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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 11 juin 2018 25 min

François Hollande "cherche des lecteurs, mon rôle c'est de chercher des électeurs", déclare Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:13
Présentateur

L'invité de France Info ce matin est Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Jean-Michel Apathy.

0:18
Olivier Faure

Bonjour Olivier Faure. La vie politique française est faite ainsi, l'élection présidentielle s'est déroulée il y a un an, mais on reparle beaucoup dans l'actualité des comptes de campagne des candidats de cette élection présidentielle. On a appris, France Info l'a révélé la semaine dernière, que le candidat Macron avait bénéficié de ristournes parfois importantes de la part de gens qui louaient des salles ou du matériel et c'est interdit par le code électoral puisque ça peut apparaître comme un don déguisé par les entreprises. On a appris aussi en fin de semaine que Benoît Hamon avait bénéficié, lui aussi, le candidat du Parti Socialiste, donc de ristournes.

Et du coup on ne sait plus trop quoi faire puisqu'il y a un début de polémique. Est-ce qu'il faut tourner pudiquement le regard vers ce qui est visiblement illégal ou bien est-ce qu'il faut aller au bout, débattre et se poser des questions sur l'organisation de l'élection présidentielle ?

1:05
Invité

Il faut aller au bout. Il faut aller au bout parce que la défiance vis-à-vis du monde politique est telle qu'il faut que la vérité puisse sortir. Et moi je souhaite que cette fameuse commission des comptes de campagne puisse réexaminer tous les comptes s'il le faut. Je vous rappelle qu'à ce jour, le taux de réformation, c'est-à-dire que ce qui n'a pas été accepté par la commission est différent d'un candidat à l'autre et que le candidat Benoît Hamon est celui qui a eu le plus faible taux de réformation, 64 000 euros contre près d'un million d'euros pour Marine Le Pen.

Donc nous n'avons absolument rien à cacher et nous souhaitons effectivement que la vérité puisse se passer et donc la transparence, toute la transparence pour toutes les campagnes.

1:47
Olivier Faure

Votre demande c'est qu'on revoit les comptes de campagne ? Est-ce que visiblement le contrôle n'a pas été bien fait ?

1:53
Invité

On a une commission qui se plaint de l'absence de moyens, mais visiblement qui n'a pas toujours été au bout de ce qu'elle aurait dû faire avec les moyens dont elle disposait. Et donc ne serait-ce qu'avec ces moyens, elle aurait pu aller investiguer, elle aurait pu chercher à comprendre quelles étaient les raisons qui avaient été à l'origine des ristournes qu'Emmanuel Macron a pu bénéficier et qui relèvent d'une forme, comment dire les choses, de connivence. Parce que vous voyez, les gens qui finalement réduisent les coûts pour la campagne d'Emmanuel Macron, ce ne sont pas des prestataires classiques, ce sont des gens qui sont aussi des soutiens.

Et donc on peut légitimement se poser la question de savoir si ce n'était pas des dons déguisés, puisque vous savez que les dons en France ont plafonné. Et interdit pour les entreprises. Oui, interdit pour les entreprises. De la même façon qu'on aurait aimé savoir quelle était la nature des donateurs d'Emmanuel Macron. Parce que ça aussi c'est important de savoir qui a donné. Est-ce que vous avez un conseil d'administration qui a demandé à tous ces cadres de venir ensemble donner 7500 euros ? Ce qui serait là aussi un contournement de la loi. Mais comme vous le savez, nous n'avons jamais pu aller au bout de ces raisonnements puisque le candidat Macron s'est refusé à toute transparence.

3:10
Olivier Faure

Et ce serait au service de quel objectif ? Vous ne remettez pas en cause l'élection présidentielle elle-même, le résultat ? Non, bien sûr que non.

3:16
Invité

Il s'agit simplement, parce qu'il y a une question de justice, il y a des comptes qui peuvent être ensuite invalidés. Et par ailleurs, il est bon de savoir que les Français sachent à qui ils ont affaire. La question n'est pas d'invalider. La question c'est de dire que, regardez ce qui se passe depuis un an. On a quand même ce sentiment qu'on est dans une forme de république du fric avec des gens qui sont toujours là, ensemble, qui étaient là pendant la campagne, depuis la campagne. Et ça échange.

