La grande interview : Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05OuverteÉludée
Qu'attendez-vous de lui ? Rien ou pas grand-chose
- 1:51OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est audible dans une population qui est tellement en souffrance ?
- 3:22RelanceRéponse directe
Mais là, la réponse qu'on entend systématiquement et de la part du gouvernement et sans doute d'Emmanuel Macron, ce n'est pas de ma faute, la flambée des prix du carburant, ça se passe à l'extérieur, à l'international, c'est la guerre en Ukraine, c'est la guerre en Iran, le blocage des trois normaux, nous n'y sommes pour rien.
- 5:14ComplaisanteRéponse directe
Emmanuel Macron va aussi s'exprimer sur ce qui se passe à l'international. Il va sans doute revenir sur la menace russe, la menace hybride qui nous vise, selon lui, un secte de nombreux pays alliés. Il a raison d'agiter en permanence cette menace. Elle existe pour nous.
- 6:12OuverteRéponse directe
Jusqu'où est-ce qu'on va ?
- 7:02OuverteRéponse directe
Les Français, eux, ils vous disent, ok, très bien, vous nous parlez de la Russie, vous nous parlez de la fin du monde, nous, on vous parle de la fin du mois. On vous parle de nos problèmes du quotidien.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Il faut entendre les gens, il faut entendre... Quand j'entends son mini... M. Lescure expliquer qu'avec 2 000 euros par mois, on vit bien. »
- 1:11Invité politiqueFait
« Un narcissisme absolu. Au fond, la seule chose qui l'intéresse, c'est lui. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Avec quoi ? »
- 2:54Invité politiqueFait
« on paye des intérêts tellement importants, demain, les gens finiront par plus nous faire confiance, en se disant, on sera plus capable, on, la France, de leur rembourser ou de faire face à nos échéances »
- 3:47Invité politiqueFait
« Mais nom de Dieu, qui c'est qui voulait fermer les centrales nucléaires ? »
- 4:06Invité politiqueFait
« ils ont prôné des choix absolument sidérants d'erreur. »
- 4:20Invité politiqueFait
« Moi, j'ai armé ma police municipale, j'étais le facho de service, alors maintenant ils le font tous »
- 6:05Invité politiqueFait
« d'étendre son pays, quoi qu'il en dise. »
- 6:36Invité politiqueFait
« Je connais la corruption, parce que je suis allé, je ne sais pas, 15 fois ou 20 fois avant ça, la corruption endémique qui règne dans ce pays-là depuis très très longtemps. »
- 8:52Invité politiqueFait
« Vous avez vu, maintenant, M. Barrault, il a inventé que sévir, ça voulait dire gouverner. »
- 10:08Invité politiqueFait
« Redire, redire, parce que le négationnisme est à l'œuvre dans notre pays, comme dans le monde entier. »
- 18:13Invité politiquePromesse
« Il avait dit, on va mettre en place, si vous vous rappelez, une banque de la démocratie. »
Temps de parole
- Robert Ménard80 %
- Présentateur18 %
- ?2 %
≈ 16,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Robert Ménard. Bonjour à vous.
Bonjour à vous.
Maire de Béziers, le président de la République, Emmanuel Macron, va s'exprimer ce soir, vous le savez, à la télévision, alors que le mois d'octobre s'annonce tendu les débats sur le budget, les appels à manifester le 17 octobre contre la vie chère. Qu'attendez-vous de lui ? Rien ou pas grand-chose
? Qu
'est-ce que j'attends de lui ? D'abord qu'il ne raconte pas des cracks, ce serait déjà une bonne chose. On a vu à l'Assemblée nationale des Nations Unies ce qu'on peut comme mensonge, qui disent la vérité aux gens.
Moi,
je ne suis pas de ceux...
