Yoann Gillet : "La France doit se faire respecter de l'Algérie !" - (RMC)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
D'abord, est-ce que c'est un camouflet ?
- 0:53RelanceRéponse partielle
Justement, il doit agir, il a agi.
- 1:59OuverteRéponse directe
Vous en appelez à Emmanuel Macron sur cette question.
- 2:46OuverteRéponse partielle
Est-ce que d'autres disent, bah non, là, il fait une erreur en allant publiquement s'en prendre à l'Algérie ?
- 3:55OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que le gouvernement a peur d'agir, d'aller plus loin sur cette question ?
- 4:11RelanceRéponse directe
Quelles raisons ? Vous pouvez nous les dire, Johan Gillet ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:27Invité politiqueFait
« C'est surtout une humiliation pour la France, pardon, mais le régime algérien s'essuie sur la France depuis un certain nombre de mois et même d'années »
- 0:43Invité politiqueFait
« La France ne peut pas continuer à se faire piétiner de la sorte »
- 1:14Invité politiquePromesse
« Maintenant, il faut suspendre l'ensemble des visas pour les ressortissants algériens. »
- 1:18Invité politiquePromesse
« Il faut également couper les flux financiers entre la France et l'Algérie, les fonds privés. »
- 1:24Invité politiqueChiffre
« Il faut également stopper l'aide au développement à l'Algérie parce que la France, chaque année, verse de l'argent à l'Algérie. »
- 1:40Invité politiquePromesse
« Jusqu'à dénoncer l'accord de 68. »
- 4:01Invité politiqueFait
« Visiblement, pour des raisons qui ne sont pas dites, la France, oui, a peur d'agir. »
- 4:13Invité politiqueFait
« Je pense qu'il y a une part d'électoralisme de la part du gouvernement, très clairement »
Temps de parole
- Yoann Gillet65 %
- Présentateur35 %
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Il est 6h13, vous êtes bien sur RMC, bon réveil à tous. L'Algérie a donc dit non à Bruno Retailleau. Le ministre de l'Intérieur avait transmis la semaine dernière une liste de 60 Algériens indésirables en France. Alger, hier, a rejeté la démarche, je cite, sur le fond comme sur la forme. Rebonjour Johan Gillet, député du Gard, porte-parole du Rassemblement National. D'abord, est-ce que c'est un camouflet ? On a entendu parler hier d'humiliation pour Bruno Retailleau.
C'est surtout une humiliation pour la France, pardon, mais le régime algérien s'essuie sur la France depuis un certain nombre de mois et même d'années et il est temps que la France se fasse respecter. Quant à Bruno Retailleau, il ne cesse de parler mais n'agit pas beaucoup. Donc nous disons aux ministres de l'Intérieur que maintenant il faut agir. La France ne peut pas continuer à se faire piétiner de la sorte et la réponse graduée qu'il a promis, il faut la mettre.
Justement, il doit agir, il a agi. Hier, il y a une première mesure, c'est la suspension de l'exemption de visa pour les détenteurs d'un passeport diplomatique. C'est une première étape, dit-il, dans une riposte graduée.
C'est une première étape bien trop molle et on ne peut pas agir de la sorte. Maintenant, il faut taper du poing sur la table, il faut réellement enclencher le bras de fer. Maintenant, il faut suspendre l'ensemble des visas pour les ressortissants algériens. Il faut également couper les flux financiers entre la France et l'Algérie, les fonds privés. Il faut également stopper l'aide au développement à l'Algérie parce que la France, chaque année, verse de l'argent à l'Algérie. Maintenant, il faut dire stop. On ne peut pas continuer à se faire insulter de la sorte par le régime algérien. Ce n'est pas tolérable aujourd'hui de continuer de la sorte. Jusqu'à dénoncer l'accord de 68.
Évidemment, et nous l'avions, nous, d'ailleurs, proposé il y a plus d'un an et demi à l'Assemblée nationale. L'ensemble des partis politiques, y compris les LR d'ailleurs, avaient voté contre la fin de cet accord de 68. Mais maintenant, on ne peut pas continuer de la sorte. L'Algérie se comporte très mal.
