L’Interview Politique - Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, député NUPES-LFI des Bouches-du-Rhône, invité de Bernard Poirette dans Les Matins LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:54OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez de cette passe d'armes avec le CRIF ?
- 1:54RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça revient à dire que le CRIF est un mouvement d'extrême droite ?
- 3:38FerméeRéponse partielle
Vous pensez comme Mélenchon que les violences urbaines avaient des motivations justes et légitimes ?
- 4:08RelanceÉludée
Donc ça justifie les violences urbaines ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à un moment on peut poser la question de comment on fait en sorte qu'il n'y ait pas un nouveau drame de cette nature ?
- 5:19OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à un moment on peut poser la question du racisme dans la police ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:24InvitéFait
« les fondateurs du Rassemblement National, ex-Front National, étaient pendant la Seconde Guerre mondiale des collabos. »
- 4:59InvitéChiffre
« il y a eu en 2022 13 personnes qui sont mortes suite à des refus d'obtempérer. »
- 5:31InvitéFait
« L'ONU dit même qu'il y a un profond problème de racisme dans la police. »
- 7:15InvitéFait
« un certain nombre d'élus, comme M. Faure, par exemple, ont voté en faveur de cette loi de 2017. »
- 12:25InvitéChiffre
« 95% des militantes et des militants ont voté en faveur du texte stratégique que nous avons soumis à la consultation. »
- 13:59InvitéChiffre
« il a fait 22% des voix à l'élection présidentielle. »
- 19:15InvitéFait
« le Parti Socialiste d'Antan, c'est celui qui a créé un schisme, une faille, une fracture extrêmement forte, notamment entre la gauche et les catégories populaires. »
Temps de parole
- Invité73 %
- Invité 214 %
- Présentateur13 %
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Manuel Bompard, bonjour. Merci d'être venu en studio ce matin à LFI. Alors, il se trouve que l'actualité, quand on vous a invité, ce n'était pas encore fait, mais maintenant c'est fait. Léonatan Harfi, qui est le président du CRIF, qui est le conseil représentatif des institutions juives de France, a eu des mots extrêmement durs hier à l'égard de M. Mélenchon. Il faisait une cérémonie en l'honneur des juifs qui ont subi les représailles policières pendant l'occupation. Il a dit que M. Mélenchon se compromet loin du pacte républicain. M. Mélenchon est prêt à sacrifier la République sur l'autel du communautarisme.
Et il appelle les insoumis, dont vous faites partie, bien entendu, à s'affranchir des ordres de leur chef quand il sort des clous de la légalité républicaine. Qu'est-ce que vous pensez de cette passe d'armes ? Alors, après ça, on verra comment M. Mélenchon a répondu. Mais qu'est-ce que vous pensez déjà de cette prise de parole ? Est-ce que vous avez été surpris ?
Non, j'ai été choqué. J'ai été choqué parce qu'on parle de cérémonies officielles qui étaient organisées hier en hommage notamment aux événements du Veldiv. Et de manière plus générale, c'est la journée nationale de lutte contre les crimes racistes et antisémites et d'hommage aux Justes de France. Et il y a des cérémonies officielles partout en France auxquelles nous participons. Moi-même, j'ai participé à cette cérémonie à Marseille. Et je trouve qu'utiliser une cérémonie comme celle-ci pour s'en prendre à une organisation politique et à la France insoumise de manière générale, je trouve que c'est indigne.
Dans les moments d'hommage et dans les moments de commémoration, je crois qu'il faut savoir faire un peu unité nationale. Et j'aurais aimé que le président du CRIF ne se livre pas à ses attaques. Je trouve qu'il a détourné en quelque sorte l'objet de cette journée. Et je pense que c'est très regrettable.
Mais est-ce que, aussi, vous comprenez du coup la réaction de M. Mélenchon qui a réagi en disant « L'extrême droite, selon lui, n'a plus de limite ». Est-ce que ça revient à dire que le CRIF est un mouvement d'extrême droite ?
Je ne sais pas. Il faudra poser la question à Jean-Luc Mélenchon. Ce qui est clair, c'est que l'extrême droite n'a plus de limite puisque, alors que, je rappelle que les fondateurs de l'extrême droite sont pour une très grande partie, voire l'immense partie d'entre eux, les fondateurs du Rassemblement National, ex-Front National, étaient pendant la Seconde Guerre mondiale des collabos. Ça, c'est des faits.
