Agnès Pannier-Runacher évoque un possible scénario de "rationnement ponctuel" cet hiver
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Avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7930 la ministre de la Transition Énergétique. Vos questions et réactions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Agnès Pannier-Runacher, Madame la Ministre, bonjour.
Bonjour Nicolas Demorand et Léa Salamé.
Avant d'entrer dans les détails de ce qui nous attend en cette rentrée, quelques mots sur un paradoxe. Avec les canicules ou les méga-feux, la France vient de vivre un été catastrophique où les effets du réchauffement climatique se sont fait sentir de manière brutale et spectaculaire. Pourtant, une étude de l'OCDE la semaine dernière montre que près de 43% des Français demeurent climato-sceptiques. Ils ne reprennent pas l'affirmation selon laquelle le changement climatique existe et qu'il est dû à l'être humain. Est-ce que cela vous inquiète et surtout comment l'expliquez-vous aujourd'hui en 2022 ?
Oui, ça m'inquiète parce que je pense qu'aujourd'hui on doit être d'accord sur le diagnostic parce que c'est la meilleure manière de lutter ensuite contre le réchauffement climatique. Et qu'on voit que le réchauffement climatique, vous venez de le dire, a des conséquences très concrètes sur nos vies quotidiennes aujourd'hui dans un pays tempéré comme la France. Ces conséquences, c'est des aléas météorologiques majeurs, une inondation, une sécheresse, un méga-feu, un glissement de terrain, etc. Et des conséquences sanitaires. La canicule peut impacter, peut réduire l'espérance de vie. On le voit auprès des plus vulnérables.
Mais comment vous expliquez que ce message qui est rappelé depuis des années sur les médias, par les politiques mais par d'autres, par les journalistes, par d'autres incarnations, ne passe pas manifestement chez les Français ? Il y a presque un Français sur deux qui est encore climato-sceptique.
Parce que je pense qu'il faut continuer et toucher du doigt ce qui était une abstraction il y a dix ans. Objectivement, vous avez des experts qui parlaient du réchauffement climatique. Mais ça restait une abstraction dans un pays comme la France, qui encore une fois est un pays tempéré.
Il faut que ça arrive chez nous, en fait.
Donc il faut le toucher du doigt pour se rendre compte que c'est une réalité très concrète. Et puis c'est une réalité du quotidien. Ce n'est pas une réalité des entreprises ou des administrations. Donc de quelque chose de lointain.
Et est-ce que ça va être une réalité tous les étés ? Jean-Marc Jancovici disait hier sur Info que l'été 2022 serait la borne inférieure de la norme, de ce qui nous attend. En d'autres termes, ça va être pire les étés qui viennent.
Les experts sont très clairs sur le sujet. L'été 2020, vous ne le retrouverez pas. L'été 2022 est probablement le plus frais que vous ayez vécu ou que vous allez vivre dans les 20 prochaines années. Parce que le réchauffement climatique est une donnée de ce siècle. Et ce que nous faisons, c'est de lutter contre la hausse de la température moyenne. Donc c'est de freiner le réchauffement climatique. On en est là aujourd'hui et notre objectif est de rester dans un scénario d'augmentation de 1,5 degré en moyenne. C'est ça le scénario dit des accords de Paris, qui est de nature à limiter l'impact sur la planète et sur les humains de la planète de ce réchauffement climatique.
François Bayrou, Agnès Pannier-Runacher, dit que c'est la crise la plus grave que la France ait connue depuis la guerre. Les oppositions, au contraire, vous accusent de dramatiser les choses, de jouer sur la peur avec des messages anxiogènes. Que répondez-vous à cela ? Qu'on en est là et qu'il faut assumer une part de dramatisation anxiogène ?
Je réponds que lorsque le prix de l'électricité est multiplié par 10 entre 2019 et 2022, nous sommes confrontés à une crise majeure. Je réponds que lorsque vous avez la guerre sur le territoire européen et que ce n'est pas arrivé depuis 30 ans, nous sommes dans une crise géopolitique majeure. Je réponds que lorsqu'on fait face à des tensions comme c'est le cas aujourd'hui, autour de Taïwan par exemple, nous sommes dans un moment géopolitique de tensions majeures.