Il n'a pas fait
depuis
9
ans ? Non. Il a une vérité changeante, c
'est
le moins qu
'on
puisse dire. Il faut dire aux gens, il ne
faut
pas leur faire des promesses, et il n
'est
pas le seul à le faire, que tout le monde sait qu'elles ne seront pas tenues. Il faut entendre les gens, il faut entendre... Quand j'entends son mini... M. Lescure expliquer qu'avec 2 000 euros par mois, on vit bien. Enfin, il vit où, M. Lescure ? Il vit où ? Où ? Il a vu, il gagne 2 000 euros.
C'est du mépris pour les Français
? Ah mais attendez, un des reproches principaux... Je ferai deux reproches au chef de l'État. Un narcissisme absolu. Au fond, la seule chose qui l'intéresse, c'est lui. Et la deuxième chose, c'est
au
minimum une méconnaissance de la vie des gens. Moi, je les vois tous les jours, les gens, je vois leurs difficultés. Ou un mépris vis-à-vis des gens. Et on passe vite de la méconnaissance au mépris. Écoutez-moi, tous les jours, je vous jure sur la tête de mes enfants, tous les jours, j'ai des gens qui viennent me voir avec des histoires. Tu te dis... Et puis, tu es impuissant. Tu te dis... Qu'est-ce que tu leur réponds ? Alors, on ne
va
pas leur dire, on va tout augmenter, le SMIC, je ne
sais
pas quoi, parce que ce n
'est
pas vrai. Mais au moins, on essaye d'être attentif à
eux.
Moi, j'attends qu'ils soient attentifs et humbles. Humbles. D'accord.
Il y a eu des aides annoncées cette semaine pour tenter de contenir la flambée des prix du carburant, aides aux gros rouleurs un peu étendus, aides aux pêcheurs. Est-ce que c'est suffisant ? Est-ce que c'est audible dans une population qui est tellement en souffrance ?
Bien sûr
que ce n
'est
pas audible. Bien sûr que si j'étais un démagogue, et si vous répondez comme un homme politique traditionnel, vous
savez,
je vous dirais, ah non, il faut donner plus à tout le monde. Il
faut
baisser des taxes. Vous les payez avec quoi, madame
?
Avec quoi ? Moi, je vois, on a aidé des pêcheurs, l'agglomération que je préside, mais on a radonné, c'est des petites sommes, parce qu'on n'a pas plus d'argent que l'État. Et en même temps, les marins pêcheurs, le gazoil,
c
'est tellement important dans leur budget, ils sont au bord de la catastrophe. Qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous faites sérieusement ? Moi, je crois que dire aujourd'hui, on va faire des aides généralisées, est
une
folie douce. Il faut choisir.
On n'a plus le
luxe de faire
ça.
On n'a plus les moyens, on les a eus à un moment donné, mais la situation économique, elle est tellement désastreuse, on doit tellement d'argent à tout le monde, on paye, parce que c'est ça la réalité, on paye des intérêts tellement importants, demain, les gens finiront par plus nous faire confiance, en se disant, on sera plus capable, on, la France, de leur rembourser ou de faire face à nos échéances, tu ne peux pas tout promettre. Il faut choisir des choses ciblées. Quand tu es dans l'opposition, et tous les autres sont dans l'opposition, et on est en campagne électorale, évidemment, tu peux promettre ce que tu veux, ça ne coûte rien.
Après, au mois de mai, si tu es élu, tu pourras toujours dire que, tu ne savais pas que c'était si catastrophique que ça.
Mais là, la réponse qu'on entend systématiquement et de la part du gouvernement et sans doute d'Emmanuel Macron, ce n
'est
pas de ma faute, la flambée des prix du carburant, ça se passe à l'extérieur, à l'international, c'est la guerre en Ukraine, c'est la guerre en Iran, le blocage des trois normaux, nous n'y sommes pour rien.