Alors qu'on est face à cette situation, voire que le président du CRIF préfère adresser ses coups à la France Insoumise, qui est un mouvement dont personne ne peut juger qu'il n'a pas été du côté de la défense, de la lutte contre le racisme, de la lutte contre l'antisémitisme que nous avons fait à chaque fois. Vous savez, je porte sur ma veste un petit triangle rouge. Ce triangle rouge que portent les Insoumis, c'est un triangle en l'hommage des déportés politiques pendant la Seconde Guerre mondiale. Il y avait le triangle rouge pour les homosexuels et le rouge pour les politiques. Nous n'avons pas de leçons à recevoir dans la lutte contre le racisme, contre l'antisémitisme.
Et encore une fois, franchement, j'aurais préféré que cette journée de commémoration, d'hommage, elle soit effectivement consacrée à la commémoration et à l'hommage, et pas à des manœuvres politiciennes. Éric Decouty. Oui, M. Bompard, on parle beaucoup de Jean-Luc Mélenchon, c'est évident. Vous avez lu, comme nous, c'est à notre blog de vendredi, d'une extrême virulence, une extrême virulence un peu contre tout le monde, contre les médias, contre vos alliés de la NUPES, mais aussi une petite phrase que j'ai retenue, avant, peut-être on rentrera dans le détail, mais il parle des violences urbaines, il dit qu'elles ont des motivations justes et légitimes.
Vous pensez comme lui que les violences urbaines avaient des motivations justes et légitimes ? Ce que je trouve extrêmement surprenant, et assez affligeant d'ailleurs, c'est qu'on a oublié qu'elles ne sont pas arrivées comme ça, qu'elles ont fait suite à un événement, qui est le meurtre d'un jeune homme de 17 ans, suite à un contrôle routier, qui a été tué par un policier. Ça a été ça, le point de départ. Donc ça justifie les violences urbaines ?
Je ne suis pas en train de vous dire que ça justifie, je suis en train de vous dire que quand on est rationnel, quand on essaye d'être intelligent, quand il y a des événements, on essaye de comprendre la cause de ces événements, et on essaye de s'attaquer à la cause de ces événements pour faire en sorte qu'ils ne se reproduisent plus. Parce que personne, bien évidemment, n'est d'accord avec le fait qu'on aille détruire des commerces, qu'on aille détruire des services publics. Personne n'est d'accord avec ça. J'en pense qu'elles étaient justes et légitimes, ces violences. Vous êtes en désaccord avec ça ?
Non, je crois que j'essaye de vous répondre de manière sérieuse et de manière rationnelle. Je suis en train de vous dire que ce qui a déclenché ces événements, c'est le meurtre de ce jeune homme, et que si on veut apporter une réponse, qu'il soit une réponse durable à cette situation. Alors il y a un sujet qui a l'air tabou, que personne ne veut ouvrir, que personne ne veut poser comme question, qui est comment on fait en sorte que ça ne se reproduise plus. Il y a eu en 2022 13 personnes qui sont mortes suite à des refus d'obtempérer.
Depuis la modification de la loi en 2017, quand Bernard Cazeneuve était ministre de l'Intérieur, depuis la modification de cette loi, le nombre de personnes qui sont mortes suite à des refus d'obtempérer a été multiplié par 5. Est-ce qu'à un moment, on peut poser la question de comment on fait en sorte qu'il n'y ait pas un nouveau drame de cette nature dans plusieurs semaines ou dans plusieurs mois ? Est-ce qu'à un moment, on peut poser la question du racisme dans la police, dont je ne suis pas le seul, à parler ? L'ONU dit même qu'il y a un profond problème de racisme dans la police.
Et quand on pose ces sujets aujourd'hui, on nous dit non, non, circulez, il n'y a rien à voir, on ne peut pas parler de cette question. On ne vous fera pas condamner une nouvelle fois les violences urbaines. Une autre question dans cette note de blog. J'ai été très clair, attendez. Non, non, mais parce que je sais aussi comment vous cherchez ensuite à chercher des ambiguïtés. Je vous ai dit très clairement, il me semble, le fait que bien évidemment, personne ne pouvait être d'accord avec le fait qu'on s'attaquait à tel ou tel bâtiment ou à tel ou tel commerce. Donc, je n'ai pas d'ambiguïté sur ce sujet.
