Mesures sanitaires, pass vaccinal, parcours de Valérie Pécresse et potentielle candidature de Christiane Taubira... Le "8h30 franceinfo" de Sébastien Chenu
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Le 8.30 politique France Info sur France Info Radio et télé sur le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam.
Bonjour Ercine, bonjour à tous.
Notre invitée ce matin est députée Rassemblement National du Nord et porte-parole de Marine Le Pen, Sébastien Chedut. Bonjour à vous. Bonjour Monsieur, bonjour Madame. Merci d'être l'invité de France Info ce matin. Face à la vague ultra contagieuse Omicron qui s'apprête à déferler sur la France comme elle déferle sur d'autres pays européens, le Premier ministre a annoncé hier soir un tournant, un certain nombre de mesures dans la crise sanitaire. On l'écoute et vous réagissez ensuite.
Nous avons décidé avec le Président de la République qu'un projet de loi sera soumis au Parlement début janvier, notamment pour transformer le pass sanitaire en pass vaccinal, et durcir les conditions de contrôle et de sanction contre les faux pass. Nous assumons de faire peser la contrainte sur les non-vaccinés.
Voilà, pass vaccinal, ça veut dire qu'un test PCR ne suffira plus pour que ce pass soit valable. Qu'en pensez-vous ?
C'est la fin de la liberté vaccinale. La réalité c'est que le 25 novembre dernier, Olivier Véran nous disait qu'il n'y aura pas de pass vaccinal en France. Il y a désormais en préparation un pass vaccinal avec deux types de Français, ceux qui sont vaccinés et qui devront se soumettre à ce pass vaccinal, et puis ceux qui ne le sont pas et qui auront une vie sociale qui ne ressemblera plus à rien.
Personne n'avait imaginé l'ultra contagiosité de cette vague Omicron. Forcément c'est une épidémie et forcément on découvre, mois après mois, des nouveautés. Ça ne vous choque pas dans les hôpitaux que ce soit principalement, largement les non-vaccinés qui pèsent et qui parfois saturent les réanimations quand d'autres vaccinés se voient déprogrammer leur opération ?
Plusieurs choses. D'abord on nous avait dit avec le vaccin tout ira mieux. Vous pourrez avoir une vie quasi normale. On voit que le vaccin n'est pas la réponse à tout. C'est bien malheureux d'ailleurs. Moi je préférerais évidemment que le vaccin nous protège, nous immunise et puis nous permette d'en finir avec cette épidémie. C'est la réponse aux formes graves. C'est la réponse aux formes graves, ce qui est déjà formidable. Mais ce n'est donc pas la réponse à tout. Donc ça veut dire que la politique du tout vaccin, la politique du tout vaccinal ne peut pas être la seule politique à suivre.
Quand on nous dit finalement que c'est la faute de 6 millions de Français qui sont non-vaccinés, je trouve qu'il y a un côté, permettez-moi de le dire, moi qui me choque, bouc émissaire. Il y a un côté désignation d'une partie des Français, d'opposition des Français les uns vis-à-vis des autres, qui ne me semble pas normal lorsqu'on parle de sécurité sanitaire.
Mais 6 millions avec une vague aussi contagieuse, ça a des conséquences sur l'hôpital.
Mais je ne dis pas qu'il ne faut rien faire. Je ne dis pas qu'il ne faut rien faire. Je note d'ailleurs, et je vais me permettre si vous voulez bien de vous donner quelques exemples de directions dans lesquelles le gouvernement pourrait aller, mais je m'étonne que le gouvernement ne veuille pas activer un certain nombre de leviers. Premier levier, moi vous savez je suis élu d'une ville très pauvre qui s'appelle Denain. Denain, 70% de vaccinés, ça veut dire 30% de gens qui ne sont pas vaccinés. On a un problème forcément de ciblage des populations qui sont éloignées de la médecine.