Mais attendez, bien sûr qu'ils y sont pour quelque chose. Je prends un domaine, hier, j'entendais des débats, parce que ce n
'est
pas lui qui dit ça, sur le prix de
l
'électricité. Mais nom de Dieu, qui c'est qui voulait fermer les centrales nucléaires ? Parce que ça, ils ont tout changé. Mais vous vous rappelez, on a un peu de mémoire. Vous, moi, ils étaient, alors c'est Fessenheim, et puis dans la foulée, on allait tout arrêter. Ils ont quand même, avec un délire d'écologie punitive, d'écologie tout court, folle, furieuse, qui se transforme en quelque chose contre les gens, ils ont prôné des choix absolument sidérants d'erreur. Alors aujourd'hui, ils te disent, mais enfin c'est pareil, on pourrait en parler, l'immigration,
ils
disent, c'est vrai que c'est un problème. Mais Coco, tu te faisais traiter de facho quand tu disais que l'immigration est un problème. Moi, j'ai armé ma police municipale, j'étais le facho de service, alors maintenant ils le font tous, mais je peux accumuler, pas que dans le domaine économique, le nombre de choses où aujourd'hui, ils te disent exactement le contraire. Le problème, c'est que tu as des candidats aujourd'hui qui étaient responsables de ça et qui te font croire ou voudraient te faire croire.
Tous
ceux
qui
sont liés à la Macronie, c'est ça ?
Attendez, bien sûr, c'est un problème. Parlez d
'Édouard Philippe, Gabriel Attal.
Moi, je n'ai pas d'opposition aux gens, mais quand même, tu ne peux pas dire, ou alors il faut vraiment faire un mec ou pas en expliquant, je me suis trompé sur ça, ça, ça et ça. Mais il faut le dire que tu t'es trompé. Il ne
faut
pas faire une espèce de pirouette pour retomber sur tes pattes. Tu ne peux pas. Ils sont responsables, pas qu'il y
a
la situation internationale et tout, mais un certain nombre de choix qu'ils ont faits sont des choix désastreux. J'ajoute, la droite avant et la gauche avant sur les 40 dernières années. Je ne
sais
pas si c'est beaucoup mieux.
Emmanuel Macron va aussi s'exprimer sur ce qui se passe à l'international. Il va sans doute revenir sur la menace russe, la menace hybride qui nous vise, selon lui, un secte de nombreux pays alliés. Il a raison d'agiter en permanence cette menace. Elle existe pour
nous. Mais bien sûr
qu'elle existe. Vous avez vu ce que je peux dire à l'instant de lui. Sur les choix économiques, sur tout, vous voyez, les décisions financières et tout. Dieu sait que je peux être critique. Mais sur l'international, il a plus raison que les autres. Attendez, pardon, il y a une vraie menace.
Vous
ne voulez pas la voir ? Enfin, vous, ça ne
va
pas vous. Je vous
pose la question.
Non, mais je sais bien, je ne
sais
pas. Le vous est un vous général. En France, on ne veut pas le voir. Enfin, attendez, il y
a
un pays qui en a envahi un autre qui est dirigé par un type qui rêve, je parle de M. Poutine, d'étendre son pays, quoi qu'il en dise. Et nous, on est en train de pinailler en disant, non, pas vraiment. Bien sûr que c'est... Donc, c'est aide inconditionnelle à l'Ukraine, militaire,
financière.
Jusqu'où est
-ce
qu'on va ?
Écoutez, jusqu'à les protéger. Mais vous croyez... Jusqu'à entrer
en guerre
? Attendez, non, je ne
vais
pas dire les protéger. Ils ne nous demandent pas d'entrer en guerre à côté d'eux. Ils nous demandent de leur fournir des armes et de leur donner de l'argent qu'en particulier, il
y a
de
l
'argent russe qui est bloqué dans des banques, on n'a qu'à l'utiliser pour les aider. Mais attendez, vous croyez qu'ils se battent que pour eux
?
Enfin, attendez, moi, je connais les faiblesses du régime, le régime ukrainien. Je connais la corruption, parce que je suis allé, je ne
sais
pas, 15 fois ou 20 fois avant ça, la corruption endémique qui règne dans ce pays-là depuis très très longtemps. Je le sais, ça. Reste qu'entre eux, avec tous ces défauts-là, et un pays impérialiste dangereux qui ne rêve que d'en finir avec eux et demain avec d'autres, je choisis, madame,
vous
choisissez
dans la vie.