Je suis juste en train de vous dire comme dans la vie de manière générale qu'en politique, le mieux, c'est quand il y a des événements. On essaye de comprendre la cause de ces événements et de répondre à la cause de ces événements. Ce n'est pas de la sémantique dont je suis en train de vous parler, c'est de la politique. Et ce qu'on attend d'un responsable politique, c'est d'apporter des réponses politiques aux problèmes politiques. Sur les responsables politiques, dans cette note de blog, on va passer sur les charges contre les journalistes parce que ça, c'est notre problème. Comme vous n'avez pas de problème à faire des charges contre les politiques, chacun son tour. Mais pourquoi pas ?
Mais contre vos alliés, c'est quand même assez redoutable. La charge contre tout y passe. Les insoumis sont les victimes d'abord de leurs alliés. De gauche, les socialistes, c'est Olivier Faure. Bon, Roussel, j'oubliais son prénom, excusez-moi. Fabien Roussel. Fabien Roussel. C'est devenu un critique. Je suis même prêt à vous aider. Les écologistes aussi, honnêtement, après cette note de blog, à moins que vous en soyez en désaccord, la NUPES, elle n'existe plus. Elle est finie. Non, mais Jean-Luc Mélenchon a dit que nous avons eu des désaccords qui sont effectivement des désaccords profonds dans la période précédente. Et je les assume.
Je rappelle que je vous parlais de la loi de 2017 qui a produit une augmentation significative du nombre de morts suite à des refus d'obtempérez. Je vous rappelle qu'un certain nombre d'élus, comme M. Faure, par exemple, ont voté en faveur de cette loi de 2017. Donc oui, sur ce sujet, on a un désaccord qui est un désaccord profond. Je vous rappelle qu'il y a quelques années, ça, il y a eu une manifestation devant l'Assemblée nationale à l'appel du syndicat Alliance où des slogans type « Le problème de la police, c'est la justice » ou « Il va falloir faire… » Ça, c'est le passé.
Mais là, pour que le SMA prend en ligne les élus sur les élections européennes, sur les sénatoriales, vous n'y avez pas trouvé d'accord ? Je vais vous répondre. Je n'ai pas l'habitude d'esquiver vos questions. Moi, je suis favorable à la NUPES. Je pense que la NUPES, ça a été un espoir et ça a permis, puisque je vous rappelle qu'on est arrivé en tête du premier tour des élections législatives, ça a permis non seulement qu'Emmanuel Macron n'ait pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale, mais d'élire 151 députés d'opposition. La NUPES, c'est quelque chose de positif et personnellement, je souhaite que la NUPES se poursuive.
Mais ce que j'observe, c'est que les communistes, par la voix de Fabien Roussel, disent que la NUPES s'est dépassée. Ce que j'observe, c'est que les écologistes nous disent que de toute façon, ils partiront tout seuls dans leur coin aux élections européennes. Et donc, je demande à tout le monde maintenant d'être clair. Ce que vous alliez dire, c'est que c'est Jean-Luc, on va y revenir, c'est que vous êtes les premiers responsables parce que Jean-Luc Mélenchon ne veut plus de cette alliance aujourd'hui. C'est devenu un frein. Donc, on va bien, mais il y a des désaccords. Sur le fond, vous partagez quoi ?
Vous êtes une alliance électorale, mais on voit bien que sur l'OSP européen, on parlera peut-être de l'Ukraine, vous êtes en désaccord sur une farandole de sujets.
Je ne suis pas d'accord avec vous. On le voit sur les émeutes européennes. Écoutez, il y a un an... Sur les élections européennes.
Non, mais parlons clairement. Il y a un an, nous avons signé ensemble un programme partagé dans lequel il y a 650 mesures qui font accord entre nous, que nous défendons à l'Assemblée nationale. Nous avons été capables de nous mettre d'accord sur ce programme. Alors, soit on prend au sérieux le programme, et en ce qui me concerne, je prends au sérieux le programme, soit on considère que c'était juste un papier qu'on signait comme ça parce qu'on voulait sauver son groupe de députés à l'Assemblée nationale. En ce qui me concerne, je prends au sérieux ce programme. Et donc, je considère que ce programme, c'est le programme qui nous engage tous.
