L'édito de Paul Sugy : «La gauche peut-elle gagner sans Jean-Luc Mélenchon ?»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
la politique tous les matins avec vous Paul Suji journaliste au Figaro. Bonjour Paul. Bonjour Romain.
Sans la France insoumise, la gauche ne pèse plus grand-chose dans les dans les sondages, mais elle a de nombreux candidats pour la représenter en 2027. Paul, certains d'entre eux étaient en Bretagne ce weekend. Oui, il y a une loi qui pourrait valoir au Parti socialistes comme elle vaut chez les Républicains, c'est que moins on a des lecteurs, plus on a de candidats.
Et c'est vrai qu'on en a encore eu la démonstration à gauche ce weekend. C'est un rendez-vous désormais traditionnel à l'initiative du président de la région Bretagne Loï Xenchir qui a réuni ce weekend plusieurs personnalités de la gauche et parmi elles plusieurs prétendants au trône notamment de qui crèvent l'écran chez les militants Raphaël Luxman et François Hollande. Chacun des deux s'imagine un monde rempli d'hypothèses subtilement agencées les unes aux autres pour qu'avec un peu de chance et beaucoup de culot, ça puisse le faire.
Si la gauche s'unissait derrière lui, si Jean-Luc Mélenchon pour une raison inouie se mettait à baisser dans les sondages, si le candidat centrist ou macroniste perdait son aile gauche, si la conjoncture internationale ou politique favorisait de nouveau un vote de gauche en France, alors peut-être, en fait, au fond, la gauche une course d'athlétisme commentée par Patrick Montel, alors peut-être et ben ça pourrait le faire. Alors, vous pensez vraiment que l'un l'un d'entre a ses chances ou pas ? C'est compliqué, mais euh Gluxman est un bon candidat sur le papier.
Il est bien entouré. Euh il a un certain charisme, une originalité qui le distingue à à gauche. Bien sûr, son refus de toute union, le handicap, il était la caution morale de la gauche aux élections européennes.
On a vu la vitesse avec laquelle il a été écarté ensuite lorsqu'il a fallu faire des accords sur des circonscriptions aux élections législatives. François Hollande, lui incarne par le simple fait qu'il envisitage à haute voix le fait de pouvoir se représenter le vide et l'absence de renouvellement à gauche. Il était entouré ce weekend par Jean-Pierre Jouillet, son ancien secrétaire général à l'Élysée.
Un homme de plus de 70 ans qui en s'affichant au côté d'un ancien président de la République donne un petit peu l'impression d'une réunion des anciens combattants. Et puis bien sûr bah il y avait cet éléphant dans la pièce, non pas l'éléphant socialiste, mais l'éléphant des sondages. Mathieu Pigas, homme de médias qui ne cache pas le fait de se mettre au service d'un combat politique à gauche ou à l'extrême gauche, l'a dit de manière assez nette.
C'est rapporté par Richard Flurin dans le Figaro. Il a osé assumer ce qu'au fond tout le monde pensait sans sans le dire. Les chances de victoire, disait-il sont proches de zéro si on part divisé quand on pèse tous ensemble à peine 30 %.
Sans union, la gauche ne peut pas l'emporter Paul hein. En tout cas pas sans Jean-Luc Mélenchon. Aujourd'hui, il faut avoir le courage de le reconnaître peut-être pour les socialistes, pour les écologistes, pour les François Ruffin et tous ceux qui aimeraient exister sans la France insoumise.
La réalité, c'est que c'est Jean-Luc Mélenchon, l'homme fort, que c'est de lui que viennent les idées notamment de l'Institut Laboessie qui est une plateforme d'idée mise en place par la France insoumise pour la France insoumise mais qui produit un travail de renouvellement intellectuel à gauche. Le concept de Nouvelle-France, ça vient de l'Institut la Boesséie. Tous les grands intellectuels euh de la gauche euh sont passés passent par des conférences à l'Institut Labessi.
Le renouvellement des générations, du personnel politique, des talents sont à la France insoumis et la gauche s'invente des histoires en refusant de voir qu'au fond la base électorale de la gauche française s'est à la fois rétrécie, certes, mais elle s'est aussi radicalisée et que une gauche de compromis ou une gauche, dis-on de gouvernement selon l'expression consacrée à un espace politique extrêmement rétréci maintenant. Et de fait, les alliances électorales concluent année après année avec l'extrême gauche montrent bien qu'en réalité tout le monde en est bien conscient. Il faut arrêter de se raconter des histoires.
Paul Suji avec nous tous les matins. Merci beaucoup Paul.
Jean-Luc Mélenchon