Et puis ça échange au bon procédé, des rembourses d'ascenseurs, avec une législation fiscale qui, finalement, est plutôt assez généreuse avec les plus riches et donc qui sont assez largement remboursés de leurs efforts. Donc il y a tout ça, cette espèce de climat qui commence à peser sur la république française et il serait bon d'aller jusqu'au bout.

4:05
Olivier Faure

On aura noté, Olivier Faure, qu'on est passé du président des riches ce matin à la république du fric.

4:10
Invité

C'est un peu la même chose.

4:11
Olivier Faure

Je ne sais pas. La formule république du fric est assez...

4:14
Invité

Bah écoutez, moi ce que je vois, c'est qu'on a un président qui nous a dit qu'il n'avait pas d'amis il y a quelque temps. Et on voit aujourd'hui qu'il a beaucoup d'amis en réalité. Et qu'il y a des gens qui l'ont aidé, qui l'ont porté jusqu'aux portes du pouvoir, puis au pouvoir. Et que depuis, ces mêmes soutiens continuent d'être à ses côtés. Et moi ce que j'aimerais savoir, c'est quels sont ces liens parce qu'on a l'assentiment aussi que les lobbies sont puissants en France. C'est vrai, depuis toujours. Mais qu'ils ont aujourd'hui pignon sur rue. Regardez ce qui se passe, c'était ce matin dans votre journal, sur Total et sur l'huile de palme.

Et il y a quand même des questions qui sont ensuite, qui relèvent de la santé publique et qui peuvent aussi poser questions sur le glyphosate, sur un certain nombre de sujets. On a l'impression qu'il y a Bercy et les lobbies. Et donc on aimerait comprendre quelles sont les raisons de fonds qui poussent ce gouvernement à être toujours de ce côté-là.

5:06
Olivier Faure

Il y aura sans doute dans la journée ou les jours qui suivent des réponses aux questions que vous posez. Vu le temps sur lequel vous les posez, ça suscitera sans doute un peu de débat. Vous avez noté le débat précisément gouvernemental sur les dépenses publiques, donc les aides publiques, faut-il en supprimer, faut-il en réformer ? Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, disait hier dans le journal du dimanche que les économies, s'il faut en faire, et sans doute faut-il en faire, ne seraient pas faites sur le dos des pauvres. Est-ce que la formule, l'engagement, vous rassure, Olivier Faure ?

5:36
Invité

Son engagement me rassure. Mais malheureusement, ce qui ne me rassure pas, c'est que depuis un an, ce n'est pas Mme Buzyn qui décide, c'est Bercy. C'est les ministres de Bercy, un sarkoziste, un lomériste, des gens qui sont très marqués à droite et qui n'ont jamais caché leur volonté de faire en sorte que ce soit sur les plus pauvres que les économies soient réalisées. Et si ce n'est pas sur les plus pauvres, ce sera sur ceux qui sont juste au-dessus, puisqu'on voit bien qu'il y a un débat aujourd'hui sur la prime d'activité, et qui est quand même là, c'est fort de café. Si vous me permettez, en fait, on a des gens qui sont un peu au-dessus.

Et ce sont ces gens-là dont on voudrait réduire le pouvoir d'achat au nom du fait qu'il faudrait faire des économies parce qu'on a trop donné aux plus riches. Là aussi, tout est dans tout. En fait, c'est ça le problème. C'est que quand vous faites des cadeaux 25 milliards sur 5 ans, peut-être plus, aux plus grandes fortunes, forcément, à un moment donné, quand vous avez des comptes à tenir, il faut trouver l'argent ailleurs.

6:37
Olivier Faure

Mais il faut tenir les comptes. Il faut faire des... Il faut tenir les comptes, bien sûr. 100 milliards d'économies d'ici 2022, disait Emmanuel Macron, parce que la dette est là, parce que les déficits sont difficiles à supporter, il faut quand même tenir les comptes. Davantage qu'ils n'ont été tenus, peut-être, dans le passé.

6:53
Invité

Je ne suis pas sûr que vous puissiez le dire très longtemps, parce qu'aujourd'hui, s'il y a des comptes qui sont, justement, repassés progressivement dans le vert, c'est précisément parce qu'il y a eu une gestion qui a été rigoureuse et qu'on nous a d'ailleurs reproché. Donc, au moins qu'on en tire le bénéfice, il y a eu une forme de rigueur gestionnaire qui a parfois été peut-être vécue cruellement, mais elle a permis aux comptes publics de se redresser. Maintenant, la question, c'est quand on a des marges nouvelles, notamment liées à cette croissance que nous avons réussi à ramener, comment est-ce qu'on s'en sert ?

