Macron et les premiers de cordée #cdanslair 16.10.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 50 %Attaque 24 %Défensif 26 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:42OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'était pas hier le retour de l'ancien monde, au moins sur la forme ?
- 2:23OuverteRéponse directe
Vous avez l'explication sur le décor et les symboles ?
- 4:10OuverteRéponse partielle
Il n'est pas descendu dans l'arène, vous êtes d'accord ?
- 5:50OuverteRéponse directe
Où est-ce que c'est important les mots qu'utilise un chef d'État ?
- 7:40OuverteRéponse partielle
Comment appréciez-vous cette interview très attendue ?
- 8:56OuverteRéponse directe
Est-ce que ses prédécesseurs savaient manier l'empathie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32PrésentateurFait
« pas de recul sur sa politique fiscale qui favorise non pas les riches, mais ceux qu'il appelle les premiers de cordée »
- 0:40PrésentateurFait
« Le chef de l'État défend son bilan et promet de nouvelles réformes comme celle de l'assurance chômage conçue, comme il dit, pour protéger les Français. »
- 11:40Emmanuel MacronFait
« Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours, en quelque sorte, à sceptiser, et à considérer que ce qui était intolérable, c'était le mot qu'on mettait et pas la réalité qu'il y avait derrière. »
- 12:49Emmanuel MacronFait
« Vous voyez bien que tout de suite, ça crée quelque chose qui est dans le vocabulaire. Ce sont ce que j'appelle les passions tristes de la France. »
- 12:56Emmanuel MacronChiffre
« Quel était le résultat de l'ISF tel qu'on l'avait ? Celles et ceux qui étaient en train de réussir partaient, et on a perdu beaucoup de talent. »
- 13:15Emmanuel MacronFait
« Je crois à la cordée. Il y a des femmes et des hommes qui réussissent dans la société, parce qu'ils ont des talents. »
- 14:00Emmanuel MacronChiffre
« Le taux de chômage est en train progressivement de baisser. Il baissera la plénitude des réformes qui sont en train d'être conduites par le gouvernement. »
- 30:15PrésentateurFait
« l'organisation d'un débat sur la PMA un texte l'an prochain »
- 30:23PrésentateurFait
« quelques précisions sur la réforme de l'assurance chômage »
- 31:08Emmanuel MacronFait
« je veux aussi que les salariés puissent avoir leur part de la réussite donc être intéressés en bénéfice »
- 31:13Emmanuel MacronFait
« je souhaite qu'on puisse revisiter cette belle invention gaulliste de l'intéressement et de la participation »
- 31:39Emmanuel MacronFait
« nous allons lancer un changement de l'organisation de notre police »
- 33:16IntervenantPromesse
« toutes celles et ceux qui étant étrangers en situation irrégulière commettent un acte délictueux quels qu'ils soient seront expulsés »
- 36:33IntervenantPromesse
« ça sera une fois tous les 5 ans »
- 36:43IntervenantFait
« on ne donnera pas l'accès comme ça à ceux qui voudront quitter leur emploi pour qu'ils aillent au chômage »
- 36:49IntervenantFait
« il faudra qu'ils présentent un projet professionnel »
- 40:39IntervenantFait
« je ne suis pas là pour gérer »
- 40:43IntervenantFait
« j'ai dit ce que je ferai »
- 41:51PrésentateurFait
« Gérald Darmanin a reporté d'un an la revalorisation des carrières des fonctionnaires »
- 42:21IntervenantChiffre
« il y aura 1600 postes sur les 120 000 qui seront supprimés sur le quinquennat »
- 43:21PrésentateurFait
« il indexait pas son quinquennat sur le chiffre du chômage »
- 59:05IntervenantChiffre
« il y a 14 millions de retraités »
- 1:00:00IntervenantFait
« il y a la passion égalitaire qui remonte à la Révolution française »
- 1:01:30PrésentateurFait
« des premiers de cordée »
- 1:01:43IntervenantFait
« c'est quelques miettes pour les pauvres tandis que les riches s'enrichissent »
- 1:01:52IntervenantFait
« c'est le premier qui va éviter la crevasse et qui est responsable de toute la lignée »
- 1:02:55IntervenantFait
« normalement là il a l'alignement des étoiles »
Temps de parole
- Intervenant24 %
- Intervenant 220 %
- Intervenant 317 %
- Présentateur15 %
- Intervenant 414 %
- ?4 %
- Invité4 %
≈ 24 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Alors il assume ses mots, son style, sa politique. Pour sa première grande interview à la télé depuis son élection, Emmanuel Macron a réuni 9,5
millions
de téléspectateurs qui ont pu voir un président ferme sur sa ligne, sur la philosophie de son action. Pas de mea culpa sur les mots qui auraient pu blesser, pas de recul sur sa politique fiscale qui favorise non pas les riches, mais ceux qu'il appelle les premiers de cordée, pas de concession sur son projet, celui de transformer en profondeur le pays. Le chef de l'État défend son bilan et promet de nouvelles réformes comme celle de l'assurance chômage conçue, comme il dit, pour protéger les Français. Bref, un peu plus d'une heure d'explication avec un président inflexible sur le fond et sur la forme qui promet des résultats visibles dans un an et demi.
Macron et les premiers de cordée, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express. À la une cette semaine, les risques du politiquement correct, numéro dans lequel on retrouve votre feuilleton politique, le roman du kid président. Françoise Fressos, vous êtes journaliste, éditorialiste au journal Le Monde, qui titre en une aujourd'hui, Macron, je suis là pour transformer le pays. On peut lire également votre édito intitulé « Quand Emmanuel Macron tente de conjurer le régicide sur TF1 ». Vous nous expliquerez ce titre énigmatique.
Enfin, Fanny Guinochet, journaliste à l'opinion, vous êtes spécialiste des questions économiques et sociales. À la une de votre quotidien aujourd'hui, Macron, la grande explication. Bernard Salones, vous êtes politologue, sondeur, président des labs, cabinet d'études et de conseils. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. Alors, c'est vrai qu'on l'a attendu, cette première explication, cette première confrontation, on peut le dire comme ça avec des journalistes, cette première interview présidentielle d'Emmanuel Macron. Est-ce que ce n'était pas hier le retour de l'ancien monde, au moins sur la forme, Christophe Barbier
? Non,
pas vraiment.
D
'abord parce qu'on l'a entendu, justement, on l'a attendu, cette émission. Les prédécesseurs d'Emmanuel Macron avaient communiqué plus vite de cette manière-là. Donc cet effet de suspense créé de la rareté, d'une certaine manière. Ensuite, parce qu'il y avait dans la forme beaucoup de choses qu'on n
'a
pas l'habitude de voir dans des émissions présidentielles, par exemple un décor extrêmement riche. On s'est interrogé sur telle affiche, Liberté, Égalité, Fraternité, la tapisserie d'Alechinsky, quels étaient les livres disposés sur le bureau au premier plan. On a cherché tout cela. Et puis on avait
aussi… Et ça
racontait quoi ? Vous avez l'explication ?
Oh, ça raconte quand même un peu comme la photo officielle du président de la République, toute une série de valeurs. L'affiche qui vient d'un artiste lié à la campagne Obama et qui était un hommage à la France après les attentats. Le galet tricolore qui lui aussi vient de Nice, donc est lié à l'histoire traumatique des attentats. Les livres, alors on peut spéculer, est
-ce
qu
'ils
sont là par hasard ou pas ? Moi j'ai tendance à penser que les politiques ne
font
rien par hasard. Un livre qui parle de l'œuvre de Malraux, un livre qui vient d'un dirigeant européen, Enrico Letta, qui a dirigé l'Italie et donc qui porte cet engagement européen du président français. Un livre d'un économiste qui nous parle de 2030, c'est-à
-dire
un presque futurisme. Tout ça a du sens, avec sur la cheminée une fusée Ariane et puis des satellites. Tout ça prend quand même beaucoup de sens, en tout cas beaucoup de symbolique. Et c'est un président qui aime faire du symbolique. Il ne manquait plus que l'irruption du chien au milieu de
l
'émission pour que la nouveauté Macron fût totale. Donc il y avait quand même ça qui était un petit peu nouveau. Et puis surtout, c
'est
la première fois qu'on n'est pas là pour écouter ce qu'un président va nous dire de neuf, mais aussi là pour écouter comment un président va corriger le tir. Et il a un peu joué à un mot pour un autre. Il est arrogant ? Non, il est déterminé. C'était un début de l'émission. C'est un président des riches ? Non, c'est un président des premiers de cordée. Donc toute cette tentative pour déplacer le champ lexical, c'est-à-dire déplacer le commentaire, c'était quand même assez nouveau comme type d'émission politique.
Parce qu'habituellement, ce sont des émissions pour défendre un bilan,
pour faire des annonces,
c'est ça que vous voulez
dire ? Pour faire
de la pédagogie, pour faire des annonces. Alors on attend l'annonce sur tel impôt qui va baisser, telle catégorie qui va bénéficier. Il n
'y a
pas eu tellement ça hier, à part peut-être sur l'intéressement et la participation.
Là, c'était
quelque chose de plus pédagogique. Et puis surtout, ce sont des émissions où depuis deux présidents, parce qu'on a le quinquennat, on voyait le président descendre à des étages qui ne sont pas les siens. Et parler à la place du Premier ministre, des ministres concernés, du Parlement. Et Macron a essayé au contraire de se représidentialiser. C'est un Jupiter qui parle, contrairement au Jupiter muet d'avant l'été, mais c'est encore un Jupiter.
Il n
'est
pas descendu dans l'arène, François de Trésorce. Vous êtes d'accord avec ça ?