Éloignées pour des raisons parfois géographiques, c'est difficile de trouver un centre de vaccination, il y a peu de médecins généralistes, etc. Ou alors éloignées pour des raisons sociologiques. On n'a pas confiance, on doute, on n'a pas accès, on a peur pour soi, on n'évalue pas bien son bénéfice-risque. Le ciblage de la population, notamment les gens qui sont les plus en risque, parce que dans des populations qui sont pauvres, vous avez aussi des difficultés de santé beaucoup plus importantes que dans des populations qui sont aisées. Il faut convaincre les gens de se faire vacciner ou les laisser libres de ne pas le faire ? Il faut les laisser libres.
Il y a une contradiction là dans ce moment-là. Non, il faut les laisser libres, bien sûr, absolument. Mais les gens qui ont des problèmes de santé, les gens qui sont les plus exposés, on doit pouvoir aller les chercher pour leur expliquer et ensuite ils décident eux-mêmes de la balance bénéfice-risque.
C'est ce que fait déjà le gouvernement qui va renforcer cela. Il y a d'autres mesures.
Il y a d'autres mesures.
La mobilisation par exemple des militaires pour accélérer la vaccination.
Oui, Marine Le Pen l'avait demandé il y a un an. Marine Le Pen avait dit ce serait... Donc ça vous a prouvé. Oui, mais enfin, ce sont des choses que nous avions proposées.
Et abaisser le délai pour la troisième dose à quatre mois.
D'accord madame, mais par exemple, on parle d'Omicron depuis combien de temps ? Ça fait quelques semaines à peine. Ça fait trois semaines à peu près qu'on en parle. Est-ce qu'on a, il y a trois semaines, contrôlé, refermé les frontières pour ralentir l'accélération de l'arrivée d'Omicron ? Puisqu'en fait, les médecins nous disent, la fermeture des frontières n'empêche pas forcément, mais elle permet de ralentir l'arrivée. Au début, au début. Oui, mais alors pourquoi est-ce qu'on ne l'a pas fait il y a trois semaines ? Je vous propose d'écouter. Parce qu'on va avoir possiblement d'autres variants.
Et donc à chaque fois qu'on aura un variant, on va demander aux Français de renoncer à une part de leur vie sociale.
Avant de nous dire ce que vous voudriez faire si vous étiez élu aux affaires sur les frontières, on va écouter le chef de l'État justement sur cette question des tests pour les voyageurs intra-européens qui viennent en France. C'était au Conseil européen à Bruxelles jeudi dernier. Écoutez. Nous n'envisageons pas de mettre des tests au sein de l'Union européenne, parce que nous sommes attachés au bon fonctionnement de notre espace commun. Et parce qu'à partir du moment où tel ou tel variant est dans un des pays de l'Union européenne, très vite, il se diffuse dans les autres. Vous ne la comprenez pas cette décision ?
Non mais vous savez, moi je considère que les frontières, elles ont du bénéfice, elles ont de l'utilité. Et en général, à la fin de l'histoire, Emmanuel Macron finit par établir les contrôles aux frontières.
Vous réclamez ce matin la fermeture des frontières nationales.
La fermeture, le contrôle des frontières, en tous les cas vis-à-vis des pays en premier lieu, vis-à-vis des pays les plus exposés. Vous ne pensez pas qu'il est trop tard ? Non mais il n'est jamais trop tard d'ailleurs. Il n'est jamais trop tard pour maîtriser ses frontières. Non mais pour maîtriser un virus, il est parfois trop tard. Mais vous ne le savez pas s'il n'y aura pas un autre variant. Donc de toute façon, on revient toujours à la case départ. C'est le jour sans fin et le gouvernement refuse d'accélérer sur le contrôle des eaux visées.
Fermez les frontières des pays exposés. Vous parlez des pays en Europe ou vous parlez des pays à l'extérieur. Des pays exposés, bien entendu. Tous les pays, y compris ceux de l'Union Européenne. Ça veut dire qu'aujourd'hui, Sébastien Chenu, vous êtes député. Le projet de loi, il est présenté le 5 janvier. Vous voterez contre ?