Les Français, eux,
ils
vous disent, ok, très bien, vous nous parlez de la Russie, vous nous parlez de la fin du monde, nous, on vous parle de la fin du mois.
On vous parle
de nos problèmes du quotidien. C
'est parce
qu'il faut dire les deux choses. Et l'argent, on en a
besoin. Il faut dire les deux choses. C'est trop facile, c'est d'une démagogie absolue, de raconter, ah mais écoutez, on donne de l'argent aux Ukrainiens, on ferait mieux de vous
le donner à vous. Ce que font nombre de
candidats, d'ailleurs.
Plein de candidats, très à droite et très à gauche, qui vous disent ça aussi. C'est une saloperie de dire ça. Ils se font tuer pour nous. Tu ne peux pas faire des discours sans arrêt sur les droits de l'homme, la démocratie, je ne sais pas quoi encore, les libertés, et ne pas comprendre qu'aujourd'hui,
il
y a des gens qui, à 2000 kilomètres d'ici, se battent pour ça, madame. Se battent pour ça. Pardon, vous êtes journaliste. Le débat qu'on a ici, vous ne l'auriez pas à Moscou. C'est ça la réalité. C'est ce qu'il faut dire. Et quand j'entends certains de vos confrères avoir de la tendresse pour M. Poutine, mais Coco, tu ne ferais pas le débat, tu ne pourrais pas critiquer M. Poutine à Moscou, c'est ça la réalité. Mais comment on n'entend pas ça ? Mais c'est tellement facile de dire aujourd'hui, écoutez, on ne
va
pas donner de l'argent à ces gens dont on se contrefoue, gardons-le pour nous. C
'est
scénique, c'est dégueulasse, et c'est un mauvais calcul.
Emmanuel Macron a parlé hier à l'Assemblée, avant-hier, pardon, à l'Assemblée Générale des Nations Unies. Il a vivement critiqué Israël. Il s'est attiré, d'ailleurs, la colère d'Israël, puisqu'il a dit que le Hamas ne sévissait pas sur le territoire de la Cisjordanie. Est-ce que vous comprenez que cette phrase était ainsi prononcée par le président de la République ? Est-ce que c'est une faute politique
?
Bien sûr, c'est un mensonge. Un mensonge absolu.
Un
mensonge absolu. Il n
'y
a pas de discussion sur ça. Vous avez vu, maintenant, M. Barrault, il a inventé que sévir, ça voulait dire gouverner. Je ne savais pas. Je crois que c'est votre métier, quand vous dites gouverner à sens, et sévir,
c
'est pas... D'abord, c'est un mensonge absolu.
Depuis,
sur le conflit israélo-palestinien, M. Macron, il a dit une chose, et exactement son contraire. Vous pouvez critiquer M. Netanyahou, et je ne suis pas un ami de M. Netanyahou, sans mentir sur Israël. Pardon, c'est des truismes que je dis là.
Où
est la seule démocratie
dans
le Moyen-Orient ? Là. Où est la seule endroit où il y a une vraie liberté de la presse, en dehors d'Israël ? Où il y a une opposition qui critique, dans des termes terrifiants, M. Netanyahou, en Israël ? Attendez,
et
vous mentez comme ça. Le Hamas, il n'est pas présent. Qu'est-ce qu'il a envie de dire demain matin que le Hamas, c'est des seins qui
sont pénétrives ? Des dizaines de morts
sont imputées au Hamas. Mais
bien sûr. En
Cisjordanie.
Attendez,
et
attendez. Juste, c'est comme avec la Russie.
Le
7 octobre, qui
tue
d'abord ? Qui tue d'abord ? Le Hamas ou Israël ? Oui, mais il faut redire ça. Redire, redire,
redire.