Est-ce qu'on s'en sert, justement, toujours du même côté, avec des gens qui n'en ont pas besoin et qui en donnent encore, ou bien est-ce qu'on l'utilise pour les services publics ? Est-ce qu'on l'utilise pour le pouvoir d'achat ? Voilà la question qui est posée aujourd'hui. Malheureusement, on voit bien que l'inclinaison est toujours la même. C'est moins de fonctionnaires, c'est moins de services publics, c'est moins d'aides sociales.

7:41
Présentateur

Vous restez avec nous, 8h40, l'essentiel de l'info, Edwige Coupès.

7:44
Invité

Le mouvement des agriculteurs, à l'appel de la FNSEA, il vise les raffineries et les dépôts de carburant pour protester contre la concurrence de l'huile de palme moins chère importée notamment d'Asie du Sud-Est et autorisée par le gouvernement avec Total sur le site de la MED. Nous ne reviendrons pas sur cet accord, prévient ce matin le ministre de l'Agriculture. 27 départements en vigilance orange, alerte aux orages du centre au pays de la Loire jusqu'à l'Aisne en passant par l'île de France, cru marqué sur la Gimone et la Vilaine et des inondations toujours dans le Tarn et le Gers.

Deux appels à témoins lancés aujourd'hui par la gendarmerie pour tenter de relancer l'enquête des disparus de la Drôme, la piste Lelandais, étudiée. Les deux disparitions se sont déroulées en effet à une heure et demie du domicile de Nordal, Lelandais, déjà mis en examen pour les meurtres de Maïlis et du caporal Arthur Noyer. Première nuit en Russie pour les Bleus, l'équipe de France de football a pris ses quartiers hier soir à Istra en Russie à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Moscou, un complexe flambant neuf isolé en pleine forêt et privatisé donc le temps du mondial. Entrée en compétition pour les Bleus, samedi contre l'Australie.

8:57
Présentateur

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste et l'invité de France Info ce matin, Jean-Michel Apathy.

9:01
Olivier Faure

Le Parti Socialiste justement tenait son conseil national, c'est ça, ce week-end dans la région parisienne. Ça s'est passé samedi et dimanche, devinez qui est intervenu sur France 3, à midi avec Francis Letellier, un certain François Hollande.

9:15
Invité

Quant au PS, il faut qu'il se construise, se reconstruise, qu'il fasse son travail, et il le fait, Olivier Faure, d'agir pour répondre aux propositions du gouvernement, pour dire aussi à Mélenchon que ce n'est pas acceptable de convoquer les Français dans des manifestations qui sont autant d'échecs pour ensuite faire compliment au pouvoir actuel, qu'il faut de l'union, pas de la désunion, qu'il faut parler de la social-démocratie en Europe, parce que c'est le grand sujet, il y a suffisamment de thèmes pour que les socialistes s'en emparent.

9:46
Olivier Faure

Il vous donne des conseils, François Hollande, en écoutant ça, on s'est demandé si ça vous agacait, ou si ça vous gênait, ou si vous aviez envie qu'il se taise un peu.

9:56
Invité

Je ne crois pas que ce soit des conseils, je crois qu'il ne fait que relever ce que nous faisons. Ça ne vous agace pas ? Non, ça ne m'agace pas, je crois qu'il y a... Ça vous gêne ? Mais pourquoi voulez-vous que je sois gêné ?

10:07
Olivier Faure

Je ne sais pas, parce qu'il est un peu envahissant peut-être ?

10:10
Invité

Il est, c'est ce qu'il est, c'est-à-dire qu'il est un ancien président qui vient défendre ce qu'il a fait pendant 5 ans, il vend un livre, et donc il cherche des lecteurs. Moi, mon rôle, c'est de chercher des électeurs. Et donc...

10:24
Présentateur

Et visiblement, il envisage d'aller un peu plus loin que la promotion de son livre, puisqu'on dit maintenant que, vu le succès d'édition de ce livre-bilan sur son quinquennat, il pourrait envisager un retour en politique plus marqué. Écoutez, vous lui poserez la question... Moi, je vous pose la question à vous, est-ce que c'est quelque chose qui vous dérange, qui vous pose un souci ?