Maintenant, je sais qu'à chaque fois qu'il se passe quelque chose, on essaye d'en faire porter la responsabilité à Jean-Luc Mélenchon. J'espère qu'il n'y aura pas un tsunami demain. Il y a quelqu'un qui nous dira que c'est la faute de Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélenchon, il est comme moi favorable à ce qu'il y ait une liste commune de la NUPES aux élections européennes. Jean-Luc Mélenchon, il est favorable comme moi à ce que la NUPES s'approfondisse. Il est favorable à ce qu'il y ait des structures locales de la NUPES. Il est favorable à ce qu'il y ait un parlement de la NUPES. Donc, moi, je veux bien que certains ne soient pas d'accord. Ils en ont tout à fait le droit.
Mais essayer de faire porter la responsabilité à Jean-Luc Mélenchon, honnêtement, ce n'est pas honnête. Quand on est honnête, on assume ses responsabilités. Oui ou non, une liste commune aux élections européennes ? Ma réponse, c'est oui. Oui ou non, une liste commune aux élections sénatoriales ? Ma réponse, c'est oui. Oui ou non, des structures locales de la NUPES ? Ma réponse, c'est oui. Posez la question aux autres responsables de la NUPES. En fait, c'est les autres. Mais je ne suis pas en train de vous dire que c'est les autres. C'est les socialistes, les communistes et les écologistes. Ce n'est pas moi qui prends la décision aujourd'hui d'aller déposer ma propre liste aux européennes.
Ce n'est pas moi qui prends la décision aujourd'hui. Il y a des divergences de fonds sur les questions européennes. Le fait qu'il y ait des listes divergentes, ce n'est pas forcément la mort du petit cheval. Ce n'est pas moi, par exemple, qui prends la décision puisqu'on était en train de discuter des élections sénatoriales de faire des listes communes Parti communiste, Europe Écologie, Les Verts, Parti socialiste et d'exclure les insoumis. Vous êtes d'accord ? Ce n'est pas moi qui ai pris cette décision. Donc je veux bien qu'on soit toujours les responsables de tout. Mais là, en l'occurrence, sur la NUPES, moi je suis attaché à la NUPES, je souhaite que ça se poursuive.
Donc ce n'est pas moi qui vais vous dire que la NUPES s'est terminée. Mais maintenant, je demande à tout le monde de clarifier sa position. Et ceux qui prennent le risque de détruire la NUPES, qui a été une perspective d'espoir extrêmement importante, à mon avis, ils porteront une très lourde responsabilité devant l'histoire.
Monsieur Bompard, monsieur Bompard, pourquoi, au sein même de LFI, pourquoi depuis le 2 mai, si je ne m'amuse, il n'y a plus de réunion comme il y avait auparavant de réunion, en fait, de la direction ? De la France Assoumise.
Non, non, vous vous trouvez. Il y a des réunions chaque semaine. Il y en aura encore une cet après-midi. Auquel apparemment, depuis le 2 mai, les états-majors, la réunion du lundi, elle existe encore ? Est-ce qu'elle existe encore, la réunion du lundi ? Je vais vous répondre, mais vous dites deux choses différentes. Allez-y, allez-y. Monsieur parle des réunions internes à la France Insoumise. Oui, internes à la France. Je vous dis que les réunions de direction de la France Insoumise, qui ont effectivement lieu le lundi, se réunissent chaque semaine et continuent à se réunir chaque semaine.
Ensuite, il y a une deuxième chose qui sont ce qu'on appelle les réunions de l'intergroupe NUPES à l'Assemblée Nationale. Ça, c'est le mardi matin. Ça se réunit chaque semaine. Il n'y a pas de problème. Ça marche aussi. Ensuite, effectivement, il y avait des réunions le lundi entre les responsables des organisations politiques de la NUPES. Et je vous confirme que là, ces derniers temps, ces réunions n'ont pas eu lieu. Je ne peux pas le cacher. Ça fait deux mois, non ? C'est vrai, c'est juste. Bon, voilà. Pourquoi ? Parce que nous avons un certain nombre de points de désaccord. J'en ai parlé. Élection sénatoriale, élection européenne, approfondissement de la NUPES.
Nous avons fait des propositions. Nous les avons mises sur la table pour l'instant. Nos partenaires le refusent. Donc, ce n'est pas la France Assoumise. Excusez-moi de vous le dire. Votre information n'était pas la bonne.