Alors moi, je dirais que c'est un Jupiter qui essaye de retrouver le contact avec son peuple. Et je pense que ce qui est déterminant dans la séquence aujourd'hui, c'est ce qui s'est passé cet été. Ce qui s'était d'ailleurs passé, l'équivalent pour François Hollande, c'est que tout d'un coup, il y a une chute de popularité très forte d'un président qui a été élu pour transformer le pays. Depuis, qu'est-ce qu'il a fait ? Il a rectifié le tir avec une partie de son électorat. C'est-à-dire que je pense qu'il a derrière lui le centre-droit et peut-être une partie de la droite qui veut des réformes et qui a été déçue à la fois par Nicolas Sarkozy et par l'échec de Fillon.
Mais il a aussi à essayer de rétablir le contact avec l'autre partie de la population qu'il est en train de perdre, cette partie de la gauche, ces gens qui le taxent de président des riches. Donc il y avait deux exercices hier soir. Le président qui dit « je suis droit dans mes bottes, j'avance et je fais ce que j'ai dit ». Et ça, je pense que c'est vraiment le leitmotiv de la soirée. Je fais ce que j'ai dit, j'ai un mandat du peuple et ça c'est une réponse à Mélenchon qui lui dit « vous n'êtes pas légitime parce que vous êtes minoritaire, c'est pas vrai ». Il a le mandat du peuple et il va transformer.
Mais on a senti qu'il était aussi dans l'obligation de corriger pour ne pas apparaître comme le président des riches, comme le président qui est un peu coupé du peuple et puis de tout ce qu'on lui reproche, c'est-à-dire ces petits mots qui peuvent apparaître agressifs, bordel, fainéants, qui peuvent apparaître comme un réflexe de classe. Là, il a assumé. Oui,
il l'a assumé, mais c'est un peu… Il l'a pas, il est
parvenu sur
ces mots-là ? C'est difficile,
il l'a assumé, mais il a dit « je ne méprise pas ». C'est-à-dire que je vais continuer à parler, mais ne le prenez pas comme un mépris, ce n
'est
pas du tout mon état d'esprit. Donc s'il est quand même obligé de corriger, de préciser, c'est qu'il a senti qu'il y avait un petit problème là-dessus.
On va aller vite là-dessus parce que ça a été reproché aux journalistes d'en faire trop sur ces questions de mots. On est dans l'anecdote, on est dans la com. Où est-ce que c'est important les mots qu'utilise un chef d'État ? Cette séquence sur les fainéants, sur le bordel, on pourra revenir aussi à ce qu'il dit sur les jaloux, ça impacte dans l'opinion, Bernard Sananès ? Ce n
'est
pas anecdotique ?
Non,
ce n'est pas anecdotique. Quand le président s'exprime comme cela, ça a une trace. D'ailleurs, ça a une trace tellement forte que ça en vient parfois à cannibaliser ses propres discours. Et ça, c'est embêtant parce que la communication d'Emmanuel Macron a envoyé pendant tout l'été beaucoup d'images, depuis même son élection, des images souvent réussies, du commande-car à la partie de tennis, certaines plus anecdotiques que d'autres. Mais souvent, ses propres discours, ses propres expressions ont perdu de leur efficacité parce qu'elles étaient masquées par ce que certains appelleront un dérapage et ce que lui, hier, a assumé.
Mais l'autre risque, et je pense que l'émission d'hier ne l'a pas complètement conjuré, c'est la polarisation. La polarisation, c'est que ces mots-là, finalement, et notamment on l'a vu au moment de « fainéant », je vous mettrai bordel un peu différemment, mais c'est que
cela
renforce le soutien de ceux qui sont déjà les plus favorables à Emmanuel Macron, alors que dans le même temps, ces mots qui ne sont pas supportés par certaines personnes, qui sont choqués par ces mots-là, ça renforce leur hostilité. Et je trouve qu'hier, l'émission, même s'il a essayé de se présenter comme le président de tous les Français, n'a pas vraiment répondu à cet objectif. Il y
a
des choses, on y viendra peut-être, qui sont réussies dans l'émission, mais sur cet objectif-là, qui était de montrer qu'il était vraiment le président de tous les Français, je ne suis pas sûr que ça ait mis fin à cette polarisation dont je parlais.
D
'une manière générale, c'est un exercice réussi, il n
'y a
pas eu d'accident, de sortie de route. Fanny Guinochet,
comment est-ce
que vous appréciez, encore une fois, cette interview, qui était très attendue, tout simplement parce que c'était la première ?
Non, il n'y
a
pas eu de sortie de route, mais c'est vrai que c'était une interview qui était destinée à mettre de la pédagogie. Je ne
suis
pas sûre que, pour le coup, tout le monde ait tout saisi, parce que même s'il a essayé de remettre en perspective son action, il y
a
des moments où ça restait très technique, quand même.
Techno. Techno,
voilà. Et c'est vrai que le côté techno, ça va aussi avec le côté président des élites, pas seulement président des riches, président des élites. Et une des vocations, ou un des objectifs de cette interview, me semble-t-il, c'était aussi de parler à la France plus fragile, à celle qui a le sentiment d'avoir souffert avec les ordonnances, à celle qui ne s'y retrouve plus avec les réformes qui ont été prises, que ce soit sur les APL. Et là, on a senti... Je n
'ai
pas senti d'empathie, je n
'ai
pas senti de... Par exemple, il n'a pas à un seul moment prononcé le mot de fonctionnaire. Il y a quand même eu, la semaine dernière, des manifestations, neuf organisations syndicales qui appellent à se mobiliser. On voit qu'il y a un malaise chez les fonctionnaires. Il n'y
a
pas eu une petite phrase, un peu... Peut-être un peu... Oui, empathique, à l'écoute. Donc ça, c'était peut-être le raté de cette séquence. Est-ce que c'est lui
? Alors voilà, toute la question, c'est ça. Est-ce qu'on a
ses prédécesseurs
qui
savaient manier l'empathie, la formule, qui donnaient le sentiment de tout raconter l'histoire de cette dame qu'ils avaient croisée au marché, qui montrait qu'ils connaissaient les Français ? Ils donnent l'impression, Emmanuel Macron, de ne
pas
vouloir... Alors peut-être parce qu'il ne sait pas, Christophe Barbier, de ne pas vouloir jouer ce jeu-là.
On
idéalise peut-être un peu le passé. Cette empathie, elle était structurelle chez Jacques Chirac après 95, que Jacques Chirac des années 80, ce n
'était
pas le même. Mais chez Nicolas Sarkozy, par exemple, quand il nous parlait d'une victime, c'était moins pour faire de l'empathie avec la victime que pour stigmatiser l'agresseur et faire de la sécurité. C'est vrai que ce n'est pas dans la nature de Macron d'être empathique.
Par ailleurs, une émission de ce type, à mon avis, très grand public, 9 millions de personnes, est plus là pour faire profiter le président des rapports de force qu'il a éventuellement gagnés, et il a gagné son automne social jusqu'à maintenant, plutôt que pour faire de l'empathie, où là, il va pouvoir utiliser les visites sur le terrain, on l'a vu par exemple à l'île de Saint-Martin, et abuser des images du Facebook Live, où là, on a l'impression du président qui console la veuve et l'orphelin. Alors évidemment, quand un déplacement est parasité par une petite phrase sur l'effet néant ou sur le bordel, ça gâche un peu cet effet-là.
Mais je serais lui, je réserverais l'empathie à l'incarnation du président sur le terrain,
pas
le roi qui guérit les écrouelles, mais quelque chose qui s'y apparente, le président qui va au plus près de ceux qui souffrent, plutôt qu'une grande émission de ce type.
Nous
allons poursuivre cette discussion sur cet aspect-là, François Spressoz, mais on va quand même écouter un premier extrait du président de la République hier soir. Emmanuel Macron avait su faire amende honorable, on s'en souvient, après avoir évoqué les illettrés de l'entreprise GAD. Cette fois-ci, il assume ce qu'il appelle son discours de vérité, celui que les élites n'osent plus prononcer, dit Emmanuel Macron. Il défend avec la même force le contenu d'une politique économique qui repose sur ce qu'il appelle désormais, on l'aura compris, les premiers de cordée. Morceau choisi par Barbara Aztec.
J
'ai pris la décision
de
ne pas avoir une présidence bavarde,
de
ne pas parler tout le temps, parce qu'il faut que la parole présidentielle garde de la solennité.
Et
parce qu'il faut aussi que le Premier ministre,
les
ministres,
le
gouvernement dans son ensemble, déploie une parole, une action, s'exprime, le Parlement.
Et
il était nécessaire de,
je crois,
revenir
à
certains usages.
J
'ai toujours essayé de dire les choses, depuis que je suis engagé dans la vie politique, et de m'approcher d'une forme de vérité, celle que je pensais juste.
Et
donc, je nomme.
Je
l'ai fait il y a plusieurs années, lorsque j'ai parlé de l'illettrisme. Je l'ai fait à plusieurs reprises, y compris durant la campagne. Nos élites politiques se sont habituées à ne plus dire les choses, à avoir un discours, en quelque sorte, à sceptiser, et à considérer que ce qui était intolérable, c'était le mot qu'on mettait et pas la réalité qu'il y avait derrière. Non.
En
l'espèce, le mot bordel, c'est du registre populaire, comme dit l'Académie française.
Est
-ce que vous avez le sentiment d'avoir gagné contre la rue ? Mais j'ai le sentiment que la démocratie est respectée. J'ai le sentiment que cette réforme que j'ai portée durant la campagne présidentielle sur la base de laquelle j'ai été élu, le fait que
le
gouvernement la présente, que ces ordonnances soient votées,
que l
'autorisation soit votée par le Parlement, qu'elle soit aujourd'hui prise en acte,
et
que dans quelques semaines, le Parlement est allé ratifier,
c
'est un respect démocratique. Parce que,
surtout, surtout, je
fais
ce
que j'ai dit.
Je
n'aime pas cette opposition de la société.