Parce
que le
négationnisme est à l'œuvre dans notre pays, comme dans le monde entier. Oui, mais c
'est exactement pareil. Vous vous rappelez, il
y
a l'intervention des Russes en Ukraine. Au début, quand même, tout le monde hurle. Quand même, c'est salaud de Russes et tout ça. Petit à petit, on dit le contraire. Mais sur Israël, c'est pareil. Le 7 octobre, tout le monde est du côté israélien, évidemment, en disant, regardez ce qui s'est passé. Mais avec les années qui passent, avec, c'est vrai, des images terribles sur ce qu'il y
a
à Gaza, maintenant, on renverrait dos à dos. Il y aurait un pays, il y aurait au fond, le Hamas, ce serait terrible. Mais de l'autre côté,
il
y aurait des génocidaires avec un génocidaire en chef qui est M. Netanyahou.
Et on justifie
ainsi l'antisémitisme.
Mais bien sûr, parce que ça nourrit l'antisémitisme. Vous savez, quand les gens, c'est pareil sur le complotisme. Vous savez, quand les gens vous disent, oui, il y a des gens qui tirent les ficelles derrière nous et tout, ça finit par être les Juifs en cinq minutes. Bien sûr que ça se nourrit. Il n'y a pas de différence. Aujourd'hui, aujourd'hui, nier l'État d'Israël comme le font un certain nombre de choses, c'est être pas anti-sioniste, être anti-sémitique.
Robert Ménard,
autre sujet. Dans une semaine, vous serez jugé devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour avoir refusé de marier un Algérien sous OQTF. Vous risquez, je le rappelle, 5 ans de prison, 75 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité,
c
'est-à-dire de perdre votre siège de maire. Cet homme a officialisé hier son union en Algérie. Son mariage, donc, avec une ressortissante française a été transcrit dans les registres français de l'État civil. Quel est votre état d'esprit ce matin ? Qu'est
-ce
que ça change ?
Ça ne change rien du tout. C'est ma ville qui lui a fourni tous les papiers pour se marier en Algérie. Moi, je ne me suis jamais prononcé sur l'histoire d'amour. Je n'en sais rien et ce n
'est
pas mon affaire. Moi, ce n
'est
pas un mariage blanc ou gris. Ce n
'est
pas ça qui me pose problème. Ça, c'est la justice qui a dit ça. Moi, j'ai juste dit, écoutez, madame,
vous
me recevez, vous êtes maire et vous recevez quelqu'un dont l'État vous explique qu'il ne doit pas être en face de vous, qu'il doit être renvoyé dans son pays. Et on me demande à moi de le marier. Mais enfin, c'est à tomber sur la tête. Ce garçon, ce n
'est
pas moi qui ai décidé de délivrer une obligation de quitter le territoire français. Ça s'appelle obligation de quitter le territoire français. Ce n
'est
pas moi qui l'ai fait, c'est l'État. L'État n'est pas capable de les mettre en œuvre. Moi, j'appelle le préfet, le sous-préfet, le ministre. Ils disent, attendez, vous n'allez pas me mettre dans une situation où ce monsieur que vous devez normalement renvoyer chez lui, il est en face de moi et moi, je vais le marier. Mais non, je ne le marie pas. Je vous précise que je ne l'aurais même jamais su s'il ne me l'avait pas dit lui-même. Je dis ça parce qu'il y
a
tout un tas de maires qui doivent le faire sans même le savoir. Et je vais être condamné, madame ? Bien sûr, je ne vais pas aller en prison.
Enfin,
il n'y a pas de bois ici. Mais c'est l'inéligibilité. Je viens d'être élu il
y
a six mois avec plus de 65% au premier taux. Ça ne court pas les rues quand même. Et je peux, la semaine prochaine, ne pas être là où vous pourriez me recevoir. Mais je ne pourrais plus dire que je suis le maire de Béziers parce que j'ai fait un truc de bon sens. Ce n
'est
pas à la gauche ni à droite. Il
y a
80% des Français qui ne comprennent pas qu'un maire puisse être menacé comme je le suis pour avoir fait un truc évident s'il doit quitter le territoire, qu'il le quitte. Mais moi, je ne vais pas le maire.