Et idem pour le climat.
Et idem pour le climat. Donc ça, ce sont des faits. Et je crois qu'il était responsable de la part du personnel politique de ne pas reconnaître la réalité de ces faits. Ensuite, notre responsabilité, c'est de dire comment on protège les Français dans ces circonstances et que les oppositions politiques fassent des propositions. Mais ne pas reconnaître ça. C'est au fond laisser le gouvernement seul face à une réalité, seul face aux Français. Et en fait, c'est se démettre de ces responsabilités. Et moi, je le constate effectivement de la part de certaines oppositions. Il est tellement plus facile d'aller trouver un coupable et de ne pas adresser la vraie situation.
Qu'est-ce que vous faites face au changement climatique ? Qu'est-ce que vous faites face à la géopolitique mondiale ? Il faut agir aujourd'hui. Lorsque M. Mélenchon nous explique que les renouvelables, c'est bien, le nucléaire, ce n'est pas bien. Mais ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est que ce sont les énergies fossiles qui réchauffent le climat et qu'il faut sortir des énergies fossiles. À aucun moment dans son discours écologique, il ne parle de la sortie des énergies fossiles. Nous sommes dans le mensonge et nous sommes dans l'irresponsabilité.
Le mensonge et l'irresponsabilité des oppositions, vos mots vous appartiennent. Mais tout de même, en dehors de cela, vous dites, voilà, c'est la situation. Et en gros, nous, le gouvernement, on n'est pas coupable de ce qui se passe. Dominique Seux, qui était hier, qui a fait son édito hier, disait la guerre en Ukraine a parfois bon dos. Comment vous expliquez qu'aujourd'hui, nous, la France, nous importions de l'électricité à tour de bras, que nous risquions des coupures de courant, alors qu'on ne cesse de louer le modèle français qui nous permettrait, grâce au nucléaire, d'être indépendant, contrairement aux Allemands, par exemple.
Comment vous expliquez qu'aujourd'hui, il y a 32 réacteurs nucléaires qui sont en carafe, qui sont en panne, qui sont à l'arrêt sur 56 ? La moitié des réacteurs nucléaires, aujourd'hui, ne marchent pas. Est-ce que vous reconnaissez quand même que la stratégie énergétique de la France flotte, hésite, fait des allers-retours depuis des années, au-delà d'Emmanuel Macron ? Mais tout de même, sous Emmanuel Macron, il y a eu beaucoup d'hésitation aussi. On en est aussi peut-être là pour ça.
Alors, plusieurs choses. D'abord, les 32 réacteurs, ce ne sont pas des réacteurs qui ne marchent pas, au sens qu'ils ne fonctionneraient pas technologiquement, ils sont à l'arrêt pour 20 d'entre eux pour des maintenances et pour 12 d'entre eux pour des problèmes de corrosion. Donc, les 12 qui ont des problèmes de corrosion, vous avez raison de dire, entre guillemets, ils ne fonctionnent pas technologiquement. Et il faut les réparer. Les autres qui sont en maintenance, c'est la vie classique des centrales nucléaires et on est en train de découvrir qu'on a des centrales nucléaires depuis plus de 40 ans et que les maintenances décennales sont des maintenances importantes.
C'était parfaitement prévisible dès la construction de ces centrales nucléaires. qui a été décidée par le précédent gouvernement et qui était tellement avancé au moment où nous avons repris le dossier qu'il n'était plus possible d'arrêter cette fermeture. C'est le cas d'autres... Vous le regrettez ? Moi, je dirais qu'aujourd'hui, on a besoin du nucléaire. Voilà ce dont on le sait et c'est très clairement la position qu'a prise le président de la République. Je rappelle que depuis 2020, nous avons relancé des centrales nucléaires en France. Nous avons, dans le plan de relance, soutenu le secteur nucléaire.
Nous avons commandé cette étude à RTE qui montre de manière très claire que nous avons besoin du nucléaire et des énergies renouvelables pour faire la décarbonation. Vous avez raison.