Quand
je vous regarde, je ne regarde pas des riches. Statistiquement, vous l'êtes au regard des statistiques françaises. Bon. Comme vous ? Oui.
Et
alors
? Vous
voyez bien que tout de suite, ça crée quelque chose qui est dans le vocabulaire. Ce sont ce que j'appelle les passions tristes de la France. Quel était le résultat de l'ISF tel qu'on l'avait ? Celles et ceux qui étaient en train de réussir partaient, et on a perdu beaucoup de talent. Pas tous. Pas tous, mais beaucoup. Beaucoup.
Et
beaucoup de gens qui commençaient à réussir, ou qui, fortune faite, une fois qu'ils vendaient leur entreprise, allaient profiter de leur fortune ailleurs. Je crois à la cordée.
Il
y a des femmes et des hommes qui réussissent dans la société, parce qu'ils ont des talents. La réussite n'est d'ailleurs pas que monétaire ou financière. Il y
a
des gens qui réussissent dans les arts, dans l'association, dans leur vie familiale. Et je veux qu'on célèbre toutes ces réussites, chacune et chacun. Il y en a d'autres pour qui la vie est plus dure. Je veux les aider par leur travail à réussir. Et d'autres qui sont fragiles, nous les protégerons. Mais
si
on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole.
On
ne juge pas
l
'action
du
président de la République simplement à un indicateur. C'est un de mes désaccords avec mon prédécesseur qui peut-être avait considéré qu'il pouvait y avoir une espèce de réglage selon les cours.
Le taux de
chômage est en train progressivement de baisser. Il baissera la plénitude des réformes qui sont en train d'être conduites par le gouvernement.
Vous
les verrez
dans
un an et demi, deux ans.
Et
nous reprenons notre discussion avec cette question. Qui sont les premiers de cordée ? Quel exemple pourriez-vous nous donner pour éclairer nos lanternes
? Moi, je pense qu'il pense à ceux à qui il va alléger l'impôt sur la fortune. C'est-à-dire, le deal qu'il essaye de passer, c'est de dire, voilà, on va alléger l'impôt sur les produits financiers, le patrimoine financier. Et en contrepartie, il y aura un investissement. Et tout va entraîner. Parce que je pense qu'il réagit aussi à, vous savez, la théorie du ruissellement décrite par Mélenchon. Parce que Mélenchon, il dit, voilà, il y aura de la richesse, puis il y aura des petites gouttes qui vont tomber. Ce n
'est
pas bon comme image quand vous faites une politique. Donc lui, il prend le premier cordée. C'est-à-dire, ce sont des gens qui réussissent et qui vont tirer les autres. Mais pour que ça marche, il faut qu
'il
y
ait
une sorte de donnant-donnant. Et alors, c'est ça qui était intéressant, je trouve, dans son intervention. C'est que quelque chose est apparu qui n'était pas pendant la campagne. Et je pense que c'est une façon pour lui aussi de corriger, y compris quand il parle de l'entreprise. De l'entreprise qui doit être le centre d'une vie commune et une riche sud-commune, où il remet aussi la participation et l'intéressement. Le mythe gaullien de tout le monde est uni dans l'entreprise. Parce que je pense qu'il se rend compte que la politique libérale... Castaner l'avait dit, c'est un pari. On fait le pari qu'en supprimant une partie de l'ISF, les riches vont investir et vont tirer. Mais c'est un pari.
Et Macron, on a l'impression qu'il essaye de mettre les premiers de cordée en disant, il faut que vous soyez aussi patriote. C'est-à-dire, il faut que vous investissiez. Oui, parce
qu'il leur dit, s'ils ne
réinvestissent pas, ils seront taxés.
On ne l'avait pas entendu, cette petite phrase.
Voilà, exactement. Alors, je pense que ce n
'est
pas exactement le projet du gouvernement, mais il y a quand même cette petite menace. De même qu'il dit, les ordonnances, il faudrait que les patrons s'en emparent pour flexibiliser, mais aussi pour embaucher. Donc, on sent qu'il est un peu à cette charnière où il a fait une politique, mais il voudrait entraîner. Et il faudrait aussi que la société civile entre dans le deal et fasse des contreparties. Parce qu'il a le sentiment qu'il faut corriger la perception
des Français sur
ce budget qui est
présenté par l'opposition comme le budget des riches.
Vous vous en souvenez, on a publié, peut-être il y a dix jours, une étude qui montrait, c'est intéressant, le parallélisme des chiffres, 70% des Français trouvaient que la politique d'Emmanuel Macron était conforme aux engagements qu'il avait pris, mais 70% qu'elle ne répartissait pas équitablement les efforts. Alors, cette image des premiers de cordée, je pense qu'elle va structurer, à un bon moment, le débat politique. Et je crois qu'il faut être prudent parce qu'on ne sait pas comment elle peut être perçue. Parce que quel est le risque ? Parce qu'elle peut confronter deux aspirations dans l'opinion. La première, c'est l'aspiration au mérite, à l'effort.
Et les premiers de cordée, c'est aussi ça, et c'est aussi le risque. Ceux qui connaissent l'alpinisme, je me suis renseigné depuis ce matin, parce
que
j'avoue que ce n'était pas ma spécialité. Il faut ouvrir
la voie, c'est
ça. Mais bien sûr, elle se heurte à l'aspiration à l'égalité des Français. Avec une question qu'on entend depuis ce matin, quand on n'est pas le premier de cordée, est
-ce
qu'on peut le devenir ? Et donc, soyons prudents, entre ce en quoi ça résonne, c'est une valorisation de l'effort, du mérite, et ça vient heurter, et ça vient justifier un sentiment, une perception d'inégalité, je ne sais pas encore, dans les deux côtés, comment ça va basculer. Il faut être un peu prudent. Mais en tout cas,
c
'est vrai que cette image, tout d'un coup, elle va devenir l'illustration de la politique économique d'Emmanuel Macron, avec peut-être ses avantages, mais aussi beaucoup de risques.
Avec ce qui ressemble presque à une injonction à réussir.
À réussir et à faire réussir les autres, ou à faire profiter les autres
de votre propre
réussite. Il y
a
une sorte de devoir d'altruisme qui est formulé par le macronisme. Le responsable de la cordée, le premier de cordée, il aura la médaille au sommet, il a des aides fiscales, mais il doit emmener toute la cordée au sommet. Il ne doit pas se contenter, lui, d'arriver au sommet en ayant largué les autres dans les crevasses. C'est très important, le rôle de premier de cordée. Dans l'armée, c'est le seul poste où un seconde classe peut donner des ordres à un général 5 étoiles. Parce que par votre mérite, vous êtes désigné comme premier de cordée parce que vous êtes l'expert en haute montagne, vous donnez des ordres à toute votre hiérarchie habituelle.
Donc là, il responsabilise fortement ceux à qui il fait des cadeaux. Et je crois qu'il a raison de se méfier le président. Parce qu'on a déjà un exemple avec le CICE. Le CICE n
'a
peut-être pas été la grande réforme qu'attendaient les patrons. Mais il y
a
eu des avancées. Où est le million d'emplois promis par Pierre Gattaz ? On a l'impression que les acteurs économiques, les premiers de cordée, ils prennent ce qu
'on
leur donne comme cadeau. Ils en font des profits,
ils
en font des dividendes pour leurs actionnaires. Mais quand il s'agit d'embaucher, y compris d'embaucher, sans être sûr que la croissance est là, de prendre un risque eux-mêmes, en disant j'embauche tout de suite parce qu'il va y avoir un carnet de commandes plein demain et pas dans l'autre sens, ils ne sont plus au rendez-vous. Alors on entend un peu toutes les voix dans le patronat. Mais je pense que Macron a raison de se méfier de ceux qui aujourd'hui l'applaudissent et qui pourront peut-être le trahir demain.
C'est pour ça qu'il leur dit s'ils ne réinvestissent pas, ils seront taxés
en tout cas. Et encore plus de les
rattraper à ce moment-là.
C'est
une façon de parler. Alors il a expliqué qu'il n'aimait pas ce mot-là de parler des contreparties, de commencer
à amorcer une
réflexion sur les contreparties.
Je voulais
juste préciser que c'est très intéressant son évolution parce que je me souviens que sous François Hollande, quand il y a eu le pacte de responsabilité, cette histoire de donnant-donnant, Emmanuel Macron, il ne croyait pas, il disait non, non, il faut donner la liberté aux entreprises et elles font. Et là, il se rend compte en responsabilité qu'on ne peut pas raisonner comme ça et qu'il faut aussi des patrons patriotes, comme il dit.
Et c'est pour ça qu'il veut ouvrir une grande réflexion sur la place de l'entreprise pour intégrer davantage de participation, d'intéressement pour
les salariés. Oui, effectivement,
parce qu'il y
a
quelque chose de donner l'exemple. Et effectivement, il joue sur la notion de solidarité. Christophe Barbiel a dit «
l
'accordé, vous êtes solidaire des autres ». Mais c'est difficile de comparer, je pense, ce qui a été fait avant. Avant, les patrons avaient des excuses, entre guillemets, pour dire « on n'a pas embauché parce que la croissance n'est pas là » et puis « on n'a pas les réformes, ça reste très compliqué en France, socialement, fiscalement ». Aujourd'hui, il a mis les ordonnances. Donc aujourd'hui, déjà, cet argument va sauter. La croissance, on est sur un trend aujourd'hui où il y a tous les indicateurs, quasiment tous, qui sont au vert. Donc là, il met les patrons et les entrepreneurs au pied du mur.