Moi, je ne peux pas voter un projet de loi qui bannit de la vie sociale 6 millions de Français qui, pour des raisons qui leur sont personnelles, ont décidé de ne pas se faire vacciner. Parfois pour des raisons d'ailleurs de santé. Je ne peux pas, si vous voulez, me satisfaire d'un projet de loi qui désignera deux catégories de Français pour des raisons de santé. Oui, enfin, on peut l'amender, mais jusqu'à présent... Par exemple, sur les transports, on peut imaginer que... Jusqu'à présent, je suis député depuis 5 ans.
Garder les tests dans les trains, par exemple.
Jusqu'à présent, je suis député depuis 5 ans. Jamais une fois, le gouvernement n'a accepté un amendement d'un député de l'opposition. Pas une fois.
Sébastien Chenu est l'invité du 830 France Info. On fait une pause pour le fil info avec Diane Ferschit. Il est 9h moins 20.
Et une alerte enlèvement déclenchée ce matin. Fouquier les lance dans le Pas-de-Calais pour un garçon de 12 ans. Il s'appelle Hamza, brun, aux yeux noirs, vêtu d'un pyjama gris, d'un pull bleu et d'un manteau noir. Le principal suspect est son père. Ils sont susceptibles de circuler dans un break foncé et de chercher à sortir du territoire. Si vous les repérez, n'intervenez pas vous-même, mais appelez le 197. Face à la cinquième vague de Covid et la menace du variant Omicron, nous assumons de faire peser la contrainte sur les non-vaccinés, a déclaré Jean Castex. Le Premier ministre qui a annoncé la mise en place d'un pass vaccinal au lieu du pass sanitaire dès le mois de janvier.
Autre annonce, le délai entre la deuxième et la troisième dose de vaccin anti-Covid sera ramené à 4 mois au lieu de 5 afin d'accélérer la campagne de vaccination. Et dès lundi, les soignants verront la rémunération de leurs heures supplémentaires, multipliées par de nouveaux débordements. Lors d'une rencontre de football, le match entre le Paris FC et l'Olympique lyonnais en 32e de finale de la Coupe de France a dû être interrompu définitivement en cause des jets de fumigènes de bombes agricoles qui ont explosé sans compter les bagarres et les mouvements de foule. Les forces de l'ordre ont dû intervenir.
Un million de voyageurs sont attendus dans les gares jusqu'à la fin du week-end pour les départs en vacances, vacances de Noël et des perturbations. Deux trains sur trois circulent sur l'axe TGV Nord, grève des conducteurs. La situation est en revanche revenue à la normale sur l'axe TGV Sud-Est. France Info.
Le porte-parole de Marine Le Pen et député Rassemblement National du Nord, Sébastien Chenu, et l'invité du 8.30 France Info ce matin, Myriam Ancawa.
Oui, on parlait à l'instant des non-vaccinés. Olivier Véran a évoqué un statut de repenti qu'il propose aux personnes qui ont fait un faux pass sanitaire et qui souhaitent se mettre en règle. Est-ce que vous comprenez cette indulgence et est-ce qu'elle est bienvenue ?
Je peux la comprendre. Il y avait, je crois, 400 enquêtes diligentées par le ministre de l'Intérieur pour des faux pass. Moi, je ne me satisfais pas qu'on puisse faire des faux pass. Je veux dire, moi, je respecte la loi. Je suis contre le pass vaccinal, contre le pass sanitaire, mais je n'incite pas à faire des faux pass. Donc, voilà, qu'on puisse sortir les Français qui ont fait ça en ne les envoyant évidemment pas en prison, parce que si la sanction, c'est statut du repenti où on vous envoie en prison, évidemment, je préfère ce statut dit du repenti.
J'aimerais qu'on ait en tous les cas la même dextérité, la même volonté d'en finir, par exemple avec les fausses cartes vitales, qui sont à mon avis un peu plus nombreuses dans le pays et qui ont des percussions extrêmement importantes, voyez-vous ? J'ai l'impression que le gouvernement a l'art d'ériger, de prendre des phénomènes qui sont marginaux et de les ériger en phénomène d'actualité pour faire peur aux Français.