Depuis 2020.
Depuis 2020, tout à fait.
Il y a eu trois ans de début de mandat où vous avez fermé Fessenheim et...
Nous avons trois ans où nous avons dû prendre en compte la décision du gouvernement précédent. Il faut aussi le rappeler. Je crois que c'est important. Et vous avez raison de dire que la crise ukrainienne n'explique pas tout. parce que nous avons un problème aujourd'hui de production d'électricité qui est indépendant de la crise ukrainienne et sur lequel nous voulons améliorer la performance opérationnelle d'EDF.
Alors, au chapitre de l'énergie, continuons. Emmanuel Macron convoque vendredi. C'est inédit. Un conseil de défense auquel vous participeriez, Agnès Pannier-Runacher. Venons-en à la grande question de la rentrée et à la grande question simple. Concernant l'électricité et le gaz, avons-nous de quoi tenir l'hiver ou y aura-t-il des coupures de courant ?
Alors, très clairement, la Russie utilise le gaz comme arme de guerre. Et donc, nous devons nous préparer au scénario du pire qui est une interruption des livraisons. Le gaz aujourd'hui...
Pardon, l'actualité se fait en ce moment même avec vous en studio. Engie annonce à l'instant que le Gazprom, le russe, réduit encore ses livraisons de gaz auprès d'Engie et auprès de la France dès aujourd'hui.
Oui, tout à fait. C'est ce que je vous dis. Nous nous préparons au scénario du pire qui est une interruption totale. Totale. Là, aujourd'hui, on continue à livrer du gaz. Il continue à livrer du gaz. Totale. Des livraisons de gaz russe. Il n'y a pas que Nord Stream 1 qui fonctionne. Vous savez qu'il y a plusieurs tuyaux.
Donc, on risque des coupures cet hiver ?
Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est que nous nous organisons pour ne pas avoir de coupures cet hiver. Comment on le fait ? On a aujourd'hui nos stocks stratégiques qui sont remplis à plus de 90%. Nous avons donc deux mois d'avance, grosso modo, plus de 90%. On ne peut pas remplir à 100% parce qu'il faut laisser un peu d'espace. C'est comme l'eau dans une bouteille. Donc, on est aujourd'hui au taquet. Nous avons mis en place des terminaux métaniers qui fonctionnent à plein. Nous sommes aujourd'hui exportateurs nets de gaz vers l'Allemagne et même vers l'Espagne parce que nous avons su remplir nos stockages de gaz.
Ce que l'on peut dire, c'est que sur un hiver normal, nous avons suffisamment de gaz en quantité qu'en revanche, nous devons faire face à des pics de froid. Comment nous passons les pics de froid ? Il faut s'y préparer et il y a deux leviers pour se faire. Un levier de sobriété choisi. C'est-à-dire que si nous nous organisons pour baisser notre consommation d'électricité et pour baisser notre consommation de gaz, nous pourrons beaucoup mieux passer l'hiver, y compris si la température est plus froide qu'attendue. Si nous, nous ne sommes pas organisés, nous pourrons effectivement rentrer dans un scénario de rationnement ponctuel.
L'électricité, pour donner une idée, les pics d'électricité, ça se situe entre 8h et 13h le matin et entre, grosso modo, 18h et 21h. Et lorsqu'on parle de délestage, ce sont des délestages tournants, c'est maximum 2h. Donc, ce n'est pas une interruption brutale pendant toute une journée.
Rationnement, donc pour tout le monde ?
Ou pour les entreprises uniquement ? Qu'on soit clair. Le schéma que nous construisons, encore une fois, est en anticipation. La première brique, c'est la sobriété. Une diminution de 10% de notre consommation énergétique qui est d'ailleurs absolument nécessaire si nous voulons diminuer notre empreinte carbone, si nous voulons lutter contre le réchauffement climatique. Mais ça, c'est les entreprises ou les ménages ? Tout le monde, ça. La sobriété énergétique, nous pouvons tous y contribuer en pilotant notre chauffage à la maison. Vous allez nous expliquer comment.