Et on le voit, par exemple, sur une proposition qui va émerger là dans le débat, sur le fait d'embaucher des gens en contrat court. On va mettre en place un système de bonus-malus. En gros, vous embauchez des gens en CDD ou en intérim, vous êtes taxé. Vous embauchez des gens en CDI, vous faites le pari de les prendre à plus long terme. Parce que vous savez que maintenant, vous avez la possibilité, si jamais vous avez un revers de médaille ou une difficulté avec un salarié, de pouvoir vous en séparer plus facilement, une fois que vous avez ce terreau-là, Emmanuel Macron leur dit, maintenant, allez-y, parce que si vous êtes vertueux, vous serez récompensé. C'est le principe du pollueur-payeur.
Et là, ça va être très difficile pour le patronat de dire, écoutez, on ne joue pas le jeu. Parce qu'il a aligné, il a mis le terreau. Et après, la théorie du ruissellement, elle n'existe pas en économie, déjà, il faut le rappeler. Mais c'est vrai que c'est une très bonne réponse, cette idée de premier de cordée à Jean-Luc Mélenchon. Parce que, quand même, on le voit sur les territoires, quand vous avez une entreprise qui va bien,
en
général, elle a des sous-traitants,
en général.
Voilà, ça infuse.
Un mot, on continue à décrypter l'intervention du président de la République. Je ne
sais
pas comment ça peut être reçu. Quand il évoque ce rapport compliqué entre la France et les riches, en disant, en gros, que ce sont des passions tristes de la France et qu'en gros,
il
y aura une forme de jalousie. Alors, à qui s'adressait-il ? Est-ce qu'il s'adressait à une partie de la classe politique qui stigmatise, qui a eu stigmatiser les riches ? Est-ce qu'il s'adressait aux Français d'une manière générale ? Parce que ça peut être mal reçu, ça aussi, de considérer qu'il
y a
une forme de jalousie
des
Français par rapport à ceux qui réussissent.
Oui, parce que cette aspiration, en tout cas, je ne
serais
pas dit jalousie, mais cette aspiration à l'égalité, elle est, on le sait, structurante dans le pays. Donc,
il a raison. Et elle
partage. L'égalité, 80%, quand on teste ce mot-là, égalité, sont extrêmement attachés. Donc là, c'est vrai qu'il y a un appel, je dirais, de sa part à changer de culture. Est-ce qu'il va être entendu dans un moment où surtout, le sentiment d'une bonne partie de l'opinion, c'est que ces inégalités, ce n
'est
pas simplement qu'elles sont permanentes, récurrentes, c'est qu'elles s'accroissent. Et donc, dès qu'il y a ce sentiment, c'est encore plus difficile, évidemment, de faire changer d'avis. Les Français, c'est pour ça que, là, je pense que c'était un moment très compliqué parce qu'il parlait, évidemment, tous les Français, de
l
'exposition médiatique hier, mais tout le monde ne pouvait pas recevoir ce propos avec la même écoute parce que, quand on est dans la difficulté, dans la souffrance, on ne peut pas entendre ce propos. Françoise Pratsoz. Le seul moment où il était convaincant, c'est quand il a pris à contrario l'exemple de François Hollande qui avait voulu taxer les riches et puis ça les a fait fuir et puis finalement, la taxe à 75%, elle a été abandonnée. Donc là, il était assez convaincant de dire, finalement,
le
dispositif,
ça
n'a pas marché. A contrario, aller dire, c'est des passions tristes, c
'est
la jalousie, non, il y a de fait des inégalités de patrimoine, elles se creusent aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, on avait un outil pour essayer de les freiner et on s'aperçoit bien que c'est sur le patrimoine que sont les concentrés les inégalités. Donc, alléger l'impôt des plus riches, c'est quand même un geste politique et on ne peut pas le traiter d'un revers de la main en disant, mais arrêtons la passion triste de la jalousie. Moi, je pense que ce n
'est
pas suffisant comme argument.
Il sort sur une idée reçue qu'en France, il y aurait, voilà, que la France n'aime pas la réussite, qu'on testerait. C'est
vrai, il a fallu quand même attendre un président, un autre président, Sarkozy, pour que les lettres de dénonciation anonymes au fisc
ne
soient plus prises en compte pour faire des contrôles fiscaux. C'est dire qu'il y avait quand même de la jalousie sur la réussite du voisin, la taille de sa voiture ou la qualité de son appartement. Donc, l'objectif de Macron, c'est en effet de changer la culture. Il est beau cet objectif, mais il n'est pas que beau. C'est aussi un objectif qui veut remettre de la dynamique dans l'aspiration à l'égalité, non pas par diminuer les riches,
mais par élever
tout le monde. Sarkozy avait tenté quelque chose, le bouclier fiscal d'un côté, et puis les heures supplémentaires défiscalisées de l'autre pour que celui qui travaille plus gagne plus. Macron n'a pas cet outil-là. Donc, il faut qu'il arrive à faire repartir la machine pour que l'égalité française, qui n'est pas l'égalitarisme, c'est-à-dire tout le monde au même niveau, l'égalité progresse par les plus pauvres qui vont remonter l'ascenseur social, notamment en trouvant du travail et en pouvant s'épanouir, et pas seulement par on écrète les riches.
–
On
s'affiche aussi. –
J'ajoute que même dans sa pensée, c'est moins par l'impôt que tout ça peut se résoudre que par la refonte des politiques publiques.
C
'est par exemple l'éducation nationale. On voit bien que Blanquer est en première ligne depuis le début du quinquennat en disant je vais remettre de l'égalité dans l'éducation parce qu'en fait on a complètement abandonné l'objectif. Mais on voit bien aussi que ces politiques publiques ça va mettre au moins 2, 3, 4 ans pour donner résultat y compris la réforme de la formation professionnelle.
Et
donc d'ici là il est obligé quand même d'occuper le terrain de faire de la pédagogie parce que les Français vont se mettre à douter si les résultats ne sont pas là immédiatement.
– Parmi les critiques qu'on a entendues depuis ce matin et qu'on entendra à la fin de l'émission les critiques à droite et à gauche il y a cette idée que ce serait un président déconnecté dans sa bulle. Déconnecté des réalités, déconnecté de cette France qui va mal, de cette France qui souffre, de cette France des territoires. Est-ce qu'hier vous avez vu un président qui était un petit peu hors sol, qui s'adressait à une France qui va bien, une France ouverte sur la mondialisation ou c'était juste son rôle de chef d'État comme on le disait tout à l'heure qui était sur les grands mécanos et sur la philosophie de son action ?
– Moi
ce que je retiens c'est qu'on a vu la pédagogie mais sans la proximité. On a vu la pédagogie et il faut le reconnaître la pédagogie était alors après on est d'accord ou pas mais l'explication, la conviction, il savait faire.
On n'a pas vu la proximité et c'est très paradoxal, Christophe l'évoquait tout à l'heure, on a un président qui quand il est dans une situation de confrontation sur des situations de terrain difficile, on se souvient de Willpool, on a parlé aussi de Saint-Martin mais de Willpool c'était frappant, s'est écouté, il s'est dialogué avec des citoyens qui lui font remonter une situation et qui lui exposent une situation qui est parfois très dure et dans des termes parfois assez violente. Mais par contre il ne sait pas en parler et hier il ne savait pas en parler,
il
ne savait pas mettre je ne
vais
pas dire de nom ou de visage mais en tout cas de situation personnelle à part peut-être sur la situation de GMS qu'il connaissait bien et d'exemples qui montraient qu'il pouvait ressentir quelque part ce que d'ailleurs le Premier ministre avait fait quand il avait fait son intervention l'autre soir France 2 en disant à la femme de militaire je ne peux pas parler d'une situation que je ne connais pas bon il avait réussi à le faire ce n
'est
pas un exercice facile pour les politiques mais c'est vrai qu'hier on sentait bien
qu
'il y avait cette distance moi j'étais c'est vrai un peu frappé que par exemple il n
'y
ait pas eu de moment d'émotion sur ce qui s'était passé à Marseille sur les victimes de Marseille c'était un peu étonnant et donc c'est vrai que cette vision un peu techno je ne
vais
pas reprendre le président des riches parce
que
maintenant c'est une expression politique même si on le voit le mot riche est vraiment apparu spontanément dans les enquêtes depuis un mois ou deux mais en tout cas cette idée d'un président d'en haut d'un président qui n'est pas toujours collé en tout cas qui ne sait pas retranscrire parce que je pense qu'il l'a connu mais qui ne sait pas retranscrire la souffrance et la difficulté
sur