10:45
Invité

Moi, je n'ai aucun souci avec qui que ce soit à gauche. Je considère qu'il y a maintenant un travail de reconstruction à opérer. François Hollande a fait un premier pas et a lancé à notre invitation, donc, le débat sur l'inventaire. Ce débat va se prolonger au cours des prochains mois. Nous en tirerons... J'en tirerai les conclusions au mois de novembre. Et donc, il est plutôt bon qu'on ait des voix qui s'expriment différentes pour pouvoir arriver à se dire les choses et comprendre ce qu'on doit comprendre de l'échec et en donner une explication aux Français.

Parce que, quand même, on était il y a cinq ans à la fois à l'Élysée, à Matignon, majoritaire à l'Assemblée, au Sénat, dans la plupart des régions, dans la plupart des départements, cinq ans plus tard, nous vendons Solferino. Donc, il s'est passé quelque chose. Nous sommes passés de 300 députés à 30. Donc, il y a eu un échec qu'il faut constater. Ça ne suffit pas. Ensuite, il faut quand même tirer les leçons de cet échec, essayer de se dire qu'il ne s'est pas rien passé et que les Français nous ont adressé un message suffisamment clair pour qu'on cherche à en comprendre le sens.

Et c'est ce que je veux faire avec l'inventaire et donc aller jusqu'au bout du exercice sans tabou avec les Français, avec ceux qui, dans le monde syndical, dans le monde intellectuel, dans le monde associatif, dans le monde des ONG, ont des choses à nous dire. Les Français eux-mêmes qui seront appelés à contribuer sur un site qui vient de naître il y a quelques heures qui s'appelle La Ruche Socialiste, sur lequel ils pourront aussi commenter, dire leur point de vue et faire en sorte de nous permettre d'avancer.

12:22
Olivier Faure

Vous avez dit en novembre, j'en tirerai des conséquences. C'est-à-dire en novembre, vous aurez l'occasion de clore la séquence inventaire, de dire ça c'était bien, ça c'était pas bien, voilà ce qu'il faudra éviter de refaire. C'est pour ça que vous avez fait ?

12:34
Invité

Oui, il y a un exercice qui est compliqué, il faut que tout le monde puisse s'exprimer. François Hollande était l'un des premiers à le faire, et puis d'autres viendront et seront donc amenés à dire leur part de vérité, et puis ensuite nous en tirerons des conclusions qui doivent nous permettre de dire aux Français, on a quand même les oreilles grandes ouvertes

12:54
Présentateur

et on comprend ce que vous nous dites. Sans chercher à tout prix la polémique, on voit bien que vous essayez de reconstruire quelque chose et vous avez un ancien président qui occupe la scène médiatique. C'est ça qui peut paraître difficile pour vous, ne serait-ce qu'au quotidien ?

13:09
Invité

Écoutez, moi je ne suis pas de ceux qui s'agitent inutilement. Je suis premier secrétaire depuis deux mois. François Hollande, il a été premier secrétaire il y a, faites les calculs, c'était en 97. 17, oui. Donc ça fait 21 ans. 21 ans de présence dans la vie publique, il est normal qu'il marque davantage les esprits quand il s'exprime quelque part. Moi, ça fait deux mois et les gens ne me connaissent pas encore. Et donc il est logique qu'il occupe davantage l'espace public. Ça ne me choque en rien, je trouve ça assez logique, normal, et ça ne me gêne pas non plus qu'il vienne valoriser ce qu'il doit l'être.

Simplement, ce que je dis, c'est qu'il a une parole qui est celle d'un ancien président, avec ce qu'il entend et ce qu'il comprend de ce qu'on dit les Français. Et puis il y a ce que le Parti Socialiste doit dire aussi, qui n'est pas forcément identique. Et donc que chacun puisse jouer son rôle. Et ensuite, ce sont les Français qui trangent toujours. Ce n'est pas moi qui décide pour qui que ce soit.

14:07
Olivier Faure

Est-ce que la traduction du changement, qu'on peut deviner à travers le débat sur le bilan, ce sera dès les élections européennes ? Est-ce que le discours du Parti Socialiste va s'éloigner un peu de l'Europe, devenir un peu plus eurosceptique, peut-être qu'il ne l'est ?