Donc, première étape, les 10%
si on n'y arrive pas d'ici octobre. Ce n'est pas d'ici octobre puisque la question, c'est comment vous allez la mettre en œuvre en octobre, en novembre, en décembre et en janvier. C'est-à-dire à quelle température vous allez positionner les bureaux, les entrepôts ? C'est ça, la question qui est posée. Et donc, nous nous organisons pour que nous fassions les bons choix et que le maximum d'entreprises et le maximum de Français aussi qui en ont la possibilité. Il ne s'agit pas d'appuyer sur la tête des précaires énergétiques. Les précaires énergétiques, ça fait longtemps qu'ils font des économies d'énergie.
Ce sont les gens qui n'ont pas vraiment fait attention parce que l'énergie a longtemps été un bien accessible à tous qui ne coûtait pas beaucoup d'argent. Donc, aujourd'hui, c'est de faire attention et faire la chasse au gaspille. Donc, premier niveau. Deuxième niveau, nous utilisons des systèmes et ça, c'est avec les entreprises beaucoup, les particuliers qu'ils souhaitent, d'effacement et d'interruptibilité. Le gestionnaire de réseau envoie un signal et dit nous allons besoin d'effacer tant de consommation d'énergie. Est-ce que vous êtes prêt ? Et le consommateur qui est rémunéré pour ça dit très bien, j'éteins.
C'est un SMS par exemple. Comment ça se passe ? C'est-à-dire qu'on peut recevoir
un texto qui nous dit je vous coupe l'électricité et le gaz pendant deux heures ? Non, transférer interruptibilité et effacement, c'est un contrat que vous passez et pour lequel vous êtes rémunéré et vous acceptez lorsqu'on vous envoie le signal d'effacer votre consommation d'énergie. C'est-à-dire que pendant deux heures l'entreprise Spruntz arrête sa ligne de manière à enlever le pic de consommation énergétique. C'est un mécanisme classique et elle est payée pour ça par NG ? Et elle est payée pour ça ? Alors si c'est de l'électricité c'est plutôt EDF ? Non, c'est par le gestionnaire de réseau.
Donc le gestionnaire de réseau passe des contrats et ça vaut pour le gaz et ça vaut pour l'électricité.
Attention, ce sera des deals des contrats entre entreprises qui sont déjà passées.
Vous avez déjà des milliers d'entreprises qui sont dans ce système-là et nous notre enjeu c'est de dire qu'il y ait le maximum d'entreprises qui en profitent parce que ça leur permet finalement ils sont prévenus ils s'organisent et ça permet d'effacer la consommation soit de gaz soit d'électricité. Le troisième niveau qui est propre à l'électricité c'est de baisser la tension sur l'ensemble du réseau. On sait que ça économise beaucoup d'électricité et donc ça a été testé et ça c'est le troisième système. Ça veut dire pardon en français ça veut dire couper de 230 volts à 220 volts pour être très clair. Ça veut dire quoi concrètement ? Ça veut dire que vous ne le voyez pas.
Donc c'est voilà vous consommez un peu moins d'énergie c'est un petit peu moins performant mais en réalité votre lumière est un peu moins lumineuse. Voilà ce que ça veut dire. Donc ça ce sont toutes les étapes qui dans un hiver normal nous permet de passer le cap sans avoir de besoin de rationnement. Si derrière ça on a effectivement une tension sur le réseau il faut passer à une logique effectivement dite de délestage c'est-à-dire où on dit il va falloir arrêter parce qu'on met en danger le système énergétique.
Et là on peut imaginer que le 15 janvier il y a des copures générales dans des entreprises de courant pour qu'on comprenne un peu plus de délestage c'est pas évident.
