois du coca alors l'évasion fiscale il faut arrêter ça ce ne sont pas les gens qui sont coupables ou responsables de quoi que ce soit on peut s'interroger quand même sur le fait que quelqu'un qui est condamné pour viol sur une gamine de 13 ans sous sédatif et sous alcool il fuit depuis 40 ans et il se balade il est là il se pavane il fait des selfies et toi tu serais condamné dans n'importe quel autre pays on dirait mais attendez mais lui il est là il est sur le plateau des GG une fois par semaine et il est condamné mais ça fait 40 ans qu'il est là il est sur votre plateau donc une fois que quelqu'un est condamné il n'a plus jamais le droit de parer il va purger sa peine point barre il est condamné encore une fois s'il se trouve très véhément très véhément très péremptoire sur une affaire que tu ne connais pas excuse-moi mais il a été condamné je n'ai pas besoin de connaître quoi que ce soit il n'y a pas besoin pour dire n'importe quoi c'est vrai Olivier excuse-moi au courant qu'il ne s'est pas présenté devant la justice américaine alors qu'il est flamblé ça c'est d'accord on est d'accord parce qu'il dit il est en train de parce qu'il dit parce que vous êtes français je me trouve à défendre Polanski donc je n'ai aucun intérêt à défendre Polanski je ne suis pas son avocat il a d'ailleurs un excellent avocat c'est maître Temim mais vous êtes tellement excessif et tellement dans la hargue lui il a toujours dit qu'il avait reconnu les faits qu'à l'époque il était victime de l'acharnement d'un juge américain on est dans l'année 70 et ce juge américain faisait porter à Polanski tout le procès qu'on pouvait faire à l'époque des artistes etc aux Etats-Unis qu'il a reconnu 45 ans après vous êtes là à être là aussi hargneux mais pourquoi il n'y va pas mais c'est son problème mais c'est à rien Olivier Truyer c'est son problème vous n'êtes pas obligé d'aller voir ses films je ne vois pas le problème laissez ses films tranquille je comprends très bien Olivier tu déplaces le problème on n'est pas obligé de lire les bouquins de Céline on n'est pas obligé de voir les films de Polanski mais si c'est exactement ça mais si c'est ça personne ne vous oblige à aller voir les films de Polanski mais ça fait 45 ans qu'il fuit c'est pas normal pour toi que cette personne là soit pas mais c'est son problème c'est lui avec sa conscience mais c'est normal que nous on finance ses films c'est normal qu'on accepte qu'en fait qu'il n'est là il n'est pas du tout mais non on finance rien du tout on finance que la SNCF en France on ne finance pas c'est sûr qu'il n'y a aucun financement c'est sûr qu'il n'y a aucun avec la SNCF qui pose des problèmes c'est lui que c'est sûr il y a un train en retard il faut privatiser Polanski ça fait 45 ans dépasser films arrêtez non mais arrête je suis dans la démagogie parce que t'es pas dans la démagogie t'es démagot Olivier pour financer un film il faut il y a du financement public excuse moi pour financer un film t'es sûr qu'il n'y a pas un denier public il n'y a pas un denier public dans ces films je ne suis pas certaine il y a du financement public ce n'est pas du financement privé uniquement dans ces films donc ça veut dire que oui on finance l'état finance Polanski et donc l'état soutient un fugitif oui mais oui mais c'est ça non mais attends il y a une chose il y a une chose quand même qu'on peut rapprocher peut-être de l'actualité récente c'est à dire que Christophe Rugia qui est accusé par Adèle Hanel il a été radié de l'association il a été radié de l'association française des réalisateurs c'est ça il a été viré tout de suite Polanski au regard mais je pense que c'est quoi cette justice médiatique c'est sur les réseaux sociaux on est dans un pays on est dans un état de droit c'est pas ce que je dis je pense qu'effectivement au regard du drame de la tragédie qu'il a vécu de ce qui était lui aussi son parcours personnel si tu veux il a beaucoup pardonné voilà il a fait l'objet d'une certaine mansuitude de la part il s'était barré des Etats-Unis en plus ça permettait de faire un bras d'honneur je pense aux autorités américaines et je pense que les français ou l'intelligentsia du cinéma français s'est dit vous voyez nous nous protégeons Polanski alors que les américains veulent l'embastiller le remettre en prison alors c'était effectivement un fugitif donc il a quand même bénéficié d'une certaine c'était les années 70 mais il a bénéficié d'une certaine mansuitude quand même si tu veux je pense de l'intelligentsia du cinéma français au-delà au-delà du roman de Polanski et de ce qui est tu as fait le parallèle avec Adèle Hanel oui et Christophe Ruger sur son interview sur les médias je la trouve formidable parce qu'elle ne met pas la culpabilité uniquement sur une personne mais elle parle aussi d'un système et c'est ce que un peu disait l'auditrice aussi Lucie c'est-à-dire que Lucie et tout à l'heure on en parlera un peu plus avec Jean-Luc Ployer mais il écrit le viol est sans doute en France le crime qui reste le moins souvent puni qui montre qu'il y a un système c'est-à-dire qu'on a le droit de s'interroger au-delà de Roman Polanski moi j'ai pas de plus on en parle on fait 40 minutes sans Roman Polanski on est obligé un peu de trouver deux trois trucs à dire mais le problème il est aussi systémique il est qu'il y a des personnes qui sont victimes de viol souvent ce sont dans