14:23
Invité

Non, eurosceptique, ce n'est pas du tout... Je crois qu'il n'y a personne au Parti Socialiste qui soit eurosceptique. Il y a des nuances entre nous sur la façon dont on doit maintenant corriger la trajectoire européenne. Mais personne n'est eurosceptique. D'Emmanuel Morel jusqu'à Stéphane Le Foll, il n'y a absolument aucune place pour l'euroscepticisme ou pour le souverainisme. Donc la question qui nous est posée maintenant, c'est de savoir comment, en étant européen, on donne un cours nouveau à l'Europe. On a aujourd'hui une Europe qui s'est coulée dans les habits de la mondialisation, qui en est finalement, malheureusement, souvent le cheval de Troie. Au profit de l'Allemagne ?

Au profit de l'Allemagne ? Au profit surtout d'un mouvement qui est bien plus large et qui est un mouvement de normalisation aux standards anglo-saxons, néo-libéraux. Et donc nous, nous voulons, au contraire, donner à cette Europe des accents qui soient différents. Qu'elle soit non pas une Europe qui soit l'Europe de la globalisation, mais une Europe qui soit celle qui crée un rapport de force avec le reste du monde pour imposer de nouvelles règles et faire en sorte que le modèle social unique au monde que nous portons, nous, Européens, puisse être un modèle qui soit progressivement contagieux au reste du monde et non pas l'inverse.

Donc nous ne serions pas la variable d'ajustement des autres pays.

15:42
Olivier Faure

Donc il y a un travail sur le fond à faire. Vous avez trouvé la personnalité qui peut incarner ce discours du Parti Socialiste pour l'élection européenne de mai 2019 ?

15:51
Invité

Non, pas encore, parce que je souhaite que nous procédions par ordre. Et nous allons commencer par travailler sur le fond. Donc il y a une phase contributive qui a commencé ce week-end, qui va se prolonger jusqu'à la mi-octobre. Y compris tous les Français qui le souhaitent pourront à la fois contribuer sur larugessocialiste.fr et puis ensuite, ils pourront voter sur la même plateforme puisque toutes celles et ceux qui veulent nous accompagner dans notre renaissance pourront le faire sur ce site.

16:19
Olivier Faure

Donc on va attendre un peu pour avoir un nom pour diriger votre liste aux européennes. Vous avez vu que...

16:25
Invité

Voilà, vous serez patient et nous aussi.

16:27
Olivier Faure

Les élections municipales, c'est encore plus loin. C'est à l'horizon de 2020. On a vu ce week-end un nouveau candidat à Paris. Paris est dirigé par... C'est une des dernières grandes villes. Elle est dirigée par une maire socialiste. Une des dernières grandes villes, pardon. Mais Strasbourg, Rennes, Clermont-Ferrand, Nantes... Ça m'a un peu échappé.

16:43
Présentateur

Mais enfin, c'est Anne Hidalgo qui dirige Paris. Une des dernières capitales, vous vouliez dire ? Oui, même la dernière capitale, vous pouvez aussi le dire.

16:49
Olivier Faure

Gaspard Ganser, qui est un ancien collaborateur de François Hollande, veut se lancer dans la bataille et il dit qu'il faut rendre son honneur à Paris. Et la formule a visiblement suscité pas mal de commentaires parmi les dirigeants socialistes. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, de ce slogan, rendre son honneur à Paris ?

17:04
Invité

Oui, elle n'est pas heureuse parce que je ne vois pas ce qui, avec le patron de la Noé, avec Anne Hidalgo, a pu manquer à l'honneur de Paris. Je crois au contraire que l'un comme l'autre, et l'une après l'autre, ont été au contraire l'honneur de cette grande ville, de cette capitale. Et ils ont remis au goût du jour l'audace que n'avait plus Paris depuis longtemps.

17:27
Olivier Faure

Alors l'honneur, je ne sais pas, mais pour Anne Hidalgo, ça ne va pas très bien. Je ne sais pas si vous êtes inquiet pour la poursuite de son mandat, mais Autolib, Vélib, il n'y a pas grand-chose qui marche à l'instant-ci.