Pour être très clair, et ensuite on va parler de la présidentielle, qu'est-ce que vous dites à nos auditeurs ce matin ? Allez vous faire vacciner, s'il vous plaît. Est-ce que ce message-là, le Rassemblement National, le porte de façon forte ?
Non mais madame, moi, je n'infantilise pas les Français. Je dis aux Français, vous êtes capables de faire la part du bénéfice, avantage, risque pour votre propre santé. Moi, je ne suis pas anti-vaccin, moi je me suis fait vacciner. Moi, je considère que le vaccin n'est pas la seule réponse.
Mais vous êtes un élu, c'est votre devoir de protéger les autres ?
Oui, donc je vous dis ce que j'ai fait moi-même. Mais je considère que la réponse vaccinale n'est pas la seule. Je vous ai parlé du contrôle des eaux usées, je vous ai parlé des frontières, je peux vous parler de la gratuité des autotests. Je pense qu'il y a toute une pléiade de choses à développer. Pas uniquement le vaccin qui n'est pas la réponse à tout. Moi, je n'ai pas de problème avec le vaccin. Vous l'avez fait pour quelle raison, vous ? Moi, je l'ai fait parce que moi, je crois au vaccin. Moi, à titre personnel, je pense que dans mon état de santé, c'était bien de le faire.
Alors, on va parler de la campagne présidentielle.
Il pourrait y avoir une candidate de plus et on va l'écouter ensemble. Vous réagirez ensuite, Sébastien Chenu.
J'envisage d'être candidate à l'élection présidentielle de la République française. Je ne serai pas une candidate de plus. Je mettrai toutes mes forces dans les dernières chances de l'Union.
Voilà la vidéo postée par Christiane Taubira. Vous lui dites quoi ? Bienvenue ?
Oui, je lui dis, Mme Taubira fera ce qu'elle voudra. Je regarde avec, c'est vrai, beaucoup d'interrogations ce que fait la gauche aujourd'hui dans notre pays. La gauche, elle a disparu en réalité des radars parce qu'il y a bien longtemps qu'elle a oublié, abandonné la défense des modestes, la défense des petits, la défense de ceux qui bossent durs. Cette défense, cette conscience sociale, c'est Marine Le Pen aujourd'hui qui la porte. Et aujourd'hui, je vois une gauche perdue.
Rien du tout pour vous, Christiane Taubira ? Elle n'a pas les moyens de la rassembler cette gauche ?
Elle incarne surtout le laxisme quand je l'ai vu, garde des Sceaux. Je vous souviens d'elle comme un garde des Sceaux très laxiste. Moi, quand j'entends les élus de gauche, voyez-vous, je siège dans une assemblée régionale. C'est pour nous parler du genre, de l'écriture inclusive, de toutes ces conneries qui font que la société se retrouve malade et surtout qui font que ça déstabilise non seulement la société, mais ça ne parle pas du tout aux électeurs qui auraient besoin d'être protégés. La gauche, elle a disparu. La gauche, elle a abandonné les Français qui travaillent dur. Elle a abandonné les petits pour se consacrer à la défense des communautés.
Et Christiane Taubira, là-dessus, finalement, est plutôt l'exemple de cette gauche qui a abandonné le pauvre, le modeste, pour défendre les communautés et une société communautarisée.
Alors, la gauche essaye, au fond, de se rassembler et de trouver, au fond, la martingale pour parler aux Français. Il y en a un autre qui a commencé à faire son mea culpa devant les Français. C'est Emmanuel Macron. J'ai appris, j'ai compris. Emmanuel Macron qui reconnaît avoir blessé et qui reconnaît des erreurs. Exercice imposé, souvent, avant de déclarer une candidature. Sincère ou pas ?