Alors là, c'est le prerrogatif du président de la République. Ce serait Emmanuel Macron qui aurait le dernier mot parce qu'on parle beaucoup de Bruno Retailleau qui est en première ligne. Vous en appelez à Emmanuel Macron sur cette question. Vous l'appelez à suivre la ligne Retailleau en quelque sorte ?
Mais je l'appelle à suivre surtout ce que dit le Rassemblement national depuis des années. On ne peut pas continuer à donner des avantages aux Algériens. D'ailleurs, le fond même de cet accord de 68 n'a pas de sens. Mais au-delà de ça, sans rentrer dans le détail, on ne peut pas continuer à se faire piétiner de la sorte et se faire insulter par le régime algérien.
Oui, mais ce qu'on constate aussi, c'est que depuis que Bruno Retailleau a enclenché ce bras de fer, ce rapport de force avec l'Algérie... Oui, il n'a enclenché aucun bras de fer. Ah bah... Il n'arrête pas de parler.
Il s'exprime dans la presse. Il aime tenir des propos durs. Il aime, eh bien, finalement, prendre les propos et les termes utilisés par le Rassemblement national, mais dans les faits, il ne fait rien. Je vais le dire différemment. Bruno Retailleau doit agir ou partir.
Il a durci le ton et il n'a pas obtenu de résultat. Est-ce que d'autres disent, bah non, là, il fait une erreur en allant publiquement s'en prendre à l'Algérie ? C'est plutôt par la diplomatie que ça passe. Si on veut que le véritable résultat soit de réussir à expulser des OQTF, ça se passe plutôt en coulisses.
La diplomatie peut se faire en parallèle, mais excusez-moi, la diplomatie, depuis des années, a tenté de dialoguer avec le régime algérien. La vérité, c'est que le régime algérien insulte la France aux yeux de tous, médiatiquement. Et donc, Bruno Retailleau s'exprime, c'est bien, mais encore une fois, il doit agir ou il doit partir. Ça fait des semaines qu'il promet de durcir le ton avec l'Algérie, mais dans les faits, il ne se passe rien. Donc nous, ce que nous proposons avec Marine Le Pen et avec Jordan Bardella, ce sont des mesures de rétorsion concrètes.
Si nous mettons fin au visa pour l'ensemble des ressortissants algériens, si nous compons les flux financiers entre la France et l'Algérie, si nous disons également que nous allons remettre en cause l'accord de 68, eh bien, nous pouvons réussir à faire plier l'Algérie. Parce que ce qui se passe aujourd'hui, c'est que nous ne nous faisons pas respecter par l'Algérie.
Nous avons aussi des intérêts français, il y a des intérêts économiques sur le gaz, il y a beaucoup d'Algériens, de Franco-Algériens qui vivent en France. Est-ce que vous estimez que le gouvernement a peur d'agir, d'aller plus loin sur cette question ?
Visiblement, pour des raisons qui ne sont pas dites, la France, oui, a peur d'agir.
Quelles raisons ? Vous pouvez nous les dire, Johan Gillet ? Je rappelle que vous êtes député RL du Gard. Vous nous dites qu'il y a des raisons qui ne sont pas dites. Quelles sont-elles ?
Je pense qu'il y a une part d'électoralisme de la part du gouvernement, très clairement, parce qu'il y a un certain nombre de Franco-Algériens et que le gouvernement a peur de la réaction des Français d'origine algérienne en France. Mais ce n'est pas acceptable, parce que les Français qui sont d'origine algérienne comprennent eux aussi que la France doit se faire respecter. Et d'ailleurs, les Français d'origine algérienne, pour un certain nombre, demandent que la France tape du point sur la table et n'acceptent pas que leur pays d'origine se comporte de la sorte avec la France.
Mais j'entends bien, Johan Gillet, porte-parole du RN, que vous estimez que le gouvernement a peur de la réaction des Algériens et des Franco-Algériens. Agir ou partir ? Voilà ce que doit faire Bruno Retailleau. Vous nous l'avez dit ce matin en direct sur RMC.
Yoann Gillet