les territoires par exemple ça ne suffit pas de dire je suis née à Amiens j'ai grandi en province c'est vrai c'est factuellement vrai mais on ne sent pas de proximité avec les territoires GMS derrière le mot bordel il y avait surtout la question de la mobilité de la difficulté qu'ont ces travailleurs qui se font licencier à retrouver un emploi dans un périmètre qui soit abordable parce que quand vous allez sur le terrain les infrastructures ne sont pas là c'est ça qui a manqué c'est effectivement cette émotion par exemple demain le président va lancer un grand plan pauvreté moi je me suis étonnée pourquoi il n'a pas commencé à en parler c'est quelque chose qui touche les gens alors certes il les annonce ce front demain mais ça va être un plan pauvreté en direction des enfants c'est quelque chose qui est pour le coup qui touche toutes les familles un enfant sur cinq qui est pauvre en France il pouvait en parler et s'en dévoiler toute la ribambelle de mesures parce que c'est pas à son niveau mais quand même ne s'adresser que sur des logiciels économiques qui sert
c'est la
pensée complexe voilà mais sur une
pensée qui semble très
assise qui a une vraie rationalité on voit le dérouler la phase 1 la phase 2 la phase 3 c'est une ordonnance sans vouloir faire de jeu de mots qu'on déroule et qui devrait à un moment faire baisser le chômage et profiter à tout le monde au milieu on sait très bien que l'ordonnance ou que le déroulé du stéritoling il peut avoir quelques accros et il faut en tout cas lui donner un peu de chair
c
'est ça c'est pas la pensée complexe c
'est
la pensée complexe mais qui n'est pas politique on peut avoir une pensée complexe à un moment donné il faut transformer ça en parole politique et là c'est pas Sarkozy qui fait penser c'est à Juppé Juppé qui prenait toutes les émotions et qui transformait tout ça en chiffres en taux comme un ordinateur en choses désincarnées et jamais Juppé n'a réussi à faire comprendre aux français qu'il venait d'une famille populaire ce qui était le cas des Landes et de la même manière jamais Emmanuel Macron ne passera aux yeux des français pour un picard né à Amiens dans une ville qui a eu de difficultés économiques il arrivera toujours dans les français avec sa double image Ena et Bancrochil donc il faut qu'il arrive à créer si ce n'est cette empathie parce qu'on peut l'accuser aussi de l'armoyer de manière
artificielle
du moins la transformation d'une réalité chiffrée en actes humains et ça c'est pas facile à faire
Françoise Presseau
moi
je
pense aussi à Valérie Giscard d'Estaing dans cette espèce d'incarnation d'un libéralisme éclairé mais qui reste quand même assez hors sol alors il faut quand même se souvenir qu'il n'a jamais été élu Emmanuel Macron et puis il y a aussi depuis 4 mois son mode de gouvernance c'est à dire que c
'est
un homme très seul finalement le parlement ne fonctionne pas comme il devrait fonctionner sans doute les choses ne lui remontent pas comme elles devraient remonter ce qui fait qu'il est face au peuple dans une posture très technocratique alors animé par une flamme qui est je pense qui est profondément convaincue de la véracité de sa politique mais une difficulté à être en symbiose avec les difficultés quotidiennes et à créer de l'empathie sur des mesures quand même parce que changer le logiciel français c'est quand même pas rien donc vous avez intérêt à entraîner derrière vous être le premier de cordée et c'était pas complètement réussi hier soir
dans
l'intervention du président alors bien sûr il y
a
eu un bilan un
bilan
rapide des premiers mois du quinquennat mais aussi quelques annonces alors l'organisation d'un débat sur la PMA un texte l'an prochain sur le harcèlement la volonté d'associer plus étroitement les salariés à la bonne marge de l'entreprise et surtout quelques précisions sur la réforme de l'assurance chômage une promesse de campagne qui semble en passe d'être très légèrement remaniée Laurent Hirsch et Benoît Thébaud
Celui
qui en a assez
on
ne
peut
pas lui donner comme ça l'accès au chômage mais celui qui au bout de 5 ans 6 ans 7 ans a un autre projet
qu
'on lui donne la possibilité
de
toucher le chômage pour mener cet autre projet
c
'est ce qui va avec cette transformation de notre société parce que la contraposée de ce point
c
'est que nous allons renforcer les contrôles
je
veux aussi que les salariés puissent
avoir
leur part de la réussite donc être intéressés
en bénéfice et donc je
souhaite qu'on puisse revisiter cette belle invention gaulliste
de
l'intéressement et de la participation et je veux à cet égard qu'en 2018
on
puisse avoir un vrai débat sur ce point j'ai entendu les voix
de
celles et ceux qui proposaient ça
je
participe
de
cette philosophie
pour
verbaliser au quotidien et être plus actif
nous
allons lancer un
changement
de l'organisation de notre police le ministre de l'intérieur lancera dans les prochains jours la consultation justement pour mettre en place cette police de sécurité du quotidien à laquelle je me suis engagé
cette
police de sécurité du quotidien elle aura dans ses priorités la lutte contre le harcèlement et en particulier dans les transports
il
est normal compte tenu du fait que nous reconnaissons qu'une mère peut être seule ou que deux femmes puissent être en couple
de
reconnaître ce droit
aux
femmes seules
et aux
couples de même sexe
je
suis très sensible au respect de la filiation
c
'est aussi pour ça que je suis contre la gestation pour autrui
parce
que j'ai une conception de la dignité du corps de la femme je ne pense que
cette
conception philosophique qui est la nôtre
ne
permet pas qu'on puisse porter un enfant pendant neuf mois pour le compte d'un autre
et
je souhaite qu
'on
ne puisse pas passer de la PMA à la GPA subreptissement
celles
et ceux qui sont en situation illégale sur notre territoire peuvent être contrôlés plusieurs fois
parce
qu'on s'est habitué à l'incapacité de les reconduire à la frontière
on
ne prend plus toutes les mesures qui doivent être prises et bien cela va changer toutes celles et ceux qui étant étrangers en situation irrégulière commettent un acte délictueux quels qu'ils soient seront expulsés et je souhaite qu
'on
prenne toutes les dispositions d'organisation dès les prochains jours prendront ces dispositions d'organisation mais ça veut dire aussi qu'on doit être plus efficace dans nos politiques de reconduite
Juste
un mot sur cette dernière déclaration du président de
la
République sur la reconduite à la frontière systématique pour les délinquants sans papier
C'est
quand même compliqué C'est compliqué si ils commettent un délit grave on va quand même l'opinion va quand même exiger qu'ils soient punis avant d'être envoyés donc ça veut dire qu'on rétablit la double peine supprimée par Nicolas Sarkozy s'ils volent un blouson comme c'était le cas pour le terroriste de Marseille bon ben on les expulse mais si c'est un délit plus grave on les juge on les condamne ils purgent leur peine et on les expulse après ça va pas être simple
En
même temps il fallait apporter une réponse c'est une affaire qui a choqué le pays à savoir ce qui s
'est
passé à Marseille était extrêmement choquant
La
réponse ça a été le préfet alors il nous explique que le préfet est un homme formidable le préfet du Rhône était très bien alors pourquoi on le vire parce que quand le système est défaillant le représentant du système ou de l'état le préfet doit sauter très bien mais il faut corriger le système puisqu'évidemment avoir changé de préfet ne va pas réparer le système puisque le préfet était un bon préfet
Vous
êtes en train de dire qu
'il y a
de
l
'improvisation
Il
y a un peu d'improvisation et surtout ça crée un devoir de suite donc on attend maintenant que Gérard Collomb propose une politique efficace alors pas du jour au lendemain dit le Président mais qu'à l'été prochain on ait l'impression que le taux de reconduite à la frontière ait fait un net progrès grâce à la volonté du Président
Et
puis il y a quand même un peu le temps consacré à ce sujet qui évidemment est un des sujets majeurs d'inquiétude des Français c'est vrai que par rapport à d'autres sujets qui ont été évoqués je ne
dis
pas qu'ils sont moins importants mais en tout cas ils sont peut-être aujourd'hui moins menaçants pour les Français moi j'étais un peu surpris qu'y compris d'ailleurs de la part de l'Elysée on ne souhaite pas s'exprimer plus en profondeur sur ce sujet finalement Emmanuel Macron n'a pas eu tant d'occasion que ça depuis qu'il est Président de la République de
parler de la sécurité d'apporter une
réponse globale là c'est vrai que
c
'était un peu la seule annonce finalement concrète de la soirée mais ça a été extrêmement court
Ce
ne
sont
pas ces sujets de prédilection ce sont les sujets sur lesquels les Français l'attendent à votre avis
On le sait
depuis un an on a au même niveau les questions économiques et sociales et c'est vrai que ça a été le cœur de l'émission et c'était en grande partie sans doute son choix et c'est vrai que les premières réformes ont été engagées sur ce sujet là mais en parallèle il y a toujours cette menace terroriste qui aujourd'hui angoisse les Français
Cette
question que veut dire avoir un projet professionnel ? Emmanuel Macron reste flou sur beaucoup de sujets Edouard Philippe va-t-il en dire plus ?