Non, mais enfin, je veux dire, personne n'est dupe. Emmanuel Macron, dans cette espèce d'exercice sur TF1, enregistré quelques jours à l'avance. Après, il a donné l'émission pour pouvoir la diffuser le jour de sa convenance. Ça aussi, un rapport assez particulier aux médias. Cette espèce de séance de bilan, moitié bilan Potemkin, moitié séance de psy, avec des échanges, avec des silences, des regards. Tout ça, ça sentait l'insincérité à parler. Sur le fond. Mais surtout, Emmanuel Macron ne nous disait pas qu'il était candidat parce qu'il veut continuer à utiliser les moyens de l'État pour faire perdurer sa campagne. Sur le fond.
Sur le fond, il y a quand même une annonce. C'est la réforme des retraites. Alors, il ne la fera pas d'ici la fin du quinquennat, mais s'il est réélu, il fera une autre réforme paramétrique autour de trois régimes. Fonctionnaire, salarié, artisan. Est-ce que c'est plus lisible, au moins, comme ça ?
Non, mais moi, ce que je crois, c'est qu'Emmanuel Macron sera effectivement en roue libre s'il est réélu. C'est-à-dire qu'il sera en roue libre pour faire tout ce qu'il n'a pas fait jusqu'à présent, c'est-à-dire continuer son œuvre de déconstruction de l'État français. Déconstruction de notre identité, déconstruction de notre histoire, déconstruction de nos équilibres, déconstruction de notre modèle social.
Mais je vous pose une question sur les retraites. Sébastien Chenu, vous, par exemple, Marine Le Pen, tient à revenir aux 60 ans pour l'âge de départ.
Non, madame. Ne le présentez pas ainsi, car ce n'est pas juste. C'est dans son programme. Non, je vous dis ce qu'il est. Nous tenons à ce qu'il y ait 40 annuités à pouvoir partir avec une retraite à taux plein lorsque vous avez 40 annuités. C'est-à-dire, vous, je ne sais pas à quel âge vous avez commencé à entrer sur le marché du travail, mais lorsque, aujourd'hui, on entre sur le marché du travail non plus à 15, 16 ou 17 ans, comme il y a 30 ou 40 ans, quand on rentre plus tard, eh bien, on partira donc plus tard. Donc, elle abandonne le retour aux 60 ans. Non, vous pouvez partir à partir de 60 ans si vous avez vos 40 annuités. Et c'est ça qui est important.
Sauf que ça, ça va coûter très cher.
Vous le savez très bien, aux finances publiques, les instituts spécialisés parlent entre 20 et 40 milliards.
Madame, c'est un choix politique que nous mesurons. D'abord, le système de retraite, le comité d'orientation de retraite nous le dit, aujourd'hui a, j'allais dire, les reins suffisamment solides pour pouvoir continuer un certain nombre d'années. Ensuite, comme c'est un choix politique, nous devons effectivement le financer. Ça veut dire plus de gens qui travaillent et ça veut dire aussi une France où il y a plus de natalité. Eh bien, sur ces deux dispositions, nous avons des propositions.
Plus de gens qui travaillent parce que nous, nous considérons qu'effectivement, alors on peut se satisfaire puisqu'on nous dit matin, midi et soir que la vie économique repart, qu'il y a aujourd'hui des besoins et qui ne sont pas satisfaits. Donc, on voit bien que plus de gens qui travaillent, on peut y arriver. Et puis, de l'autre côté, une politique familiale et nataliste qui n'a jamais été menée dans le pays. Alors oui, nous faisons des propositions. Elles ont été faites d'ailleurs en Hongrie, par exemple, et elles marchent plutôt pas mal.
Les financements pour ce retour, dites-vous. Il y a d'autres mesures. C'est intéressant de regarder votre programme puisque les Français rentrent progressivement dans la présidentielle. C'est le pouvoir d'achat. 200 euros pour tous les ménages. Ça va coûter très cher. Il y a 30 millions de ménages. Ça fait 72 milliards d'euros. Alors là, on se dit, où est-ce que vous trouvez cet argent ?