Une coupure si vous avez un pic de consommation il fait très froid on dit oulala pic de consommation on sait pas faire face on n'a pas fait les objectifs de sobriété on n'est pas du tout là où on devait être on va devoir couper le courant au moment où on consomme le plus par exemple entre 8h et 10h on prend la décision de couper le courant de manière tournante plus d'électricité plus d'internet le gaz c'est juste l'électricité donc vous pouvez avoir des groupes électrogènes vous pouvez avoir des batteries là aussi les entreprises s'organisent nous sommes en train de recenser tous les groupes électrogènes et c'est maximum 2h de coupure c'est comme ça que ça fonctionne c'est ce qui arrive quand vous avez un très gros orage et que vous avez un poste qui délivre de l'électricité qui tombe en panne dans ces cas là
c'est à ça qu'il faut se préparer c'est ponctuel
c'est à dire que moi j'ai beaucoup échangé avec les entreprises elles ont le sentiment que pendant 10 jours tout va s'arrêter mais c'est pour ça qu'on vous interroge
ce matin très concrètement
parce que c'est vrai qu'on entend des choses c'est pas comme ça que ça marche effectivement c'est des coupures qui sont vous avez un pic de froid les économies d'énergie qu'on a prévues ne sont pas réalisées et là vous êtes obligés de tourner les vannes
et sur le gaz
je précise une chose l'électricité c'est deux heures tournant le gaz il n'y a que les industries qui peuvent les arrêter c'est à dire qu'on continuera à se chauffer vous n'allez pas couper le chauffage pour une raison qui est même technique c'est à dire que ce n'est pas un ménage qui arrête tout seul son installation de gaz c'est beaucoup trop dangereux donc ça ne peut être que des équipes qui sont techniques qui peuvent arrêter et donc que les industriels qui peuvent le faire et ça ne dure pas deux heures parce qu'arrêter une vanne ça prend du temps donc ça peut durer un jour, deux jours
sur les prix les prix du gaz et de l'électricité vont-ils continuer Agnès Pannier-Runacher et si oui de combien ?
on revient à la question de si l'obri a été choisi ou de rationnement subi plus nous sommes capables de montrer que nous sommes prêts à affronter y compris des pics de froid plus les prix baisseront donc tout ça est assez lié si vous voulez plus on n'augmenteront pas
c'est parce qu'on consomme moins que ça coûtera moins cher
c'est parce que les marchés aujourd'hui les marchés se disent qu'il va y avoir des pénuries et ils le chiffrent de manière probablement trop forte c'est logique ils n'ont pas toutes les informations à leur disposition la première ministre a annoncé hier que début octobre elle fera un point de situation complètement en transparence sur nos capacités d'électricité et nos capacités de gaz le fait de montrer que les risques sont plus mesurés que ce qu'on croit ils existent on va pas se mentir ils sont plus mesurés ils sont dépendants de la météo mais ils sont plus mesurés que ce qu'on croit devraient limiter déjà l'augmentation des prix de l'énergie si nous montrons derrière qu'avec notre action de sobriété c'est à dire ce que vous faites vous dans vos bureaux ce que je fais moi dans mon ministère ce que font les grandes entreprises pour baisser le chauffage pour baisser leur consommation d'électricité mettre leur serveur numérique ça augmentera moins
mais ça augmentera quand même c'est ça
ça augmentera moins enfin dernier point aujourd'hui le prix de l'électricité sur le marché de gros est très élevé mais les français ont le prix les ménages français ont le prix de l'électricité le plus bas d'Europe et ça je veux le rappeler ces mesures elles sont pour les personnes vulnérables nous avons la meilleure protection pour les personnes vulnérables sur le gaz et sur l'électricité et c'est l'état qui prend la charge de la différence
la parole aux auditeurs d'Inter c'est Paul qui nous attend au standard je vous salue Paul bonjour bienvenue bonjour merci de prendre mon appel je vous en prie on vous écoute
je voulais demander à madame la ministre pourquoi le gouvernement ne réduit pas la vitesse sur autoroute à 120 km à l'heure comme dans beaucoup de pays dont l'Espagne et peut-être un tout petit peu au-dessous ça se ferait pratiquement sans doubleur et ça permettrait des économies de pétrole
merci Paul pour cette question très simple 120 voire 110 pourquoi ne pas l'avoir fait Agnès Pannier-Runacher vous répond
alors vous avez raison de dire que la baisse de la vitesse sur les autoroutes économise du carburant c'est un des sujets sur lequel d'ailleurs les entreprises travaillent c'est de dire est-ce que je donne des consignes sur l'utilisation des véhicules de transport ou mes flottes de véhicules pour économiser du carburant là on est dans une approche je dirais de comment on lutte contre le réchauffement climatique et c'est un élément de concertation et de discussion mais aujourd'hui ce n'est pas cette mesure-là qui nous permet de passer l'hiver c'est pour bien faire la différence entre la sobriété à long terme qui est essentielle et la question du passage de l'hiver et de l'urgence énergétique
au gaz et à l'électricité mais puisque l'auditeur nous parle des carburants encore une question sur les prix du carburant est-ce que c'est à l'état de continuer à subventionner l'essence alors que les prix du brut ont baissé il y a trois mois pour être stationnaire est-ce qu'il faut continuer ces aides ou est-ce que le quoi qu'il en coûte a ses limites sur le carburant ?