Votre avocat, je crois, a convoqué plusieurs personnes. Bruno Retailleau, David Lissnard, Stéphane Dominique est le sénateur, auteur de la proposition de loi visant à interdire un mariage en France, si l'un des deux est sous OQTF. Qu'est
-ce
que ça peut faire ? Ça peut vous aider, ça ?
J'espère que ça m'a aidé. Mais j'avais fait la même chose avec le chef de l'État. Il ne m'a même pas répondu. Je pensais que l
'espèce
de politesse faisait que quand on vous écrit ou quand on vous saisit, vous répondez. Mais son directeur de cabinet m'a appelé pour me dire que non, il n'allait pas venir, il n'était pas obligé. Je sais bien qu'il n
'est
pas obligé. Je sais bien qu'il peut ne pas venir. Je le sais. Symboliquement, quand tu expliques à la télévision que le maire que je suis est dans une situation UBS, je dis, moi, je ne
vous
demande rien d'autre que de venir répéter ce que vous dites. C'est important.
Et il ne l'a pas fait.
Et il ne l'a pas fait. Vous savez,
si cet Algérien qui s'est marié en Algérie va revenir en France ?
Je ne
sais
pas. Ce n
'est
pas moi qui délivre des visas.
Il
faut demander. Vous connaissez le ministre de l'Intérieur. Je vous propose de demander à M. Nunez s'il pense que c'est une bonne idée. Ou M. Barraud pour voir s'ils vont lui délivrer un visa. Je n'en sais rien. Moi, leur histoire d'amour encore, ce n
'est
pas mon affaire. Ce qui est mon affaire, c'est qu'aujourd'hui, on ne peut pas exiger de quelqu'un qui quitte le territoire et demander dans le même temps au maire de le marier. Si ce qu'il dit, soit dit en passant, avant que tu le mettes dehors parce qu'il est marié, les poulons vont les dents.
Robert Ménard, quelques questions courtes pour terminer. Charles Alonc n'en a pas fini avec l'audiovisuel public. Il sort la semaine prochaine. Je jure de dire toute la VRC. C'est le récit des coulisses de la commission d'enquête dont il était le rapporteur. Est-ce que le service de l'audiovisuel public est à réformer pour vous, à privatiser ? On a vu ce qui s'est passé avec Charles Sapin qui a été éjecté, même si on dit le contraire, de l
'antenne
de France Inter. Quand on voit les attaques contre notre chaîne, on demande à nous fermer tous les jours sur France Inter. Qu'est-ce que vous dites aujourd'hui
? J
'ai toujours eu une position, quand j'étais le patron de Reporters Sportières, la même, on a un service public démesuré. 4 milliards, ça coûte et tout. Moi, je suis pour qu'il
y ait
une partie de service public, comme dans un certain nombre de démocratie où il sert à être la voix de la France à l'étranger. La BBC le fait très bien en partie et tout. Mais pour le reste, il faut privatiser, bien sûr, ou supprimer. C'est obsolète, ça n'a aucun sens. En plus, ce qui vient de se passer avec Charles Sapin montre à quel point le service public est... Le service public, et d'abord, on n
'est
pas un service public, c'est un service au service d'un certain nombre d'idées précises. Enfin, attendez, je voulais qu'on parle ici de la rédaction de France Inter qui vote à l'unanimité. Ils étaient à l'unanimité.
Il
n'y
en
a pas un qui est
arrivé. Les syndicats,
les syndicats. Non, non, dans l'Assemblée Générale qu'ils ont convoqués, ils ont voté à l'unanimité le fait qu'on ne reçoive pas à l'antenne quelqu'un qui a le malheur de ne
pas
leur plaire. Mais je suppose que vous recevez, enfin, je sais, à longueur de temps, des gens avec qui vous ne partagez pas l'idée. Vous ne me demandez pas ce que je pense avant de me recevoir. Moi, je ne pense pas forcément comme vous. Comment tu peux être journaliste et te comporter comme ça ? Oui, il faut privatiser massivement une partie du service public en radio et en télévision.