Ça c'est un vrai sujet On
parle de la
réforme de l'assurance chômage C'est vrai que pendant la campagne Emmanuel Macron avait fait preuve d'originalité il avait proposé une mesure innovante c'était pour les gens qui voulaient démissionner qui n'étaient plus raccords avec leur entreprise on voit bien qu'aujourd'hui il l'a rappelé hier c'est difficile souvent quand vous voulez quitter une entreprise vous n'avez pas envie de sauter dans le vide vous avez envie d'avoir les allocations chômage et donc vous négociez une rupture conventionnelle avec votre employeur donc il avait proposé de faire quelque chose de moins hypocrite de démissionner et alors il l'avait encadré en disant ça sera une fois tous les 5 ans et puis là hier bon petit infléchissement c'est plus tous les 5 ans c'est 6, 7 ans alors bon on se dit d'accord et puis il rajoute et puis bien sûr on ne donnera pas l'accès comme ça à ceux qui voudront quitter leur emploi pour qu'ils aillent au chômage et il faudra qu'ils présentent un projet professionnel ah bon alors là ça change complètement la
donne
ça change la philosophie de la mesure et ça donne une petite musique là aussi ça rejoint ce qu'on s'est dit tout à l'heure un peu désagréable c'est à dire que d'un côté les mesures dures je les mets en oeuvre les ordonnances il a parlé aussi du contrôle des chômeurs on va renforcer parce qu'il
y a
des multirécidivistes du refus des gens qui refusent des offres que Pôle emploi leur donne et qui ne veulent pas travailler donc là il a une politique très ferme une position très déterminée et puis de l'autre côté quand même là normalement on est sur le volet où on a des nouveaux droits où il y
a
un peu de générosité où on fait des efforts mais le système apporte d'autres amortisseurs pour les indépendants pour les démissionnaires et puis là on met tout un tas de verrous en tout cas de conditions qui font que c'est un peu un mirage on vous annonce un droit mais bon il s'éloigne il s'éloigne peu à peu tellement il y aura des conditions et puis le projet professionnel il va être jugé par qui par Pôle emploi comment enfin tout ça finalement abîme alors que la concertation démarre Edouard Philippe reçoit les syndicats demain et mercredi avec Muriel Pénicaud et monsieur Blanquer pour parler de l'assurance chômage je trouve que c'était c'était une façon d'aborder les choses qui n'était pas rassurante alors que ça coûte cher c
'est ça le problème il s'est confronté c'est le principe de la réalité voilà
exactement
et puis les
syndicats ont dit il est hors de question d'aller réduire les allocations des chômeurs pour
financer
la réforme de Macron dont on n'a pas du tout on n'était pas demandeur du tout et ça renvoie aussi au problème de quel système va-t
-on
faire est
-ce
que c'est un système nationalisé est
-ce
qu'on le laisse aux partenaires sociaux donc on voit bien aussi que les concertations la semaine dernière avec les syndicats ont quand même porté c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron est obligé un peu de corriger le tir quitte à décevoir apparemment
le
gouvernement va essayer de croiser ça avec sa réforme de la formation professionnelle leur idée c'est que quand on a 10 ans d'ancienneté et qu'on en a un peu marre de son boulot on a droit qu'à 150 heures de formation le fameux CIF le compte individuel de formation ça ne suffit pas pour avoir une formation vraiment qualifiante pour créer un autre métier pour faire un autre métier il faut au moins 400 heures comment on fait pour qu'un salarié qui quitte son boulot ait 400 heures de formation il faut l'aider en lui donnant des allocations chômage liées à ce parcours de formation longue qui lui garantit à la sortie d'avoir un emploi et de ne pas paresser et de ne pas peser sur les comptes du chômage c'est pas facile à faire comme chemin mais ça permettrait de résoudre un peu le problème du financement tout en ayant un contrôle d'un projet non pas professionnel mais d'un projet de formation professionnelle dont on peut penser que ça va donner un nouveau boulot
Est-ce qu'il n'était pas convaincant là-dessus d'assumer de dire mon but ma volonté c'est pas simplement de vous protéger d'accompagner le déclin mais de tenter de donner les moyens aux ouvriers des entreprises qui sont en difficulté de les préparer au monde d'après et aux révolutions technologiques etc. Est-ce que c'est utopique est-ce qu'on a les moyens de le
faire Il l'a un peu fait Il l
'a un
peu fait Il a pris l'exemple du guichetier de la banque
Et pour le coup je pense que cet aspect on parlait tout à
l
'heure de la pédagogie la pédagogie des grandes évolutions économiques c'est vrai que c'est un sujet sur lequel il est assez en situation en situation de le faire mais je reviens à ce que vous disiez à l'instant qu'est-ce qu'on aurait dit s'il avait lui-même détaillé déjà ce que devait être soit il préempte la discussion avec les syndicats soit il est dans la boîte à outils donc est-ce que son rôle était simplement d'annoncer l'intention même si c'est vrai Fanny a raison elle a été un peu diminuée par rapport à la campagne ou est-ce que c'était d'aller plus loin ?
Donc il a bien fait de rester sur les grands équilibres
Moi je pense que ce n'est pas son rôle
là dans cette émission de rentrer dans le détail de la mesure Je pense que son rôle c'était hier c'est d'ailleurs le titre du monde de ce soir de rappeler pourquoi il avait été élu et quel était le lien qui quelque part contractualisait sa relation
avec les français
Il dit je ne
suis
pas là pour gérer et il dit par ailleurs j'ai dit ce que je ferai non c'est pas comme ça il l
'a
dit
je fais ce que je dis voilà pour m'aider
merci mais surtout ce qui est intéressant c'est qu'en général quand après six mois un président de la république vient à la télé c'est déjà pour commencer à annoncer quelques renoncements là il y a eu quelques amoindrissements de mesures mais on n'a pas eu beaucoup de renoncements on peut dire François Hollande pendant tout son quinquennat on posait une question régulière qui était est
-ce
qu'il a un cap et on avait 70% des français qui disaient il n'a pas de cap là on peut être pour ou contre le cap d'Emmanuel Macron mais quand on a entendu hier son émission on voyait quel était son cap
mais ça ça fait partie des choses qu'attendent les français c'est-à
-dire
un président qui tient ses promesses on va le dire comme ça
ça on sait en tout cas que dans ceux qui aujourd'hui expriment une confiance à l'égard de Macron François disait tout à l'heure aussi une partie de l'électorat de droite c'est vrai que cet argument-là de il tient ses promesses c'est un argument qui est entendu
Juste un petit mot puisqu'on a dit tout à l'heure qu'Emmanuel Macron n'avait pas cité les fonctionnaires c'est suffisamment important et je pense qu'on va en parler dans les jours et les semaines qui viennent le ministre des Comptes Publics Gérald Darmanin a reporté d'un an la revalorisation des carrières des fonctionnaires donc ça c'était un plan qui avait été décidé sous le mandat de François Hollande ça risque d'être un peu
compliqué dans les jours qui viennent
ça va tiquer parce que les fonctionnaires pour le coup il n
'y a
pas eu de geste on l'a dit hier et puis dans les mesures qui ont été annoncées tout l'été ils ont un peu l'impression d'avoir de cocher toutes les cases de ceux qui perdent alors ils perdent sur la CSG ils perdent sur le point d'indice qui est gelé ils perdent sur le jour de carence ils vont perdre sur les postes qui vont être supprimés parce que même si là il y a eu une inflexion qu'avait annoncé Gérald Darmanin il y aura 1600 postes sur les 120 000 qui seront supprimés sur le quinquennat bon 1600 sur cette année c'est pas énorme c'est vrai que ça risque de faire un petit peu de mécontentement et d'avoir quelques remous mais après bon on a vu il y a eu une manifestation est-ce que derrière ça va suivre c'est toute la question et c'est le pari que fait Emmanuel Macron
c
'est quand même contre-productif parce qu'il y a quand même 0,2 point de croissance en plus que prévu l'argent va rentrer il faudrait motiver un peu les agents de l'État à mon avis c'est une erreur sauf si l'idée de dire bon on décale d'un an mais on va mettre plus de choses dans le panier on va penser des plateformes entre les carrières on va penser quelque chose qui réforme vraiment de fond en comble la fonction publique et pour longtemps
là juste
les raisons
qui sont invoquées sont naturellement des raisons budgétaires un mot on n'en a pas parlé sur le calendrier des résultats donnés par Emmanuel Macron jusqu'à présent il était très prudent notamment sur le chiffre du chômage il est resté en disant qu'il indexait pas son quinquennat sur le chiffre du chômage mais il dit allez les premiers résultats dans un an et demi deux ans c'est plus compliqué il dit la plénitude des réformes
qu'est-ce que c'est que la plénitude des réformes c'est comme la plénitude il y a des réformes de mille et
donc la plénitude ça veut dire que si les réformes sont dans leur plénitude dans un an et demi deux ans les résultats c'est tout de suite dans un an et demi ou c'est plus tard on
a
entendu les résultats
est-ce qu'on
pourrait pas espérer que les résultats viennent un peu avant par anticipation de l'effet des réformes comme on disait tout à l'heure c'est vrai que des systèmes comme les nôtres c'est comme un paquebot ça fait pas demi-tour en cinq minutes mais tout de même il aurait pu être un tout petit peu plus optimiste d'autant qu'il fait l'impasse sur le calendrier électoral normalement c'est en juin 2019 qu'arrivent les européennes les européennes on le sait les français parlent pas Europe ils sanctionnent ou non le pouvoir national donc le calendrier de récompense ou de sanction de Macron il est sur juin 2019 il n
'est
pas sur la fin de
l
'année 2019
alors
président des riches président dans sa bulle président auto-satisfait c'est peu de dire que les oppositions s'en donnent à coeur joie depuis hier soir avec un point commun entre la droite et la gauche cette critique d'un chef de l'état qui serait technocrate qui serait au service d'une France qui va bien et déconnectée de la réalité Waelid Berissoul Marie-Charlotte Duc et David Lemarchand
Face à un président qui assume tout
et
qui entend bien garder le même cap très libéral
les
mots les plus durs sont venus sans surprise des lieutenants de Jean-Luc Mélenchon il a fini de nous convaincre que c'était le président des ultra-riches et il y a ajouté le fait d'assumer tout son mépris y compris des insultes par rapport à tous ceux qui luttent contre sa politique ou tout simplement pour leur emploi je pense notamment aux salariés de GMS il y a un côté Sarkozy chez lui un côté Sarkozy bon peut-être un petit peu moins bling bling mais la vulgarité aussi il l'assume voilà je dirais que c'est la confirmation c'est Sarkozy et Hollande en pire ça fait beaucoup quand même pour un seul même tonalité cette fois-ci dans les rangs d'une gauche plus modérée ce matin les socialistes retrouvent de la voix comme ce proche de François Hollande
semaine après semaine sa pensée finalement finit par être assez claire il voit les français comme des fainéants
des
riens
des
gens qui foutent le brodel quand ils ne cherchent pas suffisamment à son goût travail et maintenant il les voit jaloux
je
ne suis pas sûr que les français adorent le portrait qu'ils dressent d'eux on a un président qui vit dans une bulle
qui
visiblement a du mal à en sortir
qui
ne connaît pas les français
un
chef de l'état qui devait amorcer un rééquilibrage plus social de son quinquennat
mais
qui hier soir a confirmé une politique
que
quelques-uns à droite ne peuvent s'empêcher de saluer
courage
à ceux qui continuent d'indiquer que les réformes d'Emmanuel Macron ne sont pas de droite ISF apprentissage participation travail
une
tâche pas simple en effet pour les deux porte-parole des républicains au siège du parti ce matin encore déboussolé par la suppression de l'ISF
et
qui n'arrive toujours pas à s'accorder
l
'ISF nouvelle formule de monsieur Macron
c
'est les très riches ne vont plus rien payer
les
classes moyennes aisées vont payer et en cela nous ne
sommes
pas d'accord avec Emmanuel Macron
une
démocratie moderne c'est une démocratie où l'opposition quand elle voit des choses intéressantes dans le gouvernement elle le dit l'ISF c'est bien on le dit
une
droite toujours aussi divisée et des ténors obligés de jouer les équilibristes
Emmanuel
Macron et la république en marche c'est la gauche moderne c'est la social-démocratie comme elle existe depuis bien longtemps dans la plupart des pays européens c'est ce que faisait monsieur Schroeder en Allemagne il y a plusieurs décennies avec d'ailleurs une toute autre ampleur donc nous serons d'accord avec quelques mesures qui sont des mesures économiques quelques mesures qui sont des mesures sociales voire des mesures fiscales mais nous sommes en opposition
sur
tout le reste
quant
au Front National en pleine crise d'identité et de leadership c'est service minimum pour l'ancienne finaliste du second tour Marine Le Pen un simple communiqué du parti sur sa page Facebook
le
Front National a entendu le président promettre de discuter de l'expulsion de délinquants en situation irrégulière Marine Le Pen l'attend de pied ferme sur ce sujet sécurité immigration les angles d'attaque classique du Front National auquel s'ajoutent des critiques plus personnelles contre le chef de l'Etat
chaque
homme a le droit d'appliquer son programme quand il est au pouvoir
mais
qu'il ne prenne pas les français pour des blaireaux qu'il n'essaie pas de nous faire croire qu'il n'est pas le président de la finance d'abord j'ai jamais vu un banquier ayant beaucoup de coeur je m'en excuse auprès des banquiers bon j'ai des parents banquiers la banque d'abord une image qui lui colle toujours à la peau Emmanuel Macron président des riches une vision partagée par tous ses opposants
et
nous reprenons notre discussion avec cette question les propos du président sur l'économie ne vont-ils pas renforcer le trouble chez certains républicains
?