Ça coûtera toujours moins cher que le coût de l'immigration dans notre pays. 200 euros. Ça se divise, grosso modo, j'allais dire en quatre blocs. Le premier, c'est la baisse de la taxation sur les énergies. J'en profite d'ailleurs pour rappeler qu'aujourd'hui, nous sommes en hiver, 30% simplement du parc nucléaire fonctionne. Je veux dire, on a des marges de manœuvre incroyables pour faire en sorte que l'électricité coûte moins cher. Vous voulez passer de 20% à 5% ? Sur toutes les énergies, je vais vous expliquer ensuite quelles sont les recettes que vous pourriez avoir. Il va falloir compenser également. Donc 5,5% sur l'énergie.
De l'autre côté, la fin de la redevance télé, c'est un coût que certains peuvent juger marginal, mais enfin quand même, qui est un peu plus d'une centaine d'euros, c'est un peu plus de 130 euros de mémoire par mois pour les ménages, par an pour les ménages, pardon. Alors évidemment, vous êtes concerné puisqu'il s'agit de la prévention. Ce sont des mesures qui redonnent le pouvoir d'achat, mais simplement après, il faut pouvoir les financer. C'est la pleine part fiscale pour le deuxième enfant et la pleine part fiscale pour les veufs et veuves. Ça, c'est côté dépenses. Côté recettes, normal. Côté recettes, nous avons un certain nombre de propositions.
Là aussi, je vous le dis, l'immigration coûte cher. Nous l'avons évalué à peu près un coût de 15 milliards d'euros que nous pouvons récupérer par an. C'est-à-dire les aides sociales qui sont versées à des gens qui ne sont pas français, le coût de l'AME, les mineurs non accompagnés.
Tous les ménages, ça fait 72 milliards d'euros par an également.
Le coût de l'immigration non maîtrisée dans notre pays, c'est 80 milliards d'euros sur 5 ans. Donc vous voyez, on a déjà quelque chose d'intéressant. Et puis, nous ne nous satisfons pas uniquement de cela. Nous comptons aussi relancer la machine économique. Relancer la machine économique, c'est-à-dire flécher l'épargne des Français vers un fonds souverain. Ça se fait dans les pays nordiques. Ça se fait aujourd'hui aussi d'ailleurs dans un certain nombre de pays arabes. Relancer la machine économique à travers un fonds souverain qui va nous permettre d'investir dans des entreprises qui rapportent...
Pardon, mais vous n'arrivez pas à 72 milliards d'euros par an ?
Monsieur, nous arrivons avec tout ce que je viens de vous proposer. Nous arrivons largement à compenser ça parce que d'un côté, nous relançons la machine économique. De l'autre côté, nous faisons baisser les aides sociales qui ne bénéficient pas aux Français. Ben oui, des aides sociales qui ne bénéficient pas aux Français. Et nous arrivons à faire baisser le coût de la vie. Parce qu'il y a ça aussi. Le pouvoir d'achat, ce n'est pas uniquement des taxes en moins. C'est faire baisser le coût de la vie. C'est augmenter les salaires. Marine Le Pen a fait un certain nombre de propositions là aussi. Et je pense que ceux-ci se jugent sur 5 ans, évidemment.
Sébastien Chenu, invité du 8.30 France Info ce matin. On marque une pause dans cette interview pour le Fil Info avec Gad Ferschit. Il est 9h10.
Dans le Pas-de-Calais, les enquêteurs à la recherche d'un garçon de 12 ans. Il s'appelle Hamza. Il a été enlevé à Fouquier-les-Lances. Son père âgé de 40 ans, un homme au crâne rasé, est le principal suspect. L'enfant a le teint mat, les cheveux bruns. Il porte un pyjama gris, un pull bleu, un manteau noir. En cas d'information, appelé le 197. L'épidémie de Covid et Olivier Véran annonce ce matin que la troisième dose de vaccin sera obligatoire pour les soignants et les pompiers à partir du 30 janvier. Le ministre de la Santé qui estime également que la vaccination de l'ensemble des enfants sur la base du volontariat pourrait débuter dès mercredi prochain.
