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interviewPublic Sénat· 26 mai 2026 44 min

Présidentielle : Philippe et Mélenchon au coude à coude

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

— Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue, c'est Sens Public. Votre rendez-vous de débats, chroniques et reportages. 90 minutes, 2 grands thèmes seulement pour donner à nos experts le temps de donner du sens à l'actualité et l'événement politique de ce 26 mai, c'est notre baromètre Odoxa qui sonne comme une alerte pour Edouard Philippe et sanctionne un début de campagne réussie de Jean-Luc Mélenchon.

Le maire du Havre dévise quand le leader insoumis progresse l'hypothèse d'un second tour bardella mélenchon devient-elle crédible ce baromètre va-t-il servir d'électrochoc pour que le reste de la gauche s'unisse derrière un seul candidat on en débat dans une minute et Et puis dans la seconde partie de ce sens public, Vladimir Poutine face aux difficultés économiques grandissantes de la Russie. Les statistiques montrent que la croissance économique est malheureusement en baisse depuis deux mois consécutifs au total le PIB s'est contracté de 1 ,8 % sur la période janvier février les industries manufacturières et la production industrielle dans son ensemble se sont retrouvés dans le rouge tout comme un secteur aussi important est systémique que la construction le président russe ressort de vieilles recettes de communication pour tenter de regonfler sa popularité est il plus fragile qu'il n'y paraît pourquoi vient-il de renforcer les mesures de sécurité autour de lui pourrait-il mettre fin à la guerre en Ukraine ? Cet été, c'est une plongée dans la paranoïa du dictateur russe que je vous propose dans trois quarts d'heure.

Et comme tous les jours, j'attends vos réactions grâce à notre QR code. Posez vos questions à nos invités. Tiens, sur ce, coup de chaud pour Edouard Philippe, l'ancien premier ministre d'Emmanuel Macron va devoir relancer sa campagne.

Clément Guillaumeau. Il a perdu quatre points en deux mois dans les sondages. Selon le dernier baromètre d'Oxa-Mascaré pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, Edouard Philippe est désormais crédité de 17 % des intentions de vote.

Une perte de vitesse pour le candidat Horizon alors que dans son propre camp, Gabrielle Attal a lui aussi déclaré sa candidature ce week-end. Je vois bien le petit jeu de certains qui cherchent à nous opposer en permanence avec Edouard Philippe, à nous faire parler de l'un de l'autre. Je rentrerai pas là dedans.

Encore une fois il va y avoir une campagne, on va voir le projet de chacun, on va voir les propositions de chacun. De la droite au centre, ce duel Attal-Philippe alimente les divisions. Je déplore que ceux qui se présentent comme étant des personnes qui peuvent s'entendre en février prochain, aujourd pourrait montrer des différences trop fortes qui rendraient une alliance impossible.

Je pense qu'il faut un seul candidat. Aujourd'hui, le mieux placé, c'est Edouard Philippe. C'est à lui de nous rassembler et de montrer qu'il est capable de rassembler des Ces divisions risquent d'affaiblir le camp présidentiel.

C'est ce que redoute Elisabeth Borne. -"Toute l'énergie qu'on peut perdre à être en compétition au sein de ce bloc central, c'est de l'énergie qu'on ne met pas pour proposer des réponses aux français et pour dénoncer les extrêmes. Déjà en baisse dans les sondages, un autre élément pourrait fragiliser un peu plus Édouard Philippe dans les semaines à venir.

L'ancien Premier ministre est visé dans une enquête du parquet national financier portant sur la gestion de la cité numériques du Havre, avec des soupçons de détournement de fonds publics. Notre baromètre Odoxa mascarée pour la presse quotidienne régionale et public Sénat qui fait l'événement avec Edouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon au coude à coude. On détaille ses résultats, on les commente, on les analyse avec Céline Braque.

Bonsoir, bienvenue. Vous êtes cofondatrice directrice générale de l'Institut de sondage au DOXA et vous publiez ce livre en images, enfin en dessin. Le syndrome de l'imposteur, c'est aux éditions Marabulle, co-écrit avec Fanny Briand et Eric Giacometti.

Pascal Perrino, bonsoir, bienvenue Pascal, vous êtes professeur des universités à Sciences Po et vous publiez avec Anne Muxel l'inventaire des peurs françaises, la société à l d'un sentiment aux éditions Odile Jacob. Aurore Malval, bonsoir. Heureux de vous retrouver.

Bienvenue. Vous êtes grand reporter à Marianne et Mickaël Darmon. Bienvenue, Mickaël.

Comme tous les mardis, à mes côtés, éditorialistes pour sens public ou on va commencer par Édouard Philippe, Céline Braque. Où perd-il le plus de terrain ? Est-ce qu'il y a des catégories, des familles d'électeurs qui sont plus problématiques pour lui en ce mois de mai ?

Oui, c'est-à-dire que Édouard Philippe finalement continue à avoir ses bases, c'est-à-dire des sympathisants du centre qui vont très massivement voter pour lui, des sympathisants de droite modérément, des personnes âgées, ce qu'on appelle les 65 ans et plus, qui continuent à voter un peu pour lui. Mais là c'est là que ça commence déjà à être un peu difficile parce que par exemple Jordan Bardella est passé devant lui désormais auprès des Français les plus âgés, ce qui veut dire beaucoup. C'est-à-dire qu'on voit que Jordan Bardella rassure de plus en plus cet électorat-là.

Et le problème d'Edouard Philippe, finalement, ce n'est pas tant ses baisses auprès de certains électeurs que le fait que, finalement, il voit d'autres que lui. Et en l'occurrence, un autre que lui, Jean-Luc Mélenchon, lui, progressait très nettement. Puisqu'en intention de vote, il gagne quatre points et que ça signifie qu'on est à un an de la présidentielle.

Ce n'est pas prédictif, bien évidemment, mais ça montre bien qu'on est dans un moment où Édouard Philippe, il a beau être connu, les Français se demandent qui il est. Et si sa campagne démarre vraiment ? Parce que c'est aussi l'éternelle question autour d'Édouard Philippe qui est partie il y a très longtemps.