C'est important pour la précision parce que ce n'est pas révélateur d'un bisbis qui aurait massif au niveau de LFI.
Écoutez, la France Assoumise, elle a fait voter. Elle a eu une assemblée représentative il y a trois semaines. Nous avons voté sur notre stratégie. 95% des militantes et des militants ont voté en faveur du texte stratégique que nous avons soumis à la consultation des militantes et des militants. Donc, s'il peut y avoir des désaccords au sein de la NUPES, je ne les conteste pas. Je crois qu'à la France Assoumise, on est très clair sur le fait qu'on veut approfondir la NUPES. Il y a des voix divergentes. 95% c'est pas mal, non ? Oui, mais il y a des voix divergentes entre les personnalités. Donc, ça veut dire que les personnalités
ne comptent pas. Vous vous souvenez comme moi de Clémentine Autain, d'ailleurs, qui s'en est exprimée dans la presse. Mais il n'y a pas qu'elle qui disait, depuis que vous êtes là, en l'occurrence, au poste que vous occupez, M. Bompard, c'est plus véritablement un mouvement démocratique.
Bah, écoutez, je ne sais pas comment vous appelez un mouvement qui fait voter ses orientations stratégiques et qui obtient 95% de personnes qui votent en faveur du texte qui est soumis à la discussion. Donc, après, que parfois, il y a des gens qui disent que sur tel point, ils auraient fait différemment, ça, c'est la vie démocratique d'une organisation. Mais à la France Assoumise, je crois qu'on est assez cohérent sur ce qu'on a envie de faire, c'est-à-dire approfondir la NUPES. Et j'observe, et je regrette que malheureusement, pour l'instant, un certain nombre de nos partenaires ne sont pas d'accord avec.
Vous n'êtes pas indifférent et vous étendez bien ce qui se dit autour de vous, y compris chez vos alliés. Jean-Luc Mélenchon, c'est un problème aujourd'hui pour les gens de la gauche ? Moi, ça me fait vraiment rire parce que, si vous voulez, depuis 2012, Jean-Luc Mélenchon... C'est pas moi qui le dis, c'est y compris. Oui, vous le dites aussi, mais c'est pas grave. Je le dis aussi, oui. Bon, vous savez, depuis 2012, à chaque fois, on me dit Jean-Luc Mélenchon, c'est un problème. On me l'a dit avant 2012, il a fait 11%. Ensuite, on a dit entre 2012 et 2017, oui, c'est fini. Mélenchon, il a fait 19% en 2017. Et puis après, entre 2017 et 2022, nous vous êtes déjà allés, ah, c'est terminé.
C'est vrai, c'était vraiment la fois de trop. Et puis, il a fait 22% des voix à l'élection présidentielle. Donc, comme vous l'avez déjà fait, on va dire, continuez. Continuez à dire que Jean-Luc Mélenchon a un problème, c'est parfait. À chaque fois que vous dites ça, il y a une 5 points à l'élection présidentielle. C'est aussi parmi, on fait, on relaie aussi, on rapporte ce qui se dit en interne, mais continuez, je vous dis, à chaque fois que vous dites ça, vous nous faites gagner des points dans les sondages. Ça me va, moi. Jean-Luc Mélenchon et l'avenir de la gauche. Mais je ne suis pas en train de vous dire que Jean-Luc Mélenchon c'est l'avenir de la gauche. Je peux vous dire.
Non, non, ce n'est pas ce que j'ai dit. Ne me faites pas dire les choses que vous avez envie que je dise et que je n'ai pas envie de dire. Est-ce que c'est l'avenir de la gauche ou pas ? Mais Jean-Luc Mélenchon, il a dit j'aspire à être remplacé. Vous l'avez entendu ? Oui, il l'a dit. Peut-être qu'il a changé ses élus. Il aspire à être remplacé. Peut-être, mais comme je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon, c'est à lui qu'il faut opposer. Vous le savez. Mais Jean-Luc Mélenchon a dit qu'il aspire à être remplacé.