On l'a vu un peu
il fait des réformes que la droite avait promis de faire en 2007 et n'a pas fait notamment l'ISF alors il n
'est
pas supprimé mais il est quand même désossé il est sur une réforme de la fonction publique la droite crie elle voulait faire plus avec le programme de François Fillon alors il augmente la CSG ce n'était pas dans le programme de la droite mais la droite voulait une réforme de la TVA donc la droite est quand même très embêtée sur tout ce spectre économique et social on l
'a
vu aussi dans les critiques sur le budget Eric Wehr qui préside la commission des finances mais au nom de l'opposition a cherché des angles d'attaque mais c'est assez difficile pour la droite de venir dire que ce budget ne va pas dans le sens de ce qu'elle professe d'autant qu'il est mis en oeuvre par trois hommes de droite Darmanin, Lemaire, Philippe donc c'est quand même compliqué elle est mal à l'aise elle est à l'aise la droite sur le sécuritaire et l'identitaire hier le sécuritaire avec les expulsions il serre un peu la vis et l'identitaire il a été très prudent et très flou sur la PMA et sur les évolutions de MERS donc la droite peut difficilement intervenir
Je
pense qu'il casse la droite il continue de la casser mais il prend aussi le risque lui de se déporter vraiment c'est à dire souvenez-vous la campagne c'était et de droite et de gauche au-dessus des partis en tout cas pas dans le système et là depuis quand même la rentrée notamment depuis le projet de budget il est sur les terres de la droite et on voit bien que les sociodémocrates c'est à dire l'aile hollandaise du parti socialiste essayent de servir de la fiscalité vous avez entendu Olivier Faure pour dire il n'est pas des nôtres on ne peut pas adhérer à cette politique là et donc la fragilité actuelle d'Emmanuel Macron c'est de perdre ce centre gauche qui a quand même qui l'a fait élire à la présidentielle
Il
les a perdus
dans
les sondages et est-ce qu'il peut les perdre dans sa majorité ?
Alors pour l
'instant prenons les trois blocs dont on vient de parler pour l'instant chez les électeurs d'Emmanuel Macron du premier tour c'est
à
dire le socle électoral on est toujours dans un niveau au-dessus de 90% donc il n'y a pas de décrochage c'est très important ça c'est le seul indicateur j'allais dire vraiment politiquement important aujourd'hui pour l'exécutif Il y a eu un recul effectivement François Cressos a raison de le rappeler chez les électeurs du parti socialiste le reste de la gauche était déjà en opposition depuis le budget mais en revanche effectivement la droite elle est plus qu'embêtée elle est fracturée c'est intéressant près d'un électeur de François Fillon sur deux je ne parle même pas de sympathisants de droite dans les sympathisants de droite il
y a
des gens qui ont déjà voté Macron au premier tour ceux qui ont voté François Fillon près d'un sur deux 48% exactement disent qu'ils font confiance au président de la république et au premier ministre donc la fracture elle est réelle maintenant pour revenir sur la question de l'équilibre politique c'est vrai que le en même temps qui était un slogan de campagne est devenu une politique et que cette politique du en même temps elle se heurte là à la question justement du temps et de la temporalité c'est qu'aujourd'hui
ce
qui est fait est plutôt des signes donnés à la droite et que ce qui est annoncé pour plus tard est plutôt des signes donnés à la gauche mais ça déséquilibre donc le en même temps pas seulement parce que c'est plus à droite que plus à gauche mais c'est surtout parce que le décalage temporel entre maintenant
pour
six mois un an un an et demi ce sont des mesures de
droite
et
que ce n'est plus en même temps ce n'est plus équilibré
ce n'est plus équilibré
entre
droite et gauche et ce n'est plus en même temps
juste un mot sur la majorité quand même il y a des gens de la république en marche qui sont issus de ces rangs-là des rangs de la gauche pour l'instant on ne les entend pas trop est-ce que ça tangue est-ce qu'il
y a
des volontés de s'organiser peut-être en groupe à l'intérieur même du groupe la république en marche
c'est la difficulté aussi c'est qu'il n
'y a
pas beaucoup de relais c'est qu'on voit que pour porter sa politique et essayer de trouver les arguments quotidiens pour que les gens comprennent bien le rythme des réformes et la pédagogie il n
'y a
pas beaucoup de voix il ne peut pas s'appuyer sur énormément de députés alors ils ont essayé de rectifier ça visiblement pour donner quelques signes à gauche Emmanuel Macron plancherait sur un discours plus social pour essayer de convaincre justement cette partie de la majorité maintenant hier dans la petite c'est pas une annonce mais en tout cas sa volonté de redéfinir la position de l'entreprise de faire plus de participation d'intéressement alors on n'a pas bien compris si c'était donner plus de pouvoir aux salariés au sein de l'entreprise ou leur permettre de toucher par des biais assez techniques de fiscalité les richesses il ouvre quand même une porte une porte à laquelle sont sensibles un certain nombre de syndicats par exemple la CFDT c'est quelque chose qu'elle a envie de voir et puis c'est une aspiration du temps d'avoir plus de co-détermination de co-gestion dans les entreprises que les salariés participent à la stratégie de
l'entreprise c'est une
revendication de la CFDT mais en particulier non ?
oui en particulier
mais c'est aussi quelque chose c'est aussi sur d'autres syndicats sont d'accord avec ça et après c'est aussi une aspiration sociétale où il y a une démocratie de plus participer et c'est vrai qu'il a pris le modèle des ordonnances sur la flexibilité en Allemagne mais il n'a pas pris le modèle allemand de la co-détermination où on définit ensemble le cap est-ce que vous
avez vu hier soir un président qui vous a donné l'impression de tenter d'aller vers ce en même temps c'est-à-dire d'ouvrir la phase 2 non
?