Effectivement, on le rappelle, c'est pas prédictif, il y a de la marge d'erreur. Elle est toujours signalée dans les sondages et dans les baromètres qu'on donne. Mais c'est quand même très intéressant de voir les tendances, les dynamiques.

C'est ça ce que nous apprenons. D'ailleurs, les marges d'erreur permettent de voir aujourd'hui que finalement, Jean-Luc Mélenchon est si près d'Edouard Philippe...

Qui pourrait être au second tour. Oui, c'est-à-dire qu'Edouard Philippe, son plus petit score, ça pourrait être plutôt 15. Et Jean-Luc Mélenchon serait à 18, donc il pourrait tout aussi bien passer devant lui au premier.

Alors on va regarder dans le détail, on les a déjà vus, ses intentions de vote, encore une fois, c'est pas prédictif et il y a de la marge d'erreur. Mais bon, il y a des dynamiques. Jordan Bardella est à 32%, Edouard Philippe perd 4 points à 17%, Jean-Luc Mélenchon en gagne 4 à 16%, Raphaël Glucksmann est à 11%, Bruno Retailleau à 9, voilà pour les 5 premiers.

Comment vous expliquez Pascal Perrineau, on peut parler de coups de mou quand même du maire du Havre Alors, depuis qu'il est mesuré, par exemple, par Odoxa, il nous a habitués à des fluctuations avec un palier bas 16-17 et un palier haut 21. Et ça fluctue alors qu'il y en a d'autres qui sont dans des perspectives déclinantes et d'autres dans des perspectives, vous venez de mentionner Mélenchon, dans des perspectives plutôt ascendantes. Alors, en effet, comme l'a dit Céline Braque, il est victime, pas simplement de lui-même et de sa difficulté après avoir eu des effets d'annonce en disant mon projet sera du lourd.

Quand on annonce cela, il faut que le lourd soit à un moment ou à un l'autre se révèle. Ce sera massif, c'est le terme d'Isaïe. Et en effet, il faudrait que les Français se rendent compte vite des axes massifs de son problème.

Je crois que là, ça ça urge. Mais il est victime de la concurrence. C'est vrai que dans l'espace qui est le sien, il y a de la concurrence.

Sur son aile droite, il y a Bruno Retailleau. Sur son aile gauche, Attal, donc il est dans une situation qui est une situation fragile. Ce n'est pas le cas pour Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon, dans la gauche de la gauche, il n'y a aucun concurrent. On y reviendra en Et comme c'est l'anarchie dans la gauche socialiste, il en profite. Il ramasse les socialistes égarés.

Voilà. Donc, Edouard Philippe, il est aussi victime d L'URN, parce que l'ERN devient toutes les enquêtes Le Monde. J'ai regardé ça récemment en détail dans le baromètre Sevipov.

Ce ERN devient un un parti, à certains égards, de gouvernement. C'est-à-dire qu'ils commencent à parler...

Vous citiez, Céline, les personnes âgées, mais c'est également sensible auprès des cols blanc, il commence à avoir un impact dans des couches sociales qui, jusqu'alors, disaient, même lorsqu'il se sentait proche des idées d'URN, non, l'URN c'est pas pour nous, c'est pas sérieux. Et là, il est en train de se passer quelque chose de très important. Oui, qui est peut-être un mouvement un peu de fond d'opinion à vérifier, évidemment.

Il y a un terme qu'on peut employer. Alors, évidemment, on est toujours assez serein et on essaye de pas surréagir aux baromètres. Mais là, celui-là, il fait quand même l'événement.

Est-ce qu'il va fonctionner un peu comme un électrochoc en malval, notamment à droite pour Edouard Philippe sur la stratégie des autres candidats ? Forcément, quand même ? Forcément, un petit peu.

Parce qu'effectivement, Edouard Philippe, vous l'avez dit, fluctue beaucoup. Généralement, quand il baisse, c'est quand il s'exprime. Jusqu'à présent, cet attentisme, en tout cas, dans le début de sa campagne, lui avait plutôt servie lorsqu'il avait commencé à dévoiler quelques axes de ce projet massif, où d'ailleurs il promettait un petit peu du sang et des larmes et un projet assez drastique aussi pour la France.

Ça n'avait pas forcément eu des effets très favorables dans l opinion. Mais le fait est qu'effectivement, jusqu'à présent, ayant toujours été le candidat le premier, enfin le plus haut dans les sondages, il avait un petit peu cette posture de favori. Là, il y a quand même peut-être pour ce camp en tout cas du bloc central, du socle commun.

Si je vais jusqu'à une partie des LR qui essaie d'ailleurs de son côté même qu'il faudrait bien débrancher Bruno Retailleau pour qu'il n'ait en fait qu'il n'y ait qu'un seul candidat de la droite et du centre dès le premier Ce sondage, évidemment, a un petit peu valeur d'électrochoc. C'est-à-dire que ça dit, voilà, là, le péril que l'on redoute, un second tour Mélenchon-Le Pen ou Mélenchon-Bardella, eh bien, il est absolument possible, Il a toutes les chances d'advenir, donc il faut s'unir. On va pouvoir répéter les mêmes arguments pour la gauche social-démocrate dans quelques instants.

C'était quelque chose qui était plutôt rare à droite, À droite, qui était assez fréquent, en tout cas je pense par exemple à l'épisode 2002 où la gauche s'est perdue dans des multiples candidatures, pour la droite, d'être comme ça éparpillée en mode puzzle. On ne compte pas ces C'est quasiment le multiplexe du Bloc central. On a quasiment tous les jours soit une candidature, soit quelqu'un qui dit peut-être si les circonstances sont favorables.

D'ailleurs même l'attitude de Gérald Darmanin qu'on voyait tout à l'heure dans votre reportage n'est pas du tout la même cette semaine que la semaine dernière où il disait « si Dieu veut, peut-être que je pourrais me présenter ». Donc là, on voit quand même qu'il y a une nuance et évidemment c'est aussi lié à ces résultats. – Évidemment, et comme il n'y a pas de primaire organisée, d'une certaine façon, l'une des leçons du baromètre, c'est de dire qu'Edouard Philippe est loin de plier le match pour l'instant.