Et Jean-Luc Mélenchon, puisque j'ai compris que pour vous, il avait beaucoup de défauts, mais permettez-moi de dire qu'il a peut-être aussi quelques qualités, notamment, il a réussi à faire émerger une nouvelle génération politique. Alors, d'après vous, pas Jean-Luc Mélenchon, mais d'après vous. Non, mais attendez, attendez, attendez. Laissez-moi terminer la réponse à votre question et n'essayez pas tout de suite de créer des divisions et des bisbis entre nous. Jean-Luc Mélenchon, il a dit j'aspire à être remplacé. J'observe qu'il a réussi à faire émerger une nouvelle génération politique. On peut lui rendre hommage pour ça.
Est-ce que ça sera lui le prochain candidat à l'élection présidentielle ? Je n'en sais rien. La prochaine élection présidentielle, elle aura lieu en 2027. Vous pensez quoi, vous ? Je vous dis, je n'en sais rien. D'ici là, il va y avoir un certain nombre de choses. Vous avez une petite idée. D'ici là, il y a un certain nombre de choses qui vont se passer. On parle beaucoup de François Routin, par exemple. Ce que je peux vous dire, c'est que si l'élection présidentielle avait lieu demain, je pense que oui, Jean-Luc Mélenchon reste à ce stade notre meilleur candidat. Est-ce que ça sera encore le cas dans 4 ans ? Ça, c'est un peu les circonstances qui le décideront.
Juste une chose, rassembleur ou conflictualiseur, Jean-Luc Mélenchon ? On peut faire les deux. Bien sûr qu'il y a des débats, il y a des désaccords politiques et poser ces débats et ces désaccords politiques, la démocratie, c'est aussi assumer une contradiction politique. On n'est pas tous pareils, on ne pense pas tous la même chose. La grandeur de la démocratie, c'est qu'on puisse choisir entre des options politiques qui sont différentes et c'est bien que ces options politiques, elles soient clairement distinguées. Donc, de ce point de vue-là, Jean-Luc Mélenchon, en faisant ça, il crée de la conscience politique, il crée de l'intérêt pour la chose politique.
Puis après, il est capable de rassembler parce que vous savez, ici, vous n'êtes pas capable de rassembler. Et c'est les 22% des voix de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle qui ont permis de constituer la NUPES aux élections législatives. Et donc, oui, nous avons été en capacité de rassembler. Et moi, je souhaite que ce rassemblement se poursuive, je le redis. Et j'adjure mes partenaires, nos partenaires, de comprendre qu'on ne peut pas dire en même temps qu'il y a un lourd danger dans ce pays, que l'extrême droite menace, qu'elle aspire une partie du macronisme, que c'est une vague qu'on observe partout en Europe et en même temps ne pas être à la hauteur de la réponse.
Donc, vous ne pouvez pas les critiques qui vous formulent, qui formulent contre vous ? Mais je faudrais dire lesquelles précisément. Mais on peut toujours débattre de tout, je n'ai pas de problème avec ça. Mais prendre le risque de détruire la NUPES dans un moment d'une gravité historique particulièrement importante, je pense que c'est irresponsable. Donc, vous devriez se ranger derrière la France ? Non, je viens de dire précisément l'inverse. Mais la prochaine fois, si vous voulez faire l'interview toute seule, faites-la. Et puis vous ferez les réponses, les questions, les réponses, les questions. Mais je vous ai dit précisément que non, je ne leur demande pas de se taire.
On peut tout à fait débattre et discuter. Mais ce qui a permis la NUPES, c'est aussi le fait que le Parti Socialiste ait rompu avec l'ère de François Hollande, qu'il ait accepté à un moment de dire oui, on s'est trompé à ce moment-là. Et parfois, j'ai l'impression qu'il a un peu l'intention de revenir à la gauche d'avant. Et ça, je pense que c'est une erreur parce que je ne pense pas que la gauche d'avant, ce soit la gauche qui nous permette de gagner.
Vous, vous la souhaitez, mais apparemment, vos partenaires n'en veulent pas. À supposer que ça ne se fasse pas, effectivement, notamment pour le prochain scrutin européen. Au-delà, il se passe quoi ? Au-delà, vous constatez l'échec de votre union et la NUPES, elle devient quoi ? Elle s'auto-dissoue, non ?