non la chronologie elle est de droite il faut rentrer dans les clous européens donc serrer le budget c'est plutôt de droite il faut créer des richesses pour pouvoir demain protéger et peut-être distribuer donc ça commence par du libéralisme de droite donc cette temporalité c'est celle du quinquennat je pense qu'il va faire un an et demi peut-être deux ans de droite en tout cas plus marqué à droite à mon avis le rendez-vous des élections européennes va peser et il a raison la droite n'est pas déstructurée il y a Wauquiez qui arrive il
y
a un parti il
y
a des élus locaux et le FN ne gêne pas la droite puisque le FN est pour l'instant aux abonnés absents en revanche à gauche c'est terrain dégagé le PS ne sait plus où il habite d'ailleurs il ne
sait
plus du tout puisqu'il a vendu son siège en plus ils sont en train de se perdre dans une sorte de surenchère à gauche l'opposition à gauche c'est Mélenchon elle fait peur à tous les gens raisonnables donc il peut abandonner un peu cet électorat de centre-gauche cet électorat n'ira pas vers Mélenchon il peut l'abandonner pendant à mon avis jusqu'à l'été 2018 sans trop de gros risques d'opinion
attention aux catégories comme les fonctionnaires
je ne
suis
pas d'accord parce qu'il me semble quand on regarde un peu l'histoire moi il me fait beaucoup penser à Giscard qui a été à un moment et de gauche et de droite et qui finalement a basculé à droite par certains côtés il me fait penser à Delors dans l'histoire de déplier toutes les politiques publiques mais Delors il avait la société civile avec lui il était avec les syndicats il était avec la CFDT et son idée c'était de dire à quel moment je peux trouver un compromis avec la société Macron il est un peu hors sol et c'est ça qu'il cherche aussi c'est avec qui sur quelle force je peux m'appuyer pour essayer de changer transformer parce que transformer la société française c'est pas seulement du libéralisme c'est que chaque acteur doit se sentir concerné et je trouve que l'idée qu'il a émise était directement liée à ses conversations avec la CFDT et la CFDT l'a mise en garde on va vous lâcher si vous continuez comme ça à n'en faire qu'à votre tête et donc je pense qu'il y a ça aussi c'est que même si la gauche est en miettes il ne peut pas prendre le risque de complètement se couper de cette partie-là de la société
et
nous passons maintenant à vos questions
on
en parlait à l'instant la droite l'a rêvé Macron le fait
c'est sûr vous prenez l'ISF Macron le fait les ordonnances la réforme du code de travail la droite a beau dire que c'était facile elle ne l'a jamais fait vous prenez même sur les questions sécuritaires on va voir ce que ça va donner mais en tout cas c'est l'impulsion qu'il semble aller l'éducation on dit que Jean-Michel Blanquer aurait pu pareil être le ministre de François Fillon donc finalement c'est aussi des aspirations qui étaient très fortes à droite non là la droite elle n'a aucun angle d'attaque la droite n'en a pas rêvé la droite ne l'a pas fait pendant 30 ans du coup c'est Macron qui a écrit
d'ailleurs
une partie des électeurs de droite non seulement sont intéressés par ce qui se passe chez Macron mais reprochent à leur leader de ne pas l'avoir fait
Une heure de monologue à quoi servent les journalistes
? Quand
même ils sont allés le chercher sur certains terrains on leur reproche en avoir trop fait par exemple sur ses verdeurs de langage peut-être que trois journalistes c'est trop mais bon ça c'était le choix de la chaîne et puis c'est bien que le président de la République ne soit pas seulement dans la verticalité avec des grands discours tels que celui de la Sorbonne sur l'Europe ou celui du Congrès au mois de juillet mais un peu de confrontation il n'a plus été confronté si ce
n
'est un adversaire du moins une contradiction depuis Marine Le Pen entre les deux tours donc c'est bien de lui recréer quelque chose peut-être d'ailleurs pourrait-il penser à l'Elysée à des confrontations télévisées avec en face de lui autre chose que des journalistes Edouard Philippe s'est frotté dans une grande émission de télé à des Français il pourrait faire la même chose Macron ses prédécesseurs ça n'a jamais bien marché honnêtement que ce soit Chirac ou Sarkozy ça a toujours été un petit peu
étrange hors campagne électorale
Et puis jusqu'à présent on n'avait que des entretiens des entretiens dans la presse à leur fleuve intéressants sur lesquels il y avait toujours quelque chose mais qui était quand même relu en partie donc là c'était bien d'avoir une forme de spontanéité face à des journalistes ça changeait
Il
fallait
une prise de parole mais la clarification souhaitée est-elle passée auprès du public ? Bernard Sananès
Qu
'est
-ce qu'on en sait ? C'est trop tôt
pour le dire encore une fois je crois plutôt à la polarisation c'est-à-dire renforcer les convictions de ceux qui étaient des supporters ou quasiment acquis à Macron et durcir l'opposition je pense que ça c'est à mon avis ce qui peut se produire l'autre événement qui peut se produire Christophe parlait tout à l'heure du calendrier c'est que le président de la République ait réussi à s'acheter un peu de temps sur une partie de l'électorat qui est encore non négligeable plus de 40% des Français qui pensent qu'il est trop tôt pour juger qui pensent qu'on ne change pas
le pays en
3 mois 6 mois alors on verra si c'est reçu maintenant sur l'accusation entre guillemets de déséquilibre de la politique là je pense qu'il n'a pas réussi à inverser la tendance
à
quand la prochaine interview pour parler de tout ce qui n'a pas pu être abordé hier soir alors il y
en
a eu des sujets qui
sont passés à la table il faut deux temps c'est
un format assez court on ne l
'a
pas dit ça a donné du rythme d'ailleurs à l'émission mais à la fin on se disait que beaucoup de sujets n'avaient pas été exprimés
est-ce qu
'il
y a
une autre interview prévue pour évoquer les autres sujets qui n'ont pas été abordés
rien n'est prévu officiellement mais c'est vrai que sur Europe géopolitique, terrorisme avant la fin de l'année à mon avis compte tenu du sommet européen qui se tient les travailleurs détachés compte tenu de ce qui va se passer forcément du côté de l'Iran des Etats-Unis de la Russie de la Corée du Nord un rendez-vous de cette nature serait bienvenu et puis il
y a
encore il y a quand même un grand thème absent hier et le président d'ailleurs l'a regretté en privé tout de suite après l'émission c'est l'écologie l'écologie et les états généraux de
l
'alimentation il voulait en parler
les
riches vont peut-être revenir mais n'y a-t-il pas un risque de voir partir beaucoup de retraités au Portugal par exemple alors il en a parlé
un
peu hier soir des retraités vont-ils partir au Portugal ? il faut voir j'en sais rien j'ai aucune
mais bon il
y en a déjà beaucoup mais enfin sur les je crois qu'il
y a
14 millions de retraités je pense qu'il
y en
aura encore quelques-uns qui avant de franchir le pas les retraités sont quand même attachés à leur pays changer ce sujet vaut pour des jeunes qui vont construire mais enfin les retraités même aisés ils sont quand même attachés au territoire attachés à la famille et c'est quand même plus difficile cette mobilité alors il y a plein de retraités très mobiles il y en a quelques-uns qui ont franchi le pas d'aller au Portugal mais
je ne suis pas sûre que ce soit
juste la hausse de la CSG qui va les faire
partir il était convaincant
hier soir sur les retraités ? en tout cas sur les retraités il a essayé d'expliquer et là aussi il a été très technique parce que je vous enlève je vous augmente d'un côté la CSG mais de l'autre côté comme je vais vous baisser la taxe d'habitation alors au final voilà la somme que ça va donner c'était à mon sens un peu technique voilà pourquoi en France le fait d'être riche
par son travail est-il mal vu ? les gens sont-ils jaloux
? il
y a la passion égalitaire qui remonte à la Révolution française et ça c'est vraiment un héritage historique qui est un peu lié au fait que pour la Révolution française le citoyen c'est un tout voilà la République c'est un tout et donc et puis il y a voilà on a mis à pas l'Ancien Régime et j'en reviens à la chronique
c'est Louis
XVI et voilà et on est héritier de ça et c'est une passion française l'égalité et il faut la traiter vraiment avec beaucoup de doigté parce que sinon c'est un vrai problème c'est-à-dire je pense qu'on sera jamais une nation anglo-saxonne assumant fortement les inégalités comme les Etats-Unis ou la Grande
-Pretagne peuvent le faire donc c'est un combat en
tout
cas c
'est un combat qui n
'est
pas gagné et il faudra qu'il prouve que l'argent libéré a été effectivement investi dans l'entreprise France pour que à mon avis les Français se mettent à adhérer avec des perceptions aussi qui recouvrent aujourd'hui des sentiments différents dans l'opinion il y a l'égalité évidemment des revenus on voit beaucoup dans les études ceux qui ont tout contre ceux qui n'ont rien il
y
a l'égalité aussi par rapport aux aides et c'est vrai que c'est une inégalité qui est perçue et puis depuis plusieurs années s'installe fortement l'inégalité perçue entre les territoires et c'est vrai que ça c'est une dimension nouvelle justement de cette aspiration à l'égalité Stocqueville pensait que les Français étaient attachés à la liberté parce qu'ils recherchaient l'égalité la liberté n'était qu'un instrument pour aller vers l'égalité le troisième terme on l'a vu toute la soirée sur l'écran c'est fraternité alors cette affiche était peut-être assez subliminale assez symbolique de ce que Macron veut faire dépasser cette opposition pour que vraiment on aille vers la fraternité en ayant réglé ces problèmes d'égalitarisme
et ça tiendra à l'attitude de ceux qui vont bénéficier de la
politique fiscale des
premiers de cordée c'est des grands
frères c'est ça peut-on dire qu'Emmanuel Macron est un adepte de la théorie du ruissellement alors vous nous avez dit qu'en tout cas il ne
peut
pas utiliser cette
idée-là non parce que c'est assez péjoratif
en fait c'est quelques miettes pour les pauvres tandis que les riches s'enrichissent voilà le premier de cordée je pense que c'était vraiment cette réponse-là c'est-à-dire c'est le premier qui va éviter la crevasse et qui est responsable de toute la lignée c'est-à-dire que si le premier s'effondre toute la lignée s'effondre donc c'est l'appel à la responsabilité mais est-ce qu'il sera entendu
?
ça met une dynamique le premier de cordée c'est quelque chose qui est en mouvement alors que bon le ruissellement on ne décide pas vraiment voilà ça va Véni Vidibici c'est une question alors ? il n'est pas venu hier il est
revenu oui
parce qu'il avait décidé d'être un président un peu dans le silence à la Mitterrand et il a bien dû changer de stratégie de communication on n'a pas tout vu parce qu'il reste des mystères il reste des flous sur l'assurance chômage on l
'a
dit la formation la PMA il y a beaucoup l'université que la sélection ou non on
n'a pas tout
compris et puis Vici ça sera en 2022 être réélu et puis surtout changer le pays et remettre le pays dans la prospérité on est loin d'y être
il
y a une chose qu'on n'a pas vue que certains attendaient peut-être c'est toute forme de mea culpa c'est vrai que ça ça n'a pas existé hier dans le propos du président
la croissance qui s'annonce plus vigoureuse ne va-t-elle pas aider Macron à avoir des résultats avant 18 ou 24 mois
si si clairement normalement là il a l'alignement des étoiles mais c'était aussi une réponse de remettre le calendrier à ceux qui disaient les ordonnances ça doit créer de l'emploi tout de suite non quelque part hier il leur a dit il va falloir attendre un an un an et demi à quoi a bien pu servir cette
interview Christophe Barbier
on
quand même à corriger le tir à tenter de changer un mot pour l'autre à remettre le président au coeur de l'interrogation publique et puis à clore le chapitre du code du travail ça y est c'est derrière il l'a fait les ordonnances on se bat plus contre maintenant il
y
a de nouveaux chantiers
merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h25 on se retrouve demain 17h50 pour un nouveau c'est dans l'air tout de suite c'était à vous belle soirée sur France 5
c'est dans l'air