Et donc ça complique effectivement l'équation. Vous testez aussi l'hypothèse d'un second tour entre Edouard Philippe et Jordan Jordan Bardella, qu'est-ce qu'on peut en dire ? Le président du RN qui repasse devant.

Voilà, on était sur du 52-48 en mars en faveur d'Edouard Philippe, cette fois-ci. Donc deux mois après, c'est exactement l'inverse qui se produit. Aujourd'hui, ça veut dire aussi qu'on est sur du 50-50.

Mais là où Édouard Philippe, dans la foulée de sa victoire au Havre, avait engrangé des points parce qu'on se disait au fond il a réussi avec panache à remporter cette ville avec panache parce qu'il avait dit justement que s'il perdait le havre il ne se présente pas et donc là ça lui avait donné un petit boost qu'il perd cette fois ci est ce que il ya une question d'un de nos téléspectateurs merci de participer un patrick qui nous écrit de lyon l'enquête pour détournement de fonds publics au havre va-t-elle freiner la course des droits philippe à la présidentielle Est-ce que ces rentrées, d'après vous, ça avait déjà infusé dans l'esprit des personnes que vous avez interrogées ? Ce type d'affaires, tant qu'elles ne sont pas non plus encore ultra médiatisées, n'ont pas un impact majeure. Peut-être un petit impact, on ne peut pas négliger ça.

Il y a aussi le fait qu'on est dans un moment vraiment d'épuisement du bloc central macroniste, c'est-à-dire que dans notre baromètre politique, on mesure les cotes de popularité. On voit que Macron continue à perdre du terrain, il a seulement 23 % de popularité, le corps nu 31%, moins 2%. Tout le monde dans nos cotes d'adhésion au sein du bloc central perd des points.

Et alors que jusque-là, on avait plutôt des phénomènes de vastes communicants, c'est-à-dire que quand Gabriel Attal gagnait du terrain et voir Philippe en perder et vice-versa, on a l'impression que tout le monde perd un peu de terrain et que le discours de bonne gestion, de sérieux, etc. n'est pas le discours que veulent entendre actuellement aujourd'hui les Français. Ce qui est sidérant, c'est qu'en même temps, effectivement, ces évolutions de sondage, elles viennent alors que les candidats ne disent rien, en réalité.

C'est-à-dire que je pense que le moment où ce qui sera déterminant, c'est quand on reviendra sur le sujet des retraites et que chacun sera amené à dire comment il voit l'évolution de ce dossier, cette réforme qui a été suspendue, en réalité enterrée à l'époque sous la présidence Macron récemment et qu'il faudra revenir pour dire ce que l'on fait, parce que le dossier est loin d'être terminé. Or, un candidat comme Édouard Philippe, il va falloir qu'il se repositionne par rapport aux 67 ans, alors que les 64 ans ne passent pas. Les 67 ans qui lui sont régulièrement rappelés par ses adversaires. – Donc on est quand même, on est juste au début des problèmes et des mutations de chacun des candidats. – Je suis assez d'accord avec vous, peut-être que les candidats ne disent rien ou presque rien sur le fond, sur des propositions structurantes.

En revanche, les déclarations de candidature, alors ça on en a… – Les torts. – Tiens, on va en voir une qui concerne directement Edouard Philippe puisqu'on est sur le même territoire politique, c'est celle de Gabriel Lattal vendredi dernier, il officialisait sa candidature pour faire de la France le pays de l'avenir. Je cite, il était en déplacement dans l'Aveyron.

Écoutez. – On n'en peut plus de cette politique française où c'est 50 nuances de gestion du déclin et on explique matin, midi et soir aux Français que tout a vocation à être pire et qu'on peut éventuellement se protéger un peu individuellement pour que ça soit moins pire pour soi. Non, au contraire, on peut avoir des vies meilleures à condition de nous en donner les moyens.

Alors oui, j'ai cette conviction et oui, c'est pour toutes ces raisons. C'est parce que j'aime profondément la France et que j'aime profondément les Français que oui, cher Pierre, j'ai décidé d'être candidat à la présidence de la République. qui est le maire de Mur-de-Barrès.

Ça nous rappelle un Jacques Chirac qui avait répondu à une question, je crois que c'était dans la ville d'Avignon, si je ne me trompe pas. 50 nuances de gestion du déclin. Ce ne serait pas une petite pique à Édouard En Philippe, en Malval ?

Effectivement. Il y a beau y avoir un comité de liaison entre les deux candidats pour qu'ils ne se tapent pas trop dessus et pour que le rassemblement puisse advenir, on a bien l'impression, même lorsque ce n'est pas direct, comme là cette pique on peut quand même la prendre directement pour Edouard Philippe mais les entourages des deux candidats sont aussi extrêmement féroces notamment auprès des journalistes l'un envers l'autre donc c'est vrai qu'une campagne de toute façon ça fait du mal et puis je dirais que Edouard Philippe et Gabriel Attal c'est aussi actuellement un petit peu deux hommes pour un fauteuil et d'ailleurs un fauteuil qui est celui de Jacques Chirac tel l'un et l'autre ont choisi un petit peu comme figure tutélaire le fait de s'inscrire dans les pas et évidemment personne n'en envie d'être l'Edouard Balladur de l'affaire c'est à dire à la fois le traître et puis celui qui va perdre et c'est vrai que je trouve que même d'ailleurs dans cette inspiration on voit bien le match entre les deux hommes et qui d'ailleurs est quelque part un petit peu souhaité d'ailleurs surtout par Gabriel Attal c'est à dire d'être celui qui va faire face à Edouard Philippe et qui peut éventuellement prendre sa place s'il perd s'il descend dans les sondages ce qui va être intéressant de voir c'est justement là vous avez testé avant l'entrée en campagne réelle de Gabriel Attal avec sa déclaration de candidature est-ce que ça va avoir un effet une chose est sûre en tout cas Gabriel Attal a très envie et je dirais que cette énergie quand même cette volonté elle se voit par rapport à un candidat qui apparaît plus effacé aujourd'hui ça peut durer combien de temps Pascal Périnoptien il y a bien non mais vous voyez là on va encore une fois on va vraiment avoir une un débat en miroir quand on va parler de la gauche je vous poserai à peu près les mêmes questions préparez vous je suis désolé à quel moment ces candidats vont se dire oula danger il faut quand même qu'on se réunisse vous avez raison là on est dans une phase qui est une phase tout à fait particulière chacun sort du bois cherche à se compter même lorsqu'il ne pèse pas lourd et qu'il sait lui-même qui ne pèsera pas lourd encore dans quelques mois mais il faut se marquer et la candidature à la présidentielle c'est souvent utilisé dans une carrière politique même lorsqu'on sait qu'on n'a aucune chance et on assiste à cela à droite à gauche et ailleurs mais la question de la temporalité est essentielle parce que allez en novembre on aura des mesures qui seront des mesures là à quelques encablures de la présidentielle donc il faudra bien que le bloc central se décide parce que si le bloc central va à deux ou trois candidats il est sûr absolument sûr de ne pas être au ce gros tour et là même s'il y a un candidat, c'est au fond l'hypothèse qu'a retenue aujourd'hui Odoxa, il n'est pas sûr d'être au second tour. Donc le principe de réalité après le principe de plaisir comme disait le vieux père Freud, le principe de réalité va s'imposer.