17:37
Invité

Ça vous inquiète ? Ce qui m'inquiète, c'est la façon dont on s'est lancé de manière insensée dans une forme de Hidalgo bashing. Je vois qu'il y a même des gens qui lui reprochent les rats à Paris qui sont eux-mêmes, en réalité, liés aux inondations, et donc l'eau qui est montée, les rats qui sont repartis à la surface. Enfin, je ne vais pas vous faire de la biologie appliquée, mais simplement, ce que je trouve honteux, c'est qu'on puisse se servir parfois d'éléments qui ne relèvent pas du pouvoir d'un maire pour tout lui reprocher et son contraire. Donc elle a toujours votre soutien ?

Elle a toujours notre soutien, et j'y vois plutôt une maire qui a fait le choix de mener une politique courageuse. Et donc, qu'il s'agisse de politique migratoire, qu'il s'agisse de politique de logement, qu'il s'agisse de réaménagement de la capitale, etc., on ne peut pas lui reprocher grand-chose. Après des décennies d'immobilisme, il a fallu Bertrand de Lannoy, puis Anne Hidalgo pour remettre cette capitale en mouvement.

18:34
Présentateur

Vous restez avec nous, 8h51, l'essentiel de l'info de Vichcoupès.

18:39
Invité

Un changement de mentalité sur le cannabis. La moitié des Français favorables à une autorisation maîtrisée, réservée aux seuls adultes. Un tiers des Français reconnaissent en avoir déjà consommé. Et l'usage thérapeutique est aussi plébiscité par 8 sondés sur 10. C'est le résultat d'une enquête IFOP Terra Nova dévoilée ce matin par France Info. Au moins une douzaine de raffineries et de dépôts de carburant sont actuellement bloquées. C'est une action des agriculteurs pour protester contre l'importation d'huile de palme d'Asie du Sud-Est pour alimenter notamment la raffinerie de la Med.

Au détriment, selon les agriculteurs, des biocarburants produits en France et qui sont, eux, soumis à des normes beaucoup plus strictes. Pas question pour Malte de voir débarquer les 630 migrants de l'Aquarius. La Vallette refuse de céder aux injonctions de Rome. Le navire humanitaire empêché hier d'accoster en Italie par le nouveau ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, également chef de la Ligue. Le bateau est à l'arrêt pour l'instant entre Malte et la Sicile. Du Sud-Ouest au Nord de la France, les orages remontent. 27 départements sont placés en vigilance orange par Météo France. Du centre au Pays de la Loire jusqu'à l'Aisne en passant par l'Île de France.

Et le Tarn et le Gers sont, eux, toujours en alerte aux inondations.

19:54
Présentateur

Le rappeur Médine, qui n'était pas forcément très connu, va sans doute gagner en notoriété.

20:06
Olivier Faure

Il veut se produire au Bataclan au mois d'octobre. Il a écrit des textes en 2015, des textes critiqués à l'époque. Évidemment, ils ressortent aujourd'hui sur la laïcité. En fait, il dénonçait la laïcité. Et on va écouter Médine.

20:18
Présentateur

Voilà, crucifions les laïcars comme à Golgotha, c'était ce qu'ils disaient.

20:35
Olivier Faure

C'est un texte qui a été rendu public quelques jours avant les attentats de Charlie Hebdo en janvier 2015. Marine Le Pen, des élus républicains, demande l'annulation de son concert au Bataclan. Ils y voient une provocation parce que, selon leur analyse, le Bataclan est devenu un symbole auquel Médine ne peut pas être associé à cause de ces textes. Qu'est-ce que vous en pensez, Olivier Faureux ?

20:57
Invité

Je pense que ce texte, effectivement, qui se veut, selon l'auteur, une provocation, est plus que provoquant. C'est un texte qui est insupportable pour la République laïque. Et qu'effectivement, quelques jours avant Charlie, ils ont pris une résonance différente. Sans doute ne l'avait-il pas anticipé. Et d'ailleurs, y compris quand il parle de djihad, il parle du djihad personnel. Il ne parle pas du djihad contre les Occidentaux et contre le monde des mécréants.

21:27
Olivier Faure

C'est le précédent disque, mais paru en 2005, celui-là.