Le gouvernement a présenté hier soir son projet de transformer le pass sanitaire en pass vaccinal. Le projet de loi sera lui présenté en Conseil des ministres le 5 janvier. Les enquêteurs estiment à 2 millions d'euros le bénéfice d'un trafic de faux passes sanitaires démantelés à Metz. Deux personnes ont été placées en garde à vue au début du mois, soupçonnées d'avoir récupéré les identifiants de pharmaciens pour générer entre 5 000 et 10 000 faux passes sanitaires. Le président du Paris FC refuse de parler de responsabilités partagées dans les incidents qui ont entraîné l'interruption définitive du match entre son équipe et l'OL.
Hier soir, pour le compte des 32e de finale de la Coupe de France, il estime que le groupe des ultralionnais n'aurait jamais dû mettre les pieds au stade Charletti.
Sébastien Chenu, porte-parole de Marine Le Pen et l'invité du 8.30 France Info ce matin. Vous venez de l'entendre Sébastien Chenu. Olivier Véran reparle ce matin de la vaccination. Il nous dit que la vaccination de l'ensemble des enfants sur la base du volontariat pourrait commencer dès mercredi 22 décembre. Qu'en pensez-vous ?
Mais ça commence toujours comme ça avec ce gouvernement. Tout est sur la base du volontariat. Maintenant, c'est les enfants. C'est sur la base du volontariat. Puis dans quelques mois, on nous dira il faut. Sinon, ce sera fermeture des classes. Il faut vacciner obligatoirement les enfants. Moi, je note que sur les 5-11 ans, grosso modo, puisque c'est la tranche d'âge en général qui est concernée, il y a moins de cas difficiles. Les enfants ne sont pas exposés à des cas, à des formes graves de l'épidémie. Et puis, là aussi, on repart sur la balance bénéfice-risque. Elle n'a pas beaucoup de lisibilité.
Les autorités sanitaires, il faut quand même le dire, ont donné leur feu vert. Il y a d'autres pays qui le pratiquent. Rien ne se fait au hasard.
Là encore, c'est une décision que les parents prennent en conscience. Donc, je suis pour la liberté. Ça ne doit pas être un gros mot. Donc, là, c'est le cas. Volontariat, ouvert à qui le souhaite. Chacun fait ce qu'il veut lorsqu'il a des enfants et qu'il est responsable. Non, c'est pas... Donc, c'est bien. Je sais que vous ne loupez jamais l'occasion d'essayer de valoriser la politique gouvernementale. Non, pas du tout. Je vous pose la question. J'essaye de comprendre. Mais je vous dis que la liberté me semble être un choix de société plus intéressant que la contrainte. Donc, là, c'est la liberté. Vous êtes d'accord ? Donc, là, c'est la liberté. Avant la contrainte. Avant la contrainte.
Pas de liberté. C'est vous qui le dites. Parce que je sais ce que ce gouvernement prépare, évidemment, à chaque fois.
Pas de liberté, cette fois, et donc de la contrainte, en tout cas de la coercition, pour les soignants et les pompiers. Olivier Véran vient d'annoncer, donc, cette troisième dose obligatoire pour ces deux publics exposés. Là, est-ce que vous pensez que c'est nécessaire de faire ça ?
Je pense qu'il est surtout nécessaire aujourd'hui de permettre aux soignants qui ont été renvoyés de reprendre le travail et de reprendre l'activité. Puisque le vaccin ne vous permet pas de contaminer votre voisin et ne vous permet pas d'attraper le virus, mais permet de diminuer le nombre de formes graves. Alors, je pense que les soignants qui ne sont pas vaccinés, mais qui sont disponibles pour travailler, devraient revenir travailler. On devrait les rappeler pour travailler. Parce que, de toute façon, on a besoin d'eux.
Mais vous imaginez des soignants non vaccinés ?
Mais madame, il y en a. Là où le virus circule, est-ce que c'est responsable au sein des hôpitaux aujourd'hui ? Lorsque je me suis fait vacciner, j'ai posé la question à l'infirmière qui m'a vacciné. Elle n'était pas elle-même vaccinée. Elle a considéré, et je ne sais pas pour quelle raison, que pour sa santé, le bénéfice-risque ne lui était pas favorable. Elle m'a tout de même vacciné et elle a utilisé les gestes barrières bien connus. Donc, moi, je crois qu'il faut arrêter de diviser la société. Arrêter d'infantiliser la société.