Et à moins d'être un peu échevelé, irresponsable, ce qu'est toujours possible, les candidats vont être obligés de se de rencontrer, de parler et de définir, au fond, des modalités de retrait au maximum en janvier et de dire en janvier que je me retire parce que, voilà, dans mon camp, je n'ai pas de chance. Et je crois que, au fond, de Bruno Retailleau à Gabriel Attal, il faudra que cet ensemble trouve une modalité, sinon aucun des trois ou aucun des quatre ne pèsera au second tour. Cette histoire de temporalité elle est passionnante parce qu'on vient de dire il faut qu'Édouard Philippe commence à donner du massif et en même temps il faut qu'il en garde aussi pour plus tard au moment où la cristallisation de l'opinion se fera vraiment.

En fait, il y a toujours deux campagnes dans une campagne présidentielle. Il y a celle à laquelle on assiste à son début et qui va durer jusqu'à l'automne, en tout cas à l'hiver, où chacun va se mesurer, peut prendre date pour l'avenir et devenir à jamais l'ancien candidat à l'élection présidentielle. Ça on le comprend et évidemment chez Gabriel Attal, on le saisit bien.

Et puis il y a aussi ce qui se joue en ce moment entre les deux, c'est l'histoire du macronisme. Parce qu'au début de cette séquence, de cette période, cette présidence, lorsque Mme Macron venait d'être élu, il y avait des attaques très importantes, permanente qui partait des jeunes macronistes vers Édouard Philippe, qui n'acceptaient pas sa présence à Matignon, en disant qu'on n'a pas élu Emmanuel Macron pour avoir Édouard Philippe à Matignon. Et c'était Gabriel Attal qui animait tout le monde.

Donc de ce point de vue-là, ils sont aussi...

Ils vont régler les comptes pendant quelques mois et on verra ensuite dans quel état ils vont sortir. Alors c'est toujours intéressant d'avoir un ressenti de téléspectateurs, peut-être de sympathisants, je ne sais Je ne sais pas, c'est Franck qui nous écrit de Nice. Je ne sais pas, Franck, je ne vous fais pas dire ce que vous ne dites pas.

Un ticket Philippe Attal serait -elle la solution finale ? La solution finale, ça me sonne drôlement aux oreilles, mais bref. Attal au perchoir, Philippe à l'Elysée, car il il pourra faire l'union de la droite et du centre.

Philippe à l'Elysée, cette idée que c'est lui le mieux placé pour réaliser l'union, est-ce que ça fait partie des arguments donnés par ses sympathisants comme Bardella Le Pen à l'époque Le Pen, Bardella en fait c'est pas dans la culture française de faire de cette manière là je pense que c'est pas bon de faire les choses de manière aussi anarchique et ça explique en fait pourquoi aujourd'hui les français sont complètement perdus parce qu'au fond ce qui est un peu triste c'est qu'on nous demande à nous sondeurs d'être les faiseurs de rois et que par exemple Cette entente Édouard-Philippe-Gabriel Attal n'est faite que sur la base du fait que ce sont les deux les moins mal placés vis-à-vis du Rassemblement national. Parce que comme tout le monde a renoncé à faire des primaires, à se lancer dans des exercices un peu démocratiques, on demande aux instituts de sondage de faire le tri entre les personnalités déjà installées. Et en plus ça laisse aucune chance à une personnalité qui n'aurait pas un minimum de notoriété ou de popularité de pouvoir se présenter.

Et en réalité c'est ce dont souffrent tous ces élus, on a parlé du centre, on parlera de la gauche, mais qui sont tous... – Ils abandonnent la politique. – Ils abandonnent la politique en fait. – Exactement. – Parce qu ils disent au sondage qu'ils critiquent en permanence, c'est vous qui allez gérer. – C'est vous qui allez être faiseur de roi.

Eux, ils se précipitent à présenter des candidatures sans donner vraiment d'éléments programmatiques ou d'identité. – Un dernier mot, on parle de la gauche tout de suite. – Sur le ticket, sur le ticket, en fait, Attal-Philippe, il n'y a pas vraiment de sens parce que du côté Bardella-Le Pen, c'est le Rassemblement national qui est en gros deux chefs de parti, deux figures, qui espèrent une majorité absolue écrasante à l'Assemblée nationale. pour pouvoir gouverner.

Dans le cas d'une victoire d'Edouard Philippe, il n'est pas du tout certain que l'Assemblée nationale sera justement majorité écrasante d'horizon. Il faudra nouer des Et de partir comme ça avec un ticket qui empêchera des coalitions, c'est aussi une autre paire de manches. Allez, on parle comme promis de la gauche avec Alexandre Poussard qui nous rejoint tout de suite.

C'est l'heure de la chronique dans le sens public. Bienvenue pour les sympathisants de gauche qui feraient déjà un bon candidat à la présidentielle. D'abord, on va commencer par le camp de la gauche radicale.