21:30
Invité

Oui. Et d'ailleurs, depuis, il s'en est expliqué, il s'en est même excusé. Et il est revenu sur ce titre non-laïque. Est-ce qu'il faut annuler le concert au Bataclan ? Moi, je ne suis pas de ceux qui sont dans l'interdiction. Mais il y a une question qui est effectivement posée. Peut-être que lui-même devrait se poser la question de savoir si sa présence dans ce lieu, qui est devenu hautement symbolique, ne justifierait pas une prise de distance. Qu'il puisse continuer à s'exprimer. Qu'il puisse, y compris, dire ce qu'il a à dire sur ce qu'il avait écrit à ce moment-là. Parce que je crois comprendre qu'il regrette d'avoir été celui qui a pu prononcer ses mots.

Et qu'il dit qu'il a été trop loin. Donc qu'il le dise plus fort parce qu'il faut que ces regrets couvrent les paroles qui ont pu être les siennes sur cette chanson. Et que les plus jeunes, qui sont forcément inspirés par sa musique, par ses paroles, puissent comprendre qu'on peut avoir été dans la provocation et se dire que parfois on va trop loin. Et qu'il faut, au contraire, dans un pays dans lequel on a la chance de vivre, et qui permet à chacun de vivre selon ses croyances, selon ses convictions, et bien c'est ça la laïcité. Et que ça devrait, non pas être condamné, mais au contraire, être loué, si je puis me permettre, ce terme quasi-religieux.

22:43
Olivier Faure

Donc le débat est ouvert. Et donc vous avez participé, Olivier Faure. On verra quelle évolution connaîtra cette question, de savoir si le rappeur Mehdi ne peut ou pas se produire au Bataclan. Un autre débat s'ouvre, c'est sur le cannabis. France Info rend public ce matin une étude de Terra Nova, qui indique que peut-être une légalisation, un encadrement de ce produit, aujourd'hui interdit, serait nécessaire pour la société française. On voit même que, profitant d'une faille législative, des magasins sont en train de s'ouvrir. Il y en a à Paris, dans le 11e, qui rencontrent, semble-t-il, un certain succès, depuis quelques jours, où on peut acheter du cannabis dosé... Cannabis light.

Oui, de manière particulière, pour effectivement ne pas contrevenir à la législation. Est-ce que vous seriez favorable à une dépénalisation du cannabis, Olivier Faure ?

23:26
Invité

Oui, je suis au moins favorable à ce que le débat puisse avoir lieu, parce que nous sommes à la fois le pays qui prohibe le plus en Europe, et celui où on consomme le plus. Cherchez l'erreur. Et on le sait bien, ce trafic génère, en fait, une économie parallèle dans les quartiers, qui déstructure complètement, y compris l'éducation des enfants. Comment voulez-vous expliquer à un enfant qu'il faut qu'il aille à l'école, quand il peut gagner plusieurs milliers d'euros par semaine, simplement en faisant le guet ? Donc, il y a une question à se poser. Il faudrait ouvrir le débat. Il faudrait au moins ouvrir le débat.

Moi, je pense qu'il faut, après, je ne veux pas le préempter, je ne veux pas, moi seul, donner une position qui ne serait pas une position partagée. Mais... Mais vous avez un avis personnel sur le sujet ? Personnellement, je suis, pour qu'on ait au moins à expérimenter un certain nombre de lieux, cette possibilité, et de voir comment les choses se déroulent. Parce que, quand on passe... Enfin, il suffit de voir nos voisins. Il y a des voisins qui, depuis très longtemps, sont passés à, y compris, la légalisation, et qui, donc, voient la consommation se stabiliser, et non pas augmenter.

Et sans qu'il y ait de report, parce que c'est souvent la crainte qui est exprimée, sur d'autres drogues, puisqu'on nous dit, mais attention, si ce n'est plus le cannabis qui procure cet argent, ce sera avec la cocaïne, avec l'héroïne, avec l'ecstasy, et tout ce que vous voulez. En réalité, visiblement, la marche qui a franchi entre le cannabis et les drogues dures est une marche qu'on ne franchit pas comme ça. Donc, au moins, le tester, en un certain nombre de départements, c'était l'appel du maire de Sevran, qui, pendant longtemps, qui est directement confronté à la question.

Et donc, après tant d'années d'immobilisme, peut-être faudrait-il enfin se poser les bonnes questions et se dire que, oui, là aussi, les choses doivent changer. Il n'y a pas que le PS qui doit changer. Il faut aussi qu'en France, ça change.

25:16
Présentateur

Merci beaucoup, Olivier Faure. Très bonne journée.