Emmanuel Macron va accueillir le souverain pontife Léon XIV à l'aéroport d'Orly demain matin, avant un entretien avec les deux hommes, mais il refuse d'assister à la moindre messe célébrée sur le sol national. Au nom de la laïcité ou simple boudrie, selon vous ?
Il a déjà fait d'assister à des messes. À Marseille. À Marseille.
Avec
le
pape
François. Qu'est-ce que c'est cette histoire ? Rien. Mais c'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est un narcisse qui se dit comment le pape, c'est pas tout à fait rien d'ailleurs, le pape ne s'est pas prêté à tous mes caprices. Et non, le pape, il est ce qu'il est et il n'a pas envie de se transformer en espèce d'outil de propagande électorale. Et alors, ah, il m'a fait ça, je me venge sur lui. Puis le pape,
je
pense... Attendez, je vous dirai un truc.
C
'est un rapport avec la loi sur la fin
de vie et l'euthanasie. Attendez,
moi en plus, j'en ai parlé avec vous, je sais que dans un certain nombre de cas, il n'y a pas d'autre solution que d'aider quelqu'un à mourir. Donc, je ne suis pas une caricature là-dessus. Mais vous n'allez quand même pas reprocher au pape de s'y opposer. Enfin, moi, si demain, le pape disait « Oh, mais moi, l'euthanasie, ça ne me poserait pas un problème. » Même si je n
'ai
pas les mêmes... Je me dirais, comme vous, j'imagine, mais il est tombé sur la tête. Qu'est-ce qu'il lui prend ? Il défend quelque chose. Si vous y croyez ou pas. Non, non, c'est une petite vengeance. Enfin, c'est une petite mesquinerie stupide. En plus, assister à la messe, je ne
sais
pas, il
y
a la messe dans les arènes à Béziers, le représentant de l'État, il vient parce que... Il n
'est
pas obligé de communier, effectivement. Mais tu
n
'es pas obligé. Comme le faisait le général de
Gaulle. Tu peux
aussi, ça. Là, ça aurait fait un choc, si c'était bien.
Robert Ménard, on est à huit mois du second tour de la présidentielle. Les partis politiques rencontrent toujours beaucoup de difficultés à se financer. Le RN, évidemment, mais pas seulement.
D
'autres partis. Est-ce que c'est normal ?
Non,
ce n'est pas normal.
Attendez, vous vous rappelez, il avait fait une promesse. Alors, on ne
va
pas faire la liste de toutes les promesses que M. Macron n
'a
pas tenues. Mais il avait dit, on va mettre en place, si vous vous rappelez, une banque de la démocratie.
L
'idée
de François Bayrou.
Voilà, mais comment vous pouvez... Il l'avait repris à son compte. On va le faire. On est quoi ? Dix ans plus tard, elle n'y est toujours pas. Ce n
'est
pas possible. On ne peut pas... Il y a deux choses qui me choquent. L'argent. L'argent ne doit pas être un obstacle insurmontable pour présenter un candidat. Et les signatures. Moi, je vous le dis, demain, s'il
y a
un candidat qui n'a pas à m'hésiter, demain, je n
'en
sais rien, le candidat du Parti communiste, Dieu sait, n'aurait pas ses signatures. Jean
-Luc
Mélenchon,
vous lui donneriez
? Mais bien sûr que je le ferai, madame. Enfin, moi, je veux combattre les idées de... Dieu sait que... Avec ce que je dis,
tout
le monde... Enfin, en tout cas, vous le savez, vous. Mais en fait, ce
n
'est pas un truc administratif qui doit l'empêcher de se présenter. C'est ça, la démocratie. Par rapport à France Inter, il faut leur expliquer à nos conférences de France Inter, c'est ça, la démocratie. C'est se battre pour que des gens qui n'aient pas tes idées puissent se présenter à une élection, et en l'occurrence, à France Inter, puissent s'exprimer.
Merci beaucoup, Robert Ménard, d'être venu ce matin sur nos antennes, sur CNews et sur Europe 1. Bonne journée à vous.
Robert Ménard