Pour 72 % des sympathisants de cette famille politique, c 'est Jean-Luc qui ferait un bon candidat à la présidentielle. Il est loin devant Bali Bakayoko, le nouveau maire insoumis de Saint-Denis qui récolte 44 % d'avis favorables. Et devant François Ruffin à 42%, l'ancienne insoumise qui s'est déjà déclaré candidat à la présidentielle et notamment à une primaire de la gauche.

Du côté de la gauche modérée, 72 % des sympathisants plébiscitent Raphaël Glucksmann pour les représenter à la présidentielle, le leader de place publique qui pourrait annoncer sa candidature à l'été. Il devance l'ancien président de la République, François Hollande, à 55 % d'avis favorables, ainsi que le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, à 40%. Et l'ancien Premier ministre, Bernard Cazeneuve, a 39 % d'avis favorables de la part de ses sympathisants de la gauche modérée.

Et donc on va revoir comment tout cela se traduit dans les intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Eh bien ce qui est frappant, c'est la dynamique de Jean-Luc Mélenchon, le leader Insoumis récolte 16 % d'intention de vote au premier tour de la présidentielle. C'est 4 points de plus qu'en mars dernier et cela l'amène aux portes du second tour, juste derrière Edouard Philippe, deuxième avec 17%.

A gauche, derrière Jean-Luc Mélenchon, il y a Raphaël Glucksmann avec 11 % d'intention de vote et beaucoup plus loin derrière la patronne des écologistes Marine Tondelier, candidate à une primaire de la gauche. Elle récolte pour l'instant 4 % d'intention de vote et on peut citer aussi le leader communiste Fabien Roussel avec 2 ,5 % des suffrages dans ce sondage. Ce qu'on observe dans ces intentions de vote à gauche pour la présidentielle, c'est le croisement des courbes entre Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon dans le baromètre de novembre 2025.

Le leader de place publique était à 13 ,5 % d'intention de vote, 2 points devant Jean-Luc Mélenchon et puis la dynamique s'est inversée ces derniers mois et désormais le leader insoumis devant Des intentions de vote à cette présidentielle confirment un changement dans la popularité des personnalités politiques à gauche. Ce qui est notable dans ce baromètre du mois de mai, c'est que j'en Luc Mélenchon, redevient la personnalité politique préférée des sympathisants de gauche avec 49 % d'adhésion. Il a gagné 13 points en 6 mois auprès du peuple de gauche et là encore il fait le chemin inverse d'un Raphaël Glucksmann qui a perdu 14 points sur la même période ou qu'un François Hollande qui a perdu 5 points en 6 mois dans ce palmarès d'adhésion.

Merci beaucoup pour tous ces détails Alexandre, à tout à l'heure dans notre second débat, c'est la quatrième candidature à la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, Pascal Perrineau. Est-ce qu'il applique d'après vous les mêmes recettes qu'en 2022 ? On ne va pas remonter sur les trois précédentes campagnes, déjà celle de 2022 parce qu'il y a toujours cette idée d'un Mélenchon qui a théorisé le chaos, le conflit et qui d'un seul coup ça s'agit.

C'est classique, il y a une stratégie un peu différente, comment vous l'analysez ? Là elle est plus caricaturale que d d'habitude parce que c'est vrai qu'il y a eu lors des derniers mois et même des deux dernières années, un visage de Jean-Luc Mélenchon qui était extrêmement le grand perturbateur, celui par lequel le scandale, la division, la polarisation arrivait à gauche. Et puis on le voit depuis quelques semaines un nouveau Mélenchon mais qu'on a connu dans le passé veut se présenter en Mitterrand bis.

Il faut savoir qu'il est fasciné par le personnage de François Mitterrand. Et donc il se dit comme c'est un peu le chaos de candidature à gauche et bien je vais essayer de me repositionner du centre de la gauche de la gauche au centre de ce qu'on appelle depuis François Mitterrand d'ailleurs le peuple de gauche. C'est ce qu'il tente de faire et là il y en a les premiers éléments mais attention il est annoncé à 16 % d 'intention de vote.

Alors si on rappelle l'itinéraire électoral de Jean-Luc Mélenchon, l'élève Mélenchon avait fait un petit score en 2012 il avait fait 11 % puis après il progresse, il fait du 17 % et la dernière fois en effet il était à 500 000 voix derrière Marine Le Pen et il faisait presque 22%. Donc là pour l'instant il est à son niveau de 2017 donc il ne s'est pas imposé complètement à gauche, on peut avoir encore des surprises. Mais la qualification au second tour va peut-être se jouer un peu plus bas que d'habitude.

Mais voilà mais il est maintenant et c'est ça l'intérêt de ce Baromethodoxa, ça montre qu'un second tour que certains craignent beaucoup. Mélenchon Bardella c'est-à-dire entre les deux parties extrêmes et bien oui est possible et que tous les autres candidats dits des forces de gouvernement seraient exclués. Alors ça on y revient vraiment dans 2-3 minutes parce que c'est le thème de l'éditorial de Michael.

Je vous propose d'écouter Jean-Luc Mélenchon 8 mai dernier, on est quelques jours après son entrée officielle en campagne et donc 2 principes fondamentaux de la vie vont s'affronter, chacun pour soi ou tous ensemble. C'est ça l'enjeu entre les trois droits et les deux. Voilà ce qu'il fait.

Alors, je vais vous dire ayez confiance La France n'est pas fasciste. La France n'est pas pétainiste. La France ne capitule pas.

Et donc, comme promis, Mickaël, vous analysez cette hypothèse, ce risque d'un face-à-face, la France insoumise, Rassemblement national, pour la présidentielle l'année prochaine. Vous dites démocratie française au bord de la rupture. Et oui, souvenez-vous, vraiment, il y a quelques années encore, l'hypothèse de ce second tour opposant la France insoumise au Rassemblement national, c'était du pur fantasme médiatique, et aujourd'hui voilà qu'on en discute sur la base de sondages qui sont fiables, les états-majors politiques et une partie de l'opinion d'ailleurs aussi envisage cette configuration, c'est-à-dire la configuration d'une rupture politique qui ne serait pas simplement un choc électoral, on serait dans un bouleversement historique du paysage politique français avec des conséquences profondes sur une stabilité institutionnelle et le fonctionnement démocratique ainsi que la cohésion nationale.