l'entourage proche la plupart des viols il faut savoir quasiment 90% c'est soit c'est un parent proche un oncle un père ou un frère d'accord il faut le savoir si on est d'accord avec ça mais quel est le rapport avec la discussion si on peut essayer d'ouvrir un peu la discussion autour des personnalités qui peuvent utiliser leur influence il y a Polanski mais il y a aussi vous savez avec l'avion les mannequins etc oui Weinstein celui qui s'est suicidé il y a quand même dans le milieu de l'événement il y a quand même dans le milieu artistique etc il y a des choses maintenant coupable ou pas coupable on a le droit de discuter mais Anas tu es d'accord que ce qui est quand même important dans l'état de droit c'est la justice Adèle Hanel formidable elle parle ça aurait été mieux qu'elle aille voir un juge et qu'elle exprime ce qu'elle avait à dire sur le juge non elle a dit qu'elle ne voulait pas parce qu'elle n'avait pas confiance à la justice ce qui est à poser un problème c'est qu'on balance un nom ce réalisateur que tout le monde connaît qui visiblement aujourd'hui est déjà exclu de son milieu moi ça me gêne un peu merci à Lucie d'avoir été dans notre discussion et Caroline aussi veut apporter des éléments bonjour Caroline Caroline bonjour oui bonjour à vous bonjour qu'est-ce que vous en dites Caroline moi je suis extrêmement choquée je suis choquée depuis des années j'ai été maquilleuse je travaillais avec des photographes de mode et des mannequins extrêmement jeunes parce que je m'étais un peu spécialisée dans la beauté donc les mannequins elles avaient 15 ans 16 ans 17 ans elles débutaient elles étaient souvent étrangères et à l'époque je vous parle des années 85 entre 85 oui à peu près il y avait des soirées très chiques dans les boîtes à Paris et carrément les agences de mannequins disaient aux filles on vous emmène dans les soirées et j'ai carrément entendu une bouqueuse dire celle-là elle a 15 ans elle va plaire à Romane j'avoue que moi j'étais plus âgée et que j'ai été extrêmement choquée parce qu'on savait ce qui s'était passé aux Etats-Unis et dans un certain milieu parisien effectivement artistique voilà on lui fournissait des jeunes filles c'est extrêmement choquant pour moi je trouve ça pitoyable et que monsieur a continué d'évoluer sans que personne ne réagisse à ça alors il faut être prudent aussi dans ce qu'on bah oui bien sûr pour ce genre de soirée et ce qui s'y passe et autre mais bien sûr on a changé on a sûrement changé d'époque notre regard était très complaisant à l'époque et il ne l'est plus aujourd'hui heureusement là aujourd'hui si vous voulez le problème c'est que tout ça date d'une certaine époque et tous les faits aujourd'hui sont prescrits déjà alors en racontant ce qui pouvait se passer s'est diffamé aussi une personne et comme le disait Marianne j'entends ce que vous dites mais c'est nul c'est pas quelque chose que j'ai inventé monsieur je ne sais pas si vous l'avez inventé ou pas il faut faire très attention de toute façon donc il faut faire très attention à tout ce qu'on déclare surtout quand on désigne quelqu'un qui a les moyens en termes d'avocat etc de répondre par la justice sur des faits prescrits sur des choses des on-dit ou des choses qu'on ne peut pas prouver il faut être très prudent merci on n'a plus le droit de rien dire ça que moi je trouve mais c'est pas ça c'est que si ça tombe on te met toujours l'épée de Damoclès au-dessus de la tête si tu n'as pas du pognon c'est là où on voit que la justice elle est crée ça n'a rien à voir avec le pognon Anas il vient de dire une vérité c'est-à-dire que lui il a une armada ça veut dire que même toi si tu as besoin de te défendre lorsque tu es une maquilleuse dis les avocats qui se mettent sur toi et ben voilà c'est pas ça c'est que si tu accuses quelqu'un c'est normal que cette personne ça n'a rien à voir avec le pognon puisse se défendre c'est qu'il faut faire attention aux propos qui sont tenus parce que ça peut être des propos qui sont diffamatoires je ne sais pas ce que nous raconte la Caroline c'est possible ou pas on doit simplement être prudent pour des questions d'ordre législatif et c'est tout et judiciaire je pense qu'elle est consciente de ce qu'elle dit elle dit ce qu'elle dit après si elle se fait attaquer elle se fait attaquer mais bon on a le droit aussi de montrer à un moment donné que la manière dont la justice elle est faite il faut savoir que par exemple les femmes victimes de harcèlement en entreprise d'accord 1% seulement arrivent à faire condamner les gens vous savez parce que vous n'avez même pas le droit de devouiller les textos vous savez l'avocat du travail juste raconte 30 secondes cette fois l'avocat du travail il a dit on avait les textos du patron qui harcelait la salariée et tu sais ce qu'il a dit le juge il a dit ouais mais c'est de l'ordre privé ça ne peut pas rentrer dans le cadre du jugement d'accord donc tu ne peux pas prouver en fait quand quelqu'un t'a mis une main une main aux fesses quand quelqu'un t'a dit j'ai envie de toi ou ceci ou cela tu ne peux pas le prouver si la personne te harcèle donc il y a des difficultés en plus de ça on leur ajoute prescription machin les armadas d'avocat la justice messieurs dames et les deux classes aussi dans un instant les tendances GG restez avec les grandes gueules merci à Caroline en direct sur RMC RMC Story les grandes gueules