Je crois que sur le quoi qu'il en coûte on l'a dit il y a une attente forte d'avoir des mesures qui soient plus ciblées parce que effectivement là aussi le carburant est essentiel pour beaucoup de personnes qui n'ont pas d'autres moyens pour se transporter pour aller travailler pour emmener les enfants à l'école ou pour visiter leurs parents à l'EHPAD que la voiture parce qu'il n'y a pas de transport en commun mais je pense que les CSP enfin les catégories sociales les plus les plus rémunérées sont capables de faire face donc il faut trouver le juste milieu entre protection des plus vulnérables et aussi de ceux qui travaillent et mesures générales
Deux questions rapides Agnès Pannier-Runacher concernant la polémique sur les jets privés êtes-vous sur la ligne de votre collègue du gouvernement Clément Beaune qui dit qu'il faut réguler ou non pour vous c'est un faux problème ?
Alors deux choses c'est clairement un problème qui est très limité en termes d'impact climatique et donc que les écologistes en fassent un combat montre à quel point ils sont à côté de la plaque puisqu'ils n'adressent pas 99% des émissions de CO2 et donc ça ne résoudra pas le problème 99,9% d'ailleurs En revanche et ça c'est un sujet que nous prenons au niveau européen il est important qu'aucun secteur n'échappe à la question du prix de la tonne carbone le secteur de l'aviation comme le secteur du transport maritime comme le secteur du bâtiment c'est très exactement la démarche que nous avons je rappelle que la France est à l'origine du vote du paquet climat européen nous étions sous présidence française le paquet climat européen c'est 30% d'ambition de plus que le paquet climat que vient de voter les Etats-Unis
à l'intérieur de l'ensemble plus large des transports c'est ça ce qu'il faut comprendre
de l'ensemble plus large des transports et avec une vision à minima européenne parce que si c'est pour taxer en France et pour que l'avion se pose juste à la frontière ça n'a aucun intérêt
encore un mot rapide Anne Hidalgo lance jeudi la fin du stationnement gratuit pour les scooters à Paris ils devront désormais payer entre 2 et 3 euros de l'heure pour se garer dans la capitale les conducteurs de scooters sont vent debout la mairie de Paris affirme que c'est une mesure qui luttera contre la pollution c'est une bonne mesure selon vous ?