Parce que depuis 2002, la vie politique française est structurée autour d'un réflexe, faire barrage à l'extrême droite. Et un duel LFI-RN, puisqu'on ne connaît pas encore vraiment le candidat du côté RN, ferait exploser ce schéma parce qu'on sait qu'une partie importante de l'électorat modéré ne reconnaît pas pleinement le caractère républicain de l'un ou l'autre des deux camps. Dans un tel scénario, il y a l'abstention qui jouera un rôle majeur, non pas forcément par indifférence mais aussi par rejet simultané des deux options proposées.

Et là, ce serait encore une rupture, encore plus forte. Pourquoi ? Parce que l'élection 2027, c'est l'élection d'un choix puisque le président ne se représente pas.

Il faut pas lutter contre quelqu'un ou faire en sorte de battre quelqu'un. Il faut remplacer quelqu'un. Et là, normalement, en général, c'est le choix.

Or, le choix, ce serait le rejet de la part des blocs centraux, c'est-à-dire rejeter les partis de gouvernement. Donc vous nous dites démocratie française au bord de la la rupture, elle prend sa source où, cette rupture ? Si cette hypothèse s'avère, on pourra dire sur l'air d'une chanson bien connue jadis « Merci Macron ».

Parce qu'en affaiblissant de manière systématique le courant central, en optant pour le renoncement après avoir prôné le dépassement et en devenant au fond une sorte de syndic de gestion des crises en remplaçant d'une politique rationnelle, le macronisme aura préparé le terrain et ce malgré les alertes. Astrid Panossian, parmi les premières marcheuse, avait eu cette formule choc en juin 2022, en disant je crains qu'Emmanuel Macron ne soit le Barack Obama français, c'est-à-dire amène le populisme après lui. Edouard Philippe, lui, en 2017, il disait la poutre travail.

Autrement dit, la recomposition de la vie politique n'est pas terminée. Entre temps, les gilets jaunes, toutes les crises provoquées qu'on a pu connaître ou subies et aujourd'hui, il n'emploie plus du tout cette expression parce qu'il craint que l'édifice justement ne s effondre parce que les poutres ont été rongées par la colère. Une fois de plus, une fois qu'on a dit ça, qu'est-ce qu'on fait ?

On regarde le calendrier. Nous sommes le 26 mai 2026, donc au-delà de la résonance des chiffres, ça nous indique qu'il y encore une année avant que les Français ne se rendent aux urnes, pour quatre fois, pour la présidentielle et pour la législative. Autant dire que d'ici là, tout peut arriver. – Oui, on va continuer de chevaucher la prudence qui nous est chère.

Et d'ailleurs, j'aime bien aussi, on aime bien rentrer un peu dans la cuisine des sondages. On y a même consacré un débat entier il y a quelques jours. Pourquoi vous ne testez pas l'hypothèse Bardella-Mélenchon, par exemple sur un second tour dans ce baromètre.

On pourra tout à fait l'attester la prochaine fois, puisque en effet aujourd'hui, alors on est soumis à la commission des sondages et il faut que les candidats soient en position de d'être qualifiés au second tour pour pouvoir les tester. Or, les derniers sondages ne montraient pas un Jean-Luc Mélenchon aussi haut. Et donc cette hypothèse nous ne l'avions pas on ne l'a pas testé cette fois-ci maintenant si la prochaine fois il continue à être à ces scores-là il peut tout à fait être testé puisque compte tenu de ce que je vous disais tout à l'heure sur les marges d'erreur des sondages, eh bien, Édouard Philippe peut être qualifié comme Jean-Luc Mélenchon peut être qualifié.

Notre métier, c'est quand même de se projeter dans ces hypothèses-là. Je vais vous poser la même question à tous les deux. Je commence avec vous, Aurore Est-ce que c'est forcément la chronique d'une défaite annoncée pour Jean-Luc Mélenchon ?

Un duel face à sans doute Jordan Mardella ou peut-être Marine Le Pen ? En fait, je n'aime pas les prédictions. C'est vrai qu'on voit globalement Si on parle de dynamique, vous voyez ce que je veux dire.

Exactement. Dans les dynamiques, généralement, étant donné qu'on regarde aussi et vous en parliez tout à l'heure de la question du rejet de certaines personnalités, on pourrait croire que le match serait facile en tout cas qui serait plié par le Rassemblement national face à Jean-Luc Mélenchon on va voir le baromètre du rejet justement donc ça qui va s'afficher Jean-Luc Mélenchon qui reste la personnalité politique la plus rejetée. Mais ceci étant je je ne suis pas tout à fait persuadée.

Je pense qu'il y a peut-être un trou de souris en tout cas pour que ce match soit âprement disputé et soit beaucoup moins beaucoup plus serré qu'on ne le pense. Et d'ailleurs Jean-Luc Mélenchon quand on regarde l'extrait, quand on écoute attentivement l l'extrait que vous avez diffusé tout à l'heure, quand il dit que ça va être l'affrontement entre chacun pour soi et tous ensemble, ça va être...

La France n'est pas raciste. En fait, il théorise déjà son effacement au second tour. C'est-à-dire qu'il va être...

Il ne va pas dire voter pour Jean-Luc Mélenchon, il va dire en fait voter pour un référendum, pour ou contre le racisme. Est-ce qu'on veut que la France bascule dans une France justement d'exclusion, dans une France du RN ? Avec moi c'est la France de tous.

Et on voit là comment il amène déjà cette candidature en fait de second tour et qu'il se dit qu'effectivement vu le rejet qu'il suscite aujourd'hui, la seule option qu'il peut avoir c'est justement de théoriser l'effacement de sa sa personnalité clivante et du rejet qu'elle suscite. Sauf qu'à l'instant T, encore une fois, il nous reste 11 mois avant le premier tour de la présidentielle. Il va s'en passer des événements, des déclarations et des baromètres.

Mais à l'instant T, il y a plutôt un front en républicain contre la France insoumise. En tout cas, c'est une partie de l'opinion qu'il exprime, ça, Pascal Torino. Pour l'instant, pour l'instant, vous avez raison d'assister là-dessus.