Je n'en sais rien. C'est aux autres qu'il faut poser la question. Moi, je souhaite que la NUPES continue et je pense que pour que la NUPES continue, il faut qu'elle se présente ensemble aux prochaines élections européennes, municipales, présidentielles, législatives. C'est récupérable, selon vous ? Moi, je pense qu'il faut être honnête. Si on veut être honnête, la vérité, c'est qu'on ne peut pas imaginer qu'on va être ensemble en 2027 si on n'a pas été ensemble aux sénatoriales, si on n'a pas été ensemble aux européennes et si on n'a pas été ensemble aux municipales. Et c'est pourquoi ?
Parce que je souhaite qu'on soit ensemble en 2027, je souhaite qu'on soit ensemble aux européennes et aux sénatoriales. Et ce débat, j'espère, dans ce débat-là, convaincre mes partenaires que c'est ce qu'il faut faire. Et pour ça, j'espère les convaincre, tout simplement, par du débat, par de l'échange d'arguments.
Manuel Bompard, j'ai été frappé par quelque chose ces derniers temps. C'est le retour de M. Cazeneuve. Bon, il a créé son micro-partie il y a trois semaines environ, me semble-t-il. Et puis, autour de moi, en discutant, j'ai eu des retours plutôt positifs, en disant « Oh, il est quand même bien, ce Cazeneuve, il a l'air sérieux. » Il dit « Ah, ok, très bien. » Moi, je pensais qu'il était retiré des affaires, mais enfin, il semble revenir au cours du Parti Socialiste d'Antan. Vous le voyez comment, M. Cazeneuve, là, aujourd'hui ? Comme un épiphénomène ? Non, je le vois,
comme vous le dites, comme le retour au Parti Socialiste d'Antan. Mais je pense, personnellement, que le Parti Socialiste d'Antan, c'est François Hollande qui a été dans l'incapacité de se représenter à l'élection présidentielle. Et que le Parti Socialiste d'Antan, c'est celui qui a créé un schisme, une faille, une fracture extrêmement forte, notamment entre la gauche et les catégories populaires. Et je pense que si certains croient que pour que la gauche puisse reprendre le pouvoir dans ce pays, il faut qu'elle revienne au Parti Socialiste d'Antan, ils ont le droit de le penser, mais personnellement, ce n'est pas mon point de vue.
Je pense au contraire que c'est condamné le Parti Socialiste à la marginalité. Donc voilà, après, c'est leur débat, ça ne me regarde pas, c'est eux qui le décident. ce qui me regarde, c'est de savoir s'ils sont dans la NUPES ou pas dans la NUPES. Clairement, Bernard Cazeneuve a quitté le Parti Socialiste quand la NUPES a été constituée. Donc s'ils font le choix de Bernard Cazeneuve, ça veut dire qu'ils ne font pas le choix de la NUPES. Il reste 30 secondes, c'est la dernière question. Petite question sur l'Ukraine.
Sofia Chikiru a dit il y a quelques jours qu'après l'annonce de Emmanuel Macron d'envoyer des missiles longs portés, la France va aider l'Ukraine à envoyer des missiles en Russie et qu'il était prêt à lancer une guerre mondiale contre les peuples. Vous êtes d'accord ?
Je ne crois pas que c'est exactement ce qu'elle a dit, mais je vais répondre à votre question en vous disant que comme depuis le début, nous avons bien évidemment condamné de manière extrêmement ferme et dès le premier jour l'agression de Vladimir Poutine contre le peuple ukrainien et nous sommes vigilants à faire en sorte que les actions que prend la France ne fassent pas dégénérer la situation dans une sorte de conflit mondial et que donc il faut faire en sorte d'avoir des mesures de protection.
Je redis ici que nous demandons à ce que l'ONU fasse et mette en place une force de protection notamment des centrales nucléaires parce que c'est un risque majeur et qu'on doit et qu'on doit intensifier notre action diplomatique pour faire en sorte que la paix puisse revenir le plus rapidement possible. A mon avis, ça doit être notre priorité et il faut être effectivement vigilant à faire en sorte que ça ne dégénère pas dans un conflit dans lequel il y a de plus en plus de puissances qui s'impliquent à l'intérieur parce que ça fait courir un risque pour la paix à l'échelle mondiale. Merci beaucoup
Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, député NUPES, LFI des Bouches-du-Rhône qui a réussi malgré tout à garder son calme ce matin, ce qui est tout à fait remarquable.
On est toujours calme, vous savez, quand on est convaincu
par ses arguments, on n'a pas besoin de s'énerver.