Écoutez je ne connais pas suffisamment dans le détail cette mesure pour porter un avis très éclairé dessus ce qui est clair c'est que nous devons avoir une approche qui est la plus je dirais dédramatisée et non émotionnelle du sujet des émissions carbone il faut savoir combien chaque activité émet de CO2 et il faut que ceux qui émettent du CO2 payent le prix de ce CO2 parce que c'est la meilleure façon pour qu'ils se tournent vers des technologies décarbonées est-ce qu'elle fait payer les scooters électriques ? je vous pose la question non c'est uniquement ceux qui utilisent l'essence c'est une incitation à basculer vers les scooters électriques donc pourquoi pas donc pourquoi pas
au standard Jackie bonjour bienvenue bonjour
monsieur Demerand bonjour madame la ministre et félicitations monsieur Demerand pour vos émissions et madame Salamé et à madame Salamé également vous avez raison voilà ma question va être très courte pourquoi fait-on de la publicité pour tout électrique les voitures électriques on donne des primes pour acheter des voitures électriques on fait du tout électrique aujourd'hui on nous dit
qu'on va pas arriver qu'il va falloir rationner faire des coupures délester
pour fournir de l'électricité un peu à tout le monde
merci Jackie pour cette question Agnès Pannier une hachée rapidement
parce que les voitures électriques ont une empreinte carbone qui est beaucoup plus basse que les voitures qui fonctionnent avec du carburant et que notre objectif c'est de sauver les humains sur la planète à un moment de réchauffement climatique
la question des super profits des entreprises Agnès Pannier-Runacher qui ont vu leurs bénéfices nets doublés ces six derniers mois notamment le cas de Total et d'Engie faut-il qu'ils payent une taxe exceptionnelle sur ces super profits la première ministre a semblé dire je ne l'exclus pas est-ce que vous allez le faire tout simplement ?
alors sur les super profits je crois qu'on a été peut-être plusieurs choses pas très claires non si vous allez dire claires parce que je vous avais dit tout est son contraire pas tout à fait plusieurs choses la première chose c'est que nous sommes le pays qui taxons le plus les entreprises en Europe et par rapport à nos compétiteurs comme les Etats-Unis le Canada le plus la deuxième chose c'est que même avec la taxe sur les super profits que certains autres pays sont en train de mettre en place nous restons ou nous resterons le pays qui taxons le plus les entreprises et la troisième chose c'est que les super profits qui sont réalisés en France sont taxés donc ça c'est le premier point si notre système fiscal ne permet pas d'aller chercher des profits d'aubaine il faudra le regarder on l'a dit mais je crois que nous avons été très clairs aussi avec les entreprises qui aujourd'hui font de bons résultats en disant que nous notre attente c'est qu'elles augmentent les salaires de leurs salariés c'est qu'elles partagent au mieux la valeur qu'elles créent c'est qu'elles rendent à leurs clients qui sont souvent des Français le bénéfice de ce qu'elles ont gagné c'est-à-dire en baissant leurs prix et c'est ce que nous avons obtenu c'est ce que Bruno Le Maire a obtenu de CGM-CMA c'est ce que Bruno Le Maire a obtenu la première ministre de Total donc pour être très clair il n'y aura pas de taxes exceptionnelles je vais jusqu'au bout de mon propos soit c'est fait soit il faudra le réenvisager au moment du projet de loi de finances 2023
d'accord donc d'ici un an il n'y a pas de taxes exceptionnelles
d'ici un an le projet de loi de finances pour 2023 il arrive maintenant donc c'est maintenant et nous regardons comment la réalité et encore une fois il faut sortir de l'émotion de la démagogie d'un certain nombre mais c'est démagogique
quel est votre sentiment sur cette taxe exceptionnelle sur les bénéfices de Total ou d'Alger
est-ce que vous pensez que c'est démagogique ? je dis que si à la fin de la journée les Français continuent à être ceux qui taxent en plus les entreprises on peut penser que la question n'est pas de taxer les entreprises encore plus même celles qui font des bénéfices records c'est probablement qu'elles sont plus taxées qu'elles sont en train de payer plus d'impôts
donc Geoffroy Roux-de-Bézieux a raison quand il dit le super profiteur c'est l'État
oui c'est-à-dire que Geoffroy Roux-de-Bézieux fait une pirouette en constatant que nos recettes fiscales ont augmenté ce qui est une très bonne chose je rappelle que notre effort pour soutenir les entreprises est incommensurablement plus élevé a été incommensurablement plus élevé pendant la période Covid donc je dirais que c'est à lui aussi un super profiteur une avance sur les efforts que nous avons fait et je suis très heureuse que l'industrie et les entreprises françaises fonctionnent bien
Agnès Pannier-Runacher merci d'avoir été à notre micro ce matin
France Inter
Agnès Pannier-Runacher