Pour l'instant, si vous voulez, Jean-Luc Mélenchon, c'est le candidat que Jordan Bardella aimerait avoir en face de lui. Parce qu'il se dit, ça ne sera peut-être pas l'écrasement, mais la victoire contre Mélenchon est tout à fait possible. Parce que Mélenchon peut jouer le tous ensemble après avoir joué la division, mais Bardella fera exactement la même chose.

Il jouera le tous ensemble et le tous ensemble de Bardella rencontrera un auprès d'électeurs de centre, d'électeurs de droite et même peut-être d'électeurs de la gauche modérée qui sont effarés par les propos qu'a tenus pendant deux ans le – Qui ne vont pas s'effacer aussi vite que ça, parce que c'est un peu la stratégie de Jean-Luc Mélenchon de s'adoucir. – Il y a des actes lourds de la part de Jean-Luc Mélenchon. Et ces actes lourds restent dans l'inconscient, le le subconscient des électeurs.

Et ça sera bien sûr réactivé au moment de la campagne. On va ressentir toute une série de déclarations de Jean-Luc Mélenchon. Oui, ce sera le travail des journalistes et le jeu de ses adversaires.

Mais surtout, ce que je voudrais dire au fond, ce second tour éventuel, Bardella-Mélenchon, c'est si la France continue à être vraiment en colère, à être vraiment sur un vote de rejet. Et au fond, quel sera parmi les deux rejets le rejet qui l'emporte ? – Effectivement, ce n'est pas très enthousiasmant, c'est ce que disait Mickaël. – Si en revanche, les Français, au cours de la campagne, se disent qu'il y a des dossiers extrêmement lourds, l'Europe, le renforcement des moyens de défense européenne, le fait que les États-Unis nous laissent tomber, la sortie de la crise économique, la restabilisation de nos institutions qui, pour l'instant, sont totalement grippées.

Si ce sont ces enjeux-là qu'ils n'emportent, là, les deux forces de rejet, j'allais dire, présentent des options, mais elles ne sont pas très convaincantes. Donc il peut y avoir à ce moment-là un recentrage, comme on disait jadis, de l'opinion publique et des électeurs. Et toute la stratégie des uns et des autres, ça va évidemment...

C'est l'histoire de toutes les campagnes présidentielles d'imposer les thèmes qui les portent et qui vont leur permettre de progresser. Oui, parce qu'effectivement, ce qui va se passer, c'est qu'il va y avoir aussi une campagne. Et chaque campagne a sa propre histoire.

Il y aura une condition, il y aura des projets. Il y aura le moment du projet, il y aura le moment de la diplomatie, de l l'économie, du social, du sport, de la culture. Et ce sont des prises de position qui, à ce moment-là, travailleront également le choix des Français vers une autre personnalité. – Alors, comme promis, je vais vous poser la même question que tout à l'heure, mais concernant la gauche, puisque cette percée de Jean-Luc Mélenchon, elle sonne quand même comme un défi pour les autres candidats, notamment Raphaël Guixman qui sort un livre au programme.

Le titre c'est « Nous avons encore envie pour un sursaut patriotique Et d'ailleurs, Valéry Le Cable, dans son article de LibreJournal .fr, dit qu'il propose, Raphaël Glicksmann, je la cite, « un nouveau contrat fiscal et social pour que la gauche reconquiert le camp des travailleurs laissés depuis des décennies au rassemblement national. Alors Aurore, c'est la même question que tout à l'heure, est-ce qu'il y a une obligation d'accélération ou de clarification pour...

On va déjà rester sur le Parti socialiste et Place publique, parce que déjà rien que dans ce camp, on a 4-5 candidats potentiels, putatifs, déclarés, non déclarés. Effectivement, je pense qu'honnêtement au Parti socialiste, il y a quand même un problème principal, qui est de se retrouver avec un des candidats qui a parait aujourd'hui le mieux placé pour le représenter, qui n'en fait pas partie. Et donc ça, c'est quelque chose où ça coûte toujours et ça coûtera au Parti socialiste de se ranger derrière Raphaël – Ils l'ont fait l'ordre des européennes, à chaque fois ils ont choisi Raphaël Luxman alors qu'il est place publique. – Ce n'est pas tout à fait le même enjeu que l'élection présidentielle où je rappelle d'ailleurs la candidate socialiste était laminée, Anne Hidalgo, lors de la dernière élection présidentielle.

Donc pour le Parti Socialiste, ça représente quand même quelque chose. On voit bien que de toute façon, Raphaël Duxmane, lui, il espère emporter le Parti Socialiste parce que seul avec Place Publique, effectivement, ça ne fait pas le poids et même y y compris, je veux dire, un deuxième Macron n'est peut-être pas forcément possible. En tout cas, il ne l'envisage pas comme ça.

Il a besoin aussi d'emporter une grande partie du Parti socialiste. Et effectivement, on voit bien qu'aujourd'hui, cette bataille, en tout cas, des sociodémocrates, elle n'est pas du tout réglée. Alors chacun a sa stratégie.

Pour Raphaël Guxman, justement, là, c'est d'enclencher. Pendant qu'on a François Hollande, un petit peu, qui se met dans la posture du sphinx c'est qu'il attend de voir son cadavre passer devant lui pour se dire, c'est mon moment et je vais y aller fort de ma grande expérience de président de la 5e République. Donc c'est aussi extrêmement compliqué et j'ajoute à cela encore dans l'élection ceux qui nous ont ni de l'un ni de l'autre et qui aimerait bien que la gauche, toute la gauche, en tout cas non-mélenchoniste comme ils l'appellent, puisse se rassembler derrière un candidat commun.

Et c'est ceux qui ont encore peut-être un petit espoir de voir à devenir cette fameuse primaire unitaire. – Dans ce livre, c'est un livre programme, donc il y a des propositions, je ne vais pas les détailler ici, mais on verra d'ailleurs, c'est là que ça devient très intéressant. Si un candidat, on disait tout à l'heure, ils ne parlent pas ou pour l'instant, ils ne disent rien sur sur leur volonté de réforme, en voilà un qui commence à sortir du bois.

Comment ça infuse dans l'opinion une proposition ? Elle est trop vaste ma question Céline Braque, je suis désolé de vous la poser. Mais vous voyez ce que je voulais dire ?