Là, la soignante en question devait avoir un pass sanitaire.
Mais c'était au moment du premier... C'était ma première vaccination. Je n'ai pas eu l'idée de poser la question au suivant. Elle avait sans doute fait un test. Elle avait probablement fait un test. D'où la nécessité d'avoir des tests gratuits, des autotests gratuits dans ce pays. Et de déployer une réponse...
Les soignants ne vont pas pouvoir se tester toutes les heures au contact des malades COVID+.
De déployer une réponse qui soit large et pas uniquement centrée sur la vaccination. Puisque ça ne répond pas à toutes les problématiques.
Alors, on va parler peut-être de la campagne, toujours, pour reprendre. C'est vrai que c'est intéressant de voir que les choses bougent beaucoup. Il y a Valérie Pécresse qui devient une adversaire redoutable pour Emmanuel Macron. Mais aussi pour vous, puisque plusieurs sondages la placent devant Marine Le Pen dans les intentions de vote. Au fond, aujourd'hui, il n'y a pas qu'Éric Zemmour qui divise le camp de la droite de la droite. Elle arrive elle-même à peut-être, je dis bien peut-être, empêcher Marine Le Pen de se qualifier.
Bon, je ne sais pas si Valérie Pécresse divise le camp de la droite de la droite, pour reprendre votre expression. Là, je disais que c'était Éric Zemmour qui faisait ça. D'accord. Évidemment, Valérie Pécresse bénéficie d'un phénomène qu'on a vu avec Éric Zemmour au début de sa campagne, qui est celui d'un coup de booster lié à la nouveauté de sa candidature. Les Français la découvrent. Et je pense que ce coup de booster ne durera pas. D'abord parce que quand on découvre les gens, on découvre aussi qui ils sont. Leur parcours, leur profil, leur méthode, leurs équipes lorsqu'ils en ont, et leur programme. Valérie Pécresse, c'est le même parcours qu'il venait de Macron.
C'est pour moi, c'est Valérie Macron, c'est son sosie féminin. Les mêmes écoles, le même univers, globalement, le même univers social, et la même, et ce n'est pas un procès, le même tropisme libéral, européiste, toute sa carrière en atteste. Ce que je veux dire, c'est que moi je ne fais pas le...
Sur la lutte contre l'immigration, les questions régaliennes...
D'accord, mais on les a vus à l'oeuvre, enfin écoutez, excusez-moi, mais les LR, moi j'en viens. Enfin, on les a vus à l'oeuvre, ces gens-là. À chaque fois, pendant les élections, on agite le Ciotti, on fait passer sur les plateaux de télévision Eric Ciotti, puis lorsque l'on gouverne, on gouverne avec des centristes, on gouverne avec une idéologie qui ressemble à celle d'Emmanuel Macron. Valérie Macron, elle est Macron compatible. Vous allez donc l'appeler Valérie Macron. Je trouve que ça sonne bien, parce qu'en fait, ça dit, en un mot, ça dit tout ce qu'elle est.
Mais c'est bizarre, cette candidat qui ne veut pas assumer le fait d'être libéral, européiste, de vouloir faire baisser 250 000, je crois, le nombre de fonctionnaires dans le pays. Bon, on va la découvrir. Et puis, il y a ce côté course à l'enfermement, qui est entre Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, qui est incroyable. C'est à celui qui va au plus vite enfermer les Français.
Merci beaucoup Sébastien Chenu, porte-parole de Marine Le Pen, députée Rassemblement National du Nord, invitée du 830 France Info ce matin.
Si vous aimez le 830 France Info, on vous conseille Élisée, la bataille, le podcast du service politique de France Info, pour tout savoir sur la présidentielle et ses coulisses. A découvrir sur votre appli de podcast préféré et sur franceinfo.fr. Merci.
Merci. Merci.