Qu'est-ce qui fait qu'une proposition d'un candidat, d'un seul coup, prend la lumière, infuse dans l'opinion, rencontre l'opinion et fait qu'on se dit tiens, il a gagné Nicolas Sarkozy, la présidentielle avec travailler plus pour gagner plus. On finit par...

C'est comme un fond de sauce qu'on finit par réduire une campagne à un slogan et à une proposition. Au-delà d'un slogan, ça fonctionne quand on a l'impression que tout le programme rentre dans ce slogans et qui a une logique. Et je pense que c'est le problème actuellement des candidats de gauche non-mélenchoniste, c'est que leurs éléments de langage sont assez épa, un peu intellectuels et pas bien compris par l'opinion.

Donc pour répondre clairement à votre question, c'est que l'opinion comprenne ce qu'ils disent et c'est évidemment l'atout des candidats radicaux par rapport aux autres, c'est de pouvoir avoir des éléments de un langage très clair. C'est vrai que le RN, c'est identité, autorité, protection. Mélenchon, ça va être rupture, colère sociale et redistribution.

Là où à la gauche, au centre, on va être sur le sérieux, peut-être un peu de protection, de gestion. Ce ne sont pas des mots qui parlent vraiment aux gens, surtout quand ils voient qu'on est en pleine crise et qu'on passe d'une crise à l'autre. Ils se disent merci bien le sérieux et la bonne gestion.

Donc c'est ça qui, à un moment, fonctionne ou ne fonctionne pas dans l'opinion. Il nous reste deux minutes. On refera des débats sur le Rassemblement national et Jordan Bardella.

Plus on va se rapprocher de l'échange du 7 juillet, évidemment, et le décident de la Cour d'appel de Paris concernant l'inéligibilité de Marine Le Pen. Plus on en fera. Mais il y a quand même...

Elle est un peu...

Moi, j'ai ce sentiment, Pascal Perrineau, qu'elle est virtuelle pour l'instant, la candidature de Jordan Bardella. C'est-à-dire que, pour l'instant, il n'est pas confronté, comme un vrai candidat, à l'hypothèse de se retrouver dans une crise économique, sociale, internationale. Bien sûr, et c'est perçu comme ça dans l'opinion.

Il y a toujours la personnalité de Marine Le Pen, mais voilà, début juillet, on en sortira. Et donc, début juillet, c'est demain, le 7 juillet, on en sortira. Et ensuite, il faudra voir comment le duo s s'organise, parce que c'est la première fois qu'à une présidentielle, il n'y aura pas à Le Pen.

Et ça, pour l'instant, on ne s'en rend pas compte. – Il y a quelques lignes de fractures internes qui nous sont racontées par un certain – Si elle sent Le Pen, attention. Ça peut créer des perturbations et il n'est pas sûr que le RN présente le visage encore relativement serein qu'il présente aujourd'hui.

Michael ? – Moi, j'aurais effectivement très rapidement avec le temps qui nous reste. Dans une campagne, puisqu'on a commencé à parler de l'architecture, le plus important aussi, c'est le contrat passé avec la démocratie sociale, avec les syndicats.

Pour l'instant, personne n'en parle. Or, si on a évoqué la campagne politiquement parfaite de Nicolas Sarkozy et son slogan, et qui effectivement reflétait l'accord qu'il avait avec la CGT sur les heures défiscalisées, les heures supplémentaires fiscalisées. Grâce à son conseiller social Raymond Soumy ?

Absolument. Et donc, pour l'instant, on ne voit pas l'architecture avec les syndicats qui sont en train de se mettre en place avec les différents candidats. Alors, si c'est souvent un enjeu un peu souterrain ou sous-marin.

Et pourtant, il est majeur. Et vous pensez qu'il va plus prendre la lumière cet enjeu dans cette campagne ? À un moment donné, il va devoir prendre la lumière parce qu'effectivement, le grand enjeu, c'est notamment pour l'ERN.

J'ai souvent l'occasion effectivement de moi de de questionner les responsables du parti à ce sujet. Ils n'ont pas de relation actuellement avec la démocratie sociale, avec les partenaires sociaux. Et de ce point de vue-là, c'est très important et ça peut être déterminant dans le courant de la — Votre avis sur ce que Jean-Paul, pour l'instant, le terme de campagne virtuelle ?

Ça veut dire qu'il y a un moment où la campagne virtuelle de Jordan Bardella, imaginons que Marine Le Pen soit empêchée, va devenir réelle. Et là, d'un seul coup, je sais pas si les Français répondront exactement la même chose à la question « fera-t-il un bon président de la République ? » Ce qui est intéressant, c'est quand on regarde les enquêtes d'opinion, elles sont toutes assez unanimes sur ce point-là.

Il y a un socle qui vote le Rassemblement national et qui répond quasiment d'un seul homme pour l'un ou pour l'autre. Et qui a mis le RN en première place aux européennes, puis au premier tour des listes latins. Sauf que lorsqu'on va demander justement des qualificatifs qui correspondent à l'un ou à l'autre, on se rend compte que c'est pas tout à fait la même chose et que d'ailleurs alors tout peut effectivement changer.

Vous parliez de Jordan Bardella qui fait une percée justement chez les électeurs les plus vieux parce que jusqu'à présent ce qu'on voyait surtout c'est que Marine Le Pen était beaucoup plus convaincante, justement, chez les CSP +, et chez les électeurs les plus âgés du Rassemblement national. Donc ça aussi, c'est extrêmement déterminant pour l'élection. Merci beaucoup à tous et à toutes.

Et merci à vous. J'ai encore plein de questions, mais alors il concerne la gauche. Quand on était passé au RN, je ne les ai pas posés.

Mais merci, n'hésitez pas à participer aussi à notre second débat. Je vais citer vos livres. Pascal Perrineau écrit avec Anne Muxel, l'inventaire des peurs française.

La société à l'aune d'un sentiment, c'est aux éditions Odile Jacob. Céline Braque a donc ce syndrome de l'imposteur aux éditions Marabulle et Aurore Malval. On vous lit évidemment dans Marianne à très bientôt.

J'ouvre le second débat de ce sens public consacré à forme de fuite